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Auteur Sujet: [Poésie, Auteur] Ovide  (Lu 355 fois)

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[Poésie, Auteur] Ovide
« le: 19 juin 2021 à 17:28:05 »
Citation de: Wikipedia
Ovide, en latin Publius Ovidius Naso, né en 43 av. J.-C. à Sulmone (en italien Sulmona) dans le centre de l'Italie et mort en 17 ou 18 ap. J.-C., en exil à Tomis (l'actuelle Constanţa en Roumanie), est un poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain. Ses œuvres les plus connues sont L'Art d'aimer et les Métamorphoses.

Son surnom Naso lui vient de son nez proéminent. Il naît un an après l'assassinat de Jules César, est adolescent lorsque Auguste s'empare du pouvoir pour transformer la République en Empire, et meurt trois ans après la mort de ce premier empereur.

Pour ma part, j'ai lu Les Métamorphoses dans la traduction de Marie Cosnay, paru aux éditions de l'Ogre.

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A la base, j'ai voulu le lire dans le cadre d'un AT sur le thème des métamorphoses. Le préambule de la fiche en parlait, au même titre que Kafka évidemment... je me suis dit qu'à cela ne tienne, je vais lire tous les livres conseillés avant d'écrire un texte avec des métamorphoses. Raté, c'était sans compter sur le délai pour envoyer le texte, mais j'ai découvert Ovide  :coeur:

Ovide, il me semble qu'on le traduit en cours de latin. Perso ça n'a pas été mon cas. Et justement, le but de cette traduction récente (je vous invite à en lire toute la genèse sur le site de l'Ogre : http://www.editionsdelogre.fr/books/view/-Publius-Ovidius-Naso--Ovide-Les-Metamorphoses) était de révéler "toute la modernité de l’écriture d’Ovide" et qu’on le lise "non pas comme un texte antique, mais comme de la poésie ou comme un roman d’aventure".

Et pari réussi, selon moi. Il y aurait énormément de choses à dire dessus : les influences philosophiques - Pythagore notamment, le contexte de rédaction et la vie d'Ovide, la réception du livre dans l'art et dans le langage courant (Narcisse, Pygmalion, etc), quelques grandes "idées" qui parcourent l'oeuvre, comme le fait que tout est changement, que tout participe dans tout, que rien ne se perd, etc, les relations entre les humains et les dieux, etc. 

C'est dense, et à mon grand dam j'ai réalisé que pour bien saisir toute sa portée ironique - par moments ça l'est, il aurait fallu lire Homère avant  :relou: Donc c'est ce que je prévois de faire un de ces 4, lire Homère - il n'est jamais trop tard, on en parlait déjà beaucoup dans mes cours de philo - et puis relire Les métamorphoses.

Ah oui et ce qui est marrant aussi c'est qu'il a été rédigé en l'an... 1 :D Bah oui, il en fallait bien un.

Si vous voulez en savoir plus, il y a cette série de podcasts sur youtube : https://www.youtube.com/playlist?list=PLkAOfciczii_i8Knww_YxDEU52OBy0MiI. Après, surtout, c'est un poème mythologique qui se relit plusieurs fois je pense.

C'est difficile de choisir un extrait... mais prenons le mythe de Pan et Apollon :

Midas hait les richesses, honore les forêts, les campagnes,
et Pan - le dieu vit toujours dans les antres de montagnes.
L'intelligence de Midas est restée lourde. Comme autrefois
les pensées de son esprit stupide vont lui nuire.
Surplombant les flots, l'abrupt Tmolus se dresse à grande hauteur,
s'allonge en montant, en pente, finit
de deux côtes, à Sardes et dans la petite Hypaépa.
Pan lance ici ses poèmes à de tendres nymphes,
rythme légèrement le poème sur ses roseaux enduits de cire.
Il ose mépriser, à côté des siens, les chants d'Apollon.
Avec Tmolus pour juge il s'engage dans ce concours inégal.
Sur sa montagne, le vieux juge est assis ; il s'éloigne de ses oreilles
les arbres. Sa chevelure bleu azur est ceinte
du chêne, au creux de ses tempes pendent des glands.
Il regarde le dieu des troupeaux : " Le jugement, dit-il,
sans retard. " Pan fait vibrer les roseaux de campagne,
par le chant barbare, Midas (assis à côté du musicien)
est charmé. Le Tmolus sacré tourne son visage
vers le visage de Phoebus. La forêt suit le regard.
Lui, tête blonde ceinte du laurier du Parnasse,
balaie le sol de la robe imprégnée de la pourpre de Tyr.
La lyre construite de pierreries et d'ivoire d'Inde,
il la tient de la main gauche. L'autre main a pris le plectre.
L'attitude d'un spécialiste. Il touche les cordes
du pouce ; séduit par leur douceur,
Tmolus ordonne, Pan doit le reconnaitre, la cithare a vaincu le roseau.
Le jugement, l'avis du mont sacré parait bon à toute
la montagne. Il n'est accusé et déclaré injuste
que par le seul Midas. Le dieu de Délos ne supporte pas
que de sottes oreilles portent figure humaine.
Il les tire dans l'espace, les emplit de poils blancs,
en rend la pointe mobile, leur donne le pouvoir de bouger.
Le reste est d'un homme. En cette seule partie Midas est puni,
couvert des oreilles du petit âne qui marche lentement.
Il veut les cacher et, avec une pudeur honteuse,
essaie de couvrir ses tempes sous une coiffe de pourpre.
L'esclave, habitué à couper sous le fer les cheveux longs,
a vu. Il n'ose pas révéler la laideur
vue. Il désire la crier sous le ciel,
ne peut pas se taire. Il s'éloigne, creuse
dans le sol et, ce qu'il a aperçu des oreilles de son maitre,
le raconte à petite voix. Le murmure dans le trou de la terre,
recouvre la trace de sa voix, retourne la terre
et, silencieux, fosse fermée, s'en va.
Un bois serré de roseaux tremblants commence à pousser
ici. Lorsqu'il est mûr, au milieu de l'année,
le bois trahit son jardinier: secoué au vent léger,
il raconte les paroles couvertes, clame les oreilles du maitre.

A chercher l’extase dans la simplicité d’un bonsoir (B.)

 


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