Certes... Côté forme, l'incipit poétique : ample, atmosphérique, presque métaphysique, préface à merveille la seconde partie qui traite de la mise en scène des sempiternelles revendications estudiantines (lesquelles ne sauraient excuser un manque de rigueur flagrant dans un vrai travail d'étude consciente). Mais, à mon sens, côté fond, on ressent comme une sacralisation de la souffrance adolescente. Or, cette pensée ne devrait pas servir d’alibi pour contourner l’autorité ou la responsabilité sociale. Pas plus que la réalité économique du pays dans lequel on vit et son vaste système d'aide sociale ne sont à écarter. Car il ne suffit pas d'ériger sa fissure individuelle pour preuve d’un système défaillant, voire, à l'exprimer avec violence, pour solutionner la juste répartition de ce qui relève des moyens collectifs obtenus des actifs. En vérité lorsquón se trouve face à un déséquilibre entre désir et réalité : il convient aussi d'en étudier les raisons.
Ainsi, la subjectivité enfantine a certes sa place dans toute démocratie, mais elle ne peut se substituer ni au respect des adultes, ni à l’apprentissage de l’autorité qui demeure une condition essentielle de toute vie en société.