Sur ma peau filigrane,
un petit caillou blanc
est devenu, avec le temps,
à l’inverse de mes cheveux,
aussi noir qu’un corbeau.
Pardonnez-moi,
Petit Caillou,
de ne pas m’endormir près de vous.
Pourtant, l’Odyssée m’enivre.
Pardonnez-moi
de ne pas vous semer
dans le cachot de mes pensées.
Après vous avoir arraché au ballast,
une fois libéré,
m’avez-vous vraiment libéré ?
Vous ne le savez pas,
Petit Caillou,
mais je vous écris
chaque fois que votre chant me revient.
Depuis que je vous ai perdu,
même le silence
porte votre empreinte.
Écoutez-moi, à votre tour,
lorsque je m’endormirai
au plus près de vous.
Votre silence
saura encore mon nom.
Et lorsque je vous dédierai
ce que j’écris depuis si longtemps,
peut-être que nos temps morts
auront enfin
cessé de nous séparer.