Bonjour
Luna,
Merci beaucoup pour ta lecture attentive et pour toutes tes pistes d’amélioration. J’ai intégré les corrections dans le texte. Il s’agit beaucoup de ponctuation, qui reste clairement le point à améliorer chez moi, ou encore EA (en cours d’acquisition).
Les règles, les règles, toujours les règles… Un jour, quelqu’un prendra un malin plaisir à m’assommer avec.
Ce ne sera certainement pas moi qui vais t’assommer avec les règles de ponctuation. Au contraire, ce week-end, je vais me pencher sérieusement sur le sujet. Et je te remercie sincèrement pour tes remarques et pour le temps que tu as consacré à la lecture
La suite Le lundi au soleilIl pleut fort. Des parapluies. Je ne vois pas les visages, tout le monde avance vite, concentré sur son chemin.
Je m'assois, avec mon parapluie. J'écoute ce bruit rassurant d’eau sur la toile tendue, un bruit délicat et monotone s'ajoutant à la musique du manège qui tourne au loin. L’été est parti.
En me levant, j'aperçois quelque chose sur mon banc. C'est un parapluie de couleur kaki, avec une belle poignée en bois et un petit carré argenté sur lequel il est écrit quelque chose. Je lis : ”Le parapluie de Cherbourg”. Son propriétaire va sûrement le regretter.
Il pleut tellement fort que je prends le parapluie sans trop réfléchir, en me disant qu'il y a moyen de retrouver le propriétaire.
Mardi (le jour de Mars, même en septembre)Les feuilles mortes continuent à gratter l'asphalte, emportées par le vent ; le bleu délavé du ciel apparaît à travers les branches des arbres. Ces arbres vont s’endormir, puis renaître au prochain printemps. Je le sais par expérience. Cela serait bien si le corps humain pouvait faire pareil, mais il vieillit et ne redevient pas plus jeune à chaque printemps.
Sauf peut-être une exception : la Belle au bois dormant. Je ne sais pas comment elle a fait.
Il y a un groupe de coureurs, hommes et femmes. Ils font des allers et retours devant moi. Un coup de sifflet, ils passent, un autre coup, ils reviennent. Une femme s’assoit à côté de moi pour lacer ses baskets. Elle sent mon regard, me regarde à son tour et sourit : "Madame, venez avec nous !"
Mais je n'ai pas de temps, je ne suis pas aussi en forme qu’eux, je ne sais même pas où sont mes baskets.
Je vais voir le Monsieur qui siffle pour lui demander des informations.
MercrediMadame Martin. Elle se dirige vers moi. J'espère que ce n'est pas pour un divorce, cette fois.
Elle a quelque chose dans sa main. Un sac à tarte. Elle transporte le sac avec une certaine élégance.
— J’étais presque sûre que je vous verrai ici, Marine, — me dit-elle, — je vous ai fait une tarte à la rhubarbe. Je suis allée au marché ce matin, j’ai acheté de la rhubarbe et il y en avait pour deux tartes. J’ai apporté l’autre à mon mari, il est encore à l’hôpital mais il devrait bientôt sortir.
Monsieur Martin va peut-être s’en sortir.
Elle me parle longtemps de son mari. Je l’écoute et je la remercie aussi pour la tarte. Je promets de lui rendre le sac rapidement.
— Ce n’est pas nécessaire, — me dit Madame Martin avec un grand sourire, — je l’ai cousu pour vous.
Le jour de Jupiter Je suis fatiguée ce soir, j’ai presque envie de rentrer chez moi sans passer par la case “le banc”. Combien de jours faut-il pour créer une nouvelle habitude ? J’ai entendu parler de trois semaines.
Cela fera bientôt trois semaines que je viens m’asseoir sur le banc. Pourquoi j'ai commencé à le faire ?
Un jeune passe avec les écouteurs dans les oreilles.
Une jeune fille passe avec les écouteurs, elle aussi.
Je me dis que ces deux jeunes seraient peut-être très bien ensemble, s'ils pouvaient se remarquer un jour.
Une femme passe avec son chien, elle discute avec quelqu’un au téléphone. Et puis une maman qui parle avec sa fille. La fille tient un ballon rose, elles rient toutes les deux.
VendrediUn homme assis sur le banc, il lit un livre.
Je n’ose pas m’asseoir à côté, puis j’ose.
Silence gêné. Ou bien silence neutre, c’est moi qui me sens gênée. L'homme lit tranquillement.
Je me décide :
— Est-ce que c'est vous qui avez oublié un parapluie kaki sur ce banc, lundi dernier ?
— Oui, c’est moi.
— Juste avant la pluie ?
— Oui, certainement. Vous l’avez trouvé ?
— Oui, je dis à mon tour.
L’homme me regarde et ne dit rien.
— Je vous l’apporte lundi prochain ? Vous venez souvent ici ?
— Je serai là lundi, me répond l’homme.
Le week-end arrive. Il passera et deviendra un souvenir, comme chaque nouveau week-end.
Lundi — En vrai, ce n'est pas mon parapluie.
— Comment saviez-vous que c'était un parapluie de couleur kaki et qu’il avait été oublié juste avant la pluie ?
— C'est vous qui avez dit tout ça. C’est comme dans un roman policier, j’ai simplement repris ce que vous aviez dit. En réalité, je voulais vous montrer quelque chose.
Spoiler :
ce n'est pas une rencontre romantique(à suivre)