Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

28 novembre 2022 à 23:49:22
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?

Auteur Sujet: Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?  (Lu 33652 fois)

Hors ligne Gros Lo

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #30 le: 25 janvier 2013 à 20:38:25 »
Après, faut pas non plus que tu considères que ne pas finir un livre c'est un échec de lecteur... tu peux en lire un tiers et tirer beaucoup de cette lecture. Bien sûr, tu tireras essentiellement des leçons esthétiques, stylistiques, alors qu'en le finissant tu apprendras + de choses sur la structure du récit par exemple. Mais on n'est pas obligé de lire 100% d'un livre pour le mettre à contribution ensuite dans ses propres élans de rédaction...
Tu peux aussi le faire petit à petit ; tu dis que tu arrives au bout de recueils de nouvelles. Essaie de petits romans (Drood, ou Crime et châtiment, c'est pas ce que j'appelle petit...) et tu verras bien si ça te fait améliorer ton endurance de lecteur.
Tu peux aussi raisonner en sens inverse : puisque tu lis beaucoup de nouvelles, écris des nouvelles. Et il y aura peut-être un moment où t'auras envie d'écrire quelque chose d'une plus grande dimension, qui nécessite une trame plus étendue, et t'en viendras à essayer de lire de plus gros romans, à la base pour voir comment ça fonctionne, et t'y prendras peut-être gout...
« Modifié: 25 janvier 2013 à 20:42:04 par Lo »
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Citrus

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #31 le: 25 janvier 2013 à 21:29:24 »
Je plussoie.

D'après moi tu devrais t'essayer avec des nouvelles ou des petits romans du XXe siècle. Avant, j'essayais de lire que du classique du 17e, 18e et 19e siècle et ça a finit par me blaser. Dostoïevski, c'est bon, mais avec parcimonie.

T'as essayé :

- Le joueur d'échecs, de Stefan Zweig

- Le vieux qui lisait des romans d'amour, de Luis Sepulveda

- La métamorphose, de Kakfa (et par ailleurs, les autres nouvelles de Kafka)

- Soie, d'Alessandro Baricco

- Inconnu à cette addresse, de Kressmann Taylor

- Chroniques martiennes, de Ray Bradbury (un peu plus long, mais sous forme de chroniques, donc tu peux lire plus lentement sans te blaser)

- La musique d'une vie, d'Andrei Makine

?

Quelques suggestions de libraire... Tous des textes qui se lisent entre 2 à 3 heures.


Hors ligne Rain

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #32 le: 25 janvier 2013 à 22:30:37 »
Ou bien des trucs moins "classiques". Tu disais que tu as dévoré le Trône de fer, mais il existe aussi des romans courts et des nouvelles en Science fiction/fantasy/fantastique. Les romans de Terry Pratchett sont pas bien longs et sont très drôles, par exemple, et Neil Gaiman a quelques recueils de nouvelles à son actif. Il y a d'autres exemples bien sûr, Chien du heaume par exemple est pas très long non plus. Après, ce sont des genres assez particuliers, mais si tu as aimé le Trône de fer, peut-être que tu devrais te tourner vers des lectures similaires si tu as envie de lire.

Après, pour le problème d'écrire sans lire, je rejoins les autres, surtout Lo je crois : c'est pas nécessaire, finalement il faut juste avoir une histoire en tête pour avoir quelque chose à raconter, mais ça t'aidera à voir ce qui a été fait, à comprendre le mécanisme de l'écriture, à enrichir ton style. Et à ce niveau, toute lecture même partielle est bonne pour savoir si une écriture te plaît, si tu vas réemployer certaines tournures que tu as vu et qui te plaisent ou au contraire les éviter comme la peste (c'est ça aussi qui fait un peu le style).
Mais en soi, tant que tu maîtrises un peu l'art de raconter, que tu peux narrer sans t'emmêler les pinceaux et sans perdre ton lecteur, ça suffit. Lire, c'est aussi pour apprendre à raconter mieux, ou différemment, en observant les autres faire, mais ce n'est pas nécessaire en soi - c'est juste plus dur d'y arriver seul.
Perdu

Hors ligne Octurne

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #33 le: 26 janvier 2013 à 13:47:43 »
Merci à tous pour vos conseils de lectures.  J'y jetterai un coup d'oeil quand l'occasion se présentera. Et si vous vous demandez à quoi peut ressembler un texte de quelqu'un qui lit peu, j'ai justement posté une petite nouvelle dans la rubrique textes courts. J'espère recevoir de nombreuses critiques, car en tant que petit lecteur justement je n'ai sans doute pas du tout le même regard que vous dessus.

Hors ligne xavion

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #34 le: 22 mars 2013 à 13:44:32 »
Je reprend ce fil abandonné depuis quelques semaines.
Après avoir lu (a peu près) toutes les contributions, j'ai l'impression que les défenseurs de l'idée qu'il est préférable de lire pour écrire argumentent essentiellement en invoquant la nécessité d'avoir une culture littéraire. Parce qu'on s'inscrit dans une lignée, parce que la littérature est une mine d'or en termes de connaissances et que ça nourrit l'imagination, parce que certaines expériences littéraires ont été faites et que, tant qu'à réinventer l'eau tiède, autant savoir ce que ceux qui s'y sont déjà essayé ont fait. Bref parce que "la culture donne forme à l'esprit".
Je partage cette opinion mais pour moi, l'essentiel n'est pas là.
Le plus beau texte du monde n'est qu'un tas de papier salit par de l'encre tant qu'il n'est pas lu. La littérature est un exercice qui se joue à deux, et qui se rejoue chaque fois qu'un lecteur lit un texte, et qui ne donne jamais tout à fait le même résultat (enfin, je suppose, je ne peux connaitre que ce que j'ai dans la tête, mais un tout cas c'est compatible avec vos visions si contrastées des Confessions de Rousseau). Le lecteur et l'auteur participent -en différé- à l'élaboration de ce qu'est l'expérience littéraire.
Du coup je crois que l'auteur doit construire en pensant au lecteur, il ne doit pas forcément le diriger mais il doit anticiper ses attentes, il doit spéculer sur les connaissances qu'il possède de façon à ce que ses métaphores ne tombent pas à plat, que les inférences sur lesquelles il compte se fassent effectivement. Bref, il doit savoir comment ça marche, un lecteur, comment ça se fatigue quand ça devient lourd, comment chemine sa pensée ... Je ne vois pas comment on peut s'adresser à un lecteur sans avoir une expérience de lecteur.

Hors ligne Milora

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #35 le: 22 mars 2013 à 17:22:44 »
Je suis tout à fait d'accord, xavion !
(intervention inutile du jour, mais j'avais envie de le manifester  :-[ )
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne OliveDuWeb

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #36 le: 22 mars 2013 à 17:25:59 »
Moi aussi, je suis d'accord.
Ce qui ne veut pas dire qu'on est obligé de continuer à lire beaucoup pour écrire, cette expérience de lecteur peut être passée et suffire.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

jake07

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Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
« Réponse #37 le: 03 juin 2015 à 13:02:55 »
J'ose un gros up car c'est une question qui m'intéresse vu que je ne lis plus que très peu. J'ai beaucoup lu jusqu'à mes 16 ans environ et depuis je dois difficilement atteindre un livre par an. Je pense que ça reviendra mais ça fait quelques années que ça dure. Et gamin je lisais quasi que du Stephen King. Depuis j'ai aimé Les chants de maldoror, la horde du contrevent et je me met doucement à Philip K Dick. Très doucement.
Et la comparaison avec le musicien qui n'ecouterais jamais de musique m'interpelle. J'écris des morceaux depuis le lycée et j'écoute énormément, énormément de musique et je sais tout ce que ça m'a apporté dans ma manière de composer. Sans toute cette musique écoutée, il me manquerait quelque chose de très important.
Du coup, même si je ressens pas de manque quand j'écris ça me trotte souvent dans la tête car c'est seulement à force d'écouter de la zik que je vois tout ce que ça m'a apporté et tout ce que ça m'apportera

Hors ligne Champdefaye

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Lire ou écrire, il faut choisir
« Réponse #38 le: 30 mai 2019 à 17:24:22 »
Quand j’ai commencé à écrire, il y a cinq ou six ans, je ne me doutais pas de là où ça me mènerait.

Il y a une dizaine d’années, tout d'un coup, je n’ai eu plus grand-chose d’autre à faire que manger, dormir, boire, dire bonjour à la dame et choisir la chaine TV. Alors, je me suis mis à lire. Pendant deux ou trois ans, j’ai lu, surtout les classiques, Proust et Flaubert en particulier, qui m’ont permis d’entrevoir ce que j’avais raté à faire autre chose. J’ai lu pour le plaisir de découvrir une histoire, et avec elle, l’existence de sentiments inconnus, ou pour celui de retrouver des émotions oubliées ou trop éprouvées. A ces plaisirs s'est vite ajouté celui de la musique des mots, du rythme des phrases, de la fluidité du texte ou de ses aspérités. Pour définir cette association de caractéristiques de l’écriture, j’aurais bien utilisé le mot style, mais pour beaucoup de gens, dire d’un écrivain qu’il a du style, c’est le ranger dans la catégorie des écrivains désuets, démodés, dépassés, empesés, finis, foutus, pilonnés. Les fantômes d’André Maurois, de Roger Martin du Gard, de Gilbert Cesbron et de bien d’autres gloires du siècle dernier en savent quelque chose. C’est vrai qu’ils avaient du style, mais « on écrit plus comme ça aujourd’hui ». Pourtant Proust, Conrad, Hemingway, Chandler, Houellebecq, Wolfe, Beigbeder, Roth ont du style, chacun le leur. Leur forme d’écriture fait qu’on les reconnait aux premiers mots et qu’« on aimerait bien écrire comme ça aujourd’hui. »

Le style est à l’écriture ce que l’élégance est au costume : ça ne doit pas se remarquer. Mais rien n’empêche l’amateur d’en rechercher les traces :  choix des mots ou de la couleur des chaussettes, rythme des phrases ou longueur du pantalon, construction de l’histoire ou structure de la silhouette...

En fait, en commençant ce billet, mon intention n’était pas de me lancer dans d’approximatives considérations sur ce qu’est le style ou sur ce qu’il n’est pas. Mais, comme souvent, je me suis laissé emporter.  Ce que je voulais dire, là où je voulais en venir quand j’ai entrepris ce texte, c’est ceci : quand, comme moi, on a choisi et lu un nombre raisonnable d’écrivains que l’on admire, et que, sur le très tard, on entreprend d’écrire, alors on ne lit plus. Bien entendu, ayant eu vent de votre goût pour la littérature, la famille et les amis vous abreuvent de romans, de nouvelles et d'essais — tiens, toi qui aimes tant lire ! —, mais on ne lit plus. On ne lit plus parce qu’on ne veut plus lire et parce qu’on ne peut plus lire.

On ne peut plus lire parce qu’on n’en a plus le temps. L’écriture, le besoin d’écrire, le plaisir d’écrire vous ont pris : vous écrivez, vous pensez à ce que vous allez écrire et vous écrivez, vous pensez à ce que vous avez écrit et vous écrivez. Vous écrivez et vous ne lisez plus.

On ne veut plus lire parce que lire, cela empêche d’écrire. En effet, comment peut-on continuer à écrire ses petites histoires laborieuses quand on sort de quelques lignes de Sagan ou de Houellebecq, sans parler de Flaubert, Maupassant ou de Proust bien sûr.

Lire ou écrire, il faut choisir.
« Modifié: 02 juin 2019 à 06:12:52 par Champdefaye »

Hors ligne Eveil

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    • la galerie du petit prince
Re : Lire ou écrire, il faut choisir
« Réponse #39 le: 30 mai 2019 à 18:01:38 »
C est une discussion ou un avis arrêté ?

Moi tu vois je fais les deux. Je lis et j écris, sûrement parce que je ne suis pas frappé par cet étrange syndrome de l admiration.
"Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche"

Aube

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Re : Lire ou écrire, il faut choisir
« Réponse #40 le: 30 mai 2019 à 18:05:16 »
Pareil ! Rien ne me motive plus à écrire que lire quelque chose que "je ne savais même pas possible".

Hors ligne Marcel Dorcel

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Re : Lire ou écrire, il faut choisir
« Réponse #41 le: 30 mai 2019 à 18:09:37 »
En tant qu'écrivaillon de la campagne, qui n'ai jamais cherché la publication à tout prix, sans doute par pusillanimité, j'écris quand ça me chante et n'ai jamais construit quelque chose de solide. Donc, le problème ne se pose pas.

En revanche, il se pose pour celui qui entreprend d'écrire d'une manière ordonnée, pratique. Ce n'est pas le fait de dire qu'untel ou untel écrit mieux que moi ou que tout a déjà été dit, c'est le problème de la distanciation.

Il est impossible de continuer à faire son travail d'écrivain tout en étant absorbé dans la lecture d'une oeuvre, disons majeure. Lire des petits bouts par-ci par-là n'est pas gênant en soi mais si, un exemple qui m'est cher, tu lis Modiano en écrivant sur la période de l'occupation,  il aurait fallu le lire avant mais non pendant. Tu peux te permettre de lire une biographie de Doriot qui t'enrichira mais Modiano t'es interdit au risque de le plagier, d'en faire une mauvaise copie, de reprendre inconsciemment ses tics de langage.
Je répète, le mieux aurait été de l'avoir lu avant.

Au demeurant, si ce que tu lis est clairement à l'opposé, le risque est moindre mais dangereux si tu n'introduis pas une forme de distanciation écriture-lecture, te retrouver à laisser ton taf d'écrivain pour te repaître d'un bouquin qui te passionne.

Merci d'avoir lancé le débat, ce n'est pas une question si saugrenue qu'elle en a l'air.



Citation de: Eveil
C est une discussion ou un avis arrêté ?

Moi tu vois je fais les deux. Je lis et j écris, sûrement parce que je ne suis pas frappé par cet étrange syndrome de l admiration.

Il est nullement question d'admiration mais d'influence. Ce dont je parle quand j'évoque le phénomène de distanciation. L'originalité bien qu'étant un leurre, nous la tentons car nous sommes faibles et orgueilleux. Petit ou grand, un écrivain écrit toujours le même livre à l'infini, il écrit ce que son prédécesseur a déjà écrit qui lui-même le tient de son prédécesseur alors oui, qui de la poule et de l'oeuf ?

Au mieux, il faut donc tendre vers une distanciation et se replier sur son monde intérieur, pendant un temps défini évacuer l'influence de certains auteurs, les oublier, pas facile...

Il y a au moins un point sur lequel je suis d'accord avec toi. Chaque expérience de vie est particulière, unique, là réside notre chance. Tenir compte des critiques certes mais ne jamais lâcher prise, mon écriture est mienne, il faut qu'elle le reste contre vents et marées. L'art est à ce prix ! Plus humblement, ne jamais se laisser acheter par de bonnes ou de mauvaises critiques, se fourvoyer lâchement.



Modération : Posts fusionnés, merci d'éviter les double posts.

@Meilhac

Beckett, j'achète les yeux fermés, Yourcenar pas lu quant à Proust, à chaque nouvel essai il me tombe des mains, je dois être un inadapté au monde proustien...
Refermons la parenthèse.

On dit que les imbéciles ne changent jamais d'avis, je suis un imbécile qui change souvent d'avis.  Maxi méa culpa. L'originalité comme leurre étant un peu définitif, disons que l'originalité est difficile à atteindre, pas une chimère mais presque, du moins pour le commun des pauvres auteurs que nous sommes.
Il ne faut pas se priver des influences sans quoi même Einstein avec son Q.I supersonique de 180-200 n'aurait pu découvrir la notion d'espace-temps, la théorie de la relativité restreinte et générale. Euréka j'ai trouvé ! Sans Galilée, Newton et d'autres
le petit Albert n'aurait peut-être pas fait une aussi belle carrière.
Alors oui, je suis d'accord, choisissons le gris comme couleur dominante.
Et sus aux clichés ! Dans un essai confondant de bêtise, intitulé Jusqu’à Faulkner, l'auteur, Pierre Bergounioux, tente de nous démontrer que l'avènement faulknerien a tué toute la littérature, qu'il est indépassable. Homère, Faulkner puis RIEN !
Certes, Faulkner est un auteur majeur, indispensable mais n'en faisons pas des tonnes. J'en connais un qui m'est cher et qui doit se retourner dans sa tombe, pauvre Joyce !

@Philippe47

Me concernant, c'est une question de phase, de période. Certaines ont propices à la lecture, d'autres alimentent mon plaisir d'écrire. A supposer que je sois dans la construction de quelque chose de "dense" (au moins à l'échelle de ma perception), il est vrai qu'alors je ne lis plus, ou tout au moins rien qui relève de la littérature au sens large. Mais pour de multiples raisons, soit je dois à un moment stopper cette activité nocturne en général et chronophage de toute façon, soit je me retrouve devant un mur (ou une falaise, éventuellement une montagne, mais de toute façon c'est perçu comme infranchissable) et il faut que je stoppe tout et reprenne de la distance (avec ce que j'écris). Et là, la lecture est mon amie, ma grande amie.

Je plussoie à mille pour cent. ;)
« Modifié: 30 mai 2019 à 21:26:49 par Marcel Dorcel »
Un imbécile ne s'ennuie jamais il se contemple
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 Croyez-vous que je me sois donné la peine de me lever tous les jours de ma vie à quatre heures du matin pour penser comme tout le monde 
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Hors ligne Eveil

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Re : Lire ou écrire, il faut choisir
« Réponse #42 le: 30 mai 2019 à 18:33:22 »
Citer
quand, comme moi, on a choisi et lu un nombre raisonnable d’écrivains que l’on admire
"Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche"

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Lire ou écrire, il faut choisir
« Réponse #43 le: 30 mai 2019 à 18:54:16 »
L'originalité bien qu'étant un leurre,

tu peux développer marcel  ;) ? (moi l'originalité, je crois que ça existe)   8)



bon sinon moi je lis surtout quand j'écris. c'est le fait d'écrire qui me donne envie de lire
mais c'est parce que j'ai beaucoup lu je crois
parce que ce qui fait que j'écris maintenant c'est le fait d'avoir lu
maintenant je suis un peu conforme à ce que disait/prophétisait/redoutait botulle au début du vingtième : il disait en gros, "les seuls qui lisent, c'est ceux qui cherchent des idées de trucs à écrire ou des idées sur comment écrire" :--)

mais bon quand j'ai lu les trucs qui m'ont marqué au fer rouge, c'était sans avoir l'idée d'écrire à l'époque

je me souviens d'une interview de houellebecq par ardisson, et ardisson lui dit, "pendant que vous écrivez, vous cessez de lire ce qui sort? pour mieux vous centrer?" et houellebecq répond "ah non non, pourquoi ? non non, je bouquine aussi pendant mes périodes d'écriture"

je pense aussi de yourcenar disant "je me méfie beaucoup des écrivains qui disent, je ne lis pas les autres pour ne pas me faire influencer. au contraire, il faut lire beaucoup, et à la fin ça fait une espèce de gris sur lequel on peut exprimer et affirmer  son style, sa couleur propre"

proust avait tout lu et ne disait rien de ses idoles, il avait fait son gris quoi. mais je soupçonne qu'il ne lisait plus guère, dans la période où il écrivait à donf (mais j'intuite, seulement, quelqu'un peut confirmer ou infirmer ? quelqu'un qui aurait lu sa bio par taddéi par exemple ?)

gainsbourg lui disait, quand on lui demandait ce qu'i lisait, "j'ai passé l'âge de faire des erreurs. je relis toujours les mêmes trucs" (et ses trucs of course : huysmans, baudelaire, defoe, constant, et qq autres)

lire et écrire, il faut faire les deux, mais pas toujours pile en même temps

bon moi j'ai des starters :quand j'ai envie d'écrire, y a certains auteurs qui me donnent envie d'écrire (beckett)
et puis yen a qui me donnent envie de continuer à les lire (proust,  yourcenar) donc pas l'idéal pour écrire
mais ouais quelques phrases de beckett, hop. comme s'il était la roue du bicyle, je commence à pédaler avec lui qui me tient, etdès qu'il arrête de me tenir je suis lancé et je pédale :--)
moins écrasant et moins différent de moi que proust et yourcenar, je pense que c'est pour ça

Hors ligne Eveil

  • Calame Supersonique
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Re : Lire ou écrire, il faut choisir
« Réponse #44 le: 30 mai 2019 à 19:00:05 »
ou pour reprendre l'analogie de Montaigne entre l'abeille et l'élève : il faut assimiler les connaissances, les faire siennes pour créer son propre miel (le gris évoqué par meilhac). Aussi je pense que l'influence est normale et saine, puisque c'est une nourriture à intégrer, mais que l'admiration est nocive.
"Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche"

 


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