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Auteur Sujet: Ecrire c'est prendre des risques  (Lu 1354 fois)

Hors ligne pascal2

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Ecrire c'est prendre des risques
« le: 16 juillet 2012 à 04:23:52 »

Ecrire c'est d’abord prendre des risques.
Le risque d'être jugé. Le risque de se livrer.
De livrer à soi-même ce que l'on ne veut pas voir au départ.
Ne pas voir ce qui parait anodin, ou trop secret.
Il y a cinquante façons d'écrire.
On n’écrit pas un roman de gare de la même façon qu'un roman où on
s'implique soi-même.
On n’écrit pas non plus pour les mêmes publics,
et pour les mêmes raisons.

La seule force qui pourrait nous pousser à vaincre notre paresse
à écrire, car écrire est exténuant, est de vouloir nous dépasser
pour arriver à plus de vérité.
Car à part la vérité, et le trajet pour aller dans son sens, quel but pourrait
nous astreindre à rester rivés des années à des feuillets ?

Nous avons devant nous 5000 ans d'histoire à comptempler,
et cent milliards d'humains sont nés et morts depuis l'avènement de l'Humain.
Cent milliards d'aventures, de joies, de cris, d'angoisses, de naissances, de morts,
d'amours, de trahisons, de petits ou grands meurtres.

La palette qui s'offre à nous est immense et poly forme, presque infinie.
La variété et l'étrangeté des mondes à visiter est telle que leurs visites nécessiterait
de vivre des dizaines de milliers d'années.
La vérité sur nous-mêmes et les autres semble être condamnée à nous échapper.

Nos sociétés devenues jeux de miroirs médiatiques entre les cultures simplifient
de jours en jours les enjeux intellectuels en cours.
Ainsi ne se pose-t-on plus la question de la liberté dans nos sociétés modernes
car on nous dit que la liberté est leur principe.
Pourtant pas une seconde sans que je vois la liberté bafouée autour de moi.
Pas une seconde où je ne vois un être souffrant, souvent sans comprendre l'origine
des maux qui l'accablent.

C'est pourquoi la littérature nous berce entre la tragédie et la comédie humaine,
qui sont les deux pendants de la conscience : voir la souffrance de la vie, et savoir rire de
nos souffrances.

Et puis il y a ceux qui veulent faire un monde meilleur.
Un monde où on pourrait communiquer.
Car communiquer serait transmettre le savoir et l'expérience, seules valables
selon certains pour expliquer le monde, pour le rationaliser, pour le pacifier.

Donc trois positions possibles : la tragédie, la comédie, et la pacification.
La pacification ayant pour objectif de supprimer la tragédie humaine.

Mais plus de liberté n'engendre-t-elle pas plus de besoins, et à nouveau la tragédie
d'atteindre à nouveau cette nouvelle liberté imaginée ?
Ainsi les limites des libertés sont-elles toujours repoussées.
Sans que la notion de tragédie change.

Hier on déplorait de brûler les sorcières sur les buchers de l'inquisition.
Aujourd'hui on déplore la vie terrible des femmes battues.
Demain que déplorera-t-on ?

Il est possible que la tragédie humaine soit bien plus grande que celle que
nous imaginions.
Combien d'êtres souffrent de ne pas êtres aimés, ou d'être manipulés, exploités ?
Combien souffrent tout simplement de la vie et de son implacable logique ?

Il y a le parti d'en rire. Le parti d'en relater la tragédie. Le parti de s'en révolter.

Ecrire c'est une façon de prendre parti.
Une façon de proposer une grille d'analyse.
Une façon de se mettre en danger.

Car prendre parti dans la tragico-comédie humaine n'est-il pas se mettre en danger ?

Prendre le risque de se tromper, de se fourvoyer, de s'y noyer, enfin de s'y découvrir  ?



Qui vit sans folie n'est pas si sage que cela

 


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