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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Exquis cocktail cadavérique, 25 juin 2011

Auteur Sujet: Exquis cocktail cadavérique, 25 juin 2011  (Lu 1133 fois)

Verasoie

  • Invité
Exquis cocktail cadavérique, 25 juin 2011
« le: 26 juin 2011 à 01:51:14 »
Dans un immense gâteau sucré, derrière une première couche de pâte d'amandes colorée, à l'intérieur d'une spongieuse texture vanillée, ensandwiché entre un petit centimètre de crème pâtissière parsemée de confiture de framboises et un lit de copeaux de chocolat blanc, vivait - car oui, il y a une vie, une délicieuse vie au pays des douceurs - vivait le Génie du Loukoum. C'était un grand Génie tout en sucre bleu qui s'exprimait par chansons et qui, à la base, habitait là pour le fun, jusqu'à ce qu'un touriste le découvre. Dès ce moment, il fut connu dans le monde entier, et faut bien l'avouer, distribuer des bonbecs à tous les afficionados de sucre de la terre entière n'était pas réellement une partie de plaisir. ­A la première occasion, donc, dès qu'il se trouva seul et que le dernier des boulimiques fut mort d'une hyperglicémie aiguë (il lui fallut attendre un bon millier d'années pour ça, quand même), il prit la tangeante, rêvant de visiter les grandes villes du monde : Cambrai, Villejuif ou Arches étaient les premières sur sa liste. Oui, il fallait se rendre sur le champ dans l'une de ces trois villes ! Sans plus attendre, il alla acheter une boussolle et décida de se diriger globalement vers le Nord Est. Il finirait bien par rallier l'une de ces trois agglomérations, ou bien, au pire, il aurait fait une jolie balade. Malheureusement, il s'aperçut bien vite que sa boussole était cassée. Elle n'indiquait pas du tout le Nord, à moins que celui-ci, pris de bougeotte, n'ait loué une bicyclette pour parcourir le monde au petit bonheur la chance, sans jamais se poser au même endroit. Intrigué, notre héros décida de suivre la direction indiquée. Il marcha, traversa des forêts, brava des pancartes "Propriété privée, passage interdit", et finalement, se retrouva nez à nez avec une vitrine. Il leva les yeux sur le nom du commerce : ERNIE A., CHOCOLATIER. La rue arrêta soudain de babiller et Victor, qui était un de ses noms, ne sentit aucune insulte l’effleurer à cause son immobilisme outrancier, il n’entendit pas « avez-vous jamais vu un comportement pareil, c’est honteux ». Puis il passa la porte, força le passage et n’entendit pas : « non, vous ne pouvez pas griller la file d’attente comme cela, vous n’avez pas pris de ticket c’est Pâques tout ­le monde est dans le même cas, mais pour qui vous prenez-vous ? ». Puis, il arriva devant le chocolatier.
-   Ernie ! dit Victor avec sa grosse voix.
-   Monsieur, je ne vous remets pas, veuillez sortir.
–   Mais… tu ne me reconnais pas ? C’est moi, ton meilleur ami ! Allez, quoi, fais un effort !
Il était désespéré. Personne ne semblait le reconnaître. Il tenta une dernière approche :
– Tu ne te souviens même pas de l’histoire des violons ?
 ­– Sortez, vous dis-je ! Je n’hésiterai pas à faire usage de la force !
Il dut se résoudre à quitter les lieux, car son ami avait à présent sorti un pistolet et le braquait sur lui d’un air décidé.
Il partit donc, honteux d’abandonner si vite. Un burgasme, ça ne se trouve pas dans toutes les rues !
La faim le tenaillait encore. Il recula jusqu’à la grille en fer. Son ami le tenait toujours en joue, une main appuyée sur le chambranle de la porte. Derrière lui, une femme avec un téléphone jaune sur la tête l’attendait, arborant fièrement le burgasme sur un plateau d’argent.
Pendant un quart de secondes, il se vit éviter la trajectoire de la balle (Matriiiiiix), flanquer un crochet du gauche à son ex-ami, puis coup de pied latéral à la blondasse et rattrapage in extremis du burgasme. Oui tout était parfaitement clair dans son esprit.
Et c’est à ce moment qu’un poney monté de deux équilibristes fit son apparition.
Comme si ça n’était pas assez étrange jusque là. Mais quand l’un des équilibristes sortit une trompette et se mit à jouer la Carioca pendant que son acolyte et le poney dansaient la chorégraphie, il se dit que cette fois il avait touché le fond. Excès de chocolat ? Overdose de petits pois Géant Vert ? Quelle que fut la substance responsable, il se promit d’en faire provision. A la réflexion, il se dit qu’il devrait les livrer à l’Elysée. Et à cet instant il vit un nain de jardin débouler de nulle part pour accompagner l’étrange trio au cor des alpes.
­Ce fut une belle et grande aventure : le nain de jardin trouva finalement un nouvel endroit où s’implanter, tandis que ses compagnons poursuivaient leur périple. Plus personne ne revit le nain dans la vallée, sa disparition étant longuement pleurée par ses propriétaires, perplexes de ne voir nulle trace de vol.



Participants : Vera, Zach, Mil, Rain, ambriel, ernya, Syane et Loïc !

 


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