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04 février 2023 à 00:54:57
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Cadavre exquis 1 - L'Epopée d'Arzan

Auteur Sujet: Cadavre exquis 1 - L'Epopée d'Arzan  (Lu 10565 fois)

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Cadavre exquis 1 - L'Epopée d'Arzan
« le: 27 janvier 2007 à 22:31:40 »

Cadavre Exquis achevé !


L'Epopée d'Arzan, l'intégrale.


La nuit était sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre silencieuse.

Au loin se dressait le château, imposant et majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.

Ce château avait appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.

Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra, flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps anciens...

Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges !"

Le silence fut sa seule réponse.

Ces maudites traditions et leurs discours pompeux...

Fatigué, il sortit son fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un coup de pied, elle céda.

Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou presque", c'était un peu long durant une bataille.

Le capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.

Ce qu'il vit alors le terrifia.

De sa vie, pourtant mouvementée et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.

Il ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée lui transpercer le cœur.

Arzan se réveilla en sursaut, la main à son épée.

Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.

Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.

Arzan tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par surprise...

Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles. Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...

Le souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?

Il tourna à gauche, un cul-de-sac ! Trop tard, il entendait les pas se rapprocher.

Il vit l'ombre de son attaquant se profiler. Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.

Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle dans sa cape d'ombre.

- Il y a quelqu'un, là ! souffla la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.

Arzan, découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à terre.

Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...


Il faisait noir ici... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un siècle...

Quelle importance !
Il n'avait plus son épée, ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.

Il faisait noir, ici... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...
Il faisait noir ici...

"Atchaaaaa !"
Arzan maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents. Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre : il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa cellule.

La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...

Dix minutes plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.

En fait, il ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non : deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment et quelques rires rauques se firent entendre autour – si l’on pouvait appeler cela des rires.

Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur. Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête avec difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le décor...


Le démon l'attrapa par les cheveux et le souleva.

- Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard ! Et une lopette en plus !

Derrière lui, ses hommes éclatèrent de noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous avaient les yeux rouges.

- Et que viens faire quelqu'un comme toi par ici. Hein ? Réponds !

De sa main gantée de métal, le démon frappa Arzan.

Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.


Du coin de l'oeil, Arzan repéra soudain l'ombre qui l'avait attendu à l'extérieur. Silencieuse, elle se faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant un à un. Lorsque l'un d'eux s'aperçut de la disparition de trois de ses camarades, il cria. La tension montait tandis que l'ombre trouvait une quatrième victime.


Le chef, surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur la pierre. Il tomba, encore une fois, dans l'inconscience ayant juste le temps de voir une main se pencher vers lui.

Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il était, il se laissait juste dériver parmi les brumes de l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua une lueur blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec le courant, la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la traversa.

Il mourut.
Et suivit le courant, dont l'impétuosité grandissait.


Alors il se réveilla en sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je rêvé ?"

Son frère était à son chevet.

- Tu es réveillé ? Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au seuil de mon établissement !

Trois semaines ? Et puis, dans son dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...
Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité, signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.

Il ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues, insubstantielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir les morts, et leur parler.

Crénom, sacré changement ! Arzan se sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui : d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien sur le monde, il devait éliminer le mal.

Vous arrêtez, oui, avec votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je vous ausculte !

Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.

Et soyez pas vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient au-dehors, derrière la petite fenêtre qui éclairait la pièce. Il sentait la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses os... Trois semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il était plus faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait s'il n'était pas en danger maintenant...

Les trois semaines passèrent, sans encombre...

Quand il put enfin partir, Arzan fit sceller son cheval, bien décidé à retourner au château Ker Atlantis afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger... )


Trois semaines... cela faisait trois semaines qu'il chevauchait sans relache. Ou sa carte était fausse, ou les Dieux se fichaient de lui. Pour son équilibre mental, il optait pour la première solution. Enfin, un soir, dans les lueurs apocalyptiques du crépuscule, une silhouette noire et pointue se découpa dans le lointain. Ker Atlantis ? Le donjon semblait avoir changé de forme. Il éperonna sa monture, sans savoir qu'il se jetait dans la gueule du loup...

La tour, tellement biscornue qu'on pouvait légitimement se demander comment elle tenait debout, ressemblait à un vautour guettant sa proie. Arzan ne ralentit pas pour autant son allure. Le sentier était désert jusqu'au château, et cela ne faisait que renforcer cette impression sinistre qui avait saisit le cavalier lorsqu'il avait aperçu l'édifice. Lorsqu'il arriva enfin à bonne distance des portes, il s'immobilisa. Son cheval écumant semblait lui exprimer toute sa profonde gratitude : la pauvre bête n'en pouvait plus. Arzan contempla la grande porte avec perplexité...


Arrête-toi ici, voyageur... Depuis trois semaines, ce lieu est maudit !Arzan se retourna, pour découvrir la silhouette fantômatique d'un vieillard mort. Une question lui vint :

- Pourquoi tout dure trois semaines, en ce moment ? Mon voyage, ma convalescence, mon coma, et puis ça maintenant...

Hein ? Aucune idée. "Trois" est sûrement ton chiffre porte-bonheur. Bref, où en étais-je ? Ah, oui. Tu devrais rebrousser chemin, avant que les démons de ces lieux ne te torturent dans une lente agonie...

- Qui durera trois semaines ? Je n'en ai rien à faire, si je suis là, c'est pour la vengeance.

Arzan descendit de cheval, et s'approcha du vieillard...Il était à trois pas de lui lorsque ce dernier s'évanouit dans les brumes en disant : Je t'ai prévenu, voyageur ! Prends garde !

Le jeune homme ne l'écoutait pas et se retourna pour détailler la porte. Elle aussi avait changé : le marbre blanc sculpté avait laissé la place à une pierre noire brillante couverte de symboles rouges. Arzan ne connaissait pas le matériau mais supposait avec horreur que cette peinture avait quelque chose à voir avec du sang.

Pas très râgoutant... Bon, que faire ? S'imprégner les mains de sang pour pousser une porte fermée à double-tour ? Escalader des remparts de vingt pieds de haut dont le sommet arborait des pieux impressionnants ? Pourquoi les emmerdes conflluaient toujours vers lui ? Le chevalier Arzan, aimant des emmerdes... ça sonnait bien.

Un loup poussa un long gémissement, quelque part sur une colline désolée. Le vent se leva, balayant la lande. Un bruit sourd se fit entendre. Arzan préféra frapper à la porte, l'atmosphère le mettait mal-à-l'aise. Et pour cause...

Il attendit quelques minutes, frappa à nouveau, patienta encore. Mais rien ni personne n'ouvrit. Il tenta de forcer la porte, mais comme il s'y attendait, elle était fermée à clé. Il regarda alentour pour voir si une prise facile lui permettrait d'escalader l'enceinte du château, mais peine perdue : les murs étaient aussi lisses que le menton d'un gamin. Arzan soupira, d'un soupir où se mêlaient soulagement et résignation.

"Impossible de pénetrer le château par mes propres moyens, se dit-il. Je ne me vengerai pas ce soir, mais je ne mourrais pas ce soir non plus. Je vais devoir trouver le roi et demander aux sages de m'aider. Ca ne m'enchante pas de dire à ces vieux fous que ma famille a libéré les démons d'Atlantis, mais je n'ai pas le choix."

En fait, il supposait seulement qu'il s'agissait de ces démons là - ceux qui, selont les légendes, avaient presque réussi à détrôner les dieux, et qui auraient réussi sans l'intervention de son propre ancêtre, Jaskol Atlantis, armé du pouvoir des Thaumaturges et d'une arme inconnue mais apparemment redoutable. Il soupira encore. Cette fois, c'était la galère assurée...

Nan mais t'as pas fini de te plaindre? On a du mal à croire que tu descends des Thaumaturges, en te voyant... Un vrai pleurnicheur!

Arzan sursauta en entendant la voix qui semblait venir de nulle part. Puis il distingua le fantôme flou de jeune fille qui venait de surgir à ses côtés. Ah oui. Dans la liste des emmerdes, il avait oublié les esprits fatiguants, aussi.

Je t'ai entendu!, prévint l'adolescente fantômatique en envahissant l'espace d'un air...menaçant? Oui, on va dire menaçant. Le fait qu'un gosse de six ans n'en aurait pas eu peur ne compte pas. Et tu as de la chance de ne pas être tombé sur un démon, abruti!

-Pourquoi? Ils font encore plus peur que toi? Et puis qu'est-ce que tu fais là, d'ailleurs, toi? S'il y avait eu des filles dans ce château, je le saurais, non?

Ah, parce que tu crois que je viens tout juste de mourir? J'ai 10 000 ans, mon vieux...



Par la cape, les sandales et la hache de Géhïel, et par toutes les divinités majeures et mineures ! 10 000 ans ? L'âge de son propre ancêtre, Ker... Ker Atlantis avait été un duc bon pour ses sujets, se préoccupant plus d'eux que de lui même. Il avait vécu bien des millénaires avant Jaskol, et à part tout ceci, on ne savait rien de lui. Il ne restait même pas de portrait !

Evidemment ! Tu ne crois quand même pas qu'une peinture tiendrait si longtemps ! Par contre, je peux te parler de Ker. Ca fait longtemps que je n'avais pas discuté avec un vivant...

- Ca ne m'interesse pas. Ce vieux débris est mort depuis 10 000 ans, en quoi serait-il utile de connaître sa vie ?

Vieux débris ?? Respecte tes ancêtres, gamin ! C'était un homme de bien et ce n'est pas le premier gosse qui passe qui pourra se permettre de l'insulter devant moi !

- Oh ? Et que vas tu bien pouvoir faire ? Tu es morte...

J'ai quelques années de plus que toi, figure toi, et j'en connaît bien plus sur l'art des Thaumaturges qu'aucun de tes contemporains. En fait, tu es le plus fort que j'ai rencontré jusque là de ton époque, et tu es à peine capable de me voir, c'est pitoyable. Mais soit, je vais te montrer.

Elle lui balança son poing dans l'estomac, et Arzan se plia en deux sous la douleur, le souffle coupé.

Il se réveilla juste à temps pour voir un grand couteau plonger vers son thorax, plus tout devint noir.
De drôles de créatures blanchâtres lui parlèrent d'une voix éthérée, et Arzan comprit que la mort n'était pas si terrible, après tout.








*********


[Archives]

Déplacement du Cadavre exquis.
Connaissez vous le principe du "cadavre exquis"
 ? C'est une sorte de jeu. Chacun met un mot, pour former une phrase. Dans le genre "
Une vache torture le directeur sur la planète 1925". Vous l'aurez compris, cela donne parfois des choses bizarres.
Mais voila, sur un forum, ce n'est pas très pratique. Alors, quelqu'un a inventé une variante : Chacun écrit une ou deux phrases, voire quelques lignes, et au final, cela donne une histoire. En général, après son propre tour, avant de réécrire, on attend qu'il y ait 2 ou 3 messages de plus.

Vous l'avouerez, sur un forum

d'écriture, ce genre de sujet à plus ou moins sa place, non ?

La partie en gras, c'est l'endroit où nous nous sommes arrêtés, que j'ai écrite.





La nuit était sombre, la lune pleine brillait de mille feux,

éclairant le passage de la sombre silhouette, accompagnée

d'
une ombre silencieuse.
Au loin se dressait le château,

imposant et majestueux, qui reflétait l'
astre de nuit.
Ce

château avait appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de

10000 ans. De nos jours, plus personne ne savait à qui il appartenait

vraiment, si ce n'
est aux fantômes du passé...

C'
était là que se rendait Arzan, seul, venant chercher son

héritage qui lui revenait de droit.
Il chevauchait un grand

destrier bai. L'
animal se cabra, flairant le danger. Arzan

descendit de sa monture, et avança jusqu'
à la porte du

château. C'
était une grande porte de marbre blanc, sculptée ça

et là de divers symboles des temps anciens...
Arzan se racla la

gorge, puis énonça d'
une voix forte :
"
Que le

Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses portes à moi, Bâtard Arzan,

de la lignée des rois Thaumaturges !"


Le silence

fut sa seule réponse.
Ces maudites traditions et leurs discours

pompeux...
Fatigué, il sortit son fusil-mitrailleur et tira une

bonne rafale dans la porte. D'
un coup de pied, elle céda.<br

/>Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se demanda rapidement pourquoi on

appelait cela un fusil. Un fusil, il savait ce que c'
était,

bien sûr. Les cuisiniers s'
en servaient pour affûter les

couteaux. Il imagina que c'
était parce que dire

"
arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou

presque"
, c'
était un peu long durant une bataille.<br

/>Le capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les

chances de se faire trucider d'
une flèche dans la gorge avant

d'
arriver à "
multiples"
. Et dire

"
arbalète à répétition à aaaaaaaargh"
, cela le

faisait moins quand vos hommes attendent un ordre précis. Il referma

cette parenthèse mentale et entra.
Ce qu'
il vit alors le

terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée et violente, il

n'
avait jamais vu autant de cadavres ayant été autant mutilés.

Réprimant son envie de vomir (et de s'
enfuir à toutes jambes),

il s'
approcha d'
un des corps et l'
observa,

cherchant des indices lui permettant de deviner qui était la cause de

ce carnage et pourquoi il l'
avait fait.
Il ne sentit pas

une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée lui transpercer

le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la main à son épée.<br

/>Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le moment, mais

l'
énergie dépensée était telle que vous vous endormiez

n'
importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et examina

le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.
Les

armoiries de l'
uniforme du mort révélaient son appartenance au

clan Shield. Le propre clan du père d'
Arzan. Le jeune homme

jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il

se releva, et entreprit d'
explorer les lieux. Si

quelqu'
un avait survécu à ce massacre, il comptait

l'
interroger.
Arzan tira son arme au clair. Dans le pire

des cas, il ne serait pas pris par surprise...
Un carreau

d'
arbalète siffla à ses oreilles. Azran pria qu'
il ne

s'
agisse pas d'
un fusil mitrailleur... Et se jeta à

terre, parmi les cadavres...
Le souffle court, il rampa

jusqu'
à une porte secondaire, et se rua dans un corridor. Il y

avait tant de portes ! Laquelle choisir ?
Il tourna à gauche, un

cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas se rapprocher.
Il

vit l'
ombre de son attaquant se profiler. Puis il le vit

entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche cachant son

visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il n'
en crut

pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'
était qu'
une

créature de légende pourtant dès qu'
il le vit, il fut sûr que

c'
était bien un membre de cette engeance maudite.
<br

/>Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de

paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à

Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'
il le

camoufle dans sa cape d'
ombre.
- Il y a

quelqu'
un, là ! souffla la créature. Je le flaire !
- Il

s'
est pas lavé depuis des lustres, à en juger par son odeur !

renchérit un homme derrière le démon, accompagnant sa réplique

d'
un rire gras.
Arzan, découvert et blessé dans son

honneur, se résolut à agir, et surgit vaillamment des ténèbres... mais

sa vaillance ne fit pas long feu, car il se cogna violemment à un pan

de plafond et tomba mollement à terre.
Avant de sombrer dans

l'
inconscience, il eut juste le temps de tirer une rafale dans

le tas. Tout devint noir ...

Il faisait noir ici ... Une

chaleur étouffante régnait. Il ne savait pas depuis combien de temps il

s'
était réveillé. Une heure, un siècle ...
Quelle

importance !
Il n'
avait plus son épée, ni son

fusil-mitrailleur. L'
air empestait et il se demandait si on

allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.<br

/>Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'
il

ne sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses

moyens...
Il faisait noir ici ...
"
Atchaaaaa

!"

Arzan maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu,

il claquait des dents. Il ne savait pas où on l'
avait enfermé,

mais une chose était sûre : il était loin, bien loin des steppes qui

bordaient le château de Ker Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit

se répercuta dans sa cellule.
La porte s'
ouvrit à la

volée. Un mystérieux gardien voilé le prit sur son dos ... Arzan ne

savait plus ...
Dix minutes plus tard, Arzan était violemment

déposé par terre. Il leva les yeux et vit celui qui devait être le chef

de ses ravisseurs.
En fait, il ne vit que ses yeux. De grands yeux

rouges. Pas injectés de sang, non : deux globes écarlate. Arzan voulut

se pincer pour se réveiller, mais ses mains étaient solidement liées.

Autant dormir, alors. Ses paupières s'
alourdissaient quand un

coup de pied bien placé le fit sursauter et gémir de douleur.
<br

/>« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment et quelques rires rauques se

firent entendre autour – si l’on pouvait appeler cela des rires.<br

/>Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur.

Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête

avec difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se

trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le

décor...

Le démon l'
attrapa par les cheveux et le

souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard

! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de

noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous

avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire quelqu'
un

comme toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main gantée de métal, le

démon frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au

coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.
<br

/>Du coin de l'
oeil, Arzan repéra soudain l'
ombre qui

l'
avait attendu à l'
extérieur. Silencieuse, elle se

faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant un à un.

Lorsque l'
un d'
eux s'
aperçut de la

disparition de trois de ses camarades, il cria. La tension montait

tandis que l'
ombre trouvait une quatrième victime.
<br

/>Le chef, surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur

la pierre. Il tomba, encore une fois, dans l'
inconscience

ayant juste le temps de voir une main se pencher vers lui.
<br

/>Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au

cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il était, il se laissait

juste dériver parmi les brumes de l'
inconscience. Au loin,

malgré sa cécité, il distingua une lueur blanche. A mesure

qu'
il faisait un peu plus corps avec le courant, la lumière se

rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la traversa.
<br

/>

Il mourut.
Et suivit le courant, dont

l'
impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en

sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère

gérait et, surpris d'
être en vie, se demanda:"
 Aurais

je rêver? "

Son frère était à son chevet.
- Tu es

réveillé ? Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous

t'
avons trouvé au seuil de mon établissement !
Trois

semaines ? Et puis, dans son dernier souvenir, il était dans le château

de Ker Atlantis, et...
Et il se souvint. Dans le flot impétueux,

il était mort. Il avait acquis la connaissance que cela apportait, puis

il avait ressucité, signe qu'
il était l'
une des rares

personnes élues. Il avait atteint son but, il possédait le pouvoir des

Thaumaturges.
Il ouvrit les yeux, et il vit que trois présences

floues, insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait

voir les morts, et leur parler.
« Modifié: 10 novembre 2008 à 19:52:02 par Loredan »
Perdu

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Re : Cadavre exquis
« Réponse #1 le: 27 janvier 2007 à 22:32:38 »
Ouf rain a transféré le plus

important 
 ;
D
Bzzzz Bzzzz

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Cadavre exquis
« Réponse #2 le: 02 février 2007 à 19:36:19 »
La

nuit était sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le

passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre

silencieuse.
Au loin se dressait le château, imposant et

majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.
Ce château avait

appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos

jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce

n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait

Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.

/>Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra,

flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança

jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de

marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps

anciens...
Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix

forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses

portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges

!"

Le silence fut sa seule réponse.
Ces maudites

traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il sortit son

fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un

coup de pied, elle céda.
Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se

demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il

savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en

servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce

que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou

presque", c'était un peu long durant une bataille.
Le

capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de

se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver

à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à

aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un

ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.
Ce

qu'il vit alors le terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée

et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été

autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à

toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et

l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui

était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.
Il

ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée

lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la main à

son épée.
Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le

moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous

endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et

examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.

/>Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance

au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme

jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il

se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un

avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.
Arzan

tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par

surprise...
Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles.

Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil

mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...
Le

souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua

dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?

/>Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas

se rapprocher.
Il vit l'ombre de son attaquant se profiler.

Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche

cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il

n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était

qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut

sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.


/>Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de

paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à

Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle

dans sa cape d'ombre.
- Il y a quelqu'un, là ! souffla

la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des

lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le

démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.
Arzan,

découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit

vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car

il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à

terre.
Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le

temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...


/>Il faisait noir ici ... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait

pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un

siècle ...
Quelle importance !
Il n'avait plus son épée,

ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on

allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.

/>Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne

sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...

/>Il faisait noir ici ...
"Atchaaaaa !"
Arzan

maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents.

Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre

: il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker

Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa

cellule.
La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien

voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...
Dix minutes

plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et

vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.
En fait, il

ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non :

deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais

ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières

s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter

et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment

et quelques rires rauques se firent entendre autour – si l’on pouvait

appeler cela des rires.
Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux

de son agresseur. Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il.

Il tourna la tête avec difficulté pour observer la salle humide dans

laquelle il se trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de

détailler le décor...

Le démon l'attrapa par les

cheveux et le souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan

Shield ? Un bâtard ! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses

hommes éclatèrent de noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes,

eux non plus. Tous avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire

quelqu'un comme toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main

gantée de métal, le démon frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire

... le sang perla au coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus

de belle.

Du coin de l'oeil, Arzan repéra soudain

l'ombre qui l'avait attendu à l'extérieur. Silencieuse,

elle se faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant

un à un. Lorsque l'un d'eux s'aperçut de la disparition

de trois de ses camarades, il cria. La tension montait tandis que

l'ombre trouvait une quatrième victime.

Le chef,

surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur la pierre.

Il tomba, encore une fois, dans l'inconscience ayant juste le

temps de voir une main se pencher vers lui.

Les ténèbres se

firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne

savait plus où ni qui il était, il se laissait juste dériver parmi les

brumes de l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua

une lueur blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec

le courant, la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau.

Et la traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont

l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en

sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère

gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je

rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ?

Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au

seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son

dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...

/>Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait

acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité,

signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait

atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il

ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues,

insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir

les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement

! Arzan se sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il

réalisa toute l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla

en lui : d'autres pouvaient les voir. D'autres

pourraient se dresser sur sa route. Sa décision était donc prise : pour

faire régner le bien sur le monde, il devait éliminer le mal.

/>Vous arrêtez, oui, avec votre manichéisme de merde ? C'est

pas demain la veille que vous aurez en vous la graine héroïque !

Maintenant restez immobile que je vous osculte !

Arzan

soupira, accablé. Les infirmières tutoyaient, ironisaient et lisaient

dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas vulgaire

comme ça !
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Re : Cadavre exquis
« Réponse #3 le: 04 février 2007 à 17:53:12 »
[Loredan, tes infirmières ne tutoient pas là !] EDIT : OK

j'ai changé dans mon post...

La nuit était sombre, la

lune pleine brillait de mille feux, éclairant le passage de la sombre

silhouette, accompagnée d'une ombre silencieuse.
Au loin se

dressait le château, imposant et majestueux, qui reflétait l'astre

de nuit.
Ce château avait appartenu au duc de Ker Atlantis, mort

depuis près de 10000 ans. De nos jours, plus personne ne savait à qui

il appartenait vraiment, si ce n'est aux fantômes du passé...

C'était là que se rendait Arzan, seul, venant chercher son

héritage qui lui revenait de droit.
Il chevauchait un grand

destrier bai. L'animal se cabra, flairant le danger. Arzan

descendit de sa monture, et avança jusqu'à la porte du château.

C'était une grande porte de marbre blanc, sculptée ça et là de

divers symboles des temps anciens...
Arzan se racla la gorge, puis

énonça d'une voix forte :
"Que le Seigneur de la Sainte

Citadelle ouvre ses portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois

Thaumaturges !"

Le silence fut sa seule réponse.

/>Ces maudites traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il

sortit son fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte.

D'un coup de pied, elle céda.
Il rangea son

fusil-mitrailleur. Il se demanda rapidement pourquoi on appelait cela

un fusil. Un fusil, il savait ce que c'était, bien sûr. Les

cuisiniers s'en servaient pour affûter les couteaux. Il imagina

que c'était parce que dire "arbalète à répétition aux

multiples coups simultanés ou presque", c'était un peu long

durant une bataille.
Le capitaine qui commençait à lancer cet

ordre avait toutes les chances de se faire trucider d'une flèche

dans la gorge avant d'arriver à "multiples". Et dire

"arbalète à répétition à aaaaaaaargh", cela le faisait moins

quand vos hommes attendent un ordre précis. Il referma cette parenthèse

mentale et entra.
Ce qu'il vit alors le terrifia.
De sa

vie, pourtant mouvementée et violente, il n'avait jamais vu autant

de cadavres ayant été autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et

de s'enfuir à toutes jambes), il s'approcha d'un des

corps et l'observa, cherchant des indices lui permettant de

deviner qui était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait

fait.
Il ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une

pointe glacée lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en

sursaut, la main à son épée.
Quelle plaie, ces téléportations !

Bien pratique sur le moment, mais l'énergie dépensée était telle

que vous vous endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape

nerveusement, et examina le corps mutilé, se giflant pour garder les

yeux ouverts.
Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient

son appartenance au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan.

Le jeune homme jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de

vraiment utile. Il se releva, et entreprit d'explorer les lieux.

Si quelqu'un avait survécu à ce massacre, il comptait

l'interroger.
Arzan tira son arme au clair. Dans le pire des

cas, il ne serait pas pris par surprise...
Un carreau

d'arbalète siffla à ses oreilles. Azran pria qu'il ne

s'agisse pas d'un fusil mitrailleur... Et se jeta à terre,

parmi les cadavres...
Le souffle court, il rampa jusqu'à une

porte secondaire, et se rua dans un corridor. Il y avait tant de portes

! Laquelle choisir ?
Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop

tard, il entendait les pas se rapprocher.
Il vit l'ombre de

son attaquant se profiler. Puis il le vit entrer. Il était habillé en

noir, portait une capuche cachant son visage mais Arzan parvint à

entrevoir ce dernier. Il n'en crut pas ses yeux... Un Démon

mineur! Ce n'était qu'une créature de légende pourtant dès

qu'il le vit, il fut sûr que c'était bien un membre de cette

engeance maudite.

Derrière le démon se firent entendre des

voix rauques, des bribes de paroles aux accents étrangers, exotiques.

Arzan adressa une prière à Ghéïel, saint patron des voleurs, en

espérant qu'il le camoufle dans sa cape d'ombre.
- Il y

a quelqu'un, là ! souffla la créature. Je le flaire !
- Il

s'est pas lavé depuis des lustres, à en juger par son odeur !

renchérit un homme derrière le démon, accompagnant sa réplique

d'un rire gras.
Arzan, découvert et blessé dans son honneur,

se résolut à agir, et surgit vaillamment des ténèbres... mais sa

vaillance ne fit pas long feu, car il se cogna violemment à un pan de

plafond et tomba mollement à terre.
Avant de sombrer dans

l'inconscience, il eut juste le temps de tirer une rafale dans le

tas. Tout devint noir ...

Il faisait noir ici ... Une

chaleur étouffante régnait. Il ne savait pas depuis combien de temps il

s'était réveillé. Une heure, un siècle ...
Quelle importance

!
Il n'avait plus son épée, ni son fusil-mitrailleur.

L'air empestait et il se demandait si on allait venir le chercher.

Il commençait à avoir sérieusement faim.
Il faisait noir, ici ...

Cette noirceur le rendait fou. S'il ne sortait pas vite de là, il

ne tarderait pas à perdre ses moyens...
Il faisait noir ici ...

/>"Atchaaaaa !"
Arzan maugréa. Il faisait noir et froid.

Pour un peu, il claquait des dents. Il ne savait pas où on l'avait

enfermé, mais une chose était sûre : il était loin, bien loin des

steppes qui bordaient le château de Ker Atlantis. Il éternua à nouveau,

et le bruit se répercuta dans sa cellule.
La porte s'ouvrit à

la volée. Un mystérieux gardien voilé le prit sur son dos ... Arzan ne

savait plus ...
Dix minutes plus tard, Arzan était violemment

déposé par terre. Il leva les yeux et vit celui qui devait être le chef

de ses ravisseurs.
En fait, il ne vit que ses yeux. De grands yeux

rouges. Pas injectés de sang, non : deux globes écarlate. Arzan voulut

se pincer pour se réveiller, mais ses mains étaient solidement liées.

Autant dormir, alors. Ses paupières s'alourdissaient quand un coup

de pied bien placé le fit sursauter et gémir de douleur.

«

Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment et quelques rires rauques se

firent entendre autour – si l’on pouvait appeler cela des rires.

/>Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur.

Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête

avec difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se

trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le

décor...

Le démon l'attrapa par les cheveux et le

souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard

! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de

noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous

avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire quelqu'un comme

toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main gantée de métal, le démon

frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au coin

de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.

Du

coin de l'oeil, Arzan repéra soudain l'ombre qui l'avait

attendu à l'extérieur. Silencieuse, elle se faufilait entre les

gardes dans la pièce sombre, les fauchant un à un. Lorsque l'un

d'eux s'aperçut de la disparition de trois de ses camarades,

il cria. La tension montait tandis que l'ombre trouvait une

quatrième victime.

Le chef, surpris et en colère, lâcha

Arzan dont la tête rebondit sur la pierre. Il tomba, encore une fois,

dans l'inconscience ayant juste le temps de voir une main se

pencher vers lui.

Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans

un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il

était, il se laissait juste dériver parmi les brumes de

l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua une lueur

blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec le courant,

la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la

traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont

l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en

sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère

gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je

rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ?

Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au

seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son

dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...

/>Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait

acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité,

signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait

atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il

ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues,

insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir

les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se

sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute

l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui :

d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser

sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien

sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui,

avec votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que

vous aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que

je vous osculte !

Arzan soupira, accablé. Les infirmières

ironisaient et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.

/>Et soyez pas vulgaire comme ça !

Arzan soupira

encore et, pour contenter l'infirmière, se mit à penser aux

papillons qui voletaient au-dehors, derrière la petit fenêtre qui

éclairait la pièce. Il sentait la vieille femme le palper, prendre son

pouls, examiner ses os... Trois semaines, par la cape de Géhïel,

c'était long ! Il était plus faible que le dernier bambin de son

frère ! Et qui sait s'il n'était pas en danger maintenant...

« Modifié: 04 février 2007 à 20:47:59 par Marygold »
Oh yeah ! 8)

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Re : Cadavre exquis
« Réponse #4 le: 04 février 2007 à 20:02:50 »
Oups ! Au début, si :P Alors juste ironisent et lisent dans

les pensées ^^
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Re : Cadavre exquis
« Réponse #5 le: 15 février 2007 à 18:24:55 »
Heum... personne, à part Mary et moi ? :(
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Re : Cadavre exquis
« Réponse #6 le: 15 février 2007 à 20:36:55 »
Un peu crevé et un peu de flemme en ce moment.

T'inquiète je vais pas laisser le jeu tombé :p
Bzzzz Bzzzz

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Re : Cadavre exquis
« Réponse #7 le: 22 février 2007 à 00:52:29 »
Allez, allez, du nerf que diable ! :)
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Re : Cadavre exquis
« Réponse #8 le: 22 février 2007 à 11:35:12 »
La nuit était

sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le passage de

la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre silencieuse.
Au

loin se dressait le château, imposant et majestueux, qui reflétait

l'astre de nuit.
Ce château avait appartenu au duc de Ker

Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos jours, plus personne ne

savait à qui il appartenait vraiment, si ce n'est aux fantômes du

passé... C'était là que se rendait Arzan, seul, venant chercher

son héritage qui lui revenait de droit.
Il chevauchait un grand

destrier bai. L'animal se cabra, flairant le danger. Arzan

descendit de sa monture, et avança jusqu'à la porte du château.

C'était une grande porte de marbre blanc, sculptée ça et là de

divers symboles des temps anciens...
Arzan se racla la gorge, puis

énonça d'une voix forte :
"Que le Seigneur de la Sainte

Citadelle ouvre ses portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois

Thaumaturges !"

Le silence fut sa seule réponse.

/>Ces maudites traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il

sortit son fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte.

D'un coup de pied, elle céda.
Il rangea son

fusil-mitrailleur. Il se demanda rapidement pourquoi on appelait cela

un fusil. Un fusil, il savait ce que c'était, bien sûr. Les

cuisiniers s'en servaient pour affûter les couteaux. Il imagina

que c'était parce que dire "arbalète à répétition aux

multiples coups simultanés ou presque", c'était un peu long

durant une bataille.
Le capitaine qui commençait à lancer cet

ordre avait toutes les chances de se faire trucider d'une flèche

dans la gorge avant d'arriver à "multiples". Et dire

"arbalète à répétition à aaaaaaaargh", cela le faisait moins

quand vos hommes attendent un ordre précis. Il referma cette parenthèse

mentale et entra.
Ce qu'il vit alors le terrifia.
De sa

vie, pourtant mouvementée et violente, il n'avait jamais vu autant

de cadavres ayant été autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et

de s'enfuir à toutes jambes), il s'approcha d'un des

corps et l'observa, cherchant des indices lui permettant de

deviner qui était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait

fait.
Il ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une

pointe glacée lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en

sursaut, la main à son épée.
Quelle plaie, ces téléportations !

Bien pratique sur le moment, mais l'énergie dépensée était telle

que vous vous endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape

nerveusement, et examina le corps mutilé, se giflant pour garder les

yeux ouverts.
Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient

son appartenance au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan.

Le jeune homme jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de

vraiment utile. Il se releva, et entreprit d'explorer les lieux.

Si quelqu'un avait survécu à ce massacre, il comptait

l'interroger.
Arzan tira son arme au clair. Dans le pire des

cas, il ne serait pas pris par surprise...
Un carreau

d'arbalète siffla à ses oreilles. Azran pria qu'il ne

s'agisse pas d'un fusil mitrailleur... Et se jeta à terre,

parmi les cadavres...
Le souffle court, il rampa jusqu'à une

porte secondaire, et se rua dans un corridor. Il y avait tant de portes

! Laquelle choisir ?
Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop

tard, il entendait les pas se rapprocher.
Il vit l'ombre de

son attaquant se profiler. Puis il le vit entrer. Il était habillé en

noir, portait une capuche cachant son visage mais Arzan parvint à

entrevoir ce dernier. Il n'en crut pas ses yeux... Un Démon

mineur! Ce n'était qu'une créature de légende pourtant dès

qu'il le vit, il fut sûr que c'était bien un membre de cette

engeance maudite.

Derrière le démon se firent entendre des

voix rauques, des bribes de paroles aux accents étrangers, exotiques.

Arzan adressa une prière à Ghéïel, saint patron des voleurs, en

espérant qu'il le camoufle dans sa cape d'ombre.
- Il y

a quelqu'un, là ! souffla la créature. Je le flaire !
- Il

s'est pas lavé depuis des lustres, à en juger par son odeur !

renchérit un homme derrière le démon, accompagnant sa réplique

d'un rire gras.
Arzan, découvert et blessé dans son honneur,

se résolut à agir, et surgit vaillamment des ténèbres... mais sa

vaillance ne fit pas long feu, car il se cogna violemment à un pan de

plafond et tomba mollement à terre.
Avant de sombrer dans

l'inconscience, il eut juste le temps de tirer une rafale dans le

tas. Tout devint noir ...

Il faisait noir ici ... Une

chaleur étouffante régnait. Il ne savait pas depuis combien de temps il

s'était réveillé. Une heure, un siècle ...
Quelle importance

!
Il n'avait plus son épée, ni son fusil-mitrailleur.

L'air empestait et il se demandait si on allait venir le chercher.

Il commençait à avoir sérieusement faim.
Il faisait noir, ici ...

Cette noirceur le rendait fou. S'il ne sortait pas vite de là, il

ne tarderait pas à perdre ses moyens...
Il faisait noir ici ...

/>"Atchaaaaa !"
Arzan maugréa. Il faisait noir et froid.

Pour un peu, il claquait des dents. Il ne savait pas où on l'avait

enfermé, mais une chose était sûre : il était loin, bien loin des

steppes qui bordaient le château de Ker Atlantis. Il éternua à nouveau,

et le bruit se répercuta dans sa cellule.
La porte s'ouvrit à

la volée. Un mystérieux gardien voilé le prit sur son dos ... Arzan ne

savait plus ...
Dix minutes plus tard, Arzan était violemment

déposé par terre. Il leva les yeux et vit celui qui devait être le chef

de ses ravisseurs.
En fait, il ne vit que ses yeux. De grands yeux

rouges. Pas injectés de sang, non : deux globes écarlate. Arzan voulut

se pincer pour se réveiller, mais ses mains étaient solidement liées.

Autant dormir, alors. Ses paupières s'alourdissaient quand un coup

de pied bien placé le fit sursauter et gémir de douleur.

«

Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment et quelques rires rauques se

firent entendre autour – si l’on pouvait appeler cela des rires.

/>Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur.

Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête

avec difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se

trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le

décor...

Le démon l'attrapa par les cheveux et le

souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard

! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de

noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous

avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire quelqu'un comme

toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main gantée de métal, le démon

frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au coin

de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.

Du

coin de l'oeil, Arzan repéra soudain l'ombre qui l'avait

attendu à l'extérieur. Silencieuse, elle se faufilait entre les

gardes dans la pièce sombre, les fauchant un à un. Lorsque l'un

d'eux s'aperçut de la disparition de trois de ses camarades,

il cria. La tension montait tandis que l'ombre trouvait une

quatrième victime.

Le chef, surpris et en colère, lâcha

Arzan dont la tête rebondit sur la pierre. Il tomba, encore une fois,

dans l'inconscience ayant juste le temps de voir une main se

pencher vers lui.

Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans

un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il

était, il se laissait juste dériver parmi les brumes de

l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua une lueur

blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec le courant,

la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la

traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont

l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en

sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère

gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je

rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ?

Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au

seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son

dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...

/>Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait

acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité,

signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait

atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il

ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues,

insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir

les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se

sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute

l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui :

d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser

sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien

sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui, avec

votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous

aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je

vous osculte !
Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient

et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas

vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter

l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient

au-dehors, derrière la petit fenêtre qui éclairait la pièce. Il sentait

la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses os... Trois

semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il était plus

faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait s'il

n'était pas en danger maintenant...

Les trois semaines

passèrent, sans encombre...
Quand il put enfin partir, Arzan fit

sceller son cheval, bien décider à retourner au château Ker Atlantis

afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger... )
Bzzzz Bzzzz

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
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Re : Re : Cadavre exquis
« Réponse #9 le: 22 février 2007 à 15:07:58 »
Citation de: DarkMarius
La nuit

était sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le

passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre

silencieuse.
Au loin se dressait le château, imposant et

majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.
Ce château avait

appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos

jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce

n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait

Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.

/>Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra,

flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança

jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de

marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps

anciens...
Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix

forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses

portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges

!"

Le silence fut sa seule réponse.
Ces maudites

traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il sortit son

fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un

coup de pied, elle céda.
Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se

demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il

savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en

servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce

que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou

presque", c'était un peu long durant une bataille.
Le

capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de

se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver

à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à

aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un

ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.
Ce

qu'il vit alors le terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée

et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été

autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à

toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et

l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui

était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.
Il

ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée

lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la main à

son épée.
Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le

moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous

endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et

examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.

/>Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance

au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme

jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il

se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un

avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.
Arzan

tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par

surprise...
Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles.

Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil

mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...
Le

souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua

dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?

/>Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas

se rapprocher.
Il vit l'ombre de son attaquant se profiler.

Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche

cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il

n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était

qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut

sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.


/>Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de

paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à

Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle

dans sa cape d'ombre.
- Il y a quelqu'un, là ! souffla

la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des

lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le

démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.
Arzan,

découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit

vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car

il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à

terre.
Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le

temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...


/>Il faisait noir ici ... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait

pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un

siècle ...
Quelle importance !
Il n'avait plus son épée,

ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on

allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.

/>Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne

sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...

/>Il faisait noir ici ...
"Atchaaaaa !"
Arzan

maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents.

Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre

: il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker

Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa

cellule.
La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien

voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...
Dix minutes

plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et

vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.
En fait, il

ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non :

deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais

ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières

s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter

et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment

et quelques rires rauques se firent entendre autour – si l’on pouvait

appeler cela des rires.
Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux

de son agresseur. Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il.

Il tourna la tête avec difficulté pour observer la salle humide dans

laquelle il se trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de

détailler le décor...

Le démon l'attrapa par les

cheveux et le souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan

Shield ? Un bâtard ! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses

hommes éclatèrent de noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes,

eux non plus. Tous avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire

quelqu'un comme toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main

gantée de métal, le démon frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire

... le sang perla au coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus

de belle.

Du coin de l'oeil, Arzan repéra soudain

l'ombre qui l'avait attendu à l'extérieur. Silencieuse,

elle se faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant

un à un. Lorsque l'un d'eux s'aperçut de la disparition

de trois de ses camarades, il cria. La tension montait tandis que

l'ombre trouvait une quatrième victime.

Le chef,

surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur la pierre.

Il tomba, encore une fois, dans l'inconscience ayant juste le

temps de voir une main se pencher vers lui.

Les ténèbres se

firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne

savait plus où ni qui il était, il se laissait juste dériver parmi les

brumes de l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua

une lueur blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec

le courant, la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau.

Et la traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont

l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en

sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère

gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je

rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ?

Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au

seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son

dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...

/>Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait

acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité,

signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait

atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il

ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues,

insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir

les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se

sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute

l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui :

d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser

sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien

sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui, avec

votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous

aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je

vous osculte !
Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient

et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas

vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter

l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient

au-dehors, derrière la petite fenêtre qui éclairait la pièce. Il

sentait la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses

os... Trois semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il

était plus faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait

s'il n'était pas en danger maintenant...

Les trois

semaines passèrent, sans encombre...
Quand il put enfin partir,

Arzan fit sceller son cheval, bien décidé à retourner au château Ker

Atlantis afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger...

)

Trois semaines... cela faisait trois

semaines qu'il chevauchait sans relache. Ou sa carte était fausse,

ou les Dieux se fichaient de lui. Pour son équilibre mental, il optait

pour la première solution. Enfin, un soir, dans les lueurs

apocalyptiques du crépuscule, une silhouette noire et pointue se

découpa dans le lointain. Ker Atlantis ? Le donjon semblait avoir

changé de forme. Il éperonna sa monture, sans savoir qu'il se

jetait dans la gueule du loup...
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Marygold

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  • marmotte aphilosophique
Re : Cadavre exquis
« Réponse #10 le: 22 février 2007 à 15:26:55 »
Citer
La nuit

était sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le

passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre

silencieuse.
Au loin se dressait le château, imposant et

majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.
Ce château avait

appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos

jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce

n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait

Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.

/>Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra,

flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança

jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de

marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps

anciens...
Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix

forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses

portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges

!"

Le silence fut sa seule réponse.
Ces maudites

traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il sortit son

fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un

coup de pied, elle céda.
Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se

demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il

savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en

servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce

que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou

presque", c'était un peu long durant une bataille.
Le

capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de

se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver

à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à

aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un

ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.
Ce

qu'il vit alors le terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée

et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été

autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à

toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et

l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui

était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.
Il

ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée

lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la main à

son épée.
Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le

moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous

endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et

examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.

/>Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance

au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme

jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il

se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un

avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.
Arzan

tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par

surprise...
Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles.

Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil

mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...
Le

souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua

dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?

/>Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas

se rapprocher.
Il vit l'ombre de son attaquant se profiler.

Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche

cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il

n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était

qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut

sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.


/>Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de

paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à

Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle

dans sa cape d'ombre.
- Il y a quelqu'un, là ! souffla

la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des

lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le

démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.
Arzan,

découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit

vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car

il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à

terre.
Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le

temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...


/>Il faisait noir ici ... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait

pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un

siècle ...
Quelle importance !
Il n'avait plus son épée,

ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on

allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.

/>Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne

sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...

/>Il faisait noir ici ...
"Atchaaaaa !"
Arzan

maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents.

Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre

: il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker

Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa

cellule.
La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien

voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...
Dix minutes

plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et

vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.
En fait, il

ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non :

deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais

ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières

s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter

et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment

et quelques rires rauques se firent entendre autour – si l’on pouvait

appeler cela des rires.
Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux

de son agresseur. Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il.

Il tourna la tête avec difficulté pour observer la salle humide dans

laquelle il se trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de

détailler le décor...

Le démon l'attrapa par les

cheveux et le souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan

Shield ? Un bâtard ! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses

hommes éclatèrent de noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes,

eux non plus. Tous avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire

quelqu'un comme toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main

gantée de métal, le démon frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire

... le sang perla au coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus

de belle.

Du coin de l'oeil, Arzan repéra soudain

l'ombre qui l'avait attendu à l'extérieur. Silencieuse,

elle se faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant

un à un. Lorsque l'un d'eux s'aperçut de la disparition

de trois de ses camarades, il cria. La tension montait tandis que

l'ombre trouvait une quatrième victime.

Le chef,

surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur la pierre.

Il tomba, encore une fois, dans l'inconscience ayant juste le

temps de voir une main se pencher vers lui.

Les ténèbres se

firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne

savait plus où ni qui il était, il se laissait juste dériver parmi les

brumes de l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua

une lueur blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec

le courant, la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau.

Et la traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont

l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en

sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère

gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je

rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ?

Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au

seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son

dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...

/>Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait

acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité,

signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait

atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il

ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues,

insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir

les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se

sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute

l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui :

d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser

sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien

sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui, avec

votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous

aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je

vous osculte !
Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient

et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas

vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter

l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient

au-dehors, derrière la petite fenêtre qui éclairait la pièce. Il

sentait la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses

os... Trois semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il

était plus faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait

s'il n'était pas en danger maintenant...

Les trois

semaines passèrent, sans encombre...
Quand il put enfin partir,

Arzan fit sceller son cheval, bien décidé à retourner au château Ker

Atlantis afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger... )




Trois semaines... cela faisait trois semaines

qu'il chevauchait sans relache. Ou sa carte était fausse, ou les

Dieux se fichaient de lui. Pour son équilibre mental, il optait pour la

première solution. Enfin, un soir, dans les lueurs apocalyptiques du

crépuscule, une silhouette noire et pointue se découpa dans le

lointain. Ker Atlantis ? Le donjon semblait avoir changé de forme. Il

éperonna sa monture, sans savoir qu'il se jetait dans la gueule du

loup...

La tour, tellement biscornue qu'on

pouvait légitimement se demander comment elle tenait debout,

ressemblait à un vautour guettant sa proie. Arzan ne ralentit pas pour

autant son allure. Le sentier était désert jusqu'au château, et

cela ne faisait que renforcer cette impression sinistre qui avait

saisit le cavalier lorsqu'il avait aperçu l'édifice.

Lorsqu'il arriva enfin à bonne distance des portes, il

s'immobilisa. Son cheval écumant semblait lui exprimer toute sa

profonde gratitude : la pauvre bête n'en pouvait plus. Arzan

contempla la grande porte avec perplexité...
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Rain

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  • Perdu
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Re : Cadavre exquis
« Réponse #11 le: 27 février 2007 à 15:29:22 »
Citer
La nuit était sombre, la lune pleine brillait de mille feux,

éclairant le passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une

ombre silencieuse.
Au loin se dressait le château, imposant et

majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.
Ce château avait

appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos

jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce

n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait

Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.

/>Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra,

flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança

jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de

marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps

anciens...
Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix

forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses

portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges

!"

Le silence fut sa seule réponse.
Ces maudites

traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il sortit son

fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un

coup de pied, elle céda.
Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se

demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il

savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en

servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce

que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou

presque", c'était un peu long durant une bataille.
Le

capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de

se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver

à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à

aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un

ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.
Ce

qu'il vit alors le terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée

et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été

autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à

toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et

l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui

était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.
Il

ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée

lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la

main à son épée.
Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique

sur le moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous

endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et

examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.

/>Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance

au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme

jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il

se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un

avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.
Arzan

tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par

surprise...
Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles.

Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil

mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...
Le

souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua

dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?

/>Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas

se rapprocher.
Il vit l'ombre de son attaquant se profiler.

Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche

cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il

n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était

qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut

sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.


/>Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de

paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à

Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle

dans sa cape d'ombre.
- Il y a quelqu'un, là ! souffla

la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des

lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le

démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.
Arzan,

découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit

vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car

il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à

terre.
Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le

temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...


/>Il faisait noir ici ... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait

pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un

siècle ...
Quelle importance !
Il n'avait plus son épée,

ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on

allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.

/>Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne

sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...

/>Il faisait noir ici ...
"Atchaaaaa !"
Arzan

maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents.

Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre

: il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker

Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa

cellule.
La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien

voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...
Dix minutes

plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et

vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.
En fait, il

ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non :

deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais

ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières

s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter

et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il

inconsciemment et quelques rires rauques se firent entendre autour

– si l’on pouvait appeler cela des rires.
Arzan releva

les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur. Extrêmement

déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête avec

difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se trouvait.

Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le décor...

/>
Le démon l'attrapa par les cheveux et le souleva.
-

Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard ! Et une

lopette en plus !
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de noouveaux

de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous avaient les

yeux rouges.
- Et que viens faire quelqu'un comme toi par

ici. Hein ? Répond !
De sa main gantée de métal, le démon frappa

Arzan.
Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au coin de sa

bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.

Du coin de

l'oeil, Arzan repéra soudain l'ombre qui l'avait attendu

à l'extérieur. Silencieuse, elle se faufilait entre les gardes

dans la pièce sombre, les fauchant un à un. Lorsque l'un

d'eux s'aperçut de la disparition de trois de ses camarades,

il cria. La tension montait tandis que l'ombre trouvait une

quatrième victime.

Le chef, surpris et en colère, lâcha

Arzan dont la tête rebondit sur la pierre. Il tomba, encore une fois,

dans l'inconscience ayant juste le temps de voir une main se

pencher vers lui.

Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans

un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il

était, il se laissait juste dériver parmi les brumes de

l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua une lueur

blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec le courant,

la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la

traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont

l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en

sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère

gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je

rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ?

Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au

seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son

dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...

/>Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait

acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité,

signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait

atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il

ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues,

insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir

les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se

sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute

l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui :

d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser

sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien

sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui, avec

votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous

aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je

vous osculte !
Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient

et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas

vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter

l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient

au-dehors, derrière la petite fenêtre qui éclairait la pièce. Il

sentait la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses

os... Trois semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il

était plus faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait

s'il n'était pas en danger maintenant...

Les trois

semaines passèrent, sans encombre...
Quand il put enfin partir,

Arzan fit sceller son cheval, bien décidé à retourner au château Ker

Atlantis afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger... )




Trois semaines... cela faisait trois semaines

qu'il chevauchait sans relache. Ou sa carte était fausse, ou les

Dieux se fichaient de lui. Pour son équilibre mental, il optait pour la

première solution. Enfin, un soir, dans les lueurs apocalyptiques du

crépuscule, une silhouette noire et pointue se découpa dans le

lointain. Ker Atlantis ? Le donjon semblait avoir changé de forme. Il

éperonna sa monture, sans savoir qu'il se jetait dans la gueule du

loup...

La tour, tellement biscornue qu'on pouvait

légitimement se demander comment elle tenait debout, ressemblait à un

vautour guettant sa proie. Arzan ne ralentit pas pour autant son

allure. Le sentier était désert jusqu'au château, et cela ne

faisait que renforcer cette impression sinistre qui avait saisit le

cavalier lorsqu'il avait aperçu l'édifice. Lorsqu'il

arriva enfin à bonne distance des portes, il s'immobilisa. Son

cheval écumant semblait lui exprimer toute sa profonde gratitude : la

pauvre bête n'en pouvait plus. Arzan contempla la grande porte

avec perplexité...


- Arrête toi ici,

voyageur... Depuis trois semaines, ce lieu est maudit !

Arzan

se retourna, pour découvrir la silhouette fantômatique d'un

vieillard mort. Une question lui vint :
- Pourquoi tout dure trois

semaines, en ce moment ? Mon voyage, ma convalescence, mon coma, et

puis ça maintenant...
Hein ? Aucune idée. "Trois" est

sûrement ton chiffre porte bonheur. Bref, où en étais-je ? Ah, oui. Tu

devrais rebrousser chemin, avant que les démons de ces lieux ne te

torture dans une lente agonie...

- Qui durera trois semaine ?

Je n'en ai rien à faire, si je suis là, c'est pour la

vengeance.
Perdu

Hors ligne Gros Lo

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  • Messages: 9 910
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Cadavre exquis
« Réponse #12 le: 07 mars 2007 à 19:34:26 »
Citation de: Nous
Citer
La nuit était sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre silencieuse.
Au loin se dressait le château, imposant et majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.
Ce château avait appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.
Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra, flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps anciens...
Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges !"

Le silence fut sa seule réponse.
Ces maudites traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il sortit son fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un coup de pied, elle céda.
Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou presque", c'était un peu long durant une bataille.
Le capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.
Ce qu'il vit alors le terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.
Il ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la main à son épée.
Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.
Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.
Arzan tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par surprise...
Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles. Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...
Le souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?
Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas se rapprocher.
Il vit l'ombre de son attaquant se profiler. Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.

Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle dans sa cape d'ombre.
- Il y a quelqu'un, là ! souffla la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.
Arzan, découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à terre.
Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...

Il faisait noir ici ... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un siècle ...
Quelle importance !
Il n'avait plus son épée, ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.
Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...
Il faisait noir ici ...
"Atchaaaaa !"
Arzan maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents. Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre : il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa cellule.
La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...
Dix minutes plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.
En fait, il ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non : deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment et quelques rires rauques se firent entendre autour – si l’on pouvait appeler cela des rires.
Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur. Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête avec difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le décor...

Le démon l'attrapa par les cheveux et le souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard ! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire quelqu'un comme toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main gantée de métal, le démon frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.

Du coin de l'oeil, Arzan repéra soudain l'ombre qui l'avait attendu à l'extérieur. Silencieuse, elle se faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant un à un. Lorsque l'un d'eux s'aperçut de la disparition de trois de ses camarades, il cria. La tension montait tandis que l'ombre trouvait une quatrième victime.

Le chef, surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur la pierre. Il tomba, encore une fois, dans l'inconscience ayant juste le temps de voir une main se pencher vers lui.

Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il était, il se laissait juste dériver parmi les brumes de l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua une lueur blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec le courant, la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ? Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...
Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité, signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues, insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui : d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui, avec votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je vous osculte !
Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient au-dehors, derrière la petite fenêtre qui éclairait la pièce. Il sentait la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses os... Trois semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il était plus faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait s'il n'était pas en danger maintenant...

Les trois semaines passèrent, sans encombre...
Quand il put enfin partir, Arzan fit sceller son cheval, bien décidé à retourner au château Ker Atlantis afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger... )


Trois semaines... cela faisait trois semaines qu'il chevauchait sans relache. Ou sa carte était fausse, ou les Dieux se fichaient de lui. Pour son équilibre mental, il optait pour la première solution. Enfin, un soir, dans les lueurs apocalyptiques du crépuscule, une silhouette noire et pointue se découpa dans le lointain. Ker Atlantis ? Le donjon semblait avoir changé de forme. Il éperonna sa monture, sans savoir qu'il se jetait dans la gueule du loup...

La tour, tellement biscornue qu'on pouvait légitimement se demander comment elle tenait debout, ressemblait à un vautour guettant sa proie. Arzan ne ralentit pas pour autant son allure. Le sentier était désert jusqu'au château, et cela ne faisait que renforcer cette impression sinistre qui avait saisit le cavalier lorsqu'il avait aperçu l'édifice. Lorsqu'il arriva enfin à bonne distance des portes, il s'immobilisa. Son cheval écumant semblait lui exprimer toute sa profonde gratitude : la pauvre bête n'en pouvait plus. Arzan contempla la grande porte avec perplexité...


Arrête-toi ici, voyageur... Depuis trois semaines, ce lieu est maudit !Arzan se retourna, pour découvrir la silhouette fantômatique d'un vieillard mort. Une question lui vint :
- Pourquoi tout dure trois semaines, en ce moment ? Mon voyage, ma convalescence, mon coma, et puis ça maintenant...
Hein ? Aucune idée. "Trois" est sûrement ton chiffre porte-bonheur. Bref, où en étais-je ? Ah, oui. Tu devrais rebrousser chemin, avant que les démons de ces lieux ne te torturent dans une lente agonie...
- Qui durera trois semaines ? Je n'en ai rien à faire, si je suis là, c'est pour la vengeance.

Arzan descendit de cheval, et s'approcha du vieillard...Il était à trois pas de lui lorsque ce dernier s'évanouit dans les brumes en disant : Je t'ai prévenu, voyageur ! Prends garde !
Le jeune homme ne l'écoutait pas et se retourna pour détailler la porte. Elle aussi avait changé : le marbre blanc sculpté avait laissé la place à une pierre noire brillante couverte de symboles rouges. Arzan ne connaissait pas le matériau mais supposait avec horreur que cette peinture avait quelque chose à voir avec du sang.
Pas très râgoutant... Bon, que faire ? S'imprégner les mains de sang pour pousser une porte fermée à double-tour ? Escalader des remparts de vingt pieds de haut dont le sommet arborait des pieux impressionnants ? Pourquoi les emmerdes conflluaient toujours vers lui ? Le chevalier Arzan, aimant des emmerdes... ça sonnait bien.
Un loup poussa un long gémissement, quelque part sur une colline désolée. Le vent se leva, balayant la lande. Un bruit sourd se fit entendre. Arzan préféra frapper à la porte, l'atmosphère le mettait mal-à-l'aise. Et pour cause...
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Re : Cadavre exquis
« Réponse #13 le: 31 mars 2007 à 23:35:55 »
Citation de: Nous
Citer
La nuit était sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre silencieuse.
Au loin se dressait le château, imposant et majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.
Ce château avait appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.
Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra, flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps anciens...
Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges !"

Le silence fut sa seule réponse.
Ces maudites traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il sortit son fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un coup de pied, elle céda.
Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou presque", c'était un peu long durant une bataille.
Le capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.
Ce qu'il vit alors le terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.
Il ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la main à son épée.
Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.
Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.
Arzan tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par surprise...
Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles. Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...
Le souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?
Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas se rapprocher.
Il vit l'ombre de son attaquant se profiler. Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.

Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle dans sa cape d'ombre.
- Il y a quelqu'un, là ! souffla la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.
Arzan, découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à terre.
Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...

Il faisait noir ici ... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un siècle ...
Quelle importance !
Il n'avait plus son épée, ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.
Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...
Il faisait noir ici ...
"Atchaaaaa !"
Arzan maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents. Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre : il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa cellule.
La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...
Dix minutes plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.
En fait, il ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non : deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment et quelques rires rauques se firent entendre autour – si l’on pouvait appeler cela des rires.
Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur. Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête avec difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le décor...

Le démon l'attrapa par les cheveux et le souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard ! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire quelqu'un comme toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main gantée de métal, le démon frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.

Du coin de l'oeil, Arzan repéra soudain l'ombre qui l'avait attendu à l'extérieur. Silencieuse, elle se faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant un à un. Lorsque l'un d'eux s'aperçut de la disparition de trois de ses camarades, il cria. La tension montait tandis que l'ombre trouvait une quatrième victime.

Le chef, surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur la pierre. Il tomba, encore une fois, dans l'inconscience ayant juste le temps de voir une main se pencher vers lui.

Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il était, il se laissait juste dériver parmi les brumes de l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua une lueur blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec le courant, la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ? Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...
Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité, signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues, insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui : d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui, avec votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je vous osculte !
Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient au-dehors, derrière la petite fenêtre qui éclairait la pièce. Il sentait la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses os... Trois semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il était plus faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait s'il n'était pas en danger maintenant...

Les trois semaines passèrent, sans encombre...
Quand il put enfin partir, Arzan fit sceller son cheval, bien décidé à retourner au château Ker Atlantis afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger... )


Trois semaines... cela faisait trois semaines qu'il chevauchait sans relache. Ou sa carte était fausse, ou les Dieux se fichaient de lui. Pour son équilibre mental, il optait pour la première solution. Enfin, un soir, dans les lueurs apocalyptiques du crépuscule, une silhouette noire et pointue se découpa dans le lointain. Ker Atlantis ? Le donjon semblait avoir changé de forme. Il éperonna sa monture, sans savoir qu'il se jetait dans la gueule du loup...

La tour, tellement biscornue qu'on pouvait légitimement se demander comment elle tenait debout, ressemblait à un vautour guettant sa proie. Arzan ne ralentit pas pour autant son allure. Le sentier était désert jusqu'au château, et cela ne faisait que renforcer cette impression sinistre qui avait saisit le cavalier lorsqu'il avait aperçu l'édifice. Lorsqu'il arriva enfin à bonne distance des portes, il s'immobilisa. Son cheval écumant semblait lui exprimer toute sa profonde gratitude : la pauvre bête n'en pouvait plus. Arzan contempla la grande porte avec perplexité...


Arrête-toi ici, voyageur... Depuis trois semaines, ce lieu est maudit !Arzan se retourna, pour découvrir la silhouette fantômatique d'un vieillard mort. Une question lui vint :
- Pourquoi tout dure trois semaines, en ce moment ? Mon voyage, ma convalescence, mon coma, et puis ça maintenant...
Hein ? Aucune idée. "Trois" est sûrement ton chiffre porte-bonheur. Bref, où en étais-je ? Ah, oui. Tu devrais rebrousser chemin, avant que les démons de ces lieux ne te torturent dans une lente agonie...
- Qui durera trois semaines ? Je n'en ai rien à faire, si je suis là, c'est pour la vengeance.

Arzan descendit de cheval, et s'approcha du vieillard...Il était à trois pas de lui lorsque ce dernier s'évanouit dans les brumes en disant : Je t'ai prévenu, voyageur ! Prends garde !
Le jeune homme ne l'écoutait pas et se retourna pour détailler la porte. Elle aussi avait changé : le marbre blanc sculpté avait laissé la place à une pierre noire brillante couverte de symboles rouges. Arzan ne connaissait pas le matériau mais supposait avec horreur que cette peinture avait quelque chose à voir avec du sang.
Pas très râgoutant... Bon, que faire ? S'imprégner les mains de sang pour pousser une porte fermée à double-tour ? Escalader des remparts de vingt pieds de haut dont le sommet arborait des pieux impressionnants ? Pourquoi les emmerdes conflluaient toujours vers lui ? Le chevalier Arzan, aimant des emmerdes... ça sonnait bien.
Un loup poussa un long gémissement, quelque part sur une colline désolée. Le vent se leva, balayant la lande. Un bruit sourd se fit entendre. Arzan préféra frapper à la porte, l'atmosphère le mettait mal-à-l'aise. Et pour cause...

Il attendit quelques minutes, frappa à nouveau, patienta encore. Mais rien ni personne n'ouvrit. Il tenta de forcer la porte, mais comme il s'y attendait, elle était fermée à clé. Il regarda alentour pour voir si une prise facile lui permettrait d'escalader l'enceinte du château, mais peine perdue : les murs étaient aussi lisses que le menton d'un gamin. Arzan soupira, d'un soupir où se mêlaient soulagement et résignation.
"Impossible de pénetrer le château par mes propres moyens, se dit-il. Je ne me vengerai pas ce soir, mais je ne mourrais pas ce soir non plus. Je vais devoir trouver le roi et demander aux sages de m'aider. Ca ne m'enchante pas de dire à ces vieux fous que ma famille a libéré les démons d'Atlantis, mais je n'ai pas le choix."
En fait, il supposait seulement qu'il s'agissait de ces démons là - ceux qui, selont les légendes, avaient presque réussi à détrôner les dieux, et qui auraient réussi sans l'intervention de son propre ancêtre, Jaskol Atlantis, armé du pouvoir des Thaumaturges et d'une arme inconnue mais apparemment redoutable. Il soupira encore. Cette fois, c'était la galère assurée...
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Re : Re : Cadavre exquis
« Réponse #14 le: 22 avril 2007 à 18:50:01 »
Citation de: Nous
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La nuit était sombre, la lune pleine brillait de mille feux, éclairant le passage de la sombre silhouette, accompagnée d'une ombre silencieuse.
Au loin se dressait le château, imposant et majestueux, qui reflétait l'astre de nuit.
Ce château avait appartenu au duc de Ker Atlantis, mort depuis près de 10000 ans. De nos jours, plus personne ne savait à qui il appartenait vraiment, si ce n'est aux fantômes du passé... C'était là que se rendait Arzan, seul, venant chercher son héritage qui lui revenait de droit.
Il chevauchait un grand destrier bai. L'animal se cabra, flairant le danger. Arzan descendit de sa monture, et avança jusqu'à la porte du château. C'était une grande porte de marbre blanc, sculptée ça et là de divers symboles des temps anciens...
Arzan se racla la gorge, puis énonça d'une voix forte :
"Que le Seigneur de la Sainte Citadelle ouvre ses portes à moi, Bâtard Arzan, de la lignée des rois Thaumaturges !"

Le silence fut sa seule réponse.
Ces maudites traditions et leurs discours pompeux...
Fatigué, il sortit son fusil-mitrailleur et tira une bonne rafale dans la porte. D'un coup de pied, elle céda.
Il rangea son fusil-mitrailleur. Il se demanda rapidement pourquoi on appelait cela un fusil. Un fusil, il savait ce que c'était, bien sûr. Les cuisiniers s'en servaient pour affûter les couteaux. Il imagina que c'était parce que dire "arbalète à répétition aux multiples coups simultanés ou presque", c'était un peu long durant une bataille.
Le capitaine qui commençait à lancer cet ordre avait toutes les chances de se faire trucider d'une flèche dans la gorge avant d'arriver à "multiples". Et dire "arbalète à répétition à aaaaaaaargh", cela le faisait moins quand vos hommes attendent un ordre précis. Il referma cette parenthèse mentale et entra.
Ce qu'il vit alors le terrifia.
De sa vie, pourtant mouvementée et violente, il n'avait jamais vu autant de cadavres ayant été autant mutilés. Réprimant son envie de vomir (et de s'enfuir à toutes jambes), il s'approcha d'un des corps et l'observa, cherchant des indices lui permettant de deviner qui était la cause de ce carnage et pourquoi il l'avait fait.
Il ne sentit pas une ombre se faufiler derrière lui et une pointe glacée lui transpercer le cœur.
Arzan se réveilla en sursaut, la main à son épée.
Quelle plaie, ces téléportations ! Bien pratique sur le moment, mais l'énergie dépensée était telle que vous vous endormiez n'importe où... Il épousseta sa cape nerveusement, et examina le corps mutilé, se giflant pour garder les yeux ouverts.
Les armoiries de l'uniforme du mort révélaient son appartenance au clan Shield. Le propre clan du père d'Arzan. Le jeune homme jura, puis entreprit de fouiller le corps. Rien de vraiment utile. Il se releva, et entreprit d'explorer les lieux. Si quelqu'un avait survécu à ce massacre, il comptait l'interroger.
Arzan tira son arme au clair. Dans le pire des cas, il ne serait pas pris par surprise...
Un carreau d'arbalète siffla à ses oreilles. Azran pria qu'il ne s'agisse pas d'un fusil mitrailleur... Et se jeta à terre, parmi les cadavres...
Le souffle court, il rampa jusqu'à une porte secondaire, et se rua dans un corridor. Il y avait tant de portes ! Laquelle choisir ?
Il tourna à gauche, un cul-de-sac !! Trop tard, il entendait les pas se rapprocher.
Il vit l'ombre de son attaquant se profiler. Puis il le vit entrer. Il était habillé en noir, portait une capuche cachant son visage mais Arzan parvint à entrevoir ce dernier. Il n'en crut pas ses yeux... Un Démon mineur! Ce n'était qu'une créature de légende pourtant dès qu'il le vit, il fut sûr que c'était bien un membre de cette engeance maudite.

Derrière le démon se firent entendre des voix rauques, des bribes de paroles aux accents étrangers, exotiques. Arzan adressa une prière à Ghéïel, saint patron des voleurs, en espérant qu'il le camoufle dans sa cape d'ombre.
- Il y a quelqu'un, là ! souffla la créature. Je le flaire !
- Il s'est pas lavé depuis des lustres, à en juger par son odeur ! renchérit un homme derrière le démon, accompagnant sa réplique d'un rire gras.
Arzan, découvert et blessé dans son honneur, se résolut à agir, et surgit vaillamment des ténèbres... mais sa vaillance ne fit pas long feu, car il se cogna violemment à un pan de plafond et tomba mollement à terre.
Avant de sombrer dans l'inconscience, il eut juste le temps de tirer une rafale dans le tas. Tout devint noir ...

Il faisait noir ici ... Une chaleur étouffante régnait. Il ne savait pas depuis combien de temps il s'était réveillé. Une heure, un siècle ...
Quelle importance !
Il n'avait plus son épée, ni son fusil-mitrailleur. L'air empestait et il se demandait si on allait venir le chercher. Il commençait à avoir sérieusement faim.
Il faisait noir, ici ... Cette noirceur le rendait fou. S'il ne sortait pas vite de là, il ne tarderait pas à perdre ses moyens...
Il faisait noir ici ...
"Atchaaaaa !"
Arzan maugréa. Il faisait noir et froid. Pour un peu, il claquait des dents. Il ne savait pas où on l'avait enfermé, mais une chose était sûre : il était loin, bien loin des steppes qui bordaient le château de Ker Atlantis. Il éternua à nouveau, et le bruit se répercuta dans sa cellule.
La porte s'ouvrit à la volée. Un mystérieux gardien voilé le prit sur son dos ... Arzan ne savait plus ...
Dix minutes plus tard, Arzan était violemment déposé par terre. Il leva les yeux et vit celui qui devait être le chef de ses ravisseurs.
En fait, il ne vit que ses yeux. De grands yeux rouges. Pas injectés de sang, non : deux globes écarlate. Arzan voulut se pincer pour se réveiller, mais ses mains étaient solidement liées. Autant dormir, alors. Ses paupières s'alourdissaient quand un coup de pied bien placé le fit sursauter et gémir de douleur.

« Brute ! » s’écria-t-il inconsciemment et quelques rires rauques se firent entendre autour – si l’on pouvait appeler cela des rires.
Arzan releva les yeux pour rencontrer ceux de son agresseur. Extrêmement déstabilisant cette couleur, songea-t-il. Il tourna la tête avec difficulté pour observer la salle humide dans laquelle il se trouvait. Mais il n’eut pas vraiment le temps de détailler le décor...

Le démon l'attrapa par les cheveux et le souleva.
- Voici donc le dernier membre du clan Shield ? Un bâtard ! Et une lopette en plus !
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de noouveaux de rire. Enfin, pas vraiment des hommes, eux non plus. Tous avaient les yeux rouges.
- Et que viens faire quelqu'un comme toi par ici. Hein ? Répond !
De sa main gantée de métal, le démon frappa Arzan.
Un coup dans la mâchoire ... le sang perla au coin de sa bouche. Le groupe se mit à rire de plus de belle.

Du coin de l'oeil, Arzan repéra soudain l'ombre qui l'avait attendu à l'extérieur. Silencieuse, elle se faufilait entre les gardes dans la pièce sombre, les fauchant un à un. Lorsque l'un d'eux s'aperçut de la disparition de trois de ses camarades, il cria. La tension montait tandis que l'ombre trouvait une quatrième victime.

Le chef, surpris et en colère, lâcha Arzan dont la tête rebondit sur la pierre. Il tomba, encore une fois, dans l'inconscience ayant juste le temps de voir une main se pencher vers lui.

Les ténèbres se firent, Arzan sombra dans un fleuve cotonneux au cours paisible. Il ne savait plus où ni qui il était, il se laissait juste dériver parmi les brumes de l'inconscience. Au loin, malgré sa cécité, il distingua une lueur blanche. A mesure qu'il faisait un peu plus corps avec le courant, la lumière se rapprochait, et bientôt il fut à son niveau. Et la traversa.
Il mourut.
Et suivit le courant, dont l'impétuosité grandissait.

Alors il se réveilla en sueur. Il était dans cette satanée auberge que son imbécile de frère gérait et, surpris d'être en vie, se demanda : "Aurais-je rêvé ?"
Son frère était à son chevet.
- Tu es réveillé ? Trois semaines, que tu dors ! Depuis que nous t'avons trouvé au seuil de mon établissement !
Trois semaines ? Et puis, dans son dernier souvenir, il était dans le château de Ker Atlantis, et...
Et il se souvint. Dans le flot impétueux, il était mort. Il avait acquis la connaissance que cela apportait, puis il avait ressucité, signe qu'il était l'une des rares personnes élues. Il avait atteint son but, il possédait le pouvoir des Thaumaturges.
Il ouvrit les yeux, et il vit que trois présences floues, insubstentielles, étaient présentes.
A présent, il pouvait voir les morts, et leur parler.
Crénom, sacré changement ! Arzan se sentait presque maître du monde ! Mais, dès qu'il réalisa toute l'ampleur de son pouvoir, le doute s'instilla en lui : d'autres pouvaient les voir. D'autres pourraient se dresser sur sa route. Sa décision était donc prise : pour faire régner le bien sur le monde, il devait éliminer le mal.
Vous arrêtez, oui, avec votre manichéisme de merde ? C'est pas demain la veille que vous aurez en vous la graine héroïque ! Maintenant restez immobile que je vous osculte !
Arzan soupira, accablé. Les infirmières ironisaient et lisaient dans les pensées... Chiant comme tout.
Et soyez pas vulgaire comme ça !

Arzan soupira encore et, pour contenter l'infirmière, se mit à penser aux papillons qui voletaient au-dehors, derrière la petite fenêtre qui éclairait la pièce. Il sentait la vieille femme le palper, prendre son pouls, examiner ses os... Trois semaines, par la cape de Géhïel, c'était long ! Il était plus faible que le dernier bambin de son frère ! Et qui sait s'il n'était pas en danger maintenant...

Les trois semaines passèrent, sans encombre...
Quand il put enfin partir, Arzan fit sceller son cheval, bien décidé à retourner au château Ker Atlantis afin d'élucider le mystère (et aussi pour se venger... )


Trois semaines... cela faisait trois semaines qu'il chevauchait sans relache. Ou sa carte était fausse, ou les Dieux se fichaient de lui. Pour son équilibre mental, il optait pour la première solution. Enfin, un soir, dans les lueurs apocalyptiques du crépuscule, une silhouette noire et pointue se découpa dans le lointain. Ker Atlantis ? Le donjon semblait avoir changé de forme. Il éperonna sa monture, sans savoir qu'il se jetait dans la gueule du loup...

La tour, tellement biscornue qu'on pouvait légitimement se demander comment elle tenait debout, ressemblait à un vautour guettant sa proie. Arzan ne ralentit pas pour autant son allure. Le sentier était désert jusqu'au château, et cela ne faisait que renforcer cette impression sinistre qui avait saisit le cavalier lorsqu'il avait aperçu l'édifice. Lorsqu'il arriva enfin à bonne distance des portes, il s'immobilisa. Son cheval écumant semblait lui exprimer toute sa profonde gratitude : la pauvre bête n'en pouvait plus. Arzan contempla la grande porte avec perplexité...


Arrête-toi ici, voyageur... Depuis trois semaines, ce lieu est maudit !Arzan se retourna, pour découvrir la silhouette fantômatique d'un vieillard mort. Une question lui vint :
- Pourquoi tout dure trois semaines, en ce moment ? Mon voyage, ma convalescence, mon coma, et puis ça maintenant...
Hein ? Aucune idée. "Trois" est sûrement ton chiffre porte-bonheur. Bref, où en étais-je ? Ah, oui. Tu devrais rebrousser chemin, avant que les démons de ces lieux ne te torturent dans une lente agonie...
- Qui durera trois semaines ? Je n'en ai rien à faire, si je suis là, c'est pour la vengeance.

Arzan descendit de cheval, et s'approcha du vieillard...Il était à trois pas de lui lorsque ce dernier s'évanouit dans les brumes en disant : Je t'ai prévenu, voyageur ! Prends garde !
Le jeune homme ne l'écoutait pas et se retourna pour détailler la porte. Elle aussi avait changé : le marbre blanc sculpté avait laissé la place à une pierre noire brillante couverte de symboles rouges. Arzan ne connaissait pas le matériau mais supposait avec horreur que cette peinture avait quelque chose à voir avec du sang.
Pas très râgoutant... Bon, que faire ? S'imprégner les mains de sang pour pousser une porte fermée à double-tour ? Escalader des remparts de vingt pieds de haut dont le sommet arborait des pieux impressionnants ? Pourquoi les emmerdes conflluaient toujours vers lui ? Le chevalier Arzan, aimant des emmerdes... ça sonnait bien.
Un loup poussa un long gémissement, quelque part sur une colline désolée. Le vent se leva, balayant la lande. Un bruit sourd se fit entendre. Arzan préféra frapper à la porte, l'atmosphère le mettait mal-à-l'aise. Et pour cause...

Il attendit quelques minutes, frappa à nouveau, patienta encore. Mais rien ni personne n'ouvrit. Il tenta de forcer la porte, mais comme il s'y attendait, elle était fermée à clé. Il regarda alentour pour voir si une prise facile lui permettrait d'escalader l'enceinte du château, mais peine perdue : les murs étaient aussi lisses que le menton d'un gamin. Arzan soupira, d'un soupir où se mêlaient soulagement et résignation.
"Impossible de pénetrer le château par mes propres moyens, se dit-il. Je ne me vengerai pas ce soir, mais je ne mourrais pas ce soir non plus. Je vais devoir trouver le roi et demander aux sages de m'aider. Ca ne m'enchante pas de dire à ces vieux fous que ma famille a libéré les démons d'Atlantis, mais je n'ai pas le choix."
En fait, il supposait seulement qu'il s'agissait de ces démons là - ceux qui, selont les légendes, avaient presque réussi à détrôner les dieux, et qui auraient réussi sans l'intervention de son propre ancêtre, Jaskol Atlantis, armé du pouvoir des Thaumaturges et d'une arme inconnue mais apparemment redoutable. Il soupira encore. Cette fois, c'était la galère assurée...
Nan mais t'as pas fini de te plaindre? On a du mal à croire que tu descends des Thaumaturges, en te voyant... Un vrai pleurnicheur!
Arzan sursauta en entendant la voix qui semblait venir de nulle part. Puis il distingua le fantôme flou de jeune fille qui venait de surgir à ses côtés. Ah oui. Dans la liste des emmerdes, il avait oublié les esprits fatiguants, aussi.
Je t'ai entendu!, prévint l'adolescente fantômatique en envahissant l'espace d'un air...menaçant? Oui, on va dire menaçant. Le fait qu'un gosse de six ans n'en aurait pas eu peur ne compte pas. Et tu as de la chance de ne pas être tombé sur un démon, abruti!
-Pourquoi? Ils font encore plus peur que toi? Et puis qu'est-ce que tu fais là, d'ailleurs, toi? S'il y avait eu des filles dans ce château, je le saurais, non?
Ah, parce que tu crois que je viens tout juste de mourir? J'ai 10 000 ans, mon vieux...
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

 


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