Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

16 octobre 2021 à 14:53:36
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'antichambre de l'édition » Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?

Auteur Sujet: Créer sa boite d'edition pour s'editer n'est-ce pas la meilleur solution ?  (Lu 1488 fois)

Hors ligne Ariane

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 826
Hello
J'avais juste envie de rebondir sur le rythme d'écriture :

Citer
Ecrire et corriger (on parle déjà de sa propre correction avant envoi), ça va un peu ensemble en ce qui me concerne. Parce qu'écrire un brouillon en un an, ça tout le monde peut le faire hein. Je réitère : le temps que ton livre soit fabriqué, logiquement ton petit écrivain est passé à autre chose.
Il y a classiquement 3 allers-retours entre le correcteur et l'écrivain (souvent, médiés par la maison d'édition). Je pense que certains éditeurs proposent aussi leur propre travail sur le texte (je ne sais pas trop si c'est courant de le faire avant ou après les corrections, ou si ça se fait parfois en même temps), par exemple modifier la fin, mettre davantage l'accent sur tel passage, modifier tel aspect, etc. A cela s'ajoutent d'éventuelles interview, interventions dans des conférences (même pour une simple nouvelle ou un livre qui ne fait pas beaucoup de ventes, tu peux en avoir plusieurs) ou dédicaces ou autres. Donc non, le livre ne s'endort pas au moment où il est accepté.

Citer
Etre capable de sortir 250 pages en une année, ce n'est pas en sortir à la pelle, et je réitère que niveau qualité c'est faisable et démontré. Ce n'est pas parce que récemment tu as plutôt aimé des écrivains ayant l'écriture rare, que ça annule cette vérité. Certains essayent d'écrire 10 pages par jour, ça oui, c'est en sortir à la pelle.
J'ai toujours entendu la fréquence de un bouquin par an être considérée comme un rythme très rapide d'écriture, et mon impression se confirme au fil des années et de la pratique. Le renouvellement des idées, sans qu'il puisse être comptabilisé en heures, exige aussi du temps (si on cite tel écrivain qui a rédigé tel premier jet en deux mois, ça n'est pas pareil pour moi que d'imaginer un rythme régulier d'un livre tous les deux mois...). Les réflexions, essais, changements d'avis, corrections, documentation...

Tout ça pour dire que comme Loïc, un livre par an, ça me semble un rythme de dingue pour faire du travail de qualité. Je ne doute pas qu'il existe des exceptions à la règle ; ce que je voulais dire surtout, c'est que si on considère ce rythme comme une "norme" pour le travail d'auteur, ça me fait effectivement penser à qqch de quantitatif et commercial.

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 476
  • Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
    • Alan Tréard, c'est moi !
Bonjour Angarth,


Ton intervention un peu sèche et vivace m'oblige à réagir sur certains points que j'avais abordés pendant cette discussion à ce sujet :

Comme j'avais juste le temps de passer, je finis mon message. A lire certains, on en arriverait presque à croire, qu'il y a une justice pratiquement idéale dans la chaîne du livre. Non, mais ce n'est pas le cas hein. Ce n'est pas parce qu'il y a d'autres gens qui galèrent, que la situation des auteurs est normale. Ce n'est pas parce que des petites maisons d'édition galèrent (plus ou moins) aussi, vous traitent bien en ce qui les concerne et au vu de leurs moyens, que chez des maisons plus à l'aise, qui ont les moyens pour, avec X et Y qui font pas mal de bénéfices sur les livres (vos livres), vous êtes payés équitablement. C'est une grande partie du problème : dans la plupart des cas où tu pourrais aussi, où tu pourrais enfin, si tout le monde y mettait du sien, jouir d'un salaire correct, ben ce sera non, parce que c'est "toi après", et "c'est moi qui décide, et quand on décide si tranquillement pour les autres bah euh..."

Ce que tu dis est faux dans le sens où c'est toute la chaîne du livre qui s'est affaiblie pendant ces vingt dernières années. C'est bien les librairies les premières qui ont le plus souffert des évolutions des pratiques, et donc tous les acteurs du livre se sont trouvés acculés à ces difficultés (chacune & chacun s'en sort comme il peut : auteurs, éditeurs, libraires).

Si l'on pourrait croire qu'il y a des grands gagnants qui auraient profité de la situation pour s'enrichir démesurément, la situation est bien plus compliquée qu'il n'y paraît et les quelques maisons d'édition qui risquent de s'en sortir sont comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, en quelque sorte.

Ce n'est pas les quelques « gros » éditeurs qui vont pouvoir gérer toute la production de la chaîne du livre (ils n'ont pas le temps de lire chaque écrit de chaque aspirant-auteur). La question de l'édition indépendante est donc inévitable.


C'est un peu facile de traiter les artistes comme des êtres dispensables, "oh mais écrire c'est un loisir", "ben ils ont qu'à faire autre chose", lorsque sans eux tous ces milliers de gens seraient au chômage, qu'il y aurait peu de culture, ou des mines d'or en moins si on parle d'autres arts.

C'est aux autrices & auteurs de convaincre le lectorat que l'écriture est bien plus qu'un simple divertissement. :)

Ce n'est pas aux éditeurs de convaincre les gens de ce genre de choses, à mon avis.


Pourtant, on a vu récemment les auteurs/artistes alerter sur leur précarité, et réclamer une rémunération plus équitable. Ce n'est pas juste un caprice, hein. Qu'est-ce qu'un charmant monsieur a répondu? Que ce sont les maisons d'édition qui prennent "tous" les risques. C'est vrai que les gens qui font ce qu'ils font de mieux pour essayer d'y arriver, survivre, doivent bosser beaucoup plus car ils sont sous-payés, doivent rester dans un boulot précaire à côté façon caissière, mettre leur vie sociale en mode minimum, les grandes victimes et suicidés ici et là, ils ne connaissent pas le risque, eux, alors de quoi ils se plaignent?

Tu as raison de remarquer que les autrices & auteurs prennent de très grands risques en confiant leur manuscrit à une maison d'édition.

Ils prennent même de très, très grands risques, je te suis reconnaissant de le faire remarquer. ^^

C'est la raison pour laquelle les syndicats d'auteurs, la Justice et les différentes institutions ont joué leur rôle en rappelant que le droit d'auteur est fondamental, qu'il doit être au cœur de la valorisation de la propriété intellectuelle.

D'ailleurs je suis reconnaissant envers tout parti politique ou syndicat de rappeler la nécessité de baser les échanges commerciaux littéraires sur le rigoureux respect du droit d'auteur, cela valorise grandement celles & ceux qui défendent ce droit avec solidarité et conscience des risques que prennent les autrices & auteurs au quotidien.


Voici pour des précisions qui me paraissaient essentielles ; pour le reste, je n'ai pas nécessairement d'opinion à apporter sur les détails de la publication, et j'ai toujours suivi ce genre discussion avec grand intérêt.

En espérant, ma foi, que les échanges restent cordiaux, que les désaccords s'expriment dans un cadre équitable.
« Modifié: 24 août 2021 à 22:02:35 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Hors ligne Angarth

  • Calligraphe
  • Messages: 148
Il y a classiquement 3 allers-retours entre le correcteur et l'écrivain (souvent, médiés par la maison d'édition). Je pense que certains éditeurs proposent aussi leur propre travail sur le texte (je ne sais pas trop si c'est courant de le faire avant ou après les corrections, ou si ça se fait parfois en même temps), par exemple modifier la fin, mettre davantage l'accent sur tel passage, modifier tel aspect, etc. A cela s'ajoutent d'éventuelles interview, interventions dans des conférences (même pour une simple nouvelle ou un livre qui ne fait pas beaucoup de ventes, tu peux en avoir plusieurs) ou dédicaces ou autres. Donc non, le livre ne s'endort pas au moment où il est accepté.
Comme dit précédemment, je prends le cas où l'auteur passe le plus clair de son temps de travail à écrire, bien sûr que le livre ne s'endort pas quand il est accepté, mais le plus gros côté auteur est fait. Enfin, des corrections genres fautes de français, pas mal d'auteurs en font très peu de façon naturelle, alors avec un correcteur automatique (certes faillible), n'en parlons pas. Après si vous voulez dire, allez, un mois ou deux de plus, pourquoi pas hein, mais en un an c'est très faisable et tu as plein d'exemples sur plusieurs années de suite. Sans prendre mes auteurs préférés, Balzac : 88 titres en 21 ou 22 ans, qu'on n'aime ou pas on ne va pas dire qu'il n'y a pas mis de qualité.

Des exemples plus humains, y en a des tas.


J'ai toujours entendu la fréquence de un bouquin par an être considérée comme un rythme très rapide d'écriture, et mon impression se confirme au fil des années et de la pratique. Le renouvellement des idées, sans qu'il puisse être comptabilisé en heures, exige aussi du temps (si on cite tel écrivain qui a rédigé tel premier jet en deux mois, ça n'est pas pareil pour moi que d'imaginer un rythme régulier d'un livre tous les deux mois...). Les réflexions, essais, changements d'avis, corrections, documentation...

Tout ça pour dire que comme Loïc, un livre par an, ça me semble un rythme de dingue pour faire du travail de qualité. Je ne doute pas qu'il existe des exceptions à la règle ; ce que je voulais dire surtout, c'est que si on considère ce rythme comme une "norme" pour le travail d'auteur, ça me fait effectivement penser à qqch de quantitatif et commercial.
Un livre, ça ne veut pas dire grand-chose : il y a des genres, des gens habitués aux pavés de 500 pages, qui pensent direct à ce genre de volume, donc ça ne peut déjà pas être étrange que ce discours existe. Si quelqu'un prétend que c'est malade sur du 100/200 pages, en ce qui me concerne c'est abusé. Et pas un rythme de dingue 250 dans l'absolu, mais évidemment que ce sera plus ou moins facile selon l'auteur, je ne le nie pas. Quel que soit son fonctionnement, en général c'est quand même dans son intérêt et dans sa quête, d'allier la qualité à une certaine dose de productivité.


Alan Tréard : A la base, je n'écrivais à personne en particulier, sur un sujet qui ne donne pas forcément envie de prendre des gants, et si j'ai répondu de manière sèche et vivace, je peux aussi voir à la fin si on m'a répondu autrement. Comme beaucoup d'autres, je suis d'accord pour dire que toute la chaîne du livre s'est affaiblie, pas pour dire que les rémunérations ou dégâts sont près d'être équitablement répartis.

"C'est aux autrices & auteurs de convaincre le lectorat que l'écriture est bien plus qu'un simple divertissement. :)"
Du coup, on est en train de dire que c'est déjà difficile d'en tirer certain profit, et il faudrait encore passer une partie appréciable de son temps à convaincre les lecteurs. Bon c'est envisageable, mais que ça apporte au final plus de positif que de difficultés supplémentaires, ça reste à voir.
« Modifié: 24 août 2021 à 23:13:53 par Angarth »

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 476
  • Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
    • Alan Tréard, c'est moi !
"C'est aux autrices & auteurs de convaincre le lectorat que l'écriture est bien plus qu'un simple divertissement. :)"
Du coup, on est en train de dire que c'est déjà difficile d'en tirer certain profit, et il faudrait encore passer une partie appréciable de son temps à convaincre les lecteurs. Bon c'est envisageable, mais que ça apporte au final plus de positif que de difficultés supplémentaires, ça reste à voir.

Hé bien, je dirais que c'est un métier à part entière, le métier d'auteur.

À mon humble avis, bien sûr. Je ne suis pas choqué que chacune & chacun puisse vouloir faire progresser la création littéraire vers autre chose, ça reste à réinventer, il me semble.
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Hors ligne Claire Rapha

  • Plumelette
  • Messages: 9
    • site internet
Bonjour,

Créer une maison d'édition n'est pas forcément difficile, la mise de fond nécessaire est modique surtout si on s'installe à son propre domicile. On peut même réduire drastiquement les coûts en passant par BOD (impression à la demande) afin de ne pas avoir à financer l'impression et le stock. Mais dégager un bénéfice permettant de se payer est une autre paire de manche. De nombreux éditeurs sont au départ bénévoles. Trouver des lecteurs à des livres publiés par des inconnus est difficile. Cela suppose un investissement (envoi de services de presse), du temps (relance des journalistes, des blogueurs, des influenceurs, construction d'un réseau relationnel), cela implique aussi de participer à des salons littéraires et donc de financer des déplacements. De nombreuses maisons d'édition consacrent autant de temps au travail de commercialisation qu'au travail éditorial (sélection des manuscrits et préparation des copies).

Ceux qui réussissent à créer et faire durer leur maison d'édition ont une ligne éditoriale généralement très identifiable au départ. Ils sont sur un créneau. Ils développent ainsi une image de marque dans un secteur déterminé. Je ne pense pas qu'on puisse créer une structure viable qui dès le départ ferait de la littérature générale, de la fantaisy et de la jeunesse.




En ligne Basic

  • Aède
  • Messages: 196
Bonjour,
un petit mot là-dessus, ou la coupe est-elle pleine ?
Imaginons que nous soyons deux ou trois cent à fréquenter ce forum, bon... sur le lot... comptez vous... trés peu de publiés ? 10, 15... et combien d'entre nous avec une manne suffisante pour en vivre... 1, 0,5   2...
Bref. vendre des livres.
Vivre de l'écriture.
Déjà, il y a une différence entre les deux: atelier d'écriture, participation à des événements ( exemple dans la poésie, ça c'est pas trop le truc qui fait du fric mais... si tu te débrouilles bien et que tu participes à des printemps de la poésié, semaine de la poésie, classe artistique... bon, ça peut s'arranger un peu mais tu ne fais pas fortune. Tu vends quasiment rien mais tu animes des trucs qui t'apportent un peu de sous)
Bref...
Dans tout ce fil, ça a causé pas mal d'argent mais pour tous les gens qui se "consolent" sur le forum (moi le premier), l'édition est une zone inatteignable, une terra incognita. Nous sommes plus habitués à recevoir des lettres de refus ( là c'est pareil, combien d'éditeurs prennent ils la peine de répondre à nos courriers ? Même des lettres types sans prise de responsabilité  ni critique). Souvent, on me dit que les types n'ont pas le temps, qu'ils sont débordés... Non. Les régles de courtoisie ne serait-ce qu'avec une partie de leur clientèle, me semble la base.
Alors, le sujet de l'édition nous est-il interdit ?
Non, je ne crois pas. Le sujet ne serait-il pas de faire bouger la ligne, d'envisager justement cette mutation de la chaine du livre, de proposer, d'observer, d'enquêter sur les alternatives à la seule marchandisation de l'objet livre.
Ce sujet n'est jamais terminé.
Il nous touche là où ça fait mal. Perso c'est juste derrière l'oreille, et vous ?
Basic
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

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  • Aède
  • Messages: 196
Re bonjour,
après réflexion mon message précédent est certainement hors sujet. Angefetocris n'avait pas créé ce fil pour ça. Mes excuses donc.
B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

 


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