Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 décembre 2022 à 13:58:04
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Auteur Sujet: Fables faites aux femmes [explicite]  (Lu 1299 fois)

Hors ligne calekin

  • Aède
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Fables faites aux femmes [explicite]
« le: 14 septembre 2022 à 16:58:43 »
Fables faites aux femmes

     Faire jouir une femme c'est une chose, mais la faire jouer s'en est une autre. Victoria jouissait mais ne jouait pas, bien qu'elle fut musicienne, Marion jouait mais ne jouissait pas en est témoin son soleil qui amena la pluie. La vie m'a favorisé qu'en de brefs instants fugaces. Et Natasha impérieuse ou fatale tel le tic-tac d'une montre.

    On était indécis et embarrassé Marion et moi, à la table d'un restaurant de corridor, de passage quoi. Une station pour garnir ses entrailles. Un étrange serveur asiatique régnait sur l'accueil. Sa vilaine aura n'aidant pas , nous nous étions mis le plus loin possible de cet étrange personnage.
L'enseigne de son restau était rouge, indéchiffrable, on pouvait y lire ce qu'on voulait comme lorsqu'on donne une forme aux nuages.
« Petits merdeux d'affamés, venez manger ma camelote, ma femme a les seins les  plus petit du pays »
Son établissement avait l'air d'un repaire de contrebandiers ou d'une maison close pour prostitués en quête d'une bonne retouche mammaire.

    Nous fûmes épouvanté lorsqu'il vînt à notre table pour nous donner des cartes poisseuses, la matière collante venait vraisemblablement de son doigté visqueux. Les cartes étaient elles aussi nuageuses comme son enseigne. Il sentait le tabac aigre et la pisse comme s'il faisait la toilette de ses bijoux de famille avec son tablier, la vaisselle et j'en passe. Un véritable essuie-tout, toujours à portée de main et vaillant envers toutes les bactéries.
Il sentait la pisse mais il aurait très bien pu sentir le sexe, la drogue ou le fric. Pas du genre à se courber pour le moindre dollar, il servait ce qui vraisemblablement était de la merde avec un enthousiasme feint.
Il sentait le comico décadent, la vieille geôle de dégrisement.

  Il engagea brusquement la conversation avec nous après nous avoir remis ses cartes. Nous n'avions pas encore choisi nos plats, Marion semblait chercher quel plat était le moins frelaté.
Madame, Monsieur, nous salua-t-il brièvement. Que désirez-vous ?
A voir nos têtes contrariées par l'odeur repoussante qu'il dégageait, il nous pensa circonspect à choisir le meilleur met, le plus délicieux.
-Nous allons prendre deux poke bowl, dis-je d'un souffle et sans délibérer avec elle qui était au supplice. L'odeur étant insupportable, elle remonta son keffieh jusqu'à dissimuler ses jolies narines.

Et avec ceci ? Que prenez-vous ? Sa tournure de phrase indiquait que la boisson était sûrement obligatoire ou tout du moins l'eau, payante. Quoiqu'il en soit, il en voulait à notre odorat, le fumier. Il sentait la déliquescence, la putréfaction, on était au bord de l'asphyxie.
Deux coca, ce que vous avez de mieux, lui répondit Marion à l’abri de son keffieh.
Ce sera tout ? Ce qu'on aime c'est avoir des réponses, non poser des questions. Il y avait une certaine fatuité chez Marion, car elle se savait irrésistible à en donner des remords à des eunuques. Elle fit mine de se lever, l'asiat se raidit soudainement, elle se leva franchement.
On voudrait être tranquille, exigea-t-elle, avec un sourire complice à mon intention. Là le charme opéra, à la voir se dandiner et ordonner l'asiat aux odeurs maléfiques se sentit transporté. Il en resta figé sur place.
Vous pourriez nous laisser, poursuivit-elle ?
Rarement j'ai vu le regard d'un homme aussi noir de jalousie. Car nos regards se croisèrent. Le ciel était lourd de menaces inaudibles.

     L'asiatique puant une fois parti, nous nous fîmes des confidences Marion et moi. Le minimum était de lui rendre la pareille, reluquer sa bonne femme. Elle était lisse et sans aucun doute conditionnée à la chinoiserie, c'est-à-dire à la soft-servilité. J'avais saisi qu'on était dans un restaurant Chinois à la vue du plat «  le petit mandarin ».

Tu penses que son frigo  donne sur les catacombes, s'enquit Marion ?
Si c'est pas les catacombes, c'est la station d'épuration.
Il a peut-être dans le congélo des nems à la cervelle d'explorateur désabusé, mais cette odeur, cette odeur, c'est comme s'il avait un cancer du gros intestin ou qu'il s'était récemment abreuvé à la bouche d'un caniveau en s'essuyant à l'aide de son tablier.
Sous son tablier y  aura jamais que sa bite ou un couteau, ironisa-t-elle. On  boit nos cocas et on se casse, eux au moins seront pas made in china.

Elle jouait et les règles changeaient souvent, là ça consistais à rendre serviable et docile, le type le moins serviable de tout l'arrondissement. On emmerdait les multinationales coca cola et compagnie, on avait juste soif, pas vraiment faim, Marion et moi. Et puis, elle est devenue capitaliste, enfin, c'est une autre histoire.

-J'ai lu sur son visage de la cruauté, tout à l'heure quand tu jouais. Ce Chinois est louche.
- Moi je joue ? C'est toi qu'est louche.
-Oui, tu joues. Viens approche, laisse ton empreinte sur moi, il revient.
Et on s'embrassa comme pour ne pas oublier nos odeurs respectives, d'un baiser de comploteurs.

       En revenant, il sentit une toute autre odeur, le sexe mais avec le mélange de la pisse ça donnait une odeur carrément insoutenable pour ne pas dire démoniaque. Les formes harmonieuses mais en rien provocantes de Marion n'étaient pas pour rien dans cette odeur de sexe.
Il s'était branlé derrière son comptoir en magnifiant sa femme-objet, de créature veule et domestiquée, il en avait fait une Marion, le salop.
Elle avait un parfum singulier, une odeur de corail qui donnait le vertige des profondeurs. Le Chinois lubrique semblait plus détendu que jamais en nous servant nos plats ainsi que nos cocas qui étaient en dans de petites bouteilles en verre. Il se permit même un sourire vicieux pour ne pas dire hideux.

    Le bourreau de la gastronomie locale se retira l'air de penser «  ils doivent cacher leur appétit, sinon pourquoi ont-ils tous les deux ce foulard de pauvre qui mendie sa terre en jetant des cailloux ». Ayant suivi l'exemple de Marion il est vrai que j'étais moi aussi barricadé derrière mon keffieh.
Elle m'avait au moins laissé ça,  l'usage du keffieh, je la percevais comme une princesse palestinienne mais bien plus tard elle prit la cravate mondaine et coupa ses belles boucles. Finis de jouer.
    -   Un biker tient autant à sa bécane que je tiens à toi, lui dis-je.
Avec le casque aussi, me demanda-t-elle.
Bah oui, teuteu.
C'est toi le teuteu , dit-elle en faisant une moue qu'elle seule savait faire.
Avec son petit flacon, elle me soufflait des bulles enchantées. J'étais admiratif de sa joie de vivre, en sa compagnie, j'étais irrésistible mais quand j'étais petit garçon, ces petites bulles de savon me firent ressentir un grand besoin d'évasion, Résidence de Maintenon, dernier étage.
Elle avait le pouvoir de me rendre charmant à loisir avec ses petits gadgets de dînette, volé à sa barby. L'amour cosmopolite n'a pas d'hémisphère, on lui donne tout, notre âme, nos rêves et espérances en espérant qu'elles soient partagé. C'est parce-que tout s'épuise, le pétrole, l'or, le charbon qu'on ait devenu toxique l'un pour l'autre à se boire jusqu'à la lie. Pour ce qui est du sexe, elle voulait que je la fasse rêver, l'emmener là où les rues n'ont pas de noms. En bref, que dans des lieux insolites et sauvage.
-  Je ne suis pas ton engin, t'as déjà ton p'tit playmobil, reprit-elle.
 - Non, j'ai un vilain piranha
 - Tu veux ma peau ?
 - Ta peau, tes mots, et que nos sexes soient autochtones.
 - Dans une forêt, quoi ?
 - Bien plus, dans une vallée où on s'apprivoisera comme jamais jusqu'à   
   ce que nos âmes se séparent.
- Tu ferais n'importe quoi pour me fourrer. Cochon, dit-elle et elle fit une grimace.
        Elle était mystique comme un coquillage qui nous fait entendre la mer et elle me menait en bateau.
 - C'est toi la cochonne. Plus je te veux, moins je t'ai, dis-je en rigolant.

      Nous étions à Paris pour voir un spectacle, qu'importe l'arrondissement
ce n'était pas celui du homard manchot ou du caviar bâtard. La rue abondait en zombies errant, camelards en manque d'une dose, à la recherche d'un Subutex ou Métadone, d'un truc, d'un rien pour apaiser sa souffrance quotidienne comme de petits feux de camps déclinant ils allaient bientôt s'éteindre.
Le petit peuple à proximité avait un quotidien sans rosée du matin.
Non loin de nous, un vieux faisait son speed-dating de rue avec un carton froissé où il y avait écrit ceci : « Petite retraite, cherche femme douce et câline ».
Finis donc le temps des petites annonces de gazette, bidons et ringardes, comme nous qui portions  des keffieh, il portait un masque.
Il avait vraisemblablement une vilaine dentition....

 




Edit modé  : ajout de la mention "explicite" dans le titre
« Modifié: 17 septembre 2022 à 23:00:15 par cyamme »

Hors ligne jonathan

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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #1 le: 14 septembre 2022 à 17:34:04 »
Bonjour. Compte tenu de la teneur de ce texte qui se rapproche plus d'une vespasienne que de la Pléiade je comprends pas bien le titre ni ce que les femmes ont à voir dans ce ramassis un tantinet nauséabond.
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur... [Pierre Augustin Caron de Beaumarchais]
Le silence est l'expression la plus parfaite du mépris... [G.B. Shaw]

Hors ligne calekin

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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #2 le: 14 septembre 2022 à 19:28:35 »
Bon, je sais que le forum est pas top, entre les jaloux, les écrivaillons sans succès et le reste, faut savoir qui est rigoureux et ne s'en  va pas critiquer autrui à la légère. Des arguments plus concret svp, fantoche.

Hors ligne jonathan

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  • Désabusé
Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #3 le: 14 septembre 2022 à 21:02:56 »
En principe je ne surenchéris jamais.
Citer
Des arguments plus concret svp, fantoche.
Perso, j'étais poli mais là je te livre ma pensée profonde, non édulcorée : ton texte c'est de la merde !  >:D
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Hors ligne calekin

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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #4 le: 15 septembre 2022 à 00:13:36 »
C'est si simple de dire " c'est de la merde " sans savoir même de quoi je parle. Merci pour ta contribution merdique. Un autre avis me semblerait judicieux.
« Modifié: 15 septembre 2022 à 09:27:43 par calekin »

Hors ligne Claudius

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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #5 le: 15 septembre 2022 à 15:05:01 »


J'ai lu le texte avant d'intervenir, d'une part Calekin, la mention explicite est plus que nécessaire.

Ensuite, d'un point de vue personnel, ce texte ne me plait pas : trop vulgaire à mon goût et sans réel sens littéraire. 

D'un point de vue, médiation : ce n'est pas une raison pour des échanges en commentaires aussi "musclés".  Si le mot vespasienne est malvenu, le reste ne l'est pas moins ! On revient à des commentaires, quels qu'ils soient, sans véhémence et sans insultes. Merci

Et enfin, Calekin, ce commentaire est aussi bien malvenu, les écrivaillons sans succès qui pullulent ici pourraient bien trouver ces mots insultants.

Bon, je sais que le forum est pas top, entre les jaloux, les écrivaillons sans succès et le reste, faut savoir qui est rigoureux et ne s'en  va pas critiquer autrui à la légère. Des arguments plus concret svp, fantoche.
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

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Hors ligne calekin

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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #6 le: 15 septembre 2022 à 18:22:09 »
Je te cite "trop vulgaire à mon goût et sans réel sens littéraire. " écoute j'ai cinq ans de rue, de la prison, des voyages, c'est une tranche de ma vie que je raconte ici dans toute sa nudité et sa cruauté.
"Si le mot vespasienne est malvenu, le reste ne l'est pas moins ! On revient à des commentaires, quels qu'ils soient, sans véhémence et sans insultes. Merci" Moi j'aime à cerner les gens, leur physionomie, leurs caractères, leur nature foncière, et si j'échoue c'est bien malheureux.

Hors ligne Claudius

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  • Miss green Mamie grenouille
Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #7 le: 15 septembre 2022 à 18:41:41 »


Les goûts de chacun sont ce qu'ils sont, les textes "crus" ne m'ont jamais attirée, ça ne changera pas. Cela peut plaire à d'autres, ça ne me dérange pas

La courtoisie est de rigueur sur le forum, je demandais que l'on revienne à des commentaires courtois, donc, et des échanges constructifs et non des matches de ping-pong usant de mots aigres-doux.

Cette remarque vaut pour tous les deux.

Ceci dit la mention [explicite] est obligatoire, étant donné que dans ce forum il y a des membres mineurs, parfois très jeunes. Merci de l'ajouter au titre du premier message.



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Hors ligne Cendres

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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #8 le: 15 septembre 2022 à 19:21:45 »
Merci pour le partage de ton texte.

J'ai lut le début de ton texte, en fait la moitié. Ce genre de récit je n'accroche pas trop. Les gouts et le couleurs, c'est plus personnel que un signe de défaut dans ton texte.

Déjà faire une histoire pour les femmes, ca ne veut rien dire en soit.
Etre femme, ou homme, ne fait pas de nous un personne faisant partie d'une communauté homogène. Chaque personne étant différente.

Ton récit est étrange. Le couple , vu l'état du restaurant, reste et commande? Ils sont bizarres. Parce que si il est sale comme ca, dans sa cuisine ou ses plats, ca doit être vraiment dégoutant.

Je pense que tu as du faire une histoire humoristique. C'est un humour plus  à la "Bigard". Tu as recherche une dynamique dans on texte et dans tes phrases , cela ce voit.


J'ai lut les commentaires et tes réponses. Tu dis que c'est une histoire vrai et que tu as vécu SDF et aussi en prison.
J'ai donc tout lut ton texte.
Comme je le disais, ce n'est pas le genre de choix narratif que j'apprécie. Je pense que tu peux tout raconter dans un écrit, puisque moi même j'aborde des sujets grave que j'ai vécu, mais ce n'est pas pour autant que j'écris des grossièretés. Mais cela est un choix personnel, et chacun écrit selon ses envies et le ton qu'il veut donner.

Le défaut de ton texte, pour moi, c'est qu'il ne raconte rien et qu'il est trop sexuel pour ce qu'il raconte. Ton thème c'est un couple qui va au restaurant et c'est plus sexuel  que si il irait passer une nuit à l'hôtel.

Sinon je ne suis pas jalouse de ton écriture et je n'ai jamais cherché a être publié. Tu devrais juste avertir que c'est explicite.
Sinon, par curiosité, c'est ton chien sur la photo?
« Modifié: 15 septembre 2022 à 19:26:55 par Cendres »

En ligne Champdefaye

  • Calame Supersonique
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    • Le Journal des Coutheillas
Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #9 le: 15 septembre 2022 à 20:23:19 »
Bon, on va y aller doucement, histoire de ne pas se faire engueuler par l’auteur et de ne pas déranger le modérateur.
J’ai lu « Fables faites aux femmes ». Deux fois, deux fois et demie, et j’y ai trouvé des choses. Ce n’est pas de tout repos, mais j’y ai trouvé des choses.
Précisons d’abord que ce type de texte n’est pas mon genre, même si parfois, pour les besoins d’une histoire, je suis plus tenté par un style célinien que proustien. Mais, s’il m’arrive de mettre en scène des voyous, des paumés, ce n’est jamais aussi crument.
Mais ce n’est pas une raison pour que je ne m’intéresse pas aux « Fables faites... »
Pour commencer, j’ai une question : le premier paragraphe a-t-il un sens dans cette histoire ou bien n’est-il là que pour permettre de jouer sur les mots Jouer et Jouir ? Si c’est le dernier cas, il vaudrait mieux le supprimer. S’il a un sens par rapport à l’histoire, il faudrait s’arranger pour que le lecteur moyen le saisisse. 
Ensuite, un avertissement : contrairement à ce que je fais souvent, je ne vais pas m’attarder sur les fautes d’orthographe (d’ailleurs peu nombreuses), ni sur les fautes de ponctuation, nombreuses, mais c’est peut-être le style recherché, ni sur certains mots non adaptés, car ça aussi c’est peut-être voulu.

J’ai dit plus haut que dans ces « Fables », j’y avait trouvé des choses. Mais quoi ?

Les bonnes d’abord :
— Une colère, un agressivité, et même un mépris qui , s’ils sont répréhensibles dans un commentaire sur le MdE, peuvent être intéressants dans un texte littéraire. 
— Certaines formules ou images peu communes mais parlantes : restaurant de corridor — on pouvait y lire ce qu'on voulait comme lorsqu'on donne une forme aux nuages — Il sentait la vieille geôle de dégrisement — Deux coca, ce que vous avez de mieux — Et on s'embrassa comme pour ne pas oublier nos odeurs respectives, d'un baiser de comploteurs — Avec le casque aussi, me demanda-t-elle — Le petit peuple à proximité avait un quotidien sans rosée du matin — un carton froissé où il y avait écrit ceci : « Petite retraite, cherche femme douce et câline ».
— Une scène très bien campée d’hostilité et de détestation immédiates entre le couple d’une part et le restaurateur d’autre part.

Maintenant, les moins bonnes et les mauvaises :
— Une description trop extensive et trop répétitive des sales côtés de l’asiatique
— Un usage complaisant par sa répétition de mots vulgaires (trois fois le mot pisse, une fois, deux maximum auraient sans doute suffit,
— Un certain manque de logique dans les répliques.
— En l’état, un manque de sens du texte tel qu’il est présenté, sans passé et sans suite. À moins qu’il ne fasse partie, ou soit destiné à faire partie, d’un texte plus long, avec un début et une fin (ce gentil petit couple pourrait bien avoir de l’avenir.)

Ceci dit, globalement, les «Fables faites aux femmes » ( à propos, que veut dire ce titre ? Private joke, contrepèterie ?) ne m’ont pas laissé indifférent. Il y a dedans une certaine puissance. Elle pourrait être à mon avis plus forte en retravaillant le texte en l’élaguant, pour le simplifier, éviter les répétitions, ce qui le rendrait plus dense.

Hors ligne calekin

  • Aède
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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #10 le: 15 septembre 2022 à 21:50:26 »
Merci pour ta modération, Claudius, on aime ou on aime pas. Il est vrai que mon texte n'est pas censuré, et qu'un public non averti pourrait y accéder. Ce n'est pas cru, c'est satirique.

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Fables faites aux femmes
« Réponse #11 le: 16 septembre 2022 à 09:53:21 »
Hello,

juste pour t'expliquer comment rajouter la mention explicite :

Tu as un bouton "Modifier" en haut à droite du premier message de ce fil, celui où tu as le texte. Tu cliques dessus.
Ensuite tu peux rajouter [Explicite] au début du champ "Titre", juste avant "Fables faites aux femmes"

Ensuite tu valides et c'est bon :)
A plus !
Mais les copains suivaient le sapin le coeur serré
En rigolant, pour faire semblant de ne pas pleurer
Et dans nos cœurs pauvre joueur d'accordéon
Il fait ma foi beaucoup moins froid qu'au Panthéon

- Georges Brassens -

Hors ligne calekin

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Re : Fables faites aux femmes [explicite]
« Réponse #12 le: 24 septembre 2022 à 21:42:48 »
Bonsoir, j'ai utilisé un compteur de mots afin de savoir si cette section du forum était toujours approprié pour que je post la suite de mon texte qui est bien plus vaste, il est vrai que je ne publie pas tout, puisque c'est la suite de mon texte puis-je me permettre de la poster ici ou faut-il que je refasse un autre topic ( sans oublier la mention explicite ) Il y a plus de 10 000 mots mais n'en posterais que 5000 environ, de ma vespasienne comme dirait quelqu'un  :-¬?  mais pour tout vous avouer, la jeunesse dès la puberté, c'est-à-dire treize-quatorze ans s'y connait déjà pas mal en matière de sexe, ça fornique de partout dans les lycées et les collèges, à trois, à quatre comme des légos, ça se chevauche, ça s'imbrique, se cambriole la virginité. Bref, c'est triste à constater mais c'est la vérité, j'ai des relations amicales avec des jeunes qui me racontent leurs mœurs dont je me nourris par ailleurs.... cessez d'être miraud c'est d'abord le sexe et on piétine les fleurs, si t'as un joint on peut sympathiser , Next Gen notre Jeunesse. C'est ma façon à moi de le décrier, bon j'attend vos réponses.
« Modifié: 24 septembre 2022 à 21:45:10 par calekin »

Hors ligne Claudius

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Re : Fables faites aux femmes [explicite]
« Réponse #13 le: 24 septembre 2022 à 22:39:29 »


Bonsoir,

Un seul fil pour le même texte, donc pas d'ouverture de nouveau fil. Par contre si le texte comporte 5000 mots il a sa place en mi-longs, il doit  donc être déplacé et cette action incombe à la modération.

Je vais donc déplacer ton texte en mi-longs pour que tu puisses poster la suite.



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Hors ligne calekin

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Re : Fables faites aux femmes [explicite]
« Réponse #14 le: 25 septembre 2022 à 00:29:28 »
Merci à toi, où en étais-je ?

 Je m'imaginais aller lui conseiller d'écrire sur son vieux carton froissé « Vieil édenté cherche cherche dentition, douce et câline » il n'en trouverait que plus vite sa future épouse.
Du reste, il nous regardait avec un regard ardent, comme un charognard, sans perdre une miette de notre discussion. Le vrai amour ne se cache pas, il n'est pas pudique. On parlait fort, ça l'arrangeais bien ce vieux crevard.
Mais le vrai amour ne se cache pas, il n'est pas pudique et éclate au grand jour.
On avait aucune honte d'être dans un lieu peu fréquentable, j'avais des dettes dans toute la capitale et mes usuriers étaient du genre coriace. On vivait, on s'aimait,  avec de grosses bouffées d'adrénaline.
On était des anti-fascistes, anti-bobos/babas et cætera. Par  le passé, j'avais eu une vie tumultueuse dans des lupanars, ce que Marion ignorait. Non je ne m'étais pas tapé de la bonne jusqu'à la matrone. Nous on menait une guérilla tacite pour la paix, à notre façon, tracts, réunions secrètes et j'en passe. La dernière des lueurs d'espoir. Mon erreur fut de la croire, lui filer le code Pin de ma sincérité, le password de mon authenticité et elle joua mais cette fois-ci à la femme, l'éternelle enfant évolua ou c'est moi qui suis resté de pierre, le même. Bref, peu importe, poursuivons.
- On devrait lui donner un p'tit sobriquet à notre ami le Chinois, dit-elle en rigolant sous son keffieh.
- C'est vrai que touche-zizi mérite bien qu'on se joue de lui, mais il y a aussi le vieux schnock ?
-Quel est le vieux schnock dont tu parles ?
-T'as pas remarqué le petit vieillard qui nous épie ?
-Ah ! Lui, c'est un mendiant, ça ? Hmm « Petite retraite, cherche femme douce et câline » Pas pour moi !.... Pourquoi il porte un masque, la pandémie c'est du passé ?
-Va donc le lui demander, Marion, moi je l'ai vu en arrivant, il se mouchait, il a les dents comme une château de sable balayé par les vagues, des brèche de partout . Les dents sales, je ne supporte pas, c'est la première chose que je regarde chez une femme, lui confiais-je.
-Donc nous avons deux espions, le Chinois et le vieillard, d'ailleurs elle ressemble à une grotte la devanture de sa boutique, affirmais-je en riant.
-Doit y avoir des chauves-souris ou une armée de cafards dans son gourbi, dans sa grotte immonde,  ça c'est le bon moyen de virer les skwatteurs du coin, leur balancer des insectes pendant qu’ils dorment défoncé ou qu'ils se fassent encore plus piquer. La seringue et les insectes, quoi.
-C'est peut-être un libraire, un antiquaire, ou un fleuriste qui a fait faillite et qui passe sa vie devant son business croulant, dis-je. Sur sa devanture, ou pouvait lire «  L... les August... »
-Va pour un fleuriste. Mais le L... est-ce celui d'une librairie ? Le temps, le vent, la pluie et j'en passe avaient buriné l'écriteau de la façade qui en était devenu illisible.
-Sinon pourquoi on l'appellerait pas grotte-man le vieux schnock, et pour son pote le chintoc, crotte-man ça lui irais bien comme son tablier rouge, ironisa-t-elle.
-Deux têtes de veaux pour le pour le prix d'une, t'es canon quand tu t'y mets.
-Crotte-man et Grotte-man sont sur un radeau, éclata-t-elle de rire, qui mange qui, selon toi ?
-Le cuisinier a les dents longues, il aura certainement le dessus.
Elle était radieuse et sémillante en cette fin Août, le mauvais temps n'allait pas se faire attendre,

     Il est vrai qu'à s'y méprendre, la caverne de Grotte-man ressemblait à  un antre. Il avait un air de conspirateur éploré, rusé mais brisé par la providence, qu'il fut antiquaire, fleuriste ou libraire, le doute subsistait. Marion voulait faire de moi un lion, pas quelqu'un qui lui colle aux basques.
Des preuves, sans cesse elle me demandait des preuves d'amour, mais ce mot était interdit entre nous. Quand on joue, c'est le plus léger, mais non pas frivole qui l'emporte, qui a le dessus sur l'autre.
    On avait pris nos aises dans cet arrondissement louche du Paris famélique et décadent. Nous avions finis nos cocas et allions filer à la Roumaine car les British ne sont plus en vogue pour ce qui est de filer en douce mais nous on allait mettre le bordel, provoquer un scandale. Deux étoiles allaient filer sous le ciel Paris, alors qu'une pluie orageuse était imminente en ayant un sentiment princier de l'amour et de la liberté.
Notre carburant était un mélange d'extase et d'adrénaline comme lorsqu'on faisait les cartouches de tabac dans les bureaux au petit matin.
Avec une grâce surprenante Marion se leva et frôla l'impertinence en se dirigeant vers grotte-man pour lui offrir son poke-bowl alors que crotte-man fumant clope sur clope suivait scrupuleusement la scène.
-Tiens, mon vieux, lui dit-elle, c'est pas du poison même si ça en a l'air.
Le vieillard interloqué bredouilla un remerciement incompréhensible. Elle jouait la comédie, et grotte-man tomba dans le panneau. La bouffe n'était pas mauvaise, le cyborg en cuisine mettait de son cœur électronique à l'ouvrage, grotte-man savoura son plat comme il se doit, c'était fade, les aliments manquaient de saveur. Pour ma part, j'y avais goûté à «  sa camelote », ça m'avait fermé l'appétit. Le Chinois s'emporta et jura dans sa langue natale, le ciel frémissait.
- Crotte-man, j'adore ton tablier, lui lança Marion, le keffieh bas. Et toi, Grotte-man, je dirais à la petite souris de venir te voir un de ces quatre, en attendant, bon app ! Bisous à vous, et elle fila.
Crotte-man et Grotte-man, ayant reconnu dans ces propos injurieux, une
frustration suprême, ne firent qu'un bond. Grotte-man, la bouche pleine et en décomposition cafouilla une forme de menace sourde. Il n'avait pas la force et la bravoure de ces vieux loups solitaires qui ont perdu un croc au combat et s'en glorifient car leur cause était juste. Pour l'heure, on ignorait sa menace.
Crotte-man, quant à lui se contenta de s'engouffrer dans son restau-usine avec une expression terrible. Sa cuisine avait été critiquée, et son amour pour Marion dénigré. L'outrage était indéniable.
   
    Soudain provocante à l'excès, sexy et gracieuse, Marion se mit à courir et fit une roue comme une enfant malicieuse, ce qui amena la pluie. Ce fut un véritable déluge avec peu de précédents, un bombardement de bruine tombant crescendo comme pour brouiller la piste de l'amour en fugue. Pourtant, la gamine en fuite allait semer tous ses poursuivants, même son amant. Crotte-man ressortit furibond de son restaurant avec ce qui avait tout l'air d'être une trottinette électrique, tandis que Grotte-man s'empara d'une simple canne, sa plus fidèle compagne qu'il dissimulait soigneusement dans sa grotte. Infirme et édenté, quel panache c'était ! Le lièvre donc, la tortue, et les deux amoureux ; il n'en fallait pas plus pour qu'une folle course-poursuite commence.

La circulation était dense dans la rue avoisinante qu'emprunta Marion, les automobilistes semblaient célébrer un événement particulier, à les entendre furieusement klaxonner. Ce qui était certain c'est que ce n'était pas pour un  mariage, mais peut-être bientôt pour un enterrement. Le chaos, le bordel, la razzia, elle voulait tout dégommer et ça lui réussissait d'après la file de bagnoles qui s'entrechoqua. Je la suivais émerveillé par sa chevelure échevelée de belles boucles brunes et son rire enfantin à chaque accident qu'elle provoquait. Bien entendu, nos keffieh étaient haut, on se la jouait incognito. Autrefois les temples étaient des lieux de paix, neutres en cas de conflit, là Marion trouva refuge dans une pharmacie. Crotte-man et Grotte-man quant à eux nous suivaient cahin-caha, l'un rapide car habitué à la circulation chaotique des pays asiatiques, l'autre lent et excessivement prudent mais qu'avait-il encore à perdre, une dent, une jambe, ou encore un œil ?

Marion fit deux gros zigzag, dans le premier elle sema la zizanie, dans le second elle fit sa citadine, marchant au pas et sans fracas.
L'orage gronda et la pluie redoubla d'intensité.

       La pharmacie Toussaint l'Ouverture était dans un quartier populaire, il lui fallait donc un nom populaire, elle abritait diverses créatures ;son créateur bisexuel était réputé pour avoir un faible pour les couples, un jour en plein fantasme, il s'était trompé de prescription et avait donné du laxatif à un jeune couple libidineux. Finis le sexe, Welcome les chiottes.
Mais encore, une lesbienne éploré dans l'arrière boutique car elle ne savait pas vers quoi elle penchait le plus, l'homme ou la femme, elle était pieuse dans sa dévotion à accomplir cette noble mission, savoir qui elle est.
Il y avait aussi une femme étrange qui portait des lunettes trop large comme Robocop, la pharmacienne assistante, son mari devait avoir les mêmes vraisemblablement et elle cherchait à tout prix à lui ressembler.

En bref, des personnalités ambiguës dans ce qu'il y a de plus normal, une pharmacie. Et il se cachait aussi un petit pd désœuvré ayant pour grade honorifique, tatoué sur la poitrine « Michel Apprenti-préparateur en Pharmacie », plus low level tu meurs . Ce qu'il est plaisant, lorsqu'on insulte tout le monde qui pourrait vous accuser d'impolitesse, car c'est l'omniprésence de votre perception qui la rend acceptable. Le petit pd distribuait des bonbons, sur le ton d'un «  vous voulez un Efferalgan ? », aux bras cassés qui patientaient dans la file d'accueil avec un espèce de sourire hideux comme celui d'un chasseur qui chasse une biche blessée.
       Quand Marion débarqua dans cette boutique sournoise, elle était loin de se douter des petites mécanismes particuliers et interne de chacun. Pour ma part, je n'avais pas semé crotte-man et pour ce qui est de grotte-man, soit il avait un sixième sens ou se mettait à courir uniquement lorsque je ne le regardais pas. Les deux crapules étaient là, à nos trousses , Marion n'avait pas pris le métro, le débat aurait été clos, mais il me semblait qu'elle voulait s'amuser encore. Nous étions trempé, ruisselant, mais le cœur libre et ardent, les clients attendaient la fin de la pluie et de l'orage pour sortir de la pharmacie. Le déluge avait étouffé le carambolage qu'on avait provoqué dans l'artère précédente.
- Voulez un bonbon demanda avec un air étrange l'apprenti préparateur en pharmacie ? À sa nouvelle proie.
Marion fronça les sourcils en direction du petit pd puis les haussa en regardant le tenancier des lieux, sa bouteille de coca en poche, elle fit mine que c'était un pistolet.
-Tout le monde à terre et que personne ne bouge se fit obéir Marion, impérieuse,
Et là on vit plusieurs capuches se courber comme pour un appel à la prière.

Seul le petit pd ne broncha pas, il était insensible aux charmes de Marion. Et pourtant les homosexuels ne sont pas connu pour leur vaillance.
- C'est un vrai au moins, ton jouet et il fit mine de s'approcher ?
- Tu veux pas voir ma gueule aussi, pendant que t'y es, lui répondit-elle brusquement, à l’abri de son keffieh.
Je venais d'entrer dans la pharmacie et d'un coup d’œil je saisis la situation. Coupant court à la discussion je corrigeais le jeune pervers d'une bonne bourrade sur le système nerveux central ce qui le fit chanceler et il emporta dans sa chute tout un rayon de crème pour les pieds et son sceau de bonbons acidulés avec écrit en tout petit «  LGBT DREAM ». Il faisait sa pub, le salop, et ce en plein boulot avec le consentement de son pharmacien dépravé. Un influenceur de plus, sur le terrain qui plus est, dans le feu de l'action.

 Là si Marion sortait sa bouteille de coca cola en verre, on était cuit, en y repensant dans le futur, je me demande bien comment elle se serait sorti de ce pétrin sans mon intervention.
- Hey ! Le cyborg, du maquillage, du noir, t'aurais ça en rayon ? Héla-t-elle à ce qui ressemblait être une pharmacienne exerçant dans la pharmacie d'un autre, curieux mais tout ça n'était qu'une histoire de pognon. Toujours est-il qu'elle trouva ce qu'on lui avait demandé, comme si Toussaint L'ouverture se maquillait.
A mon arrivée, nous voyant tous deux le visage masqué d'un keffieh, les joues grasses du pharmacien s'empourprèrent. La pharmacienne soubrette s'exécuta et dénicha ce que Marion désirait.
- Et maintenant, la porte de sortie, qui mène aux livraisons, et vite ! Ordonna-t-elle, imparable.
 Le petit pd était hors d'état de nuire, le pharmacien gérant en train de fantasmer, la pharmacienne tout ce qu'il y a de plus servile enleva ses lunettes et les contempla mystérieusement. il ne restait que la gouine qui avait le même regard mystique que Grotte-man, elle cherchait éperdument sa moitié, les yeux lourds de sanglots. Là fallait qu'on trouve un sanctuaire,  un refuge, une bagnole, dehors c'était l'hémorragie, il y avait des éclairs et le tonnerre éclatait de plus belle dans la capitale, dans les quartiers moribond comme foisonnant au cachet prospère. C'est elle qui nous conduisit vers la porte de sortie, on se donna furtivement la main, Marion et moi mais  la gouine nous les confisqua pour nous indiquer la sortie.
- Venez, dit l'éternelle indécise des sexes je ne sais pas pourquoi mais mon instinct me dit de vous aider. Et elle ajouta pour elle-même «  Où donc se réfugient les colombes quand le ciel leur tombe sur la tête? » d'une voix à peine perceptible.
 Elle souriait comme si nous l'emmenions à l'île des enfants perdu, ses gros yeux rougis de larmes étaient apaisés par le sublime d'une destinée qu'elle pressentait.

Le Chinois était à la porte d'entrée, il resta dubitatif, comment enjamber tant de capuches avec une trottinette qui à vrai dire n'était pas des plus légère, sans la circulation et les ruses de Marion, il nous aurait sans aucun doute rattrapé.
Les clients de la pharmacie après s'être mis à couvert, se bouchèrent les narines, une odeur maléfique planait, le petit pd, encore inconscient, pataugeait dans ses crèmes pour pieds dont les emballages s'étaient ouvert. Là pour le coup il aurait fallu de la crème pour tablier. Le Chinois  sembla comprendre notre plan et un rictus aux lèvres ressortit aussi rapidement qu'il était entré avec son fardeau à deux roues.
Nous atteignîmes la porte de service, Marion sortit la première, nous étions dans une impasse conçue pour les livraisons, Camille car c'était son prénom se mit à chuchoter.
- Prenez la porte d'en face, elle mène à une Eglise, là vous serez en sécurité.
-Oui deux malfrats nous poursuivent, affirmais-je.
-Bonne chance, jolie couple, aimez-vous, dit-elle, et une larme roula sur sa joue
Elle était pensive pourquoi le sort ne la favorisait-elle pas, elle. Même la pire des vicissitudes eut été perçu comme une clémence du destin, elle en avait assez de d'empiler médoc sur médoc dans sa pharmacie interlope, morose et amorphe, elle voulait vivre quelque chose de fort et d'immanent qui à l'instant allait lui filer sous le nez. Marion ou Lucky, charme et bravoure conjuguée, personne n'a dit que la virilité ne s'alliait jamais au féminisme.

       Quoiqu'il en soit, nous empruntâmes la porte donne d'en face suivant les précieuses indications de Camille mais le Chinois était là nous fermant l’impasse, ses dents longues, son tablier odorant et son deux roues express. Il sortit de son vaste tablier rouge, un énorme couteau, ce qui ne manqua pas de nous déconcerter, il voulait vraisemblablement en découdre.
- Poke Bowl, volé ! Poke Bowl, tranché, hurla-t-il ! En agitant sa lame.
J'avais vu par le passé de solide puncheur, des montagnes, mais lui n'en était pas une. Un larbin tout au plus, il semblait vouloir nous mettre en pièces détachées peut-être pour donner du goût à ses plats fade et sans consistance ou nous envoyer en containers au pays.
Je fis obstacle à ses velléités hargneuse de nous de découper en petits morceaux, la garde haute sans obscurcir le regard, je me mis à danser une danse funeste, pour Marion on aurait pu m'envoyer au paradis ou en réanimation mais m'aimerait-elle amputé d'un bras, ça j'en avais aucune idée. Je savais de source sûre que les moribonds sont invivables, l'aigreur les dominant altère leur comportement. J'étais bien décidé à lui mettre une sacrée raclée à ce bouffeur de nems cosmopolite.
 Avec ce brouillard pluvieux, on y voyait pas à cinq mètres, manquait plus que la grêle s'y mette.
Crotte-man s'avança furieusement car il était à une dizaine de mètres de nous, Camille observait la scène prête à refermer la porte de service à tout moment dans le cas où le Chinois s'en prendrait aussi à elle mais il ne fit que trois pas, et glissa comme une merde à trop vouloir s'empresser sur le sol inondé, je m'avançais prudemment vers lui, cherchant à ne pas commettre la même erreur, trop me précipiter. A sa portée, il releva la tête avec un rictus féroce qui exhiba sa dentition aiguisée. C'était un putain de caïman venu d'Asie, il chercha à me mordre mais avec la flotte abondante il eût bien des peines à se relever et happa l'air dans le vide. Je mis ma main derrière sa nuque et lui assénais un bon vieux coup de genou dans la mâchoire alors qu'il cherchait à tâtons son énorme couteau emporté un peu plus loin par le flot de l'impasse en dénivellation.
Toutefois, je pris soin de ne pas cogner sur ses dents pointues comme une lame de rasoir. Il tomba inerte, dans une position incongru, son tablier sur la figure, et sa bringuette ouverte ce qui en disait beaucoup sur ses mœurs. Sur le revers de son tablier il y avait écrit «  Mr Kwon, restaurant le Sakura »
« Modifié: 25 septembre 2022 à 01:03:41 par calekin »

 


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