Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 octobre 2021 à 19:45:32
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Transparence

Auteur Sujet: Transparence  (Lu 231 fois)

Hors ligne Basic

  • Aède
  • Messages: 206
Transparence
« le: 18 septembre 2021 à 09:25:09 »
Alors, un texte poétique peut-être !

B

[spoiler][Nous franchirons la transparence,
fermant les yeux,
la forêt sous nos talons,
les mille pas.

Nous portons un ciel d’arbres et d’eau,
Un endroit où marcher,
Des sentes.

Nous portons le manteau de l’eau.
Ainsi,
Nous entendons les murmures, le craquement du monde dans nos os. Nous étirons le jour pour qu’il entre dans nos poumons.
La mélancolie du jour.
Une fumée. Une tendresse de fumée.

Des friches dans nos veines.
Dans ces fleuves qui mènent au cœur.
Des buissons,
Un lieu perdu…

Alors,
Nous nous attardons
A contempler ce qui fut une ville
Et qui n’est que ruines.
Un lieu d’amour.

Nous soutenons le jour
Par-dessus nos épaules
Pour qu’il ne nous étouffe pas,
Et nous détestons la nuit.

Rien ne vient
Ou parfois des barques emplies d’eau,
Des fleurs qui s’essoufflent dans nos mains,
Des tissus grisés par l’usure.

La mémoire nous châtie.



/spoiler]
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 947
Re : Transparence
« Réponse #1 le: 18 septembre 2021 à 14:37:15 »
J'aime beaucoup c'est agréable à lire, si proche de la nature. Merci pour ce partage

Hors ligne Exil

  • Calligraphe
  • Messages: 143
Re : Transparence
« Réponse #2 le: 18 septembre 2021 à 17:52:08 »
Un poème aux relents oniriques hautement appréciables (et appréciés !).

Passages qui m'ont le plus émus :

Nous étirons le jour pour qu’il entre dans nos poumons.

Nous nous attardons
A contempler ce qui fut une ville
Et qui n’est que ruines.

Rien ne vient
Ou parfois des barques emplies d’eau,
Des fleurs qui s’essoufflent dans nos mains

Et en les sélectionnant je m'aperçois que tous évoquent des sensations, ou des actions qui nécessairement en suscitent (un regard sur la ville en ruines). J'ai aimé cette sensation de flottement qui a accompagné le temps de ma lecture. Merci pour ce partage.
Quelle longue nuit s'enfuit à travers le verger avec deux coqs dans son filet de lumière ! Me tuera-t-elle, un jour, avec la malice d'un scorpion ?

Hors ligne frenchwine

  • Calliopéen
  • Messages: 434
  • Les Muses n'existent pas.
Re : Transparence
« Réponse #3 le: 18 septembre 2021 à 18:02:07 »
Pas vraiment convaincu, les termes me semblent lourds, mais un vrai amateur sera à même de juger

la forêt sous nos talons,
tu écrases la forêt ?
« Modifié: 18 septembre 2021 à 18:04:50 par frenchwine »

Hors ligne Basic

  • Aède
  • Messages: 206
Re : Transparence
« Réponse #4 le: 18 septembre 2021 à 18:56:56 »
Merci à tous pour vos commentaires et avis.

Mais non, Frenchwine, il n'écrase pas la forêt... c'est plutôt l'idée de mouvement... Je n'aime pas trop ça mais tiens un smiley ;)

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Hors ligne Melina Doris

  • Scribe
  • Messages: 72
Re : Transparence
« Réponse #5 le: 20 septembre 2021 à 20:44:37 »
Bonsoir
Est-ce une déambulation dans une mémoire qui vacille ?
J'ai particulièrement aimé ces images et les émotions qu'elles suggèrent :

Rien ne vient
Ou parfois des barques emplies d’eau,
Des fleurs qui s’essoufflent dans nos mains,
Des tissus grisés par l’usure.

Hors ligne Rémi

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Re : Transparence
« Réponse #6 le: 20 septembre 2021 à 21:19:32 »
Salut Basic,

J'aime beaucoup la première strophe et la deuxième aussi

Citer
Nous portons le manteau de l’eau.
me rappelle ton autre poème

Citer
Nous entendons les murmures
mouais, un peu trop "direct", non ?

Citer
Nous étirons le jour pour qu’il entre dans nos poumons.
la causalité marquée par le "pour que", je suis pas fan, ici
et "entrer" me semble faible

Citer
Nous nous attardons
A contempler ce qui fut une ville
Et qui n’est que ruines.
un peu fade, non ?

Citer
Nous soutenons le jour
Par-dessus nos épaules
Pour qu’il ne nous étouffe pas,
Et nous détestons la nuit.
pas fan non plus, (et encore un "pour que")
l'idée est chouette, tu peux faire mieux claquer/briller cette image

Citer
Rien ne vient
Ou parfois des barques emplies d’eau,
Des fleurs qui s’essoufflent dans nos mains,
Des tissus grisés par l’usure.
me plait plus, tout de suite plus onirique, j'aime beaucoup les fleurs qui s'essoufflent

Citer
La mémoire nous châtie.
je sais pas si expliciter le sens de cette promenade pleine de nostalgie et de souffrance retenue est nécessaire (on a déjà : friche / ruine / étouffe / essouffe)

Merci pour cette chouette lecture !

A+
Rémi
Oh oui youpi ! Dansons la Carioca !

Hors ligne Basic

  • Aède
  • Messages: 206
Re : Transparence
« Réponse #7 le: 21 septembre 2021 à 05:52:37 »
Merci Remi pour tes commentaires toujours approfondis.
Je ne sais pas ce qui fait l'intérêt de ce texte. Peut être une sorte de partage entre lyrisme et banalité. IL y a bien entendu des choses à reprendre mais je ne sais pas trop où tirer la couverture. Le "pour que" par exemple qui pèse son poids de ruralité (oserais je dire) de banal... me semble créer une onde de sens commun, un peu comme un pavé dans la mare si je pousse la métaphore.
Bref.
B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Hors ligne Rémi

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Re : Transparence
« Réponse #8 le: 23 septembre 2021 à 19:29:15 »
Salut,

Je relis mon commentaire, il a peut-être l'air sec... mais j'aime bien ce poème.

Citer
Je ne sais pas ce qui fait l'intérêt de ce texte.
Ce qui me plait dans ce texte, ce sont les glissements qui s'opèrent lors de la lecture.
On démarre avec une balade réaliste en forêt, on bascule ensuite dans un rêve doux (Nous portons le manteau de l’eau), et puis la noirceur vient lentement (Des friches dans nos veines) avant de s'accentuer (les ruines, la menace d'étouffement). Enfin, les derniers vers nous laissent suspendus, puisque rien ne vient, ou alors des choses peu palpables (de l'eau, des fleurs essoufflées, du tissu que l'on imagine à peine solide).
Bien sûr, lorsque je lis le poème, je n'ai pas cette brutale schématisation en tête mais des sensations que j'essaye de retranscrire ci-dessus. Autre intérêt du texte, des fleurs qui s’essoufflent dans nos mains. Rien que ça, à ce moment du poème, ça mérite que le texte existe.

Citer
Le "pour que" par exemple qui pèse son poids de ruralité (oserais je dire) de banal... me semble créer une onde de sens commun, un peu comme un pavé dans la mare si je pousse la métaphore.
pas faux, ça contraste, c'est vrai et ça rend le truc moins grandiloquent (mais bon, pour moi ça alourdit quand même et je préfèrerais sans)

Bref, au plaisir de te lire à nouveau !

A+
Rémi
Oh oui youpi ! Dansons la Carioca !

 


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