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26 septembre 2022 à 21:56:48
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Auteur Sujet: La vérité sur les puissances qui nous dirigent, le dernier livre d'un apostat  (Lu 495 fois)

Hors ligne Neicigam

  • Buvard
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LA VÉRITÉ SUR LES PUISSANCES QUI NOUS DIRIGENT
le dernier livre de Viktor de Silali

Introduction ou comment je m’excuse, chers lecteurs, de vous condamner à une damnation probable

Moi, Viktor de Silali, dernier héritier mâle de l’illustre famille Silali immigrée de Privence en l’an 631 après la Séparation du Royaume de l’Écorcheur, Chroniqueur Royal du Norélie de père en fils depuis plus de deux cents ans, suis actuellement détenu en la prison du Château de Danole et ce depuis maintenant dix huit jours c’est à dire depuis le cinq de la Vingtaine du Vol de l’Oiseau de l’an 851.
Je suis accusé d’hérésie, de démonologie, de sorcellerie, de pacte chaotique, d’apostasie, de trahison divine et de détournement de l’Histoire à des fins de décrédibilisation des Seuls Vrais Dieux.

Mon arrestation a été induite pas une lettre anonyme adressée directement au Ministère de la Chose Religieuse. En raison de mon poste et de la reconnaissance du Roi Adolph V à mon égard j’ai d’abord été assigné à résidence le temps pour les forces de l’Ordre de faire la lumière sur cette affaire.

Il s’avère que mes travaux sur les Terres Folles des Dieux Parfaits, le Culte Trysséfalite et les Dieux Sombres ont fortement déplu aux inquisiteurs et à leur supérieur, l’Évêque Éric de Viclier, qui a immédiatement ordonné mon emprisonnement.

Les «preuves» de mon hérésie ont été exposées au Tribunal Ecclésiastique le troisième jour suivant mon arrestation. Le verdict en a été ma condamnation à mort le dix neuvième jour de la Vingtaine du Feu de l’an 851.

Mon confrère Harald Torfin, ancien Trésorier Royal, a reçu la charge de continuer la rédaction de la Grande Encyclopédie commandée par le Roi.

En ma qualité d’ancien Chroniqueur Royal, j’ai obtenu le droit de récupérer mes documents de travail, feuilles vierges, plumes et encriers.

Ceci est le dernier livre de Viktor de Silali, Chroniqueur du Roi  et a pour objectif de vous exposer mes conclusions, après plusieurs années d’études des textes et documents historiques et religieux, sur les véritables intentions des Dieux à notre égard, de la manière dont ils nous perçoivent ainsi que de leur incommensurable hypocrisie.

Le texte qui va suivre n’est pas un reniement ou un plaidoyer à l’encontre des Dieux mais bien une mise au claire sur leurs secrets et leurs mensonges.

Je me doute, amis lecteurs, que ce livre sera catégorisé par la Sainte Inquisition comme Liber Prohibitorum voir comme Liber Daemonum. Mais je sais que vous, qui avez réussi à mettre la main sur un exemplaire de mon ultime écrit, saurez faire la part des choses.

Viktor de Silali, dernier représentant de la noble famille Silali.
Que vive le Norélie et son Roi.

Premier chapitre ou comment la cosmogonie nous est racontée

Il est important de se remémorer comment le mythe nous est raconté et de s’accorder sur une version de ce mythe qui, je pense, correspond à celle de la majorité des croyants.

Fut un temps, à une époque ou le concept de temps et d’époque n’existait pas, deux êtres supérieurs qui se livraient une lutte ininterrompue. Ces deux entités immortelles portent le nom de Soleil et de Gobe-Soleil. Ils représentent les deux Concepts fondamentaux de notre univers, l’Ordre et le Chaos ou plus communément appelées Lumière et Ombre.
Cette lutte immémoriale n’a pour ainsi dire pas de raison d’être, elle n’a pas d’objectif. Elle est parce qu’elle doit être. Nul ne connaît les tenants et les aboutissants de ce combat à l’exception de ses deux acteurs.

Cette bataille sans fin voyait à chaque fois l’un des protagonistes prendre l’avantage puis le perdre au détriment de l’autre tant et si bien que cet équilibre se répétait à l’infini sans qu’un vainqueur ne puisse se démarquer. Le Soleil cherchait illuminer l’immensité vide de l’Espace tandis que le Gobe-Soleil cherchait à l’éteindre afin de la plonger dans les ténèbres.

Mais un jour vint un changement. Quel fut-il ? Nul ne le sait mais il en résulta que le Gobe-Soleil réussit enfin à dévorer l’Astre du Jour et à l’emprisonner au fond de son immense panse.

Des déformations commencèrent à s’opérer dans le vide les environnant. Privés du Soleil, les alentours se mirent à se fléchir, se tordre, se gondoler. Des miasmes de ténèbres purs s’infiltrèrent à travers la couche de réalité, transformant le Silence en cri et renforçant la nuit, la rendant plus opaque que la plus noire des pensées démoniaques. Le monde changeait, se façonnait en fonction de l’Ombre qui, n’ayant plus son contrepoids, pouvait enfin s’exprimer pleinement.

Ce fut l’Age Sombre Primordial. Des créatures d’épouvantes naquirent au sein de ce ténébreux bouillon, les premières formes de vie issues d’une génération spontanée et démente engendrée par l’Ombre. Des civilisation apparurent, vénérant l’Ombre, des villes flottantes furent bâties et des ziggourats aussi hautes que des montagnes furent érigées ou le Son, issu du Silence éternel fut transformé en prières et en hommages à la Baleine de Nuit. Le Temps n’existant toujours pas, ce Premier Age Sombre fut aussi long que court, il dura une éternité ou le temps d’un battement de cil et on peut aussi bien dire qu’il n’a jamais existé tout en existant encore.

Bien qu’enfermé au plus profond des viscères du Gobe-Soleil, le Soleil n’était pas mort. Pour la première fois, le Soleil découvrit quelque chose qu’il ne connaissait pas. Le fait d’avoir été gobé par son éternel adversaire lui avait fait perdre conscience. Privé de repères, il pu dériver au gré des pensées de son esprit tortueux, à la frontière de l’irrationnel, et découvrir des concepts totalement abstraits et inédits. Ainsi il eu à son réveil la formidable Idée du Temps. Afin de rendre inopérant son adversaire et de s’assurer une victoire éternelle, il suffisait de créer cette nouvelle dimension et d’en bannir le Gobe-Soleil. Ainsi naquit dans l’esprit du Soleil l’idée d’une nouvelle force primordiale qui se rangerait aux côtés de l’Espace et du Silence. Mais afin d’obtenir sa victoire il lui fallait se libérer de sa prison de ténèbres.

Pour cela, il s’inspira des Créatures d’Ombre. Il fabriqua de toutes pièces des êtres de Lumière ayant pour unique objectif de briser la cage le retenant. C’est comme cela que naquirent les Dieux Originels. Ils ne portaient alors pas encore de noms mais étaient au nombre de cinq. A peine créés, ils s’attelèrent à libérer leur Père. Le Premier des Cinq ouvrit une brèche à travers la couche de viscères. Celle ci se referma quasi instantanément, sans toutefois pouvoir empêcher le Deuxième de maintenir une faille ouverte. Le Troisième, le Quatrième et le Cinquième s’y engouffrèrent et percèrent la peau du Gobe-Soleil. La douleur ressentie par la Baleine fut telle que son hurlement de surprise et de souffrance mit fin à toutes les civilisations ténébreuses, faisant s’effondrer les pyramides, jetant à bat les temples érigés en son honneur et effaçant instantanément l’entièreté des Créatures de l’Ombre.

Surgissant par la plaie béante, les Cinq, suivis par le Soleil, purent enfin contempler l’Espace pour la première fois. La Lumière de leur Père bannit les derniers miasmes de ténèbres et l’univers donna l’impression d’avoir enfin retrouvé son équilibre. Mais ce n’était là qu’une fausse impression. Les changements opérés par l’Ombre ne pouvaient disparaître aussi facilement. Le Son côtoyait maintenant le Silence, la Vie engendrée par l’Ombre s’exprimait encore à travers les Cinq et les ténèbres bien qu’à nouveau bannis, s’amoncelaient aux portes de la réalité.

Mais le Soleil n’en avait cure. Si son Idée du Temps était mise en place, rien de ce qu’il s’était déroulé n’aurait d’importance. Seul compterait ce qui viendrait.
Il offrit au Premier la capacité de créer cette nouvelle dimension et aux autres ainsi qu’à lui même la capacité de s’y intégrer.

Et le Premier créa le Temps.

Instantanément, le Gobe-Soleil cessa d’exister. Incapable de comprendre ce nouveau concept, il ne su s’y adapter et s’effaça sans un bruit, disparaissant des mémoires, même de celle du Soleil. Le Temps écrasa les autres Forces et les Concepts, les rendant totalement dépendants.

Ainsi notre Univers vit le jour.

Le Gobe-Soleil n’existant plus, la lumière était le seul maître. L’Univers là encore se mit à changer, la Lumière rayonnant et illuminant chaque recoins provoqua des changements qui façonnèrent l’Espace tel que nous le connaissons actuellement. Les étoiles apparurent, extension du Soleil et le Silence reprit sa place sans toutefois réussir à bannir le Son.

Pour remercier ses Fils de leur aide dans une lutte dont il ne pouvait plus se rappeler l’identité de son opposant, il leur offrit des Noms, Force nouvellement créées par la Lumière. Les Cinq obtinrent les patronymes de Chrono pour le Premier, Serpoussole pour le Deuxième, Aqus pour le Troisième, Angélique pour le Quatrième et de Nuire pour le Cinquième.

Ainsi le Nouveau Monde vit le jour, dénomination retenue par opposition à l’Ancien Monde, cette civilisation des ténèbres durant l’Age Sombre Primordial.

Mais notre histoire ne s’arrête pas là. Rappelez-vous, le Gobe-Soleil à certes cessé d’exister mais uniquement dans la dimension régie par le Temps. Il serait plus juste de dire que notre Univers se trouve dans une bulle aux parois inviolables enfermant le Temps, elle même perdue quelque part dans l’Espace intemporelle.

C’est ainsi que fut créé un nouvel équilibre appelé à durer éternellement. Le Soleil régit notre Espace et Le Gobe-Soleil régit le sien.

Deuxième chapitre ou comment les Hommes dominent la surface du Nouveau Monde suite aux maladresses divines.

Comme nous l’avons vu, l’histoire des êtres vivants commence par la lutte entre le Soleil et le Gobe-Soleil qui aboutit à la création de notre univers temporel sous la supervision des fils de l’Astre du Jour, les Seuls Vrais Dieux.
Les Dieux Primordiaux reçurent l’autorisation de leur Père de créer, sur le modèle des Êtres Engendrés par l’Ombre, des mortels qu’ils placèrent sur la terre formée à partir de rien, notre terre, le Nouveau Monde.
Aqus l’Élu put ainsi donner vie à un immense fleuve qu’il nomma Dorscroque, le Grand Dragon, le premier être vivant ayant parcouru ces nouvelles contrées. Celui-ci, en tant qu’être primordial, était doté de pouvoir dépassant l’entendement. Il manifesta une grande compassion envers les nouveaux organismes se déplaçant dans les océans nouvellement conçus. Il se désigna lui-même comme gardien des mers et passa des centaines d’années à résoudre les conflits opposant ceux qu’il considérait comme ses enfants.
Dorscroque, bien que le premier, ne fut pas le seul à être créé. Conscients des immenses efforts nécessaires pour administrer une terre foisonnante de vie, les Dieux désignèrent certaines de leurs créatures comme gérantes des différents biomes terrestres.
Ainsi, Dorscroque reçu l’autorisation de continuer à régenter les océans, Lossarousse le Troisième, le Dogue des Landes, fut nommé roi des terres émergées et Syliavem le Quatrième devint le roi des cieux.
Les autres fils des Dieux se placèrent sous la régence de ces Trois Monarques.
A cette époque, toutes les créatures étaient uniques, puissantes et jouissaient d’une incroyable longévité, chacune vacant à ses occupations, résolvant ses problèmes en se fiant à l’arbitrage des Trois Grands Rois.
Mais ce fut sans compter sur Dorscroque, le plus puissant de tous.

Au fil des siècles, Dorscroque se mit à ressentir une certaine haine vis à vis de son créateur et de ses frères et sœurs. En effet, il se considérait désormais comme le mieux placé pour s’occuper des enfants de la mer. Les Dieux n’étaient plus descendus sur la surface de la terre depuis très longtemps et ne s’adressaient plus à personne, laissant le Nouveau Monde en une sorte de vase clos, s’autorégulant.
Convaincu que les Dieux ne les considéraient pas mieux que les cailloux constituant le sol et confiant en ses pouvoirs, il mena une cabale à l’encontre des Dieux, rassemblant d’autres créatures sous sa bannière. Lossarousse se rangea à ses côtés et Syliavem, prudent, resta neutre, ne préférant pas intervenir.
Les Dieux ne pouvaient laisser passer cela. Une armée d’être divins descendirent à la surface du monde menée par Aqus. Les créatures révoltées furent annihilées sans effort. Dorscroque fut maté par son propre père. Lossarousse perdit la vie face à Cachirikast et Syliavem fut déchu de son titre avant de voir ses ailes et son bec arrachés. La colère divine fut sans pareille. Toutes les créatures, impliquées ou non, furent exterminées. A trois exceptions près. Comme dit plus haut, Syliavem fut privé de sa puissance et banni on ne sait où, Dorscroque fut emprisonné dans le Royaume Céleste en attendant de lui trouver le bon châtiment et le Deuxième, Erault l’Être Parfait, la seconde créature à avoir été créée, fut sauvé de l’anéantissement par Cachirikast qui le cacha quelque part.

Constatant leur échec mais étant devenu dépendant des prières et louanges flattant leurs égos surdimensionnés, les Dieux créèrent de nouvelles créatures bien moins puissantes mais bien plus dociles. C’est ainsi que, dans l’ordre chronologique d’apparition, naquirent les Nains, les Elfes et nous, les Hommes mais aussi toutes les autres créatures, des Requins géants de la Lune Verte aux Chapmanns en passant par les Arbres et les Badafs sanguins. De grands chantiers furent entrepris pour remodeler la surface de la terre afin que rien ne subsiste de l’ère passée. Les Nains, ayant obtenus leur savoir de la forge auprès de Tarrasseau, fabriquèrent les chaînes d’Inzingir qui furent placées un temps sur les portes du Royaume Céleste avant de servir à emprisonner Dorscroque au plus profond des océans sous la surveillance des Algues Noires, des êtres à l’apparence de varechs serpentins ayant reçus un fragment de la puissance des Dieux. C’est dans cette prison aquatique que Dorscroque médite sur sa trahison tout en admirant le royaume qu’il a jadis gouverné sans jamais pouvoir y retourner. On dit que ce sont ses larmes de dépit qui ont donné ce goût de sel à la mer.
Les Elfes, forts et intelligents, conquirent rapidement la surface de la terre. Mais cette hégémonie elfique ne plut pas aux Dieux à qui cela rappelait amèrement l’ère ou Lossarousse dominait les terres émergées. Dans un déferlement de haine se manifestant par des pluies de sang stérilisant les sols, les Elfes furent repoussés loin au Nord, dans les actuels Royaumes Elfiques. Reinette et Bourgeon intercédèrent en leur faveur ce qui les sauva d’un destin similaire à celui de feu le Dogue des Landes.
Cette seconde Apocalypse se tint aux alentours de l’an 10500 avant la Séparation du Royaume de l’Écorcheur et marque le début de l’ère des Hommes qui perdurent jusqu’à aujourd’hui. Considérés par les Dieux comme des créatures égoïstes, obsédées par notre propre survie et notre salut, nous sommes les parfaits croyants. Trop faibles pour nous rebeller et trop stupides pour remettre en cause les dogmes. Nous bâtissons des temples, nommons des prêtres, effectuons des célébrations, implorons leur pardon, prions pour leurs faveurs et buvons leurs paroles comme du petit lait. Nous sommes aveuglés par notre propre fin, la peur de la mort et des Enfers étant trop ancrées en nous pour que sachions nous libérer de l’asservissement par nous même.

J’ai conscience que les mots que j’écris me condamnent à un aller simple dans les Enfers Katahul mais je n’en ai cure. D’une part, nul ne sait si ces Enfers existent réellement et s’il y a bien quelque chose après la mort, d’autre part je n’ai pas peur des Dieux et de leurs manigances. Je sais que certains d’entre eux sont de notre côté et cherchent à nous donner un libre arbitre. Mais il est peut être encore trop tôt pour vous en parler.

Troisième chapitre, les Hommes sont-ils les parfaits croyants que nous imaginons ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu foi en les Dieux. Furgonde est le Saint Patron de ma famille et, personnellement, j’ai toujours eu sur moi une amulette à l’effigie d’Angélique. Ce n’était pas pour tromper mes proches, je croyais sincèrement en leur bienveillance.

D’un naturel curieux, je me suis toujours posé la question de savoir qui les shinponites, lointains habitants de l’Est, vénéraient le plus. Ont-ils eux aussi un Grand Prêtre de Chronecro ? Des temples à la gloire de Nuire, Reinette ou Serpoussole ? Pratiquent-il les prières tout autant voir plus assidûment  que nous ?
Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion d’aller vérifier directement sur place et j’ai du me contenter de récits sans doutes déformés des rares voyageurs et marchands à s’y être rendus et en être revenus en un seul morceau, le trajet n’étant pas de tout repos. Ce que j’ai entendu en étant enfant m’a plus qu’interloqué, ce puissant Empire de l’Est ne semble pas vénérer les mêmes Dieux que nous. Comment est-ce possible ? Les Dieux nous ont créé, comment peut-on ne pas les vénérer pour cela ? Puis une réflexion m’a traversé l’esprit et je me suis dit qu’ils vénèrent sans doute les mêmes Dieux que nous mais sous un autre nom. Mais alors, Leurs Noms ne sont donc pas universels ? Ce Caitonni shinponite qui semble être l’équivalent de Chronecro est-il bel et bien le même Dieu que le notre ? Comment le Roi des Dieux autorise-t-il qu’on s’adresse à lui en se trompant dans Son Nom ? Et dans ce cas, qui à raison, les shinponites ou nous ?
Conscient que je digressais sur des racontars de  voyageurs fourbus et enclins à l’exagération et à la grandiloquence, j’abandonnais là mes réflexions sur le mystérieux Empire de Shinpon et ses croyances.

Étant né à Viclier et ayant hérité de la lourde tâche de Chroniqueur Royal de par mon père, j’ai du changer de ville à mes dix sept ans et m’installer à Danole, au plus proche de notre Roi Adolph V. Mon père étant mort en pleine hiver de l’année 828, j’ai dû faire mes bagages dans la précipitation et rejoindre le plus vite possible le palais royal afin de continuer à écrire la Grande Encyclopédie. La mer du Grand Fjord étant trop dangereuse en hiver de par le fait des tempêtes et des morceaux de glace ou des troncs d’arbre à la dérive il fut décidé de prendre la vieille route, plus longue et plus dangereuse mais seule voie praticable en cette période de l’année, passant par la Lande du Gel et la Vallée de la Providence. C’est dans cette vallée, après près de quarante jours de marche que nous avons été attaqués par des pillards. Plus de peur que de mal, mon escorte étant expérimentée, les bandit ont rapidement été mis en déroute. Ce fut la première fois que j’entrais en contact avec ces sauvages guerriers du Nord, connus pour lancer des raids sur le Norélie et notre royaume-frère Nordïa. Un prisonnier fut capturé et enchaîné à l’arrière d’un de nos chariots. Intéressé à l’idée de pouvoir compléter l’Encyclopédie avec des anecdotes inédites, j’entrepris de l’interroger durant les vingt jours qui nous restaient avant d’atteindre la capitale. Bien que méfiant au début, le guerrier finit rapidement par se montrer loquace surtout après lui avoir offert un peu d’alcool et de viande. Il parlait un patois de Bleu-parlé que je mis peu de temps à intégrer.
Il me dit s’appeler Igvurd, fier guerrier norlandais, mari d’une femme aimante et père de deux filles. Les terres ou vivent son peuple et celui des virois étant ingrates, ils survivent en pratiquant la chasse, le commerce souvent et le pillage parfois. Ils pratiquent la sculpture sur ivoire, font d’excellents tanneurs et se louent comme mercenaires. Et par dessus tout ils vénèrent Belberd le Démon du Grand Nord. A la vue de mes yeux écarquillés, Igvurd a éclaté de rire et a précisé que, bien qu’étant un démon, Belberd a toujours tout fait pour le bien être de son peuple. Il aurait vaincu un autre démon nommé Kassor et unifié les tribus viroises et norlandaises amenant une période de stabilité. Intrigué, je lui ai demandé alors ce qu’il en est des Seuls Vrais Dieux. Là encore il a éclaté de rire et m’a expliqué que nos «Seuls Vrais Dieux» n’avaient jamais rien fait pour lui ni pour son peuple et que ceux-ci sont sans doute de piètres parents s’ils ne sont pas capables de s’occuper de leurs enfants.

A cette époque, j’étais jeune et encore emprunt d’une véritable adoration envers les Dieux. Les paroles d’Igvurd m’avaient choqué et je refusais désormais de l’interroger, le considérant comme un barbare hérétique indigne de mon temps. Je fus même soulagé d’apprendre qu’il avait été envoyé dans les mines de fer de Dorv ou il y a sans doute perdu la vie depuis.
Je me rends compte à présent de la terrible erreur que j’ai pu commettre. J’aurais pu en apprendre plus auprès de cet homme, savoir pourquoi lui et son peuple préfèrent vénérer un Démon Majeur plutôt que d’implorer les dieux, savoir pourquoi ces derniers les ont abandonné. Malheureusement, aveuglé par ma foi absurde, j’ai laissé passer cette occasion unique de me rapprocher de la preuve de l’hypocrisie divine.

La fondation de la ville d’Echerak en 812 dans les lointaines Contrées de l’Ouest et ma nomination à sa tête en tant que gouverneur intérimaire en 837 a été la troisième étape de la remise en question du dogme céleste. En tant que gouverneur, je me devais d’en apprendre le plus sur cette ville et ses alentours, la logistique, les problématiques à affronter, ... Etc. Je partis donc en voyage du troisième jour de la Vingtaine du Renouveau de l’an 838 au seizième jour de la vingtaine de Nuit de l’an 843. C’est là bas, dans cette jeune ville d’Echerak de quelques centaines d’âmes que ma foi en les seuls Vrais Dieux a vacillé une fois de trop.
En faisant étape à Saint-Salutaire, située à soixante kilomètres au Nord d’Echerak, j’ai pu observer une cité dirigée par des adeptes du Culte Trysséfalite mais qui n’en est pas moins prospère, entretenant d’excellentes relations commerciales et diplomatiques avec les Sauvages des forêts. Les habitants de Saint-Salutaire respectent les coutumes locales, les ayant parfois adoptées. Une fois tous les deux mois, un banquet est même organisé entre les dirigeants de Saint-Salutaire et les chefs et guerriers des tribus voisines. Le vin coule à flot, des plaisanteries sont échangées et des accords commerciaux, voir des mariages entre jeunes femmes trysséfalites et Sauvages sont signés et célébrés. Cette bonne entente, malgré des différents religieux évidents, m’a réellement impressionnée. Et lorsque nous sommes enfin arrivés à Echerak, l’ambiance méfiante, pour ne pas dire de haine, entre Sauvages et Echerakiens m’a sauté au visage. La différence de culte n’était plus une manière d’apprendre de l’autre mais un épineux problème rendant impossibles toutes relations.
Les trysséfalites, ces hérétiques honnis vénérant un soi disant dieu à trois visages et ces sauvages, qui n’ont jamais baigné dans la Lumière des Seuls Vrais Dieux, dansent et rient ensemble, faisant fi de leurs différences de culte. Et nous, incapables de reconnaître le culte des autres, nous complaisons dans nos certitudes de supériorité.
Les tribus de l’Ouest sont innombrables mais vénèrent toutes trois divinités bien distinctes. Quiatome tout d’abord, le Dieu des forêts, Père des Arbres, Séréfarmes ensuite, Déesse mère des animaux et enfin Sénécasse, Dieu des fleuves et des torrents. Ces trois Dieux ont chacun donné leurs noms à une des trois ethnies formant la multitude de tribus.
Ayant pu discuter à plusieurs reprises avec des représentants des Familles Séréfarmes et Quiatomes (les Sénécasses vivant trop loin au Nord pour espérer en croiser aux alentours d’Echerak), il est apparu que ceux-ci n’avaient jamais entendu parler des Seuls Vrais Dieux. Dans leur panthéon il n’existe pas de dieu du temps, de la mort ou même du jour et de la nuit. Ils m’ont expliqué ne pas en avoir besoin, leurs trois Divinités suffisent largement à balayer tous les aspects de leur vie. Malgré mes presque six années passées dans les Terres de l’Ouest, aucune malédiction, pluie de feu ou autre manifestation de la colère divine ne s’est abattue sur les Trois Familles, ils continueront à vivre en harmonie avec leur pays comme ils y ont toujours vécu.
Mais alors, est-il donc vrai que les Dieux se fichent de nous ? Que nous ne les intéressons pas ? Comment peuvent-ils laisser de côté leurs propres enfants ? Sont-ils donc de véritables hypocrites ne nous considérant que pour la source de prières que nous leur prodiguons ?
Et si tout était faux ? Et si la cosmogonie telle que nous la connaissons n’a jamais eu lieu ? Et si des milliers de Dieux se partagent le ciel, le Nouveau Monde n’étant qu’une terre parmi des milliers d’autres ?
Toutes ces questions m’assaillaient sans que je puisse y trouver une réponse.

Quatrième chapitre ou comment la révolte des Trois Dieux Parfaits est un excellent exemple de leurs manipulations

Tout le monde a déjà entendu cette histoire malgré le fait qu’elle soit considérée comme une hérésie suprême passible de la mort. Tout le monde connaît les noms des Trois Dieux qui se sont eux mêmes qualifiés de Parfaits.
Gobeur tout d’abord, fils de Cachirikast et de Tarrasseau, le Dieu des Os et des Viscères, responsable de la croissance des enfants tout autant que de l’affreuse odeur émanant d’un cadavre en putréfaction. Karalit ensuite, fils de Nocte et de Furgonde, Dieu de la Magie dite Chaotique mais que de nombreux érudits appellent Magie tout simplement. Et Tumorstre enfin, création qualifiée de ratée de Tarrasseau qui devint par la suite le Dieu de toutes les Créatures que l’on décrit comme sauvages ou monstrueuses.
Le récit de leur trahison commence en l’an 10 000 avant la Séparation du royaume de l’Écorcheur. A la date précise ou les Premiers Hommes ont foulé le sol du Nouveau Monde. Ces Premiers Hommes, nos ancêtres, n’avaient que pour unique et seul but de se reproduire pour être de plus en plus nombreux à adresser des louanges aux Seuls Vrais Dieux. Comme dit précédemment, ces êtres à la durée de vie courte, n’avaient pas le temps de s’intéresser à autre chose que de leur survie jusqu’au lendemain. De parfaits dévots.
Pour une raison honteuse et tenue secrète par les Seuls Vrais Dieux et que je n’ai pas pu découvrir, en tous cas que je n’ai pas pu confirmer, ces trois Dieux n’étaient pas vénérés par nos aïeuls. En colère d’être maintenus par leurs propres frères et sœurs à distance de cette nouvelle Humanité, ils créèrent d’un commun accord une nouvelle race de mortels qu’ils baptisèrent Richisse. Installant leurs enfants dans ce que l’on connaît maintenant sous le nom de Terre Neutre ou plus précisément les Ruines de Sang, ils leur enseignèrent l’agriculture, l’artisanat, le commerce et l’adoration de leurs créateurs. Bâtissant des cités dont les noms sont maintenant devenus légendaires et évoquent la folie et la peur, les Richisses se mirent à prier assidûment les Trois Dieux. Mais ces pauvres créatures étaient imparfaites, engendrées par l’amour et le courroux de seulement trois Dieux, ils étaient loin d’atteindre le degré de complexité des Hommes. Incapables de se débrouiller par eux mêmes, les Richisses n’étaient que des pantins animés par leurs Pères. En rage de voir leurs enfants si impuissants et honteux de leur propre faiblesse, les Trois se mirent à haïr de plus belle l’Humanité qui les avait rejeté. Des miasmes de jalousie, de désespoir et de fureur infiltrèrent leur progéniture, les métamorphosant en des reflets sordides et hideux des plus grands défauts de ce trio divin. Les Richisses de Tumorstre se mirent à arborer des cornes et un sexe démesuré rappelant la violence et la bestialité, ceux de Karalit se désincarnèrent en des spectres flottants, percés d’une bouche abyssale cherchant à engloutit l’esprit des autres êtres vivants symbolisant la soif de pouvoir et ceux de Gobeur se ratatinèrent, présentant des membres difformes et pointus en trop grand nombre et placés de manière anarchique, image de la folie dont peut faire preuve leur Dieu tutélaire.
Leurs esprits embrouillés par la haine, ils accusèrent leurs frères et sœurs d’être responsables de la déchéance de leurs enfants. Devant l’absence de considération manifestée par les autres Dieux, les Trois s’enfuirent aux confins des Terres Neutres, emmenant avec eux leurs fils devenus débiles et s’enfermèrent derrière une immense muraille. Joignant leurs pouvoirs, ils érigèrent un royaume unique en son genre ou les lois de la nature telles que les Dieux Primordiaux l’ont voulu ne s’appliquent pas. Les poissons volent, les fourmis parlent, les champignons se déplacent et les cours d’eau changent de sens d’écoulement régulièrement.
Mais ce royaume intriguant se transforma bien vite en cauchemar vivant. L’influence de la jalousie des Trois pervertie les terres comme elle avait pervertie les Richisses. L’eau se changea en sang, des ossement poussèrent à la place des arbres, les champignons ermites se mirent à se dévorer entre eux, un volcan prit vit et, tout en se mouvant, répandait ses milliers de litres de lave partout sur la surface.
Ivres de vengeance, leur propre colère et jalousie les alimentant, les Trois Dieux Parfaits jurèrent de prendre leur revanche.
On les accuse de tous les maux. Ils sont autant responsables du lait qui tourne que des révoltes paysannes. On dit qu’ils assiègent à la tête de leurs hordes de fanatiques difformes les cités nordiques des Royaumes Elfiques. Et si le monde croit volontiers en ses histoires conçus pour nous effrayer, force est de constater que malgré plusieurs milliers d’années, l’Humanité et les Elfes repoussent à eux seuls la puissance de trois Dieux capables d’engendrer des races vivantes et de tenir tête au Roi des Dieux.
Mais comment est-ce possible me demandez-vous ? Des explications bancales disent que les Trois Dieux ont perdu une grande partie de leurs pouvoirs, d’autres affirment que les Seuls Vrais Dieux les affaiblissent constamment afin que nous puissions les contenir. Des explications alléchantes mais sans preuve.
La véritable question que je me pose est la suivante. Avons-nous déjà croisé une seule personne ayant déjà combattu les abominations des Trois ? A-t-on déjà croisé un seul capitaine racontant ses exploits face à un paladin de Gobeur ? A-ton déjà vu des vétérans parler de leur victoire face aux forces des Dieux Morts ? A-t-on déjà lu un seul récit d’une de ces batailles ?
Non.
On ne peut que constater qu’aucun norélien, du passé ou du présent, n’a jamais participé à un affrontement nous opposant aux Trois. Et pourtant nous sommes théoriquement en première ligne au côté des Elfes. Alors pourquoi ?
Sont-ils en dormance ? Réfléchissent-ils à leur prochain plan ? Attendent-ils quelque chose ?
Et si les Trois Dieux Parfaits n’existent pas ? Ou pire, et s’ils ne nous voulaient aucun mal ?
Partons de cette hypothèse : les Dieux Morts sont bel et bien sur terre dans le Grand Nord et n’ont aucune animosité envers les autres créatures vivantes. Alors comment expliquer qu’ils se soient ou qu’ils ont été exilés ? Et dans ce cas pourquoi les autres Dieux nous ont demandé de les haïr et de les craindre ?
Malheureusement malgré mes années de recherche sur le sujet je n’ai jamais pu découvrir de preuves concrètes, seulement des débuts de pistes.
Il semblerait ainsi que les Dieux ne sont pas le bloc uni qu’on aime à croire. De nombreuses dissensions prennent place dans leurs rangs. Et je ne parle pas des litiges que Lucus est chargé d’arbitrer à l’instar des manigances gentillettes de Serpoussole à l’encontre d’Itleg, je parle de conflits ouverts et violents. Les Trois semblent avoir commis une faute grave que les autres Dieux n’ont pas supporté. Pour cela ils ont été mis à l’écart de la dévotion humaine et s’en est ensuivi ce que j’ai écrit plus haut.
La seconde piste, bien plus intéressante et prometteuse à mes yeux, parle d’une volonté des Trois de donner sa chance à l’Humanité. Les Hommes n’étant que des outils à prière et à dévotion pour les Dieux, les Trois auraient tentés de prouver qu’en donnant un libre arbitre à des créatures, celles-ci finissaient quand même pas les vénérer. La création des Richisses seraient donc cette expérience. Ceux-ci n’ayant pas dégénérés à cause de leur imperfection mais suite à l’influence d’autres Dieux, peu enclins à l’idée de laisser des pantins choisirent si oui ou non elles voulaient vénérer ses créateurs. La colère de voir leurs enfants maudits par des Dieux sans pitiés et cruels les auraient poussés à se réfugier dans le Nouveau Monde et ils chercheraient depuis un moyen de leur rendre leur ancienne apparence.
Cette piste, que j’ai découverte en compilant plusieurs documents de la Bibliothèque Royale de Levant, et si elle est vraie, nous indique plusieurs choses. Premièrement les Dieux sont jaloux et mesquins. Deuxièmement, ils ne nous considèrent pas mieux que nous ne considérons des insectes. Troisièmement ils nous ont menti en transformant leur propre trahison en celle des Trois. Et quatrièmement, si les trois derniers points sont vrais, nous ne sommes que des jouets qui dansent aux creux de leurs mains. Car si c’est la vérité alors nous ne disposons pas de libre arbitre et sommes contraints de les vénérer.
Mais il semblerait que cela soit  faux, nous avons pu voir plus haut que de nombreuses peuplades à travers le monde ne vénère pas les Seuls Vrais Dieux.
Mais s’ils ne sont pas assez puissants pour forcer l’Humanité à les vénérer, ni assez puissants pour faire disparaître définitivement les Trois, sont-ils assez puissants pour nous créer ?

Les Dieux sont-ils des Dieux ?




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Je ne vois pas bien le but, mais ça se laisse lire. Un peu long, peut-être.
Est-ce que ça appelle une suite ?
La clarté est la politesse de l'homme de lettres.
(Jules Renard)

Hors ligne Docal

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"Aie ! Papa ! je me suis pris une exposition sur la tête."

Blague à part :

La première partie est vraiment trop dense niveau noms, lieux, dates... tu ne nous laisses pas le temps de digérer une info que trois autres sont déjà arrivées.

La deuxième partie sur la création du monde est assez convenue. Certains concepts sont très communs et ne nécessitent pas autant de présentation. J'ai bien aimé la déviation sur le silence/son. Aussi c'est étrange de parler d'une période sans temps en la plaçant avant une autre. C'est peut être volontaire avec un narrateur biaisé, je ne sait pas. En revanche si tu veux placer un effet de style sur la conjugaison c'est l'endroit parfait. Utiliser un temps non approprié, dire merde à la concordance ou alterner des temps chaotiquement...

Troisième partie, beaucoup, beaucoup trop de noms propres de personnages et de lieux. Rien que là on en est à dix-huit personnages nommés ce qui rend la chose très confuse. En plus les noms changent ou on les désigne par des titres, en clair on ne s'y retrouve pas. Ils ne sont de plus pas simples et du coup on a du mal à savoir si on a déjà croisé un nom quant il réapparaît.

Quatrième partie, un truc sympas sur les noms des dieux, peut un peu étiré en longueur mais j'aime bien. Par contre le "shinpon", sérieux. J'ai rien contre le fait de s'inspirer du monde réel pour nommer des trucs, c'est même mieux selon moi mais juste faire un mot valise Chine-Japon ça se voit comme le nez au milieu de la figure et ça sort le lecteur du récit. J'ai beaucoup moins de mal avec "norlandais" par exemple, oui c'est convenu mais c'est pour ça que ça marche dans ce cas là. On était nous mêmes pas loin d'avoir un norland sur terre. Par contre pourquoi "trysséfalites" plutôt que "tricéphalites" si c'est explicitement le culte d'un dieu à trois têtes ? Après, toujours trop de nouveaux noms propres.

Dernière partie, plus de noms propres, de races et d'évènements... c'est l'overdose. On voit bien que tu veux piquer la curiosité du lecteur à la fin et dans l'idée c'est pas trop mal mais on viens juste de gober la création de l'univers, le dualisme, huit dieux, un paquet de créatures dont certaines sont importantes, des races, des catastrophes, de la métaphysique... la dernière chose qu'on veut à ce moment là c'est plus d'exposition.

Sinon dans la globalité c'est bien écris. On trouve quelques coquilles mais c'est assez fluide. Le problème tiens plus du contenu qui est hautement indigeste. Le tout à l'air de servir de prologue à quelque chose d'autre mais c'est typiquement le genre de prologue que l'on saute.

 


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