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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Ombrage

Auteur Sujet: Ombrage  (Lu 436 fois)

Hors ligne Eva Dam

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Ombrage
« le: 04 Décembre 2025 à 15:19:55 »
Si l’on compte les jours où il vint, et les nuits, quel pertuis.
Il fut là juste un an, tout compris.
Un an avec moi ?
Un an seul.
Il couchait l’adresse sur la carte, moi le cœur.
Il était le nom, j’étais hors.
La loi ?
Morale.
J’étais personne, pas de mal.
Plutôt bien :
Le sien.
 
Son rayon de joie – disait-il.
Taisait-il.
Captif une semaine à chaque fois.
Invisible une semaine.
Par sa foi.

Si l’on compte les gouttes dans les veines, quelle déveine.
La fleur de mon sang, le bouton.
Mon amour, je disais.
Nous disions.
Mon rêve éveillé, son réveil.
Matin ?
Son sombre sommeil en mon sein.
 
« Modifié: 05 Décembre 2025 à 15:19:07 par Eva Dam »

En ligne Robert-Henri D

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Re : Ombrage
« Réponse #1 le: 18 Décembre 2025 à 15:07:19 »
Bonjour Eva Dam, et merci pour cette empreinte dont les vers m'ont fait songer à l'asymétrie qui souvent caractérise une relation éphémère.

Laquelle fait naître, après coup, un mal être souvent douloureux, où le sentiment de mélancolie profonde, se mêle à des pensées nuancées douces-amères, de par les idées de regrets qui ne s'oublient guère.

Un tel effacement pouvant avoir pour sujet l'intime liaison humaine, tout autant que le rapport social qui s'établit différent selon le vivre du moment en son contexte, puis se désagrège, lorsqu'il fait face à l'hypocrisie mondiale.
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

Hors ligne Eva Dam

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Re : Ombrage
« Réponse #2 le: 19 Décembre 2025 à 13:18:13 »
Merci tellement pour l'horizon de vos pensées, finement offertes en partage. Au plaisir d'articuler le doux-amer, de lui faire un sort tout en lumière!

En ligne Robert-Henri D

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Re : Re : Ombrage
« Réponse #3 le: 19 Décembre 2025 à 19:23:32 »
Merci tellement pour l'horizon de vos pensées, finement offertes en partage. Au plaisir d'articuler le doux-amer, de lui faire un sort tout en lumière!

Tout à fait ! et à relire le tout premier vers, j'ignore pourquoi [quoique le temps révolu de ma jeunesse y contribue] mais du flou qui parfois embrume mes études lointaines, s’est soudain extirpée l'idée qu'un certain  G. Apollinaire, aurait lui aussi écrit au moins un vers usant du mot « pertuis » qui d'ailleurs rime avec « nuit » (les deux termes se renforçant ainsi l'un l'autre par leur sens complémentaire)  Et pourtant il ne figure pas dans la version définitive du poème « Le Pont Mirabeau » telle qu'elle a été publiée dans le recueil Alcools en 1913.

C'est donc que ma pauvre mémoire a peut-être tilté sur la version brouillon du poème !

Il faut dire que Guillaume Apollinaire a beaucoup retouché son poème avant sa publication. Or, quoique je ne lui arriverai jamais à hauteur de cheville, il est que j'agis pareillement, et sans discontinuer, car à chaque fois que je relis mes poèmes je modifie des trucs ! (Jamais satisfait le Roro !)

Il est vrai que je suis né à Charleville-Mézières en un temps où la cité se nommait encore Charleville et que dés l'âge de 16 ans, j'ai été un membre assidu de l'association Arthur Rimbaud. Lors, il nous arrivait d'étudier des œuvres à partir de leur genèse, et pas seulement la "génétique des textes d'Arthur". Ceci pour apprendre à donner un vrai sens à nos propres textes.

Ainsi, à consulter "mes" archives, j'ai trouvé ceci :

"Comme la vie est lente
Et comme l'espérance est violente
Si l'on compte les jours où il vint et les nuits quel pertuis"
ETC...

Or, si l'on considère le vers N°3 on s’aperçoit qu'en l'absence voulue de la ponctuation (en l’occurrence deux points d'exclamation, voire une coupure) cela dépareille la strophe.  Et donc, en retravaillant son texte, le poète a fait plusieurs choix artistiques majeurs parmi lesquels figurent en premier la fluidité et la simplicité (en sabrant notamment ces vers jugés trop complexe).

« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

Hors ligne Eva Dam

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Re : Ombrage
« Réponse #4 le: 20 Décembre 2025 à 19:00:04 »
De mon côté, je viens de l'Histoire.
Je suis plutôt au Moyen Âge dans mon quotidien, d'où Malpertuis.
Sinon, je vogue sur des eaux modernes aussi - celles de la psychologie.
Au plaisir de se lire!
Lyriquement.

En ligne Robert-Henri D

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Re : Ombrage
« Réponse #5 le: 21 Décembre 2025 à 18:08:05 »
Ah, la psychologie !

J'ai idée que le modernisme culturel l'exprime de nos jours un peu trop à grand renfort d’algorithmes ! au grand dam... peut-être ? de celle purement humaine.
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

Hors ligne Eva Dam

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Re : Ombrage
« Réponse #6 le: 22 Décembre 2025 à 23:10:26 »
La psychologie, c'est Psyché avec sa curiosité.
Les lumières qu'elle projette sont certes tâtonnantes - nourries de feu et de nuit - mais elles conduisent plus loin dans le dévoilement.
Qui est connaissance: timide, incoercible. 

En ligne Robert-Henri D

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Re : Ombrage
« Réponse #7 le: 23 Décembre 2025 à 00:00:49 »
 ^^   "l'incoercible timidité" vaste sujet !  En psychologie, il peut être question de pulsions ou d'émotions excessivement débordantes mais que l'on rechigne à exprimer et partant dont on ne peut se défaire.

De fait, un rire peut se définir incoercible, une panique ou un besoin compulsif aussi. Et lorsqu'on est en "pétard" c'est ce qui devrait sortir, sous peine de risquer "l'explosion interne" !...
   
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

 


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