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Le Monde de L'Écriture » Bienvenue au Monde ! » Présentations et cérémonie de bienvenue » Présentation Véronique Padet

Auteur Sujet: Présentation Véronique Padet  (Lu 873 fois)

Hors ligne clair-obscur

  • Buvard
  • Messages: 4
Présentation Véronique Padet
« le: 04 Novembre 2025 à 14:36:06 »
Je m’appelle Véronique.
J’écris depuis toujours, dans ma tête surtout, mais c’est aujourd’hui que les mots réclament leur pleine place.
Mon roman, La Passeuse d’arcanes, m’accompagne depuis des années — une traversée intérieure où deux femmes, Bérénice et Ophélie, se rencontrent autour du tarot, du silence et des héritages invisibles.
Ce n’est pas un récit de voyance, mais une exploration du clair-obscur, de ce qu’on tait, de ce qu’on transforme.
J’y parle de filiation, de mémoire, de ces blessures qu’on apprend à relire autrement, à la lumière, et surtout sans pathos.
Ce n’est pas un énième livre sur la souffrance ou la résilience , il y en a pléthore sur les rayons des librairies.
Non : juste mon parcours, celui d’une femme qui essaie de filer cette pelote bien emmêlée au fin fond de ses tripes, afin d’en tisser un beau plaid pour l’hiver de sa vie.

Mon style est charnel, lucide, parfois ironique. J’aime les mots qui respirent, qui sentent la vie.
Je cherche toujours cette ligne de crête entre l’émotion brute et la justesse.
J’arrive au bout de ce roman, et c’est à la fois exaltant et épuisant.
Alors je viens ici pour trouver un peu de regard, de résonance, d’humanité dans ce tête-à-tête prolongé avec le texte.
Parce qu’écrire seule, c’est parfois avancer dans le noir… et j’aimerais rallumer quelques lampes.

Merci de prêter attention à mon petit discours — au plaisir de vous lire 😉

Hors ligne Aponiwa

  • Modo
  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 916
Re : Présentation Véronique Padet
« Réponse #1 le: 04 Novembre 2025 à 17:05:20 »
Bonjour Véronique,

Très chouette ta présentation ! Ca donne envie de lire le roman !

Quelques questions pour mieux te connaitre :

- Quel livre t'a donné envie d'écrire ?

- Quel musique t'accompagne quand tu écris ?

- Quel est ton livre de chevet ?

- Pourquoi Dark Vador n'étrangle-t-il pas l'empereur à la fin ?

Au plaisir de te lire,

Belle soirée
« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

Hors ligne clair-obscur

  • Buvard
  • Messages: 4
Re : Présentation Véronique Padet
« Réponse #2 le: 05 Novembre 2025 à 09:44:20 »
Merci pour ton message, il m’a fait sourire, et pas qu’un peu. On n’écrit pas pour plaire, mais quand quelqu’un capte la vibration, ça fait du bien, ça remet un peu d’ordre dans le chaos intérieur.
Le livre qui m’a donné envie d’écrire ? À la recherche du temps perdu, évidemment. Je l’ai lu trop tôt, comme on tombe amoureuse sans comprendre encore ce qui nous emporte. Proust, c’est une expérience physique : on y entre pour voir comment ça parle du temps, et on en ressort avec la sensation d’avoir traversé sa propre mémoire. Il a mis des mots sur ce que personne n’ose dire : la façon dont un parfum, une lumière, une tasse de thé peuvent vous ramener à l’endroit exact où votre cœur s’est fêlé la première fois.
Mais j’ai toujours lu comme d’autres respirent ou boivent un coup. Avec excès, sans modération. Ce que j’aime dans un livre, c’est m’y perdre, y vivre un peu, m’attacher à des gens qui n’existent pas et pourtant me manquent une fois la dernière page tournée. Quand je ferme un roman, c’est souvent comme un deuil : j’ai besoin de quelques jours pour redescendre, ranger les émotions et reprendre pied dans le réel.
En musique, c’est le piano qui m’accompagne. Pas le piano de salon, non, celui qui respire, qui grince, qui vit. Ma mère était une virtuose — le genre à faire pleurer les touches. Alors chaque fois que j’écris, c’est un peu elle que je convoque. Elle, et cette discipline folle qu’exige la beauté.
Et puisque tu me demandes, parlons de Dark Vador. Il ne l’étrangle pas, l’empereur, parce qu’il a enfin pigé le truc : on ne se libère pas de ses chaînes en tirant plus fort dessus. L’ombre, faut la regarder bien en face, pas la cogner. C’est pas moi qui le dis, c’est la vie. Ou peut-être Audiard, qui aurait balancé un truc du genre : “Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, surtout quand ils ont troqué la haine contre un peu de conscience.”
Voilà. Écrire, pour moi, c’est ça : essayer de comprendre comment on passe de la douleur à la lucidité, de la perte à la phrase. Avec un peu d’ironie, parce que sans elle, on s’écroule. Et avec beaucoup d’amour, parce que sinon, à quoi bon ?
Belle journée, et que la Force t’aide à voir clair, pas à serrer des cous.

Tout à fait à propos de ce petit questionnaire.
Ci dessous un extrait du chapitreII de : La passeuse d' arcanes
Bérénice brasse à nouveau ses cartes, en retourne une et l’observe avec un léger sourire :
Arcane VI – L’Amoureux.
Sur la lame, un jeune homme se tient au centre, entre deux femmes. L’une pose la main sur son
épaule, l’autre sur son coeur. Au-dessus d’eux, un ange tire une flèche, prêt à trancher ce qui vacille
encore.
— Entre la norme et le désir, il faut choisir son camp, dit Bérénice. Cette carte parle de fidélité, à
soi-même d’abord.
Elle me regarde, puis son regard se fait plus doux.
— Dites-moi, Ophélie… Êtes-vous restée fidèle à vos désirs d’enfant, ou vous êtes-vous laissée
séduire par les mirages d’une vie plus attirante ?

Je reste muette un instant. Sur la carte, le jeune homme semble hésiter entre deux chemins : l’un le
retient, l’autre l’appelle. Je sens que la question m’est adressée.
Depuis toute petite, j’étais un OVNI dans ma propre famille, impossible de me faire entrer dans le
bon tiroir, celui de la pile bien pliée, triée par taille, repassée à l’amidon du bon sens paysan. Moi, je
débordais,  j’avais toujours un coin froissé, une idée de travers, un bouton cousu en rouge sur une
chemise bleue. On m’assignait une place et je m’arrangeais pour en sortir, discrètement d’abord,
puis franchement, sans même faire semblant. Je ne rentrais nulle part, sauf peut-être dans les
marges, là où les couleurs se mélangent sans demander la permission.
Dans l’armoire de mes souvenirs pendent des lambeaux de vie, des fils emmêlés d’un rayon à
l’autre, tissant un doux désordre. De l’extérieur, on dirait un foutoir, mais pour moi, tout est à sa
place, comme dans un atelier d’artist, un chaos plein d’intentions. J’ai tissé ma toile en travaillant
sur un site de généalogie, en gardant en mémoire des morceaux d’histoires racontés par les anciens.
Comme une araignée patiente, j’ai tiré mes fils un à un. Chaque ligne menant quelque part, chaque
nom accrochant la lumière, chaque destin relié à un autre, comme les mailles d’un tissu fragile et
pourtant tenace.
Le rationnel m’ennuie prodigieusement, à peine posé sur la table, il me donne envie de filer par la
fenêtre. Je cours après les histoires bancales, les scènes imprévues, les revirements de dernière
minute. Là où d’autres voient un détail sans intérêt, j’y décèle déjà le début d’un feuilleton en trois
actes. Chez moi, le quotidien a le chic pour virer au rocambolesque : un simple rendez-vous
administratif peut tourner à l’opérette, avec rebondissements, répliques absurdes et fin en eau de
boudin.
Hasard ou destin ? Allez savoir… Moi, j’appelle ça la patte du scénariste, et je suis souvent
au coeur du script, malgré moi.
Depuis l’enfance, mon imagination fonctionne en roue libre. La moindre coïncidence devient une
énigme céleste, un clin d’oeil de l’univers ou un coup de théâtre orchestré par des forces invisibles,
farceuses mais puissantes. Impossible pour moi de me contenter d’un quotidien plan-plan. J’étais
irrésistiblement attirée par le romanesque, nourrie dès le plus jeune âge par les bouquins piochés
dans la bibliothèque de maman : un vrai buffet à volonté pour mon esprit affamé.
Colette était abonnée au Reader’s Digest. Tous les trois mois, la poste déposait dans notre boîte aux lettres un petit pavé bien compact, bourré de romans en version concentrée : un western, une
biographie, une aventure médicale, un drame sentimental…
Une vraie mosaïque d’univers à avaler d’un trait.
Puis vint le règne de France Loisirs, et là, on est entrées ensemble dans une autre dimension. Elle choisissait des ouvrages sur l’ésotérisme, les rêves, la réincarnation, les techniques divinatoires. Des livres à couverture brillante, avec des titres en relief doré, qui sentaient le mystère rien qu’en les touchant. Et entre deux manuels d’astrologie, je dévorais des histoires d’amour impossibles, de destins brisés, de secrets trop lourds pour être tus. Les plus romantiques, bien sûr, finissaient toujours mal, et c’est ce qui les rendait si inoubliables. Ces lectures ont nourri mon coeur
de jeune fille comme d’autres se gavent de bonbons avec passion, un peu trop vite, en en gardant
la brûlure sucrée longtemps après.
À douze ans, un accident m’a clouée au lit pendant plusieurs mois. Finie l’agitation, les cabrioles,
les récréations endiablées : mon monde s’est réduit à une chambre, un oreiller et des heures à
meubler. Heureusement, j’avais mes livres, mes compagnons de fortune, et mes 45 tours achetés au
compte-gouttes avec mon argent de poche. Je les écoutais jusqu’à les user, et parmi eux, un tube
resté gravé dans ma mémoire : L’Aventura, de Stone et Charden. Tout un programme. Une
promesse d’évasion, d’amour en technicolor, de rivages exotiques et de départs en douce. Et moi,
là, entre mes draps, à m’inventer des vies bien plus vastes que la mienne.
Je baisse les yeux vers la carte. Le jeune homme hésite encore entre les deux femmes. Et si c’était
héréditaire, ce trouble ? Peut-être que maman aussi vivait partagée entre deux forces contraires.
L’une l’ancrant dans le devoir, la prudence, la comptabilité des jours. L’autre la tirant vers la
légèreté, le chant, la part de vie qu’on s’interdit par raison. Entre l’économie et l’élan, elle oscillait
sans jamais vraiment trancher.
Je ne me souviens pas l’avoir vue lire souvent. Elle a passé sa vie à travailler, à s’occuper des
autres, à s’oublier un peu au passage. Elle aurait sans doute aimé, mais repoussait toujours à plus
tard : « Un jour, quand j’aurai le temps… » Son grand leitmotiv, c’était : « Vous me connaissez
mal, les enfants, je suis moitié cigale, moitié fourmi ! »
Fourmi ? Oh que oui. Elle économisait le moindre sou comme si l’apocalypse avait été annoncée
pour mardi prochain. Elle traquait le gaspillage avec la précision d’un agent du fisc : la moindre
miette de pain avait un avenir, et tout ticket de caisse devait connaître sa destinée comptable. À la
maison, rien ne se perdait, tout se listait. Certains la surnommaient « Giscard » — alors ministre de
l’Économie — pour se moquer gentiment de son obsession budgétaire. Elle en riait, mais au fond,
elle en tirait une certaine fierté. Être une bonne maîtresse de maison, ça voulait dire savoir faire des
miracles avec trois francs six sous. Et dans ce domaine, elle était championne. L’école privée du
village lui avait même confié l’économat de la cantine. Pour elle, c’était plus qu’un poste : c’était
une mission. Nourrir les enfants sans dépasser les quotas, c’était son Goncourt à elle.
Je repense à la carte de L’Amoureux : le jeune homme entre deux voix, deux chemins. Maman,
c’était pareil. L’une lui soufflait la sécurité, l’autre la musique. Elle avait choisi la première, par
raison, mais son coeur battait encore pour l’autre.
Alors, quand une bouffée de nostalgie osait pointer le bout du nez, elle la chassait d’un revers de
main, comme on écarte une guêpe trop curieuse. Pas le temps pour les regrets : elle repartait dans sa
vie de femme de paysan, avec plein de mômes à gérer, des casseroles sur le feu et un oeil sur les
comptes.
Lorsque son emploi du temps lui permettait — c’est-à-dire une fois l’an — elle s’autorisait un
détour par Bellecour Musique, sa boutique fétiche, son temple secret, celui qu’elle avait fréquenté
dans une autre vie, quand elle était peut-être une virtuose en devenir. Elle y achetait une partition, sa
« musique », avec une émotion contenue, comme un fil discret tendu entre hier et aujourd’hui.
Bérénice fait glisser une nouvelle carte du jeu, qu’elle retourne avec lenteur : Arcane II – La
Papesse.
Elle m’adresse un regard calme, presque tendre.
— Votre mère vous a laissé plus qu’une éducation, dit-elle. Elle vous a transmis une forme de
sagesse, celle qui sait quand se taire, quand attendre, quand ne pas brûler les ponts. Peut-être a-t-elle
sacrifié une part d’elle pour garder l’équilibre. Mais ce genre de sagesse, parfois, se transmet sans
qu’on s’en rende compte. À vous de voir ce que vous en avez fait.
Et puis il y avait ses lectures ésotériques, ses livres aux titres dorés, pleins de promesses de mondes
invisibles : tarot, voyance, réincarnation, pouvoirs du subconscient… Elle n’avait pas toujours le
temps de tout lire, mais elle les achetait avec la ferveur d’un pèlerin en attente de miracle. Et
surtout, il y avait cette petite flamme dans ses yeux, qui s’allumait dans les situations absurdes, les
silences suspects, les mensonges maladroits. Elle flairait l’embrouille à trois kilomètres, et c’est
dans ces moments-là qu’on se retrouvait toutes les deux, entre éclats de rire et soupirs de
connivence.
J’adorais ça : c’était nos bulles à nous, nos instants de légèreté volés au quotidien. Pour ma plus
grande joie, j’ai hérité de sa part chantante, celle qui préfère voir le monde d’en haut, même si on
s’y brûle un peu les ailes. Je suis une artiste, comme ils disent, avec ce petit sourire en coin qui veut
tout dire. Je prends le parti d’en rire — jaune, parfois — mais si c’était à refaire, je referais tout
pareil, même les virages ratés, même les envols écourtés.
L’humour, c’est mon gilet de sauvetage, mon paratonnerre : sans lui, je coule. Chez moi, la dérision
est le revers chic du désespoir.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 892
Re : Présentation Véronique Padet
« Réponse #3 le: 06 Novembre 2025 à 14:20:35 »
Bienvenue ici.

Tu écris depuis des années ton histoire, j'imagine qu'elle doit être très réfléchie et au détail fouillé.
Ca doit te faire drôle d'être arrivé à la fin de ton récit, car sa conception a dû prendre une certaine place dans ta vie.
Si tu ne l'as jamais partage avant, ça ne doit être pas facile pour toi de le montrer, ça doit même te faire un peu peur de dévoiler ton œuvre.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne clair-obscur

  • Buvard
  • Messages: 4
Re : Présentation Véronique Padet
« Réponse #4 le: 06 Novembre 2025 à 14:51:42 »
Bonjour,
Merci pour ton message plein de compassion.
Oui j angoisse un peu mais il faut se lancer je ne crois pas trop au gens qui disent écrire pour eux, ou alors ils gardent leurs écrits dans un tiroir et ne viennent pas s'afficher comme moi sur le net. J'ai des choses à raconter, je suis maintenat une "vieille dame" et si, mon experience et ma façon de voir les choses peut éclairer un peu le chemin de certain j'en serait fort heureuse.

Hors ligne Matt Morgan

  • Aède
  • Messages: 233
Re : Présentation Véronique Padet
« Réponse #5 le: 10 Novembre 2025 à 09:07:56 »
Bonjour clair-obscur, et bienvenu sur le forum avec un un peu de retard ( mais mieux vaut tard que jamais  ;) )

J'ai vu ton texte dans la section textes longs. Sans réponse pour le moment. J'aimerais le lire mais je manque cruellement de temps pour l'instant, ceci dit je ne renonce à l'envie de le découvrir. En attendant, tu peux faire une demande de commentateurs sur une section dédiée à ça, et voir ce que ça donne. Je pense que, comme moi, la plupart des Mdeins sont très occupés car d'ordinaire, plusieurs d'entre eux auraient déjà dévoré ton texte. Ne lâche rien clair-obscur, la cavalerie finira bien par arriver ( moi y compris),

A bientôt!  :banane:

 


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