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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux » Défis Tic-Tac » The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]

Auteur Sujet: The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]  (Lu 1304 fois)

Hors ligne Luna Psylle

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The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« le: 14 Octobre 2025 à 21:20:29 »
Salut !

Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est un petit jeu proposée par Nacas :) merci Nacas ^^

Le jeu consistait à proposer chacun un lieu et un objet à un autre joueur. Le lieu : une église. L'objet : un parapluie mouillé. Proposés par derrierelemiroir. Merci dlm ^^ je crois :-\ tu me diras à la lecture.
Mmh... j'ai aimé, à en trembler à l'écriture, mais pas la fin. Je crois que le choix de la chanson fonctionne, mais faut que je trouve un meilleur équilibre peut-être. Oui : ils sont jumeaux. Ces jumeaux, précisément. Je souffre un peu, et, parce que c'est eux, si j'y retouche, ce sera moi et moi seule qui dirigerai, même si j'accepte les avis ;)

Meeeerde un titre...

Et pardon Nacas : y'a une chanson, elle suinte de tous les pores.

En vous souhaitant une bonne soirée et une bonne lecture !



Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.




The Reason

Mon casque sur les oreilles, j’appuie sur Play. Dès les premières notes, j’avance, oublie ma destination. J’avance juste, à contre-sens d’une foule qui ne me voit pas. Des visages s’enchaînent au rythme de la batterie, des regards rivés sur les pas, les téléphones et les journaux. Des vies. Je nage à contre-sens de la vague, lutte contre elle, en ressens presque la pulsation. Je lève les yeux : sur les toits, un oiseau chante. Solitaire, il offre sa mélodie à un public sourd. Je ne veux pas l’écouter, refuse de briser ma bulle, laisser toute cette vie m’entailler. Une épaule ne me bouscule pas, bouscule l’instant, une autre s’excuse, une plus petite rit ; et je ris aussi. Je ris de sentir les première gouttes, les prémices d’une chorégraphie orchestrée dans un parfait désordre. Les mains s’enfoncent dans les manteaux, dans les sacs, sur les chapeaux. La lutine de la pluie l’a dit ce matin. J’offre mon visage aux gouttes salvatrices, me sens presque héroïne à leur succomber sans ployer. J’aimerais bien être une héroïne, laisser durer cet instant où mon cœur se dérobe au poids qui l’engloutit. Mon casque sur les oreilles. J’ouvre les yeux vers un ciel anthracite qui déverse un Niagara de larmes. Un parapluie obscurcit ma vue, subit les assauts devenus effrénés, sans parvenir à m’épargner. L’eau le traverse et s’écoule sur moi ; en moi. Le parapluie s’envole, emporté par une bourrasque à peine plus vivace qu’une brise, s’élève, encore, encore, encore un peu, et disparaît entre les nuages. J’attends ce moment où il redescendra, ce moment qui ne viendra jamais. Mon frère saisit le casque, le porte à son oreille :
« Hoobastank ?
A reason to start over new,
And the reason is you. »
Je lui souris. Nous nous figeons sans le monde ; le monde continue sans nous. Les cloches de l’église sonnent, sonnent pour nous que tous ont oubliés, hormis un vieil homme en soutane. Je devance mon frère dans l’église, ris de le voir se signer avec sérieux, me signer. Je dépasse les priants qui m’ignorent, danse entre les chaises, vis une dernière fois. Une femme se lève, s’avance vers nous. Elle me traverse et ressort de l’église sans s’inquiéter.

« Dis grand frère : tu crois qu’on restera ensemble ? »
Ma voix tremble. J’ai peur. Ils m’appellent. Mon frère aussi les sent, son regard fixé sur notre destination finale. Nous le redoutons peut-être un tout petit peu, cet instant. Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père prie au-dessus de deux cercueils, nous offre un dernier foyer. Ils sont là aussi, nous attendent. Êtres transcendants, ni la pluie ni le bruit ni le gris ni le mouvement de la vie les atteignent. Je m’accroche à mon frère et il murmure :
« I’m sorry that I hurt you, »
Je n’arrive pas à lui répondre, entends ce couplet silencieux, sa souffrance. Perdue dans ses yeux, je lui adresse un sourire. Le tout dernier. Celui qui l’accompagnera le long de la fin. Sa fin. Et restera auprès de lui de l’autre côté. Pour toujours.
« Modifié: 18 Octobre 2025 à 11:33:49 par Luna Psylle »
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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #1 le: 14 Octobre 2025 à 21:38:27 »
Coucou Lunaaa

J'aime bien comme on a tous les trois choisi de raconter un texte à la première personne cette fois

Citer
J’avance à contre-sens de la foule qui ne me voie pas.
j'aime aussi que dans trois de nos textes, il y a une foule

Citer
lutte contre ce vide qu’elle s’évertue à me rappeler, contre ce non-sens, cette non-vie
j'aime bien cette phrase jusqu'ici, un peu moins sa fin généralisante

Citer
une plus petite rit
pas trop compris, ça. C'est l'épaule qui rit?

Citer
Je ris de sentir les premières gouttes, les prémices d’une chorégraphie orchestrée dans un parfait désordre. Les mains s’enfoncent dans les manteaux, dans les sacs, sur les chapeaux.
j'aime bien, ça, c'est cool

Citer
me sens presque héroïne à leur succomber sans ployer.
beau, ça, presque sensuel

Citer
Ma voix tremble un peu. Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père offre un dernier foyer à deux orphelins. Ils sont là aussi. La pluie ne les atteint pas. Ils nous attendent. Mon frère murmure :
« And the reason is you. »
Je lui adresse un dernier sourire.
oh mais c'est un texte triste, en fait, doux triste  :(

chuis pas sûre sûre d'avoir compris la fin, s'ils sont morts, ou leurs parents, ou tous les quatre.

Les jumeaux, ça me touche.

Bravo pour ce tic-tac, Luna  :coeur:
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #2 le: 14 Octobre 2025 à 22:52:25 »
Je suis un frère, moi aussi. J'ai une petite soeur, dont je n'ai pas pris soin et qui a souffert, à cause du monde dont je n'ai su me faire rempart, parce que je faisais confiance au monde et je ne comprendais rien de sa souffrance. Je ne comprends pas, aujourd'hui encore, un paquet immense de choses, et si je mesure mieux les sentiments de ma petite soeur qu'à l'époque où j'en étais moi-même la proie, qu'à l'époque où je nageais sans bras dans une mer huileuse, je ne la comprends toujours pas.
C'est normal, je sais.
Cela n'excuse rien.

Je n'ai pas grand-chose à dire de ton texte, Luna, je suis ingrat ce soir, et je parle de moi comme un narcissique, comme si c'était une excuse pour ne pas parler de toi. C'est ridicule, pardon.

Je me suis perdu dans ton gros pavé justifié, un peu énumérant, un peu vagabondant, pas mal détaillant, des gens. Je me suis perdu dans ses sons et dans ses gens et aussi dans ses questions, que je peinais à partager. Ce n'est pas faute de ne m'y être pas plongé, c'est que je me suis noyé.
Et pourtant
Pourtant, ce paragraphe me marque. Immensément.
Citer
Je lui souris. Nous nous figeons sans le monde ; le monde continue sans nous. Les cloches de l’église sonnent, sonnent pour nous que tous ont oubliés, hormis peut-être un vieil homme en soutane. Je devance mon frère dans l’église, ris de le voir se signer, me signer. Je dépasse les priants qui m’ignorent, danse entre les chaises, vis une dernière fois. Il m’appelle. Mon frère aussi le sent, son regard fixé vers ce point. Nous le redoutons peut-être un peu, cet instant :
Les cloches de l'église sonnent. J'ai souvent l'impression que les sourires sont intangibles, dans les romans dans les miens dans les autres, il est rare que je réussisse à faire sourire un personnage, dans ma tête. J'essaie, souvent. Ce soir, tu y arrives. Merci.

Tu sais, moi je crois que tu devrais vraiment lire Dead Dead Demons DeDeDeDe Destruction, et pas seulement parce que c'est mon meilleur manga de tous les temps, mais parce que Hiroshi Nakagawa est un des personnages les plus intenses, grands, grands grands GRANDS que j'ai jamais lu. Il s'agit du frère de mon personnage préféré, toutes oeuvres confondues.
... J'use et rouille les superlatifs comme s'ils pouvaient rendre la splendeur qui vit autour d'eux, par eux, dans mon crâne.
Et je parle encore de moi.
...

Je voulais juste te dire merci. Merci, et pardon.
Pour ton paragraphe, et tes présences.


Souriant,
Nacas
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #3 le: 15 Octobre 2025 à 07:48:26 »
Salut !

Merci pour vos lectures et vos retours :) !

@derrierelemiroir,

Citer
j'aime bien cette phrase jusqu'ici, un peu moins sa fin généralisante
C'était voulu. Un personnage, une réflexion, généralisante et moralisatrice. C'est ce qu'elle était au début. À l'apparition du frère que j'ai compris mon erreur, mais il était 21h passés, et revenir dessus devenait délicat.

Citer
pas trop compris, ça. C'est l'épaule qui rit?
Un peu comme l'épaule qui s'excuse juste avant : quelqu'un bouscule, quelqu'un s'excuse, quelqu'un rit (plus petit : un enfant), et comme elle voit une épaule qui la bouscule, ce seront des épaules. Mais c'est un des passages bancals que je relis ce matin : parce qu'ils n'auraient pas dû la bousculer.

Citer
chuis pas sûre sûre d'avoir compris la fin, s'ils sont morts, ou leurs parents, ou tous les quatre.
Ah mince, je pensais que le texte était assez clair sur ce fait-là ><

Pour te répondre par le texte :

Citer
Les cloches de l’église sonnent, sonnent pour nous que tous ont oubliés, hormis peut-être un vieil homme en soutane.
Pour eux, pour eux deux.

Citer
Je devance mon frère dans l’église, ris de le voir se signer, me signer. Je dépasse les priants qui m’ignorent, danse entre les chaises, vis une dernière fois.
Est-ce que tu penses que des priants ignoreraient quelqu'un qui rit et danse entre les chaises ;) ?

Citer
Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père offre un dernier foyer à deux orphelins.
Les deux orphelins, ce nous que tous ont oubliés, hormis peut-être un vieil homme en soutane.

Et il y a ce Ils indéfini qui les attend aussi, mais que la pluie n'atteint pas.

Citer
Les jumeaux, ça me touche.
:calin:
moi aussi


@Nacas,

Citer
Je suis un frère, moi aussi. J'ai une petite soeur, dont je n'ai pas pris soin et qui a souffert, à cause du monde dont je n'ai su me faire rempart, parce que je faisais confiance au monde et je ne comprendais rien de sa souffrance. Je ne comprends pas, aujourd'hui encore, un paquet immense de choses, et si je mesure mieux les sentiments de ma petite soeur qu'à l'époque où j'en étais moi-même la proie, qu'à l'époque où je nageais sans bras dans une mer huileuse, je ne la comprends toujours pas.
C'est normal, je sais.
Cela n'excuse rien.

Je n'ai pas grand-chose à dire de ton texte, Luna, je suis ingrat ce soir, et je parle de moi comme un narcissique, comme si c'était une excuse pour ne pas parler de toi. C'est ridicule, pardon.
:calin:

Citer
Je me suis perdu dans ton gros pavé justifié, un peu énumérant, un peu vagabondant, pas mal détaillant, des gens. Je me suis perdu dans ses sons et dans ses gens et aussi dans ses questions, que je peinais à partager. Ce n'est pas faute de ne m'y être pas plongé, c'est que je me suis noyé.
Le premier paragraphe est bancal, parce que je ne savais même pas où j'allais à ce moment-là, ni comment ajouter l'église ou le parapluie mouillé. Ca ne veut pas dire que tu seras plus à l'aise avec une version aboutie, parce qu'il restera un gros pavé justifié, un peu énumérant, un peu vagabond, pas mal détaillant, des gens, et qu'il posera les question de cette sœur. Mais les questions ont changé, ça j'en suis presque sûre. Parce que son frère.

Citer
Et je parle encore de moi.
...
Ce n'est pas grave, hein, ça m'arrive aussi, je comprends un peu ce sentiment.

Pour le manga, je sais que je ne pourrai pas de suite, mais je garde le titre en tête. Si je peux un jour prochain.

Et je ne peux pas accepter tes pardons, parce que tu n'as pas besoin de t'excuser :calin:



Bon !

Ce texte sera réécrit. Quand : je ne sais pas. Comment : encore moins. Avec des litres de larmes sûrement (je pleure déjà, presque). Je le relis et me rends compte que je touche une corde très sensible de ma réflexion jumeaux. J'ai besoin de me perdre un peu dedans avant de penser à quoi que ce soit d'autre.

Une bonne journée à tous !
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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #4 le: 15 Octobre 2025 à 21:25:11 »
Salut Luna :)

Citer
Des visages, l’espace d’un instant, concentrés, sur leurs pas, sur leurs téléphones, leurs journaux, leur vie.
j'aime bien le rythme

Citer
Une épaule ne me bouscule pas, une autre s’excuse, une plus petite rit ; et je ris aussi.
j'aime bien l'épaule qui rit

Citer
laisser durer cet instant où mon cœur se libère du poids qui est le sien…
"qui est le sien" me semble lourd (tu vas me dire, normal pour un poinds !)

J'avais pas capté la fin avant de lire ton explication. Et du coup, oui, tout est là pour que l'on comprenne, mais il y a ces échanges entre les jumeaux (le fait qu'ils se parlent rend leur aspect fantomatique moins palpable) et aussi :

Citer
le père offre un dernier foyer à deux orphelins. Ils sont là aussi. La pluie ne les atteint pas. Ils nous attendent.
y a dédoublement du "ils" avec le "ils sont là aussi", du coup, les deux frères, je capte pas que c'est eux qu'on enterre. (oui, il y a les corps et les âmes/esprits, mais c'est pas évident à comprendre).

Merci pour la lecture, assez poignant (le serait encore plus si j'avais bien tout compris en premeière lecture).

A+
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #5 le: 16 Octobre 2025 à 11:29:11 »
Salut,

Un peu retournée, aujourd'hui :-[

J'ai repris un peu ce texte ; un peu. En fait, je sais. Je sais le pourquoi et le comment ils se sont retrouvés là. Mais je n'arrive pas à l'exprimer, donc pour l'instant, j'ai juste repris là où je voyais de l'incohérence, c'est-à-dire, le fait que la narratrice passe de vivante et moralisatrice à morte.

Merci Rémi pour ta lecture et ton commentaire :)

Citation de: derrierelemiroir
pas trop compris, ça. C'est l'épaule qui rit?
Citation de: Rémi
j'aime bien l'épaule qui rit
À la base, il devait vraiment y avoir une bousculade, mais comme la narratrice est passé à intangible, c'est un des passages que j'ai tenté de reprendre vite fait à 21h05. Je l'ai relu, et j'aime bien aussi l'épaule qui rit. Si on déroule la scène comme une scène de film, il faudrait imaginer un plan fixe sur la foule, à hauteur d'épaule. Des gens qui se croisent, se bousculent, s'excusent, des enfants qui rient.

Citation de: Rémi
"qui est le sien" me semble lourd (tu vas me dire, normal pour un poinds !)
Vu que le poids venait de ses réflexions de vivante, j'ai quelque peu modifié le passage, pour le rendre moins lourd et peut-être un peu plus cohérent.

Citation de: Rémi
J'avais pas capté la fin avant de lire ton explication. Et du coup, oui, tout est là pour que l'on comprenne, mais il y a ces échanges entre les jumeaux (le fait qu'ils se parlent rend leur aspect fantomatique moins palpable) et aussi :
Citer
y a dédoublement du "ils" avec le "ils sont là aussi", du coup, les deux frères, je capte pas que c'est eux qu'on enterre. (oui, il y a les corps et les âmes/esprits, mais c'est pas évident à comprendre).
C'est ce que j'ai tenté de rendre le plus clair. Je veux qu'on comprenne leur mort, leurs derniers instants, avec des réactions encore vivantes, parce que la rupture est assez récente pour que le père mette les cercueils en terre, mais un décor qui ne semble pas toujours d'accord avec ce désir de rester vivants un tout petit peu plus longtemps.

J'ai tellement de petites choses à dire sur cette nouvelle version, presque en mode "T'as vu là ? T'as compris ici ?" mais je ne sais pas si c'est une bonne idée, donc je vais contenir pour l'instant...

Une bonne journée,
« Modifié: 16 Octobre 2025 à 14:31:54 par Luna Psylle »
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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #6 le: 16 Octobre 2025 à 20:49:49 »
Hop je repasse pour ta deuxième version

Merci pour le lien de la chanson, quel coup de nostalgie  :coeur:

Citer
je suspens un instant mon doigt
j'ai eu de la peine à tout de suite comprendre, sans contexte

Citer
à contre-sens d’une foule qui ne me voit pas
comme ça, sans plus d'indices, il me semble étrange qu'une foule se meut dans une seule direction

Citer
les téléphones et les journaux.
ça me fait aussi bizarre que des regards soient rivés sur des journaux. Personellement, je ne vois jamais personne lire le journal en marchant dehors (ni lire un journal tout court, de nos jours)

Citer
J’offre mon visage aux gouttes salvatrices, me sens presque héroïne à leur succomber sans ployer.
si elle n'existe pas matériellement, comment peut-elle ressentir les gouttes?

Citer
ris de le voir se signer avec sérieux, me signer.
j'aime bien ce passage, ce qu'il évoque des deux personalités ainsi que de leur relation

Citer
à deux orphelins.
ça m'avait déjà perturbé à la première lecture, parce que du coup on ressent plusieurs morts l'une sur l'autre, celle des jumeaux que l'on avait déduite, et celle des parents qui ne sont évoqués vraiment qu'ici, avec le mot orphelin

Citer
Je n’arrive pas à lui répondre, entends ce couplet silencieux, sa souffrance. Perdue dans ses yeux, je lui adresse un sourire. Le tout dernier. Celui qui l’accompagnera le long de la fin. Sa fin. Et restera auprès de lui de l’autre côté. Pour toujours.
j'aime bien cette fin :)

voici voilou. Ça m'a en tout cas eu l'air plus propre que le premier jet, je ne me suis pas perdue, et seulement été surprise par certaines choses, je dirais.

Bonne soirée,
dlm
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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #7 le: 16 Octobre 2025 à 22:04:56 »
Salut Luna !

Citer
Une ombre obscurcit ma vue, subit avec moi les assauts devenus effrénés sans parvenir à m’épargner.
les assauts "devenus effrénés" est un peu lourd ; et le "sans parvenir à m'épargner" s'applique à quoi ? J'arrive pas à voir la logique du truc.

Citer
Une ombre obscurcit ma vue, subit avec moi les assauts devenus effrénés sans parvenir à m’épargner. Les doigts de mon frère s’ouvrent à peine et le parapluie s’envole,
du coup, l'ombre c'est le frère
Je me dis que c'est étrange qu'il apparaisse à ce moment là du texte, à partir de rien

Citer
Elle me traverse et ressort de l’église sans s’inquiéter.
là, du coup ça donne la clé du texte pour qui n'aurait pas capté le truc jusqu'ici (on a des indices, hein, plein ! je ne les cite pas, mais le texte est plus facile à appréhender que la première version)

Citer
Mon frère aussi le sent, son regard fixé sur ce point.
à quoi fait référence ce "le" ?
et de quel point parle-t-on ?

Citer
Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père offre un dernier foyer à deux orphelins.
Je me rend compte qu'hier (et aujourd'hui pendant un instant), j'ai cru que le père était le géniteur ; alors que c'est le curé, bien sûr !

Les derniers mots clarifient le texte en même temps qu'ils apportent l'émotion finale, ça marche bien.

A+
Rémi
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Re : The Reason [Défi Tic-Tac 14.10.25]
« Réponse #8 le: 17 Octobre 2025 à 11:39:02 »
Salut !

Merci pour vos retours :)

J'ai revu le texte à certains endroits cités, sinon, je vais expliquer mes choix ;)


@derrierelemiroir,

Citer
Citer
je suspens un instant mon doigt
j'ai eu de la peine à tout de suite comprendre, sans contexte
J'ai remis la première version de cette phrase. J'avais tenté quelque chose, mais c'est vrai que c'était plus alambiqué comme formulation.
Edit 18/10 : la correction n'est pas passée au moment de ma réponse, et je m'en rends compte ce matin, donc maintenant, c'est fait, corrigé.

Citer
comme ça, sans plus d'indices, il me semble étrange qu'une foule se meut dans une seule direction
Citer
ça me fait aussi bizarre que des regards soient rivés sur des journaux. Personellement, je ne vois jamais personne lire le journal en marchant dehors (ni lire un journal tout court, de nos jours)
Citer
si elle n'existe pas matériellement, comment peut-elle ressentir les gouttes?

Volontaire :) il y a deux volontés opposées : le frère et la sœur qui cherchent à rester "vivants" un peu plus longtemps (oui, beaucoup d'indices pour la sœur, mais, tu l'as cité, le frère les signe tous les deux, ce qui sous-entend qu'il utilise le bénitier), la réalité qui les poussent vers la sortie. Et donc, il y a cette sensation que le monde ne veut plus d'eux, qu'il débloque un peu sous leurs yeux. Une foule dans le même sens, en rythme avec la batterie de la musique, presque chorégraphiée (mot employé par la suite ;)).
Mais je n'ai pas non plus envie de tout exprimer, parce que texte court et équilibre à trouver.
Edit : je continue à écrire cette réponse et me rends compte que, dans la phrase que je cite dans ma correction à Rémi, j'explicite aussi un peu l'intention avec L’eau traverse [le parapluie] et s’écoule sur moi ; en moi.

Citer
ça m'avait déjà perturbé à la première lecture, parce que du coup on ressent plusieurs morts l'une sur l'autre, celle des jumeaux que l'on avait déduite, et celle des parents qui ne sont évoqués vraiment qu'ici, avec le mot orphelin
J'ai retiré orphelins sur cette version courte. Pour moi, ils le resteront à jamais, une part importante de leur histoire, mais je comprends que ça peut perdre certains lecteurs.

Citer
voici voilou. Ça m'a en tout cas eu l'air plus propre que le premier jet, je ne me suis pas perdue, et seulement été surprise par certaines choses, je dirais.
Une bonne nouvelle pour moi :) je vais pouvoir le laisser enfin reposer (j'espère :D).


@Rémi,

Citer
les assauts "devenus effrénés" est un peu lourd ; et le "sans parvenir à m'épargner" s'applique à quoi ? J'arrive pas à voir la logique du truc.
J'ai explicité :
Une ombre obscurcit ma vue. Le parapluie subit les assauts devenus effrénés, sans parvenir à m’épargner. L’eau le traverse et s’écoule sur moi ; en moi.

Citer
du coup, l'ombre c'est le frère
Je me dis que c'est étrange qu'il apparaisse à ce moment là du texte, à partir de rien
Ma logique ici, c'est que la narratrice (point de vue interne) est concentrée sur le ciel au moment où l'ombre arrive. Donc oui, le parapluie, la main, arrivent un peu comme ça.
Je me demande si je ne devrais pas retirer juste ce qu'il faut dans ce qu'elle décrit pour que ça marche (retirer la main qui s'ouvre, par exemple). Ou peut-être que le mot ombre est mauvais ici. *file me relire, voir si je peux changer ce détail* : fait, et donc,

la correction : Un parapluie obscurcit ma vue, subit les assauts devenus effrénés, sans parvenir à m’épargner. L’eau le traverse et s’écoule sur moi ; en moi. Le parapluie s’envole,

Citer
à quoi fait référence ce "le" ?
et de quel point parle-t-on ?
J'ai modelé. Pour le détail : les deux résistent à la mort (on l'aura compris, je crois, à force que je me répète ;D) et ils sont venus les chercher : des anges, des passeurs, des esprits, on peut y mettre l'étiquette qu'on veut, et ce ils traverse tout, attire ceux qu'ils cherchent, donc le frère et la sœur ressentent cet appel. Voilà pour l'explication. Là encore, texte court, et pour moi, frère comme sœur ne savent pas comment les définir, savent juste qu'ils les attirent vers un ailleurs.

J'ai mis un italique à l'apparition du ils. Je ne l'aime pas, j'ai l'impression d'appuyer pour le lecteur et je me sens bête de cette impression de prendre le lecteur pour plus bête :-[ j'ai toujours été mal à l'aise avec cette méthode, même si je sais l'utiliser parfois, dans certains contextes. Ici... je ne l'aime pas du tout.
Par contre, j'ai quand même essayer de rendre la chose un peu plus lisible. La correction :

Ils m’appellent. Mon frère aussi les sent, son regard fixé sur notre destination finale. Nous le redoutons peut-être un tout petit peu, cet instant. Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père nous offre un dernier foyer. Ils sont là aussi, nous attendent. Êtres transcendants, ni la pluie ni le bruit ni le gris ni le mouvement de la vie les atteignent.

Citer
Je me rend compte qu'hier (et aujourd'hui pendant un instant), j'ai cru que le père était le géniteur ; alors que c'est le curé, bien sûr !
:D

Je vais peut-être laisser reposer un peu ce texte, me concentrer sur d'autres projets :)

Une bonne journée à vous !
« Modifié: 18 Octobre 2025 à 11:34:55 par Luna Psylle »
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