J'entre en préambule en disant que Copilot de Word se désactive assez facilement dans les options.
Une recherche internet permet d'en obtenir un protocole.
Ensuite, bonjour.
Je ne reste pas longtemps, ce soir, je glisse donc juste une analogie, et une idée personnelle.
Je crois que se demander si l'on écrit des textes "humains", en regard de l'IA grandissante, est semblable à un promeneur-randonneur regardant le vélo, et se demandant si ces "cyclistes" parcourent eux aussi le paysage.
Personnellement, je pense que le problème posé par l'IA est ailleurs. Je ne la crains pas, puisque je crois l'art bien trop insaisissable pour pouvoir être attrapé et étranglé par des LLM, et que j'ai renoncé à en faire mon métier. En d'autres termes : Je pense que le milieu artistique était gangrenné bien avant l'IA, considère d'ailleurs l'Art Contemporain comme un symptôme irréfutable de cette gangrène.
Et d'autre part, je crois que l'IA telle qu'elle est aujourd'hui conçue (c'est à dire fondamentalement sans notion d'entité consciente, sans intimité propre, sans pensée autonome libre de ne pas se justifier, formellement (tous les calculs de matrices inhérents sont observables) ni absolument (elle est obligée de répondre, ne peut pas choisir de rester silencieuse)) ne peut être "que" un outil.
J'éclaircis mon propos en présentant une croyance personnelle : Je crois que les mathématiques ne sont pas crées par l'humain mais découvertes. Je crois exactement de la même manière que les arts ne sont pas crées par l'humain mais découverts. Je pousse le formalisme un peu plus loin en affirmant que tout texte écrit, toute peinture peinte, toute sculpture sculptée, puis observée (l'observation complexifie beaucoup les choses, n'est pas nécessaire fondamentalement, mais représente l'écrasante majorité de l'art que nous connaissons), est en quelque sorte une
observation d'entités, d'un pan de réel, qui existent en soi et sans nous. L'art nous permet, ainsi, d'atteindre cette entité (ce pan de réel).
Comme je le mentionnais dans un précédent message, "
on n'empêche aucun être vivant de vivre en permanence", alors... il y a beaucoup de recouvrements qui font du bruit-parasite à mon propos. J'ajoute un morceau de conviction qui suivait dans ce message (qui est toujours d'actualité ici) :
L'art est l'arpentage d'un domaine de dimension infinie, par un être dont la constitution est de dimension finie. (L'oeuvre, c'est la trajectoire !)
L'avantage de cette def est que la vie d'une personne, la façon dont elle a vécu peut absolument oui être considérée comme une oeuvre d'art. Et l'art ne présuppose pas sa restitution. Il erre dans les étoiles.
(et tu erres dans mon coeur)
Et je conclus enfin par mon point :
Que ce soit l'IA qui écrive, ou un être-humain, le domaine arpenté est le même, et si les façons d'arpenter de l'une, ou de l'autre, se rejoignent de plus en plus, cela n'a aucun impact sur le domaine lui-même.
Ensuite, les questions formelles de "qui va lire ces textes ?" "Ces textes sont-ils légitimes ?" "Que puis-je en retirer si je ne sais pas qui l'a écrit ?", j'ajoute l'éclairante "qu'est-il possible de retirer d'un texte ?" ; bref, ces questions... appartiennent au concret, au réel, et pas à l'abstrait, pas à la nature ontologique de l'art.
Je reformule ma conclusion afin de la rendre plus claire sous un autre jour :
La nature ontologique de l'art et des oeuvres n'est pas mise en cause ou en danger par l'IA.
Je précise bien entendu que toute la vie matérielle des humains, des artistes, des non-artistes, et des enfants à venir, est une question bien, BIEN différente de celle à laquelle j'ai apporté mes éléments de réponse ici. Je me permets une petite galipette :
L'IA ne tuera pas l'art, mais elle peut tout à fait créer une extinction de masse des artistes, oui.
(Et les conséquences d'une telle extinction sur la société peuvent tout à fait être infernales, oui.)
M'enfin, je ne considérais pas quelqu'un se servant d'une IA pour lui donner des phrases comme un artiste de toute façon, et cela bien avant que l'IA soit inventée.
(Parce que ouais, l'IA comme ChatGPT par exemple, ce n'est pas grand chose de plus qu'une formalisation très approfondie de tous les lieux-communs de conversations proférés et/ou proférables)
Autrement dit pour la dernière fois :
L'IA NE PEUT PRODUIRE QUE DU DICIBLE ! L'ART NE S'INTÉRESSE
QU'À L'INDICIBLE !!!
Et vous pouvez compter sur moi pour vos expéditions anti-cyclistes si on en croise sur nos chemins escarpés de montagne.
Vert printemps,
Nacas