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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » À quel moment un texte cesse-t-il d’être humain ?

Auteur Sujet: À quel moment un texte cesse-t-il d’être humain ?  (Lu 2442 fois)

Hors ligne ecriturenoire

  • Buvard
  • Messages: 2
À quel moment un texte cesse-t-il d’être humain ?
« le: 13 Juin 2025 à 15:01:19 »
Salut tout le monde,

Je me pose une question un peu étrange ces derniers jours. En retravaillant un passage d’un texte long que j’ai laissé dormir un moment, j’ai eu un doute pas tant sur le fond que sur… la texture. J’avais l’impression que ça sonnait juste, bien rythmé, bien construit, mais trop bien, justement. Comme si quelqu’un avait lissé les angles à ma place. Je ne crois pas avoir utilisé d’aide automatisée à ce moment-là (je suis plutôt old school), mais l’ambiance actuelle où tout passe par des filtres, des IA, des reformulations automatiques, commence à me faire douter : comment être sûr que ce qu’on écrit garde une trace humaine, quelque chose d’organique, de fragile, qui nous appartient vraiment ?

Je ne parle pas ici de plagiat ni même d’influence stylistique, ça on vit avec. Plutôt de cette impression que certains bouts de texte auraient pu être générés par n’importe qui (ou n’importe quoi). Il y a des outils qui, paraît-il, peuvent détecter si un passage a été rédigé par une IA. J’ai testé par curiosité un dectecteur ia, plus pour voir ce qu’il considère comme artificiel que pour m’auto-surveiller. Ce n’est pas une science exacte, évidemment, mais ça m’a fait réfléchir : est-ce qu’on peut encore reconnaître, à la lecture, ce qui vient d’un vrai tâtonnement humain et ce qui est plus... fabriqué ?

Je serais curieux d’avoir vos avis là-dessus. Est-ce que vous avez parfois ce genre de doute quand vous relisez vos propres textes ? Est-ce que vous avez des manières de tester si une phrase sonne vrai, dans le sens intime du terme ? Ou c’est juste une question de confiance dans son propre chemin d’écriture ?

Merci pour vos retours, hâte d’échanger avec vous sur ce genre de question pas très technique mais, je crois, assez essentielle.
« Modifié: 23 Juin 2025 à 08:59:32 par ecriturenoire »

Hors ligne Aionia Apektasis

  • Aède
  • Messages: 214
  • Stagiaire en messianisme
Re : À quel moment un texte cesse-t-il d’être humain ?
« Réponse #1 le: 13 Juin 2025 à 15:59:29 »
Salut,

alors oui, il existe des outils pour détecter si ce qui écrit est humain ou générer par IA, mais comme c'est de l'IA, les résultats ne sont pas vraiment pertinents ni fiables.
Ensuite, il existe un cadre juridique qui oblige à informer le lecteur si ce qui est écrit est humain ou générer par IA, un peu comme pour les vidéos qu'on trouve sur les réseaux sociaux, notamment sur Tik-Tok ou Instagram. La mention "générée par IA" est apparente. Donc, si quelqu'un propose un texte créé avec une IA et ne le dit pas, c'est un escroc. Et ça, y'en aura  malheureusement toujours.

Pour ma part, j'utilise ChatGPT pour corriger mes fautes d'orthographes, et m'aider à trouver des synonymes. Pour le reste, je propose mes textes (notamment ici, ou les retours sont plus sérieux que sur d'autres forums). Malheureusement, l'IA va finir par prendre une place de plus en plus prépondérante dans nos vies. Sur Word, il y a même l'outil Copilot (l'IA de Microsoft).

Pour tester tes textes, mieux vaut les faire lire à une personne physique. Les IA sont complaisantes (c'est pas moi qui le dit, j'ai fait deux trois recherches là dessus) et vont toujours dans le sens de leur utilisateur. Les machines n'ont pas d'objectivité, au sens humain du terme, je pense.

Des bisoux,
Aïonia.

Un jour, j'écrirai un conte où aucun prince ne viendra sauver qui que ce soit.
Ca leur apprendra, à ces connes de fées.

Hors ligne Nacas

  • Prophète
  • Messages: 942
  • Dragon d'encre
Re : À quel moment un texte cesse-t-il d’être humain ?
« Réponse #2 le: 24 Juin 2025 à 01:42:13 »
J'entre en préambule en disant que Copilot de Word se désactive assez facilement dans les options.
Une recherche internet permet d'en obtenir un protocole.

Ensuite, bonjour.

Je ne reste pas longtemps, ce soir, je glisse donc juste une analogie, et une idée personnelle.


Je crois que se demander si l'on écrit des textes "humains", en regard de l'IA grandissante, est semblable à un promeneur-randonneur regardant le vélo, et se demandant si ces "cyclistes" parcourent eux aussi le paysage.


Personnellement, je pense que le problème posé par l'IA est ailleurs. Je ne la crains pas, puisque je crois l'art bien trop insaisissable pour pouvoir être attrapé et étranglé par des LLM, et que j'ai renoncé à en faire mon métier. En d'autres termes : Je pense que le milieu artistique était gangrenné bien avant l'IA, considère d'ailleurs l'Art Contemporain comme un symptôme irréfutable de cette gangrène.
Et d'autre part, je crois que l'IA telle qu'elle est aujourd'hui conçue (c'est à dire fondamentalement sans notion d'entité consciente, sans intimité propre, sans pensée autonome libre de ne pas se justifier, formellement (tous les calculs de matrices inhérents sont observables) ni absolument (elle est obligée de répondre, ne peut pas choisir de rester silencieuse)) ne peut être "que" un outil.

J'éclaircis mon propos en présentant une croyance personnelle : Je crois que les mathématiques ne sont pas crées par l'humain mais découvertes. Je crois exactement de la même manière que les arts ne sont pas crées par l'humain mais découverts. Je pousse le formalisme un peu plus loin en affirmant que tout texte écrit, toute peinture peinte, toute sculpture sculptée, puis observée (l'observation complexifie beaucoup les choses, n'est pas nécessaire fondamentalement, mais représente l'écrasante majorité de l'art que nous connaissons), est en quelque sorte une observation d'entités, d'un pan de réel, qui existent en soi et sans nous. L'art nous permet, ainsi, d'atteindre cette entité (ce pan de réel).
Comme je le mentionnais dans un précédent message, "on n'empêche aucun être vivant de vivre en permanence", alors... il y a beaucoup de recouvrements qui font du bruit-parasite à mon propos. J'ajoute un morceau de conviction qui suivait dans ce message (qui est toujours d'actualité ici) :
L'art est l'arpentage d'un domaine de dimension infinie, par un être dont la constitution est de dimension finie. (L'oeuvre, c'est la trajectoire !)
L'avantage de cette def est que la vie d'une personne, la façon dont elle a vécu peut absolument oui être considérée comme une oeuvre d'art. Et l'art ne présuppose pas sa restitution. Il erre dans les étoiles.
(et tu erres dans mon coeur)
Et je conclus enfin par mon point :
Que ce soit l'IA qui écrive, ou un être-humain, le domaine arpenté est le même, et si les façons d'arpenter de l'une, ou de l'autre, se rejoignent de plus en plus, cela n'a aucun impact sur le domaine lui-même.
Ensuite, les questions formelles de "qui va lire ces textes ?" "Ces textes sont-ils légitimes ?" "Que puis-je en retirer si je ne sais pas qui l'a écrit ?", j'ajoute l'éclairante "qu'est-il possible de retirer d'un texte ?" ; bref, ces questions... appartiennent au concret, au réel, et pas à l'abstrait, pas à la nature ontologique de l'art.

Je reformule ma conclusion afin de la rendre plus claire sous un autre jour :
La nature ontologique de l'art et des oeuvres n'est pas mise en cause ou en danger par l'IA.

Je précise bien entendu que toute la vie matérielle des humains, des artistes, des non-artistes, et des enfants à venir, est une question bien, BIEN différente de celle à laquelle j'ai apporté mes éléments de réponse ici. Je me permets une petite galipette :
L'IA ne tuera pas l'art, mais elle peut tout à fait créer une extinction de masse des artistes, oui.
(Et les conséquences d'une telle extinction sur la société peuvent tout à fait être infernales, oui.)

M'enfin, je ne considérais pas quelqu'un se servant d'une IA pour lui donner des phrases comme un artiste de toute façon, et cela bien avant que l'IA soit inventée.
(Parce que ouais, l'IA comme ChatGPT par exemple, ce n'est pas grand chose de plus qu'une formalisation très approfondie de tous les lieux-communs de conversations proférés et/ou proférables)

Autrement dit pour la dernière fois :
L'IA NE PEUT PRODUIRE QUE DU DICIBLE ! L'ART NE S'INTÉRESSE QU'À L'INDICIBLE !!!


Et vous pouvez compter sur moi pour vos expéditions anti-cyclistes si on en croise sur nos chemins escarpés de montagne.


Vert printemps,
Nacas
« Modifié: 24 Juin 2025 à 01:47:59 par Nacas »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Eivor

  • Aède
  • Messages: 214
Re : À quel moment un texte cesse-t-il d’être humain ?
« Réponse #3 le: 27 Juillet 2025 à 18:52:31 »
Bonjour Ecriturenoire,

J'ajouterai seulement à ce qu'on dit Nacas et Aïonia, une toute petite chose : on le sait dans ses tripes, lorsqu'une chose est vraie ou non. Quoi de mieux, pour être sensible à la nature organique d'une chose, que d'écouter avec ses organes ?
"Je n'ai pour bien que ma dépouille,
pour toit le ciel, pour pain la nuit,..."
-- extrait du murmure du Nomas.

Mon vieux début de roman (il est prévu que tout soit retravaillé) --> La traverse des âmes : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34995.

Hors ligne Obsidiane

  • Scribe
  • Messages: 64
Re : À quel moment un texte cesse-t-il d’être humain ?
« Réponse #4 le: 31 Juillet 2025 à 13:20:41 »
Je ne fais que passer.

Je suis totalement opposée à l'utilisation de l'IA dans toute création artistique, dans tous les domaines .
C'est la négation de l'apport personnel humain.

Ensuite juste un truc : ChatGpt
ne corrige pas toutes les fautes d'orthographe !



 


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