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« Dernier message par Luna Psylle le Aujourd'hui à 11:06:12 »
Mince ! je pensais passer répondre, j'ai cru être passée répondre, et finalement, je n'ai pas répondu...
Salut,
Pas trop pour moi, dans le sens où je n'ai pas d'inspiration pour ce thème précis. J'y réfléchis encore, on ne sait jamais, mais pour l'instant, c'est un non de mon côté.
Une bonne journée,
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« Dernier message par LOF le Aujourd'hui à 10:29:14 »
Le pays de la dissimulationJe n’ai jamais piloté une voiture, être collé sur le bitume sans jamais pouvoir prendre de la hauteur, ne voir que les murs grisâtres des maisons, longer les talus, souffrir le cul des camions où on doit s’engouffrer, être prisonnier des embouteillages dans les villes, devoir se confronter aux chauffards, ivrognes, toxicomanes qui prennent le volant sans se soucier de la vie d’autrui,
non, je ne connais qu’un cockpit, celui du B29 et son manche à balai que je manipule dans tous les sens pour rêver que je franchis le mur du son, ou seulement volé en piqué, en vrille, en tonneau, en chandelle ou descendre silencieusement en feuille morte, planer quand plus rien ne m’est demandé et que je survole les cités, les villages, les plaines, les pays dont les régimes ne m’aiment pas, je suis libéré de la férule des hommes, je partage mes préoccupations avec les oiseaux, ceux qui hantent les sommets et les nuages que je laisse en dessous de moi comme un tapis qui recouvre les malversations politiques, les assoiffés de pouvoir, les combinards de l’économie, sous la calotte nuageuse ils s’entrégorgent pour de vrai comme de mauvais acteurs, je n’entends plus leurs jurons, leurs promesses, leurs prophéties de catastrophes qui sèment la peur, leurs théories arrogantes,
je n’entends que le vrombissement de mon appareil volant, dans mon casque j’envoie des musiques pas encore déchiffrées par les hommes du dessous, des sons qui diffractent un bonheur décomplexé, et je m’arcboute sur le manche à balai, le manœuvrant dans toutes les directions, inventant des points cardinaux encore inexplorés,
je ne vous dis pas que je m’appelle Léon Blondel, mes initiales sont celles de Little Boy, Little Boy c’est le nom du passager qui m’accompagne dans la soute, dans le ventre, les intestins de mon appareil volant, il ne faut pas le brusquer sinon il est capable des colères les plus destructrices, je le traite avec douceur, surtout que je devrai me séparer de lui quand la couche de nuages crèvera son voile pour me désigner le pays nouveau qui flotte sur la mer, l’île du soleil levant, égrenée en myriade d’atolls que l’océan Pacifique contourne par une profusion de petites ruelles d’eau et de vagues,
océan Pacifique, un nom qui me gêne, c’est là que je dois lâcher Little Boy, sur l’île la plus importante où grouillent des centaines de milliers d’habitants, Little Boy, tu pèses lourd mon gamin, quinze mille tonnes de TNT et nous volons à plus de mille cinq cents mètres d’altitude, il faut que je te lâche au bon endroit, il y a un fleuve brillant comme un papier d’aluminium au soleil, un pont le traverse, il forme un T avec ses tabliers perpendiculaires, on ne peut pas se tromper, à côté il y a l’hôpital Shima, là mon garçon je te lâcherai, tes fusibles sont branchés, tu vas donner de la distraction aux malades, mais aussi aux bien portants, je suis un peu triste de me séparer de toi, cela fait plus de trois ans qu’on te bichonne dans les usines, il paraît qu’une fois arrivé au terme de ta chute il faut se sauver très vite, car tu envoies un gaz incandescent de plus de quatre mille degrés sur plusieurs kilomètres à la ronde, je ne te savais pas dérangé des intestins à ce point,
évidemment les malades de l’hôpital ne pourront pas s’enfuir, ni les habitants de la ville, les vieillards, les enfants, et même ceux dans la force de l’âge, les officiers, les soldats, les femmes souriantes avec leur bébé qui seront brûlées par les incendies et les projections de débris que tu occasionneras en pétant si fort, un vent à huit cents kilomètres heure qui se propagera dans les rues et les habitations, avec une poussière mortelle qui retombera comme une pluie noire et grasse, une tempête de feu alimentée par le mouvement intense d’un air irrespirable, on dit que les gens qui humeront tes gaz s’ils ne meurent pas tout de suite, seront atteints d’une envie de boire inextinguible, de l’eau de l’eau, et le fleuve ne pourra pas les assouvir car il sera empoisonné et tari, les brûlures formeront des lambeaux de chair qui pendront sur le corps des rescapés, des larves grouillant dans leurs plaies, aucune eau, même la plus limpide se saurait calmer une douleur si atroce, certains agonisants s’appliquent des tranches de concombre sur leurs brûlures, mais durant des décennies aucun remède ne pourra soigner les générations qui auront été contaminées par les éclats de Little Boy sur l’archipel nippon, les victimes s’enliseront dans un silence honteux, beaucoup avouant qu’elles vivent avec Little Boy dans leur corps,
aujourd’hui je me demande si je dois appuyer sur le bouton qui ouvre la soute du B29, quelle sera la suite de mon histoire si je me sépare de toi Little Boy, je m’appelle Léon Blondel, et mes initiales me grillent la peau comme celles qu’on imprime au fer rouge sur le dos du bétail, tu voudrais sauter hein Little Boy, on t’a éduqué pour ça, le grand saut, c’est le jour du grand saut dans le vide sauf que le vide est peuplé de millions d’âmes, je pourrais encore te retenir par la tignasse, et toi battant tes jambes fuselées pareilles à un cône d’acier, une ogive bourrée d’uranium, je ne suis pas fautif, les événements t’ont conduit jusqu’à moi, l’empereur au sol y est pour beaucoup, mais quand même Little Boy ta tignasse me reste dans les mains, et comme un suppositoire tu glisses vite pour anéantir le monde, et après vite je fais un virage serré à cent cinquante-cinq degrés pour rejoindre aussitôt ma base sur les îles Mariannes, assister au debriefing et boire un verre de rhum au club avec les officiers,
Nous marchons sur des graviers blancs, nos pas sont religieux, ils relient les morts aux esprits, Vivianne bondit sur les pierres de gué menant à l’île au-milieu du lac, il n’y a pas d’eau tu me dis, je te réponds que les graviers forment des vagues et des courants, il n’y a plus d’eau depuis longtemps, il y a seulement des rochers, ils abritent l’esprit des morts, les roches lisses et arrondies, les roches magmatiques rugueuses et brutes représentent les montagnes, je veux te mettre mon bras autour du cou mais tu es surprise de frayeur par un kakashi, un épouvantail qui fait fuir les oiseaux et les bêtes nuisibles, chevreuils, sangliers, tu te réfugies sous un cerisier, mais il n’est plus en fleurs, ses branches raides et griffues se tendent vers le ciel,
les azalées sont rabougries dans les massifs de fleurs qui n’ont plus que le massif pour nom, une terre noirâtre que tu piétines de tes menus pieds charmants Vivianne, le ginkgo au-dessus de toi peine à renouveler à chaque printemps son feuillage caduc, qui s’effrite en poussières bien avant l’automne, il aurait la vertu d’améliorer la mémoire, mais ici les gens n’ont que faire de s’encombrer d’elle, tu me demandes pourquoi alors que moi je voudrais retenir ta main si douce dans la mienne, il y a des grenouilles et des salamandres qui sautent sur les pierres en poussant des piaulements désespérés, elles cherchent de l’eau, quant aux tortues, elles se confondent avec la terre craquelée, on ne les a pas vu bouger depuis des lustres, tes yeux sont occupés à admirer la perspective du jardin dont les lignes sont trompeuses, derrières les montagnes miniatures il y a des buissons et des palissades de bambou qui cachent un lointain qu’on ne peut s’imaginer, Vivianne je t’annonces que nous sommes au pays de la dissimulation, tu fronces les sourcils, tu lèves la tête vers le ciel avec une respiration tellement rauque que j’aimerais t’embrasser pour t’infuser de l’air pur,
un cerf passe entre deux saules pleureurs, ses bois sont si branlants sur sa tête qu’ils manquent de tomber à chacun de ses bonds, le moutonnement de la cime des arbres est taillé pour donner l’illusion de vieux arbres à l’état naturel, le mot « vieux » ici revêt un sens profondément sacré, l’hiver on tend des béquilles aux troncs inclinés par le poids de la neige, je t’offre mon bras Vivianne, pour traverser des rivières fictives, ton visage a la couleur blême de la lune, la lanterne sculptée sur le chemin y creuse des ombres incertaines et quand la pluie tombe elle est noire puisque c’est la nuit maintenant, non c’est une pluie de cendres et de poussières radioactives, murmure Louis Blondel parvenant à enlacer la jeune femme dans le jardin zen où tout est symbolique, la réalité est contaminée par la mort,
C’est une époque où tout est blanc dans le milieu de la santé, blouse, masque, bonnet, sabots, mur, plafond, couloir, chambre, chariot, sur la blouse blanche les salissures, les taches, les traces des plaies ouvertes, les organes sanguinolents imprimant leur marque sur les flancs des personnels hospitaliers, ce beau blanc inspirant pureté et confiance et professionnalisme des agents médicaux qui se penchent sur votre maladie pour trouver la solution qui vous rendra la force de vivre, et que dire des ouvriers dans les abattoirs qui égorgent les bêtes sans les étourdir, leur tablier blanc maculé du rouge de leur cruauté, sauf que là pour Vivianne aucun écoulement de sang ou suintement de pus, œdèmes, abcès, ne peut souiller la blouse blanche des spécialistes, Vivianne marche sur le carrelage blanc du couloir et s’arrête devant la porte du service neurologique, l’interne, la blouse blanche ouverte sur son thorax cravaté, indique à Vivianne le siège où elle s’assied sans dire un mot, Alors madame ? après un long silence Vivianne commence d’une voix affreusement neutre, j’aime les jardins, il me prenait par le cou, il s’appelle Léon Blondel, il pilotait des avions pendant la guerre, Oui et alors ? C’est normal en temps de guerre, oui mais celui-là c’était un gros avion, je ne sais pas s’il a lui-même appuyé sur le bouton, silence, l’interne fait tourbillonner son stylo bille entre ses doigts sans rien écrire, j’ai des cauchemars docteur, sous les graviers blancs du jardin je vois des milliers de gens se tordre de douleur, j’entends leurs cris, ils réclament de l’eau, leur peau se décolle de leur squelette, les orbites sont vidées de leurs yeux, les bébés qui naissent sont sans bras ou avec deux têtes, Louis Blondel est amoureux de moi, vous comprenez docteur, il me parle tendrement et je ne peux pas le repousser, il me dit que Little Boy était le seul moyen pour arrêter la guerre, il se sent humilié de s’appeler Léon Blondel, à cause des initiales, vous comprenez docteur, nouveau silence, des bruits d’eau gloussent dans la tuyauterie, l’interne regarde Vivianne avec un air bonasse, il dit doucement, Continuez, continuez, sur son carnet il a griffonné des barbouillages, Vivianne continue à répéter les même images avec l’incompréhension du mal qui la ronge, jusqu’au moment où le médecin l’interrompt et lui propose un prochain rendez-vous, D’ici là vous pourrez encore travailler un peu sur vous-même, il lui dit, Vivianne sort un billet de cent francs qu’elle dépose sur le bureau, elle reboutonne le haut de son manteau, un froid glacial se répand en elle, elle cherche la porte blanche entre les murs blancs, l’interne vient à son secours en la lui ouvrant avec le même sourire bonasse qu’il affichait pendant l’entretien, je ne suis pas folle vous savez, Louis Blondel m’a raconté qu’un des officiers dans l’avion se serait écrié « Mon Dieu, qu’avons-nous fait ? » en voyant l’ampleur du champignon de fumée en dessous de lui, Vivianne sort de l’hôpital, une neige fine recouvre le parking, les branches crochues des arbres, tout est blanc, silencieux, se dessinent sur la mince étendue neigeuse les pas de Vivianne qui avance prudemment pour ne pas déranger les morts blottis sous le linceul blanc qui les enveloppe christiquement.
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« Dernier message par Cendres le Aujourd'hui à 10:07:51 »
Merci pour ton texte, qui est en fait un critique de Dieu selon la vision juive, chrétienne et musulmane, qui est d'ailleurs le même dieu. Tu nous apprends que Dieu se parle à lui-même et qu'il entend des voix^^
Ton Dieu, pour ce que j'ai pu en deviner, est d'une forme humaine. J'avais vu un film ou Dieu était d'une apparence de reptile. Pourquoi devrait-il être de forme humaine ? Il pourrait être un animal terrestre, ou une forme totalement différente même.
Tu as fait une faute de frappe. Tu as mis le point sur une nouvelle ligne. "Il se dit même, secrètement, dans certains milieux autorisés, que le bruit de fond de l’univers, capté par les instruments de mesure les plus sophistiqués, ne serait autre que les éclats de rire de Dieu conversant avec lui-même ."
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« Dernier message par Cendres le Aujourd'hui à 09:53:49 »
Merci Hellian pour ta lecture et ton commentaire. Mme Lambris n'était pas si apprécie que cela en réalité^^
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« Dernier message par Cendres le Aujourd'hui à 09:50:51 »
Merci pour le partage de ton texte.
Le sujet est le racisme et la discrimination. Je ne suis pas spécialiste, mais en primaire, si les enfants ont des propos racistes, c'est surtout du a leurs parents (ce qu'ils entendent chez eux). Ils répètent et se comportent comme ils pensent qu'ils doivent agir. Donc la fin avec la mère raciste avec sa fille, je pense que ça conclut cette logique.
Sinon, je ne pense pas que Gabriela cacherait son journal intime dans son cartable. Elle le laisserait chez elle, peut être cachée quelque part, de peur qu'on le lise. Ou alors elle fait cela exprès afin que sa mère le lise.
Pensez-vous que le contrat et rempli ? Oui, je crois. Qu'avez-vous pensé des actions de mon personnage principal ? Elle lui apprend à réagir face à cela. Ne pas accepter. Y a-t-il des parties qui vous ont semblé confuses ou difficiles à suivre ? non aucune
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« Dernier message par EmyMarty le Hier à 23:42:49 »
Voici encore un petit exercice d'écriture dont voici les consignes : Rédigez une histoire (jusqu'à 1 000 mots) en suivant la structure A(Action)B(Background) D (péripéties) C (climax)E (ending) et en incluant au moins une scène complète. En outre, votre histoire doit comporter au moins DIX phrases d'action ascendante.. Pensez-vous que le contrat et rempli ? Qu'avez-vous pensé des actions de mon personnage principal ? Y a-t-il des parties qui vous ont semblé confuses ou difficiles à suivre ? Merci d'avance pour vos commentaires.  Awa hésitait devant le cartable de sa fille. Devait-elle violer son intimité et lire son journal intime ? Sa fille de neuf ans, Gabriela, était une petite fille au tempérament joyeux et studieux. Pourtant, ces derniers jours, elle se montrait morose, sans entrain, et, tous les matins, elle pleurait pour ne pas aller à l’école. Sa mère avait beau la harceler de questions, la cajoler pour la rassurer, elle restait complètement hermétique. Inspirant profondément, Awa ouvrit la tirette du sac à dos de Minnie et saisit le petit livre recouvert de poils roses. Sur les premières pages, la petite fille avait ponctué ses phrases euphoriques, racontant ses merveilleuses aventures du jour, de fleurs, de soleils et de cœurs. La jeune femme, en les parcourant du regard, sourit, attendrie. Mais, au fur et à mesure qu’elle avançait dans le journal, sa bouche se crispa. Plus de petits bonshommes ni de joie. Les mots de l’enfant devenaient de plus en plus tristes et ses dessins, sombres. La lecture de la dernière page la fit frémir. Une seule phrase se répétait sans cesse : « Sauve-moi, maman ! » La gorge nouée, la jeune femme pressa le livre contre sa poitrine et essuya une larme qui lui avait échappé. Elle se frotta le visage pour lui donner une expression la plus neutre possible, puis monta quatre à quatre les marches de l’escalier qui menait à la chambre de Gabriela. La petite fille, en voyant sa mère dans l’embrasure de la porte, son journal à la main, fondit en larmes et courut se blottir dans ses bras. — Désolée d’avoir lu ton journal, dit Awa en serrant la joue de sa fille contre la sienne. Mais je m’inquiète pour toi. — Je sais, maman, ce n’est pas grave. Je voulais que tu saches, mais je n’arrivais pas à te le dire, dit-elle entre deux sanglots. J’avais trop honte. — Et maintenant, tu veux bien me dire ce qu’il se passe ? demanda la jeune maman, les yeux humides, en caressant doucement les cheveux de l’enfant. On te fait du mal à l’école ? La petite hocha la tête tout en se blottissant contre le cou de sa mère. — Qui ? Qu’est-ce qu’ils te font ? — Ils me jettent des pierres et des fruits à la récréation et ils me disent de rentrer chez moi, dans la brousse, répondit Gabriela, les yeux clos et le visage déformé par la détresse. — C’est parce que tu es métisse qu’ils te maltraitent ? — Oui, ils se moquent tout le temps de ma couleur de peau et de mes cheveux. J’ai essayé de leur dire d’arrêter, mais ils continuent. J’en peux plus, maman. Sauve-moi, s’il te plaît. — Crois-moi, ma chérie, je sais ce que tu endures. Pendant longtemps, j’ai subi la même chose quand je travaillais dans les serres de tomates. Oh, pas avec des fruits et des cailloux, bien sûr. La bêtise méchante des adultes est plus subtile que celle de ta cour de récréation, mais elle blesse tout autant. Ils m’insultaient, insinuaient des choses ou se moquaient carrément de moi. J’ai eu beau leur dire d’arrêter, ça n’a rien changé. — Qu’est-ce que tu as fait alors ? demanda la petite fille en séchant ses larmes. — Je ne voulais plus me sentir mal à cause d’eux, alors j’ai fait deux choses. Premièrement, je suis allée voir le patron et je lui ai expliqué la situation. Il a passé un savon à tous les travailleurs qui m’avaient maltraitée et il a même exigé qu’ils s’excusent auprès de moi. Après cela, ils n’ont plus osé s’en prendre à moi et j’ai pu travailler tranquillement. Et toi, dans ton cas, qu’est-ce que tu pourrais faire ? — En parler à ma maîtresse ? — Oui, et même au directeur. Demain matin, je viendrai avec toi pour leur expliquer la situation. — J’ai peur que ce soit pire encore. — Tu crains que ceux qui te maltraitent se vengent ? Non, ne t’inquiète pas. C’est parce qu’ils pensent qu’ils sont intouchables qu’ils osent être si méchants. — Et la deuxième chose ? — Je te l’expliquerai plus tard, quand l’occasion se présentera. La direction et l’enseignante prirent la situation très au sérieux. Elles surveillèrent Gabriela durant les pauses et punirent sévèrement ses persécuteurs. Ceux-ci lui présentèrent leurs excuses, qui, pour certains, semblaient sincères, et durent faire une petite rédaction sur le racisme. Les parents des élèves concernés furent mis au courant et, en très peu de temps, Gabriela put de nouveau apprendre en toute sérénité. La joie avait retrouvé sa place dans le journal intime de Gabriela et la vie redevenait douce et pleine d’espoir. Mais, un dimanche, alors qu’elles étaient assises sur un banc, en train de jeter du pain aux cygnes du parc du village, elles croisèrent une camarade de classe de Gabriela et sa mère, une blonde décolorée. Ce jour-là, Awa et Gabriela étaient vêtues de magnifiques robes sur mesure en wax jaune, décorées de petites fleurs bleues, avec le pagne assorti noué autour de la tête. La blonde et sa fille étaient, elles aussi, assorties : sweat à capuche ample et training. En passant devant leur banc, elles éclatèrent de rire. Se tenant le ventre d’une main et mettant l’autre devant sa bouche sans chercher pour autant à diminuer le ton tonitruant qui en sortait, elle pouffa : « Tu as vu leurs robes bariolées ? On dirait qu’elles partent danser au carnaval. » Awa en resta bouche bée. — Voilà le moment venu de parler de la seconde chose à faire pour ne pas souffrir des propos blessants. Regarde ces cygnes dans l’étang. Tu vois, ils se baignent dans l’eau, mais, grâce à leurs plumes imperméables, ils ne sont pas mouillés et glissent dignement. Nous, c’est pareil, ma chérie. On baigne dans le racisme, mais il faut y être imperméable. Les propos blessants ne doivent pas nous atteindre. Nous devons relever la tête et glisser dignement dessus.
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Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler. Chacun de l'autre moi est un chagrin immense car il disperse en mon être premier un torrent de contraintes ce conflit à l'origine secrète des deux pôles quel est le plus froid
D'un côté la loi et de l'autre ma volonté s'accomplir c'est combattre le monde le fustiger devenir irraisonnable s'offrir à la gratuité de l'instant pauvre éthique scindée immanente ou transcendante
Je refuse d'enterrer mes morts pour entrer dans la famille divine et si le vide passif m'oblige la nudité du néant légende aux deux syllabes me charrie dans ses flots aux couleurs sombres de la tragique véhémence
Les masques que je revêts sont une erreur de transcription les fronts baptismaux de la solitude un double statut je suis nature et connaissance sans possibilité aucune de communication observant l'humanité mon scepticisme donnant un sens seul à la folie
La dure réalité dans le royaume souterrain puisse une force intérieure réaliser l'achèvement attendu
Ubiquité folle tournoyante échapper à l'attentat le plus vil celui qui vise à détruire la conscience la laisser nue inerte en proie aux oiseaux et aux chiens dans l'affolement nocturne de l'histoire
La nécessité de justice s'échappe des écritures canoniques à chaque parole il faut se garder de marcher plus vite que l'ombre sus aux épithalames et aux hypothèses abstraites auxquelles je ne souhaite plaire à la profondeur de l'intuition source de créativité dans laquelle je me délecte un état passager me guide et je choisis cette belle formule d'écrire faire l'amour aux étoiles brillantes du désert et d'écouter la musique aux modulations éblouissantes
l'art du bonheur est en nous car le diable est nous tout déplacement de l'esprit bat la mesure contre la matière
Ce qui ne peut se peindre je ne me dévoile que dans l'amour et ne peux en accoucher d'autres
Le meurtre le viol l'inceste la naissance la mort ne sont que des possibilités des fantômes des fantasmes La possibilité de l'artiste est la peau du corps vécu L'outrage des mots L'outrage de soi La norme convenue ce code implicite cet avilissement
Je vois la chose vécue mais je ne peux pas assumer cette chose vécue
Les icônes les vies saintes un lancer de dés un peu d'ironie quoi d'autre
Alors une jouissance absurde exacerbée
Au son des erreurs passées et à venir Un ronflement de bulles redouble de coquetterie il est seize heures soixante-quatre à une année près je n'aurais jamais décapsulé que cinq mille trois cent cinquante bières pour l'année civile encore en ai-je bu et pu en oublier certaines des centaines d'autres jetées dans un fossé enterrées sous le sable ou dans la terre d'une forêt ma forêt inconnue
Le valium est un substitut rapide mais bien trop long à se substituer au désespoir de toutes ces vaines chicaneries j'implore le silence a la recherche au milieu d'épines et de ronces vers le lieu de la tragédie
Qui du délabrement qui de l'irrépressible qui du grotesque qui du vrai et du faux qui du meilleur au pire
Etant né de travers j'ai toujours pensé qu'aucune ligne ne serait jamais droite et puis voici nos nerfs nos mots nos peaux arrachant la fixité comme un tremblement l'espace de l'impatience résonne de famine le désordre gagne
Les plaies s'ouvrent Touchant la vérité de l'hypothèse Nuit aux nuages blancs d'une blancheur à faire pâlir le vivant
Je te serre et te creuse A l'intérieur de ton oui je demeure
Goût de l'habitude de l'urine inféconde je me pisse sur les doigts corps bus corps beaux je sais que tout est prêt à penser dans l'impensable strip-teaser dieu et Mozart sous la lumière des projecteurs
Atermoiement de la terre noire tends-moi la main je suis un pore une embouchure Un isthme qui se donne en pâture soldat de mer a la signature informe
Fleur de houblon sur l'assassinat bourgeois en une ivresse abrupte Les sons déclament à la file des monceaux d'hébétude de larmes carotides au fond d'un seau
Je te serre et te creuse A l'intérieur de ton oui je demeure soufflons sur la chandelle c'est le jazz mortifère des quatres saisons
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« Dernier message par HELLIAN le Hier à 17:18:44 »
Les enterrements donnent souvent l'occasion de petits règlements de compte. Ici, bonjour l'ambiance ! Cette pauvre Madame Lambris n'est décidément pas très regretté. Je ferai dire une messe pour elle, promis.
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« Dernier message par HELLIAN le Hier à 16:51:06 »
Merci beaucoup de ton appréciation qui m’a vraiment touché.
Oui, c'est vrai que cette histoire peut paraître un peu longue, ce qui, à l'évidence, peut-être dissuasif. Mais il s'agit d'un récit qui a vocation à contribuer aux mythes fondateurs (rien que ça…). Alors, il faut ce qu'il faut. Et puis, ta réaction ne démontre-t-elle pas que le lecteur courageux qui se lance dans le fleuve de ce texte est finalement récompensé ?
Ta remarque sur le tutoiement est très juste, surtout dans une perspective scénique : le vouvoiement installe une distance et une solennité qui peuvent être très efficaces à l’oral.
Pour ce texte, j’ai cependant fait le choix du tutoiement parce que je ne m’adresse pas tant à un public qu’à une conscience — parfois celle du lecteur, parfois la mienne, parfois même celle de Dieu. C’est une voix intérieure, complice, un peu impertinente, qui me semblait incompatible avec le vouvoiement.
Mais ta projection sur scène est très stimulante : dans une interprétation orale, je ne serais pas surpris que le texte gagne justement à être adapté, voire “vouvoié”. Si tel était réellement ton projet, j'aurais plaisir à le retravailler en ce sens.
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« Dernier message par Delnatja le Hier à 09:22:10 »
Bonjour HELLIAN, merci pour ton texte. Waouh, je me suis régalée à le lire en m'imaginant l'interpréter sur scène. Je sais, c'est très présomptueux de ma part. Tout d'abord, j'ai constaté la longueur du texte et j'ai eu peur. Ensuite, j'ai quand même commencé à le lire et je suis finalement arrivé au bout et j'en suis ravie. Par contre, sauf ci, cela est expressément voulu, je pense que le tutoiement du lecteur n'est pas nécessaire et qu'un vouvoiement serait plus adéquate, mais peut-être que je me projette trop sur scène. ne t’en donnerait qu’une faible idée Pas nécessaire de mon point de vue. En plus ton texte me fait penser à une intrication disruptive où 1+1=3 (un truc perso). Belle journée.
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