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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'Ours en Peluche

Auteur Sujet: L'Ours en Peluche  (Lu 1888 fois)

Hors ligne kosmos

  • Tabellion
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L'Ours en Peluche
« le: 13 Août 2013 à 13:35:51 »
C’était l’heure rituelle de la partie de cartes, qui pouvait durer jusqu’en début de soirée. Madee avait frappé à ma porte pour que je vienne lui tenir compagnie et lui porter chance. Je n’avais pas besoin de jouer, juste de regarder, être le témoin de ses jeux comme j’étais celui de son existence, de manière très brève, tel un passager de train qui se mêle à un groupe de voyageurs le temps d’une station et prendra ensuite un chemin différent.

Madee faisait partie de ces jeunes femmes qui avaient quitté la vie rude des rizières thaïlandaises pour faire fortune à Patong, armées seulement de leur jeunesse et de leur beauté. Elles avaient toutes un rêve dans lequel Patong ne devait figurer qu’en brève prémisse, comme un tremplin pour un meilleur ailleurs, mais qui se métamorphosait petit à petit en une lente course contre la vieillesse, ponctuée de moments furtifs à oublier et de longues attentes à emplir.
La pension qui nous abritait était leur refuge, et nous passions des journées à discuter des affres de la vie locale et de ses bonheurs aussi, assis paresseusement autour d'une table qui donnait sur la rue, ou parfois regardions des films d'arts martiaux chinois dans leurs chambres. Entre amitié et séduction, je laissais le temps s’écouler paisiblement en leur compagnie, en attendant d’entreprendre de futures pérégrinations…

Elles jouaient avidement, tout en s'amusant des matoiseries de ce destin miniature qui se faufilait entre leurs doigts et qui comblait tantôt l'une pour prendre à l'autre, puis le contraire. Des sommes qui me paraissaient excessives, mais qui pour elles pouvaient être récupérées en une nuit de travail seulement, changeaient de main à chaque nouvelle brassée de carte. Plus qu'une façon de passer le temps, cela ressemblait à un défi jeté directement au hasard, une façon de se dresser artificiellement au-dessus de ses fourberies.
Etendu sur le lit, je dominais la scène des joueuses assises sur le sol, vêtues  en tenue de nuit à quatre heures de l’après-midi. Elles faisaient semblant de se fâcher, puis de se réconcilier, et leurs rires étaient si vifs qu’il était facile d’oublier que de l’argent était en jeu. Seule Madee paraissait préoccupée, et elle quitta la partie avant son dénouement. Je la suivis discrètement.
Elle entra dans sa chambre d’un pas lourd, et je me tins au coin de la porte d’entrée à l’observer, ne sachant trop si je devais venir perturber sa mélancolie ou la respecter. Elle s’affala sur le bord de son grand lit double, allongea son bras pour atteindre la télécommande posée à terre, et l’écran de télévision suspendu au mur révéla des souvenirs qu’elle m’avait souvent évoqués, un passé dont le bonheur excessif lui renvoyait en pleine figure, brutalement et sans manières, le vide de sa vie actuelle…

C'était une Madee à peine plus jeune qui gesticulait sur l'image un peu granuleuse d’un mauvais enregistrement, tantôt avec un énorme ours en peluche dans les bras, tantôt en train de découvrir, avec extase, toutes les merveilles enfouies dans un frigo deux fois plus grand qu’elle; Madee qui jouait, qui jappait comme un chiot joyeux, qui riait comme une enfant de quatre ans, gâtée, heureuse. C'était l'histoire d'une Cendrillon asiatique et de son court séjour dans un monde où la vie est simple, l’amour et le bonheur sont sans contrepartie. Le pays d’un homme qui devait l’avoir aimée et qu’elle aimait encore, qu’elle attendait. «Bientôt il viendra me chercher», soupira-t-elle sans conviction, puis elle retourna dans ses songes, immobile, les yeux tournés vers un lointain ailleurs.

J'allais partir sans un mot quand je distinguai une ombre se glisser dans sa chambre par la fenêtre entrouverte. Cette fois-ci je devais intervenir et je me précipitai dans la chambre pour la protéger de ce danger que je ne comprenais pas encore… Mais Madee ouvrit grand la fenêtre et s’adressa à l’ombre sans se rendre compte de mon arrivée, comme si je ne faisais que hanter la pièce sans troubler aucunement leur rencontre.
L’ombre n’était pas humaine, et quand elle enveloppa Madee de sa grosse patte molletonnée, Madee, dont le visage s’éclaira pour la première fois, lui demanda si elle pourrait emporter, dans leur long voyage, certaines choses qui lui étaient chères, des bibelots de son existence. L’ombre acquiesça tendrement d'un léger hochement de la tête.
Madee ramassa alors une photo de sa mère puis, les uns après les autres, tous ses souvenirs. Mais au fur et à mesure qu’elle ramassait des objets de ses mains frêles et hâtives, d'autres surgissaient du néant et se posaient pêle-mêle dans sa chambre. Je voulus l’aider mais les objets n’eurent aucune prise à mes mains, comme ma présence ne trouvait étrangement pas prise à ses yeux. Madee continuait alors de ramasser ses objets souvenirs, sans ciller, et c'est seulement parce qu'ils retournaient au néant à son toucher qu'elle parvenait à en réunir plus encore, sans jamais être rassasiée. Souvenir après souvenir, elle semblait rejoindre toutes les trames de son passé en son seul présent, et anéantir, de ce fait même, toute trace de son existence.
Et quand l’ombre d’un gros ours en peluche la souleva enfin vers la fenêtre, qu’ils furent tous deux portés au loin par des vents mystérieux, il ne resta effectivement, comme seuls indices de son passage à Patong, que le lit, la télécommande, et la télévision, vidée des images dont j'avais été le témoin.

Personne, dans la pension, n’évoqua la disparition de Madee. On cessa, d'ailleurs, de parler d'elle, ou de n'importe quel événement qui pût la concerner. Elle n'avait laissé, finalement, qu'un léger sillon dans le labour des vies de Patong : le souvenir, à peine perceptible, d'une enfant qui serre un ours en peluche dans ses bras, quinze ans trop tard.
« Modifié: 03 Décembre 2013 à 00:23:22 par kosmos »

Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 616
  • Pingouin de Patagonie
    • Rêves de comptoir
Re : L'Ours en Peluche
« Réponse #1 le: 13 Août 2013 à 16:28:31 »
Salut
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de bahts
Kézako, une monnaie, de l'argot?
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d'autres surgissaient du néant des meubles,
j'ai pas compris
Citer
le souvenir, à peine perceptible, d'une enfant qui serre un ours en peluche dans ses bras, quinze ans trop tard.
c'est beau

Non, j'ai pas tout pigé je pense, donc j'ai un peu eu du mal
Je crois que je préférais l'autre plus clair.
C'est toujours très fluide au niveau du style

Merci pour ce texte

Hors ligne Sard

  • Plumelette
  • Messages: 14
Re : L'Ours en Peluche
« Réponse #2 le: 13 Août 2013 à 19:45:17 »
Hello, je me permets de faire remonter ce texte ;). Je me baladais sur le forum, batifolant par ci, par là, et ton texte m'a attiré l'oeil. Il est vrai qu'il y a certaines zones d'ombre dans ton texte; par exemple qui est le narrateur exactement, quel est son rôle ici, ou encore l'épisode des images de Pen sur l'écran de télévision... Mais je me suis laissée emporter par ton texte et sa certaine ambiance un peu mélancolique et pleine d'imagination. Je trouve aussi que la dernière phrase est vraiment très belle. Je suis très sensible aux fins des nouvelles. Bref j'ai aimé, la lecture est agréable, et ta nouvelle a produit un effet sur moi. Je pense qu'elle pourrait produire d'avantage d'effet si tu la retravaillais un petit peu, notamment en retravaillant des zones un peu floues... Après j'ai l'impression que ce coté un peu flou fait parti du style de la nouvelle, qui permet des interprétations différentes. Au plaisir de te relire :)

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : L'Ours en Peluche
« Réponse #3 le: 13 Août 2013 à 20:29:40 »
Salut kosmos,

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- Bien sûr, on ne va pas jouer pour rien, quand même!»
il manque une espace entre même et le point d'exclamation

Citer
J'avais perdu assez de bahts
je viens de regarder de quelle monnaie il s'agissait^^

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Pen faisait partie de ces jeunes filles qui avaient quitté la vie rude des rizières thaïlandaises pour faire fortune à Patong, armées seulement de leur jeunesse et de leur beauté, lancées sans s’en rendre compte dans une course cruelle contre le temps et l’âge mûr, ponctuée de moments intenses mais aussi de longues attentes, épreuves nécessaires à l’accomplissement de rêves que chacune gardait au dedans d’elle.
c'est trop long, surtout à partir de "ponctuée de moments..." On perd le fil. "épreuves nécessaires" c'est un peu lourd je trouve.

Citer
J'étais étendu sur le lit et dominais ainsi la scène
étrange de dominer la scène depuis... un lit ?!

Citer
Une fois dans sa chambre, elle allongea son bras pour atteindre la télécommande qui reposait avec désinvolture sur son lit
lol la télécommande désinvolte
un peu de légèreté, non ? elle prit la télécommande de al télévision suffirait à mon sens

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dans un monde où la vie est simple, le confort et le bonheur sont sans contrepartie
sans contrepartie cela m'étonnerait^^

Citer
comme si elle se savait épiée
dis-donc le mec est discret quand même
Qui a réalisé le film sur sa vie ? Tu peux peut-être parler de la qualité de la vidéo (plutôt amateur par exemple, avec tremblements etc.), ça renforcerait la crédibilité du truc je pense.

Citer
Pen lui demanda si elle pouvait emporter certaines choses qui lui étaient chères, des bibelots de son existence.
elle parle tout bas, fort, tout haut ? on entend les autres qui continuent à jouer ? Pour moi ça manque de contexte et je ne comprends pas bien le rôle du narrateur ni où il se trouve pour qu'il puisse voir autant de détails sans être repéré.

Citer
Mais au fur et à mesure que les objets touchaient ses mains frêles et hésitantes, d'autres surgissaient du néant des meubles, et c'est seulement parce qu'ils se fondaient ensuite avec son corps qu'elle parvenait à en réunir plus encore, sans jamais être rassasiée.
hum le "et c'est seulement parce que" que je ne comprends pas parce que pour moi le lien logique n'est pas clair.

Citer
Et quand elle disparut de la pièce, portée au loin par un ours et des vents mystérieux
je pensais qu'elle s'effaçait, pas qu'elle était emportée.

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Elle n'avait laissé, finalement, qu'un léger sillon dans le labour des vies de Patong: le souvenir, à peine perceptible, d'une enfant qui serre un ours en peluche dans ses bras, quinze ans trop tard.
belle fin !
(espace avant le deux points)



C'est une très jolie fin mais malheureusement, je trouve que le reste du texte ne suit pas. J'aime bien le fantastique mais même s'il se passe des choses bizarres, il faut un minimum de crédibilité, ou à tout le moins de la cohérence. Je pense que rendre certaines phrases plus légères, accentuer davantage le cadre (la description des bruits, des sons, des couleurs autour ; de la position du narrateur, de son intérêt spécial pour elle), pourraient renforcer l'effet déstabilisant qu'il y a à observer le drôle de manège et la disparition de Pen.

Hors ligne HB

  • Prophète
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Re : Re : L'Ours en Peluche
« Réponse #4 le: 13 Août 2013 à 20:40:13 »
ton texte m'a attiré l'oeil.
Heureusement qu'il t'en reste un !  :D
D'accord avec toi, Sard, et merci d'avoir remonté ce texte.  :)

J'aime bien ce que tu écris, kosmos. Sais pas quoi dire de plus.

Pen fait penser à Le Pen... j'avais jamais pensé à Jean-Marie Le Stylo avant...




Hors ligne kosmos

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : L'Ours en Peluche
« Réponse #5 le: 16 Août 2013 à 12:56:32 »
Merci beaucoup pour tous ces commentaires, c'est le premier texte "moins travaille que les autres" que j'ai mis sur ce site, et aussi le "premier texte qui me plait moins que les autres"... Et ca n'a pas rate, j'ai eu plein de suggestions, toutes tres justes je trouve, qui vont m'aider a le retravailler! (j'etais un peu bloque et peu etre trop pres du texte pour voir ce qui clochait...)

Merci merci je vais pouvoir plancher dessus!

Hors ligne holden5

  • Prophète
  • Messages: 753
Re : L'Ours en Peluche
« Réponse #6 le: 16 Août 2013 à 13:37:22 »


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Pen faisait partie de ces jeunes filles qui avaient quitté la vie rude des rizières thaïlandaises pour faire fortune à Patong, armées seulement de leur jeunesse et de leur beauté, lancées sans s’en rendre compte dans une course cruelle contre le temps et l’âge mûr, ponctuée de moments intenses mais aussi de longues attentes, épreuves nécessaires à l’accomplissement de rêves que chacune gardait au dedans d’elle. Elles étaient plusieurs dans cette pension, et nous passions des journées à discuter des affres de la vie locale et de ses bonheurs aussi, assis paresseusement autour d'une table qui donnait sur la rue, ou parfois regardions des films d'arts martiaux chinois dans leurs chambres. Entre amitié et séduction, je laissais le temps s’écouler paisiblement en leur compagnie, en attendant d’entreprendre de futures pérégrinations…
C'est beau. Mais effectivement, on se demande qui est le narrateur dans cette histoire! :-)

Citer
Elles jouaient avidement, tout en s'amusant des matoiseries de ce destin miniature qui se faufilait entre leurs doigts et qui comblait tantôt l'une pour prendre à l'autre, puis le contraire. Des sommes qui me paraissaient excessives mais qui pour elles pouvaient être récupérées en une nuit de travail seulement changeaient de main à chaque nouvelle brassée de carte. Plus qu'une façon de passer le temps, cela ressemblait à un défi jeté directement au hasard, une façon de se dresser artificiellement au-dessus de ses fourberies.
J'aime beaucoup ce passage.  J'ai juste buté sur la deuxième phrase à cause la ponctuation: je mettrais une virgule avant "mais" et après "seulement".

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J'étais étendu sur le lit et dominais ainsi la scène, dans un délassement agréable, le regard suivant les gestes et les courbes des joueuses
.
Comme dit plus haut, ça fait bizarre de dominer une scène depuis un lit. Du coup, j'ai imaginé un lit superposé... Et quand tu dis "les courbes", je ne sais pas s'il y a une connotation érotique ou non.
 
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Elles faisaient semblant de se fâcher, puis de se réconcilier, et leurs rires étaient si vifs qu’il était facile d’oublier que de l’argent était en jeu. Seule Pen paraissait préoccupée, et elle quitta la partie avant son dénouement. Je la suivis discrètement.
Je me représente bien la scène!

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Une fois dans sa chambre, elle allongea son bras pour atteindre la télécommande qui reposait avec désinvolture sur son lit, et je me tournai vers l’écran de télévision suspendu au mur…
Si le narrateur n'est pas dans la chambre, c'est un peu étrange qu'il "se tourne" vers l'écran qui est à l'intérieur. Peut-être plutôt un truc comme "je levai les yeux vers"...


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C'était Pen qui gesticulait sur l'image, tantôt avec un énorme ours en peluche dans les bras, tantôt en train de découvrir, avec extase, toutes les merveilles enfouies dans un frigo deux fois plus grand qu’elle; Pen qui jouait, qui jappait comme un chiot joyeux, qui riait comme une enfant de quatre ans, gâtée, heureuse. C'était l'histoire d'une Cendrillon asiatique et de son voyage dans un monde où la vie est simple, le confort et le bonheur sont sans contrepartie. Le pays d’un homme qui devait l’avoir aimée et qu’elle aimait encore, qu’elle attendait. «Bientôt il viendra me chercher», soupira-t-elle, comme si elle se savait épiée. Puis elle retourna dans ses songes, immobile, les yeux tournés vers l'Ouest.
Si j'ai bien compris, c'est un film où l'on voit Pen déjà adulte mais jouant comme une enfant? Ce paragraphe manque un peu de clarté à mon avis.
+ "Les yeux tournés vers l'Ouest", je ne trouve pas ça très facile à se représenter.

 
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Mais au fur et à mesure que les objets touchaient ses mains frêles et hésitantes, d'autres surgissaient du néant des meubles, et c'est seulement parce qu'ils se fondaient ensuite avec son corps qu'elle parvenait à en réunir plus encore, sans jamais être rassasiée. Comme si elle rejoignait toutes les trames de son passé en son seul présent, afin d'anéantir, par ce geste même, sa propre existence.


C'est le passage le plus obscur pour moi.


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Et quand elle disparut de la pièce, portée au loin par un ours et des vents mystérieux, il ne resta effectivement, comme seuls indices de son passage à Patong, que le lit, la télécommande, et la télévision, vidée des images dont j'avais été le témoin.



Citer
Personne, dans la pension, ne fit mention de la disparition de Pen. On cessa, d'ailleurs, de parler d'elle, ou de n'importe quel événement qui pu la concerner. Elle n'avait laissé, finalement, qu'un léger sillon dans le labour des vies de Patong: le souvenir, à peine perceptible, d'une enfant qui serre un ours en peluche dans ses bras, quinze ans trop tard.
- "ne fit mention de la disparition" : formule un peu lourde
- orth: qui pût la concerner
- Finalement : je pinaille, mais je trouve que "finalement" est un peu familier par rapport au ton poétique du texte



Très beau texte avec des parts d'ombres qui mériteraient d'être un peu éclaircies, comme cela a déjà été dit. Le sujet sort de l'ordinaire et est traité de façon inspirée. :-)

Hors ligne kosmos

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : L'Ours en Peluche
« Réponse #7 le: 19 Août 2013 à 19:46:18 »
voila voila le texte a ete retravaille et tous vos commentaires m'ont vraiment beaucoup aide!

Est-ce que le texte se lit mieux maintenant? (j'ai essaye d'enlever certaines lourdeurs et de rendre le texte un peu plus clair mais en preservant tout de meme un peu de poesie et de mystere, pas facile de trouver le juste milieu...)

 


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