Le Monde de L'Écriture

Encore plus loin dans l'écriture ! => Aventures au long cours => Carnets de bord => Discussion démarrée par: Dot Quote le 14 juin 2020 à 11:24:28

Titre: Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 14 juin 2020 à 11:24:28
Spèces
carnet de bord

(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15921256795337016345839918550996.jpg)


Hmmbon, malgré tout l'irrespect que je dois au 'roman' de mes considérations post-apocalyptiques, eh bien, j'en poursuis encore un dans l'espoir presque infantile de vouloir l'attraper ; mmhbon, ça s'appelle Spèces, et ça parle de notre espèce... De NOS espèces ! En fait la fiction sera humaine mais la réflexion plus universelle je pense, et tout ceci autour d'une idée pseudo-darwiniste qui dit qu'on a pas toujours été de la même espèces dans la lignée de la vie, en démontrent la multiplicité et les divergences indubitables de ladite vie sur terre, en tous cas. Bréf : un humain un peu SF va vivre un glissement d'espèce, de l'humain qu'il connait dans ses livres d'histoire, à un humain sensiblement différent, notamment par le biais de la biologie, lieu de son évolution morphologique, qui servira d'illustration métaphorique le long du propos, afin d'amener des réflexions éclectiques qui me caractériseraient autour de la thématique...

Oualà.
Alors je tiens tout d'abord à remercier quelques personnes qui m'ont permis de me lancer dans ce projet :
- Ariane : ce n'est pas la généalogie la plus primale que j'ai, mais sans toi je n'aurais jamais lancé la dynamique synthétique de mon ambition en un mind-mapping qui est encore flou à l'heure actuelle...
- Zamy : tu m'as vendu l'idée du carnet à ce point que je sens que je vais l'user au delà de mon incapacité naturelle à ne pas savoir m'en servir, et ça va me servir !
- Miromensil : inspiration atemporelle sur ce que je me fais de vaste et appliqué dans un travail à la fois secret et mystérieux, mais surtout dédié à la tenacité dans le temps, l'effort, la cohésion...
- Tous ceux qui soutiennent, touchent ou sont touchés par ce que je fais en général et ici en particulier !

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Donc, en espérant parvenir à organiser un travail cool ici et autour du sujet, je me permet de poper dans ce bureau-espace-de-travail super cool qu'est la section

:)
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Miromensil le 16 juin 2020 à 21:16:02
espèce de
bachibouzouk

"un humain un peu SF va vivre un glissement d'espèce"
c'est-à-dire : toi ?  8|

"de l'humain qu'il connait dans ses livres d'histoire, à un humain sensiblement différent"
comment ça différent ? c'est flou ça "différent"

cé joli les images didju, on peut en déduire que ton carnet est un vrai carnet en pages et en ratures ? et c'est quoi ce papier craft qu'on aperçoit ?
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 16 juin 2020 à 21:36:58
mille tonnerres !

hihu, le moi fictif d'un moi réel hallucinant des trucs ^.^' (mais chuuut)
huhi, différent comme cela s'articulera approximativement si je m'y mets, ce dont je doute en fait (mais chuuut)

yayé, un vrai carnet oui, que j'ai trouvé chez moi après l'avoir repéré
je crois pas qu'il y ait de ratures, à la limite quelques gribouillis organisés du côté entamé que j'ai mis à l'envers
quant au papier craft il est la couverture qui tient chaud à des pages à quoi j'aimerais rendre tout l'honneur papiesque

plus qu'un plaisir de recevoir ta réaction : un honneur

(j'aurais envie de dire : moule à gaufre ! mais je dois ajouter que c'est au moins aussi positif que bachibouzouk)
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 20 juin 2020 à 09:02:20
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15926362726866416520907956585529.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15926362740448973331960371635963.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15926362745234699623701757384703.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15926362731814679337725258456890.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15926362736145943042950284206672.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15926362715755027979388082255069.jpg)
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Ariane le 20 juin 2020 à 21:16:58
Salut !
J'aime bien le format papier :) est-ce que tu as commencé aussi à rédiger en parallèle ou bien pour l'instant c'est uniquement sous cette forme-ci ?
Le mind-mapping, il me semblait justement que c'est toi qui m'en avais parlé ! ^^
Bon courage pour ton projet !
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Rémi le 20 juin 2020 à 21:35:03
C'est très chouette, ce carnet. Me semble très libre, aérien et prometteur.
Bon projet à toi !
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 20 juin 2020 à 23:59:04
c'est compliqué
merci de votre soutien
j'ajoute donc oui
ce mind-mapping
qui initia le tout
suite à notre discussion Ariane

(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/spc3a8ces-gimped-v1.png)
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 28 juin 2020 à 15:09:05
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15933495504614368893932492736893.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/06/wp-15933495513541611238555051657161.jpg)
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Ariane le 30 juin 2020 à 10:21:41
Un petit mot pour dire que j'aime bien tes deux derniers poèmes :) ce qui est surprenant car d'habitude j'ai besoin d'une trame narrative plus explicite, mais ici ils me plaisent très bien tels quels. Surtout les deux chutes, à chaque fois.

Bon courage dans ton écriture :) .
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 04 juillet 2020 à 18:49:20
merci Ariane de ton impression :)
en suite :


(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/07/wp-15938811833462653706112755093273.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/07/wp-15938811820742409379078420693431.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/07/wp-15938811827776134341879202979213.jpg)
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Miromensil le 08 juillet 2020 à 21:35:02
une jolie écriture pour une errance intérieure moins jolie : (<- smiley incomplet, je ne savais pas comment terminer ma phrase)

Titre: faudrairetrouvelecarne
Posté par: Dot Quote le 25 septembre 2020 à 15:44:28
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/norm-hight-left-copie.png)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/top-hr.png)
L'art de la tartine
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/norm-hight-left.png)(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/one-hr.png)

Hecto joue sur une dix mesures
Dix lignes qui flûtent une mélodie
Organisée jusqu'au paradis
D'une démesure des engourdis

Lorsqu'il se réveille cette après-midi, son corps n'est que ruine. Les planches ont tordu leur morphologie à l'aide du temps qui coule, qui craque, et tout à leurs clous rouillés dorénavant, elles rendent une âme grinçante dans un corps emmuré. Les arches de roches taillées, ont vu les mousses grimper et les racines farfouiller, petit-à-petit, dans les interstices, dans les failles, dans les crevasses et les fractures ; tout s'effondre lentement. Les ponts ne s'élèvent plus, ils restent à hauteur de la musique.

Hecto arpente donc, les ruine de son esprit, de son corps, ces paysages vides qui n'attendent plus ce qui se remplissait. La nature reprend l'inertie d'une traque à la mort, perpétuelle, et Hecto la trouve, souvent.

Hecto prend un café et un bain de pied. Joint à la fluidité universelle, la vie moléculaire, il traîne sa conscience à-demi là, pendant que l'eau chaude lui décrasse les racines. Le café dégouline étrangement dans son intestin, alors qu'il est là assis, à moitié recroquevillé dans la baignoire-sabot. Il regarde sous l'eau, et n'y voit que des pieds. Le carrelage est comme un fond de page. Et le café coule étrangement, car de perception à moitié hallucinée, il sent bien, Hecto, que son œsophage est plié, courbé, ou du moins transmorphé de sa position moins fœtale qu'habituellement il est pour lui de déguster. Alors la mélodie de sa portée joue les dix mesures, et un air commence à chanter.

Synesthésiquement parlant, le temps et le corps, c'est comme l'harmonie et le rythme, tout comme un peu les notes de la mélodie. Et aujourd'hui, sur la dix mesure, Hecto pince des cordes pour que le chant perdure.

Son gras du bide demande moins de place. Il veut se confiner à la réaction de ce recroquevillement assis. S'amoindrir. Il sollicite des abdominaux qui en ont assez de se rétracter, et voudraient au contraire, se gonfler, partir vers ce lieu interdit qu'est le rond de ventre, et pourtant. Pourtant lorsque Hecto déplace ses plantes de pieds noyés en un recalibrage des assiettes, il déstabilise à l'ouverture des rotules qui entrainent des fémurs, et le bassin s'ouvre lui aussi, et la colonne subit sa lordose nouvelle, libérant alors, de quelques millimètres, la condition sine qua non, à quelques secondes de ventre rond pas gras, pendant que quelques muscles du dos s'éveillent...

Son dos qui est voûté. Les épaules n'ont jamais suivi cet engouement à la volonté de voler, de porter des ailes invisibles, et de maintenir ce qui aujourd'hui se ratatine.

Les millimètres gagnés sont exponentiels.
Lorsque par-ci par là ils tombent dans le jeu du puzzle depaule, ils se retrouvent ailleurs car s'auto-génèrent et entretiennent par dépassement d'un seuil de renouvellement, une dynamie qui l'a lancé, Hecto, mais que lui-même n'est pas sûr d'avoir bien ausculté assez pour en savoir la teneur de réussite. Hecto se demande donc, si un de ces jours, il ne sera pas une momie vivante. Si la ratatine ne l'aura pas rattrapé. Lorsque les côtes se plient, elles tirent là parfois sur les muscles d'un cou atrophié, pendu au visage dégarni et sans face d'un Hecto qui ne sait pas vraiment ce qu'il fait dans son bain, là, vraiment, à savoir ce qu'il n'y a pas plus qu'autant, de l'eau, qui le connecte à l'univers.

Il subit, par ratatine, un affaissement de ses symétries, et ça la mélodie est étrangement faite, car elle se résout par elle-même d'un étrange lui aussi, mouvement de retour vers elle-même, il lui suffit d'un ordre, d'une volonté, et tout se replie vers l'axe, lui, et alors il dératatine sur ce plan de la question, il réénergise, il augmente par millimètres tombés dans le puzzle, le puzzle.

Et puis dans ce bain fœtal, des épaules se lancent en avant, et la musique se danse, c'est l'histoire oui, d'une synesthésie, entre le temps et le corps, perçues comme une musique, qui se danse.

Mais pour l'instant Hecto dort encore, car il sait, qu'il a tort. Il ne veut pas se lever, il veut rester dans sa réalité, celle du rêve qui ne s'interrompt que pour un cauchemar.
La douleur de sentir ces notes trop lourdes pour la portée, des lignes qui elles-mêmes salissent le papier, d'une clé d'ouverture facile à tracer, mais dont la symbolique reste parfois trop emmurée ; dans ? Hecto renifle, il grommelle, il grince, et son café dégouline à nouveau dans un œsophage nouveau. Demain ce sera son foie, son coeur, son cerveau. Aujourd'hui c'est les abdominaux, car il veulent se confiner, en rire peut-être, là est-ce un des efforts dévolus à l'abdominal ?

Les intestins doivent alors suivre, mais il n'y a pas trop de nerfs là-bas dedans... à l'aveugle.

Des techniques de pliage. Des textures organiques en travail intuitif et sensible. Pourquoi un bain de pied ? Parce que se tenir debout demande un travail qui nécessite de l'eau, parfois, car celle-ci apaise et répare. Et se tenir debout, c'est sur des pieds qui ne devraient pas s'atrophier...

Le café lui, est un neurotoxique, et lorsqu'il agresse le fond de la gorge d'Hecto, c'est pour élargir ses amygdales, et la cavité se muscle pour ne pas subir la ratatine, et ne pas s'effondrer, lentement, si lentement...

Hecto ronfle dans son bain.
Ses genoux le tirent un peu, il n'en est pas certain. Toute cette géométrie est fatigante, mais il ne doit pas se casser, s'épuiser pour autant ; d'où l'effort à visée constante, l'amélioration du cent-pour-cent du son de la mélodie. Et parfois, il faut une corde doucement pincée aux genoux afin que la vibration continue. Relancer la dératatine, ce qui fait tomber d'autres millimètres, par tension là, détension ci, et ouverture après. Il faut jouer des interrupteurs, ouvrir des vannes, fermer, et Hecto ne sait pas du tout ce qu'il fait. Il est là, il suit un manuel interne qu'il s'est forgé alors que rien ne saurait le valider. Il suit le puzzle depaule. Il suit la musique du temps. Il suit son corps. Là il écoute.

Son bras qui joue la portée de son instrument. Qui porte le café à ses lèvres, parce que le compositeur l'a demandé. Et les lèvres de se dresser, les cervicales de se tournicoter. Des zones insoupçonnées s'éclairent, s'illuminent, s'allument et puis s'éteignent, laissent à d'autres le loisir de conscientiser Hecto à lui-même. Il est ce curseur sur les dix mesures. Et c'est tout.

Visser, dévisser.
Le puzzle depaule.

(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/top-hr.png)
signed :
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/07/avatar-neutr.png)
Titre: retrouved
Posté par: Dot Quote le 27 septembre 2020 à 21:55:12
il était sous mon lit le carnet x')
faudra que je garde un truc dessus, mais en vrai ça me déconcentre trop ces formats
je fais que du néant dessus

tu me diras, c'pas mieux ma prose présente
mais je m'éclate mieux sur un clavier

pis au moins c'est direct utilisable, alors que des photos de carnet bon c'est joli quoi hein

et puis cette histoire, c'comme les autres, je la vis largement mieux dans ma tête que je ne l'écris
j'voulais être écrivain pour le loisir moi, mais avant tout j'suis un rêveur

brééééf, c'est mon fil, je flood un tantinet mais pas tant, ça me sert, ces mots, mine de rien
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 30 septembre 2020 à 14:41:00
(https://vesontiophoto.files.wordpress.com/2020/09/wp-16014693738387257378610325670063.jpg)
(https://vesontiophoto.files.wordpress.com/2020/09/wp-16014693731632176359227151224200.jpg)
(https://vesontiophoto.files.wordpress.com/2020/09/wp-16014693724272860836499883909759.jpg)
Titre: L'éternité de cette nuit - defi de vinzWallbreaker
Posté par: Dot Quote le 01 octobre 2020 à 17:09:56
Je me rends content :
- de ce bout incarné de ce que je me figurais d'une fiction que je n'écrirai jamais, mais qui pourtant ici, habite quelque chose
- d'avoir répondu au défi de vinzWallbreaker
- d'avoir perdu du temps à l'inconscience inhérente à l'acte
- d'avoir presque tenu les trois heures suggérées
- d'avoir géré l'écriture, la lecture, la correction en un touti dont je n'étais pas sûr de savoir me rendre fier

Je me rends pas content :
- du fait que c'est une prose un peu pudique mais que je me force à faire, pour des raisons qui m'appartiennent mais que j'ai du mal à assumer
- d'avoir répondu au défi de vinzWallbreaker
- d'avoir gagné du temps à perdre
- de ne pas avoir été intérieur durant cet exercice d'extériorisation
- de ne pas avoir tenu les trois heures suggérées, mais pfiou
- pis truc

(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/norm-hight-left-copie.png)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/top-hr.png)
l'éternité de cette nuit - défi de vinzWallbreaker
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/norm-hight-left.png)(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/one-hr.png)

Afin de rendre un compte d'une éternité, il m'apparaît évident que l'utilisation du présent se révèle dans l'efficacité de l'instant éternel, l'étirement du temps qui n'est que temps additionné à lui-même, non dans l'une de ses dimensions communes, comme le peut afficher la trotteuse d'une montre scrupuleuse, mais bien dans l'autre qu'il développe de plus personnel, ce temps perceptible en fonction de mon attention un peu enfermée, lors de cette nuit éternelle un peu fictive, qui va recommencer pour moi maintenant que je m'apprête à l'écrire.

Le propos risque encore plus d'être personnel qu'à mon accoutumée, je crois même que je vais me délester au maximum des effets de fiction qui me protègent habituellement des reproches, des moqueries, des jugements. Non, ici rien n'est plus lamentablement vide que ma nuit mortelle, mon ennui terrible, le néant acté, total, immersif par ce qui le tient de profondément solitaire et donc, intérieur, personnel et intraduisible peut-être, quoique j'en tente l'exercice.

Il est minuit, je me réveille.
Minuit pile. L'heure du crime.
Celui de mon sommeil. Il a commencé normalement au début de la nuit, un peu après en réalité, mais est-il besoin de le préciser ? Dans tous les cas j'ai bien dormi. Une ou deux heures m'ont suffi pour avoir les yeux écarquillés, et pleinement conscient, j'ai sauté du lit avant même de réaliser que ma volonté à me rendormir, me faisant défaut pour quelques angoisses existentielles, aurait quelque chose de salvateur si je n'étais pas accroché à l'idée de venir à bout de la conscience de mon existence, d'acter pleinement ce qui fait de moi ce truc, ce curseur, sur le temps d'une vie un peu morose, beaucoup.
Et ainsi je saute depuis la couette pour atterrir dans la cacophonie silencieuse qui m'attend sur le sol : le caleçon que j'ai abandonné avant de me coucher grince de manière feutrée. Je me prends les pieds dans un chausson, et pour me rattraper je marche sur un embout de câble qui me déséquilibre. Encore un peu dans l'inertie somatique de mes rêves absents, je pose alors une main sur le mur et y écrase une mouche inopportune. Ce qui me fait vaciller de dégoût, et alors que mon dos se retourne, je manque de m'effondrer au milieu du tas de fringues posé en montagne juste à côté. Et puis un papier traînant là dénature ma sensation de quiétude spatialisée, et je me prends à nouveau les pieds, avant de parvenir à me tenir à peu près stable, entre une boîte à lunettes et un pot de café vide, tous deux là parce que ma poubelle est pleine, et que même si elle était vide, elle est loin, et que même si elle était proche, je n'aime pas les poubelles et ce qu'il y a dedans.
Ma conscience atterrit alors : réveillé.
Mon corps n'est pas encore là, lui.
Il est tout engourdi, et alors qu'il se démange à lui-même de sortir de la stase amorphe du sommeil, je lui suggère de pas trop se brusquer, comme à tous mes réveils, en vain. Il n'en fait qu'à une tête absente, et chaque 'matin' est le même : sursaut d'éveil, chute dans la réalité, bond depuis le matelas jusqu'au sol crasseux et embourbé, le lino en forme de parquet qui ne ressemble plus qu'à une tranche de plastique vieilli par mon usage négligé de mes plantes de pieds.
Mes plantes de pieds, elles, ne sont plus très stables depuis que mes genoux tente de se rendre parallèles. Lorsque je me suis endormi, ceux-ci étaient encore un peu chauds de mes agitations impatientes, et ils se sont refroidis d'immobilisme tandis que mes rêves cannabiques étaient bel et bien absents, par effet physiologique de cette drogue que je ne vais pas tout de suite prendre en considération dans une utilisation presque omnitemporelle. En attendant donc, les quelques instants nécessaires à mon équilibre, le corps en pâte mâchée qui me sert de navire pour l'âme de mon esprit, tente de rester intègre et droit au milieu des chaussettes nues et poussiéreuses, des fils abandonnés, des mouchoirs que je respire, de quelques autres accessoires inutiles et abandonnés à-même ce sol un peu exigu qui l'est encore plus, depuis que je l'occupe inutilement.

Mes mains tordent des muscles étrangement révélés après la mise-à-jour corporelle effectuée durant mon sommeil. La rotation de quelques degrés d'angle aux articulations me renvoient des influx nerveux étrangers de moi, et je dois donc consciemment me réhabituer à cet état somatique. Les coudes, les poignets, toutes ces jointures travaillent à leur rythme, et je sens que la ratatine est quelque part, ici, cachée.

Je regarde l'heure : minuit et quelques secondes.

Et puis une ellipse de conscience. A une heure vingt-deux, je ne pense pas que mes épaules soient les premères à se réveiller dans ce corps ratatine, mais ce sont elles qui me réveillent. Je suis debout, nu, une clope dans une main et un café dans l'autre. Que fais-je ? Aucune idée. Sûrement la pause d'un état déjà bien assez végétatif pour que toute action aussi néantique que le rien, me soit passée dans la trappe amémorielle de mon esprit à trous. Mes épaules donc, officient la résolution de leur puzzle de retour à la symétrie. Une clavicule habituée  à se positionner devant de l'autre, travaille un peu à revenir, tandis que l'autre avance. Des mouvements qu'une jolie fille prétentieuse aurait dénigré en disant :
- Celui-là il roule un peu trop des mécaniques...
Elle aurait tort. Mais pas si elle disait que j'ai un surplus de gras. Non plus si elle remarquait l'atrophie de ma morphologie passable. Non plus si elle diagnostiquait l'affaissement général de ma ratatine. Mais non, tout ce qu'elle verrait, c'est que j'ai des épaules d'homme, et que celles-ci ne supportent ni de décolleté ni ne disposent de la grâce et de la finesse que je ne présente que de forme bisornue, un peu carrée, un peu plus taillée dans les reliefs osseux et musculaires de ma morphologie.
La jolie fille prétentieuse, d'ailleurs, je lui dirais bien, à elle si elle existait, qu'elle me ravie de son outrecuidance. Dans l'instant avec mon café dans l'une main et ma clope dans l'autre, je ténèbre de celles qui m'ont habituées à leur humilité écrasée. Elles et leur ego minuscule, je ne peux pas leur laisser le loisir d'être fières, puisqu'elles même ne veulent pas de cette fierté. Mais je ne vais pas généraliser. Déjà parce que la jolie fille n'existe que dans ma tête, ensuite parce qu'elle n'est ni la seule ni seulement timidement écrasée, et enfin parce que je ne suis pas sûr, ni d'interpréter à la juste mesure cette prudence à l'affirmation d'un elle-même qui a quand même ses raisons propres de croire en elle, ni de justifier en quoi tout ceci pourrait être ou ne pas être.
Et alors.
Alors je pense à cette jolie fille fictive, hétérosexuelle par ma force inouïe à rêver mon idéal, et pourtant. Pourtant mon sexe ne se lèvera pas malgré ma nudité, malgré ma frustration, malgré sa fonction physiologique. Non, car je ne suis pas réveillé tout-à-fait, déjà. Et puis ensuite parce que cela fait bien longtemps, trop peut-être, que je n'ai plus de pensées vraiment tournées vers cette jolie fille, même lorsque mon sexe se lève et que je me lasse de son inutilité.

Mais penser à ce sexe fait avancer le puzzle depaule.
Mon bassin à moitié fracturé dans ses continuités nerveuses, tente de se réapproprier une existence. Ma toison dépasse de la verticalité relative de mon profil. Je sens mes épaules tournebiscoter, et ma colonne vertébral onduler. Je sens mes lombaires tenter de sortir d'une statufixion qui me paralyse. Et mon bassin de s'avancer un peu contre la lordose pathologique qu'aucune jolie fille n'irait juger sur le plan de la santé.

Ma clope et mon café se terminent.
Un rien plus tard et je me réveille à nouveau. Je suis assis sur mon fauteuil, et cette fois-ci ce sont mes doigts qui m'ont rappelés. L'annulaire gauche est douloureux. Un pincement de nerfs en amont me fait quelques crampes de temps en temps, en un engourdissement du membre assez général. Je suis en train de pianoter un truc sur un clavier, non ? On dirait en tout cas. Que suis-je vraiment, dans cette inconscience d'esprit au corps ?
Je pianote un autre coup, mais pas sur le clavier. Dans l'air, comme ça, pour décontracter l'annulaire. Ce qui tire des millimètres de tensions et détensions de paume, de poignet... Et tout ceci remonte lentement alors que mes bras tendus se réajustent, crois-je de la ratatine. Au bout de quelques secondes anaérobiques, ce sont mes pectoraux ainsi sollicités pour supporter le poids en avant, qui se réveillent d'effort. Les deux gauches et les deux droits, tellement asymétriques depuis que je ne suis pas fier de moi et que je courbe les épaules. Atrophiés, même. Ils ne sont rien. Je suis plat, sans autre relief que le gras de mes tétons qui pendent. Les poils de mon torse m'apparaissent si peu soyeux. Je suis un rat malade, dans son laboratoire, je perds un semblant de pillosité dégueulasse, sur une peau qui n'est pourtant pas du tout glabre comme peut l'être celle des jolis garçons des magazines et des publicités.
Ces garçons-là sont irréels pour moi. J'aimerais leur ressembler, et pourtant même dans un passé où j'étais plus à mon corps qu'aujourd'hui, le travail de l'esthétique de ma morphologie n'a jamais abouti à un résultat satisfaisant.
Seulement m'a-t-il fallu presque mourir de ratatine pour me relancer dans l'entretien de mon corps. Me demandé-je alors :
- Santé et esthétique sont-elles si distinctes que ça ?

C'est une chaussette qui me réveille, parce que je marche dessus ; et non dedans.
Mon corps est toujours nu, j'ai eu la flemme de l'habiller. Il fait un peu frais dans mon appartement, car l'hiver passe par la fenêtre un peu ouverte. Le radiateur le combat avec action, mais sans trop de persévérence non plus ; il n'est pas à fond, mais il crée un courant d'air qui me rappelle à la sensation de mon épiderme. Celui-ci, depuis que je me dératatine, est parfois sollicité à la torsion, parfois à la tension, parfois au repli. Cette peau qui me limite, qui m'entoure, qui me contient, est élastique. Elle est un peu bronzée l'été lorsque je sors pour profiter des rayons énergétiques du soleil, et l'hiver sa blancheur est faussée par le noir de ma pillosité d'homme un peu plus poilu que les hommes poilus. J'assume, maintenant. Cela n'a pas toujours été le cas. Et ils sont relativement absents du puzzle depaule pour que je leur accorde la friction nécessaire à leur évolution.
C'est pudique, mais à l'époque où je faisais du monocycle, j'avais douloureusement découvert qu'on peut se lustrer la peau à force de la frotter sur la selle, même à travers des vêtements socialement acceptés. Ici là, je divague dans ma nuit, et me revient en mémoire cette remarque qu'une jolie fille m'avait soumise, comme quoi il n'était pas étonnant que je ne sois pas sensible aux massages, comme la plupart des hommes qui se font trop tirer les moustaches de corps.
Et puis je me réveille à nouveau. La chaussette sous mon pied n'a pas bougée. Quel temps à ma réflexion ? Ai-je été immobile, perché sur ma chaussette, ou bien ai-je vibré d'une certaine manière durant mon absence ?

Mes genoux voudraient trembler de ma peur omniprésente, celle que je ressens à chaque instant de mon existence cloisonée ; je me cloisonne par celle-ci, ce qui l'entretient.

Alors je me gratte l'épaule.
Cela allume à nouveau l'asymétrie. Mon pectoral crie vengeance, ma clavicule se dénature, mon omoplate subit. Et puis c'est tous les dorsaux, les dentelés, les côtes, les flancs, qui se questionnent sur le pourquoi du comment de ce geste anodin. Se gratter l'épaule.
D'une fixation un peu psychorigide, je réajuste : gratter l'autre épaule.
La sensation est tellement différente. Ma colonne vertébrale se demande pourquoi je ne suis pas le même des deux de ses côtés, et je veux lui répondre que c'est là tout le problème de son affaissement graduel. Mon passé, abandonné du corps, l'a vu progressivement perdre ses appuis, ses supports, et les disques se sont ratatinés dans tous les sens. Comme un flan solide qui se serait effondré un peu, affaibli par le manque de tension.
Rien de bien palpable, jusqu'à ce qu'il ne fut presque que trop tard pour agir. En tous cas, c'est douloureusement que je me rends compte de tout ceci, et que j'agis cette étrange dératatine qui consiste à atterrir dans mon propre corps.
Moi ?
Que suis-je prétentieusement à croire que je domine ce corps ?
Il m'a fallu l'abandonner pour me rendre compte que mon pouvoir sur lui n'était pas injustice, mais bien responsabilité.

Il y a des zones non éclairées.
Ces muscles bordant les lombaires, par exemple. Mon bassin psychiquement fracturé n'a jamais développé de besoin excessif à sa propre liberté. Je le sens bloqué, et franchement, je me demande de quel mal je peux souffrir ainsi, que je sois obligé de m'inventer un terme ridicule pour le nommer ; la ratatine.

Et mes paranoïas de s'amplifier. L'humanité est-elle ratatine comme je le suis ? A force de m'ausculter d'action réparatrice, je perçois. L'immobilisme qui m'a contraint à endormir ce corps dorénavant statufié que j'essaye de réveiller pour lui rendre une fluidité que j'estime naturelle, ou du moins qui devrait l'être. L'inconfort que je ressens à ma préhension de lui, n'est pas normal ; il est effrayant, même. Car des envies vomitives que je ressens, des douleurs articulaires ou viscérales, des épuisements et des tensions, je voudrais me débarrasser, et même ne jamais avoir eu à les subir. La ratatine. Les humains autour de moi ont parfois aussi ce torse étrangement étiré par une lordose bizarre. La courbure imperceptible d'une colonne brisée psychiquement. Qui déforme. Qui tend. Qui bloque. Des humains au bassin bloqué. La plupart n'en souffre pas, comme j'étais moi-même inconscient de ma ratatine avant qu'elle ne soit prête à me tuer.

Tout le projet là ? Respirer.

Oui, le principal facteur de ma conscience à la ratatine, est une obstruction perpétuelle des conduits nasaux. Je n'ai jamais pu respirer convenablement, et lorsque cela m'est parvenu à l'esprit, j'ai décidé d'agir et ai réalisé de la statufixion générale de mon corps, impossible alors qu'il était de se permettre un confort au delà d'une survie respiratoire. Des bruits de souffle, forts. Des efforts douloureux à l'utilisation de ma cage thoracique. Des poumons par ailleurs encrassés au tabac, la fumée me demande :
- Que fais-tu avec moi, petit mortel ?

Et je me rappelle.
La chaussette n'est plus là. Enfin si, mais c'est moi qui ne le suis plus. Je m'éveille dans un contexte légèrement modifié. La fenêtre est fermée, une lampe de plus est éclairée, et je suis dans le siège de repos que je n'ai pas utilisé depuis bien longtemps, de souvenir. J'ai un stick dans une main, et pas de café dans l'autre. A la place, un briquet qui me demande l'heure.

- Une heure trente-cinq.

Bon sang. Je suis dans de beaux draps : l'éternité coule, et moi, je ne suis plus très présent au présent qui se déroule tantôt vite, tantôt lentement, mais pas vraiment à une bonne vitesse, jamais.
Et non, mes draps ne sont pas beaux.
Quelques sueurs nocturnes les ont rendus un peu mauves, et lorsque je ne sais plus les salir, il ne savent plus se laver.

Que faire ? Tirer une taffe.
La recracher.
Et espérer qu'au lieu de trois secondes éternelles, tout ceci m'en a pris une ou deux de plus. Juste pour parvenir au bout, de cette éternité. Quand prendra-t-elle fin ? Je ne sais pas trop, alors je regarde le gras de mon ventre en espérant qu'il me réponde minablement.
- Trois poils moins le quart, mon gars.

Je vais uriner et le puzzle depaule continue sa résolution. Le filet joue entre les bords de la cuvette, il y a un son de plouf, parfois amoindri sur les bords de la faïence pour ne pas réveiller le voisin ou m'assourdir dans cette nuit silencieuse. Et puis toujours nu, sans caleçon, c'est une feuille de papier qui accueille la dernière goutte dégueulasse de mes déchets organiques. Je tire la chasse.
Combien de fois l'ai-je fais dans ma vie ? Tirer la chasse. Est-ce parce que je ne peux plus les compter que je me suggère sans ambition, de les calculer ? Dans tous les cas je ne me figure plus comment c'est devenu naturel, anodin, et pourtant à répéter, d'une routine ennuyeuse et sans intérêt. Mon urine s'en va là où je ne la reverrai jamais dans cet état. Une station d'épuration au bout des conduits aura tôt fait de la servir à quelqu'un d'autre, pour qu'il aille lui aussi, la pisser inconsciemment, loin de la réalité que je me figure d'après Lavoisier : tout se transforme, car rien ne se perd ni ne se crée. J'ai un atome de Napoléon en moi, et peut-être plusieurs des dinosaures qui ont habité cette planète ou d'autres, en des temps éternels que je ne saurais me figurer, mais qui me semblent tout aussi proches qu'un demain, qu'un maintenant, qu'un hier à atteindre, qu'une perte de nano-secondes immortelles, sur lesquelles je n'ai aucune prise. Leur écoulement, je ne peux que me l'approprier, en le subissant. Cette contrainte, je l'accepte, mais elle me fera surement toujours souffrir. C'est peut-être son moyen de me rappeler que je suis en vie.

Un peu plus tard, il est une heure trente-sept.
Où suis-je ?
Entre un café et une clope, à nouveau.
Et le puzzle depaule de profiter que je suis sur mes deux pieds, debout, pour remarquer que mes genoux sont douloureux. Tout ça parce que l'un est plus bloqué que l'autre, à cause d'inconforts passés, ceux à attendre debout, douloureusement, dans lesquels je me suis permis de faire le flammand rose. Sur une patte, plus que sur l'autre, j'ai agravé ma disymétrie. Les genoux bloqués, les chevilles engourdies et dorénavant craquantes. Les pieds gonflés, les orteils immobiles. Et le bassin tourné, un peu fermé et ouvert mais pas comme il faudrait. Et ma colonne vertébrale qui se ratatine dans un sens larvaire, tordu, dévitalisé.

Je paranoïse alors encore.
Et si tout ceci n'était que l'oeuvre de mon foie ? Il n'y est pas du tout symétrique. Les entrailles de mon ventre sont à l'origine, j'en suis sûr, de ces effets de latéralisation. Pourquoi ? Pourquoi donc mon coeur ne bat-il pas pareil à mon téton gauche qu'à mon téton droit ? Mes dentelés sont plus écartés à droite qu'à gauche. Mes côtes ne sont bonnes qu'à être mangées en ribs, dorénavant, mais j'essaye. J'essaye de rattraper le truc. Alors je provoque l'asymétrie. Et l'inverse. C'est étrange comme pour me tenir droit, je dois forcer différemment de chaque côté. Réajuster tel muscle par rapport à son antagoniste latéral. Parfois à l'immobile, parfois en mouvement. Mais toujours différemment.
Le puzzle depaule.

Qui se résout-il ?

(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/top-hr.png)
signed :
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/07/avatar-neutr.png)
Titre: social autolyse party burn
Posté par: Dot Quote le 26 octobre 2020 à 03:14:07
autant dire que je délire sec, mais c'est assez extériorisable en l'état alors voilà ; ce projet est étrange il est moi sans ambition trop a l'être et inversement ; en gros, je me sens pudique a romancer ce qui rassemble mes perceptions d'ici

(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/top-hr.png)
social autolyse party burn
#fiction-science #légende #espèce #protoype
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/one-hr.png)

c'était un peu maladroit

comme si quelque chose de foireux pouvait survenir, et ne s'était pas empêchée de le faire ; une chose horrible, atroce, la distinction démesurée des singularités générales de la biomorphologie humaine, et de sa psychologie associée ; oui, il était une fois, l'histoire de la scission spécifique, de l'humanité en deux branches distinctes de la généalogie ; là où ce fut presque catastrophique, c'est à cause de la conscience... oui car autant l'histoire ne montre pas l'horreur du glissement puis de la disparition de Néandertal, d'un point de vue de lui-même, autant là, le Sapiens, il avait tous les outils pour comprendre que c'était sa fin à lui ; et la conscience, c'est malheureusement ce truc qui violemment, dit non à la réalité lorsqu'elle n'est pas très acceptable ! or donc, le Sapiens...

il était là, un peu disparate, il avait essayé de se rassembler, mais comme il y avait beaucoup, à beaucoup d'endroits, et que se rassembler ça prend, entre autre, du temps, eh bien il était là, libre de tout, et surtout de ne pas être commun avec son prochain, bien qu'il tenta souvent, d'être mutuel, ou partagé, échangé, ou d'être distinct sans renier, ou même, d'être sans être, de recopier, de paraître, fatigué, dans l'expectative d'un lui-même que ses confrères rendaient toujours un peu plus petit : oui, lorsque tout nous précède, ne reste que l'extinction, et pourtant il est naturel d'éviter la conscience de cette nécessité, et le Sapiens il s'est fait piéger ; pourquoi ? parce que voyons ! non, à telle question pas de réponse, et pourtant une réaction complémentaire, le Sapiens ne s'est pas assez unifié à lui-même, ce n'est pas un destin funeste, quoique si, disons que ce n'est pas plutôt, un sort évitable en soi, mais c'est en revanche un drame, une catastrophe, car la mort d'une conscience, ça fait mal...

le Sapiens il se traînait là depuis avant le moyen-âge, et inégalement, certains de ses membres le faisaient avancer ; des fondateurs il y en eut, des constructeurs, des habitants... et puis il y eut les derniers résidents, les fantômes, les hantises désincarnées enfin ; le post-sapiens, l'humain parfois de lettres, le Facteur disons avant de l'appeler, puisqu'il ne saurait lui-même se prénommer ; eh bien, lui, il voyait ses congénères dégénérer, au début, alors que lui-même n'était pas formé ; il croyait que son naturel à lui, qui l'habitait sans heurt depuis sa généalogie pourtant lourde, était partagé avec sa société, ce qu'il réfuta par l'expérience, douloureusement et au prix de sa propre nécessité ; le Sapiens avait vécu, il s'était mis debout, avec son pouce opposable, son néocortex, sa vieille invention l'outil et son vieux compagnon l'animal, il s'était fait abstrait par l'usage du concept, la compréhension de l'utilisation du temps, la gestion de l'espace vital, il s'était sédentarisé et avait prit conscience de la possession et de ses flux, il avait donc creusé la métaphysique morale d'un universel qu'il voulait conquérir par défi de vie, de conscience, d'intellect, et sur ce chemin inéluctable qui était le sien depuis l'aube de ses passions, depuis sa recherche béate de ce qui fait de lui lui, l'humain, la vie, bien avant d'être le Sapiens qu'il finit par finir d'être...

la célébration d'un tel glissement n'en est pas une ; c'est un drame, une catastrophe ! lorsque sur une population de plusieurs millions d'individus, on se rend compte qu'il y a un défaut de version, ça calme, tout de suite ; enfin oui, puis non, parce que la réaction est quand même bien violente ! il devient fou le Sapiens, et à ce moment là c'est chaud pour le Facteur ; comme les rivalités avec Néandertal, mais de l'autre côté du miroir temporel diffracté ; oui, le nouveau remplace l'ancien, mais si l'ancien l'est pas assez, il laisse pas facilement sa place, et puisqu'il a toujours l'impression de ne pas l'être assez, c'est complexe, surtout si le nouveau sait pas trop où en est l'expérience, ce qui est le fondement de tout nouveau ; donc... bin le Facteur et le Sapiens, il vont se battre, forcément

avec des objets, il l'a déjà fait ; à mains nues aussi sûrement, mais c'était alors différent ; non, il a son pouce qui lui permet de prendre un caillou, d'écraser un crâne avec ; c'est con à dire, mais juste le fait qu'il puisse le faire, fait qu'il le fait, et c'est visiblement imparable, n'en contredise une morale imaginaire

avec des flammes, aussi ; il a raccourci la forêt, il a étouffé le renard, et fumé la viande, mais oui, il a porté ses morts jusqu'au ciel, il a purifié l'encens, il a fumé l'esprit ; et il a carbonisé l'hérétique, il a cendré la différence... avant d'exploser en feu d'artifice sur le début de la fin ; oui, c'est con à dire, mais juste le fait qu'il puisse le faire, fait qu'il l'a fait, et c'était visiblement imparable, n'en contredise une fausse idée de la nature...

et puis là il en était à se battre avec d'autres armes encore plus redoutables, celles de son fer de lance, de sa fierté, de son ego imparable et surdimensionné : les armes lexicales, celles de la pensée, les mots et leurs idées, ces choses au-delà de la compréhension, qui pourtant servent justement à ce phénomène qu'est la conscience ; passée, révolue, était l'époque de la mort advenue, car on avait trouvé pire comme punition à nos ambitions ; l'humain, le Sapiens, nous, étions alors ce truc qui va vers autre chose alors qu'il croit y être, car c'est ainsi que se construit la métaphysique ! oui...

l'humain a commencé à se battre avec les pires armes qui soient ; les mots

et c'est à ce moment précis, alors qu'il prenait à peine conscience de tout ceci, qu'il a commencé à glisser ; cela a pris du temps, bien sûr, et des vies ; inégalement, bien sûr, car les premiers à parler le faisaient avec la même ambition que les derniers, et pourtant c'est d'une diffraction étrange que chacun le fit à sa manière, en sa quantité, avec ses effets et ses modalités, chose qu'aucun rendu autre que l'exhaustive généalogie par vécu éternel, ne saurait rendre la complète expérience universelle dont chaque individu participa de son petit être conscient, enfermé dans son corps, cloisonné à la comunication, perdu dans l'expression, nouveau à l'idée du concept, qu'il travailla jusqu'à le faire advenir...

et donc le Sapiens est devenu Facteur, mais les calques se superposent et non ne se suivent ; et à un moment il a fallu trancher ; l'humain s'est vu, celui d'un côté qui babillait le bec en l'air, et l'autre qui agissait de ses mains ; l'un et l'autre étaient complémentaires, mais ils croisaient leurs destins ; dans des rues austères, on s'était aveuglé à l'idée qu'il y ait une liberté, et c'est donc de divergence que l'humain fut frappé ; une indulgence à la différence, lorsqu'elle est trop poussée, conduit à la dégénérescence, puisque c'est du commun que nous sommes générés ; l'humain qui se défocalisait sur la dichotomie corps-esprit, en est venu effectivement à s'y incarner, et lorsque certains se confinaient dans les abris que d'autres avaient construits, afin de réfléchir à comment faire construire mieux ce qui ne leur était permis que de penser, il y avait alors deux camps, qui un jour se sont vraiment scindés

ils l'ont vu venir, un peu, chacun de leur côté ; ceux qui incarnaient les bureaux, les cervaux, et ceux qui incarnaient les terrains, les mains ; et d'une seule même pâte qu'ils formaient à l'époque où chacun n'était pas libre d'être tout-puissant, ils se sont amusés à choisir comment ne pas tout l'être, préférant ça et là quelque incomplétude à hypertrophier, quelque déséquilibre à asseoir, ce glissement donc, qui advint, fatalement...

certains l'ont raconté, tous même, à leur manière

entre les mondes divins, les imaginaires, les descriptifs ou les scienteurs, toute la notion de conscience humaine, incarnée par expression, partage matériel de l'incarnation de ces irréalités, le savoir cumulé, ainsi que tout ce qui se véhiculait de l'esprit à l'esprit au gré et malgré, le temps, eh bien tout ceci, c'était l'apanage reconnu et répété de l'humanité, jusqu'à ce qu'elle se réalise à elle-même, dans le cap qu'elle croyait déjà avoir passé ; et ceci tout, oui, était le propos conceptuel du Sapiens, c'est de là qu'il est devenu la réalité concrète du Facteur ! oui

moi dans tout ça je fus un prototype ; une version d'essai, un beta-mode ; ce qui se figura le changement sans l'être, mais sans quoi il n'aurait pu advenir ; un brouillon, un test, une expérimentation pratique, un jet quelconque ; oui, je suis ce passage de l'un à l'autre, comme tous ceux de mon époque et même, comme tous de ce passage d'une époque à l'autre, dans ce temps qui jamais n'arrête sa course ; pourtant d'un marathon relai, c'est du témoin que je passe le bâton, d'un coureur à l'autre, l'équipe humaine passe du Sapiens au Facteur, et moi ici, toujours, je meurs

(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/norm-hight-left.png)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/norm-hight-left-copie.png)
signed :
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/09/top-hr.png)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/10/ombres-alpha-petit.png)
Titre: La porte de chez Rêve
Posté par: Dot Quote le 12 novembre 2020 à 10:08:29
un petit morceau de ce que peut provoquer un soi-disant déménagement de conscience, ou de corps, l'un dans l'autre, une diffraction quelconque d'état psychosomatique tiré de ce que je lexicalise ici, bon, c'est une histoire quoi, y'a du vrai en base, mais y'a surtout de l'interprétation profane, de la diffraction d'expérience vécue, de la déperdition à la traduction, plein de trucs quoi, qui font que la langue ne décrit pas très bien au final, et c'est un peu ma faute mais là t'façon, traduire une idée instantanée et organique comme le sont les miennes, c'est méga chaud ; heureusement que j'ai un peu de vocabulaire et que je vois à peu près comment faire de la syntaxe, parce que sans ça, l'image serait encore moins parlante qu'elle ne l'est pas du tout, j'en suis convaincu... qu'est-ce qui parle alors ? je ne sais pas trop ; les calques se superposent et ne se ressemblent pas


La porte de chez Rêve
#psy #phrases #hallucination #paralysie-du-sommeil

Mais la nuit ne finissait pas lorsque je la terminai. Elle se voilait d'un sentiment d'insolence irrémédiable. Comme bloqué par ma conjecture, je subissai, et m'affalai dans le canapé le nez entre deux coussins. C'est au fur et à mesure de mes rêves que j'en vins à réaliser que je ne dormais pas. Mes yeux fermés n'étaient pas éteints. Le noir d'un état limite, à la conscience presque tranquille, se révélait profondément obscur, interne et amniotique. Je m'y étais vautré, mais c'était une perception de feutre que mon corps traduisait à mon esprit totalement absent à la corporalité désagréable d'une fin de soirée remuée. Pas de couverture. Il ne faisait pas encore le froid du sommeil, celui qui donne chaud dans un environnement à la température stable. Et pourtant, la douceur du molleton et ma forme délibérément quoique involontairement lâche, m'avait directement fait disjoncter quelque chose qui pourtant n'était pas l'éveil. Puisque j'étais là, à contempler l'intérieur de mes paupières, et... mince. Oui. Je ronflais.

Le miroir n'est qu'un cadre. Une porte. Je passe au travers en enjambant le linteau du bas et me retrouve dans l'inverse de cette pièce alors un peu étrange. Pour sortir il me faut cette clé, dans ma poche. Et dehors, c'est un autre dehors. Le canyon est venteux. Poussiéreux. Il m'emmène dans les dédales d'une eau tarie, le temps creusé dans la roche rouge, et j'erre, sans fin. Une douceur feutrée au coin d'un espace que je sens en moi et hors de moi, comme si d'une distance avec l'immensité du désert, je me percevais investi à l'auscultation imperceptible et inimaginable. Je m'arrête à cette source.

C'est en m'approchant que j'aperçois monsieur Rêve. Sa tête dépasse du trou rocheux, et, les yeux fermés, il laisse par sa bouche ouverte, dépasser l'eau clair et scintillante. Sa peau rouge et ses lèvres blanches offrent en calice, le début de ce ruisseau, et il semble dormir, tout comme le flot se rythme a une lente respiration.
J'approche un doigt pour paper l'eau filant entre les roches. A son contact, les yeux de monsieur Rêve s'écaqrquillent au loin, et il s'exclame quelque chose comme d'une clochette moelleuse en même temps qu'il ferme la bouche d'un mouvement de surprise, arrêtant le débit d'eau fraîche et pure. Un croassement plus tard et je m'aperçois que l'eau continue de monter en lui, et ses yeux se font globuleux ; toujours surpris. Ils regardent dans le vide, presque divergents, et ils gonflent d'eau, bientôt accompagné par le reste de la tête qui semble se remplir de substance et dodeline à la source. Les iris aux rayons distincts, donnent à monsieur Rêve un regard piquant, à la fois léger et pointu, mais complètement flou et indistinct. Je ne sais pas ce qu'il regarde, et même, il a l'air de ne rien regarder et comme deux billes un peu gripées, ses yeux mécaniques sont comme à l'abandon. La tête gonfle, petit à petit, la peau rouge devient rose, les lèvres au contraire se colorent, et les formes prennent forme.

Et puis c'est étrange car tout pète. L'accroche du cou de la tête de monsieur rêve se détache de la paroi rocheuse, et alors comme un ballon vivant, le rond de cette tête s'envole en aspergeant d'un trait tout ce qui se trouve derrière sa route. Faisant ses spirale dans le ciel, monsieur Rêve se dégonfle, et lorsqu'il atteint à nouveau la taille de bille qui le caractérisait, il n'est pour moi qu'un petit point sous le soleil de plomb. C'est pourtant un feu d'artifice qui explose, juste entre moi et l'astre, et la nuit remplace le jour. Le soleil a disparu et à sa place, monsieur Rêve.

Ses yeux sont toujours aussi globuleux, et sa peau a recouvré un rouge alors fortement assombri par l'absence de lumière que les étoiles piquent un peu, comme ça, en toile de fond. Il dodeline un coup avant de s'élancer d'une voix qui ne résonne que dans ma tête.
- Bonjour, toi qui vit les jours.
Je lui réponds instantanément, sans ouvrir la bouche.
- Il fait nuit.
Son rire résonne lui aussi dans ma tête, et pourtant je vois sa tête se gausser dans le vide intersidéral au dessus de mon petit désert.
- Oui, hihi, bien noté. Tu sais... avant de claquer des doigts, assure-toi que ton corps n'a pas perdu ta tête.

Je voudrais retrouver la porte. Vivement demain.
Titre: cordamm
Posté par: Dot Quote le 06 décembre 2020 à 16:00:13
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/12/wp-1607266190391.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/12/wp-1607266190460.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/12/wp-1607266190513.jpg)
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/12/wp-1607266190556.jpg)
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 19 décembre 2020 à 23:41:16
c'est qmm dingue, ce mec qui peut rivaliser une fois tous les trente six du mois avec un joggeur quotidien, alors qu'il sort jamais de son siège, et qui pourtant est essoufflé et courbaturé à chaque fois qu'il doit faire ou défaire ses lacets... des viscères hypertrophiées, des abdominables, un bassin complètement pété... le présent amorphe d'un type qu'on lui a fait faire de l'EPS, du club de gym... mais qui a préféré se calfeutrer dans sa ratatine alors inconsciente en étudiant les bureaux presque trop confortables !

s'il avait seulement su
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 22 décembre 2020 à 00:27:56
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2020/12/tenor.gif)

fatigué

la mélodie depaule
#hypermentalisation ? #hyperattention ? #puzzle #depaule

heu attends imagine deux secondes : chaque palpitation de chaque parcelle palpitante ! généralement on commence par le coeur, c'est facile, ça va simple : boum

boum

boum

boum

et puis la mesure peut s'enchainer, c'est toujours la même au début, parce que c'est simple de facile, y'a que le coeur, boum boum

donc bin quoi ? le sang ! parce que le coeur avant d'aller autre part, il va, tout court, et quand il va, c'est du sang qui palpite aussi, mais c'est pas du tout le même instrument de musique ! ouais le sang, si le coeur est une percu ou une rythmique en tout cas, bin le sang... c'est... attention on commence dur, c'est le silence ; donc chaud pour la musique, parce que le silence, quand t'écoute du midi, tu pige un peu que comme pour la photo, un silence, c'est un grain, un fond diffus ; le sang

flufifulirliruffrliufirlurflirurelierurfliufrulirfulieruilllllllllllllllllllll et trois petits points sur tout

mais t'as déjà vu une rivière couler hein, et entendu, et admiré en vrai, une rivière, des fois c'est un grand truc ou petit qui est tout lisse de canal sans vague sans fond que du plat, et ouais... d'autres fois, c'est des rochers de la vase des algues du vent sur les vagues, bref, le sang, il est fluide il se tournebicote sur lui-même, s'entortille et se taradudule, parce que ouais, c'est un liquide on va pas chercher plus loin pour l'instant ce qu'est un liquide

pis il est dans quoi le sang ? on se le demande parce qu'on le sait hein

dans des veines, c'est le lit de la rivière, et ça joue d'un instrument étrange, le lit de rivière ; ouais ouais, en fait, il faut un feulement pour décrire ce qui seulement ne s'entend parce qu'on l'entend pas, et la musique du sang, elle va donc... partout

on se figurerait presque, pour l'accointance de la mélodie, une arborescence : artère, veines, veinules... ça dessine un corps humain, il peut bouger ou non, moi j'imagine un vitruve en trois d là pour l'exemple

et ça palpite !

boumboum le coeur, mais... y'a un truc, c'est que pour avancer, on a déjà présupposé un truc qu'il faut qmm revenir dessus : le temps

quand le coeur palpite, ça envoie le sang dans la mélodie, et t'façon la musique c'est des bruits organisés dans le temps t'façon ouaoias, donc, si d'une image lumineuse on glisse que le sens palpite, c'est en retard, et en fonction de paramètres hautement complexes genre lointitude, épaisseur et géométrie, pression du sang et compressibilité de sa composition, etc...? bref, on peut se figurer que ça avance à peu prè, c'est un réseau le sang, et la mélodie tourne et fredonne en sifflotant son fond...

mais vers où ?

un truc fermé ?

un poing se ferme, pour quoi ? dessiner la peau, les muscles et les chairs, mais rapidement, on a des os, on a des nerfs, mais, vraiment c'est l'un pour le mouvement, l'autre pour l'énergie, et puis on y chercherait de la structure, mais ouais

rapidement, ton corps, tu vois où il veut se rendre à l'hommonculus, quand il est assis sur sa chaise à fermer le poing

parce que à ce moment là on est plus tout-à-fait un coeur boum boum quand on palpite ; je commencerais par un balancier d'équilibre : toute station stable et plus ou moins immobile nécessite une micro musique, celle qui fait que certains se balancent, trépignent, boitent, commencent à s'ankhyloser, à l'inverse des chats qui gèrent cette mélodie à la plus molle des intrumentations

il sait pas se tenir sur une chaise, moi si ! il ne travaille pas sur son ordinateur, j'ai besoin de pleins d'appuis et de plein de liberté pour frapper le clavier : une position complexe du réseau, mais encore une fois la palpitation résonne dans le temps, je ne suis pas qu'un être, car l'être est immobile, stable, infini, je suis un étant car d'un instant à l'autre, je suis autre ! et un truc fait que y'a de la gravité qui me retient sur cette chaise, et que je dois gérer tout ceci : des appuis, des pieds au dossier, des coudes aux poignets, et des libertés, aux doigts, à la fluidité rigide qui donc, puisqu'elle n'est, à l'immobile, comme le chat qui ne travaille pas trop quand il est posé... eh bien voilà, je sens mon coeur qui palpite, et la mélodie revient :

il y a de la musique, alors le coeur demande autour de lui qui peut bien-t-il être : on lui répond

les poumons

vas savoir pourquoi une musique qui respire c'est une musique qui vit, une musiquue de coeur ; on sait en se demandant, quel poumon, quel coeur, mais non, nan, il faut, une erreur, ce qui fait que tout ceci appelle comme des dominos tout ce qui se traine dans le réseau musical

je penche en avant avec la musique dans mes oreilles, celle de meshuggah

et ouais, c'est la polirythmie du truc qui m'inspire cet écrit donc voilà, je me balance un peu, et il ne me suffit que d'y penser pour avoir le contrôle dessus

mais...

le coeur ne bat pas au même rythme que les poumons palpitent, d'air, et tout ceci déjà entraine des mesures de temps organisées autour de leur divergence de principe régulier

une pause, mon poignet se détache pour rejoindre ce coeur, et là la mélodie se doit de subir, elle ne disparait jamais vous comprenez, le coeur...

je gratte

une guitare ne l'aurait pas mieux dit, je suis désaccordé, et déséquilibré, je laisse le coeur reprendre quelque démesure avant de rééquilibrer, à coup de colonne, de vertêbre, de disque, de nerfs sciatique, de coccyx, de sternum, d'omoplates et de muscles qui s'étendent par le réseau de l'arborescence, et puis qui dessinent un humain

cette fois je me gratte la tête, et la mélodie change encore, comme si... un opéra infini voyais s'enchainer des actions circonstancielles en guise de personnages : là après le grattage de coeur, le grattage de tête, ces deux bonhommes un peu identiques qui se suivent sur un trottoire, et qui passent avec leur parapluie l'un en avance sur la'utre, l'autre en retard sur l'un...

de petites imperceptibilités se glissent de diffraction : monsieur avant est plus bas que monsieur après, et donc, le coude, l'épaule, et le contre symétrie, tout ça est différent entre la première gratte et la deuxième

de plus, monsieur avant a ramassé la pièce avant que monsieur après ne puisse ne serait ce qu'en avoir l'opportunité, et pareil pour ce brin d'herbe foulé, cette crotte évitée ou pas ? ce journal, ce banc, ce regard de mamie sur le trottoire ou d'éclaboussure de camion

bin la gratte d'avant, le coeur, et la gratte d'après, le cerveau, c'est un peu j'ai lancé la mesure gratte, ça m'a destabilisé la colonne au premier déséquilibre dû à l'appui du coude qui se défait de la gravité et change la stabilité de mon immobilité

je ne me gratte pas cette fois, je tousse
mais j'ai envie de rester dans la mesure non aps de la gratte, mais d'une autre dimension, celle de l'écriture de ce texte, alors, je reste là et me dit, bin oui, ce qui fait un nouveau titre de méta mesure, c'est maintenant la suite, j'ai toussé et ça a changé mes deux appuis de pieds

cela tire mes genoux, déforme mon bassin

cela redonne une pichenette à la colonne, et le coeur boumboum, les poumons, ça grandit ça rapetisse, mais étrangement d'une palpitation de temps !

le sang dans tout ça ? il arrive au cerveau, et moi je n'en ai plus, alors je m'arrête là pour le puzzle depaule
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 22 décembre 2020 à 01:16:19
yoyo j'ai un peu du mal à signifier un état étrange que je m'invente peut-être, j'en sais rien, mais qui m'enferme pas mal dans un truc pas très agréable que je ne sais pas trop situer mis à part ici là de cet endroit de lieu (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=33083.0) par exemple...

grypn
#psy #métaphore #exsangue #depaule

tu connais le principe de la baignoire percée hein ; imagine le avec un humain percé ; et dis toi que la question, c'est pas de savoir s'il finira exsangue ou non, un humain finit toujours exsangue de toute façon, tôt ou tard... la question c'est de savoir exactement quel robinet il faut pour que ce qui sort par la fissure soit sans cesse remplacé juste assez pour...? pour ? bin au choix : pour qu'il devienne exsangue juste au moment où il aurait été exsangue ? le pire, sûrement ; pour qu'il se vide avant donc ? mortel ; qu'il se vide après ? juste à se laver par terre alors...

yess, on va simplifier, pour l'expérience : l'humain mange toujours un régime régulier, tu le nourris à la même production de robinet, toujours, jusqu'à ce qu'il devienne exsangue, comme ça c'toujours le même débit à l'autre bout de la piqure... pour ça il faut l'attacher, dans une camisole c'est pratique, ça tache moins et on a l'excuse de pouvoir perfuser, transfuser, tous les fluides qu'on veut

la baignoire... c'est comme l'humain : plus elle est remplie plus elle lave bien, tant qu'elle déborde pas ; ici donc, on se pose pas la question de faire le meilleur cru d'exsangue, mais plutôt quelle quantité y'a dans la cuve pour laver l'humain percé

le pire, c'est de laisser un centimètre d'eau tout le temps si tu gères le robinet comme il faut ; comme ça l'humain qui veut se laver il sera un peu pâlot s'il met autant de temps que tout le monde à essayer de rincer le savon

et puis ?

tu connais, la sensation quand on t'a fait une prise de sang ; t'as pas forcément faim, mais t'es en manque d'eau dans la baignoire

un clepsydre, voilà ce qu'est l'humain percé ; mais y'en a plein qui croit que l'humain c'est que le texte qui le décrit, et qu'il est libre de couler, depuis le robinet ou la fissure, qu'il est libre et que tout ceci n'est pas mathématique ; y'en a ils croient tu peux te laver dans une baignoire exsangue complètement et toute déssechée à laquelle on a même coupé le robinet ; bin oui ils arrivent ptetr à ce moment où la baignoire déborde encore, mais ils savent pas ce qu'elle va se vider pis à ce moment là l'humain il est pas forcément mort, juste il est exsangue

le clepsydre de l'esprit

que chacun préfère avec des tuyaux bien opaques pour pas se réaliser les différents débit et la nécessité de bien immerger l'humain

ouais, donc moi je crois, le pire, c'est de laisser un centimètre d'eau jusqu'à ce que y'ait plus d'eau dans le robinet ; c'est à dire de laisser devant les portes de la mort, cet humain exsangue qui attendra qu'on lui ouvre

c'est beau
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 24 janvier 2021 à 00:13:52
bon bin heu voilà les notes qui m'ont occupées ces dernières grosses minutes... enfin, si notes on peut y appeler ainsi ! le ravor expliquerait un peu pourquoi, et en vrai donc, ouais, cette scène qui boucle pour une mini fiction tirée par métaphore appliquée au associationnage de pensées de la scène, c'est ouf, oui ce starwarsu de mon enfance, bin dark vador c'est pas n'imp hein, pis heu donc, ouais, j'en fais mon propos sur la ratatine parce que on pilote tous notre vaisseau, pis voilà un vaisseau comme dans l'autre sujet mais à ne pas confondre ! le vaisseau dans le vaisseau dans le vaisseau... huhu

La gerre de mes étoiles - une histoire de l'espèce ratatine
#gifs #story #mini #bulbul

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Titre: à deux mains
Posté par: Dot Quote le 28 janvier 2021 à 11:25:37
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2021/01/wp-1611829292198.jpg)
Titre: toute la crasse de mon corps ratatine
Posté par: Dot Quote le 28 janvier 2021 à 19:52:38
(https://remyrevel.files.wordpress.com/2021/01/wp-1611837091929.jpg)
Titre: 3ème lombaire à gauche
Posté par: Dot Quote le 31 janvier 2021 à 09:20:37
comme on visite un appartement dans lequel on vivrait après quelques travaux...

3ème lombaire à gauche
#structure #courbure #vertébral #ratatine

pcccchhh fait la capsule
mes naseaux en friche, rouillés de la tuyauterie, déformés par la ratatine, tortueux, noueux, emmêlés... je n'ai jamais pu respirer convenablement dans ce corps, j'aurais du en choisir un autre ; celui-là est comme du papier maché, pour ce qui est de la respiration : les naseaux ont trempé un peu trop dans le marais du temps, ils se sont affaissés, pliés, recroquevillés, torturés un peu le temps d'une absence à ce corps, le moi qui m'habite, n'a jamais fait l'effort sinon qu'en effort contraint, de se maintenir lui-même... oui lorsqu'il s'agissait de faire du sport, je faisais du sport, j'étais pas mauvais, j'étais impliqué, à ce moment je respirais, mes cervicales se réveillaient le temps de me dire que je m'occupe un peu de ce corps, dans cette société qui les tue ces corps, cette société morte du corps, où l'on met le chauffage en été pour pas que y'ait des fuites d'air frais depuis l'intérieur de la voiture qui nous pète le bassin quand on y est trop souvent installé ; ce bureau que j'occupe, qui me plie en deux comme un ticket de cinéma, ouais, donc les cervicales c'est tout là où ça a pété, je pense, un truc du genre, ma nuque est atrophiée, elle ne supporte ma tête que parce que celle-ci est vide, le regard dans le néant, tout est coupé ; j'écrivais l'autre fois avant d'effacer, que lorsque mon corps avait mal mon visage était emporté d'une grimace, mais pas emporté était-il lorsque mon corps avait bien, non là il emportait ; ma lordose ; ce truc douloureux de plus en plus depuis que je questionne pourquoi je n'ai jamais respiré sous ce climat, dans ce corps, parce que je ratatine... l'atrophie généralisée de mon rapport à l'être que je suis ; j'écoutais mon prof de sport et je savais répondre à ses directives ; des pompes et tractions, une course d'endurance, un tao mémorisé, un combat improvisé, un équilibre sur une roue, une adresse de jonglage, une fluidité de danse, quoi... et pourtant cela se voit lorsque je ne suis plus là à piloter, et alors là je me ratatine car je suis désarticulé

lève les bras ! pas de coup fourré

ouais, c'est évident, j'avoue que si j'en étais qu'à me questionner sur comment articuler un coude avec un bicepcs et quelques ligaments, je prétendrais facilement que le corps est une machine dont je suis maître... mais le mec dans ma tête, il m'a filé une adresse un peu plus complexe, avec des coordonées d'angle, des assiettes multidimensionnelles, une élasticité, un contenu et un contenant, pis tout un tas de trucs qui font que j'ai bien vu, ma lordose, c'est un état douloureux de ratatine que ça va être un peu plus compliqué qu'un biceps à remplir avec des haltères, si je veux juste survivre... ouais parce qu'en fait, mais c'est après ça, bin tu vois qu'un demi micro mètre de différence dans ta colonne, et t'as tout ton corps qui se décalque avec fantôme de souvenir en frein sécurité ; ouais, parce que voilà, pour respirer, il fallait que je redresse les tuyaux des naseaux, et ça c'est qmm pas simple quand t'es juste un cerveau connecté à ton corps... ouais tu maîtrises ton bras quand tu veux toucher la lune par curiosité digitale, tactile voire palpesque, peut-être te sens-tu responsable un peu lorsque tes poumons se gonflent... à la limite as-tu conscience de ton coeur qui bat... mais tu sais redresser les conduits naseaux de ton apnée ratatine ? j'ai fait ; je peux rire de ta larvitude, dorénavant, et tu me connais, j'ai plutôt envie de pleurer, parce que c'est douloureux de piloter les quelques deux cents os, les quelques mille muscles, les articulations sans compter les viscères, tout ceci pour la simple et bonne raison que je suis moi, pas simplement un fantome coincé dans un tas de chair dégueu, non, j'ai aussi ce lien entre ce fantôme et cette chair, car je m'incarne, je me construis, c'est pas juste j'ai un discours sur comment mon prof de sport sait qu'il faut faire des pompes et des tractions ou manger des légumes pour se faire du muscle inutile en voiture... non moi je ratatine, alors je dois être acteur de mon corps, juste au nom de ma salvation

donc je respire ; un peu mieux, c'est déjà ça ; il a fallu que je retrouve ce souvenir du prof de sport, ces cervicales éveillées, et que je retrouve le moyen de vivre avec ce qui s'était perdu en moi : l'énergie à être soi, dans mon corps, à vivre pleinement ma conscience de celui-ci... je reviens de loin, et le combat n'est pas fini, mais il a fallu que j'oublie un peu la ratatine, pour me concentrer sur ma salvation, et maintenant je crois espérer avoir au moins évité la catastrophe

verra l'avenir
Titre: "Stern" SCM
Posté par: Dot Quote le 18 février 2021 à 11:41:16
ohohoh, tout heureux de pouvoir mettre des mots sur une partie de mes hallucinations psychotiques... heureusement que c'est pas la vérité absolue tout ça, j'intuitive...

il s'appelle Stern
#depaule #bio-puzzle #mal-psy #somatique

ouh yeah j'en réveille un bien cool
il a un de ces mots, pour exister lexicalement !
je vous présente mon dernier désatrophié

Sterno-Cléido-Mastoïdien

il m'est utile pour tirer un peu ma clavicule, j'ai l'impression, vers le haut, lorsque la ratatine me fait trop subir la gravité ; il renforce donc mes épaules ; il permet l'articulation de mon cou, dans ses rotations, ses tortions, et il va chercher ma cage thoracique pour qu'elle puisse s'ouvrir en grand ; par ailleurs, il demande l'effort de quelques autres dans la nuque, qui maintiennent c'est important, la droiture de celle-ci et de sa tuyauterie interne... je peux un peu mieux respirer, depuis que SCM se réveille !

et c'est drôle... au début c'était un petit fil de merde qui sortait de ma gorge molle, et puis il a commencé à enfler à mesure que je l'invoquais ; il s'est diffracté, actuellement ce sont plusieurs fils, un peu comme des toiles d'araignée en pulpe de pamplemousse...

j'ai besoin d'un réajustement maxilaire ; d'un renforcement du visage et notamment du front ; d'un éternel parallélisme à retrouver ; du recentrage de mes articulations d'épaule...

mon canal carpien pincé à gauche, me fait souffrir, mais j'ai refusé d'aller consulter plus loin ; ils ne comprennent pas la restructuration ni la ratatine...

ceux qui ne connaissent pas stern...
à cette heureuse rencontre !
Titre: de verre
Posté par: Dot Quote le 18 mars 2021 à 08:46:51
ouais... encore un peu... il me goutte de tarde soiffeuse

de verre
#forcéément #wattage #explication déliropathe #ratatine-man

alors en fait je t'explique la ratatine c'est tout simple les incidences du trucs c'est que tout part à la désénergie vitalisante d'un truc qui donc part en dégénérescence métaphysique par déperdition du fluide dont nous n'avons que la perception hallucinée de nos sens et de notre raison pour en situer l'origine incertaine et impalpable, oui, non, du coup, c'est qmm vachement tendu la ratatine parce que si elle est vrai il faut déjà se l'imaginer pour la percevoir, déjà, pis ensuite on est jamais sûr d'où on est par rapport à elle alloooooooooo

le méta, il me dit, que je souffre pourquoi ? par ce que : je suis un carré de chocolat posé au soleil... je fonds, et au bout d'un moment c'est comme un chateau de cartes sous la pluie, si les gouttes sont assez fines pour écharper seulement la matière sans effondrer la structure, pourtant, au bout d'un moment, les cartes ramollies si elles ne sont pas trop plastifiées, vont commencer à se destructurer, et le chateau finira par terre normal la ratatine, c'est ce manque de jus, y'a une batterie, et j'ai tellement joué la réserve, le tri, la basse conso, le non gaspillage, l'économie quoi en gros, que y'a plus assez de puissance pour maitenir le truc en route ; me faut du wattage que j'ai en déficit ; rude

du coup je me ratatine, c'est gaston lagaffe qui commence à voir que le corps supporte pas, au bout d'un moment si tu coupes trop tes nerfs parce que tu crois que ton corps c'est pas lié à ton esprit, bin tu te rends plus compte de ce que tu fais, et moi c'était le lâcher prise, alors du coup je me ratatine, et tout est le truc le plus casse-gueule de ma création ; je suis un pantin dont les fils sont trop mous ; je suis un exosquelette avec des vérins sous-calibrés, des pompes flemmeuses, des tuyaux trop fins, des métaux trop peu solides, ou coupés trop pas fiables...

la maladie de l'incarnation de verre
Titre: Re : Spèces - notes
Posté par: Dot Quote le 24 mars 2021 à 06:00:34
en vrai là je m'interroge sur une question néoténique que je ne peux affirmer en tant qu'autre chose qu'une prose transductive qui entremêle ce qui n'est pas avéré ; cette ratatine d'où vient-elle ? y'a du h2o dans le questionnement, parce que j'pense ça tire trop des côtés aliénants de certains trucs qui ne sont, donc, qu'envisagés, hallucinés, imaginés, purement fictifs, mais juste qui popent ainsi sans que je n'y puisse rien ; donc je témoigne, je me déleste, ça ne m'appartient pas

létalons
#de tare #d'aiguille #de cheval #de crème

du non-sens c'est sûr, leur père portait des talons
pis en fait pas leur mère, donc t'avais des anatomistes qui ont contacté des biologistes et des mécanistes, pis ils sont allé lire les conneries de zola sur le déterminisme parental, t'sais le truc de on-a-pas-trop-la-science-mais-l'intuition-me-guide ; pis donc ils étaient là tous ces beaux-parleurs de la certitude, ils se sont mélangés les pinceaux pis comme ils étaient un peu poil-dans-la-main, leur esprit a pas pigé pourquoi le papou il avait des pieds qui n'avaient pas les mêmes semelles orthopédiques que la mamou ; bin ouais... nan en vrai la prévention des affections de l'appareil locomoteur de l'humain, c'est rien, parce qu'on est libres, tu vois ? la santé ! c'est une histoire de liberté totale, moi je m'en fous de mon médecin, tant qu'il me dit ce que je veux entendre ; pis donc leur père portait des talons, et ça lui a pété le bassin parce que ça faisait trois cents ans que les hommes avaient fini d'inventer le truc à leur sauce, pour refiler leur complexe de taille aux femmes ; et en vrai s'il est reconnu que les talons hauts, ça se marche sur la pointe et non comme le reste des démarches, depuis le talon, eh bin ouais, c'est reconnu donc, que ça influe sur la position de tout un tas de trucs d'othopédiste, donc... d'anatomiste mécaniste du déplacement érigé, oui ; or donc ? bin s'il est reconnu que les distinctions agissent sur les choses qu'elles déterminent, le papou il avait pas tout pigé du coup que ses enfants, ils étaient déstabilisés du bassin ; ouais ; la mamou elle n'en portait pas des talons, donc elle s'est pas trop déformée par rapport aux autres, mais le problème c'est que ça faisait déjà quelques générations que la génétique et l'historique avaient façonnées ses mamous à elle, et en fait elle avait le bassin tout aussi pété que celui du papou, parce que depuis qu'on marchait donc, sur la pointe des pieds, bin ça faisait moins de bruit d'avoir mal à la démarche ; donc des genoux fragiles à déboîter, oui, et des hanches douloureuses, des épaules désolidarisées, pis ouais, des chevilles gonflées, des pieds dégueux, et même... un dos qui supporte plus grand chose d'autre qu'un puzzle de morceaux, abonnés au toubib
c'est bien la santé des démarches ; surtout en voitures à pédales pédestres...