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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une étude en gris [défi]

Auteur Sujet: Une étude en gris [défi]  (Lu 1224 fois)

Hors ligne Luna Psylle

  • Calame Supersonique
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Une étude en gris [défi]
« le: 17 novembre 2015 à 12:03:52 »
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Salut le Monde,

Défi (en fait, il s'agit plus d'une suggestion, que j'ai prise pour un défi) : "Penses-tu écrire une fan fiction de ton détective préféré enquêtant sur des vols de robots peluches victimes de chimères lions / rapaces ?"
J'ai gardé les idées suivantes : détective préféré (Sherlock Holmes) ; robots ; peluches ; chimère.
Sauf que : Sherlock n'enquête pas (pas vraiment) ; ce ne sont pas des robots peluches qui se font enlever ; et les rapaces ont été remplacés par un dragon.

J'ai revu la forme globale : j'ai passé le tout au présent, je trouve que ça rend mieux, plus spontané et j'ai tenté d'harmoniser la narration.
Pour ce qui est des futures corrections, j'aimerais savoir si la lecture est fluide, si le style utilisé pour la narration fonctionne bien, si ça n'alourdit pas trop la lecture. Et aussi, les éternelles fautes d'orthographe, de conjugaison, les tournures étranges.
La dernière partie me semble assez bancale, à partir de l'apparition de l'homme bouilloire.
Une relecture extérieure a mis le doigt sur des lacunes et confirmé mon impression :
Citer
Le fantastique arrive un peu trop comme un cheveu sur la soupe ; ça m'a décroché de la lecture.
J'ai pas compris la partie en gras.
Retravaillé jusqu'à "   Mme Hudson. Une vieille dame ; gentille." pour l'instant.
En vous souhaitant bonne lecture et bonne journée.




Une étude en gris

   Ce soir, il fait sombre et pas beau. Wiggins a demandé de pas bouger. C’est pas facile. Ma veste me gratte et le pavé sent pas bon. Ils arrivent : je les entends. Oliver tape du pied et croque sa chemise. Il trépigne, dit M. Holmes. Oliver est drôle. Il veut se battre avec les grands et arrêter les méchants. M. Holmes dit qu’il est trop petit.
   Deux hommes sortent de derrière le dock. Enfin ! Je les montre à Oliver. Ses yeux brillent : on va arrêter les méchants. Je dois le dire à Wiggins – c’est notre chef. Je rampe comme un serpent. J’aime les serpents : ils font pas de bruit, comme moi. Je quitte ma cachette.
   Dans un trou entre deux pavés, une vieille chaussette accrochée à un bout de bois. Je tire dessus pour la sortir et la secoue en l’air. D’autres chaussettes me répondent. Jusqu’à Wiggins ; jusqu’à M. Holmes. Il Arrêtera les méchants. Ma mission est terminée. J’aime pas la bagarre. Je cours vite c’est tout. Un bon messager, dit M. Holmes.

   Les rues du Londres. Des pavés qui forment de chemins ; des chemins qui emmènent partout. Des maisons autour des chemins : parfois grandes et pas larges, parfois collées les unes contre les autres, parfois droites, parfois tordues ; et grises. Tout dans le Londres est gris : les pavés, les murs, les toits, le ciel. Même les vestes des messieurs et les robes des mesdames. Tout.
   Les gens me regardent. Ils murmurent : « Un orphelin. », « Un pauvre. », « Un voyou. », « Un voleur. », « Un enfant du malin. ». Ils disent mais ils savent pas. Moi je sais. Je vole pas ; jamais. Je gagne des pièces. Je cire les chaussures des messieurs. J’aide la grosse Bertha à son bar ; même que des fois, elle me laisse piquer dans le fond des assiettes des bonnes gens.
   J’aide aussi M. Holmes, qui nous donne toujours quelques pièces. Demain. Demain, le crieur criera : « Achetez les dernières nouvelles ! Une nouvelle affaire résolue par Sherlock Holmes, le grand détective ! ». Il crie toujours ça. Il ne crie pas Wiggins a aidé ; que Oliver a aidé ; ou que moi, Jack, j’ai aidé. Je continue mon chemin. Je redresse mon torse maigre et relève les yeux. Fier, je fixe les gens qui parlent : eux ne savent pas.
   Ma salopette craque un peu. Elle est trop petite. Je vais la donner à Pol, peut-être piquer celle de Wiggins ou chercher dans la fosse. Les vêtements dans la fosse puent, mais c’est toujours mieux que le froid. Peut-être Bertha voudra bien me donner des vieilles choses. Je me débrouille avec une aiguille.

   Les bas-fonds. Ils ressemblent à un monstre : on rentre dans sa gueule par des escaliers entre deux maisons très hautes. Ses dents, des hommes et des femmes méchants. Ils volent et font du mal. Ils sont désespérés, dit M. Holmes. Ils ont plus rien et donc veulent. Moi, j’ai rien et pourtant j’aime pas faire du mal. Ici, je me méfie de tout. Dans cette rue, les femmes attirent les hommes un peu idiots et volent leur dernier sou. Dans celle-là, on a retrouvé Billy. Il dormait et s’est même pas réveillé quand on l’a balancé dans la fosse avec les autres gens qui dorment.
   Soudain, je me fige : un éclat de voix.
   L’officier McCullen ! Pas jeune ; pas vieux. Pas beau ; pas laid. Comme beaucoup d’hommes. Il a sa Mme Rosa et ses amis. Il emmène sa Mme Rosa au théâtre ; il retrouve ses amis au bar. Et tout le monde sait ce que l’officier McCullen aime pas : les enfants. Il aime pas les voir et les entendre, alors il leur crie dessus. Les grands, ils disent qu’il aime pas les enfants à cause de sa Mme Rosa ; parce  qu’elle veut son enfant et qu’il arrive pas.
   J’aime pas l’officier McCullen. Il fait peur. Tout le jour, je me cache pour pas qu’il me voit. Des fois, il me crie dessus parce que j’ai mangé un bout de pain ou une pomme – j’aime bien les pommes. Il va me voir et me crier dessus. Je dois partir.
   J’entends des pleurs : il a attrapé un autre enfant.
   Je les vois dans une rue sans lumière. Il gronde une fille – une jolie fille. Elle a les cheveux très longs, de la couleur du pain chaud, attachés et plein de nœuds. Sa robe aussi est jolie, avec des petites fleurs dessinées. Ses bottes lui donnent l’air d’une dame.
   Mais là, elle est pas jolie. Ses yeux sont gonflés, ses joues rouges, son visage sale, ses poings serrés contre sa robe. Elle regarde le trottoir, a peur que l’officier McCullen tape. Il bouge beaucoup quand il hurle, l’officier McCullen. Et parfois, il tape ; très fort. Elle sursaute, relève la tête. Et me voit. Ses grands yeux me disent : « Aide-moi. ».
   D’accord !

   Observer. M. Holmes dit souvent ça. Observer et tirer avantage. Avantage : pour aider à gagner. M. Holmes m’a appris ce mot. Il aime bien m’apprendre des mots savants parce que j’aime apprendre.
   L’officier McCullen porte pas son uniforme. Il porte des vêtements gris et se glisse contre les murs ; pour qu’on le voit pas. Il les porte quand il va voir la grosse Bertha. La Bertha qui aime tous les hommes ; que les femmes aiment pas. Elle dit qu’à cause d’elle, les hommes, ils sont infidèles. Elle dit aussi que si on a des problèmes avec les hommes qu’elle aime, on doit crier le nom de leur femme.
   Mme Rosa.
   Je peux pas crier Mme Rosa. Mon monde est fait de silence. Ma voix est jamais née. Alors je cours entre les gens. Ils me poussent, me crient dessus. J’écoute pas. Mme Rosa, elle aime bien les fleurs de M. Mickael. Elle reste longtemps dans sa boutique.
   Elle discute devant les fleurs avec Emily, la fille du poissonnier. J’aime bien Emily. Quand son papa ne reçoit pas de sous pour son poisson, il le jette, en colère. Emily le vole pour nous. Oliver, il aime le poisson. Moi, pas ; mais j’ai faim, donc je le mange.
   — Jack ! Que fais-tu ici ?
   Elle a une jolie voix, Emily : comme les oiseaux qui chantent. Mme Rosa se tourne vers moi. Son regard est un peu méchant – méfiant. Elle est pas méchante, Mme Rosa ; un peu malheureuse, c’est tout. C’est ce que dit Emily.
   J’explique à Emily. Je lui montre comment fait l’officier McCullen quand il dit bonjour aux beaux messieurs. Il met son bras sur sa tête et soulève sa casquette.
   — Rosa, il parle de ton mari.

   Elles me suivent. L’officier McCullen gronde toujours la petite fille. Sa femme le voit ; elle voit le bar de Bertha au bout de la rue. Le visage de Mme Rosa devient rouge. Elle remonte ses manche sur ses bras. Elle a des bras forts. Mme Rosa se met à crier.
   — Peter Alan McCullen ! Je t’y reprends ! Goujat !
   — Rosa ?
   L’officier McCullen se ratatine ; sa Mme Rosa, elle crie encore plus fort que lui. Emily prend la petite fille avec elle. Elle l’emmène loin de Mme Rosa ; loin de l’officier McCullen. Elle se met à genoux en face d’elle et sèche ses larmes avec un mouchoir.
   — Bonjour, je m’appelle Emily.
   — Vous êtes la fille du poissonnier.
   — Oui.
   Emily rit doucement. La petite fille aussi. Elle retire la poussière sur sa robe, redresse son dos.
   — Je m’appelle Ana Blackburn.
   — Comme M. Blackburn : le banquier ?
   — C’est mon papa.
   C’est quoi un banquier ? Je demanderai à M. Holmes.
   — Tu habites Marylebone ?
    — Oui.
   Je connais Marylebone. Plein de jolies maisons, des fleurs aux fenêtres et des bars aux vitrines propres. Emily me regarde :
   — Tu peux ramener Ana chez elle, s’il-te-plait ? Si je n’arrête pas cette dispute, elle continuera jusqu’au matin. Je compte sur toi Jack !
   Elle passe sa main dans mes cheveux, sourit, prend son souffle et part en guerre pour séparer l’officier McCullen et Mme Rosa en colère. Mme Rosa qui dit des choses méchantes sur la grosse Bertha. La grosse Bertha, elle est gentille.

   Ana serre mes doigts très fort. On ressemble aux jeunes gens que je vois parfois – en plus petits – :  eux aussi se tiennent la main. Ana regarde partout autour d’elle. Elle ne connait pas les bas-fonds comme je les connais. Elle ne fait pas attention. Elle saute quand on entend un gros bruit : les disputes, les portes qui claquent, le couteau sur le cou des poulets.
   Ana parle beaucoup. Elle parle pour se calmer ; parle de tout, me raconte sa vie avec son papa, sa maman et ses chiens. Elle me dit que son papa, il travaille tout le temps. Sa maman lui manque. Elle pense que sa maman pleure : elle ne sait pas que Ana va bien. Sa maman s’inquiète tout le temps.
   On arrive devant sa maison. Une grande sa maison avec plein de fenêtres ; et des fleurs de toutes les couleurs. Elle me montre une fenêtre avec des jolies fleurs roses, me dit que c’est sa chambre et que demain, je dois venir dessous. Parce que je suis son prince charmant : les princes charmants, ils viennent sous les fenêtres avec plein de chansons et des mots d’amour.
   Elle me fait un bisou. Elle dit que les princesses font des bisous à leur prince. Elle court vers la porte et appelle sa maman. Sa maman ouvre. Elle pleure beaucoup, crie et prend Ana dans ses bras. Elles rentrent toutes les deux.
   Moi aussi, je dois rentrer.

   Wiggins, Oliver et les autres sont déjà dans le grenier de la grosse Bertha. Elle nous aime bien Bertha. Elle nous laisse dormir dans le grenier. Elle dit que c’est mieux que rester dans la rue, qu’un môme mort de froid, c’est pas vendeur.
        Je m’assoie à la fenêtre. Les autres, ils parlent tout bas. Ils regardent dans la chambre de Bertha par le trous dans le bois. Dans sa chambre, il y a encore un homme qui veut un peu de son amour. Alors, elle le lui donne. Et les autres, ils aiment bien regarder.
   La grosse Bertha, elle fait plein de petits bruits, elle grogne de plus en plus fort. Je me bouche les oreilles ; regarde dehors. Pas d’oiseau dans le ciel des bas-fonds. Juste un ciel gris.
   Le sommeil m’emporte. Un sommeil léger et joyeux.

   Je veux voir Ana.
   Les nuages grondent. La pluie mouille. Les messieurs veulent pas cirer leurs chaussures. Ils marchent vite. Mon ventre gargouille. Emily dit que son papa a vendu tout le poisson. Elle me donne une pomme. Je mange, je mange. Elle joue avec mes cheveux, regarde dehors, mord sa lèvre. La pomme est pas bonne : elle a l’intérieur tout marron. Les nuages grondent plus fort. Elle me dit de rentrer, vite.
   Je veux pas rentrer. Je marche. Marylebone. Il y a personne. La pluie tombe fort. La nuit arrive plus vite. Le ciel s’énerve plus fort que l’officier McCullen.
   J’arrive devant le château de Ana. Il est beau son château. Sa lumière éclaire le noir. A une fenêtre d’en bas, le papa de Ana lit son journal et sa maman fait des jolies images avec une aiguille.
   La fenêtre de Ana s’ouvre. Elle crie sans bruit. Comme moi. Ses yeux ont peur. Une grande ombre derrière elle. Ana tombe dans ses bras. Elle ne bouge plus. J’ai peur. L’ombre sort du château. Il met Ana dans un carrosse. Quelque chose tombe. Le carosse part.
   Je m’approche. C’est un animal tout doux qui sourit. Il ne ressemble pas à un rat ou à un serpent ; mais il est à Ana. C’est son ami. Je l’emmène. Avec lui, je vais retrouver Ana.

   Mme Hudson. Une vieille dame ; gentille. Elle aime beaucoup M. Holmes ; et M. Holmes m’aime bien : donc elle m’aime bien. Elle me sourit. Ses yeux se plissent et des rides apparaissent sur son front. Elle est fatiguée. Elle me dit d’entrer et de monter tout de suite. Une marche. Deux marches. J’aime compter. M. Holmes m’apprend à compter. Ça peut être utile qu’il dit. Il y a dix marches à son escalier. Et sept de plus.
   J’ouvre la porte. De la fumée flotte dans la pièce. M. Holmes est à la fenêtre. Il réfléchit. Son violon est posé sur son fauteuil. Son ami se tient à la cheminée. Il est en colère. Ils se sont disputés. Je serre le tout doux contre moi. Je n’aime pas les disputes ; ni les amis fâchés. L’ami de M. Holmes me voit. Sa colère s’en va.
   — Vous saviez que ce garçon venait !
   — Quelle déduction, Watson : posté à la fenêtre, je ne pouvais manquer l’arrivée de Jack, essoufflé avec un ours en peluche à la main. Maintenant, Jack…
   Il tend un doigt vers moi. Je ferme la porte ; pose le tout doux d’Ana sur la table. M. Holmes le prend : il le regarde, le palpe, trouve des choses que personne d’autre ne peut voir.
   — Où as-tu trouvé ça ?
   Sa voix me dérange. Il s’inquiète, se méfie. Je lui explique. M. Holmes comprend toujours quand je parle. Je monte sur la table, je me mets sur la pointe des pieds.
   — Quelqu’un de grand.
   Je lève mes bras le plus haut que je peux.
   — Quelqu’un de très grand.
   Je prends le tout doux. Je le serre contre moi, comme l’homme avec Ana. Je bondis de la table, m’accroupis, regarde à gauche, regarde à droite, surveille. Je m’approche de la fenêtre et m’assoie sur la fenêtre.
   — Je ne comprends rien à cet enfant !
   L’ami de M. Holmes, il comprend jamais. M. Holmes lui explique tout.
   — Un homme, grand, a enlevé la fille Blackburn.
   — Comment…
   — Plus tard ! Cette fillette a besoin de nous !
   M. Holmes marche vite. Je cours derrière lui. Son ami aussi. Il arrête un cocher et lui donne une adresse. Mes pieds quittent le sol quand il me porte dans la voiture.
   — Pas de cette vermine-là !
   M. Holmes grogne et tend quelque chose au cocher. Il rougit, me regarde, soupire. On part tous ensemble au château de la princesse. Quand on arrive devant, le château est plein de lumières. Des Messieurs discutent. Ils baissent la tête devant M. Holmes. Ils me voient et détournent le regard.

   Dans le château, la maman de Ana pleure. Je l’entends avant de la voir. Elle crie que son bébé a été enlevé. Le papa de Ana la console. Il pose sa main sur ses épaules qui tremblent. Un monsieur vient vers nous. Il parle tout bas avec M. Holmes, me regarde et m’oublie.
   Je me faufile entre les grands, découvre le château de Ana. Il est beau ce château. De jolies images sur les murs, sur les fenêtres.
   — Tu es un ami de Ana ?
   Sa maman me regarde. Je lui donne le tout doux. Des larmes coulent sur ses joues. Elle sourit et ses doigts serrent le tout doux.
   — Ma sœur lui a offert cet ours ramené d’un de ses voyages en Allemagne. Ana l’aime beaucoup. Elle doit avoir si peur.
   Sa voix s’arrête et elle pleure encore plus. Le papa de Ana la serre contre lui. Elle lâche le tout doux. Je le prends et m’éloigne d’eux.
   Le vent entre par la porte ouverte. Il siffle ; il murmure. Sa voix me guide. Je monte l’escalier. M. Holmes parle avec la maman de Ana. Les mamans, elles savent mieux que les papas. Les papas, ils travaillent trop.
   En haut des marches – dix, et dix, et deux – il y a un grand couloir avec plein de portes. Celle tout au bout est ouverte. Le vent me pousse vers elle. J’entre. Une couverture traîne par terre. Des jouets et des livres partout autour d’un lit assez grand pour Wiggins, Oliver et moi. La fenêtre ouvert, les rideaux flottent dans la chambre.
   Ils s’envolent et retombent. À travers, je vois un drôle de monstre. Quand le rideau vole, il se cache derrière ; quand il retombe, il n’est plus là. Il me regarde. Ses yeux comme le feu ont une fente toute noire ; les mêmes yeux qu’un serpent. Autour de son visage de gros chat, une couronne de poils jaunes.
   Bonsoir, Jack.
   Je recule. Il me connait ; je ne le connais pas. Et il parle comme moi, sans bouger les lèvres.
   Je viens te chercher Jack. Tu dois sauver ta princesse.
   Il avance une grosse patte vers moi. Sa queue d’écailles fend l’air comme une épée.
   Grimpe sur mon dos, Jack. Le Maître des Cauchemars a enlevé ta princesse.
   Je ne sais pas. C’est bizarre. Le Maître des…
   Ana !

   J’accroche le tout doux contre moi et monte sur ses épaules. Il se tourne vers le ciel, saute. On s’envole au-dessus des maisons. Je regarde le Londres devenir tout petit. On s’arrête en haut du grand clocher.
   Chimère.
   Mon compagnon se tourne vers la voix qui l’appelle. Un très gros serpent nous fixe, ses yeux rouges et sa bouche ouverte.
   Dragon.
   L’autre renifle.
   L’ enfant. Tu ne peux l’emmener avec toi.
   Il est sous ma protection.
   Alors il périra avec toi.

   Dragon s’avance. Il fait plus peur encore que l’officier McCullen quand il est très en colère.
   Accroche-toi.
   Chimère s’avance aussi. Les deux baissent la tête, comme les messieurs quand ils veulent tirer sur l’autre avec leurs pistolets. Je serre les poings dans la couronne de Chimère. Un oiseau s’envole ; le combat commence. Coups de crocs. Coups de griffes. Dragon veut m’attraper. Chimère le croque ; il grogne. Mes yeux ne voient pas le moment où Chimère gagne : Dragon est sous ses pattes, son corps tendu.
   Tu as gagné, Chimère.
   Chimère baisse la tête vers Dragon.
   Je le ramène avant le matin ; avec la princesse.
   Le regard de Dragon devient rond.
   Princesse ?
   Le Maître des Cauchemars l’a enlevée.

   Dragon renifle. Chimère le laisse là ; mais Dragon le suit. Le ciel change de couleur : rose, comme les robes des filles. Les nuages sont verts. La lune a de grands yeux et un sourire de maman.
   Bonsoir Chimère. Bonsoir Dragon.
   Elle a une voix toute douce. J’ai envie de dormir. La couronne de Chimère me chatouille le nez. Je secoue ma tête. Je dois sauver Ana.
   Vous allez au Château des Cauchemars. La Princesse est dans la Tour au-dessus des nuages. Elle pleure.
   Merci, Mère Lune.

   On arrive devant le Château des Cauchemars. Il est grand et noir. Il fait peur. Des soldats sortent. Ils ont les bras et les jambes droits. Je descends du dos de Chimère. Il sourit à Dragon. Ils se lancent dans la bataille. Je me glisse contre les murs. Les soldats me voient pas.
   J’entre dans le château. Les couloirs m’encerclent. Ils sont tout autour de moi. Il me serrent et me font mal, comme que l’officier McCullen m’attrape avec ses grosses mains.
   Un enfant ! Un enfant !
   Ils crient, partout dans ma tête.
   Par tous les Cauchemars ! Il ne doit pas arriver à la tour ! Attrapez-le !
   Les murs font peur. Ils se rapprochent à gauche ; ils se rapprochent à droite. Je cours ; cours ; cours. Je me cache des couloirs. Ils me suivent partout. J’ouvre une porte ; et me cache. J’ai peur. Les couloirs parlent dehors. Dedans, il fait noir ; ça me rassure. Le noir c’est comme le Londres. Le Londres c’est la maison. Je cache ma tête dans mes genoux. Je veux rentrer. Je ne suis pas un prince. Je suis Jack ; juste Jack.

   Je. Suis. Jack.
   Juste. Jack.

   Dans le noir, deux billes. Elles ont une drôle de couleur. Ni jaune, ni rouge, ni bleu, ni vert : tout en même temps. La lumière s’allume. L’homme en face de moi est bizarre. Il ressemble à une casserole ; ou à la bouilloire de la grosse Bertha. Le bruit et la fumée sortent de sa tête.
   La grosse Bertha me manque. Wiggins me manque. M. Holmes me manque. Et Ana. Elle pleure en haut de la tour. Je dois sauver Ana.
   Sauver. Ana.
   Haut. De. La. Tour.

   L’homme bouilloire se retourne. Il avance pas vite. Je le suis. Les murs ne crient plus. Ils chuchotent. Le vieux bois craque. Comme dans le grenier de Bertha. On s’arrête devant une porte. L’homme bouilloire me regarde ; me pousse vers la porte.
   Je l’ouvre : un grand salon, avec plein de livres. Au milieu, une jolie cheminée, comme chez M. Holmes. Devant une fenêtre, l’homme très grand qui a enlevé Ana. Je ne bouge plus. J’ai peur.
   J’ai. Peur.
   L’homme bouilloire entre dans la pièce. L’autre se tourne vers moi. Dans ses yeux, du vide, de la tristesse, de la solitude.
   Ainsi, tu viens sauver ta princesse.
   Je secoue la tête. Il va jusqu’à la cheminée ; s’assoit sur un fauteuil. Il marche bizarrement : il flotte sur un nuage et ses bras ne bougent pas, ils pendent comme des rideaux. L’homme bouilloire me montre l’autre fauteuil. Je grimpe dessus.
   Je. Viens. Sauver. Ma. Princesse.
   Ma. Princesse. Pleure.
   Sa. Maman. Pleure. Aussi.

   Je sais tout cela, petit prince. Moi aussi, je pleure.
   Pourquoi.
   Je suis le maître des Cauchemars. Les enfants pleurent quand ils me voient. Ils s’enfuient. Et je me retrouve tout seul.
   Les. Couloirs. Vous. Parlent. Pas.
   Les couloirs m’obéissent, ils ne parlent pas.
   L’Homme. Bouilloire.
   Il répète ce que je dis sans réfléchir.
   Aucun. Ami.
   Non, aucun. La princesse, elle ne pleure plus devant les cauchemars. Elle dit que son prince va venir la sauver. Elle me raconte des histoires : des aventures qui ne sont pas des cauchemars. J’aime ses histoires.
   Il soupire. Mes pieds tapent contre le fauteuil.
   Moi. Aussi. Je. Vous. Raconterai. Des. Histoires.
   On. Reviendra. Avec. La. Princesse. Le. Soir.
   Mais. On. Doit. Rentrer.
   Elle. Pleure. Sa. Maman. Pleure.

   Il relève ses yeux ; me regarde. La solitude s’en va.
   Je sais petit. Je vais la ramener. Et vous reviendrez tous les deux ?
   Chimère. Nous. Portera. Sur. Son. Dos. Dragon. Viendra. Aussi.
   Alors, va la chercher. Je vous attendrai.
   Devant un mur, les livres bougent tout seuls. Ils font beaucoup de bruit. Je vois un escalier caché derrière. Je le monte. J’entends les pleurs d’Ana. Elle est là. Elle regarde dehors ; se tourne vers moi.
   — Jack !
   Elle court vers moi et me serre très fort. Derrière la fenêtre, je vois Chimère. Je vais l’ouvrir. Ana se cache derrière moi.
   Tu as retrouvé ta princesse. Rentrons maintenant. Le jour arrive.
   Ana monte sur le dos de Chimère. Je monte sur le dos de Dragon. Ensemble, on rentre à la maison. Le Londres gris est beau. Il a plein de couleurs. L’orange des toits qui brillent au soleil ; le blanc des magasins qui veulent pas être gris. Le bleu de la Tamise – peut-être un peu gris.
   Dans la chambre d’Ana aussi, il y a plein de couleurs. Elle rit. Sa maman l’entend, l’appelle, court dans l’escalier. Elle prend Ana dans ses bras. Son papa aussi. M. Holmes me regarde. Je souris. Chimère et Dragon sont partis. Ana revient vers moi ; et me fait un bisou.

   Je me réveille dans le grenier qui grince de la grosse Bertha. Le soleil se lève. Je frotte ma joue. Je veux encore un bisou.
« Modifié: 15 novembre 2021 à 10:14:06 par Luna Psylle »
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Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 214
Re : Une étude en gris
« Réponse #1 le: 17 novembre 2015 à 13:26:38 »
Je prends un grand risque en commentant sans avoir percé le secret de Jack.  J'ai des soupçons mais rien de précis.
Mais ça ne sera pas la première fois que je serai prouvé idiot.

Citer
Chaque jour, j’avais peur. Peur de le croiser. Peur qu’il me voit. Peur qu’il m’emmène parce que j’avais volé un bout de pain. Ou une pomme. J’aimais bien les pommes.
C'est une des phrases où tes inquiétudes niveau répétition se manifestent clairement. En partie parce que la ponctuation est autant répétée que le mot "peur". C'est toujours ". Peur (...)". Tu pourrais expérimenter avec une ponctuation différente.
Exemple : "Chaque jour, j'avais peur - peur de le croiser, peur qu'il me voit. Peur qu'il m'emmène (...)"
Ou la solution la plus facile est de supprimer une des répétitions, oui : "Peur de le croiser, qu'il me voit. Peur (...). Note que même "Peur de le croiser, peur qu'il me voit. Peur (...)" où le seul changement est la virgule, passe mieux.


Citer
Aide-moi. Voilà ce qu’ils essayaient de me dire.
Alors, je décidais de l’aider.
Je crois qu'il y a des passages où tu pourrais oser le plus familier pour avoir plus d'effet :
"Aide-moi, qu'ils me disaient/me disaient ses yeux.
Aide-la, que je me dis."

Citer
Infidèle. Quelqu’un qui ne fait pas confiance.
Je préfèrerais "Infidèle : quelqu'un qui ne fait pas confiance". Comme une définition de dico. Toujours un peu la même idée niveau ponctuation : suivre quelqu'un qui pense par idées simples et brèves ne force pas à se limiter au point. Même une pensée difficile a un rythme, des inflexions.
Dans l'ensemble, ça passe bien. C'est juste une idée pour la relecture.

Citer
La petite fille recula face à ce rire fort.
Je mettrais le rire comme sujet : "Ce rire fort fit reculer la petite fille"

Citer
Parles, petit être !
Parle


Je ne pense pas que ça manque d'empathie pour le personnage, au contraire : on suit le fil de ses pensées - ou c'est comme ça que je l'ai lu. Je m'attendais à plus d'argot de la part d'un gamin de Londres (ou qui côtoie des gamins de Londres), alors qu'au final il parle par mots simples plutôt que familiers.
Ça crée parfois des problèmes de consistance (si on le lit dans l'idée de chercher la petite bête) quand il sort l'air de rien des mots comme "toiser", "tressauter" mais ne sait pas ce qu'est un banquier (ça fait partie des gens qu'il devrait avoir appris à mépriser, il me semble).
Ça autorise par contre tout à fait les glissements vers le présent au milieu du passé, donc beaucoup plus de flexibilité pour la concordance des temps, les choix passé simple/imparfait etc.
Le glissement vers la fantasy fonctionne même pour quelqu'un qui, comme moi, n'a honnêtement aucune idée de ce à quoi ça fait référence. J'étais un peu perdu mais pas d'une façon déplaisante.
La fin est mignonne.
« Modifié: 17 novembre 2015 à 13:29:02 par barnacle »

Hors ligne Luna Psylle

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 566
    • Page perso du Monde de l'Ecriture
Re : Une étude en gris
« Réponse #2 le: 17 novembre 2015 à 14:07:24 »
Merci d'avoir commenté (même si tu n'as qu'une petite idée du secret de Jack ;) ).

Citer
Chaque jour, j’avais peur. Peur de le croiser. Peur qu’il me voit. Peur qu’il m’emmène parce que j’avais volé un bout de pain. Ou une pomme. J’aimais bien les pommes.
C'est une des phrases où tes inquiétudes niveau répétition se manifestent clairement. En partie parce que la ponctuation est autant répétée que le mot "peur". C'est toujours ". Peur (...)". Tu pourrais expérimenter avec une ponctuation différente.
Exemple : "Chaque jour, j'avais peur - peur de le croiser, peur qu'il me voit. Peur qu'il m'emmène (...)"
Ou la solution la plus facile est de supprimer une des répétitions, oui : "Peur de le croiser, qu'il me voit. Peur (...). Note que même "Peur de le croiser, peur qu'il me voit. Peur (...)" où le seul changement est la virgule, passe mieux.

Je me disais bien que ce serait trop lourd.
Merci pour les idées. il est vrai que ma ponctuation est trop faible pour le style voulu. Comme pour le passage de la définition de "Infidèle".

Citer
Aide-moi. Voilà ce qu’ils essayaient de me dire.
Alors, je décidais de l’aider.
Je crois qu'il y a des passages où tu pourrais oser le plus familier pour avoir plus d'effet :
"Aide-moi, qu'ils me disaient/me disaient ses yeux.
Aide-la, que je me dis."

A dire vrai, je suis une novice en discours familier. Je devrais peut-être essayer de trouver des dictionnaires de synonymes spécialisés dedans.

Je ne pense pas que ça manque d'empathie pour le personnage, au contraire : on suit le fil de ses pensées - ou c'est comme ça que je l'ai lu. Je m'attendais à plus d'argot de la part d'un gamin de Londres (ou qui côtoie des gamins de Londres), alors qu'au final il parle par mots simples plutôt que familiers.
Ça crée parfois des problèmes de consistance (si on le lit dans l'idée de chercher la petite bête) quand il sort l'air de rien des mots comme "toiser", "tressauter" mais ne sait pas ce qu'est un banquier (ça fait partie des gens qu'il devrait avoir appris à mépriser, il me semble).
Ça autorise par contre tout à fait les glissements vers le présent au milieu du passé, donc beaucoup plus de flexibilité pour la concordance des temps, les choix passé simple/imparfait etc.
Le glissement vers la fantasy fonctionne même pour quelqu'un qui, comme moi, n'a honnêtement aucune idée de ce à quoi ça fait référence. J'étais un peu perdu mais pas d'une façon déplaisante.

Le seul passage qui m'a vraiment paru empathique est celui de la salopette qui craque. Mais peut-être est-ce parce que j'ai du mal à relire mon propre texte, à vraiment me plonger dedans (une tentative de renouveau où je brise mes codes et où je m'imprègne mal).

Pour l'argot, un peu le même principe que le familier, je ne connais que très mal et c'est sûrement pour ça que je ne m'y suis pas aventurée. Je ne fais pas suffisamment dans la prise de risque, ce qui fait qu'un personnage qui devrait être loin de moi ne l'est pas ou pas assez.

Pareil pour ce qui est du passage du banquier. J'ai hésité à le mettre, j'ai pris le risque et raté ;) Tu as raison, un gamin des rues devrait être habitué aux banquiers, mais je ne voulais qu'on voit trop l'écart entre les deux enfants. L'ignorance faisait office de lien. La notion de : pas de barrière sociale. Je verrais comment travailler mon idée autrement.

Pour la Fantasy, je suis ravie de voir qu'elle passe bien. J'ai essayé de faire au plus simple. Sans trop rentrer dans le détail. Mais sans être non plus trop sûre de mes créatures pour les nommer sans rien de plus. Quelque chose de léger qui aide tout juste à l'imagination.

La fin est mignonne.

Exactement ce que j'ai pensé en lisant la dernière ligne ^^ .

Conclusion : Il va falloir que je retravaille tout ça. Mais je pense que je vais le faire passage par passage, plutôt que de m'attaquer au bloc entier.

P.S. : pour ceux qui veulent savoir s'ils sont proches ou loin du secret de Jack :

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Re : Une étude en gris
« Réponse #3 le: 17 novembre 2015 à 16:14:41 »
J'ai donc été prouvé idiot.
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Hors ligne Luna Psylle

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Re : Re : Une étude en gris
« Réponse #4 le: 17 novembre 2015 à 16:21:04 »
Mais non tu n'es pas idiot :o !
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[/quote] L'androïde est pas mal du tout comme supposition et aurait pu marcher aussi bien que la fille, mais l'époque ne l'aurait pas aussi bien accueilli, je pense. A méditer, car je pourrais très bien reprendre ton idée et en faire un garçon qui est une fille qui est un androïde.
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Re : Une étude en gris
« Réponse #5 le: 17 novembre 2015 à 16:29:31 »
Mais je plaisante à moitié quand je dis que "je me suis prouvé idiot"... Je n'ai pas sorti le fouet pour me flageller non plus. Je mettrais bien plus de smileys dans mes posts, mais les smileys pince-sans-rire ça n'existent pas.
Et je suppose que je peux toujours faire de ma première théorie mon headcanon. On est dans le domaine de la fanfic après tout ;)

Hors ligne Luna Psylle

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Re : Une étude en gris
« Réponse #6 le: 17 novembre 2015 à 16:46:41 »
Ouf ! ^^ Je me doutais que c'était une blague, mais apparemment pas assez ;)

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Re : Une étude en gris [défi]
« Réponse #7 le: 14 avril 2021 à 11:26:37 »
   Salut le monde !

   Je continue sur ma lancée de travailler mes vieux textes qui le réclament.
   Pour celui-ci, j'ai revu la forme globale. J'ai passé le tout au présent, ça rend mieux. Je n'aime pas trop lire le point de vue enfantin, sauf sur un album, mais à écrire, ce fut drôle. La dernière partie me semble assez bancale, à partir de l'apparition de l'homme bouilloire. Donc, j'attends des retours pour en être sûre. Et de manière générale : est-ce que c'est fluide à la lecture, est-ce que ça marche bien ?
   Sitôt que je peux, je fais une seconde relecture pour les fautes.

   Bonne lecture !
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