Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

27 janvier 2023 à 09:43:06
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Journal d'une insomnie

Auteur Sujet: Journal d'une insomnie  (Lu 802 fois)

Hors ligne ThE LEgEnD

  • Tabellion
  • Messages: 25
  • Qui pisse face au vent se rince les dents !
Journal d'une insomnie
« le: 07 décembre 2017 à 19:34:59 »
   Il faisait nuit, je me sentais mal, comme vidée de toute émotion positive, en tenant dans mes mains un livre pour lequel je n’avais d’intérêt que parce qu’il s’agissait d’une sorte de cadeau, l’envie de lire me déserta, l’écriture serait peut-être plus appropriée ?
   Je me levais pour aller chercher mon ordinateur sur mon bureau et le ramener sur mon lit, la souris éteinte, trop loin de la wifi pour regarder quoi que ce soit et mon profil Skype cherchant désespérément à s’actualiser, je commençais à taper. Mon téléphone à mon côté vibrait pour déverser sans relâche un flot de platitudes inintéressante et pourtant si souvent réconfortante.
   Les insectes à l’extérieur stridulaient comme ils le pouvaient ou projetait une lumière jaune-vert dans l’espoir qu’une femelle et non un prédateur ne les remarquent. Au loin des chiens aboient pour avertir de bruits qu'eux seuls entendent, je devine des étoiles qui me sont invisibles et brillent au dessus de ma tête.
   Tout ce bruit me détend autant qu’il m’agace. Je voudrais me retrouver seule avec moi-même, mon clavier et mes idées sombres, pouvoir me dire que je suis mieux ici qu’ailleurs.
   Comme souvent une insomnie me tient éveillée, les mots se coulent d’eux-mêmes sur l’écran, comme s’ils étaient une évidence, j’allais pourtant bientôt me retrouver seule, larmes aux yeux, les doigts sur le clavier, l’espoir détruisant bien plus qu’il ne permet de construire, se libérer d’une obsession qui entrave nos pensées, tellement présente qu’on se prend parfois à voguer dans une réalité dans lequel tout est faisable, tout nous convient, une réalité plus douce que la vie menée, une vie conduite du bout des doigts ne menant que là où nous avons le courage de l’amener.
   Durant cette nuit je pensais à bien des choses, l’amour, la mort, l’espoir, la trahison, le bonheur, bien des choses qui font parfois souffrir mais qui sont si souvent indispensable. La nuit entourait tout, même mon écran ne produisait, à ma demande, plus assez de lumière pour éclairer mon clavier et pourtant, pourtant ! Rien n’arrête celui qui n’a plus rien à dire tout comme rien n’arrête l’amoureux ou l’affamé.
   Cette nuit fait partie de ces nuit où des souvenirs oubliés remontent à la surface, c’est leur jour de chance, ils sortent du placard, se dépoussièrent et replongeront bientôt dans les méandres d’un fleuve sans fin triant l’utile du superflu, qu’ai-je fait le mois dernier ? Je ne le sais plus, c’est l’anniversaire de l’ami d’une amie, m’en souviendrais-je pour l’année suivante ? Sûrement pas

   Tout me semblait vide, douloureux et informe comme si je vivais dans une boule de coton ou de brume m’empêchant de voir clair tout autour de moi.
   J'étais perdue dans ma vie comme dans mes pensées, mon ordinateur ronfle doucement sur mes genoux, bercé par le bruit des touches du clavier. Dans la solitude plus rien ne compte, le silence est pesant mais le bruit assourdit. Quelque chose me tiens éveillée, peut-être ai-je à accomplir cette nuit ? Et bien non, comme chaque fois je me sens spectatrice de ma propre vie, je suis vide de sentiments et de souvenirs. Je n'ai plus d'envies, je n'ai plus d'espoir, je ne vis que pour écouter ceux qui en ont besoin mais pour qui je ne peux rien faire.
   Peut-être est-ce là ma plus grande souffrance, la voir souffrir et ne rien y pouvoir.

   Des voix semblent chuchoter loin dans le noir qui m'entoure, des sifflements suraigus qui n'existent pas me transpercent le crâne. Ma tête, las de se chercher querelle, tente de se convaincre que je ne suis pas seule, que je ne suis pas vide, que je vais bien. Tout me rassure et m'effraie, les questions tourbillonnent dans ce qu'il me reste de clairvoyance.
   Une seule pourtant ressort de plus en plus "qu'est-ce que je dois faire ?"

   Pour le moment, essayer de dormir malgré tout sans doute.
Je suis le génie de la ratatouille !
Tu m'a convoqué en FAISANT cette ratatouille !
Tu as le droit a un vœu, un seul, choisis le bien...

Hors ligne LeMargoulin

  • Prophète
  • Messages: 854
  • Petit poulpe des bois
Re : Journal d'une insomnie
« Réponse #1 le: 07 décembre 2017 à 21:58:14 »
Salut Vic !

D'abord, au fil de la lecture :
Citer
Il faisait nuit, je me sentais mal, comme vidée de toute émotion positive, en tenant dans mes mains un livre pour lequel je n’avais d’intérêt que parce qu’il s’agissait d’une sorte de cadeau, :noange: l’envie de lire me déserta, :noange: l’écriture serait peut-être plus appropriée ?

Là où sont les angelots je verrais un point plutôt qu'une virgule, question de rythme. Et pour " l’écriture serait peut-être plus appropriée ?" le soudain passage au présent est un peu brutal. On se sentirait plus en confort en restant dans du passé. Ou, à la place, tu peux ajouter une locution du style "pensai-je".
Citer
Je me levais

Ou c'est, comme je le pense, du passé simple et dans ce cas, "levai", ou bien c'est de l'imparfait mais, alors, ça ne passe pas vraiment au niveau du récit
Citer
ou projetait

projetaient
Citer
Au loin des chiens aboient pour avertir de bruits qu'eux seuls entendent, je devine des étoiles qui me sont invisibles et brillent au dessus de ma tête.  Comme souvent une insomnie me tient éveillée, les mots se coulent d’eux-mêmes sur l’écran

Là aussi, tu passes d'un coup au présent alors que le récit est au passé depuis le début
Citer
je pensais à bien des choses

Ici l'imparfait pourrait être valable mais le passé simple (pensai) passe tout de même mieux

Et encore plusieurs autres passages du passé au présents par la suite.



J'ai plutôt aimé ton texte, tu retranscrit bien le déroutement, le désœuvrement liés à cette insomnie, avec quelques belles images. Mais c'est dommage que les temps partent dans tous les sens. Peut-être est-ce fait intentionnellement, pour créer un effet d'intemporalité, mais personnellement ça m'a gêné (ce qui n'engage que moi évidemment  :huhu:).

A plus !  :)


« Modifié: 07 décembre 2017 à 22:24:53 par LeMargoulin »
J'aurais aimé me lancer dans la flibuste mais ma couardise m'a poussé vers les lettres.

Hors ligne ThE LEgEnD

  • Tabellion
  • Messages: 25
  • Qui pisse face au vent se rince les dents !
Re : Journal d'une insomnie
« Réponse #2 le: 07 décembre 2017 à 22:20:24 »
Effectivement c'était voulu (la plupart du temps  :D) mais tu as raison, ça donne l'air plus brouillon, je réglerais ça ^^
Merci  ;D
Je suis le génie de la ratatouille !
Tu m'a convoqué en FAISANT cette ratatouille !
Tu as le droit a un vœu, un seul, choisis le bien...

Hors ligne LeMargoulin

  • Prophète
  • Messages: 854
  • Petit poulpe des bois
Re : Journal d'une insomnie
« Réponse #3 le: 07 décembre 2017 à 22:26:00 »
Attends quand même d'autres commentaires, cet effet peut aussi plaire à certains  ;)
J'aurais aimé me lancer dans la flibuste mais ma couardise m'a poussé vers les lettres.

Hors ligne ThE LEgEnD

  • Tabellion
  • Messages: 25
  • Qui pisse face au vent se rince les dents !
Re : Journal d'une insomnie
« Réponse #4 le: 07 décembre 2017 à 23:13:04 »
J'ai toujours plusieurs version de mes textes, j'en ai un "original" qui est celui-ci et deux ou trois avec des variations de ce types  :D
Je suis le génie de la ratatouille !
Tu m'a convoqué en FAISANT cette ratatouille !
Tu as le droit a un vœu, un seul, choisis le bien...

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.022 secondes avec 19 requêtes.