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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [fantasy][v2] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus

Auteur Sujet: [fantasy][v2] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus  (Lu 961 fois)

En ligne Alan Tréard

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    • Alan Tréard, c'est moi !
[fantasy][v2] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« le: 06 novembre 2020 à 20:13:33 »
Bonjour,


Me voici pour un nouveau récit de fantasy issu d'un projet dont vous pourrez apprendre plus en ayant accès à mon Carnet de bord qui résume les grands contours de cet univers.

Pour celles & ceux qui auraient déjà lu les précédents, le présent récit se déroule une décennie après celui sur L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière qui se déroulait lui-même deux décennies après L'inauguration de l'Hôtel d'observation à Dwarfiney. J'y ajoute une notion complémentaire intitulée « principe de l'apposition » dont les contours sont évoqués dans le texte.


Pour présenter le texte, je dirais que ça laisse entrevoir les contours de la communauté féline que sont les Trobaulèzes, je souhaitais mettre en perspective leur façon d'être, leurs manières, leurs pensées... J'ai pu faire un premier progrès sur les dialogues dans cette nouvelle version.

Les personnages Solonius, Gerrarius et Julius apparaissent en priorité dans le texte, mais je n'exclus pas d'en ajouter de nouveaux si de nouveaux besoins m'apparaissaient.


Le texte pourrait encore gagner à être plus synthétique et moins bavard, mais les premiers efforts réalisés ont permis déjà de premiers éclaircissements.

Sur ce, je recevrai vos commentaires avec un réel plaisir pour cette nouvelle étape entamée dans mon projet d'écriture. ^^




          Une compagnie de Nains emprunta l'une des routes coutumières atiquae dans l'espoir de traverser la Jungle cuivrée et d'arriver à l'autre bout de la région rhizocuivrée. Ainsi, pendant sa traversée, au moment d'approcher de la Merveille de Pantherus, elle s'arrêta à mi-chemin, touchée par une étrange émotion. Devant les Nains, le sequoia lumineux dont l'éclosion des fleurs bioluminescentes se produisait la nuit, et une crainte inexpliquée qui les prit de cours.
          Habituellement, les pèlerins se rapprochaient des fleurs au soir tombé mus par un sentiment mystique d'une sérénité confessionnelle. Pourtant, cette fois-ci, la vive réaction de la compagnie de Nains à la rencontre de la Merveille provoqua une réaction inexpliquée. Sous la lueur blanche des rayonnements floraux, la tige des plantes entourant l'arbre s'agitait au gré du vent et de la main divine d'Apollainout.
           « Les fleurs dégagent un poison asphyxiant dont les pollens colonisent mortellement nos esprits ! » s'écria soudainement un Nain devant les fidèles rassemblés autour de la Merveille.
Les Trobaulèzes ne pouvaient pas croire qu'ils étaient empoisonnés par ces boutons sacrés, ces félins démentirent farouchement l'interprétation paranoïaque du Nain. Peu à peu, un sentiment de panique gagna le cœur des uns et des autres, répandant inexorablement une vive émotion d'individu en individu : le pressentiment sous la Merveille avait commencé.
           « Je perds le contrôle de moi-même ! Que m'arrive-t-il ? s'exclama un Trobaulèze.
          — J'aperçois l'action d'Euripidusance derrière cette domination des vues de l'esprit, elle nous soumet à sa volonté, » annonça soudainement un autre.
          Parmi les Trobaulèzes présents sur le lieu sacré se tenait le célèbre auteur du nom de Solonius, connu et reconnu pour son ouvrage lyrique Jaune-refrain Pelage-ancien. Solonius subit une grande frayeur à se voir plongé lui-même dans ces hallucinations prophétiques dont il ne comprenait pas la cause originelle. Solonius aimait les images florales, il ne pouvait pas croire que celles-ci l'avaient rendu subitement fou ! Tandis que de nombreux pèlerins répétaient inlassablement : « Euripidusance, Euripidusance, qu'attends-tu des félins ? », l'auteur, lui, dénonça avec insistance la mésinterprétation de ce pressentiment sous la Merveille.
           « Vous faites erreurs, âmes en errance, esprits tourmentés, Euripidusance n'y est pour rien, c'est une folie de croire cela !! » déclara-t-il obséquieusement.
          Solonius s'intéressait depuis toujours aux arts de la chasse et de la conquête, il relisait souvent son bestiaire des Animaux sauvages et légendaires du Florilègearium dont l'introduction évoquait l'aphorisme suivant : « Jamais la déesse Euripidusance ne doit te prendre par surprise. » L'erreur des pèlerins, selon lui, était d'attribuer  un pressentiment prophétique à la déesse Euripidusance ; il y voyait une impiété si grave qu'il en perdait la tête.
           « Euripidusance, tu nous chasses et nous traques jusqu'au sequoia, » affirmèrent pourtant les pèlerins impossibles à raisonner.
          Pendant ce temps, la compagnie des Nains commença à paniquer elle aussi : une dizaine de Dwarfinauds s'enfuirent dans la Jungle cuivrée et se perdirent à jamais dans les dangers de la végétation ; d'autres Nains, en revanche, restèrent immobiles, pétrifiés par la peur et ne quittèrent pas le sentier dans la Jungle cuivrée en attendant que l'émotion ne retombât. Les panthiss, prêtres héritiers de Pantherus, arrivèrent à leur tour sur place afin de contenir la foule apeurée.
          Solonius, quant à lui, vint se morfondre au pied du sequoia, attristé de voir la foule sombrer dans ce qu'il estimait être « Une mésinterprétation du pressentiment. » Replié sur lui-même, plongé dans un bouleversement spirituel, Solonius estimait que s'il ne parvenait pas à corriger cette incohérence dans l'esprit des félins, jamais Apollainout n'allait pouvoir éloigner la corruption tentatrice d'Euripidusance. Le poète prit à cet instant une inspiration profonde afin de se calmer et de traduire sa souffrance en mots.
          Exclamation après exclamation, les pèlerins provoquèrent un brouhaha extraordinaire, attirant vers eux de nouveaux curieux qui souhaitaient être touchés eux aussi par le pressentiment ; une foule compacte en transe s'accumula ponctuautour dans un désordre amnésique. Face à cette spirale de la peur, Solonius établit les premiers vers d'un poème qui prendrait place dans le plus bel ouvrage lyrique que cette époque de l'Histoire nous ait aujourd'hui laissé ; opposant au galimatias mystique des fidèles une rhétorique mythologique versifiée, codifiée, sophistiquée, Solonius écrivit sans s'arrêter, écrivit à propos de sa fascination pour Apollainout, à propos de l'éducation, de la confiance, de la foi en les usages félins, transcrivant la beauté du monde se jouant sous ses yeux effarés.
           « Quand je serai traqué la nuit,
           « Apollainout viendra me voir,
           « S'offrant de son aura qui luit,
           « Fertile comme un abreuvoir, » écrivit-il alors dans le plus grand des élans miraculeux.
          Pendant ce temps une Naine observatrice qui accompagnait la compagnie venue de Dwarfiney cherchait à venir en aide à ses semblables. L'observation lui avait permis d'identifier le phénomène de pressentiment, de connaître son évolution incertaine potentiellement dangereuse, de réagir au plus vite. Un panthiss miraculeusement épargné par la prémonition accepta de venir en aide à l'observatrice en lui indiquant le chemin vers l'Hôtel des directions où les Nains allaient trouver un accueil plus chaleureux.
          L'Hôtel des directions se trouvait à deux jours de marche.
          Enfin, Solonius s'étant assis sur un tapis de fougères, il resta envoûté toute la nuit, comme dans une profonde méditation. À l'aube, le poète fut tiré de sa somnolence par un euripidier, l'un des gardes du territoire des Trobaulèzes.
           « Monsieur l'écrivain, je vous cherchais. Veuillez me suivre s'il-vous-plaît, » invita poliment le Trobaulèze à l'attention de Solonius ; qui le suivit sans attendre.
          Au moment où le poète quitta le sequoia lumineux, plusieurs pèlerins gisaient à même le sol, évanouis ou endormis, touchés par l'énergie magique du pressentiment sous la Merveille de Pantherus.



          Non loin du sequoia lumineux se trouvait un belombra creusé qui offrait une excellente cachette à qui souhaitait entretenir le secret. Solonius fut amené là par l'euripidier l'ayant sollicité, il s'y déroulait à ce moment précis une consultation militaire du Corps de la garde euripidière, sous l'écorce de l'arbre, où près d'une centaine de personnes eut pu se retrouver pour y tenir une Assemblée secrète.
          L'euripidier s'arrêta devant le belombra : le garde sacré jetait des coups d’œil de droite et de gauche comme apeuré à l'idée que quelqu'un les suivît. Tout à coup, une vingtaine d'officiers sortirent de l'arbre creusé, tous en tenue de guerre, s'en allant vers ailleurs. Ces guerriers ne firent aucunement attention au poète qui se trouvait devant eux, ils partaient vers des directions différentes, ayant reçu des ordres dans la précipitation.
           « Je me présente devant vous aux côtés de Solonius, l'écrivain, avec lequel vous souhaitiez vous entretenir, introduisit le soldat.
          — Bien, il sera reçu par le général Gerrarius, » lui répondit un sous-officier avant de faire signe à Solonius d'approcher.
          Le poète paraissait minuscule face à l'arbre monumental qui avait accueilli une réunion officielle. Du lierre, des tomates, des gesses, des chèvrefeuilles, des pois, des concombres, des plantes grimpantes avaient élu le belombra creusé pour domicile, créant ponctuautour un camouflage naturel, rendant l'endroit parfait pour une consultation secrète du Corps euripidier, cœur de défense des Trobaulèzes.
           « Monsieur Solonius, déclara le général de l'armée trobaulèze à l'attention du félin, veuillez pardonner notre modeste accueil, les temps sont difficiles.
          — Nul besoin de magnificences pour nous autres scripteurs, réagit l'écrivain. J'ai moi-même pour coutume de fuir les honneurs...
          —Vous n'aimez pas les louanges ! Soit, mais saurez-vous pour autant rester discret ? ne pas ébruiter imprudemment notre conversation à vos confrères littéraires ? Voyez-vous, j'aimerais m'assurer que les bavards de copistes restent éloignés du Corps de la garde...
          — Ces 'bavards de copistes', comme vous les nommez si élégamment, seront honorés, très honorés par le fait que je les laisse aussi éloignés que possible des armes, des menaces, des guerres, des assassinats dont certains vous affublent par tant de réquisitoires ! »
          Par cette seule parole ambiguë, Gerrarius eut le souffle coupé : Solonius n'éprouvait aucune frayeur à mentionner les nombreuses accusations de meurtre que l'on faisait peser souvent sur le Corps de la garde euripidière.
           « Dites-moi, Solonius, tenta timidement le militaire pour contourner la question de l'assassinat, vous vous inscrivez bien dans les enseignements d'Aristidus... Vous savez ? Celui qui a réuni les différents noms félins de l'astre du jour dans un recueil, livre qui renforça sa renommée...
          — J'aurais pensé que vous me solliciteriez à propos de mes nombreux textes parlant de l'art de la chasse ! répondit malicieusement Solonius en parlant de ses propres ouvrages publiés.
          — Eh bien, à vous dire vrai, nous aimerions qu'une plume experte s'intéresse au miracle qui s'est produit dans une prairie sacrée, non loin des exploitations agricoles des Elfes, là où les Graouriattes avaient pour habitude de conduire leurs bêtes de pâture par le passé. Cette prairie attire depuis peu les convoitises, nous apparaissant dorénavant comme un lieu devenu stratégique, prioritaire, vital à qui contrôle la région... un lieu auquel les panthiss eux aussi accordent désormais une importance considérable.
          — La concurrence a toujours été rude dans ces terres où les pâturages des jaguars côtoient les cultures elfiques. Comme nous le savons, Aristidus a traversé l'aire steppialectique en son temps afin de parler des religions des différentes communautés félines, et je serai enchanté de suivre ses pas en m'y rendant moi-même dès demain !
          — Très bien, approuva le général Gerrarius, le journal du Lynx souffre de quelques difficultés ces derniers temps, ses reportages là-bas éprouvent une censure impitoyable, son accès y est limité par une série de restrictions dogmatiques selon les uns, justes selon les autres, excessives selon les derniers. Le journal du Lynx étant consacré à la foi religieuse, il se trouve depuis peu malmené à cause de son approche précipitée des récents événements : ce mensuel mériterait très certainement un éclairage plus intellectuel, plus réfléchi, moins émotif, moins passionné... Les temps sont troublés, nous ne pouvons pas nous permettre un débat critique basé sur des opinions théologiques conflictuelles ; or, pour cette raison, nous espérerions compter sur quelqu'un comme vous, Monsieur l'écrivain, qui saurait revenir aux origines culturelles de notre façon d'être, renouant avec les traditions séculaires tout en éloignant les révoltes, évitant les disputes stériles, faisant briller une expertise équitable qui revendique l'héritage territorial des Trobaulèzes.
           « Si je pouvais compter sur un véritable pilier de la littérature féline, continua le général Gerrarius, je pourrais m'appuyer sur ce grand esprit de lettres, cette intelligence littéraire pour convaincre les lynx d'accorder un peu d'espace à des opinions plus mesurées, moins polémiques, et qui fassent dès lors la synthèse entre les différentes tendances et obédiences mythologiques de la Jungle cuivrée. Ainsi, nous pourrions enfin nous réunir contre... contre un ennemi commun... »
          Les mots du général laissaient entrevoir l'espoir qu'il attachait en l'influence de Solonius, espoir de sortir enfin des conflits entre félins divisant sans cesse ces peuples en différents courants contradictoires. Le poète, lui, s'il avait toujours trouvé la logique militaire confuse et laborieuse, estimait que la sagesse revenait naturellement à ceux qui prônaient l'unité face aux dangers extérieurs qui s'accumulaient tout autour de la Jungle cuivrée. Par ailleurs, le jounal du Lynx disposait d'une influence grandissante dans la région, Solonius se rangea donc de bon cœur derrière l'idée d'une collaboration avec la presse pour faire valoir ses propres opinions politiques dans un mensuel.
           « J'ai quelques amis dont la plume abonderait dans votre sens, indiqua l'écrivain à l'attention du militaire. Cela me fait penser à un conte trobaulèze recueilli par Aristidus l'ancien ; voici ce que dit le Conte du Lever du Jour : le suprahôte Garibaldius, héros des lynx confrontés à l’expansion extrême des nuits, parvint à convaincre Sobossobo – le père de la chaleur – de leur rendre visite plus souvent plus longtemps afin d'éclairer leurs journées de couleurs, de saisons, de force, d'énergie cosmique. Grâce à cette prouesse rhétorique du héros Garibaldius, Sobossobo l'astre du jour accepta de nous rendre visite plus régulièrement, nous illuminant si souvent de sa lumière astrale. Garibaldius entama alors un voyage de quatre-vingt douze jours pour annoncer à tous les félins que l'astre du jour serait de retour parmi les mortels pour combattre la redoutable expansion des nuits.
« Voici pour ce qui l'en est de cette histoire ancienne, conclut finalement Solonius. La morale du Conte du Lever du Jour dit que, grâce à la généreuse admiration de Sobossobo pour le langage flatteur du suprahôte Garibaldius, chaque nouvelle naissance se trouve dorénavant récompensée par la lumière du jour bénéfique à tout le monde, alimentée par le bonheur paisible et l'indulgence sereine des jours heureux. »
          Cette histoire du suprahôte Garibaldius, Solonius l'avait lue dans le livre des Contes aux seize noms de l'astre du jour écrit par Aristidus l'ancien : en son temps, ce Trobaulèze avait parcouru les différents territoires de l'aire forestorique pour recueillir des mythes et légendes de plusieurs communautés félines. Solonius lui-même était d'accord pour quitter la Merveille de Pantherus afin de se rendre aux frontières de la Jungle cuivrée dans l'espoir de réunir entre eux les félins autour d'un même idéal. Le poète se préparait à entamer un voyage pour entrer en contact avec le plus de félins possibles afin de les réconcilier tous ensemble.



          Ainsi, Gerrarius fit envoyer l'écrivain vers la prairie sacrée où était apparue récemment la magie d'Urnahout. Le regardant quitter le belombra, le général fit une mine satisfaite, et se tourna vers l'un de ses plus proches conseillers.
           « Je souhaiterais m'entretenir avec l'ordre des panthiss, déclara-t-il. Allez me chercher l'un deux qu'il puisse répondre à ma demande. »
          Les autorités religieuses jouaient un rôle essentiel à la vie de la Jungle cuivrée. Aucune décision ne pouvait être prise sans leur consentement, Gerrarius lui-même ne se trouvait pas en capacité de peser face à leur censure imposante. Le général avait trouvé une parade pour contourner la licence des panthiss : il prétendait s'entretenir avec eux dans des lieux secrets pendant que ses soldats félins agissaient dans l'ombre. Le Corps de la garde euripidière comptait sur le général Gerrarius pour contenir la pression religieuse et retrouver un peu de liberté d'action. Le plus difficile alors était d'attirer leur attention, tant les panthiss surveillaient la Jungle cuivrée d'un œil vigilant.
          De retour seul, le conseiller qui était initialement parti solliciter l'assistance des prêtres ne put pas répondre à la commission que lui avait demandée son supérieur.
          « Mon général, s'excusa-t-il, les panthiss m'ont transmis le message selon lequel ils ne répondraient plus à la demande de qui que ce soit avant la prochaine pluie saisonnière.
          — Et quand viendra-t-elle cette averse ? s'exclama le chef des armées, frustré de ne pouvoir s'entretenir avec le cercle sacré.
          — Nous sommes actuellement en saison sèche, il peut passer deux à trois semaines, peut-être plus, avant de recevoir ne serait-ce qu'une goutte des cieux d'Apollainout.
          — D'ici là, les Elfes auront coupé nos arbres, brûlé nos livres, subordonnés nos frères et sœurs... » maugréa enfin le félin.
          Les panthiss ne se trouvaient jamais au même endroit, ils circulaient partout sur le territoire trobaulèze, s'éloignant même de la Jungle cuivrée pour circuler dans le Florilègearium, pour visiter d'autres lieux de pèlerinages voire pour aller jusqu'aux lointaines Collines aimantées où se trouvait la cité des Fées, Étoile 8 Paysmobile.
           « Quelles sont les nouvelles du pressentiment ? demanda alors le général à un officier.
          — Mauvaises, mon général, les pèlerins semblent ne plus répondre à nos euripidiers qui tentent de les sortir de leur état d'extase, répondit l'officier avec une certaine pointe d'amertume.
          — Il nous sera très difficile de protéger des citoyens touchés par une prémonition divine ! s'exclama son chef. Aujourd'hui, nous risquons des mouvements de foule, le pressentiment pourrait par la suite contaminer nos troupes et affaiblir nos défenses. En conséquence, les Elfes vont en tirer parti sous peu, nous faisant reculer sur d'autres fronts qui ne seront alors plus défendus par personne. Ce pressentiment est une malédiction !! Pour le bien de nos citoyens et celui de nos enfants, nous devons à tout prix convaincre les panthiss de nous laisser superviser les futures processions du culte trobaulèze. »
          Ce furent les mots du général avant qu'une nouvelle idée n'apparût à son esprit : il fallait infiltrer les cérémonies des prêtres, envoyer un agent pour les influencer depuis l'intérieur. Fort de sa ruse, de sa capacité d'anticipation, le général Gerrarius fit revêtir un Trobaulèze en habit de moine en lui donnant la consigne d'intégrer le cercle théologique du séquoia lumineux. Avec un des leurs parmi les panthiss, les soldats pouvaient espérer enfin pousser les croyants à adhérer à la tactique militaire de leur chef. Cette idée saugrenue provoqua peu à peu un vent d'excitation dans les rangs des euripidiers, ceux-ci se satisfirent finalement à l'idée qu'on allait orienter l'autorité sacrée afin de convaincre tous les Trobaulèzes qu'ils trouveraient leur sécurité auprès du Corps euripidier.
          Un officier accepta de se déguiser en moine au plus vite et de tenter de s'intégrer à la confrérie des panthiss. L'agent secret des euripidiers comptait en profiter pour préparer les premiers repérages des zones exposées à un potentiel ennemi, mais aussi connaître pour la première fois la véritable raison pour laquelle les prêtres refusaient de s'entretenir d'urgence avec le général Gerrarius.



          L'aube approchait et les fleurs lumineuses d'obscurités s'éteignaient peu à peu, laissant la place à Sobossobo, l'astre du jour, qui éclairait les lieux de son fertile rayonnement.
           « Trois pèlerins allongés au sol, somnolents, inconscients, sont morts piétinés par la foule de curieux venus glorifier le sentiment divin ! »
          Ces mots furent prononcés par un garde sacré en alerte et se répandirent comme une traînée de poudre dans la foule : certains des croyants se trouvaient trois fois plus impactés par l'émotion que les autres, et ils s'étaient évanouis pendant une heure ou deux tandis que les autres approchaient en se bousculant, les yeux levés vers la cime du sequoia de Pantherus, oubliant de regarder au sol sur quoi ils marchaient, étouffant alors des gens endormis sous leurs pattes. Les panthiss étant officiellement les responsables du périmètre de pèlerinage, ils se chargèrent d'établir un protocole strict d'approche de la Merveille avec un filtrage des inconnus qui devaient donner la prééminence aux fidèles, défavorisant directement des étrangers au culte ; le tri et la régulation des mouvements devaient éviter aux endormis d'être piétinés.
          L'observateur Julius fut contacté au plus vite pour apporter sa connaissance sur les phénomènes magiques en tout genre. Les prêtres redoutant de voir une apposition sauvage se développer à leur encontre, ils se pressèrent d'amener sous le sequoia lumineux un spécialiste de la prophétie. N'ignorant pas que certains attribueraient la prémonition populaire à Euripidusance tandis que d'autres l'accorderaient volontiers à Apollainout, les panthiss demandèrent que soit réalisée une étude accélérée du phénomène prophétique, afin d'être les premiers à lui apporter une attribution apposée.
           « Je ne peux pas vous garantir une étude accélérée à propos du phénomène de pressentiment, les alerta finalement l'observateur Julius. Je vous déconseille formellement de vous jeter la tête la première dans de mauvaises considérations du pressentiment car cela pourrait entacher sérieusement la confiance qui est accordée au cercle religieux. Je me dois également de vous informer du fait qu'aucun pressentiment n'est transcendant ni spirituel, dès lors qu'il s'exerce dans le cœur d'un individu ;  cela signifie qu'un sentiment prémonitoire répond à une logique mécanique en écho à une magie, à une position prophétique, un esprit touché par cet effet devient l'objet d'un vaste système prophétique. L'observation et ses observateurs sont régis par une temporalité longue, fastidieuse, expérimentale, incertaine, il faut parfois plusieurs décennies pour parvenir seulement à trouver un début d'explication rationnelle permettant la compréhension partielle de l'imprévisible pressentiment : la précipitation serait alors très mauvaise conseillère... »
          L'observateur Julius, du haut de ses cinquante ans, se faisait vieux et n'en avait plus pour très longtemps à vivre. Il n'allait jamais avoir le temps de mener une étude prophétique de ce pressentiment, un phénomène rare et relativement inexpliqué. Par ailleurs, les nouvelles que Julius avait reçues de la part de l'Hôtel d'observation étaient mauvaises, très mauvaises : l'aide qu'il souhaitait recevoir des Nains semblait s'éloigner avec le temps, tant les Nains étaient indisposés et préoccupés par d'autres priorités.
           « Je vous conseille de favoriser les membres de la communauté trobaulèze afin que ceux-ci accèdent en premier au sequoia lumineux dès demain soir, parce qu'ils sont les premiers concernés par ce phénomène prophétique, et qu'ils doivent reprendre le contrôle de la situation avant toute autre chose... les conseilla-t-il finalement.
          — Nous vous remercions infiniment pour cette expertise fort bienvenue, maître Julius, le remercièrent alors les prêtres. Nous tâcherons de laisser aux Trobaulèzes tout l'espace pour ressentir cette émotion magique, ce défi qui les attend dès lors leur revient de droit divin. »
          D'abord la colonisation des Elfes, puis l'appel à l'aide des Graouriattes, puis l'arrivée massive de Nains dans la Jungle cuivrée, tant de nouveautés allaient troubler le cœur des félins, les incitant à s'unir autour d'une divinité symbolique. La végétation laissait entrevoir de nombreux miracles qui tournaient autour de l'esprit d'Urnauhout, ce dieu qui avait donné son nom au conseil théocratique sacré ; pourtant les panthiss refusèrent d'y voir l'acte de cette divinité, pour des raisons théologiques qui nous échappent malheureusement.
          La concomitance entre les leçons du destin et la présence réelle de phénomènes magiques étant parfaitement inexplicable, nous savons que ces événements précis influencèrent immensément la destinée du mnémophylum félin ; nous n'avons cependant aucun moyen de délibérer sur leur origine véritable, ni de savoir formellement s'ils ont émané d'une volonté divine sciemment réfléchie ou n'ont été que la conséquence bienheureuse d'un ensemble de phénomènes hasardeux dont l'issue aurait été de toute façon parfaitement imprévisible et magique. Notre connaissance des sytèmes prophétiques a ses limites, encore aujourd'hui, et nous ne savons toujours pas expliquer des phénomènes arrivés il y a plusieurs dizaines de décennies en arrière.
          Quoi qu'il en eût été véritablement, les panthiss décidèrent d'apposer au phénomène prophétique le nom du dieu de la pluie, Catonhout, et l'Histoire garda de cet événement mémorable le nom de Pressentiment de Catonhout, un événement qui fit couler beaucoup d'encre à travers les différentes aires et marqua l'histoire des Trobaulèzes d'un virage sécuritaire et religieux.
« Modifié: 26 décembre 2020 à 23:21:35 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Hors ligne Cendres

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 798
Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #1 le: 07 novembre 2020 à 18:34:55 »
Bonjour Alan Tréard,

Merci pour ton texte qui est la suite de ton dernier qui nous offrait a découvrir ton univers fantastique.

Le nom du peuple des félines "Trobaulèzes", me fait penser à "Top balaise" et aussi ton autre mot "Euripidusance", me font penser a "En dépit du sens" ou "En répit du sens".
Ca me faisait un peu sourire, c'est rigolo. Un rien m'amuse, je le sais.

Sinon, je ne suis pas experte, mais j'ai relevé deux incohérences.

" ..Pendant ce temps, la compagnie des Nains commença à paniquer elle aussi : une dizaine de Dwarfinauds s'enfuirent dans la Jungle cuivrée et se perdirent à jamais dans les dangers de la végétation..."
Ils sont aussi stupides que de se perdre dans cette forêt ? Pourquoi ils n'ont pas emprunté le chemin qui les a mené?
Dans ton ancien texte il me semblait proche de la nature. Donc c'est étrange qu'ils se perdent a mourir dans une forêt.

"...un officier accepta de se déguiser en moine au plus vite et de tenter de s'intégrer à la confrérie des panthiss..."
C'est aussi facile que cela que d'infiltrer les moines ? N'importe qui vêtu en moine peut s'intégrer a cette communauté religieuse ? Je suppose que c'est un ordre religieux avec des hiérarchies et un système de communication interne. Un moine arrivant de nulle par, ils vont se demander de ou il arrive, je suppose.

Mon avis est personnel et ne reflète que mon opinion. Il ne doit pas être des plus justes.

Hors ligne Persona

  • Calliopéen
  • Messages: 476
  • Poisson du Léthé
Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #2 le: 08 novembre 2020 à 00:16:06 »
Bonsoir Alan,

Contente que tu aies avancé sur ce projet !
J'ai trouvé plus facile de rentrer dans le texte que dans les précédents, il y a un côté plus direct qui apparaît dès le début. Je vais essayer de te faire un retour concernant surtout les dialogues. Et tant qu'à faire, j'insiste sur mes incompréhensions - si pertinent, cela pourrait te donner une idée de ce qui peut être simplifié.

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routes coutumières atiquae
au risque de poser une question idiote... C'est quoi ?
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auprès de la Merveille
près de (pour alléger un peu) ?

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Il y avait, sur l'arbre de Pantherus, des fleurs luminescentes d'obscurité qui brillaient chaque nuit pendant la saison chaude. Habituellement les Trobaulèzes y trouvaient une aura brillant d'une incroyable sérénité ; or pour la première fois depuis leur apparition, les fleurs n'éclairèrent plus les pèlerins de la même façon : un sentiment d'effroi ineffable émana des parfums floraux.
J'aime beaucoup la beauté qui se dégage de ce passage, même si j'ai du mal à me représenter clairement l'arbre. Cela vient de : "luminescentes d'obscurité", vu que c'est contradictoire, donc je n'arrive pas à me faire une idée précise. Pour autant j'aime bien cette vision qu'il serait impossible d'avoir dans le monde réel. Ce n'est pas parce que cela n'existe pas qu'il ne faut pas l'écrire, bien au contraire  :)

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Solonius s'intéressait depuis toujours aux arts de la chasse et de la conquête, il relisait souvent son bestiaire des Animaux sauvages et légendaires du Florilègearium dont l'introduction évoquait l'aphorisme suivant : « Jamais la déesse Euripidusance ne doit te prendre par surprise. »
Ce passage doit avoir une importance que je n'ai pas comprise. En fait, je ne comprends pas bien qui est la déesse Euripidusance, ce qu'elle fait, son antagonisme (si c'est le cas) par rapport aux autres dieux. Ce n'est sans doute pas l'objet du texte mais vu qu'elle est citée souvent, j'aurais eu besoin de plus de clés pour la connaître

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et ne quittèrent pas le sentier du voyageur

Je n'ai pas compris : le sentier du voyageur ?

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Fertile comme un abreuvoir
Fertile, ce n'est pas la première chose à laquelle je pense devant un abreuvoir  ;)

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à l'attention de Solonius ; qui le suivit sans attendre.
Archi détail mais je ne raffole pas du point virgule

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plusieurs pèlerins gisaient à même le sol, évanouis ou endormis, touchés par l'énergie magique du pressentiment sous la Merveille de Pantherus
Il y a sans doute une raison mais je n'arrive pas à voir comment ils peuvent tomber par terre alors que la foule ne devrait pas permettre qu'ils s'allongent ? ("une foule compacte en transe s'accumula...")

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Solonius paraissait minuscule face à l'arbre monumental qui avait accueilli une réunion officielle. Du lierre, des tomates, des gesses, des chèvrefeuilles, des pois, des concombres, des plantes grimpantes avaient élu le belombra creusé pour domicile
Très chouette, visuellement

Citer
tenta timidement le chef d'armée
Il n'est pas sûr de la position Solonius mais cela m'a semblé difficilement explicable qu'un chef de l'armée se montre timide avec l'écrivain qu'il a convoqué
Citer
les différents noms félins de l'astre du jour
A première lecture, je ne voyais pas bien ce que c'était, les noms félins de l'astre du jour. Référence à Sobossobo ? Dans ce cas il faudrait peut être parler des noms félins de l'astre du jour après le passage sur le conte

Citer
Mes confrères & consœurs
Pourquoi pas "et"?

Citer
Pas une seule fois le général Gerrarius n'avait parlé du pressentiment sous la Merveille de Pantherus, comme s'il voulait l'en éloigner, contournant le sujet d'une surprenante façon.
J'ai surement raté un passage important (ou pas compris encore, désolée...), pourquoi il ne veut pas lui en parler vu que ça se passe pratiquement sous leurs yeux ?

Citer
ou la très éloignée ville d'Étoile 8 Paysmobile habitée par les Fées
Ow, des Fées avec une ville au nom d'étoile c'est génial ça je me demande à quoi ça ressemble !!

Citer
D'ailleurs, aucune décision importante ne pouvait être prise sans l'aval des panthiss(...)
Là, sur ce paragraphe, j'ai un peu décroché

Sur le dernier paragraphe j'ai beaucoup mieux compris les enjeux de la discipline prophétique et le principe d'apposition, je me suis reportée à ton carnet de bord pour tout me remettre en tête quand même.

J'ai regroupé ici tous mes commentaires sur les dialogues :
De manière générale, ce qui me manque pour lui donner vie n'est pas dans le dialogue lui-même mais autour : des précisions sur la façon dont s'expriment les Trobaulèzes. Quel type de voix ont-ils ? Parlent-ils vite, ou lentement ? Font-ils des pauses dans leur discours ? S'arrêtent-ils pour réfléchir ? Regardent-ils leurs interlocuteurs dans les yeux ? Sont-ils anxieux, grognons, méfiants (leur humeur devrait se ressentir dans la façon de parler) ? Un peu plus d'incises devrait te permettre d'ajouter ces éléments pour "humaniser" (enfin, si l'on peut dire) le dialogue. Et peut être quelques interjections ?

En l'état je comprends que les Trobaulèzes parlent posément en faisant des phrases très soutenues. Le ton de Solonius me dérange moins, je comprends qu'il tient un discours érudit, ça lui va bien.
Il me semble que plusieurs passages ressemblent beaucoup plus à un langage écrit qu'à ce que l'on emploierait à l'oral :
Citer
Il n'est pas de coutume à nos soldats d'accueillir un précieux écrivain, j'espère donc que vous aurez été reçu dans les plus nobles conditions.
le "donc"
Citer
nous espérons d'autant plus compter sur cette frugalité honorable qu'un parler peu bavard nous permettrait de préserver la discrétion sur nos activités sécuritaires.
J'ai du relire 2-3 fois...
Citer
nous apparaissant dorénavant comme un lieu devenu stratégique, prioritaire, vital à qui contrôle la région ; un lieu auquel les panthiss eux aussi accordent désormais une importance considérable.
participe présent et point virgule : c'est vraiment très écrit (on s'exprime assez peu avec des ; oralement non ?)
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est limité par une série de restrictions dogmatiques selon les uns, justes selon les autres, excessives selon les derniers.
; or, pour cette raison, nous espérerions compter sur quelqu'un comme vous, Monsieur l'écrivain,
J'ai l'impression de lire une lettre
Citer
En conséquence, les Elfes vont en tirer parti sous peu, nous faisant reculer sur d'autres fronts
"En conséquence" sonne très écrit

Au final, j'ai passé un bon moment à me replonger dans ton univers très particulier, très construit. Les descriptions ici m'ont pleinement convaincue. Pour moi, il resterait encore à simplifier pour donner plus de spontanéité à ta création que j'admire franchement tant elle est complète et originale.
A bientôt
« Modifié: 08 novembre 2020 à 00:19:21 par Persona »
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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #3 le: 09 novembre 2020 à 13:33:13 »
Bonjour à toutes les deux,


Enchanté de voir que des questions profondes et complexes resurgissent à votre lecture du texte, vous soulevez toutes les deux des points fondamentaux qui méritent une explication poussée, presque scientifique des objets en question. Je vais prendre un peu de temps aujourd'hui pour répondre au plus juste et apporter des clarifications sur certains aspects.

En ce qui concerne une nouvelle version du texte, Persona apporte quelques pistes pour améliorer les dialogues et je vais m'y mettre cette semaine pour avancer sur une nouvelle version qui devrait paraître d'ici quelques jours, car il y a beaucoup à faire... ^^



@Cendres,


Très bonne nouvelle si tu trouves dans ce texte un aspect ludique, t'amusant des tournures étranges de certains moments, découvrant le peuple trobaulèze à travers les yeux de l'innocence et de l'émerveillement.


En ce qui concerne la compagnie de Nains dans la Jungle cuivrée, j'aimerais prendre un temps long pour décrire la différence entre l'habitat de prédilection des Nains (dans la montagne) et celui des Trobaulèzes (dans la jungle), or cela devrait me prendre plus d'un chapitre tant il y a à dire sur deux aires fondamentalement différentes.

Certains animaux vivent dans des lieux froids (aire montagmétique) tandis que d'autres vivent dans les lieux chauds (aire forestorique), ce qui peut déjà entraîner de gros changements de conditions climatiques ou biologiques qui amènent un déséquilibre chez l'individu, individu se trouvant alors affaibli par ce changement de climat. Face à cela, la Jungle cuivrée est emménagée selon les besoins naturels des Trobaulèzes (qui vivent de la chasse), qui savent se déplacer d'arbre en arbre et sont habitués dès leur plus jeune enfance à survivre de façon autonome dans un environnement très peu urbanisé. Les Nains sont bien plus habitués à vivre en ville et se sont progressivement rendus dépendants de l'élevage, ce qui les amène plus naturellement à chercher une auberge où passer la nuit (auberges qui sont assez peu nombreuses dans la Jungle cuivrée car les Trobaulèzes se soucient peu du commerce avec l'étranger).

Partant de ce principe, les Nains n'auraient jamais dû s'engouffrer aussi nombreux dans un lieu pour eux hostile (dans le sens où ils peinent à y trouver leur nourriture), or leur compagnie arrive auprès de la Merveille dans des conditions un peu mystérieuses (ils n'ont pas préparé leur voyage dans l'aire forestorique, ce qui fait qu'ils n'ont pas les moyens d'affronter ces gros changements climatiques et sociaux). Cette part mystérieuse de leur voyage devrait être décrite dans de futurs récits et prendra un peu de temps à être racontée car riche en détails et singularités. En effet, tu découvres-là une histoire qui devrait se situer dans un récit plus large si je parviens un peu à avancer dans ce projet d'écriture dans les mois qui viennent.


Enfin, en ce qui concerne le militaire et sa détresse à ne pas pouvoir être entendu par les panthiss, je crois que le passage mériterait d'être un peu renforcé pour lui donner un peu de nouveauté ; je pense notamment au passage que tu as cité qui aurait pu apparaître dans un dialogue pour renforcer l'effet narratif et lui donner une certaine force. Je devrais réécrire ce passage pour y introduire tes propres questionnements, cela ne peut que renforcer le suspens à propos de cette histoire de moine infiltré.

Il t'appartient pleinement de trouver le général Gerrarius cohérent ou incohérent, malin ou stupide, courageux ou lâche, jugeant ses idées saugrenues sur la base de ce que tu connais du cercle des panthiss. Encore merci à toi pour ta lecture, j'espère avoir répondu à tes questions avec application. :)



@Persona,


Alors, ton commentaire étant très riche, j'avais deux choix :
- soit répondre à chaque détail de la moindre petite impression mêlant à la fois la grammaire, la cohérence, le style, les éléments du récit, les descriptions, les aspects que tu as le plus aimés ;
- soit apporter des éclaircissements plus complets sur les points-clés du récit.

Les dernières fois, j'avais répondu un peu à tout, mais cette fois-ci je vais surtout présenter les grosses, grosses questions que tu poses parmi toutes tes impressions, de cette façon je fais le choix de mieux éclaircir le contexte du récit pour que tu ne perdes pas le fil narratif principal de l'histoire (celui qui détermine l'ensemble des choix d'écriture).


Ici, le fil narratif, ce sont les Trobaulèzes, leur manière d'être, leur état d'esprit.

La Jungle cuivrée s'organise selon un certain nombre de lieux de pèlerinage, les habitants de la Jungle cuivrée connaissent chacun de ces lieux de pèlerinage qu'ils soient eux-mêmes pèlerins ou non. Puisqu'un un individu de nationalité trobaulèze peut se déplacer de façon autonome dans toute la région, chassant sa nourriture dans la végétation sans avoir à chercher d'auberge pour se restaurer, il n'a pas besoin non plus de route ni de lieu où être accueilli. De cette façon, les seuls sentiers qui se soient créés entre les végétaux sont ceux qui relient un lieu de pèlerinage à l'autre : ce sont les routes coutumières atiquae.

Puisque les Trobaulèzes sont bien plus solitaires que les Nains, ils n'ont pas non plus de Mairie dans laquelle ils pourraient débattre de l'origine d'une problématique locale, si bien que leurs références linguistiques et culturelles sont majoritairement mythologiques ou spirituelles. La religion de l'aire forestorique est peuplée de légendes et divinités qui jouent un rôle clé dans les discours des Trobaulèzes, leurs symboles revêtent toujours une part de mystère inexpliqué. Lorsque Solonius rappelle l'aphorisme « Jamais la déesse Euripidusance ne doit te prendre par surprise, » qui apparaît dans son bestiaire des Animaux sauvages et légendaires du Florilègearium, il indique explicitement l'apparition de cette divinité dans de légendaires traques sauvages qui peuplent la mythologie de ce peuple de chasseurs.

Comme dans toute chasse il y a le chasseur et sa proie, je te laisse deviner l'interprétation irrationnelle qui ferait que certains pèlerins aient soudainement le sentiment qu'Euripidusance se trouve derrière leur panique, comme s'ils étaient la cible d'une traque. Comme dans toute peur irrationnelle, il n'y a pas d'explication rationnelle à l'apparition d'Euripidusance, les pèlerins s'adressent à elle dans une peur déraisonnée sans qu'on ne puisse expliquer pourquoi : ceci caractérise à l'évidence un phénomène de pressentiment.


En ce qui concerne la relation entre les écrivains et les soldats, il faut bien comprendre que les littéraires jouent un rôle majeur dans l'organisation, la hiérarchisation, la rationalisation des mythes qui peuplent la Jungle cuivrée. Contrairement aux panthiss qui maintiennent continuellement un voile théologique ésotérique sur le monde spirituel des divinités et des suprahôtes, les écrivains, eux, veulent mettre du sens sur les différentes obédiences, sur leur signification réelle jusqu'à aller expliquer leur véritable raison d'être. Les écrivains accordent moins d'importance à la croyance, à la divinité ou à la spiritualité, et plus d'importance aux traditions locales, aux opinions singulières et obédiences spécifiques, c'est pourquoi Solonius refuse de voir l'agissement d'Euripidusance dans ce sentiment irrationnel, et assimile l'apparition de cette déesse dans la bouche des pèlerins à une interprétation hasardeuse qui n'a pas lieu d'être.

Cette volonté des écrivains d'éclaircir les aspects les plus obscurs de la mythologie féline explique à la fois :
- la présence de différents noms de l'astre du jour en écho à la diversité des croyances (qui n'emploient pas toutes le même nom pour parler de la même chose) ;
- la timidité du général Gerrarius qui sait dores et déjà qu'une part importante de ses convictions les plus intimes seront révélées par l'analyse experte de Solonius ;
- la volonté du Corps militaire d'éloigner les littéraires du fait religieux, de peur qu'ils s'en emparent avec force et créativité ;
- le langage soutenu des plus hautes institutions de la Jungle cuivrée qui se justifie par l'intention de paraître sous leur meilleur jour aux yeux des écrivains si influents dans l'aire forestorique.

Comme tous ces éléments se rejoignent, et t'ont tous échappé, je vais essayer de retravailler cette dimension spécifique aux Trobaulèzes dans une future version, car il me semble que sans ces clés de lecture de la littérature féline, une grosse part des enjeux du récit risquent de t'échapper sur le long terme si je me propose un plus long récit.


En ce qui concerne les dialogues, les pistes que tu me proposes sont vraiment très intéressantes et devraient me permettre de tenter deux ou trois choses pour décoincer un peu tout cela et retrouver un peu d'authenticité dans la façon de s'exprimer des Trobaulèzes.

Grâce à tes impressions de lecture sur les dialogues, j'ai quelques idées qui me sont venues aujourd'hui et qui pourraient normalement m'aider à relancer la machine à écrire ; en espérant revenir avec des bonnes nouvelles d'ici la fin de la semaine. ^^


Encore un grand merci à toi pour toutes ces impressions, en espérant que ce modèle de réponse dans le détail te semble mieux adapté à un besoin d'identifier les grands principes de l'univers qui entoure les personnages, avec l'espoir ensuite que cela te permette de renouer les différents liens entre mes nombreux choix d'écriture, y retrouver la cohérence systématique (celle qui peut paraître encore un peu obscure).

Il me semble qu'il me reste encore beaucoup à faire, je m'en retourne vers mon établi, et prépare mes outils (scie, cisaille, perceuse, trancheuse) pour amaigrir un peu tout ça, y apporter quelques échancrures, l'affiner progressivement. À bientôt. :)
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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #4 le: 10 novembre 2020 à 07:55:15 »
Je suis "impressionnée" de tout ce que tu as pensée a ton histoire.
Les lieux et les cultures , même si tu en parles pas, tu y a penser afin que l'ensemble reste cohérent.

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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #5 le: 11 novembre 2020 à 10:42:22 »
Bonjour Alan,

Tu as répondu à toutes les interrogations que j'avais, merci.
Un élément me paraît essentiel dans tes explications - celui-ci :
Citer
Comme dans toute chasse il y a le chasseur et sa proie, je te laisse deviner l'interprétation irrationnelle qui ferait que certains pèlerins aient soudainement le sentiment qu'Euripidusance se trouve derrière leur panique, comme s'ils étaient la cible d'une traque.
L'idée est excellente, je trouve dommage qu'elle ne soit pas plus apparente et que l'on puisse passer à côté.

A bientôt
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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #6 le: 12 novembre 2020 à 16:01:14 »
petite question : un commentaire doit-il être forcément sous m'angle de vue du contenu du topic ou peut-il se transformer ou plutôt s'orienter un peu sur l'auteur dudit...?

ocazou, la modé m'honorerait de son action déplacementaire vers un sujet plus adéquat, comme peut-être la page perso d'Alan, mais en même temps...

c'est le titre qui m'a fait atterrir là, et le fait que ce soit Alan je ne le cache pas, et du coup bin encore une fois, non, je peux pas, t'sais t'es devant la falaise de mots là, pis tu te dis 'nan, j'peux pas sauter'... et pourtant ! j'ai envie de participer à l'échange, à la réaction, déjà parce que y'a un autre sujet de toi que j'ai aimé voir ton carnet de ton univers qui a l'air démesurément ouf, ensuite parce que t'es qmm mon seul ami officiel et explicitement proposé, ce que j'estime vraiment en devoir de rendre parce que si j'ai accepté, c'est pas uniquement parce que j'ai aps d'amis tuwa ? tu as d'énormes qualités limbiques que je veux absoluement te renvoyer, mais c'est dur, hélas, surtout quand je peux pas lire plus de 100 mots sans avoir le vertige, et encore !

mais, ce que je voulais dire donc, c'était que le titre m'avait attiré, et aussi que tout ton univers, dont j'ai donc un peu accès par le titre et les trois mots que j'ai réussi à lire sur le sujet, bin tout ça j'ai envie de le commenter, d'autant plus en conscience d'une connaissance de toi que je m'enorguillis d'avoir rencontré IRL, merci meeting d'été, et en vrai bin ouais, je sais pas où poser que quelle que soit la prose de ce fil, moi je la respecte, et elle m'intrigue, et elle me touche, comme je ne me pose jamais sur rien, mais comme elle existe en ce que je la vois de loin

j'espère sincèrement Alan, que tu ne prendras pas ceci pour du troll ou du flood, car vraiment, je crois que la seule chose que je puisse te renvoyer, excuse moi si ce n'est pas très efficace à ton goût pour la remise en question de ton expression, eh bien c'est te manifester qu'humainement, je crois que tout ceci est à valoriser

donc pas de commentaire fond ou forme
juste un "j'aime" à ma manière

bien à toi
si seulement niature...
pui(t)
#moi dq #grif #perso de je #grogrogro
il fallait t'façon


"lorsque l'art est volt
tu es l'ampère
qui rend puissant"

Яr

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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #7 le: 12 novembre 2020 à 18:23:56 »
Bonjour Dot Quote,


Puisque nous sommes sur un forum d'entre-aide, aux commentaires sur la forme ou le fond s'ajoutent généralement les mots d'encouragements qui font vivre le forum.

Je reçois donc avec plaisir tes mots de soutien, mots de soutien que je te retourne dans la réalisation de ce mystérieux projet d'écriture sur lequel tu travailles en ce moment, dont j'espère que tu nous feras profiter bientôt, à la fin du mois de novembre, ou peut-être en début d'année en le publiant dans la section du Nano voire même en section des Textes longs... ^^

Je lirai ce nouveau texte de novembre de ta création avec plaisir et curiosité, courage et créativité !
 :pompom:


Cendres, Persona : Je profite de ces mots d'amitié de Dot Quote pour vous informer que j'ai avancé hier et aujourd'hui sur une nouvelle version du récit Sous la Merveille, j'espère qu'une nouvelle version pourra aboutir dans les  jours qui viennent si je continue d'avancer sur la réécriture. Je vous remercie chaleureusement toutes les deux pour vos réactions et encouragements qui sont une aide aujourd'hui indispensable pour faire évoluer mon projet d'écriture de fantasy en lui apportant de nouvelles perspectives. :)

À bientôt ici ou là pour de nouvelles lectures. ^^
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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #8 le: 19 novembre 2020 à 20:48:32 »
Salut Alan,
j'ai mis un peu de temps à finir de lire ton texte mais me voilà enfin !  ;)

Ce texte est très intéressant et on voit que tu as une imagination débordante et prolifique  :pompom:!
Ton récit est riche et c'est vraiment super !

 Par contre, pour le lecteur néophyte qui ne connaît pas bien ton univers et son vocabulaire spécifique, son fonctionnement, c’est parfois complexe de suivre. Personnellement, je pense que, quand tu utilises un mot de vocabulaire particulier à ton univers, il serait pertinent de donner quelques repères de compréhension à son lecteur afin qu’il se fasse une idée de ce à quoi cela renvoie.

- qui faisaient le lien entre différents lieux de pèlerinage trobaulèze.
Par exemple ici, j’aurais imaginé quelques caractéristiques physiques ou culturelles très succinctes des trobaulèzes. Du genre « où se regroupait le peuple félin » à la suite de la phrase précédente.

J’aurais bien vu aussi un petit paragraphe de présentation pour se situer entre les différents peuples, le lieu.
Par exemple, j’avoue être un peu perdue entre les trobaulèzes, les Graouriattes. Il m’est difficile de bien les distinguer. Peut-être qu’il serait pertinent de proposer quelques détails sur chacun de ses peuples / races ?

Tes dialogues me semblent bien menés et se lisent facilement.

- l’Hôtel des directions : là aussi, ça aurait peut-être été bien de donner quelques éléments de compréhension.

des fleurs luminescentes d'obscurité qui brillaient chaque nuit pendant la saison chaude.
J’aime beaucoup cette association ! Bel oxymore !

gigantesque belombra creusé, arbre d'une taille suffisante pour y tenir une petite Assemblée d'environ cent personnes,
ça c’est de l’arbre ! Il doit être monstrueusement énorme !

Corrections orthographiques et autres

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Merci beaucoup pour cette chouette lecture !
Bonne continuation pour ta réécriture !
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

L'Elfe Noir

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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #9 le: 20 novembre 2020 à 11:58:32 »
Bonjour Mélina,


Eh ! Bien, ça me fait drôlement plaisir que tu te sois plongée dans ce texte ; je suis encore en train de le réécrire en ce moment et ton retour m'apportera de vrais outils de réécriture pour avancer vers une nouvelle version.

J'ai commencé à lire ton récit de L'Elfe Noir et j'y ai trouvé ce même aspect merveilleux des récits magiques, je suis donc très heureux que ta sensibilité pour les enchantements et féeries se soit plu dans ce récit de fantasy.


Pour te répondre, je risque de te décevoir un peu pour le moment, et même je suis obligé de modérer tes attentes en matière d'explications car certaines questions ne trouveront pas de réponse avant le prochain récit, à suivre, donc. ^^

Citer
- qui faisaient le lien entre différents lieux de pèlerinage trobaulèze.
Par exemple ici, j’aurais imaginé quelques caractéristiques physiques ou culturelles très succinctes des trobaulèzes. Du genre « où se regroupait le peuple félin » à la suite de la phrase précédente.

J’aurais bien vu aussi un petit paragraphe de présentation pour se situer entre les différents peuples, le lieu.
Par exemple, j’avoue être un peu perdue entre les trobaulèzes, les Graouriattes. Il m’est difficile de bien les distinguer. Peut-être qu’il serait pertinent de proposer quelques détails sur chacun de ses peuples / races ?

Tiens, c'est amusant, tu fais exactement la même erreur que Persona sur ma précédente publication : Tout le récit présente les différents aspects culturels de la communauté des Trobaulèzes (foi, attitudes de culte, origines mythologiques, poésie, littérature, habitudes et mœurs).

Tous ces éléments de récit (religion, morale, arts) concernent la dimension culturelle de cette communauté, tout le récit les présente sur de nombreux aspects, les caractérise sous plusieurs formes ; ainsi, les questions nouvelles que tu pourrais te poser (comme par exemple : « Quelle est la différence entre les Trobaulèzes et les Graouriattes ? ») sont des questions qui découlent des éléments que tu as déjà appris, et demanderaient à apporter des réponses en plus qui nécessitent de nouveaux paragraphes voire de nouveaux chapitres. J'y travaille, mais il va te falloir malheureusement être patiente et modérée en matière de curiosité. ^^


À ce stade, je préfère ne pas en dire plus sur les différentes communautés (je travaille en parallèle sur un récit qui présente la communauté des Graouriattes et leurs pâturages), si les éléments culturels présentés sur un récit de plusieurs paragraphes ne suffisent pas à comprendre qui sont vraiment les Trobaulèzes, alors la seule façon de combler ta curiosité sera pour toi de lire les futurs récits que je publierai, qui présenteront encore d'autres aspects des Trobaulèzes quand j'aurai un peu avancé à ce propos : le présent récit étant déjà entièrement consacré à la culture trobaulèze, ça donne déjà beaucoup d'informations à intégrer pour un lecteur en un unique récit... Vraiment désolé à ce propos de ne pas en dire plus, je préfère être ici synthétique plutôt que d'être trop bavard sur le temps d'un récit. (D'ailleurs la future version du récit Sous la Merveille risque d'être encore plus courte que la présente version...)

En revanche, et ça peut t'intéresser, je prépare quelques éléments descriptifs en plus sur les caractéristiques physique des personnages que je glisserai dans le récit Sous la Merveille, je prépare aussi des descriptions esthétiques de la Jungle cuivrée, qui devraient apparaître dans la nouvelle version de ce texte sur laquelle je me penche en ce moment.


J'espère que tu me pardonneras de ne pas en dévoiler plus sur les secrets de la communauté trobaulèze, mais il est vrai que je suis arrivé à un maximum en matière d'éléments descriptifs, il va me falloir dorénavant privilégier l'action et les dialogues. :)

Idem pour les mots de vocabulaire inexpliqués, ce sont des mots de vocabulaire qui désignent d'autres coutumes trobaulèzes, qui seront détaillées dans un futur récit. Je suis sincèrement désolé de ne pas pouvoir t'en révéler plus pour le moment. :/


Pour la grammaire, un très grand merci à toi pour tes remarques, j'apporte bientôt une version réécrite et corrigée de ce récit, je ferai une annonce dans le présent fil.

Sur ce j'aurai bientôt l'occasion de te faire un retour de lecture sur ton premier chapitre que je suis allé découvrir le week-end dernier. ^^
« Modifié: 20 novembre 2020 à 12:15:53 par Alan Tréard »
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Re : [fantasy] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #10 le: 20 novembre 2020 à 19:37:38 »
Salut Alan,
Bon, ben, super, si mes commentaires t'ont aidé !  ;)

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Pour te répondre, je risque de te décevoir un peu pour le moment, et même je suis obligé de modérer tes attentes en matière d'explications car certaines questions ne trouveront pas de réponse avant le prochain récit, à suivre, donc.
Belle façon d'inciter à lire tes autres textes !  :D

Citer
Sur ce j'aurai bientôt l'occasion de te faire un retour de lecture sur ton premier chapitre que je suis allé découvrir le week-end dernier.
^^
J'ai hâte d'avoir ton sentiment. J'espère que cela te plaira !

A plus !
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Re : [fantasy][v2] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #11 le: 27 novembre 2020 à 13:40:56 »
Bonjour à vous trois,


Je viens enfin d'apporter une nouvelle version au texte avec quelques détails supplémentaires, des dialogues mieux équilibrés, deux ou trois éléments nouveaux.

L'action et les différentes péripéties n'ont pas tout à fait évolué, pas de nouveauté réelle au niveau de l'action, cependant le temps que j'aurai consacré aux dialogues aura permis de les mûrir un peu, leur donner plus de saveur, de rythme et de teneur. Les dialogues me semblent être plus expressifs, plus authentiques, et c'est déjà un progrès savoureux pour les personnages qui s'expriment. :)

Je glisse l'ancienne version sous spoiler pour ne pas surcharger le premier post :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

... et j'ai donc mis la nouvelle version en premier post d'ouverture du sujet.


La dernière séquence (celle avec l'observateur Julius) mériterait d'être plus ou moins réécrite d'ici les semaines à venir, mais avant cela, il va me falloir mieux définir la relation entre les Trobaulèzes et la discipline prophétique. Que pensent les Trobaulèzes de la prophétie en général ? Quelle opinion en ont-ils ? Même s'ils sont rares, les observateurs trobaulèzes jouent un certain rôle dans la relation des religieux avec les phénomènes prophétiques, et il va me falloir éclaircir cela dans un nouveau récit pour que l'apparition de Julius lors du Pressentiment sous la Merveille soit plus significative.

De nouvelles perspectives à explorer qu'il va me falloir exploiter bientôt...


Et voici, dans l'ensemble, à propos de ce que je pouvais apporter dans un premier temps sur ce texte.

Encore un chaleureux merci à Cendres, Persona et Mélina pour leur retour de lecture riche en enseignements ; j'en profite pour annoncer que j'ai avancé sur d'autres récits pleins de péripéties, que la suite s'annonce mouvementée et flamboyante. À bientôt. ^^
« Modifié: 27 novembre 2020 à 13:57:08 par Alan Tréard »
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Re : [fantasy][v2] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #12 le: 26 décembre 2020 à 10:33:07 »
Bonjour Alan,

Une éternité plus tard,... j'ai pu lire ta nouvelle version !
J'ai trouvé l'ensemble plus direct et explicite.
En particulier le début, qui va droit au but. Ce genre d'ajout : « Les fleurs dégagent un poison asphyxiant dont les pollens colonisent mortellement nos esprits ! » ajoute de la vie au déroulement des événements.
Je glisse au passage quelques toutes petites remarques sur les premières phrases :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


L'intervention de Solonius pour calmer les pélerins ajoute aussi du dynamisme. Autre petit détail :
Citer
c'est une folie de croire cela !! » déclara-t-il obséquieusement.
Le ton de son intervention me paraît plus autoritaire qu'obséquieux ?

D'autres ajouts m'ont paru clarifier la scène, il me semble que tu as en particulier repris le dialogue avec Gerrarius pour plus de spontanéité. Les enjeux et réactions m'ont paru plus clairs, j'apprécie cet ajout :
Par cette seule parole ambiguë, Gerrarius eut le souffle coupé : Solonius n'éprouvait aucune frayeur à mentionner les nombreuses accusations de meurtre que l'on faisait peser souvent sur le Corps de la garde euripidière.

Je lis que tu souhaites reprendre la dernière partie. Elle me paraît un peu moins claire - je n'ai pas compris pourquoi Julius finit par prendre position (« Je vous conseille de favoriser les membres de la communauté trobaulèze afin que ceux-ci accèdent en premier au sequoia lumineux dès demain soir, parce qu'ils sont les premiers concernés par ce phénomène prophétique, et qu'ils doivent reprendre le contrôle de la situation avant toute autre chose... les conseilla-t-il finalement.) alors que l'étude devrait durer plusieurs années ?

Dans l'ensemble, beaucoup de mieux donc ! Ce qui m'a encore manqué, c'est de bien connaître la mythologie des Trobaulèzes pour me représenter d'un coup les enjeux (sans ton explication, je serais restée en dehors). Mais cela viendrait peut être dans d'autres textes placés avant celui-ci !

Je te souhaite plein d'avancées et d'amusements dans tes nouveaux récits. A bientôt !
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Re : [fantasy][v2] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #13 le: 26 décembre 2020 à 23:41:42 »
Bonjour Persona,


Voici une agréable visite pendant les fêtes, j'ai découvert ton message avec plaisir et j'ai pris en compte tes propositions de corrections dont certaines pourraient être ajoutées au fur et à mesure d'une étape de réécriture.

Je pense notamment au ton obséquieux de Solonius, quelque part, c'est peut-être la malédiction que j'aurais dû évoquer, comme l'apparition d'un message funeste dans le délire de l'écrivain. Il me semble que je pourrais apporter à cette scène certains correctifs sur les détails, les petits éléments qui animent le personnage en décrivant son attitude, son état intérieur, de façon à lui donner une profondeur insondable. J'ai encore un quelque chose à trouver dans le vocabulaire employé.


Enfin, sur la dernière partie, je prends tes retours avec plaisir. Je pourrais encore étayer sur les connaissances sûres et certaines des observateurs en ce qui concerne les pressentiments, mais je risque de tomber dans une surenchère trop sophistiquée malheureusement. Il y a des réponses à tes questions, mais elles font appel à des notions trop complexes qui risquent de rendre imbuvable la lecture...

Je pense que je vais chercher quelques nouvelles idées qui éloigne un instant la scène de l'observateur Julius pour la faire revenir ensuite vers lui, un quelque chose qui permette de retrouver une échelle de grandeur sur les connaissances de base des observateurs et de ce que leur apporte une étude approfondie d'un phénomène de pressentiment.

Un bout de chemin que j'ai à parcourir et qui demandera un autre angle d'approche plus inventif à mon avis ; c'est ce sur quoi je prévois de progresser dans de nouvelles étapes d'écriture. Tes impressions de lecture m'aideront sans aucun doute à progresser dans ce sens, un grand merci à toi. ^^


Sur ce, je devrais retrouver bientôt un peu de disponibilité pour t'apporter un nouveau retour de lecture sur tes propres publications, alors je te dis à très vite en dessous de tes récits mystérieux et émouvants dont j'aurai le plaisir de découvrir la suite rapidement. À bientôt ! :)
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Re : [fantasy][v2] Pressentiment sous la Merveille de Pantherus
« Réponse #14 le: 03 janvier 2021 à 17:29:56 »
Salut Alan!  :mrgreen:
Je viens de lire la nouvelle version de ton texte.
Dans l'ensemble, je l'ai trouvé plus agréable à lire et plus clair que le premier car moins dense et mieux agencé.
Tu as su (il me semble, d'après mes souvenirs de la première version que je n'ai pas relue... :-[) mieux équilibrer les informations que tu as réparties différemment dans le texte et apporter des éclaircissements, notamment sur les différents félins, ce qui permet  de mieux comprendre le fonctionnement de ton monde.

J'ai encore quelques doutes ou interrogations , si tu veux bien. Pour être sûre d'avoir bien compris :
Citer
Replié sur lui-même, plongé dans un bouleversement spirituel, Solonius estimait que s'il ne parvenait pas à corriger cette incohérence dans l'esprit des félins, jamais Apollainout n'allait pouvoir éloigner la corruption tentatrice d'Euripidusance. Le poète prit à cet instant une inspiration profonde afin de se calmer et de traduire sa souffrance en mots.
Est-ce dans ce but que Solonius écrit son poème? afin de "dénoncer la mésinterprétation de ce pressentiment sous la Merveille"?

J'ai l'impression qu'il accepte un peu trop facilement de suivre l'euripidier et de  laisser en suspens sa défense de l'interprétation du pressentiment sous la merveille... (mais c'est peut-être moi qui ai mal compris...).

Deuxièmement, je ne comprends pas pourquoi c'est un général qui propose à Solonium d'écrire dans le journal du lynx. Quel lien ce général a-t-il avec ce journal?

En tout cas, je souhaite de dire bravo pour ton travail de réécriture!  ^^
Je te dis à bientôt par ici ou par là!  ;)



L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

L'Elfe Noir

 


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