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Auteur Sujet: Quintane (Nathalie), Tomates  (Lu 282 fois)

Hors ligne Meilhac

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Quintane (Nathalie), Tomates
« le: 13 juillet 2021 à 19:55:09 »
Je viens de lire Tomates de Nathalie Quintane.
POL, 2010.
Nathalie Quintane est prof de français à Digne. Elle a publié plusieurs livres, et elle fait aussi des lectures publiques.
J’avais entendu parler de ce livre quand il était sorti, au début des années 2010. C’est un livre qui et plus politique qu’autre chose (1). Enfin si, il est autre-chose aussi. Il est expérimental. Il part un peu dans tous les sens. Il y a des évocations d’auteurs révolutionnaires du dix-neuvième siècle en France, des évocations de la répression contre « le groupe de Tarnac » (ceux qui, aux alentours de 2010,  avaient été soupçonnés d’avoir voulu faire un attentat sur une voie ferrée, avant d’être blanchis par la justice), et des évocations de la culture des tomates. Quintane a fait exprès (je suppose, et j’espère) de faire un texte qui part dans plein de directions. Je trouve qu’elle ne va loin dans aucune direction. Pour ce qui est de l’aspect politique, elle en parle souvent, mais par (toutes) petites touches, et sans jamais chercher à convaincre. Je suppose que pour les gens qui pensent comme elle (et je crois qu’elle est plutôt anar, « autonome », avec une pensée assez proche de celle de Juilen Coupat et de ceux de Tarnac – mais je ne peux que le supposer, vu qu’elle ne développe aucune analyse politique, elle se contente d’évocations où on sent de la sympathie (pour Blanqui, pour Emile Pouget, et pour la bande de Julien Coupat), Il y a  dans le livre des motifs et des formules qui font mouche, qui touchent. Mais elle ne fait aucune tentative pour convaincre les autres. Je trouve ce texte désinvolte, en fait. Très relâché, très tranquille, et qui ne va loin dans aucune direction - qui laisse le lecteur en plan. L’avantage c’est que c’est léger. C’est un livre sans lourdeur, ce qui est une belle qualité en un sens. Mais c’est un livre sans lourdeur parce que c’est un livre sans rien. Un livre qui, sur le plan purement politique, ne convaincra personne de quoi que ce soit. Il y a zéro argument dans ce livre. Zéro argument en faveur de quelque courant politique que ce soit. C’est un livre bizarre. Et léger. Ça serait ça les deux qualités que je trouve à ce livre : au moins, ça n’est pas complètement banal. Et au moins ça n’est pas lourd. Mais c’est les deux seules qualités que j’y ai trouvé. J’en garde l’impression d’un livre un peu irresponsable. Genre je t’emmène sur des chemins qui ne mènent nulle part. Si ça te plait, tant mieux. Si ça ne te plait pas, tant pis. Ben moi ça m’a pas plu. C’est pas grave, vu que c’est très vite lu, et que c’est léger (je pense - et j’espère ! - que Nathalie Quintane a l’impression de n’avoir pas écrit un livre léger : elle y parle de fascisme, de peuple, d’insurrection, de violence, etc. ; et pourtant : son livre est léger, dans tous les sens du terme). C’est un livre léger. Et moi j’adore la légèreté. Mais là c’est de la légèreté genre « j’ai des choses à dire mais c’est pas une raison pour être lourd ». C’est plutôt de la légèreté genre je me laisse aller et puis voilà. De la légèreté désinvolte. Ça ne m’a pas plu. Tant pis.



Extrait (je mets le tout début, exprès ; le reste du livre est sur le même ton, léger, et appétissant, et pas nourrissant) :

« Penchée sur mes plans de tomates, désherbant délicatement tout autour et sectionnant les feuilles basses pour ne garder que la tête, je me suis vue travaillant ce faisant comme à Tarnac, la culture de tomates dans une zone très limitée de mon jardin en étant l’une des plus visibles figures, un extrait ou un renvoi. Car je sais, par expérience, être un cobaye assez bon, et réagir, de près de loin, comme tout le monde, dans le milieu numériquement faible auquel j’appartiens. »

(1) (mais bon c’est pas un essai standard non plus donc le mets dans la rubrique romans)
« Modifié: 10 septembre 2021 à 20:55:11 par Meilhac »

 


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