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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière V2

Auteur Sujet: [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière V2  (Lu 1532 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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[fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière V2
« le: 18 juillet 2020 à 13:52:05 »
Bonjour tout le monde,

Voici un premier texte issu d'un univers de fantasy que j'élabore pendant l'été. Il s'agit d'un moment de la vie de Dianeforgeât, observatrice elfique qui nous permet de découvrir l'une des facettes du royaume puïo dans l'aire steppialectique. Plus globalement, le récit fait partie d'une série d'événements qui précéda les guerres hélianthiques, et se trouve être l'une des nombreuses pièces du puzzle d'une histoire un peu plus large.

J'espère profiter du présent sujet pour bénéficier de retours sur la narration, la grammaire, le style ou encore le genre fantasy ; et puisque c'est un univers imaginaire, de nombreux mots de vocabulaire ont été confectionnés pour l'occasion, je vais donc en glisser quelques-uns sous spoiler ci-dessous, ne pas hésiter à cliquer sur le spoiler pour déplier les définitions annexes si votre méconnaissance de cet univers nouveau vous faisait un peu douter. :)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


En gros, le texte représente une sorte de chapitre (il fait actuellement 3300 mots), il pourrait donc être incorporé dans un roman plus large. Pour l'instant, c'est un premier jet, et j'espère pouvoir m'appuyer sur cette première expérience d'écriture pour peut-être me plonger dans la rédaction de quelque chose de plus long...


Voici pour une présentation du texte, je n'en dis pas plus pour ne pas surcharger l'introduction du texte, et je vous laisse découvrir l'ouvrage dans lequel je me suis plongé cet été.



          Dianeforgeât était arrivée dès l'aube en aval-droite de Brisebarrière selon la rivière Tressyonne. Cette Elfe était une observatrice bénéficiant d'un sens de l'orientation particulièrement développé, si bien qu'elle pouvait aisément atteindre un itinéraire en moins de temps qu'il en fallait pour tracer le chemin sur une carte.
          Dans la région de Brisebarrière, certaines fermes locales s'étaient développées avec les nouveaux arrivants, et la région se peuplait peu à peu de granges communautaires, sources d'alimentation pour les occupants et d’exportation pour les productions destinées à d'autres aires. La particularité de ces localités étaient leurs magnêlithes disposés non loin des bâtisses et dont la vocation première était d'éloigner les intrus. Brisebarrière, ce fut toute une philosophie inspirée par cette pierre magnétique qui déboussolait les inconnus et déroutait les fauves... Dianeforgeât maîtrisait parfaitement la culture des habitants de la région : en qualité de traductrice-elfe, elle connaissait même le patois brisebarrion et les mœurs locales qu'elle avait étudiées pendant sa jeunesse.
          Les magnêlithes étaient pénibles à contourner, et il lui fallut zigzaguer entre les forces magnétiques jusqu'à la ferme qu'elle recherchait depuis peu. Dès son arrivée les ensemenceurs-elfes lui firent signe, souhaitant lui faire constater les problèmes de lièvres dont la voracité ravageait leurs terres. Dianeforgeât était l'observatrice qu'ils attendaient, et grâce à sa longue étude des circularités, ils avaient de quoi espérer comprendre comment ces lièvres avaient pu envahir les cultures l'hiver passé. Dianeforgeât n'avait pas attendu pour se rapprocher des animaux, elle en avait saisi un par les oreilles et en observait le poids et la taille.
          « Avez-vous posé des pièges pour tenter de limiter la prolifération de ces envahisseurs ? demanda l'observatrice.
          — Nous avons érigé des magnêlithes, comme d'habitude, mais ça n'a pas fonctionné, répondit un exploitant.
          — Avant ou après ? »
          L'Elfe maugréa un quelque chose d'imperceptible. Il semblait avoir des difficultés à exprimer correctement son sentiment sur la question : tout ce que l'observatrice parvenait à obtenir se limitait à des paroles courtes entrecoupées de grommellements désagréables. Observer et écouter des inconnus pouvait se révéler être une tâche ardue à toute observatrice ; ainsi s'exerçait l'art de lire entre les lignes, de cerner les aspérités de la diction, d'exploiter les aspects bruts d'une parole incommodante. En temps normal, deux êtres issus d'une même communauté féerique ne devaient pas éprouver le besoin de recourir à un processus d'interprétation ou d'entremise pour se comprendre et dialoguer selon une évidente facilité. Pourtant la plupart des déclarations de l'ensemenceur-elfe contraignait à suivre un long cheminement didactique au prix d'une concentration intense à combler les lacunes du raisonnement, son langage manquait de clarté, de justesse ; or c'était le quotidien des disciplines prophétiques de se vouer à entretenir toute forme de dialogue, du plus primaire au plus sophistiqué, y observant une certaine culture, un début de sens, une façon de se présenter ou d'organiser sa pensée. L'objectif de Dianeforgeât était de créer un contact, aussi difficile soit-il à obtenir.
           « Avez-vous érigé les magnêlithes avant ou après la prolifération des lièvres ? insista-t-elle.
          — Avant, on a érigé les magnêlithes d'abord, et puis ensuite ils sont arrivés.
          — Voyez les yeux des animaux : ils n'en ont pas deux mais quatre, ce sont des lièvres-mouches, habituellement rencontrés dans les monts aimantés... conclut-elle en suggérant l'origine du problème.
          — C'est pas nous qu'a amené les pierres ! s'exclama brusquement l'agriculteur. Nous, on en savait rien. C'est le seigneur de Brisebarrière qui les vend, ces trucs. Et vous aussi, vous êtes envoyée par lui !?
          — Non, je viens de l'Hôtel d'observation, nous sommes une organisation indépendante.
          — Dwarfiney ? Erf ! On connaît les Nains... »
          L'ensemenseur-elfe n'en demandait pas plus. En effet, l'Hôtel d'observation de Dwarfiney se trouvait être le premier parvenu à identifier le lieu à l'origine de la prolifération des lièvres, tout proche des monts aimantés, avant d'en informer l'observatrice, l'encourageant à étudier sur place ce phénomène de destructions inexpliquées. Les Elfes n'assumaient pas leur propre incapacité à s'organiser face à l'épisode de famine les ayant touchés de plein fouet, et leur fierté habituelle leur faisait ressentir cette nécessaire aide des Nains comme une honte ajoutée aux douleurs de la faim ; à cela fallait-il surajouter leur peur d'être stigmatisés ou blâmés pour des fautes qu'ils n'avaient pas commises ! L'espoir de l'Hôtel d'observation était, en envoyant l'une des leurs, d'amener les ensemenceurs-elfes à accepter enfin une aide extérieure. Les coutumes des anciens colons s'ancraient progressivement en une profonde sédentarité, favorisant donc la stabilité de l'agriculture : un esprit farouche avait alors émergé dans cette communauté changeante, et ce depuis que sa culture s'était affermie.
          Dianeforgeât prit soin de bien expliquer les raisons de sa venue, de justifier chacun de ses actes dans l'exploitation agricole. Elle dut convaincre les paysans de l'intérêt d'une étude prophétique et de la bienfaisance des activités de l'Hôtel d'observation auquel seraient transmises les données récupérées. Les uns et les autres se montrant dans un premier temps ouverts à l'idée de sa venue, il avait suffi du changement d'avis d'un seul d'entre eux pour que tous les autres devinssent défavorables à laisser entrer quiconque se présenterait aux abords de leur propriété. Le fait qu'il s'agît d'une Elfe de sexe féminin sembla influencer leur jugement sur son expertise. Ajoutant à cela le défi épineux d'être acceptée au cœur de granges communautaires depuis la mort du suzerain Puïo puis la disparition de sa lignée : les habitants de la région craignaient le banditisme, les raids ou encore la colonisation de féeries d'origine inconnue. Que l'invasion de lièvres-mouches fût devenue la source et la cause de leurs plus grandes pertes avait renforcé les craintes et les prétextes pour se barricader.
          L'unique jour de liberté dont l'observatrice bénéficia pour mener sa mission cruciale contraignit grandement ses investigations, après quoi ses hôtes lui demandèrent de quitter les lieux. Ils tinrent en revanche à lui offrir des salades au cidre et aux noix (une spécialité brisebarrionne) pour s'excuser timidement de leur méfiance à son égard. Ils acceptèrent, seulement après une délibération entre eux, de lui livrer malgré tout quelques lièvres en cage. Leur manque de convivialité laissait entrevoir les dégâts immenses provoqués par la crise en ces temps chamboulés. En fin de compte, Dianeforgeât parvint à obtenir de la part des ensemenceurs-elfes trois lièvres vivants parmi les spécimens dévastant leurs exploitations : cela lui donnerait les moyens de contrôler la circularité naturelle de l'animal, lui apporterait une matière vivante à disséquer pour en étudier le tube digestif. En réunissant tous les éléments de sa connaissance à propos des habitudes lagomorphiques, elle pourrait établir un premier schéma des besoins naturels, du mode de vie, du rythme buccal ingestion/digestion et du degré de mobilité de l'animal. La question se posait de savoir enfin pourquoi le lièvre investissait les cultures elfiques depuis peu, comment il y avait établi son habitat et jusqu'où il se rendrait capable de sévir sur le territoire royal. Cette première observation de la circularité du lièvre-mouche l’amènerait probablement à subordonner le renouvellement des pratiques agricoles à celles & ceux qui pourraient le mieux apporter des solutions au problème préalablement identifié.
          La traductrice-elfe repartit en début de matinée pour Brisebarrière – à peine un jour après être arrivée là.



          En chemin, Dianeforgeât dépassait une jachère homodéférée aux petits follets lorsqu'elle tomba nez à nez avec un Graouriatte aux oreilles de jaguar qui venait de la Forêt brumeuse. Celui-ci la bouscula violemment, se retourna pour jeter un œil sur elle au sol, et se pencha pour l'aider à se relever. À peine s'était-elle ressaisie qu'un second Graouriatte arriva et, se rapprochant, lui fit ses excuses des plus maladroites :
           « Oh ! Il vous a fait mal ? Mais comme elles sont bien fragiles, celles-là ! Vous n'en voulez pas à mon camarade un peu rude, n'est-ce pas ?
           — Où sont mes lièvres ? demanda sèchement Dianeforgeât.
           — Tenez, la cage est là, regardez comme elle est tombée en plein dans la jachère ! s'exclama le félin qui se jeta dans les herbes hautes pour les fouiller.
           — N'avez-vous pas aperçu un voyou s'enfuyant sur la route ? demanda le second félin.
           — Vous n'avez rien à faire ici. Vous ne devriez pas prendre le risque de blesser les feux follets pendant leur transition. »
          Dianeforgeât se souciait véritablement du manque de prudence des Graouriattes à l'égard de la jachère flamboyante. Durant la nuit, la luminosité provoquée par les feu follets permettait d'éloigner les intrus (alors éblouis par un éclat cinq fois plus important que celui des lucioles), le danger venait plutôt du jour et de l'absence de luminescence... L'observatrice eut vite fait de remarquer la disparition d'un premier lièvre : celui-ci avait profité du choc brisant le verrou pour sortir de sa prison miniature et pour s'enfuir au loin. Les félins ne faisaient pas cas des préoccupations elfiques envers les autres, ils ne partageaient ni leur altruisme ni leur sensibilité pour les animaux ni leur amour pour leurs jeunes follets. De petites bestioles, voici ce qu'étaient les enfants elfiques aux yeux des Graouriattes, comparant ainsi ces féeries à de vulgaires coléoptères ; insectes auxquels les esprits follets ressemblaient bel et bien durant le jour.
           « Tenez, j'ai retrouvé votre cage, tout va pour le mieux, le mal est réparé, » la rassura le mammifère semblant pressé de partir.
          Sans faire attention à l'état dans lequel ils laissaient là la traductrice-elfe, ils s'en allèrent aussi vite qu'ils étaient venus : peu importait pour ces félins dont le manque d'affection pour les Elfes s'apparentait à un certain mépris. Dianeforgeât avait été blessée, ce qui la poussa à quitter la jachère pour se rapprocher de la rivière Tressyone à la recherche d'un peu d'aide. Elle trébucha sur une vieille brouette pilyzamaise et jura en ancien langage. L'Elfe se déplaça difficilement jusqu'à une pauvre demeure et, déposant les cages restantes au pied d'un mur, elle frappa à la porte de la chaumière dans l'espoir d'obtenir un secours tant espéré.
           « Maman ? »
          Ce fut une institutrice-elfe du nom d'Hélèneprimune qui accueillit la traductrice-elfe, elle la reconnut immédiatement de par leur ressemblance mutuelle et à cause des souvenirs restant de son enfance. Les Elfes ne voient que très peu leur progéniture après l'enfantement, leurs enfants ne restent entre les mains de leur mère que quelques jours avant d'être accueillis dans les jardins d'enfants. Longtemps auparavant, Hélèneprimune se trouvait encore à l'état d'esprit follet, et avait pourtant déjà une mémoire alerte et un souvenir prégnant de ses dernières minutes passées avec sa mère : elle savait qu'un jour, peut-être, seulement après une longue migration, elle deviendrait adulte, serait alors en capacité de reconnaître sa mère et de pouvoir retisser un lien avec son héritage génétique. Pour lui signifier son émotion, Dianeforgeât se rapprocha de sa fille pour lui caresser le visage : son imago était celui d'une jeune Elfe aux yeux d'amande et aux oreilles dardées.
           « Qui es-tu ? lui demanda sa mère, troublée.
          — Je m'appelle Hélèneprimune, j'ai quitté Tressybourg lors de la treizième décennie puïo, jusqu'à atteindre la biofourmillière avant de devenir l'institutrice-elfe d'aujourd'hui. Te souviens-tu de qui est mon père ? »
          Dianeforgeât n'osa répondre car certains secrets ne méritaient pas d'être révélés si tôt ; elle conclut son silence en montrant sa blessure, demandant par ce geste assistance à sa fille.
          Hélèneprimune ne se fit pas prier : elle pansa les plaies de sa mère, se disposa à la questionner sur sa vie, sur son parcours et ce qui l'avait amenée par ici. La jeune Elfe n'avait aucune idée de l'utilité des disciplines prophétiques, manquant encore d'expérience et de quelqu'un à qui se fier. Hélèneprimune vivait seule, le peu de connaissances qu’elle avait accumulées depuis lors résultait des rares cours théoriques dont elle avait bénéficié à l'école de la Gouâchette en ville.
          Les deux proches retrouvées, une longue discussion s'en suivit sur leurs conditions de vie respectives et leurs expériences récentes. L'institutrice-elfe recevait sa tendre mère avec de modestes égards, la maigreur de ses mains ne faisait aucun secret sur les grandes difficultés provoquées par la famine. Quand certains Elfes se pressaient pour reconstruire la nation elfique, d'autres malheureux étaient restés isolés et perdus dans le traumatisme des sentiments insatiables : Hélèneprimune apparaissait aux yeux de sa mère sous les traits les plus miséreux. Elles purent en un mouvement comblé s'entretenir pendant une partie de la journée, manger du bon pain et de la marmelade afin que la traductrice-elfe puisse se régénérer et forger de cette façon les bases d'une relation renouvelée. En milieu d'après-midi, elles furent interrompues par des cris inquiétants.
           « Tu es ici pour une cause grave ?! s'étonna Hélèneprimune.
          — Mon rôle engage de lourdes responsabilités ; sache-le, ma fille. Malgré ma mission indirectement liée à ce genre d'imprévu, il est de mon devoir de m'inquiéter de ce qui se passe de grave ici ou ailleurs, ce en fonction de la situation héritée, quand bien même je courrais le risque de perdre de vue mon objectif initial. »
          Sur ces mots, Dianeforgeât invita sa fille à la suivre afin d'aller de l'avant pour connaître l'origine des cris entendus. Elles se dirigèrent toutes deux vers la ville de Brisebarrière.



          Après avoir couru pendant un temps, Dianeforgeât put apercevoir au loin l'attroupement d'où venaient les exclamations.
          Il y avait aux portes de la ville une foule d'Elfes autour de laquelle quelques énergumènes se vouaient à une circumambulation superstitieuse. À l'intérieur du cercle de spectateurs se trouvaient cinq silhouettes majestueuses dont deux étaient munies de bois qui s'agitaient en dansant. Les cris se confondaient avec les bêlements, les brames et les sifflements ; or les Elfes ne bêlent ni ne brament. Pour en apprendre plus sur les mystérieux provocateurs de ce rassemblement, il aurait fallu contourner les quelques Elfes en pleine ambulation circulaire. Si cette pratique superstitieuse recevait souvent le blâme, peu de monde osait véritablement l'interdire, et il était de coutume d'éviter les pratiquants plutôt que de déranger leur étrange opération. Et pourtant, apparaissant dans une clarté confiante et ordonnée, les cinq ruminants – communément appelés les Mizambottes – n'hésitaient pas à transgresser les circumambulations elfiques et, tout en brisant les cercles dans une danse frénétique, leur hymne perçait les wouah ! et les oh ! dans un spectacle indescriptible. La parade hélianthique provenait de bien loin, une coutume sacrée issue d'autres horizons, elle était cependant peu connue des Elfes qui se laissèrent bien vite séduire par sa beauté.
          Dianeforgeât, quant à elle, ne ressemblait point aux simples badauds, car elle gardait derrière elle des années de voyage et d'exploration qui lui donnaient les moyens d'observer les coutumes mizambottes avec un œil expert. Sa grande science de l’acculturation lui avait permis d'acquérir la conscience la plus profonde de ce proverbe mal connu des ingénus : A beau mentir qui vient de loin. Ses yeux ne scrutaient pas une magnificence hypnotique et adorable, mais ils recherchaient au-delà de cette apparition dépaysante d'éventuelles malveillances dissimulées par une technique oralisée employant un mimétisme phonateur ; derrière la beauté du chant bêlant pouvaient surgir tôt ou tard les plus grands dangers. Soudain, elle craignit la naïveté d'Hélèneprimune l'accompagnant jusque-là sans l'expérience ni l'âge, et se recentra immédiatement sur ses hypothèses les plus probables à propos de ce qui était susceptible d'arriver. Même s'il ne fallait pas fâcher les Mizambottes en méprisant leurs chorégraphies artistico-religieuses, la plus grande prudence s'imposait pourtant, et sa vigilance s'en trouvait hautement sollicitée. Le pouvoir de séduction du défilé hélianthique pouvait représenter une menace imprévisible, raison pour laquelle la pratique de l'observation devait offrir à Dianeforgeât les moyens de détecter le moindre risque de déstabilisation émanant de ce groupe étranger à la population elfique.
          Les Mizambottes étaient au nombre de cinq, deux mâles et trois femelles. On reconnaissait les mâles à leurs bois d'une noblesse intimidante. La communauté de ruminants se présentait selon des traditions ésotériques : ils trottaient d'un mouvement plein d'assurance ; leur cuir était doux, pourtant robuste ; entre leurs deux yeux se montrait un front prêt à charger l'ennemi ; leur voix contrastait remarquablement avec la rudesse imposante de leurs courbes musclées, cependant ces voix ne chantaient rien de commun dont les paroles auraient eu quelque signification que ce fût... Dianeforgeât le savait de son humble expérience : les Mizambottes se fiaient aux énergies ésotériques, cela pouvait s'apparenter en quelque sorte à un vœu de silence, ou plutôt à ne pas employer la langue autrement qu'à l'imitation du langage naturel. Claquant des dents, imitant le chant des oiseaux, bêlant comme des moutons, sifflant comme les serpents, croassant comme des grenouilles, bramant comme les cerfs, ce cortège semblait transporter avec lui la mémoire auditive de ses nombreux voyages. Les couleurs des Mizambottes rappelaient celles des mouflons, leur taille celle des buffles.
           « Ils ont sauvé un élève ! Ils ont sauvé un élève... »
          Quelques jeunes gens parvenaient spontanément à expliquer cette venue des plus étranges : ils étaient fascinés de voir le disciple-elfe avachi sur les épaules du ruminant le plus grand. L'élève était inconscient, maigre et souffrant. La nature de son expédition était inconnue de toutes & tous. Les pratiquants de la circumambulation eux-mêmes n'avaient pas d'avis sur ce qui avait poussé son départ. Quelque chose laissait penser qu'il avait été sauvé dans une intention partisane, mais nul ne pouvait briser le mur ésotérique qui rendait insondable le cœur de cette communauté sacrée.
          L'observatrice identifia très rapidement une position clanique, probablement de nature pressentie. La capacité des Mizambottes à transgresser les circumambulations laissait entrevoir combien ils étaient mus par une force qui dépassait les Elfes. L'élan par lequel ces ruminants se donnaient aux rites hélianthiques émanait de cœurs chevaleresques ou héroïques prêts à entraîner une force majeure à leurs côtés. Il n'était pas anodin que des mammifères viennent en aide à un disciple-elfe, notamment en ces temps troublés. Quelque chose permettait à l'observatrice de saisir les immenses conséquences qu'aurait l'acte de bravoure des Mizambottes, et combien il serait gracieusement accueilli partout dans le royaume elfique.
          Dianeforgeât tint sa fille près d'elle, silencieuse, et lui fit signe de ne pas intervenir dans l'intérêt de sa mission. La véritable capitaine du groupe était la matriarche dont l'autorité dépassait celle du premier Mizambotte. Dans la discipline prophétique, plusieurs facteurs permettent d'identifier une position pressentie, le plus long étant de calculer la portée de cet événement et la teneur de ses acteurs. Que la matriarche sauvât un Elfe en présence de Dianeforgeât, qu'elle lui signifiât sa volonté de soutenir les malheureux dans leur détresse, qu'elle démontrât la soumission du premier Mizambotte à sa propre détermination représentait l'expression nouvelle d'un clan dont la naissance aurait des répercussions régionales. Ainsi, les émotions fermentant dans le cœur de l'observatrice expérimentée, elle ressentait combien tout ceci se déroulait devant ses yeux, mais aussi devant ceux de sa propre fille, celle qu'elle n'avait pas revue depuis des décennies, celle qu'elle aurait supposée morte pendant l'épisode de famine qui avait affaibli le royaume. Dianeforgeât n'était pas venue là par hasard ; ce fut la raison pour laquelle elle soupçonna l'Hôtel d'observation d'avoir été à l'origine de l'exploit mizambotte.
          Pour fêter le retour du rescapé elfique, le peuple de Brisebarrière accepta d'accueillir les rites hélianthiques. Ces festivités devaient se dérouler jusqu'à la fin de l'été et apporter de nouvelles perspectives à la relation inter-espèces entre les nouveaux amis. Comme cadeau de remerciements pour le retour de leur élève, les Elfes préparèrent un festin auquel furent conviés les cinq valeureux Mizambottes. Ô combien l'alcool coula en cette nuit d'été : la bière brisebarrionne était alors célèbre pour son petit goût de groseille dont la saveur comblait tant de convives. Un décret local fut unanimement adopté pour : traiter les invités d'égal à égal ; leur permettre de s'alimenter dans les exploitations agricoles alentour ; être recommandés auprès de la cour royale afin de favoriser leurs déplacements dans l'aire steppialectique.
          Ce sont les premières traces qu'il nous reste encore aujourd'hui de cette cohabitation naissante qui s’inscrivit progressivement dans le temps entre les ruminants et les Elfes.



          Au lendemain des festivités, Hélèneprimune avait été réveillée par sa mère dès l'aube. Elle ne comprenait pas quelles étaient les conditions exactes de la science de l'observation, mais elle ressentait un certain soulagement à se trouver sortie de l'état de léthargie dans lequel elle s'était plongée depuis l'épisode de famine.
           « Lève-toi et mange, lui recommanda sa mère, je souhaite que tu m'accompagnes dès aujourd'hui en direction d'Editerre. »
          Peu de choses dans le ton qu'elle employait laissait entrevoir l'état réel de sa conscience. Hélèneprimune ne souhaitait pas la décevoir et se contenta d'emporter quelques commodités avec elle, suffisamment légères pour ne pas ralentir la traversée envisagée. Diaforgeât avait déposé les deux lièvres en cage au seuil de la porte afin de les emmener avec elles, les transporter demanderait une certaine énergie. L'important courage dont il fallait s'armer pour prendre la route en ces temps troublés laissait entrevoir la remarquable force d'âme de cette brillante observatrice.
           « Quel genre de déplacement entreprenons-nous donc ? demanda timidement Hélèneprimune.
          — Un chimiste se joindra à nous dans la journée, il vient de l'Hôtel de construction et souhaite venir en aide aux cultivateurs locaux pour mettre un terme aux problèmes d'alimentation, l'informa sa mère.
          — Seul un chimiste nous accompagne ? Nous pourrions peut-être attendre la fin des récoltes d'ici quelques semaines et partir en même temps que les convois de distribution communautaire ?
          — Comprends-moi bien, répliqua Dianeforgeât sèchement, il y a une prophétie qui n'attend pas, et tu vas devoir apprendre à dépasser tes peurs, à affronter les dangers sans tergiverser.
          — Dis-moi, pourquoi ne demanderions-nous pas de l'aide aux Mizambottes ? ajouta sa fille. Ils ont sauvé le disciple-elfe et nous pourrions éventuellement leur demander de nous suivre jusqu'à Editerre...
           — Notre indépendance n'est pas négociable ! D'ailleurs, le premier rôle d'une observatrice est de préserver son anonymat, et pour ceci tous les moyens sont bons. Tu n'as pas eu le temps d'informer qui que ce soit de notre départ et tu ne révéleras rien de ton identité ni de la mienne à moins d'y être forcée. Viens, suis-moi, et observe à mes côtés combien la raison et la parole doivent te permettre de contourner les dangers, de les éviter, pour toujours t'en sortir par toi-même sans dépendre de qui que ce soit. Notre principale mission est de pouvoir concilier les positions contradictoires, de réconcilier les anciens ennemis, de ne jamais nous effrayer de l'hostilité d'une bête féroce afin d'en comprendre la circularité. Oublie donc les protecteurs, les tuteurs ou les défenseurs, tu vivras désormais auprès de moi dans une pleine mobilité à définitivement te consacrer à la position qui te semblera la plus altruiste.
           — Je ne suis pas fermée à l'idée de voyager seules, l'assura Hélèneprimune, et je suis trop immature pour te contredire sur des sujets d'une telle importance. Mais permets-moi malgré tout de te poser toute question qui me viendra à l'esprit, même la plus incongrue, afin que j'aie une parole maternelle à laquelle me raccrocher pour mieux comprendre les disciplines prophétiques et leurs obligations quotidiennes. Je t'en prie... »
          Malgré son âge, son expérience et la grande fermeté de ses décisions, Dianeforgeât semblait être dépassée par la demande de sa fille. Ce n'est pas tant sa volonté d'apprendre qui était dérangeante aux yeux de l'observatrice, mais plutôt ce sentiment qui parcourait la jeunesse et lui donnait envie d'oublier les principes ancestraux selon lesquels toute grandeur d'âme avait reposé sur l'excellence et la supériorité elfique. Hélèneprimune ne se laissait pas attirer par la fierté ou par la noblesse, elle était insensible au statut social de sa mère, elle n'y voyait qu'un bagage inutile et la prophétie n'était pour elle qu'une perte de temps. Voici ce qu'il en était, à cette époque, de toute une génération d'Elfes désorientés qui ne voyaient d'intérêt que dans le fait de se nourrir, de s'enrichir ou de se barricader dans des exploitations agricoles sans jamais plus oser affronter le moindre danger. Une jeunesse elfique prête à se laisser séduire par des communautés étrangères malhonnêtes sans y voir le moindre danger pour leur propre liberté. Peut-être était-ce la peur d'être affamée qui avait poussé la fragile Hélèneprimune à ne plus accorder d'importance aux prouesses ni aux hommages, à tout entreprendre dans l'obsession des préoccupations matérielles, des besoins vulgaires et des prudences excessives.
           « Tout ira bien, nous ne prendrons aucun risque, je te le promets ! la rassura sa mère. Tu resteras près de moi et nous traverserons les difficultés ensemble... Nous ne serons plus séparées, entends-moi, accompagne-moi et profite donc de mes enseignements. »
          Ce sont ces mots d'engagement qui parvinrent à convaincre Hélèneprimune de s'en remettre dorénavant à la prophétie ; l'enseignante-elfe se raccrocha donc à la perspective d'entreprendre elle-même l'étude des positions prophétiques et se résigna ainsi à quitter sa pauvre demeure.

« Modifié: 02 août 2020 à 18:12:30 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Acini Van Herst

  • Invité
Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #1 le: 18 juillet 2020 à 19:16:25 »
Salut,

Désolé mais n’ayant pas trop de temps, je n’ai lu que le premier paragraphe. (Je n’avais pas vu la longueur  :-[, mais avait un ou deux truc sur ce que j’avais déjà lu, du coup…)

Lecture fluide et agréable.


Sauf ce passage contenant une trop grande concentration de à ce que, alors que, que…


Citer
« Alors qu'ils semblaient d'abord accepter l'objet de sa venue, il avait suffi que l'un des leurs les fît changer d'avis pour qu'ils devinssent tous défavorables à ce que quelqu'un pénètre au sein de leur propriété. Le fait qu'il s'agît d'une Elfe de sexe féminin sembla influencer leur jugement sur son expertise. Sans compter que d'être acceptée au cœur de granges communautaires était devenu un défi épineux depuis la mort du suzerain Puïo puis la disparition de sa lignée : les habitants de la région craignaient le banditisme, les raids ou encore la colonisation de féeries d'origine inconnue. Que l'invasion de lièvres-mouches soit devenue la source et la cause de leurs plus grandes pertes avait renforcé les craintes et les prétextes pour se barricader. »

« Puïo puis » tout un appeau ! Le chant de l’oiseau, par contre j’ai marqué un temps d’arrêt, je ne sais pas par contre si c’est réellement ce « puïo puis » où la phrase en elle-même :

« depuis la mort du suzerain Puïo puis la disparition de sa lignée »

Depuis la mort du suzerain ou depuis la mort de sa lignée ?

Depuis la mort du suzerain et plus intensément depuis la mort de sa lignée ?

J’ai du mal avec cette phrase.




Ah ! « Aval-droite » en début de texte m’avait aussi fait marquer l’arrêt, le temps de réellement situer. Peut-être un autre type de formulation éviterait ce temps de réflexion.



« lui permettant ainsi de contrôler la circularité naturelle de l'animal, »

Compréhensible pour moi, même si le terme est je pense concis et scientifique.


Je n’avais pas ouvert ton spoiler et les mots confectionnés par tes soins ne m’ont pas posés problème. Voilà pour  le premier paragraphe.


Si j’ai plus de temps, je reviendrais lire le reste.


Hors ligne Alan Tréard

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Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #2 le: 19 juillet 2020 à 14:06:45 »
Bonjour Arcini Van Herst,


Tu es mon premier lecteur sur ce projet qui s'annonce être un ouvrage de longue haleine. Il n'y a vraiment aucun problème si tu souhaitais ne commenter le texte que paragraphe par paragraphe ; les coupures entres les gros blocs de paragraphes correpondent aux différentes phases de rédaction du texte, la dernière ayant été écrite vendredi dernier (pour dire combien tout cela est tout frais).

Je viens d'apporter une modification importante au paragraphe sur la circularité, je reviens dessus ci-dessous.

Une première lecture des plus riches, donc, je te remercie pour les remarques sur le style : il est vrai que la logique fondamentale de l'univers transparaît inélégammant à travers l'utilisation importante de la conjonction que dont peut être tiré le processus suivant : si … et que … et que … et que... alors … Participes présents ou passés, compléments, conjuguaison, agencement sujet-verbe, j'ai commencé aujourd'hui à donner quelques nouvelles modifications au style pour que l'esthétique soit moins basique et plus élégante. Je vais donc me donner pour objectif de diminuer progressivement les conjonctions que à chaque réécriture, ta remarque me semble tout à fait pertinente en l'état.


Citer
« Puïo puis » tout un appeau ! Le chant de l’oiseau, par contre j’ai marqué un temps d’arrêt, je ne sais pas par contre si c’est réellement ce « puïo puis » où la phrase en elle-même :

« depuis la mort du suzerain Puïo puis la disparition de sa lignée »

Depuis la mort du suzerain ou depuis la mort de sa lignée ?

Depuis la mort du suzerain et plus intensément depuis la mort de sa lignée ?

J’ai du mal avec cette phrase.

Alors, je pense qu'il va te falloir un peu plus de curiosité pour avoir une réponse à ta question : ce n'est pas seulement ce texte mais tout un roman que je prévois d'écrire à propos, et qui racontera la balkanisation de l'ancien royaume puïo provoquée à l'époque par les Guerres hélianthiques. :)


Citer
« lui permettant ainsi de contrôler la circularité naturelle de l'animal, »

Compréhensible pour moi, même si le terme est je pense concis et scientifique.

Je viens d'ajouter tout un paragraphe descriptif à la suite de ta remarque en gras.

Il faut bien comprendre que l'observateur n'est que le maillon d'une immense chaîne d'interactions entre les espèces. Dianeforgeât elle-même n'a qu'un pouvoir très limité sur la circularité, et son arrivée à Brisebarrière cache un enjeu politique majeur qu'elle ne peut pas révéler au tout-venant...

Pour voir les modifications apportées au paragraphe, voir la nouvelle version du texte ci-dessus. ^^


Alors je te remercie de nouveau pour cette toute première lecture que je reçois, et t'accueillerai chaleureusement sur le présent fil si la curiosité te mène de nouveau chez moi. :mafio:
« Modifié: 19 juillet 2020 à 14:23:00 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

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Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #3 le: 19 juillet 2020 à 14:39:15 »
J'ai lu ton texte avec intérêt. Etant super nul en "Or taux gras feu" ou en "Gras mère ", je ne vais nullement te donner des conseils en la matière.

Tu nous décris un monde fantastique avec ses codes et ses règles. Je pense que tu as du beaucoup réfléchir pour crée une société riche en norme.
Ceux ne sont pas les univers qui me parlent le plus, du moins ton texte reste agréable a lire, même si je me suis un peu perdu dans les définitions et la culture de ta civilisation.

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Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #4 le: 19 juillet 2020 à 18:11:36 »
Bonjour Alan,

C'est un plaisir de venir lire le début de la concrétisation de ton univers.

Je ne vais pas faire de relevé ligne à ligne qui ne servirait à rien car je suis en phase avec ta façon d'écrire, que je trouve précise et hyper propre, rien à dire ;).

Le monde que tu décris est complexe avec ses codes, ses lois, son vocabulaire même. Il n'est donc pas facile de s'y plonger d'autant que le point de vue est extérieur, comme un narrateur qui voit la scène du dessus. Je n'ai rien contre, car cela te permet d'ajouter des précisions que les personnages ne sont pas censés connaître comme ceci :
Citer
Ce sont les premières traces qu'il nous reste encore aujourd'hui de cette cohabitation naissante qui s’inscrivit progressivement dans le temps entre les ruminants et les elfes.
Je n'ai jamais fait l'exercice de l'utilisation de ce point de vue. Je pense qu'il n'est pas facile à employer car il crée de la distance avec les événements, on les ressent avec moins de force qu'en les vivant avec le personnage.
Or, ton texte commence à prendre vie à partir de la rencontre avec les Graouriattes car, avec les passages de dialogue, il devient beaucoup plus "incarné" qu'encyclopédique.
Ce qui m'amène à mes 2 observations :

(1) Il me semble que le texte serait plus "happant" en renforçant la proximité du lecteur avec Dianeforgeât. Par exemple, sur ce passage :
Citer
Très vite, un problème inattendu risqua d'entraver son étude : plusieurs des ensemenceurs-elfes refusèrent de laisser l'observatrice pénétrer au sein de leur domaine.
On pourrait aussi passer par les paroles rapportées des ensemenceurs-elfes, une description de leurs actions... pour faire vivre le passage.

(2) Le côté encyclopédique reste présent et toutes les notions ne sont pas encore évidentes pour le lecteur par définition non initié à ton monde. Par exemple, on lit d'emblée que Dianeforgeât est une observatrice mais ce n'est qu'à la fin et surtout grâce au lexique qu'on comprend mieux son rôle. Or, il me semble que le texte devrait se suffire à lui-même sans que l'on passe par le lexique (le rôle du lexique serait limité à un aide-mémoire). La définition des magnêlithes par exemple est très bien amenée, pas besoin de se référer au lexique.
Je comprends qu'il s'agit d'un extrait : les définitions se mettront probablement mieux en place sur un texte plus long.

Félicitations en tout cas pour l'ampleur de ton imagination. C'est une mine d'or, ce texte, il y a énormément de matière pour raconter une aventure superbe.

A bientôt.



Acini Van Herst

  • Invité
Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #5 le: 20 juillet 2020 à 01:30:41 »
Salut à nouveau,

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Plus de soucis de fluidité au premier paragraphe.


sauf ce même problème où j’ai enfin trouvé ce qui me perturbait:


Citer
« en aval-droite de Brisebarrière selon la rivière tressyonne »



en aval-droite de la rivière Tressyonne à Brisebarrière.


On ne peut se situer en aval d’une région et/ou d’une ville.
Bien que ta façon détournée de formuler reste compréhensible, je reste perturbé.

                                                                             

Brisebarrière est-elle aussi une région? Ou aurais tu voulu signifier aux alentours de la ville de brisebarrière, à ta quatrième ligne ?



                                                                                                 --------------------------------




Sinon lecture assez fluide et « compréhensible » du second paragraphe.


Sauf pour :

Citer
« Vous ne devriez pas prendre le risque  :-¬? blesser les feux follets pendant leur transition. »



Pseudo-analyse du blocage (et du débogage) dans l'ordre de lecture :


Citer
« jachère homodéférée aux petits follets »


Déduction perso :

Homodéférée : qui est déféré à l’humain ou l’humanidé ou l’humanoïde.

Du coup :

Graouriatte : humanidé ? (très près de la « frontière homodéférante », peuvent-ils la franchir ? suspens…) aux oreilles de jaguar, et éventuellement d’autres caractéristiques (félines ou ?) pas encore révélées. Prémonition personnelle  d’une vie de meute car deux graouriattes.

Petits follets : espèce humanoïde.

Mais plus loin

Citer
— Vous n'avez rien à faire ici ! Vous ne devriez pas prendre le risque   de   blesser les feux follets pendant leur transition. »


petits follets devient feux follets. mince ! Ça c’est pas humain ni même vivant !!!


Citer
« Lorsqu'elle se trouvait encore dans le corps d'un simple feu follet »

Ah ! Follets = bébé elfe


Citer
« son imago était celui d'une jeune Elfe aux yeux d'amande et aux oreilles dardées. »

Eurêka ! Feu follet –(larve) – imago- - bébé elfe.    :coeur:


Je ne crois pas avoir vu un elfe naitre ainsi, c super bien vu et imaginatif, mais je ne suis pas un grand adepte du fantasy…


Donc un peu perturbante cette apparition des feux follets jusqu’à mon « Ah ! Follets = bébé elfe »


Cela n’a néanmoins créé que quelques soubresauts et non pas un arrêt intense. (Ainsi que quelques surprises, et du suspens, ce qui était plutôt chouette !)


                                                                                                           Fin de la pseudo-analyse.



Citer
« Hélèneprimune vivait seule, le peu de connaissances qu'elle était parvenue à accumuler résultait des quelques cours dont elle avait bénéficié à l'école de la Gouâchette en ville. »


Assez suprenant pour une instit, déduction : peut-être instit est à prendre comme un stade d’évolution chez l’elfe ? (et itou pour traductrice puisqu’elle est en fait observatrice)



Citer
« Tu es ici pour une cause grave ? s'interrogea Hélèneprimune. »


Me manque perso un « à haute voix »





Bon mon truc est un peu décousu, par manque de temps, mais relate assez bien le déroulement de ma lecture du second paragraphe, qui fut assez fluide, mais tout de même un poil saccadée lors de ma première lecture.



Ah ! J’allais oublier ce « lagomorphique » qui m’a fait ouvrir un dico, histoire de recadrer le sens exact vis-à-vis du sens que je présumais de mémoire. Bon, j’étais à peu près bon. Mais j’espère qu’il ne faut pas ouvrir un dico trop souvent vu que c’est du long.



Ah ! Et je n’ai toujours pas regardé ton spoiler-précisions, afin de te livrer ma compréhension « directe » (pff pas très bien choisi et concis ce terme) du texte.



Si tu balance d’autres textes sur cet univers, nul doute que je reviendrais avec plaisir, si j’en ai le temps évidement.


Pour moi, ça a l’air prometteur, et ça casse même un peu quelques codes par trop habituels de la fantasy (relativise tout de même un peu mon avis, je ne suis pas un grand fan ou un réel accro du genre). Enfin, je vais déjà essayer de finir ce morceau.


Sinon je reviens sur juste sur ça :

Citer
Citer

    « Puïo puis » tout un appeau ! Le chant de l’oiseau, par contre j’ai marqué un temps d’arrêt, je ne sais pas par contre si c’est réellement ce « puïo puis » où la phrase en elle-même :

    « depuis la mort du suzerain Puïo puis la disparition de sa lignée »

    Depuis la mort du suzerain ou depuis la mort de sa lignée ?

    Depuis la mort du suzerain et plus intensément depuis la mort de sa lignée ?

    J’ai du mal avec cette phrase.


Alors, je pense qu'il va te falloir un peu plus de curiosité pour avoir une réponse à ta question : ce n'est pas seulement ce texte mais tout un roman que je prévois d'écrire à propos, et qui racontera la balkanisation de l'ancien royaume puïo provoquée à l'époque par les Guerres hélianthiques.



Je me suis mal exprimé, j’aurais dû remettre un bandeau bleu. Et éviter la première question.


Le "depuis…puis…" Me pose un problème dans le bout de phrase suivant :
Citer
« depuis la mort du suzerain Puïo puis la disparition de sa lignée »

J’ai du mal avec la formulation, même si j’en comprends l’idée d’apparition  d’un  problème à tel moment (ou évènement) et « puis » d’intensification du dit problème à un moment suivant, cela  me paraît bizarrement exprimée au travers de ce « depuis…puis… ».


Quant au « Puïo puis » il m’a freiné car dans mon esprit il s’était transformé en « puis au puit ».


Si ça peut éclaircir…


A bientôt... 



Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


O.deJavel

  • Invité
Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #6 le: 20 juillet 2020 à 07:20:47 »
Pourquoi est-ce important pour Dianeforgeât de régler le problème des lapins ? En quoi est-ce personnel ?

Acini Van Herst

  • Invité
Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #7 le: 20 juillet 2020 à 14:32:49 »
Ah ! le dernier spoiler est là pour te dire "si tu veux rester très succinct dans tes réponses, no problemo" tu es déjà pris entre deux trous noir temporel, ton roman et l'usage du MdE pour avoir des avis.  ;)

Hors ligne Alan Tréard

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Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #8 le: 20 juillet 2020 à 18:36:50 »
Bonjour à vous,


Et un grand merci pour vos retours qui expriment une véritable lecture critique du texte et me permettent de planifier progressivement mes étapes de réécriture. C'est parfois plus simple d'écrire un petit texte sans prétention plutôt que de se lancer dans un gros défi d'écriture, alors ça me fait d'autant plus plaisir que ce gros morceau d'écriture vous pousse en retour à faire des commentaires soignés et élaborés. Je vais vous répondre à chacun or n'hésitez pas à réagir sur ce que je dirais à quelqu'un d'autre, car vous pouvez toujours y trouver quelque chose à redire (et ça peut m'être utile d'avoir plusieurs points de vue sur un même retour).

Merci beaucoup et pour les encouragements et pour les grandes questions sur le style, la narration ou le genre fantasy qui sont d'autant de moyens pour moi de réfléchir ma façon d'écrire.


J'ai ajouté deux passages dans le texte : un dialogue entre Dianeforgeât et un Elfe de l'exploitation agricole ; une description succincte des feux follets, de leur singularité et de leurs aspects nocturnes.

L'ancienne version (ou V1) se trouve ci-dessous, vraiment désolé, je n'ai pas réussi à la glisser dans le premier post, je vais donc ajouter un lien vers le présent message en début de sujet pour celles & ceux qui voudraient consulter la toute première version du texte (ancienne version à ne consulter que pour comparer les dernières modifications).

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.




@Cendres : Je suis sensible si tu trouves que tu te perds parmi les détails et éléments. N'hésite pas à m'en dire plus sur les difficultés que tu éprouves à la lecture, cela pourra m'aider à rendre le texte progressivement plus facile d'accès, moins complexe à la lecture. :)



@Persona : Un grand merci à toi pour ces conseils qui m'ont donné l'idée d'ajouter des révélations sur l'intrigue pendant un dialogue entre Dianeforgeât et un agriculteur. J'espère que le passage en question te plaira.

Sinon, pour réagir aux différents points que tu soulèves...


Je ferai le choix de diversifier les points de vue dans mes futurs textes afin de favoriser la diversité des acteurs et personnages : je compte faire reposer l'intrigue sur ce narrateur omniscient qui raconte des faits en fonction de ce qu'ils ont été par le passé. Le narrateur est donc intrinsèque à ce monde, il appartient à l'univers de ce récit de fantasy, et l'aborde donc en tant que personnage à part entière. Il n'exprime pas ses émotions (comme le font certains narrateurs dans les contes pour enfant) afin d'adopter une position impartiale qui ne blâme ni n'encense les Elfes pendant le récit. Il n'est ni moralisateur ni partial et joue son rôle de narrateur omniscient.

1. Pour ton petit un, j'ai donc ajouté un dialogue selon tes conseils et en fonction des informations que je souhaite révéler à propos de Dianeforgeât, sachant que je souhaite qu'une partie de l'intrigue ne soit pas résolue maintenant (ce qui oblige le lecteur à poursuivre sa lecture). À cela je dois ajouter que, les Elfes n'exprimant jamais leurs émotions par une expression faciale, impassibles par nature, cela oblige chacune & chacun à se mettre en position d'empathie vis-à-vis d'elle ou au contraire à garder ses distances. Soit la lectrice ou le lecteur arrive à se projeter dans le personnage de Dianeforgeât et à comprendre les enjeux qu'elle rencontre, soit il est possible de se contenter d'une lecture encyclopédique de ces événements. Il est essentiel à mes yeux que chacune & chacun puisse faire le choix d'être en empathie avec l'observatrice ou non. J'espère de cette façon que le dialogue que j'ai ajouté apportera de nouvelles clés sur le cheminement intérieur de Dianeforgeât, notamment si ça t'intéresse de comprendre comment elle pense le monde.

2. Pour ton petit deux, je trouve que ta comparaison entre la discipline prophétique et les magnêlithes est incohérente car : le principe de l'observateur est un principe fondamental de l'univers et apparaît en de nombreux lieux sous des formes très différentes, alors que le magnêlithe est un outil rare qui n'apparaît que rarement (c'est une spécificité brisebarrionne). Il est donc impossible de comparer un objet spécifique et une science ou discipline dont les usages sont aussi nombreux que diversifiés.

Ce serait comme comparer un fer à souder et la science de la médecine... comme si ces deux choses méritaient le même nombre de descriptions/explications...

J'ai pour le moment, dans la création de cet univers, répertorié six positions possibles différentes, trois métiers dérivés et quatre méthodologies distinctes en fonction du principe fondamental dont je pourrais tirer un livre pour chacune de ces nuances... Ce qui signifie que je n'ai pas d'autre choix que d'amener une lectrice ou un lecteur à s'intéresser à la « méthode Dianeforgeât », qui n'est qu'une seule méthode parmi les autres, et donc une des multiples facettes des disciplines prophétiques en général.

Raison pour laquelle j'espère avant tout avoir suscité ta curiosité sur cette étrange histoire de magies et de prophéties et que tu seras curieuse de creuser plus en avant les secrets d'un art qui recèle bien des secrets. :)



@Acini Van Herst : Merci pour ton commentaire, je vois que tu t'es laissé convaincre par les petits follets, et j'en suis très heureux.

Ton commentaire est en effet un peu complexe à aborder, mais puisque tu y apportes une véritable assiduité, cela me permet de saisir certains aspects de ta lecture.


J'ai adopté la majuscule pour la rivière Tressyonne ; sache que j'avais hésité à ce sujet (je ne souhaite pas voir des majuscules partout à chaque place ni à chaque rue), mais il est vrai que la rivière est un point essentiel de l'orientation quotidienne dans cet univers, il est donc logique qu'elle ait une majuscule. Pas de nom de département ni de région ni de pays, en revanche... sincèrement désolé. ^^

Homodéférer vient du suffixe homos (semblable en grec) et du verbe déférer, pas d'humanoïde donc. Voici la définition exacte :
Homodéférer v.t. 1. Purifier un corps, un champs, une société en éliminant ses parasites ; homogénéiser une zone d'exploitation. 2. Clan. Imposer violemment une loi, une administration ; réguler un secteur d'activité par la force ou l'intimidation. ■Homodéférer une chasse à qqch, Préparer des armes et outils spécifiques en vue de l'élimination d'une population ciblée : Homodéférer une chasse aux Vampires, une chasse aux Nains.Homodéférer une culture [Agric.], répandre des pesticides magiques, chimiques ou naturels. ■Homodéférer une jachère [Elf.], dans le langage eflique, procéder à l'ensemencement des arbustes flamboyants en vue de fertiliser les migrations des feux follets. Plus globalement, le processus consiste à cartographier les jachères flamboyantes afin que les larves s'orientent vers la biofourmilière avant de devenir l'imago eflique.


En ce qui concerne le fait que tu me reproches de te faire ouvrir un dictionnaire, heu... comment dire ? C'est bien, non ? d'ouvrir un dictionnaire... Je suis heureux si je t'ai appris un nouveau mot. :)

Enfin, je suis heureux si l'univers t'a enchanté et si cette lecture-enquête t'a semblé stimulante et intrigante, il y a une part de liberté pour s'interroger, se questionner, il y a aussi beaucoup de sens cachés que tu ne devrais pas comprendre tant que tu n'auras pas tous les éléments en main ; raison pour laquelle je ne peux pas tout révéler sur le fond de l'histoire. ^^



@O.deJavel : Dianeforgeât est envoyée par l'Hôtel d'observation pour étudier la circularité des lièvres qui ont été repérés préalablement par les Nains. Le rôle de l'observatrice est de dépasser en quelque sorte les frontières et de prendre en compte des enjeux qui dépassent le commun des mortels. Pour te permettre d'entrevoir la discipline prophétique, je dirais que l'expertise se joue là où l'observatrice se rend capable d'aller directement à la rencontre des circularités qui l'environnent, circularité à l'échelle d'un animal ou d'un être civilisé, donc. ^^
« Modifié: 20 juillet 2020 à 18:55:32 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Acini Van Herst

  • Invité
Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière V2
« Réponse #9 le: 21 juillet 2020 à 00:08:22 »
Salut Allan, (si tu permets ? tu peux raccourcir à Cini si tu veux de ton coté)


Citer
Pas de nom de département ni de région ni de pays, en revanche... sincèrement désolé.


Erreur… L’ancienne 4ème ligne est toujours là.


Citer
Dans la région de Brisebarrière


Donc pour tes lecteurs brisebarrière est une région cela me parait assez logique, « aux alentours » ou un truc du genre évitera la confusion.




Homodéférer est un néologisme, je ne pouvais qu’apprendre un nouveau mot, petit coquin, aucune référence sur Google, et effectivement erreur de langue (homo Latin homme) quant au sens pour déférer j’ai opté pour : Verbe intrans. Déférer à (car « jachère  homodéférée aux petits follets » dans le texte).

Juste histoire d’expliquer la provenance de ma mécompréhension et de ces humains.




Pour le dico j’aime l’ouvrir, aucun reproche, mais plus sur des livres techniques, des essais, de la poésie… Par-contre pas trop souvent sur un roman qui se doit d’être fluide, linéaire et compréhensible, ceci n’étant toujours pas un reproche mais un simple constat.

Car pour moi vu l’extrême concision que tu appliques à ton univers, il ne peut s’agir ni de textes courts, ni même d’une nouvelle.



Citer
il y a une part de liberté pour s'interroger, se questionner, il y a aussi beaucoup de sens cachés que tu ne devrais pas comprendre tant que tu n'auras pas tous les éléments en main ; raison pour laquelle je ne peux pas tout révéler sur le fond de l'histoire.

Ça c’est sûr. Et tu fais bien d’en garder…  Suspens oblige…

Si tu veux éviter de répondre pour garder des trucs en ‘réserve’, et aussi pour pas avoir à tout expliquer, comme je t’ais dit, perso no problèmo. Un « pas du tout » ou un « pas tout à fait » ou « merci de ton passage. » ou autre  peut amplement me suffire.


Bien que merci beaucoup pour :


Citer
vient du suffixe homos (semblable en grec) et du verbe déférer, pas d'humanoïde donc. Voici la définition exacte :
Homodéférer v.t. 1. Purifier un corps, un champs, une société en éliminant ses parasites ; homogénéiser une zone d'exploitation. 2. Clan. Imposer violemment une loi, une administration ; réguler un secteur d'activité par la force ou l'intimidation. ■Homodéférer une chasse à qqch, Préparer des armes et outils spécifiques en vue de l'élimination d'une population ciblée : Homodéférer une chasse aux Vampires, une chasse aux Nains. ■Homodéférer une culture [Agric.], répandre des pesticides magiques, chimiques ou naturels. ■Homodéférer une jachère [Elf.], dans le langage eflique, procéder à l'ensemencement des arbustes flamboyants en vue de fertiliser les migrations des feux follets. Plus globalement, le processus consiste à cartographier les jachères flamboyantes afin que les larves s'orientent vers la biofourmilière avant de devenir l'imago eflique.

Un mot qui mériterait sa place dans un dico, et dont je ne risquais pas de trouver une def. concise.

Ça risque tout de même d’être dur à emmener pareille concision dans un texte sur un néologisme aussi concis avec plusieurs sens. (petite réflexion perso, n'entrainant pas forcement réponse)


Je reviendrais dans un moment pour les trois  premiers parag, (ou le tout si j’ai assez de temps) ça te laissera le temps à toi aussi de souffler (ou pas, y a du monde sur ce fil),


   à tantôt.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière V2
« Réponse #10 le: 21 juillet 2020 à 01:42:59 »
Acini,


Si tu me permets effectivement cette concision.

Il me semble que tu as introduit plusieurs erreurs dans ton message :

Citer
Donc pour tes lecteurs brisebarrière est une région cela me parait assez logique, « aux alentours » ou un truc du genre évitera la confusion.

Voici une définition du mot région par le CNRTL :
A. − Portion de territoire ou d'espace géographique.
  • 1. Portion de territoire plus ou moins étendue et délimitée, formant une unité constituée soit par sa situation, son climat ou son paysage naturel, soit par son économie, soit par son histoire et ses caractères humains ou ethnologiques.
    […]
    • d) [En constr.]
      − [avec l'art. déf. ou le poss.] Le pays qui est environnant, que l'on habite. Les châteaux, la noblesse, les propriétaires, les sites de la région; visiter, sillonner la région.
      Région + adj. tiré d'un nom propre.Région alpine, méditerranéenne, rhénane; région lyonnaise.
      Région de + topon.Espace organisé par et autour d'une ville, d'un point géographique; pays s'étendant autour de ce lieu. Synon. les environs, les alentours.Région de l'Etna.


Tandis que la Région délimitée administrativement avec un nom propre (un peu comme le département) s'écrit avec une majuscule et sans l'article « de » : Région Île-de-France, Région Hauts-de-France, etc.

Tu peux vérifier la mention de région de+ toponyme sur le CNRTL si ça te semble préférable. Je souhaite employer ce mot pour faciliter la compréhension du texte, évoquer l'idée que Dianeforgeât identifie sa propre situation géographique en fonction de sa proximité avec la collectivité de Brisebarrière et en aval de la ville (à remarquer que le patelin est mal délimité, ses frontières inexistantes, que seule la proximité avec la ville permet de l'identifier). Par ailleurs, les Graouriattes (ne vivant majoritairement pas à Brisebarrière) estimeraient qu'ils sont dans la région de la Forêt brumeuse et non dans la région de Brisebarrière... Ce sont les raisons qui me poussent à favoriser ce mot (en fonction de la subjectivité de l'observatrice) ; je rappelle cependant que j'ai trouvé l'idée de mettre une majuscule à la rivière Tressyone utile et nécessaire (et qu'elle influencera beaucoup mes futurs récits), je l'ai adoptée avec plaisir. ^^


Citer
Homodéférer est un néologisme, je ne pouvais qu’apprendre un nouveau mot, petit coquin, aucune référence sur Google, et effectivement erreur de langue (homo Latin homme) quant au sens pour déférer j’ai opté pour : Verbe intrans. Déférer à (car « jachère  homodéférée aux petits follets » dans le texte).

En ce qui concerne le verbe homodéférer, c'est parce que ce n'est pas un verbe dans ta citation.

Verbe transitif : homodéférer une jachère aux feux follets.
Conjugué au passé simple : Les Elfes ont homodéféré une jachère aux feux follets.
Participe passé avec l'auxiliaire être : Une jachère est homodéférée aux feux follets.
Participe passé employé comme adjectif : Une jachère homodéfée aux feux follets.
Ainsi, le verbe homodéférer reste un verbe transitif, mais son participe passé peut être employé comme adjectif.

Voir règle conjugaison sur Bien-Écrire.
Voir définition Larousse verbe déférer (homodéférer est calqué sur le verbe déférer, le suffixe est fantaisiste/imaginaire donc le verbe suit la même règle grammaticale)




Citer
Pour le dico j’aime l’ouvrir, aucun reproche, mais plus sur des livres techniques, des essais, de la poésie… Par-contre pas trop souvent sur un roman qui se doit d’être fluide, linéaire et compréhensible, ceci n’étant toujours pas un reproche mais un simple constat.
Honnêtement, je suis vraiment très heureux si je t'ai appris un nouveau mot aujourd'hui, mais aussi heureux de t'apporter des précisions grammaticales ou des correctifs sur les erreurs que tu pourrais faire.

D'ailleurs, j'ai retrouvé deux fautes d'orthographe et une de conjugaison aujourd'hui (après votre passage) que j'avais laissées dans mon propre texte, il doit en rester encore une ou deux que j'ai oubliées pendant la brève relecture que j'ai faite.


Donc heureux de pouvoir parler de grammaire, de conjugaison et d'apprendre des nouveaux mots, et pas grave s'il peut nous arriver de faire des erreurs, je parie que j'en ai oublié moi-même dans le texte que je corrigerai si quelqu'un me propose des corrections correctes. :)


En espérant que tu trouves normal que je propose des corrections quand tu te trompes toi-même, et que tu prennes plaisir à apprendre de nouveaux mots dans un texte, tu es le bienvenu par ici si tu souhaites commenter les prochains paragraphes. Et merci encore à toi pour tes nombreuses propositions dont j'aurai, ma foi, gardé la moitié (ce qui est une preuve de leur sincère utilité), je ne doute pas que de futures propositions que tu pourrais faire pourraient me convaincre.

Merci pour ton passage, et à très bientôt. ^^
« Modifié: 21 juillet 2020 à 10:02:18 par Alan Tréard »
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Re : Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #11 le: 21 juillet 2020 à 13:29:53 »
Bonjour Alan,
Merci de tes réponses.
J'ai pris connaissance du dialogue ajouté, je trouve qu'il convient tout à fait, il rend la rencontre beaucoup plus vivante et permet d'introduire dans le corps du texte la définition des lièvres mouches de façon naturelle. Pour moi, c'est exactement ce genre de passages qu'il faut pour introduire de façon dynamique les notions que tu as créées.

Micro remarque :
Citer
— Ce n'est pas nous qui a amené les pierres !
Avons sauf si c'est voulu pour marquer une façon de s'exprimer à l'oral ? auquel cas il faudrait adapter le ton dans toutes les répliques.

Citer
soit il est possible de se contenter d'une lecture encyclopédique de ces événements.
Je ne suis pas sûre de te suivre là dessus, de mon point de vue, il n'est pas possible de se contenter d'une lecture encyclopédique des événements, même dans un univers aussi riche que le tien. Parce que si on lit un récit, c'est avant tout pour une histoire qui nous transporte et nous donne de l'émotion. Pas pour une succession de concepts, même riches. A titre personnel, je préférerai toujours un récit dans lequel le personnage me transmet ses émotions ou me fait vibrer, d'une façon ou d'une autre. N'hésite pas à me dire si j'ai mal compris ton propos.

Citer
Ce serait comme comparer un fer à souder et la science de la médecine... comme si ces deux choses méritaient le même nombre de descriptions/explications...
J'ai bien compris qu'il s'agit pour l'un d'une discipline complexe et pour l'autre d'un objet. Néanmoins, ce qu'est un observateur doit apparaître dans le corps du texte, sans se référer au lexique. Je cite  le magnêlithe comme exemple car la définition apparaît dans le texte, même si évidemment elle se met en place en quelques lignes. J'imagine bien que la notion d'observateur est trop complexe pour qu'un extrait court suffise à la poser, n'empêche qu'il faut qu'elle soit encadrée par ton texte long. Sinon, on risque de ne pas la comprendre et de ne pas te suivre dans ton univers.
J'espère que cet ajout clarifiera mon commentaire ! ;)

Bonne journée


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Re : Re : Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière
« Réponse #12 le: 21 juillet 2020 à 14:42:35 »
Bonjour Persona,


Oui, il semble que tu n'aies pas saisi l'immense bénéfice et l'apport de ton commentaire à mon texte.

Citer
J'ai pris connaissance du dialogue ajouté, je trouve qu'il convient tout à fait, il rend la rencontre beaucoup plus vivante et permet d'introduire dans le corps du texte la définition des lièvres mouches de façon naturelle. Pour moi, c'est exactement ce genre de passages qu'il faut pour introduire de façon dynamique les notions que tu as créées.
Grâce à ton retour, j'ai aussi glissé une référence au seigneur de Brisebarrière qui est une importante révélation sur les relations entre les Elfes de cette exploitation agricole et le noble qui n'est donc pas lui-même le propriétaire de cette ferme... ^^

Citer
Micro remarque :
Citer
— Ce n'est pas nous qui a amené les pierres !
Avons sauf si c'est voulu pour marquer une façon de s'exprimer à l'oral ? auquel cas il faudrait adapter le ton dans toutes les répliques.
Chez les Elfes, le langage est sacré. Cette profanation du langage apparaît donc comme un évident geste de défiance de la part de l'ensemenceur-elfe (je verrai si quelque chose me vient dans les jours prochains pour retravailler encore le dialogue afin que cette nuance transparaisse à la lecture ;) ).

Citer
Je ne suis pas sûre de te suivre là dessus, de mon point de vue, il n'est pas possible de se contenter d'une lecture encyclopédique des événements, même dans un univers aussi riche que le tien. Parce que si on lit un récit, c'est avant tout pour une histoire qui nous transporte et nous donne de l'émotion. Pas pour une succession de concepts, même riches. A titre personnel, je préférerai toujours un récit dans lequel le personnage me transmet ses émotions ou me fait vibrer, d'une façon ou d'une autre. N'hésite pas à me dire si j'ai mal compris ton propos.
En fait, ta lecture est parfaitement légitime, mon intention serait que tu n'éprouves pas le besoin de disqualifier une lecture encyclopédique car tu aurais enfin le sentiment que l'on peut apprécier le texte sans un lexique ni une lecture encyclopédique. Tes conseils de narration m'ont déjà permis une première amélioration du texte avant d'aller progressivement vers quelque chose de plus intuitif.

La narration et l'univers qui forme une sorte de contexte encyclopédique sont deux choses différentes, en effet : à moi de trouver un juste milieu au moyen de tes commentaires et de ceux d'autrui afin de chercher progressivement une ligne directrice équilibrée qui ne disqualifie ni une lecture émotionnelle ni une lecture intellectuelle, permettant à chacune & chacun d'en apprécier des aspects différents.

Citer
Citer
Ce serait comme comparer un fer à souder et la science de la médecine... comme si ces deux choses méritaient le même nombre de descriptions/explications...
J'ai bien compris qu'il s'agit pour l'un d'une discipline complexe et pour l'autre d'un objet. Néanmoins, ce qu'est un observateur doit apparaître dans le corps du texte, sans se référer au lexique. Je cite  le magnêlithe comme exemple car la définition apparaît dans le texte, même si évidemment elle se met en place en quelques lignes. J'imagine bien que la notion d'observateur est trop complexe pour qu'un extrait court suffise à la poser, n'empêche qu'il faut qu'elle soit encadrée par ton texte long. Sinon, on risque de ne pas la comprendre et de ne pas te suivre dans ton univers.
J'espère que cet ajout clarifiera mon commentaire ! ;)
Ici, malheureusement, c'est le texte qui est insuffisamment abouti : de nombreux éléments racontent au fur et à mesure comment les qualités de négociation ou diplomatie, d'étude des mœurs et des habitudes, de l'habitat naturel (habitat elfique, habitat du lièvre), de connaissance des différentes communautés est représentatif du métier d'observatrice... Peut-être Dianeforgeât semble inactive pendant tout le chapitre, ce qui pose question, effectivement, et rendrait son analyse de la prophétie insuffisante. Ses paroles manquent éventuellement de force, je vais voir si je peux lui donner un peu de charisme en plus et j'apporterai une nouvelle version au texte.


Avec le plaisir évident de pouvoir parler de mon texte, et l'espoir que tu auras enfin saisi en quoi c'est très utile dans ma structuration des futurs récits narratifs, je te souhaite une agréable journée. :)
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Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière V2
« Réponse #13 le: 27 juillet 2020 à 16:29:02 »
Salut Alan !  :mrgreen:
J'ai un peu de temps pour regarder plus en détail ton texte. Je n'en ai lu que la moitié; je continuerai plus tard.

Je trouve que les modifications que tu as fait en début de chapitre sont très pertinentes : elles explicitent le fonctionnement de ton univers et c’est très intéressant. Ça aide à mieux l’appréhender.

J'aime beaucoup ta nouvelle manière d'appréhender les Elfes. C'est très original ! ^^

La particularité de ces localités étaient leurs magnêlithes disposés non loin des bâtisses et dont la vocation première était d'éloigner les intrus. Brisebarrière, ce fut toute une philosophie inspirée par cette pierre magnétique qui déboussolait les inconnus et déroutait les fauves...
Très bien placé, ce passage permet de bien comprendre le principe de « magnêlithes » (j’aime bien ton néologisme qui, étymologiquement, m’est très parlant : des pierres magnétiques).

Dianeforgeât était l'observatrice qu'ils attendaient, et grâce à sa longue étude des circularités
J’imagine les circularités comme l’action des ondes concentriques des magnêlithes… ou en référence aux emplacements concentriques des pierres (un peu comme un cromlech ?)
J’ai consulté ton fil de l’été 20 et je suis totalement à côté de la plaque…  ::)

— Voyez leurs yeux, ils n'en ont pas deux mais quatre, ce sont des lièvres-mouches, habituellement rencontrés dans les monts aimantés... conclut-elle en suggérant l'origine du problème.
C’est bien d’avoir rajouté ce détail qui n’était pas présent dans la première version. Cela me permet de mieux m’imaginer ces lièvres.

En réunissant tous les éléments de sa connaissance à propos des habitudes lagomorphiques, elle pourrait établir un premier schéma des besoins naturels, du mode de vie, du rythme buccal ingestion/digestion et du degré de mobilité de l'animal.
Très scientifique ! Chapeau !

Graouriatte aux oreilles de jaguar
 :coeur:

De petites bestioles, voici ce qu'étaient les enfants elfiques aux yeux des Graouriattes, comparant ainsi ces féeries à de vulgaires coléoptères ; insectes auxquels les esprits follets ressemblaient bel et bien durant le jour.
Original de faire considérer les Elfes comme des êtres « inférieurs ». ça change de l’image traditionnelle des Elfes !

Je te propose quelques modifications syntaxiques...
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Hâte de lire la suite quand il y en aura une...  ;)
« Modifié: 28 juillet 2020 à 00:45:23 par Mélina Le Page »
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : [fantasy]L'Observatrice Dianeforgeât à Brisebarrière V2
« Réponse #14 le: 31 juillet 2020 à 19:32:52 »
Bonjour Mélina,


Je viens d'apporter une nouvelle version au texte, en partie grâce à tes propositions mais aussi grâce aux différents retours que j'ai eus jusque-là.

@Persona & Acini : J'en profite d'ailleurs pour vous informer que j'ai ajouté deux paragraphes en plus au sein du texte qui se rapportent directement au métier d'observatrice, qui en expliquent plus précisément les ressorts. Un premier concerne les contraintes du dialogue prophétique avec des ajouts comme « Toute déclaration de l'ensemenceur-elfe contraignait à faire un effort d'interprétation pour combler les lacunes, son langage manquait de clarté et de justesse, or les disciplines prophétiques se vouaient à entretenir les dialogues les plus primaires pour essayer d'y trouver une certaine culture, un début de sens, une façon de se présenter ou d'organiser sa pensée, » ou encore « Le pouvoir hypnotique du défilé hélianthique pouvait représenter une menace imprévisible, raison pour laquelle la pratique de l'observation devait offrir à Dianeforgeât les moyens de détecter le moindre danger émanant de ce groupe étranger à la population elfique. »


Mélina,

Pour en revenir à ton commentaire, je suis heureux si le fond du texte t'a intéressée, t'a questionnée ou t'a émue. En ce qui concerne tes remarques sur la forme (la grammaire), elles ne sont pas toutes correctes or certaines sont tout à fait vraies, raison pour laquelle je vais essayer de répondre à chacune d'entre elles.

Nous n'avons pas le même style, toi et moi, j'espère que tu comprendras en quoi je peux avoir une sensibilité différente de la tienne concernant les formules stylistiques. :)


Citer
Dès son arrivée, les ensemenceurs-elfes lui firent signe afin de lui faire constater les problèmes de lièvres ravageant leurs terres.
Je rajouterais une virgule.
Ici, je n'ai pas compris pourquoi la phrase te parraissait incorrecte, mais j'ai apporté une modification au cas où.

Citer
— Ce n'est pas nous qui avons amené les pierres !
Pour ce que ce soit syntaxiquement correct, il faudrait mettre le verbe à la 2è personne du pluriel ; à moins que ce ne soit pour marquer un trait de langage du fermier qui parle un peu patois ?
Dès lors que ça fait partie du dialogue, ça fait partie de la façon de s'exprimer du personnage ; j'ai ajouté la contraction « c'est pas nous » pour renforcer l'effet (un passage nouvellement ajouté explique dorénavant le fait que l'observatrice essaie d'interpréter les faiblesses de langage de l'ensemenceur-elfe).

Citer
Le fait qu'il s'agît d'une Elfe de sexe féminin sembla influencer leur jugement sur son expertise.
Ils sont machos aussi les Elfes ?  :o
Attention, il ne s'agit pas de « tous les Elfes », ton raccourci me semble un peu rapide (il ne faut pas confondre quelques agriculteurs d'une exploitation et la communauté elfique en général qui n'ont pas nécessairement les mêmes mœurs).

Citer
En fin de compte, Dianeforgeât parvint à obtenir de la part des ensemenceurs-elfes trois lièvres vivants parmi les spécimens ayant dévasté leurs exploitations
« de ceux » me paraît maladroit et bizarre syntaxiquement…
Ici, j'ai tout à fait compris ce que tu désignais dans la syntaxe, j'ai apporté une modification.

Citer
Cette première observation de la circularité du lièvre-mouche l’amènerait probablement à subordonner le renouvellement des pratiques agricoles à celles et ceux qui pourraient le mieux apporter des solutions au problème préalablement identifié.
Je suis sûrement un peu tatillon mais je préfère le mot entier…
Je ne sais pas, il me semble que la formulation & n'est pas incorrecte, donc...

Citer
Alors en chemin, Dianeforgeât dépassait une jachère homodéférée aux petits follets lorsqu'elle tomba nez à nez avec un Graouriatte aux oreilles de jaguar qui venait de la Forêt brumeuse.
J’enlèverais le mot « alors ». Il me semble superflu, à mon humble avis. Ce n’est qu’un point de vue « stylistique ».
Ici, je vois en quoi tu préfères la formule concise, j'ai apporté une modification.

Citer
Les félins ne faisaient pas cas des préoccupations elfiques envers les autres, ils ne partageaient ni leur altruisme, ni leur sensibilité pour les animaux, ni leur amour pour leurs jeunes follets.
Répétition de 3 « ni ». Peut-être serait-il possible de changer le dernier par « encore moins » ou un autre mot du même genre ?
Je rajouterais une virgule avant chaque "ni".
Ici, cependant tu te trompes : en introduisant la notion « encore moins », tu laisses penser que les Graouriattes partageraient plus l'altruisme et la parole animale que l'amour pour les petits follets, or les Graouriattes ne sont pas altruistes contrairement aux Elfes, et ce détail ne doit pas être minimisé par la suite de la phrase.

Citer
Sans faire attention à l'état dans lequel ils laissaient là la traductrice-elfe, ils s'en allèrent aussi vite qu'ils étaient venus : peu s'en soucièrent ces félins dont le manque d'affection pour les Elfes s'apparentait à un certain mépris.
« Peu s’en soucièrent » sonne bizarre à mon oreille.
Je dirais plutôt « peu importait pour ces félins ».
Ici, j'ai apporté la modification, j'aimais bien la formule et je me demande malgré tout si à force de trop enlever ce qui serait « inutile » je ne risque pas de faire perdre de son caractère à mon style personnel.

Citer
L’Elfe se déplaça difficilement jusqu'à une pauvre demeure et, déposant les cages restantes au pied d'un mur, elle frappa à la porte de la chaumière dans l'espoir d'obtenir un secours tant espéré.
Coquille : il manque une majuscule en début de phrase.
Merci beaucoup pour cette coquille que je n'avais pas lu à la relecture/correction. ;)

Citer
brouette pilyzamaise ?
Je ne vois pas à quoi fait référence cet adjectif. Je n’ai trouvé aucune explication dans ton fil de l’été 20… Peut-être à préciser ?
C'est quoi une brouette pilyzamaise ?

Ce sont des confections menomyniques qui sont issues de Pilyzambelle où de ses environs, collectivité dont l'architecture de sa maison mère a été pensée par l'illustre Pilyzansel. Les brouettes fabriquées à Pilyzambelle ont la particularité de pouvoir flotter sur les eaux, ce qui permet de faciliter un voyage au sec pour les marchandises sans avoir recours à une barque. Elles peuvent également être facilement reliées à un téléharnais afin de faciliter le transport sur de courtes distances.

Si tu souhaites en savoir plus sur les menomyniques tu devrais t'intéresser aux éléments en rapport avec le clan féminard qui sont pleins d'enseignements sur les habitudes et spécificités de cette communauté qui affectionne particulièrement le commerce.

Bien entendu, ces menus détails n'ont rien de directement lié avec l'intrigue en cours, or j'espère avoir pu satisfaire ta curiosité sur ce que sont les brouettes pilyzamaises. :D

Citer
Ce doit être l’institutrice qui parle ? Je te propose cette modification…
« Maman ? » dit l’institutrice-elfe du nom d'Hélèneprimune qui accueillit la traductrice-elfe.
Elle l’avait immédiatement reconnue de par leur ressemblance mutuelle et à cause des souvenirs restant de son enfance.

C'est un effet de style, j'ai peur de perdre en caractère avec un trop gros lissage de la narration.

Citer
« Qui es-tu ? lui demanda sa mère.
Si elle sait qu’elle est sa fille, elle ne devrait pas avoir à lui poser cette question ? Plutôt « quel est ton nom » ou « Comment t’appelles-tu ? »
J'ai rajouté l'adjectif « troublée » qui signifie que son trouble l'amène à se questionner sur cette personne qu'elle ne reconnaît d'abord pas (Dianeforgeât ne connaissait pas l'imago de sa fille avant leur rencontre, contrairement à sa fille qui connaissait l'imago de sa mère à sa naissance...). C'est un peu bizarre, je l'entends.

Citer
Dianeforgeât n'osa répondre car certains secrets ne méritaient pas d'être révélés si tôt
Merci beaucoup pour la coquille, j'ai corrigé la conjugaison. ;)

Citer
Hélèneprimune vivait seule, le peu de connaissances qu’elles avaient accumulées depuis lors résultait des rares cours théoriques dont elle avait bénéficié à l'école de la Gouâchette en ville.

Ici, j'ai bien vu le soucis au niveau de la syntaxe, je comprends pourquoi tu proposes une modification, et j'ai apporté une correction de la phrase.

Citer
Quand certains Elfes se pressaient pour reconstruire la nation elfique, d'autres malheureux étaient restés isolés et perdus dans le traumatisme des sentiments insatiables. Hélèneprimune apparaissait aux yeux de sa mère sous les traits les plus miséreux.
J’aurais rajouté un point au milieu.
J'ai plutôt rajouté deux points, et je t'explique pourquoi : il y a un lien entre les deux propositions.

Citer
« Tu es ici pour une cause grave ? interrogea Hélèneprimune.
J’enlèverais le « s’ » car elle ne s’interroge pas elle-même mais elle interroge sa mère.
J'ai choisi « s'étonna » pour renforcer le fait qu'Hélèneprimune ne sait si elle doit interroger sa mère ou si elle risque de compromettre son anonymat et la discrétion de sa mission (voir principe fondamental des observatrices & observateurs dans la partie « règles fondamentales » pour plus d'informations).

Citer
- Mon rôle incombe de lourdes responsabilités.
Le verbe « incomber » ne me semble pas correct (il veut dire « Être imposé à quelqu'un en tant que charge, peser sur lui, lui revenir, lui appartenir »).
J’utiliserais plutôt le verbe « supposer ».
Effectivement, il y a une erreur de syntaxe, j'ai préféré le verbe engager (un rôle engage des responsabilités).

Citer
Malgré ma mission indirectement liée à ce genre d'imprévu, il est de mon devoir de m'inquiéter de ce qui se passe de grave ici ou ailleurs quelle qu’en soit la situation héritée.
Je n'ai pas compris, j'ai apporté une nouvelle syntaxe mais sans certitude sur l'origine de ta proposition.

Citer
- Les cris se confondaient avec les bêlements, les brames et les sifflements. Or les Elfes ne bêlent ni ne brament.
- Dianeforgeât n'hésita pas une seconde à se rapprocher des badauds ébahis par le splendide cortège. Elle le fit accompagnée d'Hélèneprimune qui se trouvait transportée par les mélodies hélianthiques.

- La nature de son expédition était inconnue de toutes et tous. Les pratiquants de la circumambulation eux-mêmes n'avaient pas d'avis sur ce qui avait poussé son départ.
- Dianeforgeât n'était pas venue là par hasard. Ce fut la raison pour laquelle elle soupçonna l'Hôtel d'observation d'avoir été à l'origine de l'exploit mizambotte.

Je trouve ces phrases un peu longues. Je la couperais en deux en rajoutant un point, voire un point virgule.
Plusieurs erreurs de ta part : pas de point devant une conjonction de coordination (or), et un lien directe entre la venue de Dianeforgeât et ses soupçons à propos de l'Hôtel d'observation, j'ai donc préféré le point-virgule (qui est un juste milieu entre le point et la virgule...).

Citer
se contenta d'emporter quelques commodités avec elle, suffisamment légères pour ne pas ralentir la traversée qui était envisagée.
Je rajouterais une virgule.
Un peu laborieux d'ajouter des virgules esthétiques, surtout sur un texte aussi long (je le fais avec plus d'aisance en poésie) ; j'ai apporté une modification mais il est vrai que j'en viens à me demander si ce n'est pas un peu trop pointilleux en matière de style (sur un texte aussi conséquent).

Citer
cependant ces voix ne chantaient rien de commun dont les paroles auraient eu quelque signification que ce fût.
La formulation de cette phrase me paraît bizarre. Je dirais plutôt « cependant ces voix ne chantaient rien de commun et les paroles ne semblaient pas avoir quelque signification que ce fût. »
Il y a énormément la conjonction et dans mon texte, et ta proposition amènerait à en ajouter un en plus, raison pour laquelle ça me semble trop répétitif dans le texte.

Citer
Il n'était pas anodin que des mammifères vinssent en aide à un disciple-elfe, notamment en ces temps troublés.
Concordance des temps
C'est du subjonctif imparfait. Subjonctif. au présent : il n'est pas anodin qu'ils viennent ; à l'imparfait : il n'était pas anodin qu'ils vinssent.

Citer
Ainsi, l'observatrice expérimentée le savait, tout ceci se déroulant sous ses yeux et ceux de sa propre fille, celle qu'elle n'avait pas revue depuis des décennies, celle qu'elle aurait supposée morte pendant l'épisode de famine qui avait affaibli le royaume.
Je comprends que c’est parce que cela se déroule sous ses yeux, etc, qu’elle le sait. Je mettrais donc un participe présent pour montrer que le lien entre le début de la phrase et le reste.
La formulation que tu me proposes n'est pas idéale d'un point de vue syntaxe, mais vu que celle que j'avais moi-même employée n'était pas parfaite, j'ai retravaillé la phrase pour que la forme soit mieux adaptée.

Citer
Ce sont les premières traces qu'il nous reste encore aujourd'hui de cette cohabitation naissante qui s’inscrivit progressivement dans le temps entre les ruminants et les elfes.
« Elfes » avec une majuscule, pour rester cohérent avec ce que tu as écrit jusqu’à présent ?
Un grand merci à toi pour cette coquille, que j'ai corrigée. ;)

Citer
Notre principale mission est de pouvoir concilier les positions contradictoires, de réconcilier les anciens ennemis, de ne jamais nous effrayer de l'hostilité d'une bête féroce afin d'en comprendre la circularité.
J’enlèverais le mot « celle », il me semble superflu.
Pourquoi pas ? Mais même réponse sur le caractère du texte.


Conclusion : Ton œil rigoureux m'a permis d'apporter quelques nouveautés au texte, mais un certain besoin « d'utilité » que tu évoques dans la forme amène parfois à des absurdités. L'esthétique (ou style) étant une affaire de goût, une esthétique dite « utile » est également une affaire de goût (ce qui est utile pour toi ne l'est pas nécessairement pour moi et vice versa). Le goût de l'utilité n'étant pas le même pour tout le monde, il peut arriver que certaines formulations qui te semblent trop longues soient une question de style (nous n'aurions alors pas le même style toi et moi), et d'autres qui te paraîtraient trop courtes et insuffisamment détaillées me sembleront au contraire significatives dans leur spontanéité (car exprimant le caractère d'une spécificité).

Si tu prends le temps de répondre à mon commentaire, je réagirai à ta réponse avec plaisir, car c'est toujours une bonne chose de profiter d'une sensibilité stylistique différente qui stimule la créativité et l'esprit critique. ^^


Encore merci à toi pour ton commentaire et à bientôt par ici ou bien sous un autre texte.
« Modifié: 31 juillet 2020 à 23:29:55 par Alan Tréard »
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