Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

07 février 2023 à 02:30:51
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'antichambre de l'édition » Arnaques, crimes et édition

Auteur Sujet: Arnaques, crimes et édition  (Lu 141411 fois)

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 684
  • Schrödinger cat
    • Dans les nuages
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #195 le: 20 février 2022 à 17:28:20 »
Incroyable cette enquête que tu as faite Aléa ! :mafio:
Merci de la partager en tout cas.
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer

Hors ligne Mythesilenne

  • Plumelette
  • Messages: 6
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #196 le: 13 décembre 2022 à 19:09:02 »
Bonjour à tous!

Je suis toute nouvelle sur ce site, je viens d'aller faire ma présentation.
J'aimerais savoir si Alan Treard est allé au bout avec l'Harmattan et si oui, quelle a été son expérience.  J'ai vu les échanges de 2017 sur le forum mais je n'ai pas vu de conclusion au sujet. Je suis parfaitement consciente que si ce n'est pas du compte d'auteur,  ce n'est pas non plus vraiment du compte d'éditeur et les conditions financières sont ridicules. Mais ce n'est pas l'important pour moi.
Dans le contrat que j'ai reçu,  il n'y a rien indiqué quant au fait que le travail de mise en page et de couverture est à faire par l'auteur. Est-ce que leur politique a un peu évolué ?  En 5 ans les choses peuvent avoir changées et la catégorie fiction était toute nouvelle en 2017. Ou bien est-ce quelque chose annoncé après la signature du contrat?
Ce qui m'ennuie le plus de ce que j'ai lu à leur sujet, c'est l'absence de travail éditorial. Si je cherche un éditeur c'est d'abord pour être guidée, poussée et conseillée. Donc j'ai bien l'impression que ça passe à côté de l'objectif avec eux. Savez-vous combien de temps on a pour répondre à leur contrat ?  J'ai bien envie de faire la morte jusqu'à fin février, date à laquelle je devrai avoir reçu une réponse des autres maisons d'édition,  et d'éventuellement accepter leur contrat à ce moment là s'il n'y a rien de mieux qui se présente (ce qui, j'en suis bien consciente, est fort probable).
Enfin leur close de fin de contrat me semble très floue. Je ne vois ni close temporelle, ni close au nombre de livres tirés. Je vais chercher le paragraphe exact et le poster ici. Si quelqu'un a un traducteur de ce charabia législatif, j'en serais très reconnaissante!

Hors ligne Mythesilenne

  • Plumelette
  • Messages: 6
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #197 le: 13 décembre 2022 à 19:13:57 »
Egalement, c'est très bizarre 0arce que cette close est dans les droits audiovisuels au lieu du contrat principal... il n'y a rien sur la fin de contrat dans le corps principal de celui-ci....

5 : Fin du contrat
Dans le cas où toutes les éditions de l’œuvre auxquelles aura procédé l’Éditeur viendraient à être épuisées, le présent contrat
serait résilié de plein droit, sauf convention particulière, si l’Éditeur ne procédait pas, par lui-même ou par cessionnaire, à une
réimpression dans un délai d’un an à compter de la mise en demeure, par lettre recommandée avec accusé de réception, qui lui
serait faite par l’Auteur. Celui-ci recouvrerait alors purement et simplement la libre disposition de tous ses droits sur son œuvre, et
l’Éditeur serait dégagé de toute obligation ou indemnité vis-à-vis de l’Auteur.
– Il s’agira d’une résiliation partielle s’il y a une exploitation audiovisuelle : le présent contrat continuera à produire ses effets
pour cette exploitation.
– Il s’agira d’une résiliation totale si aucune convention relative à une exploitation audiovisuelle n’est intervenue : l’Auteur
recouvre alors la libre disposition de ses droits après expiration de la période d’exclusivité.
« Modifié: 13 décembre 2022 à 21:11:16 par Mythesilenne »

Hors ligne Ariane

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 410
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #198 le: 13 décembre 2022 à 19:50:10 »
Bonjour,

(Attention aux double-posts, qu'on essaye de limiter, sur le site : si tu veux ajouter qqch à ton premier message, tu peux cliquer sur "modifier" plutôt qu'ajouter un autre message).

Première chose : Cette partie du forum est publique. Je ne sais pas si c'est très prudent de dire ici que tu hésites à dire oui à un éditeur, et que tu comptes "faire la morte" jusqu'à voir si on te propose autre chose ou non '-' . Personnellement j'aurais peur que les personnes travaillant pour la maison d'édition tombent sur ce message. (Mais je suis peut-être excessivement prudente ?).

Deuxième chose : Je suis d'accord aussi que ces précisions sur la fin de contrat sont hyper floues oO.

Citer
Dans le cas où toutes les éditions de l’œuvre auxquelles aura procédé l’Éditeur viendraient à être épuisées, le présent contrat serait résilié de plein droit, sauf convention particulière, si l’Éditeur ne procédait pas, par lui-même ou par cessionnaire, à une réimpression dans un délai d’un an à compter de la mise en demeure, par lettre recommandée avec accusé de réception, qui lui serait faite par l’Auteur.
J'ai un peu de mal avec la phrase à rallonge et le vocabulaire juridique, mais j'ai l'impression qu'au-delà d'un certain nombre d'impressions ?? ("'toutes les éditions de l’œuvre auxquelles aura procédé l’Éditeur"... je trouve cette phrase un peu absurde, normalement on ne compte pas en nombre d'éditions mais plutôt en nombre d'impressions, non ?), l'éditeur peut stopper le contrat, sauf si tu le mets en demeure pour qu'il réalise une réimpression. Ca semble très laborieux comme système, pleinement dépendant du bon vouloir de l'éditeur (vu qu'aucun nombre n'est fixé), sauf si tu dépenses de l'énergie à chaque fois pour le mettre en demeure et le forcer à continuer... ??

Peut-être que tu pourrais profiter du délai que tu souhaites t'accorder pour dialoguer avec l'éditeur et clarifier tous les points du contrat qui te posent problème ? S'il reste la moindre zone d'ombre (en + de ce point précis), n'hésite pas, vraiment, c'est ton droit de comprendre, c'est nécessaire pour signer.
~ Ariane ~

Hors ligne Claire Rapha

  • Tabellion
  • Messages: 33
    • site internet
Re : Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #199 le: 13 décembre 2022 à 20:40:12 »

Citer
Dans le cas où toutes les éditions de l’œuvre auxquelles aura procédé l’Éditeur viendraient à être épuisées, le présent contrat serait résilié de plein droit, sauf convention particulière, si l’Éditeur ne procédait pas, par lui-même ou par cessionnaire, à une réimpression dans un délai d’un an à compter de la mise en demeure, par lettre recommandée avec accusé de réception, qui lui serait faite par l’Auteur.

Bonjour,

C'est du jargon juridique mais c'est une clause normale de contrat qui fait référence à l'article L132-17 du code de la propriété intellectuelle. Cet article stipule que :

Le contrat d'édition prend fin, sans préjudice des cas prévus par le droit commun, par les articles précédents de la présente sous-section ou par les articles de la sous-section 2, lorsque :

1° L'éditeur procède à la destruction totale des exemplaires ;

2° L'éditeur, sur mise en demeure de l'auteur lui impartissant un délai convenable, n'a pas procédé à la publication de l'œuvre ou, en cas d'épuisement, à sa réédition. Dans ce cas, la résiliation a lieu de plein droit. L'édition est considérée comme épuisée si deux demandes de livraison d'exemplaires adressées à l'éditeur ne sont pas satisfaites dans les trois mois.

Autrement dit, l'éditeur doit imprimer régulièrement (autant que nécessaire, on ne peut pas savoir à l'avance quel tirage sera nécessaire pour répondre à la demande des lecteurs), et s'il ne réimprime plus après épuisement des stocks, l'auteur peut le mettre en demeure et obtenir soit une réimpression qui relance le contrat, soit la fin du contrat.

Il n'y a souvent pas de clause temporelle dans les contrats d'édition, si bien que les contrats sont valides tant qu'ils ne sont pas cassés jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur.

La SGDL propose un contrat type commenté sur son site :
https://www.sgdl.org/phocadownload/Juridique/2020/Contrat_commenté_Juillet_2020.pdf

Hors ligne Mythesilenne

  • Plumelette
  • Messages: 6
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #200 le: 13 décembre 2022 à 21:21:39 »
Merci pour vos réponses, (et désolée pour le double post, je saurai dorénavant...)

Ok; donc en fait si je comprends bien, ils se contentent dans l'article 5 de reprendre l'article 2 qui lui me semblait clair:

ARTICLE 2 : Tirages et formats
Les formats, les présentations et les prix de vente des volumes seront déterminés par l’Éditeur.
Vu les évolutions techniques, après un premier tirage à 100 exemplaires, le retirage se fait en continu. L’Éditeur s’engage à
maintenir l’ouvrage toujours disponible. Dans le cas où toutes les éditions de l’oeuvre auxquelles aura procédé l’Éditeur viendraient
à être épuisées, le présent contrat serait résilié de plein droit, sauf convention particulière, si l’Éditeur ne procédait pas, par lui-même
ou par cessionnaire, à une réimpression dans un délai d’un an à compter de la mise en demeure, par lettre recommandée avec
accusé de réception, qui lui serait faite par l’Auteur. Celui-ci recouvrerait alors purement et simplement la libre disposition de tous
ses droits sur son oeuvre, et l’Éditeur serait dégagé de toute obligation ou indemnité vis-à-vis de l’Auteur.

Mais j'ai lu qu'il était important d'avoir une close temporelle (et que généralement est deux ans) afin de se garder la possibilité de changer d'éditeur plus tard. Et que la close de fin de contrat après un certain nombre d'exemplaire permet de renégocier les droits d'auteurs au cas où le livre marche bien. Je ne suis pas idiote, je sais bien qu'un premier roman fait entre 500 et 800 exemplaires quand il marche bien. Mais tout de même, vu leurs conditions, il me semble important d'avoir une porte de sortie au cas où:
 La cession des droits, objet du présent contrat, est consentie expressément par l’auteur à titre onéreux à partir de cinq cent
un (501) exemplaires vendus.
L’Éditeur versera à l’Auteur à compter de cinq cent un (501) exemplaires vendus.
4% du 501 ème à 1000 exemplaires vendus
6% à partir de 1001 exemplaires

Pensez-vous donc que ces deux closes, temporelles et nombre de tirages, soient donc illusoires et n'arrivent que dans des cas exceptionnels? J'avais lu au contraire que c'était un peu la base et cela me semble logique car autrement, on est à la merci totale de l'éditeur, non?

Hors ligne Claire Rapha

  • Tabellion
  • Messages: 33
    • site internet
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #201 le: 14 décembre 2022 à 09:34:32 »
Bonjour,

Tout est négociable dans un contrat, encore faut-il être en position de négocier, ce qui est rarement le cas d'un nouvel auteur.
Les maisons qui acceptent les contrats courts sont à l'heure actuelle peu nombreuses.
Et il est peu probable qu'un deuxième éditeur accepte de publier un livre qui a déjà été publié, à moins que ce livre ait eu un grand succès. Mais je ne vois comment on peut avoir un grand succès en publiant chez l'Harmattan, c'est une maison qui publie des livres de niche, essentiellement de sciences humaines et dont les livres ne sont pas présents dans les librairies conventionnelles. Or, les livres en France se vendent en librairies essentiellement.
C'est une maison intéressante pour publier des thèses ou de la poésie mais je ne la conseillerai sûrement pas pour publier des romans. Sauf si le but est seulement de se faire plaisir en publiant.
Les ventes de leurs romans sont surement très faibles. Le premier tirage est apparemment de 100 livres, le premier tirage d'un premier roman dans une maison qui a pignon sur rue est de l'ordre de 2000 livres.

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 031
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #202 le: 14 décembre 2022 à 12:33:30 »
Bonjour Mythesilenne,


Je suis très impressionné par la qualité des réponses de Claire Rapha qui apporte des précisions très exactes sur le fonctionnement éditorial chez l'Harmattan avec éventuellement quelques nuances sur le fait qu'il leur arrive parfois d'adapter leurs contrats aux auteurs qu'ils publient (quand je dis « auteur », je parle des personnes ou équipes à l'origine des contenus publiés).

La base concrète de ces éditions, ce sont des publications dites « de niche » qui présentent un certain engagement, une dimension universitaire, un pays d'origine où les relais de diffusion demeurent inexistants (l'Harmattan publie beaucoup en Afrique où les librairies se font généralement plus rares et moins bien structurées qu'en France).

Au niveau international, c'est même un concurrent sérieux à Hachette livres qui adopte un modèle de diffusion fondamentalement différent !

L'Harmattan propose tout un réseau de relais de publication horizontal dont l'ambition est de permettre à chaque auteur de bénéficier du minimum vital pour diffuser son livre. La maison d'édition dispose de quelques importants relais de communication, mais ils sont séparés entre chaque publication de façon égalitaire (de façon à ne pas instaurer de système de privilège ou de concurrence entre les différents auteurs).

C'est un modèle de publication un peu marginal, pour ne pas dire risqué, qui repose sur le principe d'impression à la demande, et se concentre majoritairement sur des publications universitaires (malgré l'apparition de fiction et poésie dans leurs catalogues). Ces éditions disposent d'une salle de conférence à Paris, et uniquement à Paris, mais elles peuvent aisément envoyer un stock de livres à une librairie à l'occasion d'une dédicace.

Certains de mes bouquins se sont trouvés en dépôt dans des librairies (c'est-à-dire sur les étals, ou dans les rayons des boutiques où je suis allé), car leur modèle de diffusion a tendance à plaire à certains libraires (c'est selon, au cas par cas). Pour autant, tu as raison de remarquer que leurs contrats sont très imparfaits, une sorte de juste milieu entre le modèle traditionnel et un quelque chose de nouveau imaginé pour l'impression à la demande... C'est assez baroque et pas très fiable pour du long terme.

Pour moi, le très gros avantage de ces publications était la très grande rapidité de réponse à la demande : en un seul mois, mon livre était corrigé, publié, dans les rayons de quelques librairies, le mois suivant j'en commandais une cinquantaine de plus que je reçus en moins d'une semaine. Une très bonne tonalité pour une publication écrite en trois mois (pas plus). Super délais, efficacité rapide à l'impression, je leur envoyais une vidéo d'un événement où j'apparaissais au Printemps de la Poésie, deux jours plus tard c'était référencé sur leur site web et mis en lien avec la publication.


Bref, pas mal pour une publication temporaire type fanzine ou événement littéraire, pièce de théâtre saisonnière, conférence scientifique, manifeste, thèse universitaire, actualité politique, et j'en passe.

Forcément moins intéressant pour une publication longue, un ouvrage écrit sur cinq ans, ouvrage de longue haleine, travail de tout une vie, etc. :)
« Modifié: 14 décembre 2022 à 12:37:55 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Hors ligne flag

  • Prophète
  • Messages: 681
  • Le navet ne se pèse pas au kilo mais à la tonne
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #203 le: 14 décembre 2022 à 17:33:15 »
bonjour,
Citer
le premier tirage d'un premier roman dans une maison qui a pignon sur rue est de l'ordre de 2000 livres.
Ce qui fait en net pour l'auteur environs 200 euros  :o
Dieu et la nature vont bien ensemble, ça va de paire, c'est Dieu le père.

Hors ligne Mythesilenne

  • Plumelette
  • Messages: 6
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #204 le: 14 décembre 2022 à 18:27:07 »
Merci pour toutes vos réponses qui sont très intéressantes et précises.

Je pense que je vais attendre, en espérant que leur contrat sera toujours d'actualité si je les relance.

Hors ligne Claire Rapha

  • Tabellion
  • Messages: 33
    • site internet
Re : Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #205 le: 14 décembre 2022 à 19:19:11 »
bonjour,
Citer
le premier tirage d'un premier roman dans une maison qui a pignon sur rue est de l'ordre de 2000 livres.
Ce qui fait en net pour l'auteur environs 200 euros  :o

Bonsoir,

Un auteur n'est pas payé sur le tirage mais sur les ventes, avec un tirage de 2000 livres, distribués dans peut-être un millier de librairies, on peut espérer vendre 1000 exemplaires dans la première année, au prix de 20 euros le roman classique grand format, avec 10% de droits, cela fait environ 1700 euros net.

Hors ligne Basic

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 445
    • Dits de l 'aube.
Re : Arnaques, crimes et édition
« Réponse #206 le: 15 décembre 2022 à 07:07:42 »
Et c'est assez énorme 2000.
Parce que l'éditeur en question doit s'appuyer sur un bon distributeur et diffuseur, ce qui n'est souvent pas le cas, ( cher de chez cher).
Une fois que le livre existe il faut le donner à lire et souvent, c'est là que c'est difficile, presque autant que l'écrire ou le faire éditer .
Mais nous avons une chance, la fabrication à la demande évite de trop nourrir monsieur Pilon  :)

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Dits de l'aube. Textes dits. Hellian - Basic et d'autres.

https://www.youtube.com/channel/UCtSh7Ir1_tg0rf8WhZBunLQ

blog d'écriture : https://terredegorve.blogspot.com/

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.019 secondes avec 18 requêtes.