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07 février 2023 à 03:16:05
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Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement

Auteur Sujet: Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement  (Lu 1192 fois)

Hors ligne Opercule

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Il est des moments — surtout à ces conjonctions d’humidité et de froid — où l’âme se sent seule et le sentiment de connexion avec d’autres se fait d’autant plus criant par son absence.
Bien évidemment, des gens (dont je fais partie) sont plutôt solitaires, recherchent davantage la solitude que la multiplication des liens, parce que ça leur fait du bien. Mais apprécier de passer du temps seul‧e ne veut pas dire qu’on accepte d’être coupé‧e de lien.

Je parle d’un sentiment de détresse lié au fait de se sentir seul‧e, indépendamment du fait qu’on soit en couple ou pas, qu’on ait des amis, de la famille, collègues…
Mais se sentir séparé des (parfois rares) relations sociales qu’on a, avoir des gens "autour de soi" mais pas "avec soi", quand la solitude ("saine") va trop loin et qu’on se retrouve coupé‧e de lien social (isolement), sentir que personne ne nous connaît vraiment, qu’on n’a pas particulièrement de communauté, se retrouver sans personne-ressource, sans personne vers qui parler ou se tourner…

C’est quelque chose qui fait souffrir, qui peut augmenter la mortalité (notamment chez les personnes immunodéprimées, les seniors, malades chroniques, etc.). Ça contribue et interagit avec d’autres problèmes de santé mentale : anxiété, trauma, dépression.

Cette notion est un peu insaisissable parce qu’elle n’a pas vraiment de mot. La solitude peut être une bonne chose, que quelqu’un peut rechercher pour avoir de la paix et du calme. "Isolement" décrit seulement le fait que quelqu’un ait un petit nombre de liens sociaux — mais peut-être sont-ils suffisants. Les définitions diffèrent naturellement, mais en anglais, on peut distinguer solitude (qui pourrait correspondre à la "bonne" solitude), (social) isolation (le fait "factuel" d’avoir peu de liens sociaux) et loneliness (le fait d’être lonely, sentiment de malheur lié au fait qu’on est seul‧e, que je rapprocherais d’"esseulé"). On peut se sentir esseulé en ayant des liens sociaux aussi !
Appelons ce qui nous intéresse "esseulement" (par calque sur "loneliness"), sans jugement de valeur sur les gens qui le ressentent, en tentant d’aborder ça comme une réalité.

Car si vous vous sentez esseulé‧e, sachez… que vous n’êtes pas seul‧e. En 2018, un Ministère de la "loneliness" (i.e "esseulement") est créé en Grande-Bretagne et commence à fournir des rapports et proposer des politiques. Après 2020 et les quarantaines, on commence à s’intéresser globalement à ce phénomène d’esseulement ; les chiffres sont élevés, notamment chez les adolescents et les seniors.

Un sous-groupe de (ERRATA : je dirais plutôt « Apparenté à ») ce sentiment, parce que je pense qu’il est tout aussi sournois et complexe, c’est aussi le célibat. Qu’il soit volontaire ou involontaire, un mode de vie pertinent et sain, ou bien quelque chose vécu comme une punition, le célibat porte plusieurs facettes et appelle à redéfinir ce qu’est une relation qui porte du sens. Parfois, être en couple ne résout pas l’"esseulement". D’un autre côté, certains considèrent qu’être en couple est la seule solution à cet "esseulement".
Une relation intime, profonde, bienveillante et basée sur l’acceptation, où l’on peut exprimer ses vulnérabilités, partager ses doutes et ses souffrances, où est valorisée l’entraide, semble être exactement ce dont a besoin quelqu’un qui souffre d’esseulement. Mais faut-il spécifiquement un‧e partenaire romantique pour arriver à ça ? Est-ce qu’un‧e partenaire romantique est la bonne personne pour répondre à tout ou partie des besoins "sociaux" d’une personne ?
Des communautés se créent pour discuter des besoins de relation de leurs membres. Des jeunes hommes amers se constituent en mouvements (comme celui des incels) qui se font misogynes, homophobes, transphobes, violents, et même meurtriers. La méthode principale contemporaine pour rencontrer des partenaires romantiques est par les applications "de rencontre" qui sont vues comme inefficaces et donnant lieu à des relations superficielles, tout en se rendant compte qu’il n’y a pas vraiment d’alternative.

Conséquence de la globalisation des liens et de la multiplication des opportunités de relations, effritement du sentiment de communauté lié à une baisse de la religiosité, capitalisme au stade-avancé qui investit les marchés du lien social (réseaux sociaux, applis de rencontre, services matrimoniaux), mal contemporain ou bien prise de conscience récente de problèmes sociétaux et de santé mentale ; qu’est-ce que vous voyez dans ce phénomène d’esseulement ? Comment l’apaiser ? Est-ce qu’être en couple, ça résout l’esseulement ? que voyez-vous dans le célibat, volontaire ou involontaire ?
« Modifié: 12 décembre 2022 à 18:37:32 par Opercule »

Hors ligne Dot Quote

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #1 le: 05 décembre 2022 à 12:18:13 »
yoyoyo j'ai gratté une tentative
pas bien réfléchie globalement
mais qui tente de tisser des mailles
j'ai fait trop long ce doit être relou
surtout si la conv continue
j'essayerai de faire plus concis

* j'ai posé deux mots qui je crois
sont important dans le concept de 'seul'
à dev ?



- qu’est-ce que vous voyez dans ce phénomène d’esseulement ?
il devient paradoxal avec ma vision horrifiée de surpopulation, la densité humaine me donne envie de fuir, ce qui est impossible ils sont partout, et du coup je me sens seul en présence, et envahi en absence ; je cherche une solitude jamais complète, je me perds et m'électrise douloureusement de la communication*, du contact*... mais j'ai conscience que si je souffrais moins socialement, si je galérais moins, si c'était pas si compliqué et fatigant et contre les directions de mes aises, je serais sûrement à trouver pluss de plaisir à quitter cet esseulement

- Comment l’apaiser ?
satisfaction intérieure ; entre la foisonnance de rêves, de projections mentales que je me construis depuis tout petit genre le film intérieur pour somnoler dans le bus qui met une heure pour me mener au collège, je suis seul dans ma tête, il y a de quoi m'intéresser, entre ça donc, et une pratique de méditation réfléchie plus tard autour notamment de la notion de paix de l'esprit, de silence intérieur, ataraxie, nirvana, se creusent positivement avec mon introspection lorsqu'elle est consciemment suivie ; et lorsque vient un ennui, une envie de parler, un vertige de présence, un moment anormalement long, je relativise et distors un peu le temps et la durée ; également je me rassure de ne devoir impérativement être un acteur permanent de l'humanité sociale et ainsi m'extrais sans scrupule ; je me fais grogner au souvenir de mes incompatibilités trop clivantes ; je m'imagine en tailleur nu sur un astéroïde au pied d'un arbre, les yeux clos, l'espace et le temps sont autres, avec les gens il faut s'entendre, alors qu'en moi la conductivité ultrafluide entre communiquant et communiqueur est absolue, ce que je trouve ainsi seulement seul est d'un tout autre ordre qu'un quelconque contenu extériorisé à quelqu'un, j'aime le retrouver ce format média spécifique, 'intérieur', il s'agit juste de baisser la molette du malaise ressenti à la pause de l'exigence sociale

- Est-ce qu’être en couple, ça résout l’esseulement ?
je saurais pas dire, surtout vu l'ouverture de la notion de couple ; un cliché majoritaire, c'est vivre ensemble sous le même toit, moi si je suis pas seul chez moi, ça va pas le faire j'ai un énorme besoin de ne pas m'occuper de l'autre en mode interinfluence parasitante de cohabitation... pareil selon les visions, je crois il y a des couples qui finissent par privilégier les rapports familiaux qu'ils ont créés à ceux amicaux de ce qu'ils relèguent au passé, la solitude des copains d'enfance comblée par la présence des enfants de la belle-famille toussa, jsp... sur le long terme une complicité peut donner l'avantage d'un rapport où cet autrui possède une importance qui va au positif de l'encontre de l'esseulement, et pourtant celui-ci peut ainsi ne pas se résoudre comme il pourrait si le couple n'est que dans le vampirisme l'un de l'autre, j'crois y'en a plein qui vivent assez bien le fait d'avoir cette garantie de jamais être seul, perso je me méfie qmm aussi de comment la détresse du moindre petit vide d'interaction présentielle peut alors ressembler à une addiction aux carences douloureuses lorsqu'on n'a que l'expérience du couple et de la force de l'union qu'il génère

- que voyez-vous dans le célibat, volontaire ou involontaire ?
involontaire il rabâche sans cesse mon auto-dévalorisation sur plein de plans notamment sociaux ; et puis frustrations, déceptions, colères, résiliences... faut dire que je fais rien pour ça, la partie volontaire donc, ou trop flippée et flemmeuse, comme ils disent des célibataires mâles j'suis endurci, pis à force de devoir y accepter je me conforte dans les avantages de ce mode, un peu déçu de ne pouvoir me construire sur la question, mais encore dans ce que j'ai longtemps pensé que je serais célibataire toute ma vie, que je pige rien à ce qui m'est tombé sur la tronche après, pis que du coup laisse tomber



Citer
capitalisme au stade-avancé qui investit les marchés du lien social
tellement...
'_'



j'sais pas trop comment pop ici
ni sûr de chercher, ni sûr de trouver
mais allons...
"crois pas qu'un diplôme va rattraper ta vie d'môme
t'as qu'à chercher mon coeur si tu trouves ça facile
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mes pelures sont plus belles que vos fruits"

Hors ligne Cendres

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #2 le: 05 décembre 2022 à 13:05:55 »
Bonjour Opercule

Je n'ai lut que ton texte et pas la réponse de Dot Quote.

On dit aussi "Vaut mieux être seul(e) que mal accompagné", et de plus tu as des couples ou les gens sont indifférents et étrangers entre eux.

Je pense qu'on cherche toujours notre âme sœur, mais que celle ci n'existe pas. On veut quelqu'un qui nous comprend, mais nous est ce qu'on aimerait être cette personne qui cherche à comprendre l'autre?

Hors ligne BeeHa

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #3 le: 05 décembre 2022 à 13:58:11 »
Bonjour Opercule, bonjour à vous autres membres répondant et/oulisant,

Citer
qu’est-ce que vous voyez dans ce phénomène d’esseulement ? Comment l’apaiser ? Est-ce qu’être en couple, ça résout l’esseulement ? que voyez-vous dans le célibat, volontaire ou involontaire ?

C'est assez difficile de répondre, tout est une question de personnalité et de point de vue, je pense, dans ce domaine.

Pour ma part, j'ai passé l'essentiel de ma vie en célibataire pour tout un tas de raison (pas spécialement attirant (dans tous les sens possible, pas seulement physiquement),plutôt solitaire, réservé, introverti, assez froid …) sans jamais le subir, ni sentir d'esseulement. A contrario, le moment où je me suis trouvé en couple, je pense que c'est le moment où j'ai le plus ressenti la solitude. Tu l'as dit dans ton message :
Citer
Une relation intime, profonde, bienveillante et basée sur l’acceptation, où l’on peut exprimer ses vulnérabilités, partager ses doutes et ses souffrances,
, pour moi, pendant tout mon célibat, c'était ce qui me paraissait pouvoir le rompre sans maux. En l'occurrence, j'ai cru l'avoir trouvé, mais tout ça n'était un peu qu'une surface, dans la réalité du couple, tout ce que j'étais (et ce que j'avais dit de moi à ce sujet, sans me cacher) a été balayé dans cette relation. Mes doutes, mes vulnérabilités etc n'avaient pas leur place. Quand après trente ans à vivre seul, on t'impose la vie à 2 trop vite à ton goût (Je dis impose, ça peut paraître « fort », mais quand après 4 mois de couple, que tu dis ne pas être prêt à vivre à 2 et que la réponse c'est « ben oui, mais sinon, ça va s'arrêter », ça me paraît assez proche d'une sorte d'ultimatum, et si c'était la première fois, ça n'a pas été la dernière...) Et malheureusement, c'était dans tous les domaines (rencontre de gens, sexualité etc.) et tout ça a entraîné une profonde solitude. S'ouvrir, ça revenait plus à recevoir des « ben oui, mais c'est comme ça, fais avec ».

Pour moi, l'esseulement n'est donc pas venu du fait d'être seul, mais de celui de se voir contraint par quelqu'un. Mais c'est une histoire, et la mienne, et ça correspond à ce que je suis.

J'ai un peu l'impression que la sensation d'esseulement du célibat peut venir de plusieurs « facteurs », qui sont liés à la personnalité de chacun. Mais aussi à la façon de « réceptionner » l'avis de la « société ». Par exemple :
  • Un célibataire volontaire, qui se moque du jugement, pourra vivre sans être esseulé.
  • A l'inverse, un célibataire volontaire, qui ressent le besoin de l'acceptation et donc subira le jugement sociétal, sera peut-être plus sujet à l'esseulement.
Et d'un point de vue plus global, j'ai un peu l'impression qu'une part de l'esseulement vient du jugement et, à l'heure actuelle, j'ai l'impression qu'il est partout (les réseaux accentuant tout ça). Et avec lui, il y a un point qui me semble accentuer tout ça, c'est la capacité de plus en plus limité des gens à discuter, à s'ouvrir, et une facilité de plus en plus grande à rejeter. La neutralité est de moins en moins acceptée, on est plus dans du « si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi » et tout ça peut jouer un rôle.

Bien sûr, c'est aussi lié à la personnalité de chacun, c'est, il me semble, plus facile à gérer quand on est plutôt solitaire de base, que quand on aime le contact par exemple. Mais même là, ça dépend de chacun. (Du coup, je tourne en rond un peu...)

Je suis assez d'accord sur ce que dit Dot Quote sur « Comment l'apaiser ».
Parfois, j'ai un peu la sensation que l'on cherche plus à paraître qu'à être, ça aussi ça peut nous esseuler. Accepter ce que l'on est et « savoir » ce dont on a besoin, personnellement, pas ce que l'on nous dicte comme essentiel, ça pourrait limiter l'esseulement : si l'on cherche ce qui est bon pour nous, en s'acceptant, peut-être que l'on pourrait se sentir moins seul...
Mais c'est une façon de voir très « froide » qui me correspond. Je ne sais pas s'il y a un remède réel à tout ça...

Bref, je suis pas sûr d'avoir fait avancer grand chose. :)
Mais le sujet est assez intéressant. Bien sûr, tout ceci est ma façon de penser à moi, ça n'a rien d'une vérité ni quoi que ce soit d'autre, c'est juste un sentiment.
“A faint clap of thunder;
Clouded skies;
Perhaps rain comes – if so, will you stay here with me?”

“A faint clap of thunder;
Even if rain comes not;
I’ll stay here, together with you…”

Hors ligne Opercule

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #4 le: 05 décembre 2022 à 21:48:06 »
salut Dot, merci pour ton passage. je comprends bien que tu veux que, d'une certaine manière, trouver une certaine paix avec sa condition, et effectivement c'est une manière de résoudre l'esseulement... mais essayer de renier ou d'être sourd à ses besoins est-il durable ? N'est-il pas plus indiqué de se préparer à d'autres stratégies de résilience ?

Hello Cendres, je ne suis pas non plus convaincu par le concept d'âme sœur, mais j'admets que cette idée illustre parfaitement ce que tout le monde désire pour être sauf·ve de l'esseulement.

Merci beaucoup pour ton témoignage personnel, beehaa. c'est très intéressant parce que ça montre bien comment être en couple veut aussi dire être exposé·e aux attentes et aux exigences de qqn d'autre, et ce n'est pas plus facile.

une notion autour de laquelle on tourne, c'est aussi, d'une certaine manière, une certaine idée de la compréhension, de la synchronicité, de la résonance, qu'on peut avoir, ce sentiment d'aisance et de confort qu'on peut parfois éprouver avec qqn, et que je pense les gens esseulés ne trouvent pas, ou n'ont pas l'espoir de trouver, ce qui contribue aussi à une forme de désespoir, de peur d'être continuellement dans cet état...
« Modifié: 05 décembre 2022 à 22:33:54 par Opercule »

Hors ligne Dot Quote

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #5 le: 05 décembre 2022 à 22:49:50 »
avant toute chose, Opercule le premier des trois que tu cites m'était encore non-adjoint à son pertinent nuage ainsi étendu depuis ce que j'aurais voulu rectifier de mes astérisques : compréhension ui, quasi-obligé pour une bonne entente humaine entre au moins deux singularités, le pire dans mon vertige sur la question, c'est tout le dessous de l'iceberg tout froid d'invisible ; synchronicité et résonnance, aussi ui, tout aussi fumeux que ce soient ou pas

à tes questions, la durabilité re-bon rebond, heu... perso j'envisage comme 'le temps d'une vie' tout ce que je ne maîtrise pas, je le sens ui ce sourd besoin, pour l'instant il est inopérationnel et fatigué de ne pas s'élever, tout autant que confortablement atiré par d'heureux vécus forpassés, sans cette interdépendance, enfin 'sans'... je m'imagine plus serein en moins de sollicitations, mais c'est quoi le rêve exactement être seul ? cueillir des pommes sur un sentier de sangliers, n'avoir ni père ni mère, ni chat ni chien, ni plante ni terrain, pas même la surprise d'un moi en moi ? les exilés fuient un truc, ptetr chacun le sien ? seul inhumain1, seul antisocial2, seul incivilisé3, seul apolitique..., philosophique... ? l'exilé se sent isolé, ma question à moi, peut-il selon quoi y faire quoi ? durabilité, non sans vie re, je ne crois pas que résoudre la solitude de victor consiste en une stratégie de résilience, et il est à l'angle distant mais plurisyndromiconuméroté en listage approximomo, de ce que la non-solitude principalement évoquée je crois ici est bien un consensus qui bien qu'ouvert, reste à l'accès modalisé, notamment aussi donc, par des capacités au moins autant qu'eune volonté...

yo Cendres, tqt t'as rien à justifier à ne pas m'avoir lu je suis prise de tête sûrement, mais heu juste... c'est un effet louche de te lire après questionner ce qui m'apparait comme l'intérêt tolérant porté à autrui, reflet chelou ; huhu c'est bien Opercule qui ouvre le bal et tu lui réponds, le petit paradoxe que je perçois n'a pas à arrêter ton partage libre, c'est cool pour moi d'avoir à t'adresser ici des mots ; je rejoins ptetr un peu une divergence dubitative sur le concept d'âme sœur, rien d'incestueux dans les cieux mais pourquoi les choses vont-elles par deux lorsqu'elles sont uniques ? nan en vrai je me dois de relativiser cette quote de bashfr, on est en deux mille dix y'en a un qui se pose la question démographique il trouve ça louche que sur des milliards de gens sur la planète, c'est qmm de ouf le destin que ton âme sœur habite le même patelin que toi dans bcp de cas... en vrai, si diev est perfect, y'a moy que son complot à lvi soit juste simplement aussi limpide que ça

et heu sinon... BeeHa toi aussi ? t'as l'impression d'un paradoxe en lacet entre douleur et plaisir ? que partager une relation aux comportements basés sur la contradiction d'intérêts de chacun peut coûter pluss qu'il ne rapporte, détruire pluss qu'il ne construit, déçoit pluss qu'il satisfait ? comme tu dis, chacun est différent et toute relation a donc d'autant plus de chance de l'être aussi, perso, entre la volonté et la capacité, je ne fais plus trop l'inutile distinction, je me rassure à l'idée de me retrouver moi, en sachant qu'autrui est là, tjrs... bonus ou malus, la question s'envole comme une feuille d'automne

je me demande un peu freezd, jusqu'où ma phobie d'un tout début, me fait reluire cette image ermite, recluse, pas forcément hors-qqchse, mais ui bel et bien seule... la paix avec autrui, j'y arrive pas, alors que seul c'est crème... le naze truc que je sais pas trop comment penser le meud pour ça, c'est que vous... êtes... là... alors que je suis seul avec mon clavier sincère ; ma chaîne à moi, ce rêve de pomme en météo sans accrocs sur un sentier, je foule affolé mon acceptation de ce truc chelou dans le contrat étrange je-vous-oublie-suis-seul-et-voici-pour-vous ; pour me retrouver je n'ai trouvé qu'autrui, mais tout ça car 'seul' pour moi pouvait fortement se construire avec juste 'mes mots écrits'... huhu inopiné cet aveu historicoanecdotique, ici je suis un quelqu'un, quelqu'un seul, quelqu'un seul avec vous... heu du coup faudra une bonne vanne après ça pour pas trop plomber l'ambiance lul

wè donc, au final, bien avec soi, bien avec l'hors-soi ? mais bon, moi je parle à ce que les chats se mettent wtf à jumper pour y attraper et que tu verras jamais ce que c'est, donc bon, faut pas trop chercher ce qui se distingue d'identité par mes mots !

tout de bon pour le dessous ! =)
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Hors ligne Deewild

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #6 le: 05 décembre 2022 à 23:47:36 »
Bonsoir, je remercie le créateur de ce sujet, si important à mes yeux.

Et je suis ravi de ne pas être le seul à me questionner, ni à souffrir du manque d'incompréhension face à cette( ce) loneliness si spécial (e)...

Si je peux apporter ma sobre contribution à ce débat qui est soulevé ici, je peux dire (sans précisions sur ma vie personnelle) que l'on peut ressentir, à la fois solitude, social isolation, et plus tristement loneliness.

La solitude nous aide, et ce fut mon cas très récemment, à comprendre que l'on est quelqu'un, que l'on existe et que l'on peut logiquement le prétendre. Etre seul et entier, vaut mieux qu'être en groupe mais seul...
La solitude , qu'elle soit lié à une séparation, une exclusion professionnelle, familiale , voire même de l'éloignement de ceux que nous avons considéré à tort ou à raison comme des amis... Elle est toujours burtale, lourde et cinglante. Néanmoins, force est de constater, qu'elle est bénéfique pour comprendre qui nous sommes, ce que nous sommes, et quel chemin voulons nous emprunter.
Le social isolation, est un dérivé de la solitude selon moi. Forcément, ce qui est valable au regard de l'humanité, est encore plus vrai à l'heure du numérique, dans les pays développés surtout. Les adolescents se considèrent isolés socialement, car leurs réseaux n'ont pas l'étoffe des célébrités, ou ne sortent qu'avec un groupe limité en nombre. Selon l'âge, il y a des variables à prendre en considération.
L'esseulement lui, est un démon abominable capable de réduire en cendres les meilleurs d'entre nous. Alone... alone, forever... Un ou une esseulé(e) peut tomber rapidement au fond d'un goufre sans fond, où le vide peut convaincre du pire. Cet esseulement pourrait réduire confiance, espoir, avenir. Et très fréquemment, la dépression s'installe...et l'espoir de ceux qui n'en ont plus devient celui parfois des esseulés.

Cette vision vraie peut paraître repoussante, négative, pessimiste... Certes, mais je pense , pour le vivre actuellement, que le pire des fléau n'est pas tel ou tel type de solitude. On devient seul, dès lors que personne n'écoute notre voix.
Le fait d'être différent, alimente la théorie de la sélection naturelle. Les gens vont se justifier en pointant du doigt ce qu'ils ne comprennent pas ou pire, ce qu'ils jugent... ce qui crée l'isolement. L'esseulé est peut être celui qui a le plus envie de vivre et envie d'être avec les autres. Mais ce qui le blesse, c'est que ce n'est pas réciproque.

Hors ligne Safrande

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #7 le: 06 décembre 2022 à 00:14:31 »
Coucou Opercule !

Je pose un petit truc ici, pour suivre le sujet qui me touche, un truc assez sensible pour moi (et visiblement pour beaucoup de monde), peut-être pour tenter de me sentir moins seul aussi  ;D

J'ai remarqué que je me sens moins seul quand en face de moi il y a quelqu'un de la même sensibilité - il peut y avoir 100 personnes autour que je me sentirais seul, mais une seule qui partage un mode sensoriel similaire au mien que je me sentirais comblé.

Je pensais être un solitaire quand, enfant, adolescent, je m'isolais régulièrement. Mais quand on perd à peu près tout lien sociale, au début pour des raisons vitales, on se rend compte qu'on aimait la solitude parce qu'elle n'était pas un état durable, un état de base - l'état de base était une compagnie régulière, parsemé de moment solitaire ; et maintenant c'est devenu l'inverse : un état solitaire parsemé de compagnie. La solitude comme quotidien m'a modelé en une bête peureuse à propos de tout - malgré une vie spirituelle, artistique, une culture grandissante grâce à la solitude, la confiance en soi s'émiette devant les autres, la consistance aussi ; on devient encore plus sensible qu'on ne l'était, et tout nous brutalise : une voix un peu appuyée, un regard un peu brut. Aussi on ne sait plus parler, on perd facilement la capacité de communiquer, nos mots bafouillent, etc, ce qui fait qu'on ose moins parler, et de bout en bout, on se coince dans un cercle vicieux dont il est dur de sortir.

Même en étant un solitaire et un célibataire convaincu, ce genre d'esseulement mène forcément à un état mental instable à la longue, c'est nuisible quoi qu'on en dise.

J'ai remarqué qu'on se souvient très vaguement de nos moments solitaires, même les plus heureux, les plus intense artistiquement ou spirituellement. Tous nos bons souvenirs, ceux qui donne encore un peu de bonheur, sont quand on était bien accompagné. On ne rit jamais seul, ou alors c'est qu'on devient fou.

Dès fois je me demande comment j'ai pu en arriver là, moi qui nageais entre les amis quand j'étais petit, adolescent, avec plein de petites histoires, de petite aventures, de petites camaraderies qui animaient l'intérieur, la réflexion, la pensée, qui leur donnaient un peu de sens à continuer.

Je sais pas si c'est pareil pour vous, mais y'a eu l'isolement au début du travail - le travail vraiment, ça rend stérile, ça rend pauvre, ça éteint la petite flamme jusqu'au bout, quand il n'est pas le sens même de notre vie. Chacun dans son entreprise et chacun fatigué en ressortant, plus dispo pour un peu de camaraderie.

Y'a peut-être une propension à penser que pour sortir de l'esseulement il faut se coupler, et donc ça donne plein de couple dans les coins, et moins de place pour un regroupement, si chacun se regroupe à deux tout seul.

De là à savoir si l'esseulement est un mal contemporain, j'en sait rien - les réseaux tout ça oui sans doute, ça y participe... le truc c'est comment en sortir ?

Je repasserai plus tard, là j'me sens bien seul devant le constat  :neutre:

(En fait c'est peut-être le manque de perspective qui nous fait nous sentir seul, de ne pas savoir quand on sortira de la solitude, le cdi avec la solitude.)

(La culture aussi peut-être, contribue à l'isolement, alors que je pensais le contraire. En fait elle met une distance (à cause des autres mais aussi de nous même, même inconsciemment) avec tous ceux qui ne connaissent/comprennent pas, mais peut faire un effet "d'âme sœur" avec celle ou celui qui connait/comprend - et ce que l'autre aime/comprend donne une bonne idée de sa sensibilité et de sa potentielle compatibilité avec la notre.)

(J'ai l'impression aussi qu'on ne s'autorise plus à s'ennuyer avec quelqu'un, alors que c'est ce qui, à mon sens, créait les liens les plus forts avec autrui. Maintenant quand on se réunis on s'évertue à fuir l'ennui d'une façon presque maladif.)

(Et pour finir j'ai la sale impression que plus on cherche à se connaître, plus on devient ce qu'on est vraiment, et par conséquent, plus on augmente le décalage avec les autres, ce qui nous rend seuls.)
« Modifié: 06 décembre 2022 à 01:08:31 par Safrande »
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne BeeHa

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #8 le: 06 décembre 2022 à 11:27:02 »
Bonjour bonjour ~

Citation de: Opercule
une notion autour de laquelle on tourne, c'est aussi, d'une certaine manière, une certaine idée de la compréhension, de la synchronicité, de la résonance, qu'on peut avoir, ce sentiment d'aisance et de confort qu'on peut parfois éprouver avec qqn, et que je pense les gens esseulés ne trouvent pas, ou n'ont pas l'espoir de trouver, ce qui contribue aussi à une forme de désespoir, de peur d'être continuellement dans cet état...
Je suis assez d'accord, là où je me questionne, c'est à quel point le "jugement" de l'autre a une influence sur tout ça. Là encore, c'est un sentiment très personnel, mais comme chaque opinion est polarisée, c'est noir ou blanc, les nuances se font plus rares, et je pense que ça rend parfois la rencontre, l'aisance plus difficile à trouver. On reste plus en surface, par crainte de ce qui se passera, de ce "et si" qui pourrait un peu briser tout ça. Du coup, on s'entend, sans véritablement se voir, en étant sur la défensive, et peut-être que ça peut augmenter cette sensation d'esseulement ? Parce que l'on cherche un peu son propre reflet, parce qu'alors, il n'y aura pas cette différence, ce jugement, cette confrontation qui parfois est presque accusatrice.

Citation de: Dot Quote
et heu sinon... BeeHa toi aussi ? t'as l'impression d'un paradoxe en lacet entre douleur et plaisir ? que partager une relation aux comportements basés sur la contradiction d'intérêts de chacun peut coûter pluss qu'il ne rapporte, détruire pluss qu'il ne construit, déçoit pluss qu'il satisfait ? comme tu dis, chacun est différent et toute relation a donc d'autant plus de chance de l'être aussi, perso, entre la volonté et la capacité, je ne fais plus trop l'inutile distinction, je me rassure à l'idée de me retrouver moi, en sachant qu'autrui est là, tjrs... bonus ou malus, la question s'envole comme une feuille d'automne
Oui, il y a de ça. Accepter l'autre, le respecter, c'est une chose, mais ça peut vite devenir plus compliqué quand il y a des disparités.
C'est là qu'intervient un peu aussi l'idée que l'on se fait d'une relation de couple : est-ce que l'on souhaite avoir autrui avec nous, toujours là, ou est-ce que l'on veut quelqu'un qui nous accepte tel que l'on est ? Et même si l'on veut quelqu'un, c'est un peu là où la notion de volonté et capacité intervient plus (à mon sens) : on peut avoir toute la volonté du monde, sans être capable de supporter les conséquences annexes (Physiques, mentales...) que peuvent amener des contradictions etc.

Citation de: Safrande
Je sais pas si c'est pareil pour vous, mais y'a eu l'isolement au début du travail - le travail vraiment, ça rend stérile, ça rend pauvre, ça éteint la petite flamme jusqu'au bout, quand il n'est pas le sens même de notre vie. Chacun dans son entreprise et chacun fatigué en ressortant, plus dispo pour un peu de camaraderie.
Là encore, je dirais : ça dépend (Bonjour, j'suis le prince du gris qu'aime pas choisir :)).
A mon sens, le travail peut être vu de plusieurs manières, et la façon dont on le voit va entraîner un côté stérile ou non... J'ai la sensation que comme pour soi, accepter permet de pouvoir aller un peu plus loin qu'une simple aliénation.
Mais c'est un point fortement lié à la société qui, souvent, nous définit par notre travail, et les jugements se font rapidement par rapport à lui aussi. Là encore, ça entraîne une opposition qui va amener pleins de mauvais sentiments.
Je me souviens d'un moment particulier qui m'a pas mal marqué, en stage d'ingé, je devais m'entretenir avec les ouvriers d'une usine pour relever les différents risques. Chaque semaine, je faisais un atelier différents, et chaque semaine, je passais mes 2 premiers jours à réussir à leur faire comprendre que non, je ne les jugeais pas comme des sous-merdes incultes parce qu'ils étaient ouvriers et moi en passe de devenir ingé. Parce que c'était ce qu'il se passait dans l'usine : les ingés était des connards arrogants envers eux, ce qui donne forcément un retour similaire dans l'autre sens. L'un de ses ouvriers, seul dans son atelier, se foutait de moi parce que je lui posais pleins de question pour comprendre. J'ai continué à agir de la même manière, et au hasard d'une alarme incendie, on se retrouve tous les deux à un point, pendant une heure, à discuter. Au moment de rentrer, cet homme avait perdu son animosité et avait fini par me dire quelque chose comme : Mais en fait, t'es pas con, c'était sympa de discuter.
Tout ça pour dire que ce coup du travail aliénant, qui nous appauvrit, est fortement lié, je pense, à l'absence d'humanité de plus en plus forte dans ce milieu. Tout n'est pensé que par "classe" et rendement, ce qui entraîne un rejet important envers tout ce qu'il représente et nous empêche d'essayer d'y trouver autre chose...
(Après, je ne dis pas que c'est simple de trouver un intérêt à son travail, mais je pense que s'il y avait une sorte de reconnaissance des gens entre eux, ça aiderait à voir les choses moins noires... Je sais que je suis souvent assez dégoutté de la façon dont sont traités les personnels d'entretien par exemple, c'est déjà pas forcément un boulot très plaisant, mais quand les gens sont des porcs parce qu'ils se disent que yaura du personnel pour nettoyer, ça n'arrange rien...)

Citation de: Safrande
Même en étant un solitaire et un célibataire convaincu, ce genre d'esseulement mène forcément à un état mental instable à la longue, c'est nuisible quoi qu'on en dise.
Plutôt que forcément, j'irais vers "plus facilement".
Pour s'en prévenir, il faudrait réussir à trouver une sorte d'équilibre entre la solitude qu'il nous faut et un contact extérieur, par exemple en participant à des activités (sportives, culturelles, associatives...). Une possibilité d'avoir à la fois son cocon, son endroit de solitude qui peut nous apaiser, nous rassurer, mais aussi la possibilité de rencontrer des gens à l'extérieur de cette bulle confortable. J'ai la sensation que ça peut amener une certaine stabilité, peut-être pas complètement, peut-être un peu fragile, mais bien présente. Après, c'est peut-être un jeu d'équilibriste pas simple, mais qui, peut être trouvé.

Citation de: Safrande
(La culture aussi peut-être, contribue à l'isolement, alors que je pensais le contraire. En fait elle met une distance (à cause des autres mais aussi de nous même, même inconsciemment) avec tous ceux qui ne connaissent/comprennent pas, mais peut faire un effet "d'âme sœur" avec celle ou celui qui connait/comprend - et ce que l'autre aime/comprend donne une bonne idée de sa sensibilité et de sa potentielle compatibilité avec la notre.)
Je trouve ça très vrai !
Et ça peut aussi conduire à une sorte de "rejet" de l'autre, de la part des deux côtés. Entre les gens qui peuvent en devenir hautains et ceux chez qui voir un aspect plus "cultivé/intelligent" entraîne un sentiment d'infériorité, de dégoût de cet autre. Du coup, trouver quelqu'un "comme soi" revêt un double intérêt de "non-jugement", parce que même niveau, même façon de voir... (Et c'est blessant dans les deux sens, même si l'on pourrait penser que se voir dire "oui, mais toi t'es intelligent/intelligente" est agréable, ça ne l'est pas forcément, loin de là...)

Citation de: Safrande
(J'ai l'impression aussi qu'on ne s'autorise plus à s'ennuyer avec quelqu'un, alors que c'est ce qui, à mon sens, créait les liens les plus forts avec autrui. Maintenant quand on se réunis on s'évertue à fuir l'ennui d'une façon presque maladif.)
Là aussi je trouve ça très vrai.
Chercher à remplir est devenu presqu'une priorité : remplir le silence, le rien, faire pour ne pas penser au reste.

Citation de: Safrande
(Et pour finir j'ai la sale impression que plus on cherche à se connaître, plus on devient ce qu'on est vraiment, et par conséquent, plus on augmente le décalage avec les autres, ce qui nous rend seuls.)
Je suis un peu plus mitigé sur ce point...
A mon sens, soit ça augmente le décalage, soit ça nous permet de plus savoir ce que l'on cherche, ce que l'on souhaite. Mais, après, c'est vrai que si l'on ne peut retrouver ça chez un autre, ça nous rend beaucoup plus seul, oui.


Bref, désolé, pas sûr d'avoir été très clair :/
“A faint clap of thunder;
Clouded skies;
Perhaps rain comes – if so, will you stay here with me?”

“A faint clap of thunder;
Even if rain comes not;
I’ll stay here, together with you…”

Hors ligne Safrande

  • Aède
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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #9 le: 06 décembre 2022 à 19:52:28 »
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Bonjour, j'suis le prince du gris qu'aime pas choisir :)
Oh j'aime bien le gris moi aussi, même si ça a un goût de réalité bien brute !
J'ai tracé mon premier post à gros traits l'histoire de mettre les pieds dans le plat - vaut mieux commencer gros pour affiner ensuite.

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Tout ça pour dire que ce coup du travail aliénant, qui nous appauvrit, est fortement lié, je pense, à l'absence d'humanité de plus en plus forte dans ce milieu
Bon du coup même si c'est pas le sujet de base, je laisse un petit truc là dessus. Personnellement (tout ce dont je parle est absolument subjectif), à la poste, on ne peut pas dire qu'il y a un manque d'humanité (à part en période de fête, ou l'on sens tous les jours une espèce de monstre consumériste nous broyer physiquement - nombres de colis ahurissant, chaos dans l'organisation, etc), mais je crois que ça ne fait pas tout ! Depuis que je travaille (et c'est con de ne pas l'avoir eu avant) j'ai la douloureuse conscience que ma place n'est pas ici, la douloureuse conscience de voir 8h par jour gâchés dans une tâche qui ne m'enrichit pas - la littérature m'enrichit, avec elle j'apprend, je me sens vivre, je donne du sens à ce que je fais, elle me fait grandir - : et comment le pourrait-elle ? et même tous les métiers que j'ai fait avant, comment pourrait-on y voir dedans le sens de notre vie (faire l'électricité d'une maison, fabriquer des cartes électroniques, faire des déménagements, autant de tâches répétitives, broyant le physique pour certaines, pas stimulantes : qui peut se contenter de ça pour combler sa vie ? Y'a le côté humain qui peut jouer mais comme tu dis, on est constamment dans une course absurde au rendement, qui ronge le côté humain). Dès fois j'ai l'impression que le travail a été inventé pour distraire les petites bêtes que nous sommes, comme pour nous éviter l'ennui, comme on invente des quêtes secondaires pour le personnage de jeu vidéo désœuvré. En même temps si on ne travaille pas, pas de toit, pas de bouffe, donc il faut absolument perdre ces 8h par jour, quitte à ne pas pouvoir créer, apprendre, pour avoir au moins un toit et de quoi manger, quand on souffre de ne pas pouvoir créer ou apprendre.
Cool ton anecdote en tout cas  :)

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Pour s'en prévenir, il faudrait réussir à trouver une sorte d'équilibre entre la solitude qu'il nous faut et un contact extérieur, par exemple en participant à des activités (sportives, culturelles, associatives...).
C'est facile à dire, à faire c'est autre chose. Ca agit un peu comme une drogue la solitude, j'ai l'impression, plus on est seul, et plus on a envie d'être seul, alors qu'on aimerait sortir de cette solitude. Combien de fois j'ai refusé des invitations, alors que je souffrais de solitude, tout en regrettant de ne pas m'être présenter, tout ça pour souffrir encore plus - il est devenu dur de sortir, de faire le premier pas : il y a des soirs où je me dis "aller demain c'est bon j'appelle ce club de tennis et je m'inscris", puis le moment venu je me dégonfle, et préfère retourner à mon truc tout seul bien amer. C'est ça le plus dur. En fait on s'est tellement habitué à la solitude que c'est le contact des autres qu'on redoute - et moins la solitude, malgré ce qu'elle a de violent insidieusement, comparé aux contacts sociaux, qui sont violents au début, mais auxquels on peut s'habituer. Au bout d'un moment on se dit "à quoi bon sortir de là, si c'est pour y revenir juste après".

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même si l'on pourrait penser que se voir dire "oui, mais toi t'es intelligent/intelligente" est agréable, ça ne l'est pas forcément, loin de là...
Oui ça a la forme d'un compliment, mais le fond est une façon de rejet.

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Je suis un peu plus mitigé sur ce point...
En fait je partais du principe que plus on se connait, plus on va vers une forme de singularité, qui de fait s'éloigne d'une certaine "norme" (notre vrai nous est un peu sauvage, un peu bizarre, et peut difficilement s'exprimer avec autrui - ou il faut que cet autrui n'est pas peur d'exprimer son vrai lui aussi : tout ça se joue dans le domaine de la confiance, et c'est une harmonie très rare à obtenir, une petite capsule de quelques instants qui, quand elle est vécue, nous reste toujours dans la tête), ce qui est, quand on se soucis du regard des autres (qui ne s'en souci pas, malgré les "je m'en bat les c*** des autres" et compagnie), difficile à vivre, et facilement blessant, quand on prend des remarques ou de l'incompréhension face à notre singularité.
On se retrouve vite à être incompris, ou à finir en bête curieuse, autant de vision de nous même à travers l'autre nous déshumanisant, ou ajoutant à notre incompréhension de nous-même. On devient de plus en plus frileux à s'exprimer pleinement de peur de trouver encore de l'incompréhension, puis on finit par se sentir bien qu'avec nous-même - au moins il n'y a pas de danger.

Bon je sais pas trop où je part là, je crois que je m'éloigne du sujet, donc je m'arrête là.

(En fait pour se sentir moins esseulé, il faudrait au moins une personne qui nous comprenne, je crois. Et peut-être que beaucoup de monde a le sentiment d'être incompris ?)
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne Deewild

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #10 le: 06 décembre 2022 à 22:01:35 »
Bonsoir,
En tout état de cause, j'ai appris le sens du mot ésseulé, et je m'en sers à présent dans mes manuscrits  ^^

Je pense que ce sujet reste un grand mystère. Je rejoins Safrande sur l'incompréhension de la société.
Maintenant, est ce qu'évoquer le mal être lié à tout ceci est vraiment salvateur...

Je reste dubitatif.
Qu'en pensez vous ?

Hors ligne Safrande

  • Aède
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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #11 le: 07 décembre 2022 à 18:53:37 »
Salvateur non, mais quelque chose de l'ordre du pus qui sort du bouton peut-être ?

Je me suis dis aujourd'hui que sans doute, la cause de notre esseulement, vient du fait qu'on a une grande partie des réponses à nos questions sur internet ? une grande partie de notre divertissement aussi ? puis de nos relations sociales ?

À voir...
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne Opercule

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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #12 le: 08 décembre 2022 à 00:42:21 »
Deewild, Safrande, tout d’abord bienvenue sur le fil et merci pour vos témoignages et vos interventions. Merci également à Dot et à BeeHaa de revenir et enrichir la discussion
C’était très fort de voir vos perspectives et vos expériences, et de voir que, vous aussi, vous cherchez un chemin à travers tout ça.

J’ai lu attentivement vos discussions et je voudrais rebondir sur quelques points particuliers.

Etre seul et entier, vaut mieux qu'être en groupe mais seul...
[…]
On devient seul, dès lors que personne n'écoute notre voix.
Le fait d'être différent, alimente la théorie de la sélection naturelle. Les gens vont se justifier en pointant du doigt ce qu'ils ne comprennent pas ou pire, ce qu'ils jugent... ce qui crée l'isolement.
Ce que je trouve très juste, c’est celle notion d’extranéité, qu’on perd totalement le lien (psychosocial) avec les autres, nos proches, parents, collègues. D’une certaine manière, on ne se comprend juste pas, même parfois malgré toute la bonne volonté du monde. Et c’est tellement démoralisant parfois, d’être en face de quelqu’un avec qui on a envie de partager, d’échanger, et… bah on trouve pas de commun, d’une certaine manière ?

on se rend compte qu'on aimait la solitude parce qu'elle n'était pas un état durable, un état de base - l'état de base était une compagnie régulière, parsemé de moment solitaire ; et maintenant c'est devenu l'inverse : un état solitaire parsemé de compagnie.
[…]
(En fait c'est peut-être le manque de perspective qui nous fait nous sentir seul, de ne pas savoir quand on sortira de la solitude, le cdi avec la solitude.)
« le cdi avec la solitude » par contre, c'est tellement évocateur, sauf que c’est plus angoissant que rassurant  :o
On a parlé d’équilibre, à quel point il est difficile à obtenir, mais j’ai l’impression que l’esseulement détient cette force (on y reviendra plus tard) de se perpétuer, et de renforcer des comportements anti-sociaux et c’est vraiment impressionnant je trouve.

Tout ça pour dire que ce coup du travail aliénant, qui nous appauvrit, est fortement lié, je pense, à l'absence d'humanité de plus en plus forte dans ce milieu. Tout n'est pensé que par "classe" et rendement, ce qui entraîne un rejet important envers tout ce qu'il représente et nous empêche d'essayer d'y trouver autre chose...
je voulais juste mettre cette quote sur le travail, parce que oui c’est pas dans le thème explicitement, mais je pense que d’une certaine manière oui, parce que c’est un espace de sociabilisation de niveau 1 — genre si t’as personne personne, au moins t’as les gens avec qui tu passes ta journée. Mais aussi, voilà, peut-être que depuis quelques décennies, on observe ce genre de mutation du travail et de l’organisation du travail, et ça mène à de l’aliénation, ce qui a nécessairement un impact sur notre capacité à sociabiliser au travail.

Citation de: Safrande
    (Et pour finir j'ai la sale impression que plus on cherche à se connaître, plus on devient ce qu'on est vraiment, et par conséquent, plus on augmente le décalage avec les autres, ce qui nous rend seuls.)
Je suis un peu plus mitigé sur ce point...
A mon sens, soit ça augmente le décalage, soit ça nous permet de plus savoir ce que l'on cherche, ce que l'on souhaite. Mais, après, c'est vrai que si l'on ne peut retrouver ça chez un autre, ça nous rend beaucoup plus seul, oui.
Alors je trouve cette idée tellement intéressante, mais aussi peut-être que c’est mal posé comme problème. Les gens différents avec des perspectives différentes et des idées différentes, ça a existé de tout temps et je pense qu’on peut avoir des liens significatifs avec des gens différents. cela dit c’est vrai que le monde est plus complexe, porte plein d’enjeux et il y a une certaine polarisation qui fait que chaque discussion sensible est un champ de mines et chaque personne est susceptiblement quelqu’un qu’on aurait pas envie de côtoyer (ou inversement). On peut assez bien s’entendre avec quelqu’un jusqu’à ce qu’on apprenne que cette personne est homophobe ou aime les endives (par exemple).
Je pense que la réponse à ça, évidemment, est une certaine mesure de ce qu’on peut accepter chez quelqu’un, tout en prenant le risque que si une personne ne nous met pas en confiance, bah… ça me peine, mais ciao
Et je pense que ça rejoint aussi une idée mentionnée qui était à propos d’un genre de superficialité des liens et le fait que les relations soient sans réelle profondeur et que les gens ne se parlent plus des choses de fond. Ce serait une raison.

Ca agit un peu comme une drogue la solitude, j'ai l'impression, plus on est seul, et plus on a envie d'être seul, alors qu'on aimerait sortir de cette solitude. Combien de fois j'ai refusé des invitations, alors que je souffrais de solitude […]
Je dirais que c’est un genre d’habitude, un automatisme dont il est de plus en plus difficile de se séparer parce qu’on n’a plus (tu le dis aussi) les moyens et les outils pour se débrouiller en dehors. Donc y a cette notion de zone de confort qui s’amoindrit, et en sortir est un genre de (micro-)trauma. C’est dur de sortir de son "conditionnement mental".

Maintenant, est ce qu'évoquer le mal être lié à tout ceci est vraiment salvateur...
Je pense que mon but ici c’est de mettre des mots sur des sentiments et des affects très larges et très pesants, pour pouvoir les reconnaître en nous,  les identifier, et d’obtenir plus de pouvoir sur ce qu’on ressent.
Ça permet aussi de partager nos expériences et nos perspectives, et (peut-être) se rassurer dans l’idée que nous ne sommes pas seuls dans cette situation.
On a déjà touché, et on pourrait davantage s’intéresser à des questions d’origine, de sources, de mécanismes sociaux et psychologiques qui sont à l’œuvre ici, pour avoir un regard critique des processus spécifiques et mieux comprendre pourquoi ça a lieu et comment ça se déroule.
Et ensuite, éventuellement, s’il y a des solutions, des stratégies qu’on peut mettre en œuvre pour nous aider à surmonter ça, partager des ressources ou des idées, des expériences.
Donc oui, gros programme, très ambitieux, mais je pense qu’on a déjà des interventions très intéressantes jusqu’ici et la discussion poursuit son cours naturel jusqu’ici.

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #13 le: 08 décembre 2022 à 09:11:03 »
Coucou,

Le sujet m'intéresse aussi mais je ne vais pas avoir le temps pour le moment de répondre ; j'ai parcouru les réponses mais pas en détail également.

A pluche ^^.
Mais les copains suivaient le sapin le coeur serré
En rigolant, pour faire semblant de ne pas pleurer
Et dans nos cœurs pauvre joueur d'accordéon
Il fait ma foi beaucoup moins froid qu'au Panthéon

- Georges Brassens -

Hors ligne Dot Quote

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  • 💡 - "j'ai pas l'temps d'te mentir" - ?
    • frreee
Re : Célibat, solitude, isolement… : une épidémie de l’esseulement
« Réponse #14 le: 09 décembre 2022 à 19:04:36 »
je ne sais plus ce qu'était le terme qu'on m'avait présenté sous forme de liste à 5 items catégoriques de ce qu'on peut offrir à l'autre, càd des moyens de témoigner d'une relation consciente, et en parallèle pour l'échange mutuel, des correspondances personnelles qui nous touchent, du coup ça participe je crois à répondre de quoi est fait le non-solo en termes pratiques et purement physiques : il devait y avoir un truc genre sans ordre d'importance, 1)-argent, 2)-3)-4)-différents trucs matériels j'crois et 5)-de l'attention sous forme de temps dispo ; j'avais retenu le 5-) car je phobise de l'argent et du matos, alors que l'acte et la psyché me parlent ; y'a de ça je crois dans l'échange incarné des sympathies contre-solitaires, trouver quoi donner quoi recevoir ; ui, mais alors jusqu'où négoce-t-on soi et l'autre ? tu vas pas refuser le tricot laineux de la grand-mère même si tu préfères trier les petits pois en lui tapant la discut', et son attention matérialisée n'est ptetr pas aussi importante que le matériel de son intention, quant à elle elle t'en offre par sympathie et ptetr conscience que tu le mettras pas autant ni partout qu'autre, tout comme j'suis sûr y'a des taties danielles qui peuvent même fournir la surdose pour crisper un peu la marmaille... ce qui amène à la notion de confiance un peu ? par ces doutes sur l'intention partagée de se rendre de bénéfices et lesquels et pourquoi eux ? vitale avec l'hors-soi consensuel je pense, la confiance, elle sécurise le contexte psy de l'échange ; comment s'acquiert-elle ? je suis pas sûr comme j'ai lu, que l'intuition légitime à se rassurer d'un en face miroir, n'empêche à bonne dose de guetter la différence ; je me dois de pourtant reconnaitre que l'exclusion est catégorique, càd que la différence sur tel intérêt de regroupement, ferme celui-ci et que la stigmatisation, emphasée par le poids des mots, porte préjudice aux attentes sociales d'un tout-un-chacun qui tenterait de suivre cette belle notion humaine qu'est son caractère social, par son intégration à lui en elle, mais lui qui ne rencontrerait que des rejets ; seul celui qui refuse un amour qu'il ne comprend pas ? ou seul qui aime sans retour ? le pire... c'est que là y'en a des singuliers pour qui seul se combat comme un ennemi, avec ! un ennemi ; ce type de relations est à prendre en compte je crois aussi pour le sujet non ? bon pis ça fait long, et j'ai la flemme de creuser ce dernier point de mes gravitations : jusqu'où le social dans sa dimension professionnelle, génère-t-il une forme particulière de relation humaine d'entre-aide ?

réflexion sérieusement ambitieuse comme j'ai lu : c'est vaste, complexe, singulier autant que important, avec pleins de trucs à relier j'pense ; comment ? vers où ? c'cool de détacher ici par les mots, comment penser cet anti-concept à notre individualité : comment tenir un léviathan qui créerait plus de liens ? ou lequel contrebalancerait mieux les exclusions de divergences ? et ce tout en laissant à chacun le pouvoir de rester soi sans que mortelle ou dangereuse ou dramatique ne soit la solitude ? je suis sûr bcp gagneraient à, tout en restant sans trop d'égoïsme perverti, mieux supporter le non-contact social ; une balance, un équilibre...?

yoyo à touss
=)
"crois pas qu'un diplôme va rattraper ta vie d'môme
t'as qu'à chercher mon coeur si tu trouves ça facile
this is your last warning a courtesy call
mes pelures sont plus belles que vos fruits"

 


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