Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

07 février 2023 à 03:38:42
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'Atelier » utilisation intensive de l'imparfait

Auteur Sujet: utilisation intensive de l'imparfait  (Lu 850 fois)

Hors ligne SimonLrg

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utilisation intensive de l'imparfait
« le: 28 août 2022 à 14:59:04 »
Bonjour,

Je trouve qu'un long texte écrit où le passé simple est majoritairement remplacé par l'imparfait a une saveur particulière : comme une sorte de fleuve sans le côté abrupte du passé simple.

Pensez vous qu'il est possible d'écrire un récit avec une utilisation intensive de l'imparfait (et du plus que parfait pour les événements antérieurs logiquement) ?

D'ailleurs est-il grammaticalement correct - et cela fait-il sens - de mélanger passé simple et imparfait ?

Un exemple ici :

"Il débouchait une bouteille de whisky presque vide et s’en servait une larme qu’il portait à ses lèvres ; précisément à la même seconde, il percevait, venant de la cage d’escalier, le grincement des marches et le craquement léger du parquet qui annonçait une entrée imminente. Il but d’un trait la larme. Rebouchait la bouteille avec hâte. Prit une longue inspiration. Soupirait une fois. L’enfant entrait."

Tout aurait pu être au passé simple, mais il n'y aurait pas eu cette impression de fluidité que j'aime.
Je doute par contre de l'enchaînement imparfait/passé simple sur latin. Je l'ai écrit comme ça sans y faire attention mais l'utilisation du passé simple pour "il but d'un trait la larme" se justifie selon moi car l'action est volontairement abrupte "d'un trait". Reboucher et soupirer indique un temps plus long, "prenait une longue inspiration" ça ne va pas je trouve.


Hors ligne Basic

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #1 le: 28 août 2022 à 15:44:27 »
Bonjour,

en préambule je n'ai pas de thèse, donc aucune légitimité à donner leçon et conseils.

L'usage du passé simple et de l'imparfait est une règle, l'histoire de la langue, son évolution a inscrit cette pratique dans l'usage.
si tu tapes sur internet, tu vas trouver ça :  Le passé simple est un temps littéraire, utilisé presque exclusivement à l’écrit. Le passé simple implique une action courte et ponctuelle. L’imparfait est utilisé pour une description, un comportement répétitif ou une action qui dure dans le temps.

Ce n'est pas qu'une question de goût ni de son.
Dans ton exemple :
"Il débouchait une bouteille de whisky presque vide et s’en servait une larme qu’il portait à ses lèvres ; précisément à la même seconde, il percevait, venant de la cage d’escalier, le grincement des marches et le craquement léger du parquet qui annonçait une entrée imminente." ici nous sommes en présence d'une personne qui commet cette action de manière répétitive, tout les jours, il boit son coup de cette façon et tout les jours quelqu'un lui rend visite.
si tu écrivais : "Il déboucha une bouteille de whisky presque vide et s’en servit une larme qu’il porta à ses lèvres ; précisément à la même seconde, il perçut, venant de la cage d’escalier, le grincement des marches et le craquement léger du parquet qui annonçait une entrée imminente. " cette fois ci notre personnage n'est pas un alcoolique qui boit son canon tous les jours et qui tout les jours est pris sur le fait par quelqu'un. Ici, il s'offre une rasade de whisky et voilà qu'il est dérangé au plus mauvais moment. Note au passage  le "qui annonçait" et non qui annonça, nous retrouvons un élément habituel, une déduction qui peut être généralisée.

Donc ton "Il but d’un trait la larme. Rebouchait la bouteille avec hâte. Prit une longue inspiration. Soupirait une fois. L’enfant entrait." n'est pas correct si tu écris il but d'un trait... et il prit une longue... ce sont des actions courtes non habituelles alors pour garder une cohérence le reste doit suivre : Il but d’un trait la larme. Reboucha la bouteille avec hâte. Prit une longue inspiration. Soupira une fois. L’enfant entra."

Pas une question de goût ou d'oreilles, juste suivre une règle après, l'intérêt des règles c'est de passer outre, mais peut être avec un objectif assez fort pour que ça ait du sens
Il y a de très beau texte à l'imparfait, généralement des descriptions
B
« Modifié: 28 août 2022 à 15:51:49 par Basic »
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Dits de l'aube. Textes dits. Hellian - Basic et d'autres.

https://www.youtube.com/channel/UCtSh7Ir1_tg0rf8WhZBunLQ

blog d'écriture : https://terredegorve.blogspot.com/

Hors ligne SimonLrg

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #2 le: 28 août 2022 à 21:04:40 »
Merci pour ta réponse !

Par exemple une phrase qui dirait "Ce soir là, il débouchait une bouteille" ou "hier soir, je cuisinais des pâtes" me semble juste pourtant elle ne décrit pas une action habituelle, mais qui dure dans le temps.
Si on peut utiliser l'imparfait pour une action qui dure dans le temps, ne peut-on pas considérer que déboucher une bouteille est une action qui dure dans le temps puisqu'elle ne s'achève pas à l'instant où elle est amorcée (comme voir quelque chose qui surgit à nos yeux).
A partir de là une action qui dure dans le temps peut également être un soupire, une inspiration - j'aurais pu dire il inspirait, par contre prendre une respiration est une action instantanée, on peut inspirer pendant quelques secondes mais on ne prend pas une inspiration pendant quelques secondes, d'où le passé simple - ou l'entrée d'un enfant dans la pièce (il est au palier de la porte, la déverrouille, l'ouvre, entre : l'entrée dans une pièce peut-être considéré comme un mouvement long).
L'idée que j'ai derrière l'utilisation de l'imparfait c'est de ralentir le récit, chaque action même courte dure dans le temps. Ça alourdit le récit mais ça donne à chaque mouvement une consistance.
C'est sur la subjectivité de la durée sur laquelle s'inscrit l'action que je joue.
Quand au mélange imparfait passé simple, il me semble parfois possible : "Ce soir-là, je débouchais une bouteille. Tout d'un coup, surgit..." Là j'enlève seulement le tout à coup et le remplace par une action qui sous entend l'instantanéité.

Probablement je fais complètement fausse route !

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #3 le: 28 août 2022 à 23:04:58 »
Bonsoir,  :)
J’ai écrit une histoire aventure/policière en utilisant quasiment que l’imparfait et le passé simple. Et je viens d’écrire une nouvelle qu’au présent. Comme il s’agit d’une histoire mi-fantastique, -mi- policière, je trouve la causalité, plus angoissante, prenante. D’ailleurs est-ce que causalité et présent ne sont pas un pléonasme ?  :???:
Dieu et la nature vont bien ensemble, ça va de paire, c'est Dieu le père.

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #4 le: 28 août 2022 à 23:43:04 »
Basic a raison. La conjugaison c'est un ensemble de règles très précises, ce n'est pas pour faire joli. Tu peux très bien dire "Hier je cuisinais des pâtes" mais n'importe quel lecteur attendra forcément l'action qui vient briser ça, au passé simple. L'exemple que tu as mis dans ton premier post me paraît bizarre et je pense que je ressens exactement l'effet inverse que celui que tu recherches, à savoir que ce n'est pas fluide parce que je me rends compte à la lecture que certains verbes ne sont pas au bon temps.

Et pour reprendre l'exemple de la cuisine, si vraiment tu ne veux pas de passé simple et que la seule action c'est le fait de cuisiner alors on dira plutôt "Hier j'ai cuisiné." L'imparfait fonctionne justement avec le passé simple et si une phrase ne contient qu'une action, on utilise plutôt le passé composé. D'ailleurs j'ai l'impression que ton premier exemple fonctionnerait mieux si tous les verbes étaient conjugués au passé composé. Mais sur l'ensemble d'un récit, tout au passé composé c'est indigeste.

Sinon, pour éviter le problème de concordance de temps (parce que là-dessus je suis d'accord, l'accord entre l'imparfait et le passé simple n'est pas toujours facile à trouver), certains mettent tout le récit au présent  ;)
It will reveal its meaning when it lives in victory...

Hors ligne Ariane

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #5 le: 29 août 2022 à 00:01:03 »
Bonjour,

Je ne suis pas sûre de comprendre ce que tu veux dire ici :
Citer
Je doute par contre de l'enchaînement imparfait/passé simple sur latin.
Citer
Je l'ai écrit comme ça sans y faire attention mais l'utilisation du passé simple pour "il but d'un trait la larme" se justifie selon moi car l'action est volontairement abrupte "d'un trait". Reboucher et soupirer indique un temps plus long, "prenait une longue inspiration" ça ne va pas je trouve.

Pour un texte au passé on peut utiliser :
- soit le combo imparfait/passé simple.
- soit le combo imparfait/passé composé (plus rare, donne un style oral).

L'imparfait est utilisé pour les actions répétitives, longues... mais surtout, pour des actions de durée (ou de nombre de répétitions) floue/indéfinie, dans le sens où on considère l'action en train de se passer, comme un décor qui est planté. Et c'est vraiment cette notion-là qui prédomine, bien + que la durée elle-même.
("Tous les jours, il descendait la route pour aller au village..." mais si on a un nombre d'occurrences bien délimité : "Il descendit la route 399 fois, et la 400ème, il décida qu'il en avait assez").
("La terre tournait depuis toujours", mais "La Terre tourna pendant cinq milliards d'années, puis s'arrêta").

Du coup :
Pour ton histoire de reboucher la bouteille, si c'est dans une succession d'actions, on considère l'action en entier, y compris son achèvement (puisqu'on enchaîne avec les actions suivantes), donc on utilise le passé simple.
A l'inverse, dans ton exemple : "Il rebouchait la bouteille, quand tout à coup..." on peut employer l'imparfait car on zoome sur le petit temps de l'action, pour considérer ce moment où l'action de reboucher fait partie du décor, et soudain, boum, quelque chose vient couper cette action.
~ Ariane ~

Hors ligne Miléna

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #6 le: 29 août 2022 à 08:20:45 »
L'alternance passé simple/imparfait n'est pas qu'une convention, c'est une règle syntaxique et morphologique du français. Utiliser de l'imparfait pour une action brêve et arrêter dans le temps est autant une faute de français qu'utiliser un mot dans le sens qui n'est pas le sien. A moins de s'inscrire dans une démarche artistique de type nouveau roman, utiliser l'imparfait à la place d'un passé simple sera perçus comme une erreur par le lecteur.

L'alternance des deux temps permet en écriture de jouer sur deux plans : une toile de fond à l'imparfait va poser l'ambiance, le cadre du récit, le décors, les actions habituelles ; et les personnages vont se mouvoir au premier plan au passé simple. Ca permet une bien plus grande lisibilité des scènes. Dans un combat, l'imparfait et le passé simple permet de montrer une attaque dans une attaque par exemple (par exemple : "Alors qu'il l'attaquait d'un coup d'épée au visage, il parât et répliqua par une estocade"). Dans un dialogue intérieur ça permet de différencier l'état psychologique initial du héros et ce qui vient rompre cette équilibre (Exemple : "Elle croyait pouvoir compter sur lui, mais son sourire sarcastique lui prouva qu'elle avait tord"). Il y a encore d'autre très nombreux ressort d'expressivité, je ne peux pas tous les cité, mais personnellement dans ma pratique je ne trouve aucun autre temps qui aient autant de potentiel que ceux-là (c'est pour ça que je ne supporte pas les textes au présent d'ailleurs).

Le passé simple est un temps qui n'est plus aujourd'hui utilisé que dans le cadre du récit, c'est pourquoi, au premier abord cela peut semblé étrange de l'utiliser, surtout sous certaines formes (la deuxième personne du pluriel a des formes qui sonnent étrangement soutenu aujourd'hui). Certain auteur le remplace par le passé composé (comme le souligne Ariane), mais ça donne un rendu très oralisé et familier au récit.

Dans ton exemple, pour ma part je ne ressens aucune fluidité, j'ai l'impression que la scène est confuse et qu'il faut corriger la conjugaison dans le passage.

Hors ligne SimonLrg

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Re : Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #7 le: 29 août 2022 à 12:58:47 »
Merci pour vos réponses, mon exemple était manifestement mauvais et je me suis mal expliqué.

Je ne suis pas pour autant tout à fait d'accord avec vous sur certains points...

L'imparfait est utilisé pour les actions répétitives, longues... mais surtout, pour des actions de durée (ou de nombre de répétitions) floue/indéfinie, dans le sens où on considère l'action en train de se passer, comme un décor qui est planté. Et c'est vraiment cette notion-là qui prédomine, bien + que la durée elle-même.

L'imparfait peut aussi être un temps de narration (imparfait narratif, parfois de rupture) j'en tiens pour exemple cet extrait de Simenon trouvé sur un article de presse universitaire :

"Les trois malabars avaient quitté le bureau. Janvier revenait, les paupières un peu rouges comme chaque fois qu’il passait la nuit, avec la barbe qui lui poussait et lui donnait un air mal portant.
Maigret endossait son pardessus, cherchait son chapeau."

Là l'imparfait n'est pas utilisé pour une action qui se répète dans le temps ni pour décrire un décor. l'imparfait est utilisé dans le cadre d'une série d'évènement qui compose une seule action. Pour reprendre les mots du spécialiste : l'aspect inaccompli de l'imparfait (au contraire du passé simple) est reporté sur l'ensemble de la série.

On retrouve régulièrement cet usage de l'imparfait dans les comptes rendus sportifs, un autre exemple :
"À ce moment Platini passait à Fernandez, qui centrait pour Giresse, lequel en- voyait la balle dans la lucarne gauche du gardien allemand..."

Un exemple où aurait aussi pu être utilisé passé simple ou composé :
"Puis, se déplaçant sans faire de bruit, il descendait le couloir, traversait le salon, la véranda et les dunes. Hennissant doucement, il secouait la tête, sa longue crinière au vent, les muscles frémissant sous la peau." (La Hapre de Davita de Chaïm Potok)

L'imparfait est ici remplaçable par le passé simple :
"Puis, se déplaçant sans faire de bruit, il descendit le couloir, traversa le salon, la véranda et les dunes. Hennissant doucement, il secoua la tête, sa longue crinière au vent, les muscles frémissant sous la peau."

ou au passé composé
"Puis, se déplaçant sans faire de bruit, il a descendu le couloir, traversé le salon, la véranda et les dunes. Hennissant doucement, il a secoué la tête, sa longue crinière au vent, les muscles frémissant sous la peau."

Mais ainsi conjugué, le passage n'a pas la même saveur. L'imparfait est par nature inaccompli et de fait place le lecteur au coeur du récit là où un passé simple annonce une action accomplie :
"il déboucha la bouteille" la bouteille est déjà débouchée.
"il débouchait la bouteille" la bouteille est en train d'être débouchée.

"L'imparfait, en revanche, est un temps imperfectif. Il présente le procès de l'intérieur, dans son déroulement, sans lui assigner de bornes temporelles évidentes. Lorsqu'on utilise l'imparfait, on signale que le procès est en cours au moment choisi comme point de repère, mais on ne donne pas d'indication quant à son achèvement."

"Cette femme serait ma maîtresse. Je commençai mon rôle de postulant en dansant avec Olympe. Une demi-heure après, Marguerite, pâle comme une morte, mettait sa pelisse et quittait le bal" extrait La Dame aux Camélias de Dumas

L'imparfait donne de la durativité à l'action. D'où cette idée que j'avais d'une sorte de fleuve où les événements s'écoulent inaccomplis et où le lecteur ne sait pas avant les personnages si l'action est achevée ou non. L'imparfait ralentit le temps et donne l'effet d'un arrêt sur image :

"La clef tourna dans la serrure de la porte d’entrée. M. Chabot retirait son pardessus qu’il accrochait au portemanteau, pénétrait dans la cuisine et s’installait dans son fauteuil d’osier." La danseuse du Gai-Moulin de Simenon

L'alternance passé simple/imparfait n'est pas qu'une convention, c'est une règle syntaxique et morphologique du français. Utiliser de l'imparfait pour une action brêve et arrêter dans le temps est autant une faute de français qu'utiliser un mot dans le sens qui n'est pas le sien. A moins de s'inscrire dans une démarche artistique de type nouveau roman, utiliser l'imparfait à la place d'un passé simple sera perçus comme une erreur par le lecteur.

Ce n'est donc pas forcément une erreur que d'arrêter le temps !

Voilà voilà ! mon exemple ne semblait en effet pas du tout adapté à ce dont je voulais parler ; quoique après quelques lectures, je ne sais pas si il est vraiment incorrect.



Hors ligne Miléna

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #8 le: 29 août 2022 à 13:36:18 »
Y'a pas a être d'accord ou pas d'accord  :/ le sens de l'imparfait et du passé simple sont très bien défini dans n'importe quelle grammaire.

A mon sens il y a plusieurs question dans ta question :

Est ce que c'est correcte d'un point de vue de l'usage du français d'utiliser l'imparfait sans l'alterner avec le passé simple dans un récit ?
Non c'est une faute de grammaire d'utiliser de l'imparfait à la place syntaxique d'un passé simple.

Est ce que les lecteurs auront le sentiment d'une erreur linguistique en lisant un tel texte ?
Je pense que oui,  dans la majorité des cas. Les fonctions du passé simple et de l'imparfait dans le récit sont très codifié et la plupart des lecteur auront une intuition du temps juste et auront le sentiment d'une erreur.

Est ce que tu peux écrire de la façon dont tu le décrit dans un ou plusieurs texte ?
Bien sur que oui. Tout est possible dans un texte. Si cette usage de l'imparfait s'inscrit dans une démarche globale ça peut donner des choses intéressante si c'est bien amené.

A mon sens,  t'orienter dans la démarche que tu décris n'est pas une bonne idée si elle résulte d'une réticence à utiliser le passer simple (qui est un temps aujourd'hui inhabituel dans le français courant). A mon sens, si tu es mal à l'aise avec le passé simple il faut d'abord résoudre ce problème avant d'envisager de révolutionner les temps du récit. Si tu ne le fais pas, ton écriture sera bâti sur tes lacunes et tu finiras par être bloqué par elles à un moment donné.

Si tu as envie de t'orienter dans cette direction parce que te te trouve face à des choses que tu veux exprimé que les temps classique du récit ne te permettent pas d'exprimer,  ça peut donner des choses intéressantes. Mais à mon sens il faut le faire en sachant que la plupart des personnes auront le sentiment qu'il s'agit d'une erreur de l'auteur. Il faudra donc que tes choix stylistique et poétique soient très nette et affirmé, il faudra que ce soit une vrai recherche de fond dans ton œuvre.

A mon sens cité des exemple de cas de l'usage de l'imparfait qui t'intéresse n'a pas de pertinence dans le débat. Ce qui compte dans la langue c'est la réception et le sentiment du lecteur. Un texte qui semble truffé d'erreur de concordance des temps ne paraîtra pas plus juste si on lui cite des occurances du même usages, c'est là tout le problème.
Au 15ème siècle, les auteurs utilisaient le "et" comme une ponctuation. Si je faisais pareil aujourd'hui, pour la plupart des gens, mon texte paraîtrait très mauvais. Dire que Rabelais et Montagne écrivaient comme ça ne changerait pas leur opinion.

En espérant que cela t'aidera.

Hors ligne Ariane

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #9 le: 29 août 2022 à 14:21:41 »
J'ai l'impression que tu n'as pas lu mes explications '-' tu parles uniquement d'action répétitive ou de durée, mais je t'avais donné un retour un peu plus détaillé sur la manière de considérer le temps de l'action...
Oui, ça peut donner cette impression de ralentir le temps pour le considérer autrement ; mais tes exemples ne fonctionnaient pas et ça ne peut pas fonctionner à l'échelle de tout un roman, il y aura forcément des moments d'action finie, des enchaînements ou autres, où ta stratégie paraîtra au mieux artificielle, et plus probablement erronée.
« Modifié: 29 août 2022 à 14:23:23 par Ariane »
~ Ariane ~

Hors ligne SimonLrg

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #10 le: 29 août 2022 à 14:34:51 »
Je ne fais que relayer les propos tenus par un certain Jean Pierre Desclès, directeur de labo à La Sorbonne, qui a l'air d'avoir une certaine connaissance de la langue française.

Je ne crois pas que ce soit moi qui ait un problème avec le passé simple mais plutôt toi avec l'imparfait ;)

J'ai écrit plusieurs récits avec une utilisation régulière du passé simple et de l'imparfait mais là je cherche autre chose. Je tiens juste à vérifier que ce soit grammaticalement correct.

Or, je lisais à l'instant un article sur les emplois de l'imparfait qui comprennent son utilisation narrative :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Est ce que les lecteurs auront le sentiment d'une erreur linguistique en lisant un tel texte ?
Je pense que oui,  dans la majorité des cas. Les fonctions du passé simple et de l'imparfait dans le récit sont très codifié et la plupart des lecteur auront une intuition du temps juste et auront le sentiment d'une erreur.

Il ne suffit pas que les lecteurs aient le sentiment d'une erreur linguistique en lisant le texte pour qu'il soit vraiment linguistiquement incorrect.
D'ailleurs les deux extraits de Maigret sonnent très juste.

A mon sens,  t'orienter dans la démarche que tu décris n'est pas une bonne idée si elle résulte d'une réticence à utiliser le passer simple (qui est un temps aujourd'hui inhabituel dans le français courant). A mon sens, si tu es mal à l'aise avec le passé simple il faut d'abord résoudre ce problème avant d'envisager de révolutionner les temps du récit. Si tu ne le fais pas, ton écriture sera bâti sur tes lacunes et tu finiras par être bloqué par elles à un moment donné.

Comme l'atteste justement les extraits, je ne cherche en rien à révolutionner quoi que ce soit !

A mon sens cité des exemple de cas de l'usage de l'imparfait qui t'intéresse n'a pas de pertinence dans le débat. Ce qui compte dans la langue c'est la réception et le sentiment du lecteur. Un texte qui semble truffé d'erreur de concordance des temps ne paraîtra pas plus juste si on lui cite des occurances du même usages, c'est là tout le problème.
Au 15ème siècle, les auteurs utilisaient le "et" comme une ponctuation. Si je faisais pareil aujourd'hui, pour la plupart des gens, mon texte paraîtrait très mauvais. Dire que Rabelais et Montagne écrivaient comme ça ne changerait pas leur opinion.

Encore une fois, ces exemples montrent juste qu'il ne s'agit pas d'une volonté personnelle de révolutionner l'usage de l'imparfait, encore moins d'une croisade contre le passé simple ;)

D'ailleurs je ne croit vraiment pas que cela sonnera faux au yeux du lecteur, c'est un emploi de l'imparfait très présent dans les textes journalistiques où il ne choque personne.



« Modifié: 29 août 2022 à 14:49:57 par SimonLrg »

Hors ligne Miléna

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Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #11 le: 29 août 2022 à 14:40:17 »
J'ai étudié la littérature à la Sorbonne et je n'ai jamais entendu parlé de cette personne ni de ses travaux.

Comme Ariane j'ai l'impression que tu ne lis pas ce que nous écrivons.

Mais bon,  tu sembles savoir ce que tu fais mieux que les gens qui te répondent, alors je ne suis pas inquiète

Hors ligne SimonLrg

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Re : Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #12 le: 29 août 2022 à 14:41:10 »
J'ai l'impression que tu n'as pas lu mes explications '-' tu parles uniquement d'action répétitive ou de durée, mais je t'avais donné un retour un peu plus détaillé sur la manière de considérer le temps de l'action...
Oui, ça peut donner cette impression de ralentir le temps pour le considérer autrement ; mais tes exemples ne fonctionnaient pas et ça ne peut pas fonctionner à l'échelle de tout un roman, il y aura forcément des moments d'action finie, des enchaînements ou autres, où ta stratégie paraîtra au mieux artificielle, et plus probablement erronée.

J'ai précisé dans un message que l'exemple initial était mauvais. Absolument pas représentatif du reste du récit. Je cherchais juste un opinion général sur cette utilisation de l'imparfait assez présente dans la littérature.

Il n'est pas question d'écrire un roman intégralement à l'imparfait, juste de l'utiliser plus.

Rien n'empêche d'écrire des actions finies au passé simple après une passage à l'imparfait.


Hors ligne SimonLrg

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Re : Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #13 le: 29 août 2022 à 14:48:38 »
J'ai étudié la littérature à la Sorbonne et je n'ai jamais entendu parlé de cette personne ni de ses travaux.

Comme Ariane j'ai l'impression que tu ne lis pas ce que nous écrivons.

Mais bon,  tu sembles savoir ce que tu fais mieux que les gens qui te répondent, alors je ne suis pas inquiète

Si je ne lis pas ce que vous écrivez, nous sommes quittes !

Je ne crois pas avoir été péremptoire, je cherche juste des informations ailleurs que dans vos réponses, histoire de les confronter...

Il y est professeur émérite, mais si vous ne le connaissez pas, il n'existe certainement pas.

Hors ligne Ariane

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Re : Re : Re : utilisation intensive de l'imparfait
« Réponse #14 le: 29 août 2022 à 16:31:28 »
J'ai l'impression que tu n'as pas lu mes explications '-' tu parles uniquement d'action répétitive ou de durée, mais je t'avais donné un retour un peu plus détaillé sur la manière de considérer le temps de l'action...
Oui, ça peut donner cette impression de ralentir le temps pour le considérer autrement ; mais tes exemples ne fonctionnaient pas et ça ne peut pas fonctionner à l'échelle de tout un roman, il y aura forcément des moments d'action finie, des enchaînements ou autres, où ta stratégie paraîtra au mieux artificielle, et plus probablement erronée.

J'ai précisé dans un message que l'exemple initial était mauvais. Absolument pas représentatif du reste du récit. Je cherchais juste un opinion général sur cette utilisation de l'imparfait assez présente dans la littérature.

Il n'est pas question d'écrire un roman intégralement à l'imparfait, juste de l'utiliser plus.

Rien n'empêche d'écrire des actions finies au passé simple après une passage à l'imparfait.
Ben du coup, pas de souci en théorie, mais faudrait vérifier pour les passages que tu as en tête car là ça reste très flou ! et on dirait que tu as déjà un avis bien arrêté.
« Modifié: 29 août 2022 à 21:22:26 par Ariane »
~ Ariane ~

 


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