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08 décembre 2021 à 10:58:41
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Auteur Sujet: Les morts  (Lu 584 fois)

Hors ligne Ugo

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Les morts
« le: 02 février 2021 à 18:28:28 »
Un topic pour parler de projets morts, inachevés ou juste restés au stade de fantasme.  Quelle était l'intrigue, l'univers, vos intentions et ce qui vous touchait dans ces fictions.
S'il en existe déjà un, désolé.
Je commence

Gargouille
Un être amnésique et artificiel se réveille dans un monde souterrain. Il est face au cadavre d'une femme, d'une race nanesque. Monstrueux, il présente des griffes longues, une musculature noire naturelle, des traits émaciés et des yeux vitreux, orbes de sang.  La notion
Il est membre d'une race née en cuve, fabriquée pour la guerre. Elle a permis à la race des nains de prendre l'ascendant sur les autres races troglodytes/les surfaciens colons. Puis, guerre terminée, la race ne servait plus à rien. On a essayé d'en faire une main-d'oeuvre, mais la majorité des créatures présentait une instabilité psychologique grave, véritables psychoses ambulantes. Quasi esprit de ruche et manufacturés pour la violence, le décès de leur maître a provoqué un sentiment de désarroi, un vide existentiel. Il ne leur restait plus qu'une rage vide ou un néant : Ils sont majoritairement asexués/stériles, voués donc à disparaître.
Les modèles les plus performants ont servi de gladiateurs, domestiques, esclaves, garde du corps ou miliciens. Les intelligences variant drastiquement, un membre de cette race pouvait autant se comporter comme la plus férale des bêtes, pour d'autres communiquer et raisonner.

L'immense majorité de cette espèce s'est transformée en chiens sauvages et a subi la même amnésie intégrale que le héros. La cuve a été détruite et la gloire guerrière de ces monstres s'est dissipée dans le rien.

Le héros est membre de la seconde génération, plus puissante, endurante, intelligente et potentiellement sexuée. Lui-même possède un sexe abîmé, dont on ne sait pas s'il est fonctionnel ou non. Au fil de ses errances souterraines, des souvenirs émergeront dans son cortex à la vue du feu. C'est comme s'il en venait. Capable de parler (à un stade vraiment bas) et de recevoir des visions dans les brasiers, il sera surnommé "Chaman" et rassemblera une bande.

Ses errances lui font rencontrer tout les profils possibles de son espèce. Tout les degrés de laideur, impuissance, de dépression, de rage. Le désir d'exister. Le besoin d'appartenir à quelque chose. La cuve/creuset où ils sont nés, appelée "La mère", à laquelle ils essayent spirituellement de retourner. Le désir, l'amour primitif qu'ils ont dans les tripes, comme si cette race déformée avait un fantôme d'humanité en elle. Le désespoir de vivre, procréer.

Mais coucher (ou plutôt violer) une femme d'une autre espèce, pour les rares membres de leur race un peu prêt fertiles n'abouti qu'à des mulâtres dégénérés et fragiles.


Après Fractal

Une histoire inspirée d'une histoire qu'on se racontait ensemble avec une ex-copine.
Elle commence dans un cadre parfaitement normal. Une soirée dans un appartement en tour. Le héros revient d'une longue absence dans la vie de l'hôte pour vendre la drogue. Il a visiblement changé physiquement.
Il possède un produit très rare en ville, voir introuvable et surtout hors de prix : La Fractale.
Réputée pour procurer le trip ultime.
Le héros va se retrouver coincé dans la soirée avec une hôte qui le laisse pour compter et se faire séduire avec insistance par une inconnue, Anna.
Au début peu réceptif, il va finalement céder à la rencontre et parler avec elle. Elle le manipule de sorte à ce qu'il se sente spécial.
Elle l'attire finalement dans un cercle de gens avec des masques plastifiés, où ils jouent à action ou vérité.
L'ambiance devient vite oppressante. Il se rend compte que les gens savent ce qu'il a sur lui et il termine drogué et volé.

Il se réveille dans le chapitre 2 dans un égout, où il croise le CERBERE, une organisation policière qui patrouille dans les caniveaux à la recherche de mutants.
On se rend compte que l'univers n'est absolument pas réaliste. Il se passe dans un monde condamné à la nuit permanente, succédant un évènement floué appelé "l'Armageddon" en proie à des crises d'irréalité violentes.
Chaque coin, chaque angle de chaque rue a le potentiel d'obéir à ses propres règles, de violemment dégénérer, des centaines de réalité coexistant ensemble, tentant de s'envahir et se dominer.
Les espaces sécurisés sont là où la civilisation évolue péniblement.

Le héros est présenté comme un rêveur fatigué et impuissant, qui explore ces gens coincés dans leur propre rêve, tous viscéralement seuls et internés en eux. Les sens, les directions se perdent.
Les souvenirs qu'il se fait de la soirée sont confus, nébuleux, contradictoires. Au final, on ne sait plus du tout ce qui s'est passé et Anna devient obsessionnelle pour lui (alors qu'il ne cherchait qu'à récupérer ses biens en début de récit, sous peine de subir) comme la soirée, qui prend un stage étrangement mythologique dans son esprit. Il la pourchasse comme si il n'y avait quelle qui n'avait jamais existé dans sa vie, que cette nuit était une génèse de son être, même s'il ne se l'admet pas.
C'est une histoire pathétique et triste où j'ai commencé en écrivant plus ou moins la fin ou du moins une des fins, où il termine par la retrouver et se fait humilier au coeur d'un club rempli de néons chatoyants et agressifs. Où elle lui hurle (sans qu'on comprenne vraiment pourquoi, après tout ils ne se sont en apparence fréquentés qu'une nuit) que c'est une merde, indigne d'amour, indigne d'exister. Lui l'enlace.

Malgré une écriture plus riche et dosée que dans mes autres textes, et une espèce d'architecture mentale qui me plaisait beaucoup (j'ai énormément aimé concevoir la ville et ses détails) je déteste cet univers. Je trouve la règle centrale/la fractale intriguants, mais la naïveté et l'immaturité de mes situations m'en ont finalement éloigné.


Les enfants du Kérosène - Srow

Srow est mon projet auquel je me suis le plus attaché.
Il raconte l'histoire de races "monstrueuses" propulsées dans un théâtre de guerre absurde. Deux mondes qui s'affrontent : Tribalisme et civilisation. Des ruines d'empires. Des rêves brisés.
C'est une savane, un monde de stations pétrolières en feu, de mercenaires apatrides qui ont perdu tout sens de la patrie, tout repère. Des races monstrueuses qui se droguent, se navrent et jouissent ensemble, dans la douleur, dans le regret, dans la honte et les gloires délétères.

On y voit la hauteur des haines de ces peuples qui, persuadés d'être du bon côté, d'être les victimises, s'affrontent sourdement. Chaque race poursuit son propre destin, chaque race porte sa croix.

Les orcs ne sont pas de ce monde, ils viennent de "l'Au-delà" et sont les rebuts d'une guerre invasive ratée. Autrefois races tribales s'entredéchirant entre elles, un chef de guerre ambitieux, comme César ou Clovis a réussi à fédérer une majorité de clans pour former une armée réunie dans un but commun. Hélas, les cultures individuelles se sont lentement dissipées dans une identité commune. Les orcs ont cessé d'être de réels clans distincts pour devenir juste des orcs, métissant tout leurs savoirs.

 Réduite en esclavage, elle s'est insurgée et a réussi à fonder une seconde vaste horde, composée cette fois-ci de différentes races insulaires du lieu où se déroule l'histoire. Sauf qu'en fait, cette insurrection a été savamment organisée par un complot d'une race civilisé pour prendre l'ascendant sur d'autres races plus civilisées/troubler des états-rois. Ce cheval de Troy a subi une révolte identitaire, menée par un orc voulant reformer la horde originale. Suprématiste, son rêve était d'offrir un foyer stable aux siens, une identité, un sens.

Si la rébellion était bien partie, elle sera finalement matée par les loyalistes et autres forces connexes. Depuis, la race des orcs est éclatée. Plongée dans une léthargie mentale, la majorité d'entre eux sont des mercenaires sans but, à la botte des gobelins. Des négriers envers leur propre espèce, se déformant dans un futur où ils pourraient devenir "plus humains". Les anciens rebelles se cachent et errent dans les propres ruines de leurs camps de guerre poussiéreux, traqués sans relâche par les loyalistes et autres chasseurs de tête en mal de sang.

Des traditionnalistes réfutent le futur des orcs et veulent revenir à des états plus antérieurs, chamaniques, reformer leurs cultures perdues...

Je pourrais rentrer dans le détail de chaque epsèce. Les hommes-bêtes (oui il faudrait que je trouve un nom)  et leur dieu mort, leur ressentiment inconsolable envers tous, marqué par la peur.
De façon générale, on suit le destin fulgurant et impitoyable de races qui ont perdu leur héritage, leur honneur. Elles ne sont pas pures, aucune d'entre elles n'est un tas de pauvres petites victimes, mais je prenais un plaisir immense à explorer l'humanité des monstres et l'inhumanité des hommes.

C'est une histoire qui se passe dans un cadre où les civilisés sont lointains, brumeux, au final des antagonistes écouerants et où les bêtes ont la part belle. Les méchants d'héroïc-fantasy.
Les gobelins qui sont des êtres profondément frustrés, réfutant leur nature fragile, leur passé sauvage, l'humiliation raciale qu'ils ont subi et cette impuissance qui les ronge. Devenus des marchands impitoyables, à la tête de nombreuses économies, entreprises, technologies...
C'est bête, mais avoir aussi de la pitié pour le ressentiment d'une race de "patrons" me plaisait aussi.

Même la Savane elle-même, le monde sauvage, est marqué par la haine, comme si elle était douée d'une volonté destructrice et vengeresse. La Savane est décrite dans les yeux des chamans, comme une entrejambe souillée, comme une mère trahie par ses enfants, au lait empoisonné.

Et tout ça est vu dans les yeux d'un petit orc, Srow. Caravanier pour les gobelins avec sa mère et son beau-père.

Srow est pur à sa manière, même s'il couve déjà une rage immense en lui. Sa mère est une ancienne apprentie-chamane, épouse d'un rebelle. Après l'échec de la rébellion, elle a été contrainte de se prostituer auprès des comptoirs côtiers.

Srow est mitigé entre amour et haine depuis. Il a vu sa mère "rire avec les hommes", et est persuadé qu'elle est tombée amoureuse de l'un d'entre eux. Enceinte au moment du récit, il s'obsède de toutes les origines probables de l'enfant. Il rêve qu'il le tue, puis fond en larme. Comme pour sa mère, il ne sait pas s'il doit haïr l'enfant  en elle ou le protéger, car c'est son frère.

Même s'il s'avérait que l'enfant était de son beau-père, il le déteste aussi. Il le tient responsable pour la mort de son père. Tout les deux rebelles, ils étaient amis et camarades de la même section. Sauf que le beau-père a déserté. Il n'est jamais dis clairement qu'il ait causé la mort du père, mais Srow s'imagine qu'en fuyant, il a abandonné son père et ce provoqué son décès.

Dans ses rêves, Srow se voit aussi comme enfant d'un autre père. Son père est la seule chose qui importe pour lui, c'est le seul symbole pur à ses yeux. Comme sa mère s'est prostituée, il s'imagine qu'elle l'a toujours été, et qu'elle le cocufiait.

Petite enveloppe enfantine, d'amour et d'orage, on explore ses aventures caravanières et on découvre le monde par ses yeux. C'est presque sous forme de contes.
Finalement, l'évènement déclencheur est une attaque d'homme-sangliers sur la caravane. Il voit sa mère et son petit-frère sur le point de naître se faire arracher de force de ses tripes. Son beau-père de sacrifie pour lui et se rachète à ses yeux.

La vision d'horreur le brise et c'est là que l'histoire vraiment commence ou aurait du commencer.
Il rencontre le Clan Noirsang.
Le dernier des Clans à avoir été fondé. Le clan noir. Le clan maudit.
Le Clan Noirsang, dans l'histoire ancestrale des orcs, rassemblait tout les rejetés/parias des autres clans.
A l'avènement du premier empire orc, la fonction de ce clan était de servir de bagne aux criminels de l'Empire.
Le Clan Noirsang était ensuite envoyé faire le sale boulot, les pires atrocités possibles, un peu à la façon de la Légion étrangère.

Le Clan Noirsang est le dernier clan en état et ce qu'il reste de la rébellion orque. Tout espoir de grandeur semble reposer sur cette petite bande de bandits, de rejetés et de forcenés.
C'est une entité à la fois sombre, monstrueuse et en même temps très mystique, marquée par une grande vitalité et une espèce d'envie de s'incarner par delà toute mascarade de la morale.
Le Clan Noirsang étant connecté par le biais du sang noir (qui est une substance permettant de rentrer dans le clan) à un plan de réalité supérieur (on cesse de rêver pour accéder à une espèce d'enfer organique) et se lier aux créatures des ténèbres. Le sang noir réduit considérablement l'espérance de vie et condamne  ceux qui le boivent à se détacher spirituellement des orcs et leur lignage.

Les orcs dans l'après-vie continuent d'exister terrestrement, sous forme de peuple fantôme. A la fois individuels et multiples.



Voilà, j'espère que ça vous aura intéressé et que vous aurez le coeur à exposer vos univers comme moi.  :coeur:
A défaut de les voir naître un jour, il peut en rester au moins une petite peinture.


Amor fati.

 


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