Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 janvier 2022 à 10:23:10
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Ecriture automatique

Auteur Sujet: Ecriture automatique  (Lu 18953 fois)

En ligne Meilhac

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Re : Re : Re : Ecriture automatique
« Réponse #45 le: 03 février 2020 à 16:06:21 »
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T'as tu vu les origamis d'antan chantant le temps d'autres colonies, et tous les autres ramassis de conneries que tartinent des pages de pq doux à motifs floraux; je rêve de tartine, de plage, de sable et de vent pour des dunes à pertes d'horloges.
boh
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Nocte

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Re : Re : Re : Re : Ecriture automatique
« Réponse #46 le: 03 février 2020 à 16:10:02 »
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T'as tu vu les origamis d'antan chantant le temps d'autres colonies, et tous les autres ramassis de conneries que tartinent des pages de pq doux à motifs floraux; je rêve de tartine, de plage, de sable et de vent pour des dunes à pertes d'horloges.
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Hors ligne Miromensil

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #47 le: 03 février 2020 à 16:20:25 »
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T'as tu vu les origamis d'antan chantant le temps d'autres colonies, et tous les autres ramassis de conneries que tartinent des pages de pq doux à motifs floraux; je rêve de tartine, de plage, de sable et de vent pour des dunes à pertes d'horloges.
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Hors ligne Burnov

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Écriture automatique Burnov
« Réponse #48 le: 02 mars 2020 à 22:27:47 »
Bonsoir :)

Depuis plusieurs années, en période de disette inspirationnelle, je m'essaye à l'écriture automatique. Je n'en garde que très peu de traces et ne la relit quasiment jamais, mais je suis tombé sur un texte d'un soir probablement arrosé. Ça ne se veut pas un ensemble cohérent.
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Hors ligne Angieblue

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #49 le: 04 mars 2020 à 22:33:49 »
J'aime beaucoup ce texte! Surtout le début jusqu'à "désincarnée" et la fin avec l'histoire des non-vivants.

T'as vraiment un truc, un univers, la fibre poétique, donc bosse, étudie la poésie et ses techniques pour gagner en maîtrise, progresser et évoluer dans ton style.
Angie

Hors ligne Burnov

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #50 le: 07 mars 2020 à 10:18:58 »
Merci Angieblue, ça fait toujours plaisir de recevoir un retour comme le tien !

On m'a déjà parlé de mon univers particulier. Notamment en atelier d'écriture il y a trois ou quatre ans.

Je balbutie néanmoins par mes maladresses. Mais je compte bien progresser pour y remédier.

Tu as des idées d'ouvrages ? J'ai commandé les Chants de Maldoror notamment. Ainsi que d'autres ouvrages. J'aime beaucoup Emily Dickinson et William Butler Yeats dans ses premiers poèmes romantiques. Mais j'ai un peu de mal avec les traductions, car j'ai le sentiment qu'on perd beaucoup trop l'essence du texte original.

Bien à toi et belle journée :)


J'en profite pour glisser un autre texte d'écriture automatique daté du 8 décembre 2019. Encore une fois non corrigé ni raffiné. Totalement brut.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Le Souffle fait référence à un concept que j'utilise pour un projet (naissant) de roman !
« Modifié: 07 mars 2020 à 10:37:02 par Burnov »

Hors ligne Burnov

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #51 le: 29 juin 2020 à 17:39:09 »
Un petit texte d'écriture automatique datant d'une sale nuit, le 20 juin.


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Hors ligne Aléa

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #52 le: 14 septembre 2020 à 02:54:44 »
10min

Par ici viens donc voir si la vie est une belle comédie intarissable, pleine, entérinée de fagots merdeux pluvieux, jusqu'au bout de l'autre côté l'autre côté est à l'envers de l'endroit du devant du derrière : retourne boule à neige en conséquence de manque de foi, de crise de foie, chocolat noël adieu, périmé d'un jeunesse dépassée. Gratte côte, ça me gratte là. Noir blanc rose et les ailes d'aiglon jolis volant là-bas. Ici là-bas toujours ce qui me hante et moi où, moi ici moi là-bas, moi pas trop là avec toi et nous je connais pas et c'est triste. Vraiment c'est triste. J'essaye de le dire, de l'expliquer et soudainement j'ai l'air normal, mon drame a l'air normal, même pas banal, juste inexistant donc normal -ici tirade sur l'existence du normal qui annihile le reste, qui n'existe parce qu'il y a reste et donc si vraiment normal, n'existe pas. On me suce, c'est un moustique ça me gratte ici et là. Ca m'a fait une plaque, ça a gonflé, tout à l'heure sur la hanche là c'est sûr le bras et ça va faire pareil, ils sont vénères ici ou c'est ma peau qui, depuis un, deux ans, trois peut-être, s'est adoucie, j'ai maigri, des kilos jamais repris. Mais quand je le dis ça parait normal et normal c'est que ça n'existe pas. Pourtant je sens que je m'essouffle, les poumons, les bras y'a des os et de la chair et plus vraiment de muscle, c'était pas comme ça, pas avant mais juste à un moment, je m'en souviens, c'était marrant et maintenant je voulais que ça disparaisse loin aussi, loin pour être différent et maintenant que c'est le cas je vois plus la même chose dans le miroir que vous voyez dans vos yeux mais c'est pas grave, en fait c'est pas grave, c'est ce que je voulais peut-être mais en fait il n'y a rien de grave c'est moi qui déforme. C'est vrai. C'est insignifiant.  C'est normal, oui, normal. Ce qui est bizarre c'est de n'avoir plus rien à se plaindre. Ah ça oui ; et je m'en plains. C'est de l'écriture automatique ça ? Ah oui. D'accord il a dit circulez y'a rien à voir, oui rien à voir parce que tout est normal. Je disais quoi ? Je disais rien, tu ne disais rien, j'ai regardé l'heure et le moustique a vrombit comme une formule 1. C'est pas vraiment de l'écriture automatique sur quoi tu te focalise, sur rien, sur les touches - moi elles sont noires et c'est en blanc dessus ;  tout le monde non ? je ne sais plus - mais t'as niqué le quatrième mur parce que t'as dit écriture automatique, dommage tu tenais un truc au début. Oui, au début, mais c'est con y'a rien à tenir normalement là-dedans, rien, normalement, à part ne pas lâcher le clavier plus de 3 secondes. Oui. C'était là-bas, c'était avant. C'est la faute du moustique, ça m'a fait perdre le fil de mon rien, entre ici et là-bas - et rien que je me souviens d'ici et là-bas ça montre bien que je ne lâche pas prise, je ne sais pas lâcher prise, je n'ai jamais su (mais si t'as déjà fait, regarde en page 2 et en page 3 [ah oui, c'est vrai]) tu recherches un fil que n'existes pas, tu t'accroches comme si.. Tu dis du tu pour ne pas te sentir seul, c'est tout, oui c'est tout. Ca se rapprochait trop hein, trop de ce que tu ne veux pas hein, oui, alors on se dédouble et on détourne, hein, pas vrai hein. Doigt dans les côtes. Pas vrai. Hein. C'est la faute du moustique - tu vois je ne suis pas tout seul, allez conclu ça fait 11 minutes. C'est la faute du moustique, je perds toujours le fil quand on me suce.
Bah bravo. C'est ce qu'il faut pour lâcher prise.
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Dot Quote

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #53 le: 23 septembre 2020 à 01:40:08 »

edit : manquait un zoli titre


bon pour tester mon petit code de mise en page tout joli tout fraichement réalisé sous gimp y'a pas pas longtemps parce que j'avais envie et que ça me correspond un peu par activation du moi même, mais en vrai j'ai pluss envie de voir mes petites zimages que d'écrire ce truc spontané qui va juste servir de support pas top pour mes super zimages, elles sont trop cool en théorie j'espère ce sera soft et pur, bien tout bien de bien bien, y'en a trois azy j'explique, une balise hr rendue un peu transparente en dégradé, ça fait tout son petit effet mais je me demande si l'encodage du png restitue forcément la même couleur que le fond css du forum, ça marche évidemment sur mon écran qui a le bon calibrage de screenshot de ladite balise hr, mais après... 'fin bréf, c'pareil mébon, au moins je joli zimage, donc en fait une balise hr rendue un peu transparente en dégradé, mais en fait non, y'en a deux, une dans le avant la table, et une dans la deuxième colonne, pis après la deuxième balise hr dans la deuxième colonne de la table je pose le texte que voici, alors que dans la première colonne y'a pas la première balisehr parce qu'elle est au dessus de la table, y'a une autre balise hr qmm, mais pas la même, parcequ'elle est verticale, elle, et elle est sensée s'enfoncer dans un repli simulé du fond de background ouioui... donc bin alors à voir de ce que ce petit code me servirait comme décorationnage si je décidait d'en faire tout un fromage...

« Modifié: 23 septembre 2020 à 01:53:02 par Dot Quote »
this is your last warning a courtesy call

Hors ligne Opercule

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Re : Écriture automatique
« Réponse #54 le: 28 octobre 2020 à 22:54:15 »
15 minutes, avec le prompt "Mes parents m’ont toujours dit de me méfier des abribus…"
Mes parents m’ont toujours dit de me méfier des abribus ; ils sont des refuges assez pratiques : juste quand il pleut, pouf, ils sont là. Où sont-ils le reste du temps ? pourquoi nous attirent-ils avec le miel interdit de "quand viendra le prochain bus" et pourquoi les bus semblent toujours s’arrêter devant ? Mes parents avaient raison, il y a tellement de choses étranges, de coïncidences qu’on ne peut pas ignorer. Un jour j’ai vu quelqu’un attendre à un abribus, et puis un bus m’a bloqué la vision, et pouf, quand le bus a enfin dégagé la scène, plus personne ! où est-elle partie ? L’abribus a répondu à mon regard avec un air complice, comme s’il avait quelque chose à voir avec ça. L’un des pays les plus développés au monde est la Finlande. Ils ont encore des abribus, vestiges d’une époque révolue, mais tout le monde en a peur. et ils ont raison. Dans la nuit polaire, le sombre appel des forêts glacées tracent dans la neige les dix mille cris des gens emportés par le vent qui sort des abribus. Alors ils s’éloignent avec une haine saine et juste, et restent le plus loin possible de ce grand édifice élevé par leurs ancêtres inconscients, qui pensaient bien faire mais qui ont lancé le plus grand prédateur des temps dans les villes et villages partout dans le monde. Il n’est pas d’abribus innocent, même jeune, même bénévolent, ils sont tous coupables d’avoir abrité des mauvaises personnes, criminels, brigands et villains en tous genres et toutes espèces. C’est dans un abribus que les plus petits dealers discutent du prix de leur came, sous l’égide bienveillant d’un panneau de bus qui cache la marchandise des yeux vitreux d’une caméra de surveillance. C’est bien pour le crime que l’abri fait le bus, car rien d’autre que la méchanceté et la lie de l’univers n’a besoin d’abri ; et ceux qui ont besoin de bus peuvent très bien rouler, à pied en vélo ou en voiture, vers là où ils veulent aller. Mais seulement les plus tristes et les moins défendus de tous n’ont d’autre choix de que prendre bus, c’est à dire entrer dans le contrat vénérable de partager sa présence d’esprit avec la sombre chape d’un abribus malveillant qui, de sa présence étouffante, ne manque pas de rappeler à chacun·e où ils se trouvent, par des petits panneaux, en utilisant des codes étranges et cryptiques, comme si le monde était morcelé et débité en abribus, d’abribus en abribus et rien d’autre n’existe ailleurs que dans leurs abors, lors qu’on ne peut pas descendre du bus alors ce qu’il y a par la fenêtre n’existe pas, c’est juste un arrière-plan de l’esprit qui essaye de faire sens de l’inexplicable inarrable conspiration des abribus dont mes parents m’avaient parlé — ils contrôlent comment notre ville vie et comment leur vil contrôle sur nos vies vire au cauchemar virtuel et pourquoi il faudrait juste suivre le bus pour s’en rendre compte. Et le soleil que l’abribus cache on ne doit pas en avoir peur, au contraire, c’est le soleil qui nous lave de l’abribus alors on devrait juste étendre les bras, hurler "merci soleil de nous libérer" et c’est là que rien, rien ne peut se mettre entre nous et la gentillesse du soleil, que l’abribus jalouse et braque et tente de frustrer, car dans toutes leurs vilénie et leur misère les abribus prétendent nous protéger de la seule source de bonheur que l’on a et qu’on devrait chérir plus que tout, autrement la Terre se flétrirait et la vie serait un chemin de fleurs grises et mortes et la pluie serait triste et fade comme le sol bitumé d’un abribus et le soleil mourra et les choses les plus terribles sortiront de terre, les gares et les aéroports, et les spatioports et toutes les bases orbitales ne seront que des super-abribus qui vont contrôler nos vies et détruire la moindre once de Soleil que nous avons en nous abribusant tous autant que nous sommes, sans le moindre égard et la moindre pensée que le bus que je prends pour aller travailler, qui pourra aller mourir avec les autrs, car il n’y a rien entre deux abribus.

Hors ligne Elina

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #55 le: 29 octobre 2020 à 21:34:36 »

Le cerveau un peu perdu, les pensées floues et la plume stressée de son premier écrit ne sait quoi dire.  Raconter une histoire,  une histoire qui parlerais de quoi ? d'un peu de d'imaginaire, d'un peu de poésie et de légèreté. Ah ! décidement mon acte est aussi absurde que brave. Il n'as de sens que du flux de mes pensées, de mes pensées en tas, volage et réelles. Si la plume a une raison d'être là, ben là elle ne sait pas. Et les minutes passent et elle  est toujours là a contempler son incompétence, aussi profond que le désire de cette expression. Mais qu'importe, des mots et des mots. Est ce si compliquer à inscrire ? de simple lettres donnant vie à des joies, des rêves et des rires. De ce  geste simple et beau, de cette connexion entre les esprits. Contemplant l'horizon et  ce qui l'entours, un peu de vent, un peu de fraîcheur. Aiguissant à chaque esquisse la plume, et du temps, regonflant les ailes.  Bah, je crains que cela ne vole plus haut ce soir, les minutes passant, le vide du cerveau naissant. Mais puisqu'il y faut, encore un brin de courage, un brin de réflexion pour atteindre les étoiles. Alors alors, c'est encore louper pour la beauté des mots, y'a rien de plus faux là. De maladresse en incohérence, ça va révolter des littéraires. On diras tant pis, et pour une prochaine ça ira. De comme ça à comme-ci, ça avancera 

Hors ligne derrierelemiroir

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #56 le: 30 octobre 2020 à 08:05:05 »
Oper  :coeur: j'ai kiffé tes abribus, encore s'il te plaît !

Et Elina j'ai bien aimé aussi les mots échappés de tes doigts.

Je connaissais pas ce fil, chouette :)
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Ugo

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #57 le: 04 novembre 2020 à 14:31:37 »
10 minutes

 La ville, le sable, le sexe, à table, la dignitaire et le sans-nom. L'écusson, la rançon, la dette. La ville et le sable. L'écurie en proie à la charnelle question. La ville ! La ville ! Le vide, et ses traînées. Les putains qui rôdent dans le vide. Les puritains et leurs fourches avides. Des dents de fer, devenus des crocs amer, des limaces, des lignes, des lices en enfer. Putréfié, pétrifié, toujours le même lithopédion, le même foetus de pierre, qui ne veut pas vivre. Qui ne veut pas rire. Qui rêve du silence. De faire taire ses babines. De faire plaire. De faire plaire. De faire plaire sans parler. Le pari des mots, le pari de vivre. Paris est détestable déshabillée. Je suis encroûté dans la ville. J'ai besoin de sauter aux toits comme un fauve échappé. La drogue, l'ennui, retassé dans l'alcool. Fracassé par l'anémone des soirées. Ces plantes qu'on roule, ces mousses de pourriture, dans les creux de bouche. Une vie vide, une virilité. Une chanson vive sur de fausses amitiés. L'alcool, le flingue, la milice. La violence qui fait ses pas de danse sur la montagne d'appendices. Digne, fort, mort, mort à eux. Combien il faudra en tabasser pour me faire passer aux aveux ? Je rêve d'adieux et d'explosions de sang. Je rêve de vivre à contre-courant. Le seul objectif est d'obtenir plus de muscles. A quoi bon être une tâche de chair si on ne se cristallise pas en statue ? Mes mâchoires sont d'infernales comédies. J'ai cassé plus de sang que de rêves d'après-midi. La honte de mes parents est un cheval qui ne tracte rien. L'animal de spectacle se révoltera contre le public. Le maquillage du clown dégouline comme une averse maudite. Multicolore et multimorts, les pigments, les hommes-porcs, la déchaînée, la déchaîner, la déchirer, la division, la République et le publique encore qui passe sous mes griffes. Prestataire et spectateur, sans colère et sans labeur, la diligence de mon être portée par des esclaves du Nil, des larves infectes nées sous le nombril.  Il faut pulvériser ses envies et ses textes, il faut se taire, il faut s'enterrer. Les doigts incontrôlés disent des sottises, des douleurs blanches, qui ne devraient pas s'exprimer. Ne vous laissez pas vous libérer. Etranglez l'attardé. Il faut être totalement violent.
Amor fati.

Hors ligne Ugo

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #58 le: 04 novembre 2020 à 20:08:51 »
12 minutes

Le silence des gens sobres, l'insupportable trajet des soirées, sans trappe et sans rêve, sans soupir et sans souffle, sans souffre et sans sire, cents soirs où je retourne me saoûler, houlée de hanches droguées qui m'absorbent les sens, ressac de reins, noyade et feux d'orage, long été, rêve opaque, seins opaques, et les flaques oranges, où brille néons de métropole, comme guirlandes, comme lampions, danse de feux follets. Répondre aux secondes avec lâcheté, toujours revenir et se racheter, pour sa dame. Je blesse et j'éclos. Elle ne me voit qu'en métamorphoses. Pose ses ongles là où je l'aurai griffée. Pose ses mots là où je me serai giflé. Rends-moi ma pudeur. Cassé, mauvais jouet pour dame.  Fends-moi au crâne. Regarde quel oeil se ferme en premier. Je déteste ces amourettes. Si on ne risque pas sa cervelle à la roulette russe, on ne souffre pas tout à fait. Non, je ne veux pas créer, je veux exploser. Magma dans le poitrail, envie d'exister. Chaque succès ne vaux rien, c'est comme se replier sur la lance, c'est comme peindre sur le pal, l'échec est toujours plus immense que le sang que je ravale. Non, je ne veux pas créer, je veux explorer ces cadavres de chance. Je veux voir la nuit terrible et qu'elle m'agresse, qu'elle me déforme, quelle me forme dans son armée. A quoi bon être un homme si on ne risque pas d'éclater ses phalanges. On oublie ses succès à la boxe, mais on oublie jamais l'échec qui a tout embrasé.  Un corps, on l'empreinte, on le loue à la chair, et un jour on le rend. Qui veut arriver sans plaie ? Qui veut rester vierge de méchanceté ? Regarde la panthère faire sa loi, entend le son des jungles te menacer. Entend la fronde des singes te percuter, alors que tu renonces à tes droits. Je ne peux pas être un garçonnet, je ne peux pas encore offrir ma langue, mes bras, ma poitrine.  Je me souviens d'un épouvantail pendu dans le midi. Sa chair de paille m'inspirait tant de sympathie. Je suis pareil. J'ai tatoué un homme d'osier explosant sous l'extension de son sarcome sur mon épaule. Je suis un homme d'osier. Je suis un épouvantail. J'aime ça. J'aimerai l'être encore plus. J'aimerai un jour me réveiller, me croiser dans mon miroir et ne pas savoir qui je suis. J'aimerai que mon sexe mue comme nahash, et qu'il entretienne son infectueuse sirène. On veut devenir une bête pour cesser d'être un môme. On veut faire sa fête à tout les pitres, les piniatas de nerfs et de sang brûlé.
Amor fati.

Hors ligne Vagabond

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #59 le: 04 novembre 2020 à 20:49:31 »
Top comme exercice. Je suis impressionnée par les textes que ça peut donner, ils ont du sens...
Ugo je trouve beaucoup de phrases percutantes dans tes textes, surtout le second. Pour quelque chose de pas travaillé, le sens de la formule est bien présent.

Je viens d'essayer, minuteur, papier stylo. La première phrase était choisie d'avance pour démarrer (ça compte comme de la triche ?) C'est compliqué de tenir un thème, et la ponctuation a disparu à la moitié du texte... ça part un peu dans tous les sens. Je recopie.

10 minutes

Ça fait bientôt sept ans que je n'ai pas vu la mer. C'est long, sept ans. Ça fait moins de temps que le temps de ma vie mais ça fait du temps quand même.
J'ai vu les marmottes.
A la fin de l'été, dans la neige.
C'était en octobre.
Je vois souvent les marmottes.
Il y a de l'eau dans les cascades et du soleil blanc sous leur pas -il manque de sel l'échéquier, assurance-vie, as-tu une assurance-vie ? Je ne sais pas, et le fou s'avance en diagonale et il y a longtemps que j'ai perdu la reine ; je suis loin du mat. Ohé, matelot, où est la mer ? Sans file les voiles les vagues abordent abondent le bateau prendrait-il l'eau dans la tourmente ? Il est temps d'apprendre à pêcher -que l'on me jette la première pierre.
J'ai vu les plages de galets du Nord et l'Angleterre je ne l'ai pas vue pourtant il faisait beau.
Il y avait du vent et je me suis baignée. D'accord mais le chant des rivières vaut bien celui des vagues même si rien ne vaudra les tons du sable chaud. Sans doute et sans soucis n'est-ce pas le rêve de tous les marins ne doutent pas quand ils tendent la grande voile sinon ils coulent, et puis de toute façon j'ai peur de l'eau pas de l'âme des poissons qui nagent au fond des mers ni des lames de fond seulement celles du rasoir.

 


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