Bonjour ou bonsoir à toutes et à tous

Ce petit texte m'a été inspiré par la légende de la nymphe Echo et de sa triste malédiction. Etant très friande de mythologie, il n'est pas rare que ce genre de texte m'attire

Comme pour mon premier écrit posté ici (L'ange du silence), j'aimerais des commentaires constructifs qui me permettraient d'améliorer cette petite histoire qui m'apparait comme un peu brouillonne

Merci d'avance et bonne lecture

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La malédiction de l'Echo
Assit sur un banc en bois posé près du feu, le conteur tire une bouffée de sa pipe. Ses yeux perçants se posent sur une ribambelle d’adolescents venus l’écouter, comme tous les soirs.
« Grand-père, grand-père ! Raconte-nous l’histoire d’Echo et Narcisse ! »
Tous les mois, ils lui demandent le même récit, qui les fascine. Les regards déjà pleins d’étoiles et de rêve le font sourire, et il s’éclaircit la gorge. Le silence se fait dans la pièce.Mon histoire commence il y a bien longtemps… Un temps où l’Humanité n’en était qu’à ses balbutiements. Oui…ce récit prend ses racines à l’époque des mythes, à l’époque de la suprématie des dieux Olympiens.
Comme vous le savez, le Panthéon grec, dirigé par Zeus, était installé sur le mont Olympe. Vénérés par les humains, les divinités y coulaient une vie simple, oisive, entourés de leurs serviteurs, de nymphes et autres créatures mythiques.
En ces temps reculés était une nymphe nommée Echo. Une oréade des sources et des forêts du mont Hélicon, plus précisément. Très bavarde et inventive, elle connaissait bon nombre d’histoires passionnantes, qu’elle contait aux dieux. Ils aimaient sa façon de manier les mots et de faire naitre des rêves d’un simple récit. En particulier l’épouse de Zeus, Héra, que la nymphe savait si bien captiver par ses contes fabuleux.
Sa voix d’or charmait quiconque l’écoutait. Il lui suffisait d’un mot pour que le silence se fasse et que toutes les oreilles se tendent pour entendre une nouvelle fable. Mais ces histoires avaient également pour but secret de distraire la femme du roi des dieux, pour que ce dernier puisse la tromper comme bon lui semble. Ainsi, à chaque récit d’Echo, Zeus recevait bon nombre de maitresses, à l’insu de celle qu’il avait épousé.
Héra ne s’en doutait pas. La petite Echo était devenue sa préférée, avec qui elle passait le plus clair de son temps, loin de ce mari avec qui elle ne cessait de se disputer. Il était bien plus doux d’écouter les aventures abracadabrantesques qu’inventait l’oréade pour lui plaire.
Tantôt histoires d’amour, d’autres fois des batailles épiques ou des miracles divins, tous ces récits amusaient et apaisaient la déesse du mariage.
Or, un jour, le manège de la jeune nymphe fut découvert. Furieuse, déçue et terriblement vexée d’avoir été bernée, Héra punit sévèrement l’impudente conteuse. Dès lors, celle-ci ne put que répéter la fin des phrases que d’autres prononçaient. C’est le phénomène qu’on appelle aujourd’hui l’écho.
Le conteur fait une pause pour souffler un nuage de fumée blanche. Autour de lui, ses spectateurs réclament la suite avec impatience. Il rit, frottant pensivement son menton couvert d’une épaisse barbe blanche, et poursuit.La pauvre damnée se mit à errer sur Terre, au hasard des contrées, jusqu’à rencontrer Narcisse. Ce garçon, si beau que même Aphrodite en serait jalouse, n’aimait rien d’autre que sa personne.
Malheureusement, Echo tomba éperdument amoureuse de l’éphèbe et ne cessa de le suivre. Mais dès que le garçon criait un « Qui est là ? » ou « Qui êtes-vous ? », il ne recevait en retour que l’écho de sa propre voix.
Finalement lassé, méprisant l’infortunée et préférant s’aimer lui-même, Narcisse se désintéressa d’elle. Cessa d’appeler.
Alors l’oréade, le cœur brisé, s’enfuit.
Elle se retira dans une grotte loin de tout, avec pour compagnes la solitude et la peine. La pauvrette se laissa dépérir, indifférente au temps qui s’écoulait. Elle resta si longtemps immobile et elle devint si maigre que ses os mêmes disparurent, devenant pierre.
De la jolie conteuse d’autrefois ne restèrent qu’une source claire, et une voix que l’on nomme l’écho.
« Narcisse a été cruel… »
« Dis-nous, grand-père, qu’est-il devenu ? Il n’a pas eu de peine pour elle ? »
Le vieillard secoue la tête, fataliste.Non, Narcisse n’eut guère de peine pour la pauvre Echo. Trop amoureux de lui pour être sensible aux sentiments d’autrui, il passait le plus clair de son temps à contempler son reflet. Un jour, en voulant se désaltérer, il fut subjugué par son image, et voulut s’embrasser.
Mais, en se penchant trop sur l’onde, il tomba et se noya. Sur la berge où il s’était tenu poussa alors une fleur blanche, le narcisse.
Tel que l’avait prédit le devin Tirésias, Narcisse aurait vécu vieux s’il ne s’était pas vu.