Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

17 Mars 2026 à 10:56:28
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La cocote des Morin

Auteur Sujet: La cocote des Morin  (Lu 6811 fois)

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
La cocote des Morin
« le: 07 Septembre 2013 à 10:53:10 »
La superbe cocote des Morins régna un temps telle une souveraine estimée sur le domaine de la cuisine. La maitresse de maison l’appelait par respect mais aussi par admiration " la sultane" car rien ne pouvait se cuire sans sa participation. Malheureusement « Le vent de prospérité change souvent de coté »; un jour, à la suite d'un incident déplorable, sa sérénissime fut retirée telle une épave inutile et encombrante, avec la sanction ingrate « bon  débarras ! ». Elle git à présent dans l’obscurité  humiliante et l’humidité  corrosive du grenier.

Quoique de courte durée, L’épopée de cette auguste étuve fut fabuleuse. La propriétaire en était satisfaite. Chaque fois qu’elle la prenait entre ses mains, elle se rappelait toujours le jour où elle l’avait achetée. Une cocote de six litres, ni grande ni petite, la taille qu’il faut et la contenance recherchée par toutes les femmes. Le teint de son acier inoxydable était ce jour là, éblouissant, l’éclat du vrai alliage de fer et du carbone. Mais une fois lavée, avec les savants produits dont la maitresse connaissait le secret, elle retrouvait cet éclat de métal qui rivalise le platine. La sultane, avec sa taille fine de mannequin, n’avait pas d’égal parmi tous les ustensiles de cuisine.

   Plongée dans le noir, la souveraine déchue se rappelait avec douceur sa courte histoire et ses moments de gloire. La patronne  lui prodiguait les soins et la même affection qu’un membre de sa famille. Elle lui vouait une véritable amitié. La cocote de son coté excellait dans sa préparation. En peu de temps elle remplissait sa mission,  que ce fût des pieds de veau aux haricots ou des tripes aux pois chiches,  de la volaille ou du gibier, des navets ou de n’importe quel légume, rien ne pouvait résister à sa haute pression. Sa soupape de sécurité ronronnait d’une cadence parfaite à l’image d’une lointaine locomotive à vapeur. Elle emplissait la maison dune sonorité aux exquises senteurs. Et lorsqu’on lui demandait de mitonner  un ragoût et qu’on  diminuait l’intensité du feu pour le rendre plus doux, la sultane entonnait alors une symphonie qui emplissait les lieux d’une effervescence appétissante. Et à chaque repas, après s’être délecté, toute la famille comblée applaudissait ses savoureux succès.

Elle avait, eu égard à ses compétences,  un habitacle bien à elle dans un placard. Depuis qu’elle était là, les gamelles et les casseroles souffraient d’une léthargie chronique. En plus de sa cuirasse solide, elle se distinguait par un filet de gladiateur : un élégant panier métallique pour une cuisson diététique à la vapeur. Les aliments dans son enceinte conservaient leur arôme et leurs nutriments. Mais son point fort était sans conteste sa célérité, et dans cette course aucun autre récipient ne pouvait l’égaler. Ce n’était pas pour rien qu’on la surnommait cocote minute. Mieux des fois elle jouait le rôle d’autocuiseur, de stérilisateur, aidait même à faire des confitures et bien d’autres conserves. Autant dire que la docte savait tout faire.

   Bien sûr, La souveraine n’était pas toujours infaillible, il lui arrivait parfois de commettre des étourderies. D’aller très vite en besogne, de se précipiter, de bâcler sa tâche et de brûler ainsi les ragoûts qu’attendaient les convives, de provoquer la colère des Morin. Mais jamais, on ne lui reprochait ces excès. La chose étant admise que le réglage de la cuisson ne relevait point de sa compétence. Si sa poignée de serrage avait été munie d’un dispositif d’alarme, elle aurait crié, signalé par une sonnette ou un sifflement  pour prévenir de l’avancement de la coction.

Et puis il y’a eu, cette culbute regrettable, dont elle n’était nullement responsable. Une cuisson cramée, Madame Morin en voulant la retirer du feu la fit tomber sur le plancher. L’héroïne perdit dans cette chute une poignée et le bouton de serrage mais, plus grave, l’alliage étant encore chaud, le bord du récipient fut sévèrement amoché. Une fois la colère de cet incident apaisée, l’estropiée fut mise à la réforme. Malgré ce fâcheux accident, qui avait précipité sa retraite, l’abandonnée ne regrettait rien, elle avait la conscience tranquille. Elle avait accompli ses devoirs avec abnégation, elle avait fourni de nombreux motifs de satisfactions à ses propriétaires. Elle ne s’était jamais rechigné à la tâche. Echouée, pareille à l’épave d’une caravelle qui avait sillonné les océans et les mers, elle se reposait  telle une ombre inconnue au milieu d’un fatras d’objets de rebut.

Seulement voilà « Quand il n’en a plus, il y’a en a encore ». Un beau jour, Monsieur Morin fit venir un brocanteur pour le débarrasser, sans la moindre contrepartie de tous les objets qui encombraient le grenier. C’est ainsi que la lumière inonda la soupente obscure. La réformée se retrouva sur une charrette puis au cœur d’une brocante. Le fripier, habile artisan  et talentueux bricoleur, examina attentivement la mutilée, puis entreprit de lui rendre son éclat d’antan. Il n’eut aucune peine à la réparer, il lui trouva la poignée assortie, l’embase de soupape, redressa le bord tordu et lui acheta les éléments qui manquaient.  Et une semaine après, presque toute neuve, La rescapée s’enhardit pour de nouvelles conquêtes. Peu de temps après son exposition, elle fut repérée par une dame qui, ravie, l’acheta sans discuter le prix, − elle la trouvait si familière.
« Modifié: 09 Décembre 2014 à 12:39:05 par Babataher »
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

World End Girlfriend

  • Invité
Re : La cocote des Morin
« Réponse #1 le: 08 Septembre 2013 à 04:49:15 »
Ton écriture est riche comme d'habitude, mais le sujet est tellement ennuyeux que je n'ai pas accroché plus que cela.
Fait gaffe aux virgules, t'en mets trop et ça rends la lecture hachée.

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : La cocote des Morin
« Réponse #2 le: 08 Septembre 2013 à 08:50:05 »
Salut WEG,
Je reconnais bien que le sujet est rébarbatif : si un ami se met à te parler d'une cocote, d'une ortie ou d'un clou, tu vas sûrement le prendre pour un fou.  mais il faut bien respirer, j'entends par là écrire, passer par le chameau pour devenir peut être un jour enfant.
Merci pour tes remarques et ta lecture.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne holden5

  • Prophète
  • Messages: 753
Re : La cocote des Morin
« Réponse #3 le: 08 Septembre 2013 à 10:34:29 »
Je trouve ton écriture de plus en plus maîtrisée et toujours aussi riche. Le fait de prendre un objet du quotidien donne à ton texte un aspect comique/léger (qui commence à être caractéristique de ton style  :-) ) Même si, comme le remarque WEG, le sujet n'est pas  TRES intéressant, ce texte présente une vraie structure, que n'avait pas "le quotidien d'une ortie" je trouve, et il est donc beaucoup plus agréable à lire.
Merci pour ce texte!

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : La cocote des Morin
« Réponse #4 le: 08 Septembre 2013 à 11:18:44 »
salut holden5,
Du baume au cœur. Merci pour ta lecture.
Au plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 675
  • Schrödinger cat
    • Dans les nuages
Re : La cocote des Morin
« Réponse #5 le: 09 Septembre 2013 à 14:02:46 »
Coucou,

Première remarque : l'abus des virgules. Une virgule est là pour rythmer un texte, mais là tu en uses de trop. Ainsi, première phrase : La superbe cocote des Morins, régna un temps, telle une souveraine estimée, sur le domaine de la cuisine. Tu ne PEUX PAS séparer un sujet de son verbe. La première virgule est à supprimer.

elle se rappelait toujours, le jour où elle l’avait achetée Idem ici, virgule inutile.

la souveraine déchue se rappelait avec douceur, sa courte histoire Idem. Ici, tu sépares le sujet de son COD. Vu la construction de ta phrase, ça ne va pas.

Mieux des fois elle jouait le rôle d’autocuiseur Ici, il en manque une  :mrgreen: Ton mieux est une introduction, il n'a en quelque sorte rien à voir avec la phrase qui suit, donc il faut l'en séparer par une virgule.

Mais jamais, on ne lui reprochait ces excès. Virgule inutile.

Et puis il y’a eu, cette culbute regrettable Même remarque que précédemment : ta virgule coupe ton verbe de son COD. Il faut la retirer.



Pour les virgules lis tes phrases à voix haute et pense que chaque virgule est une PAUSE. Pour reprendre la première phrase, à l'oral tu ne diras pas : La cocotte des Morin [PAUSE] Régna un temps. Non, tu dis tout d'une traite. Inspire-toi de l'oral, quitte à prononcer tes phrases à voix haute avant de les écrire.
Attention aussi, parfois on trouve des majuscules après tes virgules. Une majuscule n'apparaît qu'après un POINT.



Bon, sinon le sujet est pas très passionnant  :mrgreen: Je l'ai déjà vu traité sur ce forum. Mais baste, pour un exercice c'est plutôt pas mal. Ton style est plutôt bon, c'est dommage que ces histoires de syntaxe gâchent tout...
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : La cocote des Morin
« Réponse #6 le: 09 Septembre 2013 à 16:24:40 »
Salut,
Merci Kerena pour ta lecture et tes précieuses remarques.
Comme tu dis, une simple virgule peut fausser le rythme voire changer le sens de la phrase.
Merci et au plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 616
  • Pingouin de Patagonie
    • Rêves de comptoir
Re : La cocote des Morin
« Réponse #7 le: 26 Septembre 2014 à 10:48:57 »
Salut

Citer
« Quand il n’en a plus, il y’a en a encore ».
ça m'a un peu sorti du texte

Citer
Peu de temps après son exposition, elle fut repérée par une dame qui, ravie, l’acheta sans discuter le prix, − elle la trouvait si familière.
c'est rigolo comme chute

Même remarque que les autres concernant l'abus de virgule et le fait que le sujet soit un peu disons "dérisoire"
Mais c'est pas un mal, le texte est sympathiqueet je comprends tout à fait la volonté de l'exercice

merci pour ce texte

Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 711
  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : La cocote des Morin
« Réponse #8 le: 02 Décembre 2014 à 23:13:44 »
Yo, lecture recueillesque !

Je découvre ton écriture avec ce texte et comme les autres, pour moi le principal problème c'est ton utilisation des virgules : essaie de lire ton premier paragraphe à voix haute, c'est tellement haché qu'on met trois heures à lire trois lignes. Par la suite ça s'améliore, et j'ai eu le plaisir de découvrir que ton style était très sympa et riche (comme qui disent) : du coup, tu gagnerais vraiment à mieux maitriser ta gestion du rythme. Fais confiance à ton lecteur : il sait où mettre les poses sans que tu aies à le brusquer.
Sinon, le sujet ben... C'est une cocotte, alors oui je suis pas transcendée  :-[ L'exercice est rigolo mais sans plus pour moi. Au choix, j'aurais préféré que tu développes un peu plus l'accident puis cette sorte de rédemption, de rémission, histoire qu'on ait vraiment l'impression d'une aventure, d'un vrai récit.

Voilà, merci pour ce texte et courage pour la suite. ;)
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : La cocote des Morin
« Réponse #9 le: 09 Décembre 2014 à 11:51:57 »

Citer
La maitresse de maison l’appelait par respect mais aussi par admiration : la sultane car rien ne pouvait se cuire sans sa participation.
pas de deux points, à la limite tu peux mettre "la sultane" en italique

Citer
suite à un incident déplorable,
en bon français, on dit plutôt " à la suite de"  ^^

   
Citer
Mieux des fois elle jouait le rôle d’autocuiseur,
quelques virgules en plus ?

Comme beaucoup, je trouve que le sujet pêche un peu, alors que l'écriture n'est pas mal. Sans changer le thème, une petite refonte avec une intention d'auteur derrière plus lisible (rendre le texte épique, comique par exemple), ça pourrait avoir bien plus de gueule. Pour moi, c'est surtout ça qui m'a manqué dans ce texte, le petit truc qui faisait que certes tu parlais d'un cocotte mais que t'en parlait avec style.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : La cocote des Morin
« Réponse #10 le: 09 Décembre 2014 à 12:42:34 »
Merci Baptiste et merci Doctor Grimm pour votre lecture et vos remarques..
Merci ernya pour ta lecture, et tes conseils.
« Modifié: 09 Décembre 2014 à 12:44:12 par Babataher »
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne kokox

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 482
Re : La cocote des Morin
« Réponse #11 le: 09 Décembre 2014 à 14:38:15 »
Booba qui a des lettres aurait pu gansta rapper ceci :

Wesh Morins !
Echouée telle une ombre inconnue au milieu d'un fatras d'objets au rebus.
Voilà bien ce qu'il arrive aux cocottes qui ne sont pas richement entretenues.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.017 secondes avec 23 requêtes.