Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

07 Mars 2026 à 00:37:39
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Ekin

Auteur Sujet: Ekin  (Lu 9608 fois)

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Ekin
« le: 22 Avril 2013 à 11:19:53 »
Je vous présente donc Ekin. Ce texte, je l'aime beaucoup, malgré l'histoire étrange, les dialogues pas crédibles, le paysage inexistant et des phrases mal faites... voilà voilà.
Comme il fait un peu plus de 11 pages word, je vais le poster en plusieurs parties je pense, sauf si je veux décourager tous ceux qui passeront par là  :mrgreen:
Donc voilà voilà...




   Il posa une dernière fois la main sur le visage de sa sœur. Tenta de ne plus se souvenir de ce qu'elle avait été. Ses yeux, sa démarche, sa voix, son rire. Disparus dans les flammes. Ekin se releva,  noua ses longs cheveux bouclés au petit bonheur la chance, saisit son sac et s'en alla, se détournant des cadavres et des ruines de la maison. Laÿs, papa et maman nourriraient les bêtes sauvages. Il ne tenta pas de refouler ses larmes. Plus personne n'était là pour les voir, de toute façon. Elles coulèrent le long de ses joues, avec discrétion, comme par respect pour son deuil. Elles se semèrent sur la terre sèche comme autant de fleurs d'eau, traçant le chemin de son errance. Le soleil ne tarda pas à les effacer.
   Plusieurs jours passèrent. Ekin marchait toujours. Puis, une nuit, par hasard, il leva la tête. La lune, pleine et blonde, semblait lui adresser un regard bienveillant. Alors il s'arrêta, se laissa tomber sur le sol et se mit à la contempler. Elle et les étoiles. Il lui semblait n'avoir jamais rien vu d'aussi beau.
   Au petit matin, le soleil reprit ses droits dans le ciel et le jeune garçon sa marche dans la plaine. Cette fois, cependant, il avait un but.  Il avait pensé, un temps, chercher une des caravanes dont lui avaient parlé ses parents. Ces gens vivaient loin d'ici, dans une autre partie de la plaine. Mais leur vie était dure, et il n'y avait pas la place pour lui. Non, Ekin allait quitter ce désert et partir à la rencontre de ses semblables.Faire la connaissance de nouvelles personnes, même si ça faisait peur, même s'il aurait préféré rester ici avec la lune, les décombres de la maison et les corps au loin. Il savait bien, au fond, qu'il ne pourrait éternellement rester seul. De toute façon, dans ce désert, on ne faisait que mourir. Ekin n'avait pas encore cet espèce de dégoût universel qui pousse au suicide. Non, il voulait vivre, encore un peu. Au moins pour avoir des choses à raconter à sa sœur quand il la rejoindrait là-bas, dans l'Ailleurs. Et à papa et maman, et même à Avel, le chat des vents sauvage qui les avait adoptés depuis quelques années.  Lui aussi finirait par rejoindre l'Ailleurs.
   Avel était parti dès que la maison avait brûlé. Le jeune garçon s'en souvenait bien, parce qu'il jouait dehors avec lui à ce moment là. Il était sorti regarder les étoiles, comme ça lui arrivait parfois. Regarder les étoiles, et penser aux gens, ailleurs, qui les regardaient aussi. Penser à la promesse de papa, maman et Laÿs de l'y amener, un jour : à la ville, au bout de la plaine, là où il y avait tant de monde d'un coup qu'il ne parvenait jamais à l'imaginer. Quand il disait à Laÿs combien il trouvait effrayante une telle perspective, elle se mettait à rire et lui frottait gentiment la tête. Mais elle ne répondait rien. Ekin n'avait jamais pensé à lui demander si elle était d'accord avec lui.

*

   Avel avait regardé la maison brûler. Il avait vu la panique du garçon, il avait entendu les cris, les pleurs. Il avait regardé, il avait écouté. Et puis il était parti. Ce lieu recelait trop de souffrances pour un chat des vents. Il ne pourrait le supporter. Qui rirait pour lui, à présent ? Les humains des plaines se faisaient de plus en plus rares. Et seuls les humains savaient rire. Bien sûr, Avel n'avait pas vraiment besoin de joie pour vivre, les vents lui suffisaient pour subsister. Et les vents, dans la plaine, ça n'était pas ce qui manquait. Mais les rires...
   Avel se mit à flairer, à écouter, à regarder. Il déploya tous ses sens dans une quête éperdue d'un bout de rire ou de sourire, quelque part. Bien sûr, il y avait les caravanes, mais les humains des caravanes n'aimaient pas les chats des vents. Bien sûr, il y avait cet endroit, là-bas, très loin. Il pressentait une telle masse de sentiments mêlés qu'il en était tout étourdi. Peut-être s'y rendrait-il, un jour.
   Là, quelque chose ! Pas un rire, pas même un sourire. Plutôt une esquisse, une idée de sourire. Toute douce, toute fragile. Une lueur d'espoir dans la plaine. Les sens en émoi, Avel se mit à trotter dans cette direction.


*

     Ekin continuait à marcher, tranquillement. Parfois, il s'arrêtait près d'un bosquet ou d'un point d'eau, quelques jours. Il posait des collets improvisés. Il tenta même de pêcher à la main, mais il n'avait jamais été très doué pour ça. Il cueillait des fruits quand il en trouvait, des racines aussi, celles que ses parents lui avaient appris à reconnaître. Il prenait son temps. Il changeait, sans trop s'en rendre compte. Au fil des jours, les douces rondeurs de l'enfance s'estompèrent prématurément pour laisser la place à un visage et un corps plus anguleux. Son regard avait changé, aussi. L'innocence, la joie de vivre et la curiosité avaient gentiment laissé la place à la détermination et à une dangereuse indifférence. Il avait appris à cacher sa peur et sa tristesse. Il les refoulait en lui comme s'il craignaient qu'elles ne remontent sans cesse. Ses yeux avaient fini par se tarir, et son cœur était en passe.
   Cependant, un jour advint un événement inattendu. Alors qu'il s'était arrêté pour la nuit, il entendit des voix non loin. Ou plutôt, une voix et une présence. Une présence familière. Douloureuse. Non, agréable. Non, douloureuse. Ekin se leva et se tourna vers ses visiteurs. Une fille et un chat des vents.

*

   Avel avait retrouvé Ekin. Il lui avait amené la fille, la fille à l'idée de sourire. Celle-Qui-Rêve-De-Joie. Il espérait qu'ils feraient beaucoup de petits rires ensemble. Avel les observa. La fille devait avoir environ l'âge du garçon. Elle était maigre et sale, comme lui. Elle était vêtue de haillons, comme lui. Elle avait une masse de cheveux hirsutes, comme lui. Elle avait un regard méfiant, comme lui. Elle avait au fond d'elle un rire perdu, comme lui. Ni l'un ni l'autre ne l'avait encore retrouvé.

*

« Bonjour, hésita-t-il.
- Bonjour », répondit-elle.
   Elle ne semblait pas représenter une menace immédiate. Ekin se tourna vers le chat des vents. Ce regard... le garçon détourna le sien. Il ne voulait pas se rappeler. Les yeux du fauve lui semblaient contenir encore cette nuit, pas si lointaine, qu'il avait, qu'il devait, qu'il voulait avoir oubliée. Le chat avait un nom, autrefois. Ekin s'en souvenait.
   « Avel ? »
   Les yeux du chat brillèrent derechef. Le garçon grimaça, tiraillé. Il aimait Avel. Avel était parti. Avel était revenu. Il lui en voulait. Il finit par s'accroupir et lui présenter sa main. L'animal la renifla et lui donna un petit coup de langue. Ekin faillit sourire.
   « Comment tu t'appelles ?
- Ekin. Et toi ?
- Je ne sais pas. J'ai eu un nom, mais j'ai préféré l'oublier. Il était trop plein de souvenirs.
- C'est vrai, le mien aussi. Je devrais peut-être faire pareil. On n'a qu'à se donner de nouveaux noms, qu'est-ce que tu en dis ?
- D'accord. J'ai bien envie de m'appeler Soan.
- D'accord, Soan. Moi, je serai... Ydril.
- Enchantée, Ydril.
- Enchanté, Soan. Ah, et le chat des vents c'est Avel.
- C'était Avel. Lui aussi, il doit changer de nom, tu sais bien.
- C'est vrai. Alors il n'a qu'à s'appeler Alaë.
- C'est d'accord. Tu fais quoi ?
- Je vais au bout de la plaine, voir la ville.
- Pourquoi ?
- Parce que je n'ai plus rien à faire ici, et que je ne veux pas rester seul.
- Ben, tu n'es plus seul.
- C'est vrai. Comment tu as rencontré Av... Alaë ?
- Un jour il est venu me voir, de temps en temps puis de plus en plus souvent. Il a fini par m'apprivoiser alors je l'ai suivi et il m'a amené ici. Mais c'était il n'y a pas si longtemps.
- Toi aussi, ils sont tous morts ?
- Oui.
- Moi non plus, j'ai pas envie d'en parler. »

*

    Ekin était devenu Ydril. Avel était devenu Alaë. Et Celle-Qui-Rêve-De-Joie était devenue Soan. Alaë était plutôt confiant : les deux humains semblaient être bien ensemble. Il allait rester avec eux. Peut-être qu'un jour il y aurait une petite ou un petit, qui rirait à en perdre haleine. Alors, Alaë serait heureux. Peut-être qu'un jour aussi il trouverait une chatte des vents, et les chatons seraient tous si joyeux, si bien nourris, et pas en danger. Les frères et sœurs d'Alaë lui manquaient encore un peu, même si ça n'était plus qu'un souvenir.

*
   Ydril et Soan restèrent quelques jours en ce lieu. Ils parlaient peu, se contentant d'apprendre à vivre à deux. En vérité, Ydril agissait presque comme s'il avait été seul. La présence de Soan ne le gênait pas, ni ne le mettait mal à l'aise. Il avait l'obscure sensation que tous deux étaient plus ou moins semblables. Il l'observait, assez souvent. Elle se déplaçait non pas avec grâce mais avec  discrétion. Quand elle exécutait une tâche, comme dépecer un lapin, elle se concentrait à la fois sur ce qu'elle faisait et sur ce qui se passait autour d'elle. Une fois qu'il avait tenté de s'approcher furtivement, il aurait juré que les oreilles de la fille avaient frémi, comme celles d'un animal. Elle n'avait pas esquissé un geste montrant qu'elle avait détecté sa présence, mais il en était certain. Parfois, elle le surprenait, même s'il parvenait la plupart du temps à la remarquer. Alors un jour il lui demanda :
   « Tu pourrais m'apprendre à être comme toi ?
- Comment ça ?
- À se déplacer sans faire de bruit, et à entendre approcher les gens qui n'en font pas.
- Je ne sais pas comment on peut apprendre ça. J'ai fini par le savoir, c'est tout.
- Ça fait longtemps que tu vis seule ?
- Assez, oui. Je n'ai pas compté. Mais je continuais à parler, pour ne pas oublier, au cas où je rencontrerais quelqu'un. J'ai bien fait.
- Toi aussi, tu veux aller à la ville ?
- Je ne sais pas. Je continue à vivre mais je n'ai pas vraiment de but.
- Tu m'accompagneras, alors ? Toi et Alaë ?
- D'accord. »
« Modifié: 08 Mai 2013 à 00:20:25 par ambriel »
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
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Hors ligne LeBossu

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Re : Ekin
« Réponse #1 le: 22 Avril 2013 à 11:34:17 »
Juste un truc avant de commencer :
Donc c'est une sorte de suite de Ptula, ou c'est complètement différent (j'ai l'impression qu'on ne retrouve pas les personnages de Ptula ? :\? ).
Et alors ?

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Ekin
« Réponse #2 le: 22 Avril 2013 à 11:55:20 »
C'est pas la suite, mais ça se passe plus ou moins dans le même monde (dans la même plaine) mais beaucoup plus loin. Enfin genre les nomades sont dans une zone de la plaine, et eux dans une autre.
Mais à la réflexion, j'ai pas assez poussé ça, il y a des éléments qu'il faut que je rajoute pour que ça soit plus clair que ça se passe dans le même monde (c'était pas prévu à la base et après j'y ai plus pensé  :-[)
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
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Re : Ekin
« Réponse #3 le: 23 Avril 2013 à 13:58:35 »
Bonjour bonjour !

Juste une - ah non - deux petites remarques faites au fil de la lecture :
Citer
Et à papa et maman, et même à Avel, le chat des vents sauvage qui les avait adopté depuis quelques années.

adoptés

Citer
L'innocence, la joie de vivre et la curiosité avaient gentiment laissé la place à la détermination et à une espèce de dangereuse indifférence.
Je n'aime pas trop cet "espèce de", il me semble que ça rend la phrase lourde et ça casse le rythme du texte.

Ah, et peut-être encore une toute petite :
Citer
Ses yeux avaient fini par se tarir, et son cœur était en passe.
C'est personnel, mais je ne suis pas fan.

Comme je suis une nouvelle venue, je ne connais pas Ptula et j'ai donc découvert le texte sans le situer dans un arrière-plan particulier mais cela ne m'a posé aucun problème.
J'ai bien aimé le début, la façon dont le monde dans lequel les personnages évoluent se dessine peu à peu, par petites touches. J'ai aussi apprécié le mélange de simplicité et de poésie de l'écriture.
Bref, j'ai lu le texte avec plaisir et je suivrai Ydril, Soan et Alaë vers la ville avec curiosité !

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Ekin
« Réponse #4 le: 25 Avril 2013 à 13:13:37 »
Je passe pour répondre du coup...
Aquarelle : Merci de ton passage ! Je suis contente que tu aimes bien, et c'est gentil ce que tu dis  :-[. Pour les trucs que tu as relevé je vais voir ça !

Du coup, je vais mettre la suite à tout hasard  :-¬?  :-[



Ils allaient aller là-bas... Alaë avait un peu peur de ce qui pourrait arriver, mais quelle excitation, quel vertige ce serait, tant d'émotions rassemblées en un même lieu ! Il ne savait pas s'il préférait partir pour la boule d'émotions ou rester ici avec Ydril et Soan qui auraient fait un petit. Ils ne semblaient pas en avoir l'intention, pour l'instant. Alaë attendrait. Il était patient.

*

   Le garçon changeait. Il était plus ouvert, plus serein. Il n'était plus Ekin, ce gosse perdu au milieu de nulle part, abandonné dans la plaine. Il était Ydril, grandi trop tôt, compagnon de Soan et d'Alaë. Ou plutôt il commençait à être Ydril, et il comptait bien le devenir pleinement.
   Ils levèrent le camp un beau matin, d'un commun et soudain accord. Ils prirent une direction au hasard, car comme avait dit Soan, en marchant tout droit on finirait bien par atteindre le bout de la plaine. Ils n'étaient pas pressés.

*
Ils étaient partis, mais dans la mauvaise direction ! La boule d'émotions qui grondait était de l'autre côté, Alaë la sentait ! Il devait les avertir.
*

   Le chat des vents ne cessait de miauler, feuler et s'arrêter en pleine marche. Ydril, exaspéré, finit par se tourner vers lui :
   « Qu'est ce qu'il y a, Alaë ? »
   Le félin le fixa et fit quelques pas dans la direction d'où ils venaient. Puis il se retourna et miaula.
   « A mon avis, il veut qu'on le suive, déclara Soan.
- Et qu'est-ce que tu en sais, toi, d'abord ?
- Je sais pas, on dirait c'est tout.
- D'accord, alors suivons-le. »
   
*

Alaë était soulagé : ils avaient enfin décidé de le suivre. Il se mit à trotter sereinement et étendit ses sens alentour. Oui, c'était bien par là-bas. Il crut sentir une autre boule d'émotions, plus loin, très faiblement. La sensation disparut.

*

   Ils se débrouillaient toujours pour avoir de quoi se nourrir, mais juste ce qu'il fallait. Ils passaient la plus grande partie de leur journée à marcher. Malgré tout, au fil des jours, les deux enfants s'appréciaient de plus en plus. Ils avaient tant l'impression de se reconnaître mutuellement l'un dans l'autre qu'ils finirent par agir de manière presque identique, par avoir les mêmes tics, les mêmes postures.
   Un jour, Alaë redressa soudainement la tête et sembla sentir ou écouter autour de lui avec curiosité. Ydril et Soan l'observèrent, interloqués. Il n'avait encore jamais fait cela.
*

Alaë sentait un étrange tourbillon de sentiments non loin. Ils étaient flous et tumultueux, comme si l'humain ne savait plus trop bien ce qu'il était. Très intéressé par un tel phénomène, Alaë se dirigea vers sa source sans plus se préoccuper de ses humains. Ils le suivraient sans doute.

*

   Le chat des vents changea brutalement de direction. Ils le suivirent, courant presque tant celui-ci semblait pressé d'arriver à destination. Enfin, ils aperçurent ce qui l'intriguait : au milieu du morceau de nulle part qu'était la plaine se dressait un chariot immobile. On distinguait une silhouette plus loin, qui semblait marcher au hasard. Le trio s'approcha. La scène était effarante : deux ânes morts étaient attelés au chariot, et le jeune homme qui se tenait non loin n'avait que la peau sur les os, était peu vêtu et se parlait à lui-même. Ils l'écoutèrent quelques instants :
   « On vient des plaines, vous savez. On est venus changer de vie, on peut faire à peu près tout ce qu'on nous demandera. On veut juste gagner notre vie. On pourra loger ici, alors ? Oui, je sais que c'est une auberge, mais je ne sais pas trop ce qu'est une auberge, vous voyez ?... d'accord. Qu'en penses-tu, Ptula ? On est bien ici, non ? »
   Il hocha la tête comme à une réponse et reprit sa litanie insensée. Ils s'approchèrent de lui et Ydril le salua d'un ton hésitant. Le jeune homme tourna la tête vers eux, les considéra un instant d'un regard vide et se détourna.
   « Il est fou, déclara Soan.
- On dirait qu'il ne nous voit pas.
- Il va mourir si on le laisse ici. Comme ses ânes.
- On ne peut pas vraiment l'emporter avec nous.
- Il a peut-être de la nourriture dans son chariot, on pourrait la lui donner.
- Peut-être. »

*

Ses deux humains des plaines sentaient l'incompréhension et le malaise. Ils ne faisaient plus attention à lui. Alaë décida donc d'aller renifler l'humain aux émotions étranges. Être si près  lui faisait tourner la tête. S'il n'avait été qu'un chaton, Alaë aurait vacillé et serait tombé sur le derrière en miaulant plaintivement. Mais il était un chat des vents adulte, fort. Il commençait à s'habituer à cette sensation. Il y trouvait même un certain plaisir, un peu malsain. Inquiet, Avel recula. Alaë recula ? Il ne savait plus...

*

   Ydril eut une exclamation surprise : Alaë venait de s'écrouler. Il se précipita vers lui et le prit dans ses bras. Le chat des vents pendait lamentablement, aussi flasque qu'un cadavre frais. Pourtant, le garçon sentait son cœur battre follement derrière ses côtes. Soan le rejoignit.
   « Qu'est ce qu'il a ?
- Je... je crois que c'est l'autre, il doit... je ne sais pas.
- Il faut l'éloigner d'ici.
- Mais, alors, on l'abandonne, lui ?
- C'est lui ou Alaë. Tu choisis.
- D'accord, alors on s'en va. »
   Ils s'éloignèrent donc, jetant un dernier regard au jeune homme qui riait à présent de bon cœur.
   Alaë s'éveilla quelques temps plus tard, pour pousser un miaulement plaintif et refermer aussitôt les yeux. Son cœur s'était calmé et il semblait avoir un peu repris le contrôle de son corps. Il dormit presque une journée entière dans les bras du garçon puis se remit à marcher tranquillement à leurs côtés.
   « Tu crois qu'il était là depuis longtemps ? Si ça se trouve si on reste trop longtemps dans la plaine, on va devenir comme lui.
- Si ça se trouve, on est déjà comme lui et on ne le sait pas. Si ça se trouve Alaë est jamais venu me chercher, et t'existes pas, répliqua Soan.
- Mais si, j'existe, je le sais bien quand même !
- C'est aussi ce que tu me dirais si c'était pas vrai.
- Ça m'étonnerait, je sais pas mentir.
- Juré ?
- Juré. Et toi, Soan, t'existes hein ?
- Oui. Juré aussi. »
« Modifié: 28 Avril 2013 à 19:41:50 par ambriel »
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  • Aède
  • Messages: 233
Re : Ekin
« Réponse #5 le: 27 Avril 2013 à 13:35:14 »
Coucou !

Ah, la suite :)

Citer
Il ne savait pas s'il préférait partir pour la boule d'émotions ou rester ici avec Ydril et Soan qui auraient fait un petit.
Je sais que ce n'est pas la pensée d'un humain mais d'un chat des vents et du coup l'expression est moins bizarre, mais malgré tout ça m'a fait un peu drôle cette "boule d'émotions."

Citer
qu'ils finirent par agir de manière presque identique, à avoir les mêmes tics, les mêmes postures.
Petit problème de construction : qu'ils finirent... à avoir les mêmes tics etc. Il faudrait quelque chose comme : "qu'ils finirent par agir de manière presque identique, par avoir presque les mêmes tics..."

Citer
Alaë sentait une étrange présence de sentiments non loin.
"Une étrange présence de sentiments", c'est un peu curieux. Après, c'est à toi de voir comment le chat doit s'exprimer et à quel point ses expressions doivent se distinguer d'un langage humain habituel.

Citer
Le trio s'approcha et remarqua alors plusieurs choses : deux ânes morts étaient attelés au chariot, et le jeune homme qui se tenait non loin n'avait que la peau sur les os, était peu vêtu et se parlait à lui-même.
Je n'aime pas trop ce "plusieurs choses" et je trouve qu'on pourrait très bien s'en passer.

Citer
Le chat des vents pendait lamentablement, aussi flasque qu'un cadavre frais.
ça m'a fait bizarre ce "frais"

Citer
Si ça se trouve si on reste trop longtemps dans a plaine, on va devenir comme lui.
il manque le "l" du "la": "la plaine"

Eh bien je continue à suivre les personnages avec intérêt. J'ai trouvé que l'écriture était peut-être un peu moins bien que le premier passage en devenant vraiment très épurée. J'aurais pour ma part bien aimé avoir un peu plus de pensées du chat des vents, par exemple lorsqu'il entre en contact avec l'homme. Là, tu fais sentir son désarroi et on comprend qu'il y a un problème mais peut-être que tu aurais pu décrire un tout petit peu plus ce contact, ou plutôt la façon dont il est perçu par le chat.
Mais ça se lit toujours bien ! :)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Ekin
« Réponse #6 le: 28 Avril 2013 à 11:33:07 »
Citer
   Il posa une dernière fois la main sur le visage de sa sœur. Tenta de ne plus se souvenir de ce qu'elle avait été. Ses yeux, sa démarche, sa voix, son rire. Disparus dans les flammes. Ekin se releva,  noua ses longs cheveux bouclés au petit bonheur la chance, saisit son sac et s'en alla, se détournant des cadavres et des ruines de la maison. Laÿs, papa et maman nourriraient les bêtes sauvages. Il ne tenta pas de refouler ses larmes. Plus personne n'était là pour les voir, de toute façon. Elles coulèrent le long de ses joues, avec discrétion, comme par respect pour son deuil. Elles se semèrent sur la terre sèche comme autant de fleurs d'eau, traçant le chemin de son errance. Le soleil ne tarda pas à les effacer.
Je trouve que l'entrée en matière est très jolie :)

Citer
Puis, une nuit, par hasard, il leva la tête.
:coeur:

Citer
Et à papa et maman, et même à Avel, le chat des vents sauvage qui les avait adoptés depuis quelques années.
Au collège, j'avais un camarade de classe qui s'appelait Avel, alors ça me fait bizarre  :D *fin du commentaire totalement inutile*

Citer
à ce moment là
moment-là

Citer
Quand il disait à Luys combien il trouvait effrayante une telle perspective, elle se mettait à rire et lui frottait gentiment la tête.
Ah mais Luys c'est pas le même personnage que dans Ptula ?


Partie 2 -->

Citer
partir pour la boule d'émotions
c'est joli !

Citer
Inquiet, Avel recula. Alaë recula ? Il ne savait plus...
J'aime bien ce passage :)

Citer
si on reste trop longtemps dans a plaine
la



J'aime beaucoup ! :) Bien plus que Ptula. Je trouve ce texte plus original au niveau de l'ambiance, au niveau des personnage, du sentiment étrange de mystère un peu lointain dans lequel il nous plonge. J'ai beaucoup plus de sympathie pour Ydril, Alaë et Soan que pour Ptula et Luys. J'aime beaucoup le concept et le personnage du chat des vents :) Et en effet, Ptula prend tout son sens ici ; mais je pense que tu devrais vraiment relier les deux, explicitement - je sais pas trop comment mais bref, si on sait pas que Ptula n'est qu'une sorte de spin off, on peut pas comprendre le texte ! :P
Bref, j'aime et j'ai hâte de lire la suite !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Étincelle

  • Invité
Re : Ekin
« Réponse #7 le: 28 Avril 2013 à 12:30:01 »
J'aime beaucoup la façon dont l'histoire commence, en plein dans l'histoire. L'univers est super, avec le chat des vents, le désert et tout ça, j'ai envie d'en savoir plus tant il m'a plu.
Et les personnages sont sympas aussi, on s'y attache facilement. Et puis ton style d'écriture! bref, ceci est un commentaire inutile mais j'ai vraiment adoré! Hâte de lire la suite!

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Ekin
« Réponse #8 le: 28 Avril 2013 à 19:36:13 »
 :) Merci beaucoup de vos commentaires tous gentils  :-[

Aquarelle : je suis d'accord avec la plupart de tes remarques, je vais voir ça ^^
Pour le passage de la rencontre d'Alaë et Luys, hum... je ne sais pas trop, je vais voir
Merci !


Mil :  Hii merci *_*
Citer
Citer

    Quand il disait à Luys combien il trouvait effrayante une telle perspective, elle se mettait à rire et lui frottait gentiment la tête.

Ah mais Luys c'est pas le même personnage que dans Ptula ?

Ah zut, j'ai oublié de changer XD. En fait pour la petite histoire, j'ai nommé la soeur d'Ekin et le personnage principal de Ptula de la même manière de façon totalement random, sans m'en apercevoir. Quand on m'en a fait la remarque, j'ai trouvé ça débile et j'ai changé vite fait le nom de la soeur. Trop vite fait, apparemment. Je change ça !
Et ok pour tes remarques !

Etincelle : Merci beaucoup !

Ah là là les gens vous me gâtez  8) (non, sérieux, je suis toute contente que ce texte soit apprécié, parce que même si c'est contre-nature, je le nème  :-[)


EDIT : j'ai changé deux trois trucs en fonction de vos remarques, et tenté de parler des caravanes dans le début du texte, pour inclure un peu l'idée que ça se passe dans le même monde que Ptula.
Du coup, si vous voulez bien, je poste la suite   ^^



*

   Alaë était encore tout retourné de sa rencontre avec Celui-Qui-Ne-Sait-Plus. C'était effrayant, de faiblir autant en présence d'un seul humain. Il comptait bien ne jamais retenter l'expérience. Un tel fouillis de sensations, de mensonges et de vérités... Alaë espérait, par égard pour l'homme, qu'il périrait rapidement.

*

   Ils marchèrent encore. Si longtemps qu'ils commencèrent à se demander si la plaine avait bien une fin. Ils trouvaient toujours plus ou moins de quoi manger, mais le décompte du temps qui passait finit par leur échapper. Un jour cependant, ils parvinrent au bout de la plaine. Sauf que ça n'était pas du tout tel qu'ils l'avaient imaginé. Ils se tenaient devant une grille si gigantesque qu'ils n'en voyaient pas le sommet. Des deux côtés, des animaux de toutes tailles et de toutes formes étaient collés aux barreaux. Certains étaient minuscules, de la taille de souris, et les plus grands se trouvaient de l'autre côté : des sortes de lézards rouges, aussi hauts qu'un homme au garrot. Les autres étaient pour la plupart des bêtes à fourrure. Certains bougeaient encore vaguement, mais la plupart étaient si amorphes qu'ils semblaient morts. Les enfants se tinrent prudemment à l'écart et regardèrent au-delà des bêtes. Un chemin pavé partait de la barrière et serpentait entre les arbres jusqu'à ce qui ressemblait tout à fait à une ville, au loin. C'était coloré, lumineux, grand. Ça avait l'air beau.

*

   Alaë savait que quelque chose n'allait pas. Il y avait de grandes barres de métal, toutes froides, et ceux qui se tenaient tout contre... ils n'éprouvaient rien. Ils n'avaient pas de sourires cachés, même très profond. Pas de peur non plus. Ni de colère. Ils n'avaient rien, rien du tout. Ils étaient comme des cailloux, et pourtant ils vivaient. Et plus il s'approchait de la grille, plus il se sentait devenir comme eux. C'était comme un oubli, une sorte de mort. Toute sa vie passée lui paraissait soudain si futile ! Le métal était attirant, rassurant. Avel se frotta aux barreaux et commença à oublier.

*
   « J'aimerais bien aller la visiter, cette ville.
- Tu crois qu'on peut passer de l'autre côté de la barrière ?
- Peut-être qu'il y a une porte quelque part.
- Et peut-être pas.
- J'espère qu'il y en a une, ça a l'air beau de l'autre côté.
- Oui, mais je n'ai pas envie de passer près de ces animaux... regarde-les ! Quelque chose cloche vraiment.
- C'est vrai. C'est peut-être dangereux. Mais j'ai quand même envie d'y aller.
- Moi aussi. On peut peut-être passer au dessus de la grille.
- Non, elle est beaucoup trop grande. On n'a qu'à chercher un passage. »
   Ydril baissa les yeux vers le chat des vents. Celui-ci se frottait contre la barrière de métal en ronronnant. Inquiet, le garçon le prit dans ses bras d'un geste brusque. Alaë eut un miaulement plaintif mais ne se débattit pas.

*

   Les souvenirs d'Alaë revenaient. Il eut peur soudain. Quelles étaient ces choses ? Il ne s'en approcherait plus jamais. Il avait failli se perdre. Il devait veiller sur ses deux humains, sans quoi eux aussi se feraient prendre au piège. Quelle tristesse pour ces animaux... ils étaient condamnés depuis longtemps. Disparus, mais encore là pourtant.

*

   Les enfants décidèrent de suivre la grille chacun de leur côté, et de faire demi-tour à la nuit tombée, pour se retrouver au milieu et partager leurs découvertes. Ydril partit donc à gauche, Alaë toujours dans les bras, et Soan se dirigea vers la droite. Au bout de quelques pas, celle-ci se retourna un instant, pour regarder ses compagnons s'éloigner le long de la grille. Elle était vaguement inquiète, sans trop savoir pourquoi. Mis à part le comportement anormal des animaux, aucun danger ne semblait les menacer. Elle secoua la tête et se remit en marche. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était plus retrouvée seule ! Soan ne savait même plus trop comment se comporter.

   Ils suivirent donc la grille jusqu'à la tombée de la nuit, et firent demi-tour comme convenu. Ils se heurtèrent quelques heures plus tard, dans le noir.
«  Soan, c'est toi ?
- Ydril ? J'ai trouvé quelque chose ! Une espèce de grande porte en bois. J'ai pas osé y toucher. Et toi ?
- Moi, rien... mais il y avait des animaux tout du long.
- Oui, moi aussi. Ça me fait un peu peur... on n'a qu'à dormir ici et repartir demain matin.
- Bonne idée. Bonne nuit, Soan.
- Bonne nuit, Ydril. »

   Le lendemain, ils furent réveillés par un appel. Sur leurs gardes, ils se redressèrent.
   « Hého, vous deux ! Oui, vous ! Qu'est-ce que vous faites là ? »
   Un petit personnage se tenait debout de l'autre côté de la grille et les regardait. Il avait d'immenses yeux d'un vert sombre, sans pupilles, un visage ovale et des cheveux blonds en bataille  sur lesquels était juché un énorme haut de forme jaune vif pourvu d'un ruban pourpre. Le bonhomme était vêtu d'un costume bleu ciel merveilleusement bien coupé, et il arborait un sourire éclatant.
   « Euh, bonjour...
- Bonjour ! Qu'est-ce que vous faîtes là, à dormir par terre ? Il ne faut pas trop s'approcher de la grille, vous savez, ça peut être dangereux... enfin, c'est pas moi qui le dit, c'est la loi ! Comment vous vous êtes retrouvés de l'autre côté ?
- Quel autre côté ? C'est vous qui êtes de l'autre côté ! Et puis vous venez d'où, d'abord ?
- Eh bien, de la ville, comme tout le monde ! Vous êtes en train de me dire que vous vivez dans ce désert ? Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu d'habitants de l'autre côté... il faut absolument que je vous présente au roi !
- Au roi ?
- Bien sûr ! Au fait, je me présente : Dracolys Mephitor. Mais vous pouvez m'appeler Draco. Et vous ?
- Je suis Ydril, et voici Soan et Alaë.
- Quels drôles de noms vous avez ! Enfin, je m'oublie. Venez, suivez-moi, je vais vous faire entrer. »
   Les deux enfants s'entre-regardèrent, Soan haussa les épaules et ils suivirent Draco le long de la grille, en direction de la porte qu'elle avait vue la veille. Ydril se pencha vers elle et se mit à chuchoter :
   « Je n'y comprends rien. Tu crois qu'on peut lui faire confiance ? Il ressemble un peu à ces petits démons dans les histoires que me racontaient mes parents.
- Il a l'air plutôt gentil, non ?
- Justement, je le trouve très étrange... et qui sait ce qu'il y a derrière cette grille ? C'est sûrement dangereux.
- Il y a des chances. Mais qu'est-ce qu'on a à perdre ? Tu veux savoir ce qu'il y a là-bas oui ou non ?
- Promets qu'on se séparera pas.
- Promis. » répondit Soan en lui prenant la main.
   Ils atteignirent enfin le portail. C'était une chose gigantesque, aussi haute que la grille, en bois massif.
   « Reculez ! Je vais ouvrir. »
   Ils s'exécutèrent, et après quelques instants les deux battants s'écartèrent lourdement, comme si la porte était fatiguée. Draco se tenait derrière, souriant toujours. Alaë s'approcha de l'entrée et renifla l'air de l'autre côté. Il fit un bond en arrière, les poils hérissés, puis s'avança à nouveau et tapota l'air de sa patte, comme s'il avait trouvé quelque jouet invisible. Enfin, visiblement calmé, il revint vers les enfants.
   « Il est bizarre, votre animal ! »


*

   Alaë n'avait jamais rien vu de pareil. De l'autre côté, c'était... complètement différent. L'air n'avait pas la même odeur, ni la même consistance. Et surtout, il sentait une myriade de sentiments émaner de là-bas au loin. Même eux étaient différents ! Il n'en reconnaissait aucun. Pourtant c'en était, il en était persuadé... Tout cela inquiétait un peu Alaë. Mais quelle excitation de découvrir de nouvelles émotions ! Quant à cet humain... il était étrange. Il ne riait que d'un côté.
« Modifié: 08 Mai 2013 à 00:31:17 par ambriel »
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Re : Ekin
« Réponse #9 le: 28 Avril 2013 à 21:14:42 »
Citer
Des deux côtés, des animaux de toutes tailles et de toutes formes étaient collés aux barreaux.
J'avoue que j'ai un peu de mal à visualiser... Déjà comme on sait pas trop quel type d'animaux peuplent le monde de ton texte, je sais pas trop à quoi je dois penser pour les imaginer. Ensuite, je trouve que c'est un peu trop flous : y en a partou-partout ? Massés les uns contre les autres ? Ou c'est moins bizarre que ça ? Ils bougent ou sont totalement immobiles ? Bref, j'ai un peu de mal à visualiser, et du coup c'est pareil dans la suite du texte, sur ce point-là.

Citer
Il y avait de grandes barres de métal, toutes froides
Je crois que c'est toute froides, dans ce cas-là...

Citer
regarde les !
regarde-les
c'est normal qu'y ait pas de tirets de dialogue dans cette partie ?

Citer
en direction de la porte qu'elle avait vu la veille.
vue


Ah, je croyais que c'était la fin !
Ben c'est toujours prenant, je suis fan d'Alaë :) Je trouve Draco un peu trop convenu comme personnage (alors que tout le reste dans le texte tire vers une ambiance originale), mais pourquoi pas. J'attends la suite ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Ekin
« Réponse #10 le: 02 Mai 2013 à 16:41:01 »
Mil : merci beaucoup ! Je corrige ça. Je vais essayer de rendre ça plus clair au niveau des animaux alors ^^
La suite (oui je le remonte de façon tout à fait fourbe, je sais je sais). C'est toujours pas fini, poster toute la fin d'un coup aurait été trop long XD



*

   Les enfants s'avancèrent et franchirent la limite d'un pas hésitant.
   « Allons allons, ne traînez pas ! De quoi avez-vous peur ? Personne ici ne vous mangera ! »
   Ils se tenaient à présent sur un chemin pavé qui serpentait entre les collines et menait à la ville au loin. Celle-ci semblait rayonner de blancheur, comme si elle était faite de craie ou d'ivoire. Le paysage était enchanteur, comparé à leur désert : l'herbe était parsemée de fleurs, des arbres poussaient çà et là, et tout semblait foisonner de vie.
   « Bon, eh bien allons-y ! Venez !
- Qu'est-ce qu'un roi ?
- Un roi ? C'est celui qui dirige, pardi.
- Qui dirige quoi ?
- Ben, tout le monde ! C'est celui qui prend les décisions.
- A la place des autres ? Quelle drôle d'idée...
- Eh bien, c'est comme ça ! Voyez-vous, je travaille moi-même pour le roi. Je suis son conseiller et son portier.
- Son portier ?
- Oui, c'est à moi que revient la tâche d'ouvrir la Grande Porte quand un invité s'y présente. Ou sur ordre du roi.
- Et vous l'avez ouverte souvent, cette porte ? Parce qu'on n'a jamais entendu parler de vous.
- Jamais ?
- Jamais !
- C'est fâcheux. Voyez-vous, le roi est quelqu'un de bien. Tout le monde l'apprécie, car il est bon et juste. Je suis sûr qu'il sera ravi de vous rencontrer. »
   Ydril réfléchissait à tout cela en contemplant le paysage. Dans quoi étaient-ils en train de s'aventurer ? Ne valait-il pas mieux retourner chez-eux tant qu'il en était encore temps ? Puis il se souvint qu'après tout, ils n'avaient plus de chez-eux depuis longtemps.
   Il sentit un frottement contre sa jambe et baissa les yeux : Alaë marchait à ses côtés. Le chat des vents semblait se méfier de Draco, et de ce pays en général. Saisi d'une impulsion, le garçon le prit dans ses bras et le serra contre lui, comme lorsqu'il était enfant. En ce temps-là, Avel aurait poussé un miaulement de protestation, et Ekin aurait rit d'avoir embêté le chat. Ydril eut un début de sourire à ce souvenir, et Alaë se mit à ronronner.
   Quand ils atteignirent les portes de la ville, des hommes portant des armes, que leur guide désigna comme des gardes, saluèrent Draco avec respect. Ydril comme Soan se rappelèrent soudain avoir vu de tels gens dans des histoires, quand ils étaient petits.  Ils les laissèrent passer et le quatuor pénétra dans la cité. Ils traversèrent des rues aux bâtiments d'un blanc éclatant, et aucun de ceux qu'ils croisèrent ne ressemblaient au portier. Ils étaient tous très grands, et arboraient un air digne et sérieux. Ils portaient des vêtements très colorés, souvent des sortes de toges, mais de manière bien plus élégante que Draco. Soan regardait autour d'elle avec un ravissement mêlé d'anxiété. Tous ces énormes bâtiments clairs aux formes étranges, tous ces gens habillés de rouge profond, de safran, de vert tendre... elle se sentit soudain misérable dans ses haillons et prit conscience de ne s'être pas correctement lavée depuis une éternité.
   De son côté, Ydril remarquait surtout combien leur petit protecteur détonnait dans cette foule. Il ne semblait même pas appartenir à la même espèce.
   « Draco ?
- Hm, oui ?
- Vous n'êtes pas pareil que tous ces gens... vous venez d'ailleurs, comme nous, non ?
- En quoi cela te regarde-t-il, jeune homme ?
- Pardonnez-moi, j'étais juste curieux.
- Il n'y a pas de mal. Oui, je viens d'ailleurs. »
   Et la conversation en resta là. Ils atteignirent bientôt le palais. C'était un bâtiment d'une clarté éblouissante, plus léger et plus haut que ceux de la ville, pourvu de nombreuses tours percées de fenêtres. On aurait dit une sculpture taillée dans de l'os. Les gardes qui en défendaient l'entrée étaient vêtus d'une livrée mauve.

*

   Alaë regardait, sentait, reniflait autour de lui. Tout était tellement nouveau qu'il devait être sans cesse aux aguets. Ce palais exhalait une émotion à lui seul. Mais Alaë ne parvenait pas à déterminer laquelle. Ça n'était pas vraiment positif, mais pas vraiment négatif non plus. Alaë ne comprenait pas ce monde. Il devait veiller sur ses humains.

*

   Les couloirs étaient interminables. Leurs pieds foulaient d'épais tapis richement brodés, et leur regard était sans cesse attiré par une nouvelle décoration au mur. Enfin, ils franchirent une grande porte dorée et entrèrent dans la salle du trône. Le plafond était si haut qu'on le voyait à peine, et pourtant la pièce était bien éclairée. Tout au bout, sur un siège d'ébène orné de dorures, se trouvait le roi. Ils approchèrent, leur guide se fendant de maintes courbettes ridicules.
   « Mon seigneur, voici deux enfants venant de l'autre côté de la Barrière. Je les ai trouvés ce matin même. Ne sont-ils pas charmants ? Un peu sales, peut-être, mais nous allons régler cela. »
   Le roi resta de marbre. Il se tenait assis très droit, et regardait devant lui d'un air un peu sévère. Il n'avait pas bougé depuis leur entrée dans la salle. Draco eut un sourire grimaçant.
   « Très bien, nous allons les laver, les habiller et leur donner une chambre, et ils participeront au banquet ce soir, bien sûr. Ils vous remercient de votre bonté. Au revoir, votre seigneurie. »
   Ydril et Soan échangèrent un regard entendu, mais suivirent néanmoins le petit homme, qui les mena dans une chambre spacieuse et luxueuse comme ils n'en avaient jamais vue. Le lit était entouré de rideaux d'un riche tissu bleu nuit et le sol était recouvert d'un tapis si épais que leurs pieds s'y enfonçaient. Les meubles étaient construits de bois sombres et gravés de motifs végétaux.
   « Quelqu'un va venir vous faire couler un bain, et on va vous apporter des habits. Restez bien sages jusqu'à ce que je vienne vous chercher pour le banquet. Si vous avez des questions, les serviteurs sont là. J'ai à faire. »
   Et Draco s'en fut, les laissant seuls. Une femme d'âge mûr ne tarda pas à frapper à la porte :
   « Voici vos habits pour ce soir. On va venir vous apporter l'eau chaude pour le bain. Nettoyez-vous bien, habillez-vous et nous reviendrons vous coiffer. »
   Elle repartit sans leur laisser le temps de répliquer. Les enfants déplièrent les costumes avec des yeux ronds : il y avait pour Soan une robe d'un rouge profond qu'on aurait dit recouverte de lierre noir tant les broderies étaient réalistes, et un costume d'un bleu sombre cousu de fils d'or pour Ydril. Alaë entreprit d'explorer la pièce. Il renifla dans tous les coins d'un air méfiant, puis sauta sur le lit, s'y roula en boule et s'assoupit.
   Des serviteurs vinrent verser des bacs d'eau brûlante dans la grande baignoire. Quand celle-ci fut pleine, on les laissa seuls. Ils se dévêtirent et s'y installèrent, munis de brosses et de savons. Tout en se frottant vigoureusement, Ydril posa la question qui leur brûlait tous deux les lèvres :
   « Le roi... il est vivant, tu crois ?
Je ne sais pas. Il n'a pas bougé, ni parlé, ni rien ! Et pourtant Draco a fait comme s'il avait entendu quelque chose.
On aurait dit une statue ! Si ça se trouve Draco fait semblant, et c'est lui qui dirige tout.
Les autres s'en seraient aperçu.
Tu crois ? »
   Une fois leur bain terminé, leurs cheveux furent brossés et coiffés par des servantes, qui les aidèrent également à s'habiller.
   « Qu'est-ce que vous avez comme nœuds ! D'où vous venez comme ça, pour qu'on s'occupe si mal de vous ?
- On vient de nulle part, et on vit tous seuls. Et puis on s'occupe très bien de nous nous-mêmes.
- Vraiment, vous vivez seuls dans ce désert ? Mes pauvres chéris, ça doit être affreux ! Vous avez bien de la chance d'avoir rencontré Draco.
- Peut-être...
- Il va y avoir un grand banquet en votre honneur. J'espère que vous allez apprécier les plats. J'ai de bonnes amies en cuisine qui se démènent en ce moment même !
- Ah, c'est gentil de leur part.
- Tiens, toi ma belle je vais te faire un chignon, ça te va ? Tu as un joli visage, ça serait dommage de le cacher. Dona, tu n'as qu'à faire une tresse au garçon.
- Très bien. »
   Une fois les femmes reparties, les enfants se dévisagèrent mutuellement. Cela faisait bien longtemps qu'ils n'avaient pas été aussi propres ni bien coiffés. Ils avaient l'impression de se redécouvrir.  Débarrassés de leur saleté, les cheveux de Soan étaient d'un brun chaud, et le chignon mettait son cou et son visage fin en valeur. Ceux d'Ydril, plus clairs, contrastaient avec son teint un peu mat. Leurs regards se croisèrent, et Ydril faillit rougir.
   « Tu... tu es très jolie, comme ça, Soan."
        Elle sourit.
   « Toi aussi, Ydril. On y va ? »
   
*

   Que ce lit était confortable ! Il avait fait un bon somme. Ydril et Soan vinrent le réveiller et lui dirent qu'ils allaient à un banquet. Alaë ne savait pas en quoi cela consistait, mais il les suivit sans rechigner.  Ses humains avaient changé. Ils sentaient le savon et leurs habits rutilaient.

*
« Modifié: 08 Mai 2013 à 00:34:01 par ambriel »
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Re : Ekin
« Réponse #11 le: 02 Mai 2013 à 19:35:39 »
Salut !

Dans l'ensemble, j'ai bien aimé. Et j'ai envie de savoir la suite.

J'aime beaucoup le personnage du chat, un personnage qui perçoit plus de choses que les autres, mais qui ne peut pas toujours leur dire. Ça doit être très frustrant. Peut être décrire ce qu'il voit d'une manière plus "animale" :
Citer
Ekin était devenu Ydril. Avel était devenu Alaë. Et Celle-Qui-Rêve-De-Joie était devenue Soan.
Je trouve qu'il comprend trop bien le langage des hommes (même si il est très intelligent).

Citer
Ekin n'avait pas encore cet espèce de dégoût universel qui pousse au suicide.
J'approuve sa manière de penser  ;D

Sinon, je pense que les dialogues sont assez crédibles, étant donné que ce sont des enfants. Mais bon, ça n'est pas mon point fort non plus, donc cette réflexion est sûrement inutile.

Je n'ai pas encore lu Ptula, donc je ne peux pas comparer. Mais j'aurais aimé avoir plus de précisions quant au décor, et au animaux, effectivement. La barrière a l'air d'avoir un effet intéressant sur eux.

Bref, je ne suis pas sûre que mon commentaire va t'être très utile pour avancer, mais bon, ça vaut mieux que rien.
Au plaisir !
Dieu n'a pas fait de paupières pour les oreilles.

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Re : Ekin
« Réponse #12 le: 02 Mai 2013 à 22:23:55 »
Bonsoir bonsoir !
Oh, la suite !!!
Et j'ai justement besoin de faire une pause, là...
Allez, c'est parti, je lis, parce qu'en plus j'ai pris du retard :)

Sur le premier passage - enfin le premier depuis mon dernier passage, donc l'avant-dernier :
Citer
Ils se tenaient devant une grille si gigantesque qu'ils n'en voyaient pas le sommet. Des deux côtés, des animaux de toutes tailles et de toutes formes étaient collés aux barreaux. Certains n'étaient pas plus grands que des souris, et les plus grands se trouvaient de l'autre côté :aussi haut qu'un homme au garrot, c'étaient des sortes de grands lézards rouges. C'étaient les plus remarquables. Les autres étaient pour la plupart des bêtes à fourrure.
Je n'aime pas trop ce paragraphe... Ou plutôt il y a deux petites choses que je n'aime pas trop dans le paragraphe :
La répétition de "grands"
Je crois qu'il manque un espace avant le "aussi" et un "s" à "haut"
La répétition de "c'étaient"

Citer
Il y avait de grandes barres de métal, toute froides
Euh, je crois, moi, que c'est "toutes froides". Le français est traître sur la question, mais j'ai vérifié, et apparemment pour le cas d'un adjectif commençant par une consonne ou un h aspira, le "tout" s'accorde en genre et en nombre avec le nom.

Sur la suite :
Citer
L'herbe était parsemée de fleurs, des arbres poussaient ça et là
çà

Citer
Pris d'une impulsion, le garçon le prit dans ses bras et le serra contre lui, comme lorsqu'il était enfant.
ça fait deux "pris"

Citer
Ils portaient des vêtements très colorés, mais de manière bien plus élégante que Draco. Beaucoup portaient des sortes de toges.
deux fois "portaient"

Citer
C'était un bâtiment d'une blancheur éblouissante,
Citer
aux bâtiments d'un blanc éclatant,
Citer
Celle-ci semblait rayonner de blancheur
Alors là ce n'est pas vraiment un problème, parce que c'est vrai que ces expressions sont assez éloignées les unes des autres, mais malgré tout j'ai trouvé qu'elles se faisaient vraiment écho et qu'on se disait un peu "tiens ! encore du blanc plus blanc que blanc !"

Citer
Cela laissa le roi de marbre.
Je n'aime pas cette phrase, je trouve que quelque chose comme "Le roi resta de marbre" passerait mieux.

Citer
Les meubles étaient construits de bois sombres
Je n'aime pas trop cette expression...

Citer
Une femme d'âge mûr ne tarda pas à venir frapper à la porte :
   « Voici vos habits pour ce soir. On va venir vous apporter l'eau chaude pour le bain. Nettoyez-vous bien, habillez-vous et nous viendrons vous coiffer. »
ça fait beaucoup de "venir"... C'est vrai qu'il est pratique, ce verbe :)

Citer
il y avait pour Soan une robe d'un rouge profond qu'on aurait dit recouverte de lierre noir tant les broderies étaient réalistes, et un costume d'un bleu sombre cousu de fils d'or pour Ydril
Et Alaë, il n'a droit à rien ? :)

Citer
« Le roi... il est vivant, tu crois ?
Je ne sais pas. Il n'a pas bougé, ni parlé, ni rien ! Et pourtant Draco a fait comme s'il avait entendu quelque chose.
On aurait dit une statue ! Si ça se trouve Draco fait semblant, et c'est lui qui dirige tout.
Les autres s'en seraient aperçu.
Tu crois ?
»
Il manque les tirets du dialogue.

Citer
« Qu'est-ce que vous avez des nœuds !
Cette phrase sonne un peu drôle. "Qu'est-ce que vous avez comme nœuds" ou autre chose, peut-être ?

Citer
Une fois les femmes reparties, les se dévisagèrent mutuellement
Il manque un mot.

Bon, ben mis à part ces petites remarques, j'ai poursuivi ma lecture avec plaisir. J'ai peut-être été un tantinet déçue par la description de la ville tant attendue... C'est vrai que tu donnes des couleurs, un peu des formes... Mais je ne la vois pas trop. C'est peut-être aussi un choix.
Mais voilà, j'attends la suite et la fin maintenant !
« Modifié: 02 Mai 2013 à 22:38:54 par Aquarelle »

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Re : Ekin
« Réponse #13 le: 02 Mai 2013 à 23:16:01 »
Citer
Pris d'une impulsion, le garçon le prit dans ses bras
pris/prit

Citer
et Ekin aurait rit d'avoir embêté le chat
ri

Citer
Qu'est-ce que vous avez des nœuds !
je suis pas sûre que ça se dise, ça. "qu'est-ce que vous avez comme noeuds" ou à la rigueur "de noeuds", non ?

Citer
et on vit tous seuls
je crois que c'est "tout seuls"

Citer
les se dévisagèrent mutuellement.
bug !

Dans ce passage, il y a beaucoup de phrases qui ont la structure en virgule + et. Comme c'est très fréquent, je trouve que ça finit par se remarquer et donner une impression de répétition...

Toujours sympa à lire :)
Par contre j'ai moins accroché qu'avant, parce que c'est moins original : on n'a plus l'ambiance mystérieuse et envoûtante de cette plaine, là c'est plus convenu. Et il n'y a presque plus d'interventions du chat, alors que j'avais l'impression, au début, qu'il était plus ou moins à égalité avec les humains par rapport au temps de parole (enfin pas en quantité mais en importance pour l'histoire ; là on dirait juste que tu nous livres deux-trois pensées du chat pour qu'on n'oublie pas qu'il est là). Mais bon, j'attends de voir la suite avant de te jeter la pierre :P
En tous cas, j'ai hâte de savoir la fin, c'est fluide et j'aime toujours les personnages :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Ekin
« Réponse #14 le: 08 Mai 2013 à 01:07:23 »
Salut !
Je réponds en retard mais bon... ^^ Donc déjà merci à toutes de vos passages ^^

Fahrenheit :

Citer
Citer

    Ekin était devenu Ydril. Avel était devenu Alaë. Et Celle-Qui-Rêve-De-Joie était devenue Soan.

Je trouve qu'il comprend trop bien le langage des hommes (même si il est très intelligent).
Ouaip, c'est pas faux... mais je tiens un peu à ce qu'il comprenne ce moment. On n'a qu'à dire que sa compréhension est beaucoup passée par les émotions  :-¬?

Citer
Je n'ai pas encore lu Ptula, donc je ne peux pas comparer. Mais j'aurais aimé avoir plus de précisions quant au décor, et au animaux, effectivement. La barrière a l'air d'avoir un effet intéressant sur eux.
Ptula n'a pas grand chose à voir ^^
Pour les décors et les animaux... j'ai toujours eu beaucoup de mal à décrire des lieux, parce que je ne les imagine pas très clairement moi-même en général. Et quant  aux animaux, j'avais pourtant essayé d'améliorer un peu, je vois que c'est pas encore ça  :-X

Merci ! (et si, ça m'aide un commentaire, enfin surtout j'aime bien avoir les avis des gens sur l'histoire et tout)


Aquarelle :

J'ai essayé de modifier les passages dont tu parles. Pour Alaë, non je ne pense pas qu'il ait quelque chose, pour les servantes ce n'est qu'un animal un peu étrange ^^ mais je verrai à l'occasion si je rajoute un truc (genre ridicule du coup)

Citer
J'ai peut-être été un tantinet déçue par la description de la ville tant attendue... C'est vrai que tu donnes des couleurs, un peu des formes... Mais je ne la vois pas trop. C'est peut-être aussi un choix.
Euh ben, pourtant j'avais essayé de faire des efforts, j'ai beaucoup de mal avec les descriptions... j'essaierai + alors, du coup.

Merci pour ton commentaire !


Mil : Pareil j'ai essayé de corriger ce que tu as relevé.

Citer
Dans ce passage, il y a beaucoup de phrases qui ont la structure en virgule + et. Comme c'est très fréquent, je trouve que ça finit par se remarquer et donner une impression de répétition...
Euh ok je vais voir ça

Citer
Par contre j'ai moins accroché qu'avant, parce que c'est moins original : on n'a plus l'ambiance mystérieuse et envoûtante de cette plaine, là c'est plus convenu. Et il n'y a presque plus d'interventions du chat, alors que j'avais l'impression, au début, qu'il était plus ou moins à égalité avec les humains par rapport au temps de parole (enfin pas en quantité mais en importance pour l'histoire ; là on dirait juste que tu nous livres deux-trois pensées du chat pour qu'on n'oublie pas qu'il est là)
Une ambiance mystérieuse et envoûtante ? Euh ah  :o  merci XD. Ben, je sais pas, désolée que ce soit convenu c'était pas spécialement voulu ^_^'
Pour Alaë ben c'est juste qu'il a pas grand chose de plus à dire vu que c'est des dialogues... j'essaierai de voir si je peux le faire parler plus alors.
Merci !


Du coup je vous mets la suite (et fin)





*
   Draco vint les chercher comme convenu, et les conduisit à la salle du banquet. Les tables étaient déjà toutes occupées lorsqu'ils arrivèrent, et les convives discutaient calmement. Des plats de toutes sortes attendaient d'être mangés. Le silence se fit et une centaine de paire d'yeux leva la tête à leur entrée. Tous deux se crispèrent, comme pris en faute. Les gens les considérèrent un moment, puis reprirent leurs discussions. Draco s'installa à la droite du roi, et leur désigna leurs sièges près de lui. A peine furent-ils attablés que le repas commença. Ydril jeta un coup d’œil au roi. Celui-ci était assis devant une assiette vide.
   Les mets étaient excellents, mais les enfants, peu habitués à manger autant, se contentèrent de picorer chaque plat, au risque de paraître impolis. Soan tiqua : il lui semblait qu'une voix l'appelait, à la limite de son ouïe. Elle scruta autour d'elle, mais personne ne semblait s'intéresser à elle. Elle secoua la tête. Peu de temps après, il arriva la même chose à Ydril.
   Puis, vers le milieu du repas, il leur sembla que leurs oreilles se débouchaient et une voix retentit dans leurs esprits :

   « Les enfants. Soan et Ydril, c'est bien cela ? Je suis heureux que vous soyez venus jusqu'ici. Je me présente : Turyen Zaschina, roi en ce pays. »

   Ils firent un bond sur leur chaise et regardèrent autour d'eux avec stupeur. Là encore, personne ne les appelait. Alors ils se tournèrent vers le roi. Celui-ci n'avait pas bronché.

   « N'ayez pas peur. Je ne puis bouger, mais je communique avec vous par l'esprit. Mon bon Draco ne vous a pas expliqué ce que signifiait être roi ici ? Voulez-vous que je vous raconte une histoire ? »


   Hésitants, ils hochèrent la tête.

   « Vous avez dû remarquer que cet endroit n'était pas comme chez vous. C'est un morceau de monde qui s'est détaché un jour, et a atterri dans ce désert. Je sais que cela paraît impossible, mais c'est en tout cas ce que raconte la légende. Il se trouve que les habitants de ce pays sont incapables de gouverner. Pourquoi ? Personne ne le sait. Sans roi, la région fut plongée dans le chaos pendant des années. Et puis un jour, Draco arriva d'on ne savait où, et déclara être l'intendant du nouveau roi. Personne ne savait de qui il parlait, mais un beau matin il se dirigea vers la grille, et accueillit l'homme qui se trouvait derrière comme l'on aurait accueilli un prince. L'homme était seul, mourait de faim et n'avait plus rien à perdre. Il se fit adopter dans ce monde et apprit leurs us et coutumes. Puis un jour, bien des années plus tard, Draco dit à l'homme « Nous avons besoin d'un roi, et tu en as l'étoffe. Tu es le seul ici à pouvoir exercer cette fonction, et je suis là pour te conseiller. Acceptes-tu de porter ce fardeau ? ». L'homme ne savait trop que répondre, et demanda de quel fardeau son ami parlait. « Être roi en ce pays est un grand honneur et un grand sacrifice. Pour prouver sa loyauté aux dieux, le nouveau roi accepte de leur abandonner sa capacité à se mouvoir et parler. En échange les dieux lui offrent le don de télépathie et l'immortalité. Sans roi, notre pays est perdu. Acceptes-tu ? » L'homme réfléchit, puis accepta. Cela s'est passé il y a bien des années. Des siècles même, peut-être. »


   « Et cet homme, c'est vous ? »

   « Oui. Draco m'a également confié que je ne connaîtrai le repos que lorsqu'un autre habitant du désert se présentera à la grille, et acceptera de me relayer. Bien sûr, j'ai tout le temps du monde et personne ne vous forcera. Si vous voulez partir, personne ne vous en empêchera. Je tenais juste à vous informer rapidement. Vous devez être inquiets, comme je l'ai été. »

   Ydril et Soan étaient livides. Ils continuèrent de picorer leurs assiettes pour faire bonne mesure, mais leurs esprits étaient ailleurs. Alaë bondit sur les genoux du garçon, les poils hérissés, et se frotta contre sa poitrine. Ydril le caressa d'une main distraite. Il lui tardait d'être seul à seul avec Soan, pour pouvoir parler de ce qui venait de se passer. Il se demandait s'il n'était pas devenu fou.
*

   Ses humains étaient tous bouleversés ! C'était cet homme étrange. Il était le contraire des animaux de la grille : il ne bougeait pas, ne semblait pas vivant, et pourtant ses émotions étaient fortes et vives. Il ne semblait pas vouloir leur faire de mal. C'était plutôt agréable, cet endroit. Il y avait beaucoup d'émotions, mais pas un tourbillon comme celui de l'homme seul dans le désert. Ici les émotions étaient plus calmes, plus reposantes.

*
   Une fois revenus dans leur chambre, Ydril et Soan s'entre-regardèrent un bon moment sans rien dire. Puis ils débattirent longuement de la situation. Comme le roi en son temps, ils n'avaient plus rien à faire dans leur pays d'origine, et celui-ci les intriguait. Mais se résoudre à ne plus bouger, à vivre éternellement ? Si au moins ils étaient sûrs que quelqu'un prendrait un jour leur place...     Un tel sacrifice ne se décidait pas à la légère. Une chose était claire, ils souhaitaient tous deux rester. Soan voulait absolument découvrir ce pays, et Ydril ne pouvait qu'être d'accord. Quand l'aube pointa, ils étaient parvenus à un commun accord : ils resteraient, et... advienne que pourra. Il était bien trop tôt pour prendre une décision définitive.

*

   Alaë était confiant : tout irait bien, à présent. Ici, avec du temps, ses humains retrouveraient leurs sourires cachés. Et peut-être qu'il y aurait des petits, un jour ? Qui riraient, riraient à en perdre haleine...







? Épilogue ?

   Soan éclata de rire devant l'air outré d'Alaë. Le vieux chat des vents avaient beau faire semblant de prendre la petite Laÿs de haut, jamais ses griffes ne l'effleuraient. La femme pouvait affirmer sans trop prendre de risque que ces deux là s'adoraient. Comme pour confirmer ses pensées, Laÿs saisit un peu brusquement le félin dans ses petits bras et serra de toutes ses forces. Le chat ne broncha pas. Soan se retourna : son fils aîné venait d'apparaître à la porte de la chambre :
   « Maman ? Papa m'a dit de te dire de le rejoindre dans la salle du trône pour je sais pas quoi.
Très bien, j'y vais. Tu surveilles ta sœur en attendant ?
Si tu veux.
Edren ?
Oui ?
Souris un peu plus, ça fera plaisir à Alaë ! »
   Le garçon eut un sourire amusé et regarda sa mère s'éloigner. Edren soupira. Il ne pouvait s'empêcher de penser sans cesse au moment où ses parents décideraient de se faire couronner.

*

   Alaë était heureux : cela avait pris des années, mais ses humains avaient fini par retrouver leurs sourires. Et il y avait des petits, à présent, qui riaient à en perdre haleine.
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

 


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