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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]

Auteur Sujet: [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]  (Lu 10177 fois)

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[Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« le: 20 Février 2013 à 19:28:08 »
Boujour bonjour !

Voilà donc "Petites Cruautés" (eh oui, c'est de moi  :P), mon texte pour le dernier Blind Text. Enfin, en version longue. Sinon il y avait quelque 700 mots de trop donc... Voilà, vous avez ici la VO.

Pour le texte en lui même, je sais pas trop quoi en penser, honnêtement. Je l'aime beaucoup, mais je vous avouerai qu'il a été écrit très vite (à environ deux heures de la clôture du Blind Text, en fait), et comme pour tout texte que j'écris vite, je pense qu'il y a dedans un peu trop de moi. Plus un déballage qu'un texte, une déchirure qu'une structure. Il enfonce sans doute les portes grandes ouvertes, et c'est une sorte de coup de gueule, mais ça reste quand même un texte, alors j'espère que vous l'aimerez bien.






Petites Cruautés.




Il y a des souris dans les murs. Parfois, on les entend la nuit, elles courent et courent dans les plafonds, entre les sols, petites, agiles. Leurs yeux aveugles sont clos à la lumière, leurs corps ridicules se glissent dans les anfractuosités.


Ils sont dans la voiture depuis ce matin. Ils sont dans la voiture depuis ce matin, c'est l'été, il fait horriblement chaud, et l'embouteillage qui les empêchait d'avancer depuis près de trois heures vient enfin de les libérer. C'est Papa qui conduit. Gros papa dans son grand polo, tout suintant de sa sueur et de son énervement, il appuie sur la pédale comme un dingue, parce qu'il veut toutes les distancer ces putains de bagnoles, et partir loin de cet embouteillage et après tout qu'est-ce qu'ils foutent tous sur l'autoroute un dimanche de vacances, ces connards ?  Maman est à coté, toute maigre dans son short de toile parce qu'il faut être confortable en voiture, la bouche pincée par l'attente, énervée par cette conduite trop brutale qui secoue ses os dans tous les sens. Elle voit le paysage qui défile et elle sent ses mains moites, horriblement moites et la sueur qui coule entre ses seins aplatis. Elle a le brushing en l'air mais aussi quelle idée de faire un brushing pour un voyage pareil alors elle se contente de tenir un peu plus fort la plante qu'on offrira à Belle-Maman en arrivant, parce qu'il y a plus de place dans le coffre et que les enfants sont derrière. Les enfants, elle les entend qui se disputent dans son dos, pleins encore de la tension de l'immobilité et ils en crieraient presque, et leurs petites voix flutées se balancent des horreurs, des horreurs d'enfants. Elle fronce les sourcils et se retourne comme un fauve à la première insulte. La tension monte encore et Papa fait une embardée parce que s'il y a bien une chose qu'il supporte de moins en moins c'est la voix de Maman. Le chien aboie parce qu'il sent l'agressivité, et parce qu'il n'en peut plus de rester là assis entre ces deux enfants qui crient, ces enfants adorés qui ne jouent même plus avec lui. Alors Papa râle parce que bon sang ce sale chien, on aurait dû le laisser chez tes parents, il empeste la voiture, et Maman réplique vertement et c'est leur tour de se disputer avec des horreurs, des horreurs d'adultes. Les enfants sont calmés et les écoutent attentivement, ils enregistrent. Et le chien qui aboie toujours et encore plus quand on lui hurle Ta gueule.

On ne les aime pas trop, ces bestioles. Elles ne dérangent pas vraiment, mais elles couinent, elles font des petits bruits la nuit et même sans jamais les voir on sait qu'elles sont là. Alors on commence à s'énerver parce qu'elles sont chez Nous, et qu'on ne veut pas de corps étranger à l'intérieur. Sales bêtes, voilà ce qu'on dit.

Elle n'aime pas aller à l'école. Les petites filles sont méchantes et les garçons se moquent d'elle. Mais elle y va tous les matins, elle prépare son cartable et maman lui fait son déjeuner et elle fait un bisou au chat puis elle sort prendre le bus. Elle a peur de prendre le bus, mais encore plus de le rater parce qu'alors là maman râle et c'est branle-bas de combat à la maison et tout le monde crie, et elle doit supporter les regards de reproche pendant deux jours. Elle n'aime pas déranger. Elle ne veut pas prendre trop de place. Alors elle se lève, elle se tait, elle fait des bisous et un sourire et elle sort pour aller attendre le bus, même si elle a dix minutes d'avance, même si elle a les larmes aux yeux parce qu'elle n'aime pas aller à l'école. Dans le bus, elle a toujours peur qu'il n'y ait pas de place et de devoir rester debout, mais elle en trouve quand même le plus souvent. Sauf quand quelqu'un ne veut pas s'asseoir sur le siège d'à coté, se décaler d'une toute petite place pour lui en faire une à elle qui en prend trop. Dans ces cas là elle reste debout au milieu de l'allée, elle essaie de ne pas tomber pendant le trajet. Puis ils arrivent et elle est toujours la première ou la dernière a descendre, parce que des fois l'envie de quitter l'enfer du bus est plus forte, et d'autres fois c'est l'envie d'éviter l'enfer de l'école qui l'est. Elle passe le portail et elle se plante dans un coin de cour, sous un arbre, et elle regarde les autres qui ne veulent pas d'elle dans leurs groupes parce qu'ils sont déjà trop serrés et parce qu'elle prend trop de place. Alors elle regarde et elle attend la sonnerie, l'heure d'entrer en classe, parce qu'alors c'est plus facile d'être toute seule et de ne parler à personne. Mais il y a les regards toujours, et à chaque fois qu'elle entend le rire d'une fille dans son dos elle croit qu'il est pour elle, alors elle se tortille sur sa chaise, elle tire son T-shirt sur ses fesses, elle baisse la tête se recroqueville. Trop de place. « Une enfant discrète », ils disent. Discrète. Mais peut être pas encore assez.

Sales bêtes, oui. On veut s'en débarrasser. On n'aime pas les intrus. Alors on commence par faire monter le chat dans le grenier. Brave bête, il faut qu'il se dégourdisse. Mais au fond ce qu'on pense c'est « après tout il est là pour ça, c'est pas pour rien qu'on l'a ramassé ». On le monte dans le grenier, là où on entend tous les petits bruits, souvent on l'appâte avec un bout de jambon pour qu'il y grimpe, puis on referme la porte, la trappe, le battant derrière nous et on le laisse là, même si il est tout seul et qu'il est dans le noir. « C'est sa nature », on dit. Alors on le laisse là.

Quand ils ont vu le champ, ils ont tout de suite poussé des cris de joie. Ils ont jeté leurs vélos le long du chemin, et ils ont couru, de toute la force de leurs petites jambes. Les œufs qu'ils ont utilisés pour bombarder la porte de la vieille, qui habite au bout de leur rue, se sont cassés en tombant de leurs paniers. Ils ont des sourires édentés qui leurs montent jusqu'aux sourcils, ils s'essoufflent mais ils sont bientôt au milieu du champ et il y a des meules de paille, et des petits monticules de terre entre les rangs de blé coupé. Ils montent sur les meules en riant, ils chahutent, se courent après. Ils jouent à éviter les petits terriers, veulent attraper les sauterelles, ont un lézard à la place. Le plus âgé des deux, de quelques mois à peine, propose qu'on lui arrache la queue parce que tu verras, ça va être marrant. Alors sous les yeux émerveillés du plus jeune il laisse tomber le lézard au sol, le lézard-sans-queue qui court qui court, et il devient invisible en un froissement d'herbes. Mais il l'est déjà, parce qu'ils sont tous les deux penchés sur la main du plus grand, à regarder la queue, ce petit bout de chair morte qui bouge encore, et c'est fascinant pour eux de voir qu'ils ne peuvent peut-être pas tout détruire. Mais ça les énerve aussi, alors ils attendent impatiemment, ils veulent voir quand la queue cessera de bouger et quand ils auront gagné. Mais elle continue longtemps encore, et tout ce temps ils restent penchés, jusqu'à ce qu'un cri d'oiseau retienne leur attention alors ils laissent tomber le bout de lézard, et ils cherchent des cailloux pour voir qui vise le mieux.

On le laisse là. Trois jours ou quatre, ça dépend. On oublie un peu qu'il est là-haut, mais on a pensé à accrocher un post-it sur la porte du Frigo, alors tout va bien. Et quand on refait sortir le chat du grenier, il en descend en vitesse, et on ne se demande pas un instant si ce n'était pas un peu étrange de le laisser là, si ce n'était pas un peu cruel. On ne se le demande pas, parce qu'il a le ventre rebondi et les moustaches pleines de souris, et on se dit qu'au final, c'était quand même une bonne action, pour lui comme pour nous. Et on s'endort le soir en étant content parce qu'il n'y a plus de bruit, là-haut dans les poutres. « Enfin tranquille », dit-on.

Ils ont arrêté de se disputer, mais le silence est toujours lourd dans la voiture. Derrière, les enfants regardent un film, hypnotisés devant l'écran du lecteur portable. Maman a les yeux fixés sur le paysage et quand même qu'est ce que ce serait bien d'être enfin arrivés, mais il reste encore trois heures d'autoroute et puis on devra prendre les petites routes mince on n'arrivera pas à l'heure, font chier ces embouteillages il faudra qu'on appelle Belle-Maman à la prochaine aire.  Papa conduit déjà plus tranquillement, mais ils n'en sont pas moins secoués par ce qu'il appelle sa conduite sportive et qui n'est rien d'autre qu'une conduite de brute. Il fait toujours chaud, ils ont encore raté un embranchement, et le chien pue. Alors il tapote le volant du doigt, il est énervé, et bientôt une guêpe entre à travers la fenêtre grande ouverte et se pose sur son doigt, et c'est comme si sa phalange était pincée entre les dents pointues d'une ridicule mâchoire en fer. Alors il fait un grand geste avec le bras pour déloger la sale bête, il crie, Maman crie, les enfants crient, le chien aboie. Ils font un grand écart sur la route, on les klaxonne, Papa répond en hurlant Connard et Maman s'énerve ne parle pas comme ça devant les enfants et ils repartent pour un tour, aboyant encore, et le chien d'aboyer plus fort qu'eux. Alors Papa en a marre et Papa s'arrête sur le bord de la route sans mettre son clignotant, descend pour ouvrir la portière de derrière, et Papa attrape ce putain de chien puant par le collier et le tire vers lui et ils se retrouvent sur le bord de l'autoroute, le chien qui couine et le maître qui gueule, et Papa en a marre alors il remonte dans la voiture même si Maman crie Mais qu'est-ce que tu fous putain et même si les enfants pleurent parce que quand Papa redémarre le chien est toujours dehors. Et la voiture de repartir, et ils entendent les aboiements à cause des fenêtres ouvertes et ils crient encore plus fort Papa Papa arrête toi, parce que le chien leur court après en aboyant plus fort toujours. Alors Papa remonte les vitres et crie Fermez-la, et ils la ferment parce que Papa fait peur quand il crie. Et ils continuent leur route avec les aboiements en moins. Mais au fond, avec les fenêtres fermées, il y a toujours cette sale odeur. Ce truc qui pue, ce truc si sale. Peut être pas le chien, finalement.

Mais elles recommencent à faire du bruit, un jour où l'autre. Trois jours ne suffisent pas pour que le chat les mange toutes, alors on pense à peut être le renvoyer là-haut, mais il ne se laisse plus prendre, non. Alors on cherche. On cherche un autre moyen d'éradiquer le nuisible, qui au fond ne l'est pas vraiment. On veut juste chasser l'intrus.

La petite blonde avec ses deux tresses n'a pas arrêté de la regarder depuis ce matin. Elle se sent bizarre, encore plus mal que d'habitude, alors elle tortille elle tortille, elle n'arrête pas de baisser son T-shirt sur ses fesses, et son regard fuit. Elle est tellement recroquevillée que son nez touche presque la table, alors quand la maîtresse la réprimande elle rougit et bafouille excusez-moi et elle se redresse, mais mal parce qu'elle ne sait plus le faire, et son dos est un peu courbé un peu tordu et tout le monde s'en fiche parce que la grosse s'est faite engueuler, enfin, c'est pas trop tôt. Trop de place. Elle baisse les yeux à nouveau et il y a toujours ce petit regard bleu pas loin d'elle, ce regard indéchiffrable qui refuse de la lâcher. Quand ils sortent à la récréation ce matin là elle retourne dans son coin de cour et s'apprête à regarder tout le monde, comme d'habitude, mais elle n'est plus toute seule parce que la fille blonde est derrière elle. Tu es toujours là ? Tu es toute seule ? Oui, oui. Oui aux deux oui à tout. Laisse moi tranquille, je ne veux pas t'embêter. Je prends trop de place. Laisse-moi. Mais la fille s'en fiche, elle essaie de parler, et elle babille et elle babille mais Elle ne parle pas, elle se contente de tourner la tête et les yeux parce qu'elle a peur. Alors la plus petite s'énerve, s'impatiente. De toute façon t'es pas marrante. Et elle s'en va. Et elle reste là, toute seule. Encore. Trop de place. Un petit caillou lui atterrit dans le dos. Sale grosse. Et un concert de rires encore. Alors elle court vers les toilettes et elle pleure, et elle vomit et elle ne veut plus sortir, même dix minutes après, même vingt minutes après, même quand tous les adultes de l'école sont là dehors à l'appeler et à gronder. Trop de place, même là-dedans, et c'est comme si elle étouffait. Qu'est ce qui fait vomir les petites filles ?

Débute la grande farandole : les pièges, les tapettes, le chat, qu'on essaie de faire regrimper là-haut, sale bête, les baquets pleins d'eaux pour les noyer et bientôt les boulettes de poison un peu partout, bien cachée parce que quand même, il faut faire attention, si le chat ou les enfants les trouvent ? Voilà où on en est : on met la vie de ceux qu'on aime en danger, pour chasser quelques souris invisibles qui ne font presque pas de bruit. Mais les pas sont de moins en moins nombreux au dessus de la tête la nuit, alors on ferme les yeux et on dort un peu mieux.

Ils n'ont pas touché les oiseaux, mais ils ont trouvé un rat mort. Ils ont un peu joué avec puis ils se sont lassés alors ils ont arrêté. Ils sont retournés sur les meules de foin, allongés sous le soleil d'après midi, sans rien dire et commençant déjà à s'ennuyer. Vite, trouver quelque chose. Quelque chose à faire ou je disparaîs, ou je m'endors, ou je meurs. Dis, c'est quoi ces tas de terre ? Rien, ça doit être des trous de taupes ou alors des fourmilières. Et les visages s'éclairent d'un coup, parce qu'au fond, ils aiment bien faire des conneries. Même si elles sont méchantes. Tu veux dire qu'il y a des trucs vivants dessous ? Ils redescendent des meules, se plantent tous les deux de part et d'autre d'un terrier. Ils se regardent, regardent le trou, se regardent à nouveau, un sourire fou sur les lèvres, un sourire de dingue, un sourire de petit monstre. Aux dents pointu et aux yeux méchants. On les écrase ? Ouais ! Et ils sautent sur la fourmilière-taupière, ils s'en foutent de ce que c'est vraiment. Ils bouchent les sorties en riant comme des fous sans penser aux milliers de petit corps qui s'écrasent sous leurs pieds et aux autres, moins nombreux, qui vont s'asphyxier là-bas en bas. Ils rient. Ça commence à peine. 

On agit souvent ainsi avec les intrus, les invisibles, les plus petits et les plus faibles. Parce que ça fait du bien. Mauvaises actions qui font plaisir et endorment la méfiance. Les chats, les chiens, les fourmis, les taupes, les petites filles qui prennent de la place. Les souris dans les murs. On extermine tout ça, on le broie dans le sourire, dans le silence. Et comme tout va bien, on ne pense pas. On ne pense pas à tout ces cadavres qui pourrissent dans nos murs, dans nos plafonds, entre nos sols. Ces petits corps agiles aux yeux aveugles et clos. Qui pourrissent. Et pendant qu'on ferme les yeux, qu'on accumule les corps, c'est autre chose qui grandit. Une odeur, une forme de puanteur, une maladie persistante. Une forme de Peste qui empoisonne.

« Modifié: 01 Mars 2013 à 16:15:01 par Doctor Grimm »
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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #1 le: 20 Février 2013 à 22:00:24 »
Hop, c'est parti ; je colle les com' pour la partie qu'on a eue au BT, et je complèterai pour la suite :

NB : c'est mieux avec les parties en italiques, plus lisible.

2 - Petites Cruautés.

Citer
entre les anfractuosités
Huh ?  :P
Edit : ok, connaissais pas, tiens.  ^^
Citer
Les enfants sont calmés et les écoutent attentivement, ils enregistrent
Horrible… (je veux dire, super formule, mais l'effet, le sens, c'est juste tellement vrai que c'en est horrible).
Citer
Alors on commence à s'énerver parce qu'elles sont chez Nous
C'est bizarre cette majuscule à "nous", on a l'impression d'être dans le filme Les Autres.
Citer
Elle n'aime pas aller à l'école
C'est étrange ces sautes d'un narrateur à un autre. Du coup, je ne sais plus trop quoi penser du premier paragraphe. Edit : avec les paragraphes ajoutés, c'est un peu plus clair.
Citer
et elle fait un bisou au chat
Joli petit détail.
Citer
elle fait des bisous
Sauf que du coup, ça donne l'effet d'une répétition ici.
Citer
se décaler d'une toute petite place pour lui en faire une à elle qui en prend trop
Sympa. Bien déprimante l'ambiance de ce texte.
Citer
parce que des fois l'envie de quitter l'enfer du bus est plus forte, et d'autres fois c'est l'envie d'éviter l'enfer de l'école qui l'est
enfer / enfer.
Citer
Mais il y a les regards toujours
Pourquoi une inversion sur la place du "toujours" ?
Citer
un post-it sur la porte du Frigo
Je sais qu'il s'agit d'un nom de marque passé dans le langage courant, mais je le verrais plus avec une minuscule, sinon il ressort trop pour rien.
Citer
et les moustaches pleines de souris
J'aime bien l'image.
Citer
et puis on devra prendre les petites routes mince on n'arrivera pas à l'heure
Un peu plus de ponctuation, sinon on peut croire que "mince" s'applique aux routes et contient une faute.
Citer
par ce qu'il appelle sa conduite Sportive et qui n'est rien d'autre qu'une conduite de brute
Encore un de ces petits riens bien trouvés.
Citer
Et ils continuent leur route avec les aboiements en moins
Juste horrible ce paragraphe aussi…
Citer
elle n'arrête pas de baisser son pantalon sur ses fesses
Huh ? Elle remonte son pantalon parce qu'il glisse plutôt, non ?
Citer
parce que la fille bonde est derrière elle
blonde.
Citer
on le broie dans le sourire
on les broie. Et vu le ton du texte, je dirais plutôt "en faisant la gueule et en râlant".
***

Ici, le relevé reprend sur les deux paragraphes qui avaient sauté :
***
Citer
veulent attraper les sauterelles, ont un lézard à la place
Pas moyen, un lézard, c'est dix fois plus difficile à attraper qu'une sauterelle : une sauterelle, tu lui balances ta tatane, ça l'assomme, tu peux la choper et la donner au chat. [/hors-sujet]
Citer
Quelque chose à faire ou je disparaît, ou je m'endors, ou je meurs
je disparais.
J'aime bien, par contre j'ai dû réfléchir (aïe ma tête) pour comprendre ce que cette phrase venait faire là.
***
Pas mal du tout, bien. Décidément, je ne sais pas comment étaient les BT précédents, mais celui-ci me semble être un bon cru.
Beaucoup de petites formules distillées qui installent une atmosphère grise hyper déprimante et méchante, mêlées de détails mimi et enfantins pour le contraste.
Au début, l'absence de ponctuation pour les parties en discours indirect libre rapporté tout ce que tu veux, me gênaient un peu, mais elles apportent une sensation d'étouffement qui colle bien au texte.
Par contre, j'ai un peu moins aimé les paragraphes où la petite fille est narratrice. Heureusement, avec les deux paragraphes sur les garçons, on se rend un peu mieux compte que ce sont des tranches de vies brodant sur le même thème et reprenant un développement éclaté de la cruauté ordinaire et de la bêtise, sans ça, au début j'avais cru que la petite fille était un des enfants de la voiture qui rêvassait pour échapper à ce qui s'y passait.

Et en rappel, les petites notes prises lors du BT :
Quelques phrases trop longues, répétitions de celui/celle qui se berce, des petits bugs discours indirect, quelques inversions, passages rapides d'un narrateur à un autre. Pas de ponctuations pour les dialogues ? Ambiance glauque. me demande ce que je voulais dire par « bugs dans le discours indirect » ? :\?
« Modifié: 20 Février 2013 à 22:04:48 par LeBossu »
Et alors ?

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #2 le: 20 Février 2013 à 22:14:08 »
Coucou !

Ouah, toi quand tu commentes tu commentes dis donc ^^

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Alors on commence à s'énerver parce qu'elles sont chez Nous
C'est bizarre cette majuscule à "nous", on a l'impression d'être dans le filme Les Autres.
Il est GENIAL ce film hein ?

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parce que des fois l'envie de quitter l'enfer du bus est plus forte, et d'autres fois c'est l'envie d'éviter l'enfer de l'école qui l'est
enfer / enfer.
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Mais il y a les regards toujours
Pourquoi une inversion sur la place du "toujours" ?
Ben... C'est fait exprès en fait, pour le toujours et pour la répétition de "enfer"...  :-\

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elle n'arrête pas de baisser son pantalon sur ses fesses
Huh ? Elle remonte son pantalon parce qu'il glisse plutôt, non ?
Ouitoutafé je m'ai trompé  :mrgreen:

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on les broie
non en fait, le "le" se rapporte à "tout ça", du coup c'est un tout singulier et ça reste "on le broie". :huhu:

Merci pour ce relevé, je vais aller corriger tout ça u_u

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Pas mal du tout, bien. Décidément, je ne sais pas comment étaient les BT précédents, mais celui-ci me semble être un bon cru.
Beaucoup de petites formules distillées qui installent une atmosphère grise hyper déprimante et méchante, mêlées de détails mimi et enfantins pour le contraste.
Au début, l'absence de ponctuation pour les parties en discours indirect libre rapporté tout ce que tu veux, me gênaient un peu, mais elles apportent une sensation d'étouffement qui colle bien au texte.
Par contre, j'ai un peu moins aimé les paragraphes où la petite fille est narratrice. Heureusement, avec les deux paragraphes sur les garçons, on se rend un peu mieux compte que ce sont des tranches de vies brodant sur le même thème et reprenant un développement éclaté de la cruauté ordinaire et de la bêtise, sans ça, au début j'avais cru que la petite fille était un des enfants de la voiture qui rêvassait pour échapper à ce qui s'y passait.
Je suis contente que ça t'ai plu :) Par contre, il y a une petite confusion : à chaque fois, ce sont des histoires totallement differentes : la famille en route pour les vacances, la petite fille qui n'aime pas l'école, et les deux petits garçons. Pour le passage en italique, c'est... pas vraiment de la narration en fait. Plus une sorte de reflexion pour illustrer et lier les trois autres histoires du texte. Je pense que c'est cette histoire de chat qui t'a trompé  ^^ Mais non, les passages en italliques n'appartiennent pas réellement au texte, c'est plus une sorte de didascalie, d'écho  qui résonne au fil des exemples. C'est dans celui là qu'on me retrouve le plus, moi en tant que personne et non en tant qu'auteur. Mais bon ^^ J'espère que ça t'aidera à mieux comprendre.

Merci beaucoup pour ton commentaire, et à bientôt :oxo:
« Modifié: 20 Février 2013 à 22:29:19 par Doctor Grimm »
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Hors ligne LeBossu

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #3 le: 20 Février 2013 à 22:28:25 »
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Ouah, toi quand tu commentes tu commentes dis donc
Wééé, chui en feu ! Sérieusement, je n'ai peut-être pas participé à ce Nano >< Blind Text, mais il m'a bien mis la patate, ou plutôt,  tous vos textes m'ont bien mis la patate.  :D
Désolé, par contre, j'avais commencé à faire les commentaires avant que vous ne postiez dans les textes courts, donc ils se basaient sur la version BT. Mais je relirai cette version tranquilou avec tes explications en tête.  ;)
Et alors ?

Hors ligne Loïc

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #4 le: 22 Février 2013 à 18:27:44 »
J'me rappelle que j'avais bien aimé ce texte en première lecture (et des: là ça vaaaaa? pour réduire le texte xD)

Citer
c'est leur tour de se disputer avec des horreurs, des horreurs d'adultes. Les enfants sont calmés et les écoutent attentivement, ils enregistrent. Et le chien qui aboie toujours et encore plus quand on lui hurle Ta gueule

Ca marque. Dès le début, toussa. Très vrai.

Citer
Débute la grande farandole : les pièges, les tapettes, le chat, qu'on essaie de faire regrimper là-haut, sale bête, les baquets pleins d'eaux pour les noyer et bientôt les boulettes de poison un peu partout, bien cachée parce que quand même, il faut faire attention, si le chat ou les enfants les trouvent ? Voilà où on en est : on met la vie de ceux qu'on aime en danger, pour chasser quelques souris invisibles qui ne font presque pas de bruit. Mais les pas sont de moins en moins nombreux au dessus de la tête la nuit, alors on ferme les yeux et on dort un peu mieux.

J'aime les sonorités de ce passage, j'aime le fond.

Citer
Il ont

Bug

Citer
fourmilières

s en trop

Je suis partagé sur le dernier paragraphe, qui fait morale de fin de fable. Je me dis que le texte est assez efficace en lui-même. Mais en même temps... je ne sais pas.

J'ai bien aimé. C'est globalement maîtrisé, ça fait un peu froid dans le dos.

"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #5 le: 23 Février 2013 à 05:39:20 »
Doc ? Eh bah :D
J'avais beaucoup aime ton texte. Beaucoup aime le style (meme s'il restait un poil trop de fofotes) beaucoup aime la familiarite de la langue, le melange du narratif et du dialogue, tres bien joue sur ce coup.
Par contre, c'etait un peu fouillis dans ma tete, les 3-4 histoires qui se recoupaient, parce que j'essayais de trouver un point commun (a tort? a raison? je n'en sais rien...)
Bref, autant j'ai apprecie la lecture, autant je n'y ai pas compris grand-chose... :-[

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #6 le: 23 Février 2013 à 12:04:48 »
Loïc : Merci d'avoir commenté   :mrgreen:  Je suis contente que ça t'ai plu.

Xera : Ben en fait, il y a aucun lien entre les trois histoires (les passages en itallique ne comptent pas vraiment comme une histoire), c'est juste trois exemple totalement séparés et en même temps liés. Mais sinon, aucun lien entre les personnages ni quoi que ce soit, et les passages en itallique sont là pour lier le tout, pour créer un écho.
Merci d'être passée !  :D
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Hors ligne Zacharielle

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #7 le: 23 Février 2013 à 16:19:20 »
Hello Doc

Citer
leurs corps ridicules se glissent entre les anfractuosités.
pas "dans" plutôt qu'"entre" ?

Waow, la scène dans la voiture : on y est, on est saisi par l'ambiance, le rythme est maitrisé. Chapeau.

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Elles ne dérangent pas vraiment
pas tout à fait d'accord  :mrgreen:

Au risque de me répéter, j'ai envie de sortir un wow pour la scène du bus+école aussi. Il se dégage quelque chose de vraiment fort et de vraiment triste, sans être larmoyant. Une détresse aiguë.

Buh le chat tout seul dans le grenier

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Ils ont des sourires édentés qui leurs montent jusqu'aux sourcils
les gamins ? jusqu'aux sourcils ça fait bizarre (à cause de l'habitude du sourire jusqu'aux oreilles)

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Maman a les yeux fixés sur le paysage et quand même qu'est ce que ce serait bien d'être enfin arrivés, mais il reste encore trois heures d'autoroute et puis on devra prendre les petites routes mince on n'arrivera pas à l'heure, font chier ces embouteillages il faudra qu'on appelle Belle-Maman à la prochaine aire.
j'imaginais pas le personnage de la mère dire "font chier". Par ailleurs, je pensais qu'ils allaient voir la mère de la mère, pas celle du père, mais j'ai peut-être lu trop vite.

Citer
par ce qu'il appelle sa conduite Sportive et qui n'est rien d'autre qu'une conduite de brute
pas convaincue par la cap

... mais le chien !

Citer
Mais au fond, avec les fenêtres fermées, il y a toujours cette sale odeur. Ce truc qui pue, ce truc si sale. Peut être pas le chien, au final.
dommage que sale rime avec final, je trouve que ça casse un peu cette fin de paragraphe qui pourrait être un peu plus percutante.

Citer
Qu'est ce qui fait vomir les petites filles ?
:[
il est poignant ton texte...





Il est puissant ton texte. Il a un souffle qui prend au ventre. Il hurle avec beaucoup de justesse et sans jamais trop en faire, trop en montrer. Il est équilibré et rythmé, et bien sûr, il ne peut pas ne pas toucher les gens. Il est trop percutant. J'aime bien les détails qui rendent tout ça tellement crédible. Sans compter que la maitrise de ton style, la retenue, la distance contrastant avec le fond, avec les cruautés que tu relates, je trouve que ça marche super bien. Mille bravos.

Hors ligne Doctor Grimm

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #8 le: 23 Février 2013 à 17:46:04 »
Hello !

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pas "dans" plutôt qu'"entre" ?

pas convaincue par la cap

dommage que sale rime avec final, je trouve que ça casse un peu cette fin de paragraphe qui pourrait être un peu plus percutante.

C'est arrangé ^^


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Il est puissant ton texte. Il a un souffle qui prend au ventre. Il hurle avec beaucoup de justesse et sans jamais trop en faire, trop en montrer. Il est équilibré et rythmé, et bien sûr, il ne peut pas ne pas toucher les gens. Il est trop percutant. J'aime bien les détails qui rendent tout ça tellement crédible. Sans compter que la maitrise de ton style, la retenue, la distance contrastant avec le fond, avec les cruautés que tu relates, je trouve que ça marche super bien. Mille bravos.
*s'évanouit*
Merci. Merci beaucoup, ça me fait énormément plaisir. Merci merci merci merci.  :coeur:
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Re : Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #9 le: 23 Février 2013 à 18:00:48 »
Xera : Ben en fait, il y a aucun lien entre les trois histoires (les passages en itallique ne comptent pas vraiment comme une histoire), c'est juste trois exemple totalement séparés et en même temps liés. Mais sinon, aucun lien entre les personnages ni quoi que ce soit, et les passages en itallique sont là pour lier le tout, pour créer un écho.
Merci d'être passée !  :D
Ouais j'ai encore cherche midi a quatorze heures, quoi :D
Alors s'il y a aucun lien, je retire ma critique et je te dis bravo, tout court :mafio:

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #10 le: 23 Février 2013 à 18:09:32 »
Oh merci !  :'(



Ca me fait tellement plaisir qu'il vous plaise, j'y ai mis tellement de... je sais pas de quoi, de haine de rage, de tristesse, et d'habitude quand on fait un texte comme ça marche pas et bref, je suis ocntente que vous m'entendiez. Merci merci merci.
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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #11 le: 23 Février 2013 à 18:28:48 »
Etant donné que la scène de la voiture semble être narrée par un des enfants, il faudrait peut-être mettre " gros coup de volant" à la place "d'embardée", en tout cas moi lorsque j'étais môme, même si ma maman me lisait tout plein de livres, je n'utilisais sans doute pas ce mot.

D'accord pour dire que la scène de l'école est poignante, malheureusement réaliste, la cruauté des enfants est trop rarement abordée.

Tu pourrais aussi t'attarder sur le véhicule des parents, un 4x4? Un monospace? Un gros moteur? Le chien qui pourri les sièges en cuir? :-)

Anlor

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #12 le: 26 Février 2013 à 10:12:02 »
Ah ! le texte qu'on voulait que ce soit le mien !  :mrgreen:

Dans l'détail :

Il y a des souris dans les murs. Parfois, on les entend la nuit, elles courent et courent dans les plafonds, entre les sols, petites, agiles. Leurs yeux aveugles sont clos à la lumière, leurs corps ridicules se glissent dans les anfractuosités.
j'aime beaucoup ce début, je crois que c'est un de ceux qui m'a le plus marquée

Gros papa dans son grand polo, tout suintant de sa sueur et de son énervement,
suis pas fan de l'allitération, j'trouve qu'un "tout suintant de sueur et d'énervement" aurait suffit

il appuie sur la pédale comme un dingue, parce qu'il veut toutes les distancer ces putains de bagnoles, et partir loin de cet embouteillage et après tout qu'est-ce qu'ils foutent tous sur l'autoroute un dimanche de vacances, ces connards ?
(bon moi je surkiff l'indirect libre, mais je vais pas tous les relever parce que sinon on y est encore ce soir)

Elle a le brushing en l'air mais aussi quelle idée de faire un brushing pour un voyage pareil alors elle se contente de tenir un peu plus fort la plante qu'on offrira à Belle-Maman en arrivant, parce qu'il y a plus de place dans le coffre et que les enfants sont derrière.
parce qu'il n'y a plus ? (je sais pas, je trouve que la négation manque) (mais je chipote hein)

Les enfants, elle les entend qui se disputent dans son dos, pleins encore de la tension de l'immobilité et ils en crieraient presque,
pas convaincue par le "et ils en crieraient" ; c'est pas évident question logique de phrase

Elle fronce les sourcils et se retourne comme un fauve à la première insulte.
ben, si elle les entend déjà se balancer des horreurs, ils en sont pas à la première insulte ? j'ai pas tout suivi là

Alors Papa râle parce que bon sang ce sale chien, on aurait dû le laisser chez tes parents, il empeste la voiture, et Maman réplique vertement et c'est leur tour de se disputer avec des horreurs, des horreurs d'adultes. Les enfants sont calmés et les écoutent attentivement, ils enregistrent. Et le chien qui aboie toujours et encore plus quand on lui hurle Ta gueule.
:coeur:

Trop de place. « Une enfant discrète », ils disent. Discrète. Mais peut être pas encore assez.
j'aime beaucoup le passage de la petite fille, "ça me parle" on va dire

Mais ça les énerve aussi, alors ils attendent impatiemment, ils veulent voir quand la queue cessera de bouger et quand ils auront gagné. Mais elle continue longtemps encore, et tout ce temps ils restent penchés, jusqu'à ce qu'un cri d'oiseau retienne leur attention alors ils laissent tomber le bout de lézard, et ils cherchent des cailloux pour voir qui vise le mieux.
:coeur: cruauté des enfants, c'est chouette

même si Maman crie Mais qu'est-ce que tu fous putain
je comprends pas trop ton utilisation des majuscules dans le l'indirect libre. Des fois tu en mets, d'autres fois non. En fait, je suis pas sûre que ce soit nécessaire.


 Qu'est ce qui fait vomir les petites filles ?
:coeur:

Quelque chose à faire ou je disparaîs, ou je m'endors, ou je meurs.
disparais

On agit souvent ainsi avec les intrus, les invisibles, les plus petits et les plus faibles. Parce que ça fait du bien. Mauvaises actions qui font plaisir et endorment la méfiance. Les chats, les chiens, les fourmis, les taupes, les petites filles qui prennent de la place. Les souris dans les murs. On extermine tout ça, on le broie dans le sourire, dans le silence. Et comme tout va bien, on ne pense pas. On ne pense pas à tout ces cadavres qui pourrissent dans nos murs, dans nos plafonds, entre nos sols. Ces petits corps agiles aux yeux aveugles et clos. Qui pourrissent. Et pendant qu'on ferme les yeux, qu'on accumule les corps, c'est autre chose qui grandit. Une odeur, une forme de puanteur, une maladie persistante. Une forme de Peste qui empoisonne.
:coeur:

Pas dans l'détail :
Alors, c'est fou, j'ai vraiment dû lire la plupart des textes trop rapidement au moment du BT parce que j'étais passée totalement à côté du tien. Enfin, totalement, non, j'avais trouvé ça sympa mais ça ne m'avait pas marquée plus que ça.
Alors qu'à la deuxième lecture : wouh, ça claque ! Non vraiment, le lien que tu crées entre toutes ces petites saynètes sur les thèmes de l'intrus, de la cruauté enfantine de l'exclusion, je trouve ça vachement parlant et vraiment bien tourné. Mention spéciale pour les passages de la grosse et des deux petits monstres. Finalement, je crois que c'est le voyage en voiture qui m'a le moins touchée (enfin, tout est relatif hein).

Voilà voilà, big up Doc !  8)

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Re : Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #13 le: 26 Février 2013 à 13:43:54 »
Etant donné que la scène de la voiture semble être narrée par un des enfants, il faudrait peut-être mettre " gros coup de volant" à la place "d'embardée", en tout cas moi lorsque j'étais môme, même si ma maman me lisait tout plein de livres, je n'utilisais sans doute pas ce mot.

D'accord pour dire que la scène de l'école est poignante, malheureusement réaliste, la cruauté des enfants est trop rarement abordée.

Tu pourrais aussi t'attarder sur le véhicule des parents, un 4x4? Un monospace? Un gros moteur? Le chien qui pourri les sièges en cuir? :-)

En fait, la scène dans la voiture est narrée par un narrateur extérieur, mais je pense que ce sont le "Papa" et "Maman" qui t'ont trompé.  ;) Merci pour tes conseils et d'avoir pris le temps de commenter !

Anlor :

:aah: Merci merci merci beaucoup !
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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #14 le: 26 Février 2013 à 14:03:00 »
Ah, tiens, j'ai pas encore commenté, ici.

Il est temps, alors !

J'ai trouvé ce texte frais, inventif et assez léger (dans le style).

Du bon divertissement, quoi !
Bravo.

Edit : correction d'une faute
« Modifié: 26 Février 2013 à 16:11:57 par OliveDuWeb »
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

 


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