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Auteur Sujet: Chroniques temporelles - Vintage  (Lu 4916 fois)

Hors ligne Linu

  • Aède
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Chroniques temporelles - Vintage
« le: 01 Janvier 2013 à 14:08:31 »
Un son lointain. Aquatique. Sourd. Pourtant, je ne suis pas en train de barboter dans le fleuve ou dans ma baignoire. Je suis affalée sur mon lit, couette recroquevillée à mes pieds, vêtements éparpillés sur le lino. Ma tête est lourde, remplie de margaritas et autres cocktails à base de tequila. Mes jambes refusent de bouger, il doit être encore tôt. Le soleil semble déjà éclairer toute une partie de la chambre. Je sais qu'il y a quelque chose de prévu aujourd'hui, mais quoi ... ? Le son, pas si éloigné de moi que cela finalement, provient de l'objet le plus invasif de notre siècle : un téléphone portable... A fortiori le mien, caché sous l'édredon. Il fait entendre encore et encore sa sonnerie stridente, bien décidé à me faire réagir. Je remue doucement mes pieds mais refuse d'ouvrir les yeux, convaincue que la lumière est aussi nocive pour eux que pour des vampires. Je suis une créature de la nuit moi aussi, et tout interlocuteur tentant de me contacter à cette heure devrait en être conscient ! D'ailleurs, quelle heure est-il ? Petit à petit, j'atteins mon cellulaire à l'aide de contorsions et l'attrape de mon bras gauche, plus alerte que le reste de mon corps. La sonnerie s'interrompt alors - ô joie ! Pour reprendre de plus belle quinze secondes plus tard. Soupir. "Il est tenace, celui-là" pensé-je. Je n'avais pourtant rencontré personne de mémorable hier soir... Capitulant, je me convaincs d'ouvrir l'oeil, un seul, histoire d'en savoir un peu plus sur l'heure et mon contact. Les rayons de soleil sont agressifs, mais je résiste à leurs attaques ; l'écran du maudit appareil indique que mon correspondant est en réalité une jeune femme, Coralie - ma meilleure amie. Il est dix heures passées de trente minutes. Je décide de lui répondre, histoire de la récompenser de sa persévérance.
- ENFIN ! S'exclame-t-elle. Tu décroches ! Qu'est ce que tu fiches ? Ca fait bien une demi-heure que j'essaie désespérément de te joindre, j'allais finir par débarquer chez toi et défoncer ta porte ! Il est déjà tard, le marché est ouvert depuis belle lurette... On va rater toutes les pièces qui valent le coup !
Toujours survoltée ma Cora. Nous étions pourtant rentrées à la même heure au petit matin... Je me suis toujours demandée à quoi elle carburait. Je réponds par un grognement, ce qui finit de l'agacer :
- Oh je vois, tu viens de te réveiller c'est ça ? Les cuites ça te réussit pas, Miss ! Grouille-toi, enfile quelque chose en vitesse et rejoins-moi à l'arrêt Jean Macé. T'as quinze minutes, sinon je fais le tour des stands sans toi !
Je parviens à marmonner un "... mais de quoi tu parles ?" faiblard, qui reçoit pour seule réponse un "Vintage ! Dépêche !" suivi de l'interruption de la communication.
La mémoire me revient alors. Avec l'arrivée de l'été, les marchés de plein air et les foires se multiplient. Ameublement, curiosités culinaires, littérature, stylisme... Il y en a sur tous les thèmes et pour tous les goûts. Depuis quelques années, durant deux journées du mois de juin, Lyon devient capitale européenne du style Vintage, transformée en ville d'accueil d'un marché majeur consacré à la mode des époques passées. Passées, mais non oubliées, et  carrément adulées par certains afficionados.  Aussi, en nostalgiques d'un temps que nous n'avions pas connu, Coralie et moi avions pris l'habitude de nous y retrouver chaque année pour une séance intensive de shopping. Aujourd'hui est le premier jour de l'évènement.
Suivant les consignes de ma compère à la lettre, je sors prestement du placard une chemise et une jupe légère pour m'habiller, et  m'empare de mon sac à main avant de claquer la porte. Le petit-déjeuner attendra. Une correspondance de transport et six arrêts de métro plus loin, j'arrive à bon port. Coralie m'attend de pied ferme, dans une robe évasée tout droit sortie des sixties pour l'occasion. "Tu sais que tu as une tête horrible ?" me lance-t-elle, souriant jusqu'aux oreilles. Elle continue :
- Pas encore bien remise de notre petit voyage au Mexique, hein ? J'ai finalement réussi à récupérer son numéro !
Je lève un sourcil, pour l'encourager à poursuivre : "Mais si, tu sais bien... Federico, le barman... Il a fini par craquer."
- Et tu es sûre que ce n'était pas juste pour se débarrasser d'une cliente envahissante ? Plaisanté-je.
- Tu as une tête horrible, et tu es de mauvais poil !
- Mais non, je te taquine. Après tout tu l'as bien mérité, après le réveil de ce matin. J'ai failli tomber de mon lit, mentis-je.
- Je n'avais pas envie qu'on rate toutes les bonnes affaires, voilà tout. Tu me remercieras en fin de journée ! Allez viens !
Elle me tire par la manche, pressant le pas. Je sais qu'elle a raison ; les pièces rares et recherchées partent souvent en début d'évènementiel, car les connaisseurs ont l'habitude d'y être à la première heure pour négocier les prix et repartent avec leurs trouvailles aussi vite qu'ils sont venus. Cinq minutes de marche rapide plus tard, nous achetons notre billet d'entrée et découvrons les lieux.
Le marché Vintage fait la part belle à la mode vestimentaire. Quelques détaillants vendent des objets décoratifs, de l'ameublement et des oeuvres d'art - à des tarifs souvent exorbitants ! - mais près de quatre-vingt pour cent des stands proposent vêtements ou accessoires de mode. Du prêt-à-porter d'occasion aux nouvelles créations d'inspiration vintage, des folles années trente aux multicolores eighties, tout le monde peut trouver son bonheur dans ce joyeux bazar. Pas besoin de se revendiquer spécialiste, il suffit d'être curieux ! Néanmoins, s'intéresser quelque peu à l'histoire du stylisme peut aider à séparer le bon grain de l'ivraie, à esquiver les arnaques et à dénicher les bonnes affaires. Et puis, pour les adeptes des tractations sans fin, il y a toujours possibilité de négocier les prix. Le marché, en ce sens, se rapproche d'une brocante classique.
A gauche se dresse un immense hangar consacré à la mode vestimentaire; celui du fond, plus modeste en taille, rassemble les stands d'ameublement. En extérieur, une scène a été aménagée pour les différents spectacles et concours. Musiciens, compagnies de danse et anonymes en tenues rétro vont se succéder sur les planches tout le long de la manifestation, pour leur plaisir et surtout pour celui des badauds. Bien que pressée de se lancer dans la chasse aux trésors vestimentaires, je réussis à convaincre Coralie de débuter la visite par le hangar dédié à l'art décoratif. Nous décidons alors de parcourir celui-ci rapidement, en évitant tout achat et en limitant nos haltes. De l'entrée, on peut d'ores-et-déjà constater que le orange criard, typique des années soixante-dix, est une fois de plus à l'honneur pour cette édition. Dans les remarquables, Coralie me désigne un fauteuil carotte aux poils longs – qui irait selon elle merveilleusement dans son salon ; je prends quant à moi quelques secondes pour admirer un incroyable halogène mandarine au corps ondulé. Son prix, tout aussi incroyable et agrémenté de trois zéros, m'encourage à rejoindre mon amie au pas de course.
Coralie m’entraîne d'un pas rapide vers la sortie nord du bâtiment, amorce un virage, et fonce vers l'entrée voisine. La foule se fait tout de suite plus dense, et il faut déjà penser à slalomer entre les obstacles avant même de pénétrer dans le hangar immense. Nous franchissons le seuil mais l'air frais décide de rester sur le pas de la porte. A l'intérieur, la chaleur est étouffante. Je comprends pourquoi en levant les yeux : le toit est en réalité composé d'une verrière de plexiglas, enchevêtrée de poutres métalliques, où les aérations se font rares. L'effet de serre transforme l'endroit en une véritable fournaise, et la masse humaine n'arrange rien. Toutefois, la lumière étant au rendez-vous, les couleurs éclatantes des différents stands et tissus donnent envie de pousser plus loin l'exploration. Coralie m'explique qu'avant toute chose, elle souhaite trouver une robe pour un mariage futur. «C'est Typhène qui a décidé d'organiser une cérémonie rétro ! Je suis l'une des témoins, alors ce sera l'occasion de me faire repérer par tous les célibataires présents à la mairie» me dévoile-t-elle, sourire en coin. Je lui fais remarquer: «Et qu'est ce que tu fais du numéro de téléphone que tu viens de récupérer ?». Elle me rétorque avec une moue que ce n'est jamais bon de se cantonner à un seul poisson. «          Un peu comme les fringues, d'ailleurs ! » rajoute-t-elle, en faisant une halte devant une vente de jupes bariolées. Je lui explique que je continue d'avancer et qu'elle n'aura qu'à m'appeler pour me retrouver. Elle hoche la tête :« Entendu ! Te perds pas au milieu du cuir ! ».
Elle me connaît bien. Chaque année, ce marché est l'occasion pour moi de repartir à la recherche de LA veste en cuir qui me fait rêver. Oh bien entendu, je ne parcours pas exclusivement les contrées Vintage avec cet objectif. L'extraordinaire en matière de stylisme a tendance à attirer mon regard et mon porte-monnaie, et je ne me suis jamais privée d'acheter un pantalon funky ou une combinaison à pois. Mais disons que, courir après ce perfecto année après année représente ma quête personnelle du Graal vestimentaire. Un fantasme de mode. Un but inatteignable. Je l'imagine d'un noir ou brun très sombre, avec une coupe cintrée, un petit côté rock rendu par des bandes rouges ou jaunes sur les épaulettes, et une ceinture intégrée pour serrer à la taille, façon motarde... Ajoutez à cela qu'il me faut trouver quelque chose qui corresponde à mes minuscules mensurations. Et puis, étant très exigeante lorsqu'il s'agit de cuir, j'attends que la matière soit marquée par le temps, mais sans être abîmée ou tâchée. Autant dire que je recherche l'impossible dans un marché constitué majoritairement par de l'occasion... C'est ce qui fait l'attrait de la chasse, et c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles je reviens chaque mois de juin.
Le plaisir d'un voyage temporel au cœur de Lyon en est une autre. Au milieu de ces habits aux coupes anciennes, la balade au passé n'est pas seulement visuelle. Elle vous étreint les cinq sens et s'arrange pour que vous soyez complètement transporté vers une époque lointaine. J'adore l'odeur si caractéristique des matières vieillissantes, elle me rappelle celle des feuilles mortes à l'automne, celle du grenier de mes grands-parents, celle du papier jauni par les années... L'olfactif s'accompagne du toucher. J'aime passer mes mains sur les tissus, découvrir la tension entre les fils, admirer le travail du couturier, sentir les fibres usées sous mes doigts. Et alors que l'on me tend un coussin à déguster pour ravir mes papilles, je me laisse emporter par les mélodies joyeuses de rock'n'roll ou de disco et le voyage est désormais entier. Oh, bien entendu l'année de destination reste indéfinie car je ne cesse de changer de décennie, mais qu'importe d'arriver à un «  quand» lorsqu'on peut en traverser et en ressentir des dizaines. Un Borsalino posé sur ma tête, et me voilà de retour dans les années trente. Quelques minutes plus tard, un sac 2.55 entre les mains, le saut temporel me conduit en 1955 pour saluer une certaine Coco.
Et puis, au milieu de mes pérégrinations, je m'arrête, saisie. La voilà, devant mes yeux et entre mes mains, la petite merveille que je ne pensais jamais trouver. Tout y est, le cuir, la coupe cintrée, les bandes teintes de jaune canari sur les épaules, la ceinture à la taille...! Je ne peux réprimer un éclat de rire tellement je suis joyeuse de ma trouvaille. J'en oublie presque de regarder le prix, qui est élevé mais compréhensible étant donné la qualité de l'article. Je tourne et retourne la veste ; aucun défaut ne semble apparent. Les épaules paraissent larges, mais pour la taille il est toujours nécessaire de vérifier. Le détaillant me regarde d'un air réjoui, sans doute assuré d'avoir dégoté une cliente. Il m'indique qu'une cabine d'essayage est disponible:  « Avec une large glace, profitez-en tant qu'elle est libre !  ». Je saute donc sur l'occasion et, munie de mon trésor, me cache derrière le rideau. C'est aussi étriqué que dans un photomaton pour Lilliputiens là-dedans, mais le miroir est indispensable et il n'y en a pas d'autre. Coralie m'aurait fait remarquer – à juste titre – que fermer le rideau était une précaution inutile, mais j'apprécie le côté privatif de la phase d'essayage, et tant pis si cela accentue l'étroitesse de l'endroit.
Sourire aux lèvres, j’enfile une manche, puis l’autre… Ajuste le perfecto au niveau des épaules, tire la fermeture à glissière et fixe le col à l’aide des boutons pression. Serrant la ceinture à la taille, je tourne sur moi-même, histoire d’admirer le cuir sous toutes les coutures et la coupe que je désirais tant. Encore surprise d’être tombée sur cette merveille, je traverse le rideau avec entrain et lance un «Je la prends !» enjoué à destination du…


Du vendeur qui a apparemment disparu. En emportant avec lui l’ensemble de son stock, et la totalité des stands. L'a remplacé un espace chargé de meubles et ressemblant vaguement à une chambre. Au-dessus de ma tête, le toit du hangar a été troqué contre un plafond très élevé ; la lumière du jour provient non plus de verrières, mais de hautes fenêtres comme on en trouve dans les anciens appartements de tisseurs lyonnais. Le marché entier s’est volatilisé, et avec lui la foule pourtant grouillante il y a quelques secondes à peine. Cependant, un parfum rétro persiste dans l'air. Le tapis sous mes pieds arbore des motifs psychédéliques. A ma gauche, l'armoire en bois, peinte avec un orangé éclatant, est décorée d'autocollants fleuris, façon Hippie. J’entends les Beatles qui entonnent leur tube «Let it Be» sur un transistor à ma droite. Et le duo Mike Jagger - Keith Richards, placardé au mur en noir et blanc, me toise, faussement agacé par le programme radiophonique diffusé.
Ce serait un euphémisme que de parler de désorientation. En plus d'avoir migré dans l'espace, j'ai l'impression bizarre d'avoir changé de temps. Je ferme les yeux et les réouvre plusieurs fois, mais les Rolling Stones persistent devant moi et aucun stand ne refait surface. Je balbutie un timide «...Cora ?» me doutant pourtant bien que personne ne me répondra. Impossible pour moi d'expliquer ce que je fais là, au beau milieu de cette pièce inconnue alors que, peu de temps avant, je déambulais au sein d'un marché immense et familier. Mon pouls s'accélère, la légère angoisse ressentie au début laisse place à une peur grandie. Est-ce que j'ai perdu connaissance ? Je ne me souviens de rien, et encore moins d'avoir reçu un coup sur la tête ou de m'être évanouie. D'ailleurs, après une rapide vérification, je n'ai aucune trace de contusion ou commotion. Qui m'a amenée jusqu'ici, et comment ? Je n'ai pas pu venir seule dans ce lieu totalement étranger par mes propres moyens ! Peut être que l'on m'a droguée à mon insu, mais l'idée me paraît complètement saugrenue. J'étais tranquillement en train d'enfiler un vêtement ; si j'avais croisé quelqu'un de suspect, je m'en serais souvenue... Puis, une autre pensée vient me tarauder l'esprit : qu'est-il arrivé à la cabine d'essayage ? Je reconnais que c'est là une question totalement absurde et mineure ; étant données les circonstances il aurait peut-être été plus sage que je m'interroge plus amplement sur ma condition mentale. Mais, à ce moment précis, je ne parviens pas à détacher mes pensées de la cabine, qui suivant toute logique avait dû disparaître elle-aussi. Afin de confirmer cela, je pivote vivement. Je ne peux alors retenir un cri d'effroi.
Si le rideau n'est plus là, le miroir, lui, me fait face. Et me renvoie une silhouette qui ne me ressemble pas. Mes cheveux bruns et raides ont laissé la place à un casque de boucles d'un auburn artificiel habillé d'un foulard à pois. Mes yeux, pourtant grands et noisettes, sont devenus étroits et verts. Je passe mes mains et pince ces joues dorénavant bombées et fardées de rose, ce nez nouveau en trompette. Je ne suis pas en train de rêver. Celle du miroir affiche bien cinq ans de moins, dix kilos de plus et est entièrement revêtue de cuir. Le perfecto reste le seul élément inchangé. Là-devant, ce n'est pas moi, et pourtant... Pourtant, je suis elle. Incontestablement elle. Mes mouvements conditionnent ceux du reflet. Ce masque de panique dans le miroir est identique à celui qui fige mes traits depuis quelques secondes. La situation est grave, mais la peur laisse peu à peu la place à l'incrédulité. Je crie de nouveau, moins par nervosité que pour ré-entendre ma nouvelle voix. Nasale et aiguë. La poisse.
Il faut se rendre à l'évidence. Si je n'ai pas basculé dans la folie ou dans un sommeil paradoxal, j'ai... manifestement changé de corps. Et d'époque, étant donnée la tenue dont je suis affublée et le décor qui m'entoure. Je suis incapable d'en expliquer le pourquoi ou le comment, mais les faits sont là et mes sens me trompent rarement. Mon regard s'attarde sur un numéro du Progrès abandonné sur le parquet. La date de publication, implacable, vient confirmer mes conclusions : avril 1970. 1970 !
L'animateur radio assène le coup de grâce avec un joyeux «… sans aucun doute avec plaisir, chers auditeurs, que vous venez d'écouter avec nous la dernière chanson de ces quatre garçons dans l'vent, ça s'intitule «Let it Be» et c'est déjà un succès Outre-Manche...».
Malgré moi, un petit rire m'échappe. Par acquit de conscience, j'effectue un ultime test: j'ôte le perfecto, attend quelques secondes un effet qui ne souhaite visiblement pas arriver, puis remet la veste sur mes épaules. Je ne vais pas le cacher, j'apprécie l'improbable lorsqu'il se manifeste, et je suis une adepte de l'incroyable. Il faut reconnaître que c'est le genre de situations qui contribuent à pimenter la vie, et la mienne est souvent monotone. M'est avis qu'il est préférable de prendre les choses comme elles viennent, et d'éviter de se poser trop de questions. Quitte à en profiter un peu. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de découvrir un autre temps ! L'occasion est à saisir impérativement. Et tant pis si, au final, tout cela n'est qu'une expérience onirique ; mes sensations actuelles, elles, sont bien réelles, et j'espère qu'il en sera de même pour mes souvenirs.
Tout d'un coup, la porte de la chambre s'ouvre en trombe. Un jeune homme, cheveux noirs luisants, moustache fournie, fait son apparition et m'embrasse fougueusement avant même que j'aie pu réagir. «Salut ma Loulou ! T'es prête ? Pierre nous attend, je lui ai dit qu'on le rejoindrait le plus tôt possible... Ça va ? T'as pas l'air dans ton assiette aujourd'hui...T'as pas oublié quand même ?». Mon mutisme et mon air  ahuri l'incitent à poursuivre : «L'anniversaire de Suzie, ça te dit quelque chose ? Allo, on se réveille, ma belle ! Prends ton casque, on file dare-dare.». Je marmonne un «oui, oui» mal assuré et fait mine de chercher l'équipement de motarde, excellent prétexte pour découvrir le reste de l'appartement. Le petit salon accolé à la chambre fait aussi office d'entrée. Moins coloré que la pièce à coucher, sa fantaisie réside uniquement en la présence d'une paire de fauteuils bulle et d'une lampe à lave. Le reste de l'ameublement est un curieux mélange de bois massif et de formica. La radio s'arrête de chanter. Alors que je me dirige vers ce qui semble être une alcôve réaménagée en coin-cuisine, j'entends derrière moi une voix teintée d'impatience: «Mais qu'est ce que tu fiches, au juste ? Tiens, il est juste là ! Dis-donc, les yeux ne sont pas en face des trous, j'ai l'impression... Tu es sûre que tout va bien ? Tu n'es pas très causante ce matin, pour un moulin à paroles... ». L'inconnu me tend un casque boule, puis se ravise et vient le placer lui-même sur ma tête, attachant fermement la sangle sous mon menton. Je le rassure par un sourire, qu'il me rend en l'accompagnant d'un baiser sur mon nez.
- Ca va, je suis juste un peu... nauséeuse. Et puis je suis sortie du lit il y a peu de temps, alors...
- Ca ira mieux après une balade en moto ! L'air frais te fera du bien. Allez viens, ne traînons pas. Je ne veux pas faire attendre Pierrot, il veut qu'on soit là avant l'arrivée de Suzie, pour la surprise. Et, Louise, fais-moi plaisir cette fois-ci, n'enlève pas ton casque en route... Tu sais que c'est le genre de choses qui m'inquiète.
- Aucun risque ! confirmé-je.
Pour une première excursion sur un deux-roues, en plein voyage temporel, je n'ai aucune intention de faire la maligne. A fortiori lorsque je me trouve parachutée dans un corps pour l'occasion - celui d'une certaine Louise, apparemment. Je pense qu'elle serait reconnaissante que j'en prenne soin. Et sait-on jamais ? Si j'ai pris sa place, elle a peut-être pris la mienne... Auquel cas, j'espère comme moi qu'elle aura la présence d'esprit de ne pas abîmer l'emballage dans lequel elle se trouve !
Mon petit-ami d'emprunt devant moi, nous descendons les escaliers au pas de course et atteignons la rue. Jetant un œil aux alentours, je reconnais vaguement le quartier. La chaussée, en pente, est bordée d'immeubles aux hautes fenêtres, et aux soubassements en pierre de taille. Au devant des croisées, des jalousies en lamelles de bois masquent l'intimité des appartements. J'aperçois non loin de là un énorme caillou posé en plein milieu d'une esplanade. Nous sommes sur le plateau Croix-Roussien, ancienne ville des canuts. Déjà en train de faire vrombir son bolide, mains sur le guidon, mon chauffeur me lance un « Allez, grimpe !» énergique. Obéissante, je me place à califourchon derrière lui et m'agrippe fermement, passant mes bras autour de son abdomen et me collant à son dos. Je crois pouvoir affirmer à ce moment précis qu'une virée en deux-roues m'effraie plus que la traversée temporelle, mais qu'importe, l'expérience se doit d'être vécue jusqu'au bout. Alors que l'on quitte notre stationnement, j'essaie de ne pas me concentrer sur la vibration qui parcourt l'engin, ni sur les toussotements incessants du pot d'échappement. La route, en pente, relativement large mais sinueuse, ne fait rien pour me rassurer. De plus, la conduite de mon compagnon est nerveuse et rapide ; il me donne l'impression de ne jamais utiliser ses freins, et chaque virage me donne des hauts-le-coeur ! Heureusement, à cette heure-ci – midi passé d'après le chant d'un clocher à proximité – il y a peu de circulation. Les véhicules sont pour la plupart à l'arrêt et s'entassent sur les côtés de la chaussée. Les gens sont déjà attablés,   que ce soit chez eux ou dans les divers bouchons et cafés. J'en aperçois quelques-uns, hommes, femmes, enfants, fantômes de ce passé coloré, joyeux, ballotté entre révolution sociale et période Glorieuse. C'est là, durant cette descente de la Croix-Rousse, que je prends vraiment conscience d'avoir fait un bond dans le temps.
A penser au déjeuner, la faim fait son apparition chez moi. Je ferme les paupières un moment, rêvassant à mon futur premier repas-anniversaire au parfum des années seventies. En quarante ans, je ne suis pas convaincue qu'il y ait eu de grands changements culinaires mais ma curiosité reste vivace.
Subitement, nouveau haut-le-coeur, mais cette fois-ci aucune courbe de la chaussée n'est responsable. Les freins crissent, je serre les dents. Mon motard hurle. La peur revient. Je réouvre les yeux, contemple la scène et retient ma respiration. On évite de justesse un inconscient sorti en courant d'une traboule, mais l'accident est inévitable pour nous. Notre bolide dérape. La barrière de sécurité est proche, et surtout inutile étant donné la violence du crash. Je bascule dans le vide. Horreur de la chute, je hurle à mon tour. Le choc est impitoyable, et le voyage terminé.


- Tout va bien, mademoiselle?
Recroquevillée au sol, les muscles tétanisés, je suis de nouveau dans une cabine d'essayage. Accompagné d'une respiration courte, mon cœur encore battant semble vouloir s'échapper de ma cage thoracique. Je suis parcourue de tremblements incontrôlables, mais parviens à articuler une réponse à l'attention de mon interlocuteur :
- Euh... oui oui, tout va bien, tout va... très bien.
- Vous êtes sûre ? Ça fait bien dix bonnes minutes que vous êtes là-dedans...
- Tout va bien, je vous assure. Je sors... dans un moment.
- Bon, bon... n'hésitez pas si vous avez besoin d'aide..., ajoute la voix désormais identifiée du vendeur.
Je tente de me rassurer. Je suis entière, bien en vie. Le perfecto est toujours sur mes épaules, mais le reste de la tenue de cuir a... disparu. Le miroir me renvoie un reflet familier : le mien. J’entrebâille le rideau, et observe quelques secondes le zigzag incessant de la foule entre les stands. Je suis au beau milieu du marché de la mode Vintage. D'ailleurs, je l'ai toujours été. 1970, la moto, l'accident... Tout cela, ce n'était pas réel. Seulement dans ma tête. Mon cerveau a décidé de me jouer des tours. Je viens d'avoir une expérience onirique en plein jour. Hyper-réaliste mais forcément rêvée, voilà tout. Pas de quoi en faire un drame. Il s'agit sans doute d'un phénomène rare. Et je crois que, si cela ne se reproduit pas, il serait de bon ton de n'en parler à personne, pas même à Coralie, au risque de passer pour la zinzin de service. Il faut peut-être que je pense à dormir un peu plus.
En sortant de la zone d'essayage, j'ôte prestement la veste et la tend au détaillant, d'un air désolé.
- J'ai changé d'idée finalement, je... je ne vais pas la prendre.
- Oh, c'est dommage !... Le ton résigné qu'il emploie m'indique que ce n'est pas le premier désistement d'achat de sa journée, et qu'il sait que ce ne sera pas le dernier.
- Désolée, bonne journée à vous...
Regardant autour de moi, j'aperçois mon amie quatre magasins plus loin. J'entends le vendeur s'écrier derrière moi à propos d'une déchirure «qui n'était pas là avant», d'un «massacre du cuir», «invendable». Faisant la sourde oreille, je m'éloigne rapidement de l'étalage pour me fondre dans la masse, et rejoins Coralie qui m'accueille avec un sourire: «Alors, comment c'était le petit voyage rétro de ton côté ?». Légèrement tremblante, ma réponse tient en un seul mot:«Physique», avouai-je.


***********************

Petite explication - C'est un projet qui me trotte en tête depuis pas mal de temps maintenant, et 2012 a vu le début de sa concrétisation. J'espère poursuivre la chose en 2013.
En clair, j'avais dans l'idée d'écrire un ensemble de nouvelles répondant à trois contraintes scénaristiques :
- L'action se déroule dans la cité des quenelles (à Lyon donc) > simple excuse pour découvrir un peu plus l'histoire de la ville dans laquelle je vis et que j'apprécie tout particulièrement  :-[
- Chaque nouvelle doit inclure un voyage temporel, au sens large du terme
- Les nouvelles doivent être liées entre elles par un élément, quel qu'il soit

A partir de là, j'ai écrit le premier texte (ci-dessus), auquel je n'ai pas encore trouvé de titre (d'où le "Texte 1"), et ait déjà sous le coude les liens et les synopsis pour les deux suivantes.
Je vous soumets donc cette 1ère nouvelle  ^^ (c'est un 1er jet, sans relecture encore). Des merci additionnés à des bisous d'avance pour celles et ceux qui liront et donneront leur avis   :oxo: :)

« Modifié: 21 Février 2013 à 09:50:04 par Linu »
Savoir n'est rien - Imaginer est tout (A. France)

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #1 le: 01 Janvier 2013 à 14:29:47 »
Yo, je ferais court: le style d'écriture est vraiment impeccable. J'ai rarement lu quelque chose d'aussi maîtrisé sur ce forum (à part une nouvelle sur une joueuse de piano... C'était pas toi par hasard ?), bref la forme me plait beaucoup, tu prend le temps de décrire chaque chose, sans te presser, et ça colle bien au style de l'histoire. Le vocabulaire est à la fois riche tout en restant simple, c'est encore un signe de maîtrise.
En gros j'aime  :D
L'histoire m'a pas emballé par contre, mais c'est parceque ce n'est pas du tout le genre d'ambiance que j'apprécie, donc bon, sur ce coté là c'est plus personnel hein, et je suis sûr que ça parlera plus à beaucoup d'autres lecteurs.
Au plaisir.

Hors ligne Linu

  • Aède
  • Messages: 229
    • Au Hasard d'une Plume
Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #2 le: 01 Janvier 2013 à 19:13:39 »
Merci, World End GF !  :-[ (pour la joueuse de piano, je plaide non coupable  ;) )
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Hors ligne LeBossu

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 311
Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #3 le: 02 Janvier 2013 à 00:36:19 »
Pour t'être sacrifié à relever les coquilles chez Vinks (vinks  :glou:), sachant que c'était au moins un œuf d'autruche, je viens faire un tour ici :
Banzaï !

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"Il est tenace, celui-là" pensai-je
pensé-je ? Sinon, il me semble que c'est un passé simple, ce qui serait étrange.
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Je décide de lui répondre histoire de
de lui répondre, histoire de ?
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ENFIN ! S'exclame-t-elle
pas sûr, mais je crois qu'il y a un problème de ponctuation : ENFIN, s'exclame-t-elle !
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depuis belle lurette
oooh, huhuhu, je savoure…
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qui reçut pour seule réponse
reçoit ?
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d'un temps que nous n'avions pas connues
connu
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Aujourd'hui était le premier jour de l'évènement.
pas totalement sûr, mais ça ne pourrait pas être "est le premier jour" ?
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je sors prestement du placard
j'ai un tout petit problème avec le "prestement" qui me paraît décalé par rapport à l'état du personnage.
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Plaisantai-je
Plaisanté-je ?
Citer
en début d'évènementiel
c'est pas très joli comme formule, trouvé-je
***
À partir d'ici, j'ai commencé à lire en diagonale, parce que, même si c'est très bien écrit, c'est… long. Si j'étais modeux, ou si j'affectionnais particulièrement les ballades à Saint-Ouen, mon intérêt serait peut-être déjà plus piqué, mais comme ce n'est pas le cas et que je ne suis pas patient, j'ai commencé à décroché dès leur arrivée au marché. J'ai cru comprendre qu'il y a un ton fantastique dès  qu'elle met le perfecto, et qu'elle est transportée dans le passé, ça a l'air sympa, donc j'y reviendrai peut-être, mais pour ce soir, j'enfile ma tenue cuir et latex, et je me prépare à aller fouetter d'autres chats.
En attendant,  :oxo: Miaou !
Et alors ?

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Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #4 le: 02 Janvier 2013 à 10:37:15 »
corrections effectuées, merci   ^^ (ouiiii j'ai un problème avec ces formes interrogatives au présent !! j'pense qu'il y en a d'autres, faut que je cherche)
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Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #5 le: 04 Janvier 2013 à 23:33:25 »
Saaalut,

Citer
caché sous l'édredon cité plus haut.
Ouh le « cité plus haut » me sort de l’idée d’un récit, je suis retombée en mode analytique et rapport à rendre pour lundi  :-X

Citer
encore et encore sa sonnerie stridente
Non mais non, je suis contre les sonneries agressives, on n'a pas idée de se mettre ça... |-|

Citer
pour eux que pour des créatures vampiriques
pourquoi pas « vampires » juste ?

Citer
Grouille toi,
Grouille-toi

Citer
Avec l'arrivée de l'été, les marchés de plein air et les foires se multiplient. Ameublement, curiosités culinaires, littérature, stylisme... Il y en a sur tous les thèmes et pour tous les goûts. Depuis quelques années, durant deux journées du mois de juin, Lyon devient capitale européenne du style Vintage, transformée en ville d'accueil d'un marché majeur consacré à la mode des époques passées.
Ce passage me fait penser à un site internet découverte de Lyon… :relou:

Citer
je sors prestement du placard
xD (oui je sais, le « une chemise » qui vient après change l’idée, mais j’ai adoré lire ça)

Citer
"Pas encore bien remise de notre petit voyage au Mexique, hein ? J'ai finalement réussi à récupérer son numéro !".
J’aurais bien mis ça à la ligne avec un tiret, mais je sais pas, c’est juste intuitivement  :-¬?

Citer
car les connaisseurs ont l'habitude d'y être à la première heure pour négocier les prix et repartent avec leurs trouvailles aussi vite qu'ils sont venus.
Inutile, ou convenu  ::)

Citer
multicolores eigtie's
eighties

Citer
une cérémonie rétro!
Espace devant le !

Citer
«         Un peu comme les fringues, d'ailleurs ! »
Il y a comme un gros espace…
Citer

Entendu!
Espace devant !

Citer
je ne parcoure pas exclusivement
parcours

Citer
L'extra-ordinaire
Pourquoi en deux mots ? pour accentuer la séparation à la lecture ?

Citer
et je ne me suis jamais privée d'acheter un pantalon funky ou une combinaison à pois.
Remercie ton pays, il y a des endroits où c’est criminel  |-|

Citer
et une ceinture intégrée pour serrer à la taille
un trench en cuir… mais quelle vision horrible je viens d’avoir  :o

Citer
marquée par le temps, mais sans être abîmée ou tâchée
« oui, une coupe, mais en gardant toute la longueur » on reconnait de suite la pénible  :huhu:

Citer
et fait en sorte que vous soyez complètement transporté
c’est pas très joli « et fait en sorte que », je trouve :-[

Citer
je me laisse emporter par les mélodies joyeuses de rock'n'roll
je m’imagine dire à un rockeur « c’est si joyeux cet AC-DC  :D»… mais je vois ce que tu veux dire, faut pas faire attention à ce que fait mon cerveau

Citer
mais qu'importe d'arriver à un «     quand»
problème d’espace
je ne suis pas convaincue de la « joliesse » de la phrase

Citer
C'est aussi étriqué que dans un photomaton pour Lilliputiens
Ah j’aurais pas mis la majuscules… enfin je te fais confiance  ::)

Citer
à juste raison
oh c’est mignon ça ! je dis « à juste titre » ou « à raison », mais le mixte est tout joli

Citer
Coralie m'aurait fait remarquer – à juste raison – que fermer le rideau était une précaution inutile, mais j'apprécie le côté privatif de la phase d'essayage, et tant pis si cela accentue l'étroitesse de l'endroit.
J’aime beaucoup   :)

Citer
«Je la prends ! »
Problème d’espace encore

Citer
Qui m'a amené jusqu'ici
Amenée

Citer
Peut être que l'on m'a drogué
Peut-être / droguée

Citer
étant donné les circonstances
mmm j’aurais accordé, « données »

Citer
il aurait peut être été plus sage
peut-être

Citer
avait du disparaître elle-aussi.


Citer
un casque de boucles d'un auburn artificiel habillé d'un foulard à pois.
Ça ma fille, c’est le karma, c’est tes achats de combinaisons  pois  :huhu:

Citer
Nasale et aiguë. La poisse.
Ben dis donc, c’est le combo

Citer
étant donné la tenue
donnée

Citer
La date de publication, implacable, vient confirmer mes conclusions : avril 1970. 1970 !
C’est magnifique. J’ai vérifié, Let it Be est sortie en mars 1970, tout colle, c’est beau  :s

Citer
qui participent à pimenter la vie
ça c’est la faute d’Actimel  :relou:…. Participer à + SUBSTANTIF ! (ce n’est pas « participe à renforcer les défenses immunitaires » mais bien « participe au renforcement immunitaire »… saleté de pub… je leur ai écrit en plus pour râler… jamais répondu ces gougnafiers  |-|)
donc je propose « qui contribuent à pimenter la vie » ou quelque chose du genre…
il est de ces combats … :mrgreen:

Citer
N'ayant aucun indice sur la manière dont j'ai atterri ici, m'est avis qu'il est préférable de prendre les choses comme elles viennent, et d'éviter de se poser trop de questions.
Négatif, première chose qui vient à l’idée : enlever le blouson   :huhu:(puisque c’est la seule chose inchangée, c’est la chose qui fait le lien entre les deux époques). La logique demande de faire l’essai. Après seulement, j’accepterai que l’héroïne passe à autre chose.

Citer
mes souvenirs, eux, seront bien réels,
au point où elle en est, elle ne peut rien présumer de si elle se souviendra de quoi que ce soit…

Citer
s'ouvre en trombes
mmm t’es sûre que c’est pas au singulier l’expression ?  :\?

Citer
moustache fournie
:D

Citer
avant même que j'ai pu réggir
hmmm bon « réagir » déjà
mais il y a un souci sur le temps… Au mieux c’est « que j’aie pu réagir », à voir
Citer
Ca va ?
Ahah je vais être pénible, mais peux-tu trouver le C cédille majuscule ? (mouahahah je ne le trouve pas non plus dans word… donc tu me diras où il est  :mrgreen:)

Citer
on file dare-dare
soooo seventies

Citer
est un curieux mélange de bois massif et de formica
mdr

Citer
d'impatience:«Mais qu'est ce que tu fiches, au juste ?
problème d’espaces

Citer
Ca ira mieux après une balade en moto !
Ouaiiiiis \o/

Citer
fais moi plaisir
fais-moi

Citer
je n'ai aucune intention de faire la maline.
Ça reste en pourparlers, mais je peux pas m’empêcher de dire « maligne »

Citer
- Aucun risque ! confirmai-je.
Hmm tu mets tout au présent d’hab, c’est pas confirmé-je plutôt ?

Citer
A fortiori lorsque le corps dans lequel je me trouve parachutée pour l'occasion - celui d'une certaine Louise, apparemment - ne m'appartient pas
Si tu es parachutée dans un corps, forcément, il ne t’appartient pas…  :-¬?
Donc je propose « A fortirori si je me trouve parachutée dans un corps pour l’occasion –celui d’une certaine Louise, apparemment » tout court
Ceci dit, tu fais bien comme tu veux  :huhu:

Citer
elle a peut être pris la mienne
peut-être

Citer
Au quel cas,
Auquel

Citer
dans lequel elle se trouve!
Espace

Citer
qu'une balade en motocyclette
ça fait tellement moins rock&live&die dit comme ça…  :-\

Citer
En quarante ans, je ne suis pas convaincue
Ouhla, épic error ! je la voyais dans les 25ans… (donc 20 en tant que Louise)  :o

Citer
d'aide... Ajoute la voix désormais
d’aide…, ajoute la voix


Alors, excellent style rédactionnel. Tout pile comme j’aime : sobre, au service de l’histoire. Très bien maîtrisé, on s’y sent à l’aise et la lecture fut très plaisante. Vraiment notable, comme le dit WEG. :)
Je ne suis pas adepte de tout ce qui est vêtements etc. donc j’ai pas été emballée par la partie descriptive des halles/foire, mais je reconnais qu’on s’y croirait.
En fait j’ai beaucoup apprécié ce récit.
Je te ferai un reproche cependant : ton entête ! enlève la partie du début qui annonce ton texte, ça dit de quoi ça va parler et ça m’a empêcher d’avoir la surprise à l’essayage, je m’y attendais franchement.
Ah non, 2eme remarque : je trouve qu’il y a pas mal d’exclamations… ça me perturbe parce que ça m’oblige à lire énergiquement la phrase alors que je n’en avais pas forcément envie…  ::)

En tout cas, je lirai avec plaisir tes histoires  :)

Merci pour ce texte
:D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Linu

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Re : Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #6 le: 10 Janvier 2013 à 10:02:40 »
Corrections effectuées : merci beaucoup pour cette relecture détaillée !  :oxo:
J'ai tenté de faire disparaitre les espaces bizarres mais je crois que ça vient du copier-coller entre le .rtf et le forum  :-[ je crains qu'ils ne soient encore là.

Citer
Citer
L'extra-ordinaire
Pourquoi en deux mots ? pour accentuer la séparation à la lecture ?
oula non, simple erreur de ma part !

Citer
Citer
et une ceinture intégrée pour serrer à la taille
un trench en cuir… mais quelle vision horrible je viens d’avoir  :o
:mrgreen: :mrgreen:

Citer
Citer
et fait en sorte que vous soyez complètement transporté
c’est pas très joli « et fait en sorte que », je trouve :-[

oui, tout pareil après relecture. j'ai remplacé !

Citer
Citer
à juste raison
oh c’est mignon ça ! je dis « à juste titre » ou « à raison », mais le mixte est tout joli

oulala, c'était involontaire  :-[ je m'aperçois que ce genre de mélange m'arrive relativement souvent (que ce soit à l'oral ou à l'écrit).


Citer
Citer
La date de publication, implacable, vient confirmer mes conclusions : avril 1970. 1970 !
C’est magnifique. J’ai vérifié, Let it Be est sortie en mars 1970, tout colle, c’est beau  :s

Ca me touche que tu ais été vérifier la date, vraiment  :coeur:  Ca fait super plaisir que tu ais remarqué ce petit détail  :-[

Citer
Citer
qui participent à pimenter la vie
ça c’est la faute d’Actimel  :relou:…. Participer à + SUBSTANTIF ! (ce n’est pas « participe à renforcer les défenses immunitaires » mais bien « participe au renforcement immunitaire »… saleté de pub… je leur ai écrit en plus pour râler… jamais répondu ces gougnafiers  |-|)
donc je propose « qui contribuent à pimenter la vie » ou quelque chose du genre…
il est de ces combats … :mrgreen:

c'est corrigé, on m'y reprendra plus !!  :-[

Citer
Citer
N'ayant aucun indice sur la manière dont j'ai atterri ici, m'est avis qu'il est préférable de prendre les choses comme elles viennent, et d'éviter de se poser trop de questions.
Négatif, première chose qui vient à l’idée : enlever le blouson   :huhu:(puisque c’est la seule chose inchangée, c’est la chose qui fait le lien entre les deux époques). La logique demande de faire l’essai. Après seulement, j’accepterai que l’héroïne passe à autre chose.

Très juste. J'ai légèrement modifié le paragraphe, pour inclure l'essai   ^^

Citer
Citer
mes souvenirs, eux, seront bien réels,
au point où elle en est, elle ne peut rien présumer de si elle se souviendra de quoi que ce soit…

tu as raison : j'ai modifié cette phrase.

Citer
Citer
Ca va ?
Ahah je vais être pénible, mais peux-tu trouver le C cédille majuscule ? (mouahahah je ne le trouve pas non plus dans word… donc tu me diras où il est  :mrgreen:)

hihihi j'ai triché : clic droit, correcteur orthographique ...  :-¬? 8) ;D

Citer
Citer
- Aucun risque ! confirmai-je.
Hmm tu mets tout au présent d’hab, c’est pas confirmé-je plutôt ?

Et un de plus de repéré ! Merci, j'ai vraiment un souci avec ces verbes du 1er groupe et la forme interrogative ...

Citer
Citer
qu'une balade en motocyclette
ça fait tellement moins rock&live&die dit comme ça…  :-\

j'ai remplacé par virée en deux-roues, pis en plus ça améliorait le rythme de la phrase  ;)

Citer
Citer
En quarante ans, je ne suis pas convaincue
Ouhla, épic error ! je la voyais dans les 25ans… (donc 20 en tant que Louise)  :o

oula, je crois que je me suis mal fait comprendre  :-[ tu as bon sur l'âge de la protagonistes. le "En 40 ans" faisait référence au saut dans le temps (1970-2010 = 40).
la formulation est maladroite ? il faut que je corrige ça.

Citer
Je te ferai un reproche cependant : ton entête ! enlève la partie du début qui annonce ton texte, ça dit de quoi ça va parler et ça m’a empêcher d’avoir la surprise à l’essayage, je m’y attendais franchement.

Oui, pour le coup c'est vrai que ça enlève tout effet de surprise... J'ai mis le texte explicatif à la fin de mon post  ^^
Merci encore  :coeur:

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Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #7 le: 10 Janvier 2013 à 15:50:20 »
je t'en prie  :)
Par contre j'avais oublié de mentionner un autre souci, selon moi : ton titre, le mot "temporelles" gâche un peu la surprise aussi.... :-¬?
Voilà, bonne continuation   :D
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Hors ligne Linu

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Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #8 le: 11 Janvier 2013 à 14:46:24 »
ça, pour l'instant je conserve ! c'est un peu l'identité du recueil que je souhaite écrire  ^^
mais par contre, je ne parviens toujours pas à concocter un titre pour la nouvelle...  :-[
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Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #9 le: 16 Janvier 2013 à 10:56:11 »
Citer
couette recroquevillée à mes pieds, vêtements éparpillés sur le lino

Ca fait un peu bizarre. Une raison particulière pour avoir viré les articles?

Citer
Ma tête est lourde, remplie de margaritas et autres cocktails à base de tequila.

J'allais commenter mais... non  :-¬?

Citer
mais quoi ... ?

Vraiment besoin des suspensions?

Citer
Je remue doucement mes pieds

On se doute bien que c'est les siens ^^ "les"?

Citer
moi à l'arrêt Jean Macé

"Rejoint-moi à Jean Macé?"

Citer
Avec l'arrivée de l'été, les marchés de plein air et les foires se multiplient. Ameublement, curiosités culinaires, littérature, stylisme...

ET LES BOUQUINS! N'oublions pas les bouquins :huhu:

Citer
en nostalgiques

Bof. Nostalgiques tout court?

Citer
"Tu sais que tu as une tête horrible ?" me lance-t-elle, souriant jusqu'aux oreilles. Elle continue :
- Pas encore bien remise de notre petit voyage au Mexique, hein ? J'ai

Faut rouvrir les guillemets ou ne pas les fermer.

Citer
d'évènementiel,

Je pense que tu peux trouver mieux :huhu:

Citer
le hangar immense

Dans l'immense hangar, ou dans le hangar tout court. Là j'aime pas trop.

Citer
que ce n'est jamais bon de se cantonner à un seul poisson. «          Un peu comme les

Un prof disait pareil en disant qu'il fallait chasser plusieurs lapin (dans un autre contexte). Mais te connaissant, le rapport avec les poissons est assez logique  :-¬? Un espace s'est glissé.

Citer
et je ne me suis jamais privée d'acheter un pantalon funky ou une combinaison à pois.

Je demande à voir  :-¬?

Citer
Mais disons que, courir après ce perfecto

JE PEUX ENFIN COMPRENDRE!

Citer
la balade au passé

Dans le passé? Ca me fait un peu bizarre aussi...

Citer
Oh, bien entendu l'année de destination reste indéfinie car je ne cesse de changer de décennie

 :coeur:

Citer
Allo, on se réveille, ma belle !

Anlor, c'est toi?

Citer
le plateau Croix-Roussien

moche?

Citer
Subitement, nouveau haut-le-coeur, mais cette fois-ci aucune courbe de la chaussée n'est responsable. Les freins crissent, je serre les dents. Mon motard hurle. La peur revient. Je réouvre les yeux, contemple la scène et retient ma respiration. On évite de justesse un inconscient sorti en courant d'une traboule, mais l'accident est inévitable pour nous. Notre bolide dérape. La barrière de sécurité est proche, et surtout inutile étant donné la violence du crash. Je bascule dans le vide. Horreur de la chute, je hurle à mon tour. Le choc est impitoyable, et le voyage terminé.
Je la trouve un peu calme vu ce qui est en train d'arriver. Un peu trop de description quoi.

Ah! J'ai bien aimé!
Pis ça se voit que tu connais mieux la ville que moi. Bon, c'est pas bien compliqué, mais quand même.
Et puis tous ces ptits détails qui rendent le tout plus vraisemblable...
Bref, je suis d'accord avec Tomoyo, à défaut de faire dans l'original :huhu:
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

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  • Merci de ne pas lire cette phrase
Re : Chroniques temporelles - Texte 1
« Réponse #10 le: 22 Janvier 2013 à 22:39:08 »
Super !
Tu m'as carrément fait voyager dans le temps.

J'ai beaucoup aimé tes descriptions et contrairement à LeBossu, je ne me suis pas ennuyé et ce même si je déteste au plus haut point le shopping.

J'ai trouvé également que la scène "d'action" sur la moto était maîtrisée.

Mais par pitié, AERE TON TEXTE !  ;)


Au plaisir de lire tes prochaines nouvelles.



Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

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  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Chroniques temporelles - Vintage
« Réponse #11 le: 17 Décembre 2014 à 14:03:32 »
Citer
Toujours survoltée ma Cora.
survoltée, ma Cora
Citer
- Oh je vois, tu viens de te réveiller c'est ça ? Les cuites ça te réussit pas, Miss !
réveiller, c'est ça / cuites, ça ne

Citer
Une correspondance de transport et six arrêts de métro plus loin, j'arrive à bon port.
pas sûre que le "de transport" soit très utile


«
Citer
C'est Typhène qui a décidé d'organiser une cérémonie rétro !
je ne savais pas que ça pouvait s'écrire comme ça !



J'ai trouvé ton petit texte sympathique, il est fluide, et perso, je me suis facilement laissée prendre.
Peut-être un peu classique dans l'idée mais qui reste sympathique à lire !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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