Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

06 décembre 2019 à 01:06:22

Le Monde de L'Écriture » Autour de l'écriture » L'Atelier » Cuisiner la langue : ustensiles et méthodes » Des histoires d'ado pour tout le monde

Auteur Sujet: Des histoires d'ado pour tout le monde  (Lu 607 fois)

Hors ligne derrierelemiroir

  • Grand Encrier Cosmique
  • **
  • Messages: 1 404
Des histoires d'ado pour tout le monde
« le: 17 novembre 2019 à 17:19:31 »
Salut la compagnie :)

Alors, ma question principale est :

Comment est-ce qu'on rend une histoire d'ado intéressante pour un large public (disons de 9 à 99 ans  :mrgreen:)

J'aime beaucoup beaucoup les histoires qui ont pour personnages principaux des adolescents, et j'aime beaucoup les écrire aussi. Pour mon nano, je me suis lancée dans une histoire qui a pour protagoniste une fille de 16 ans, et ça se passe plutôt bien, seulement que par moment j'ai des gros gros doutes, surtout parce que j'ai l'impression de ne pas seulement écrire une histoire sur des ados, mais aussi pour des ados, alors que ce n'est pas mon but. J'aimerais toucher un public plus large.

Du coup si vous avez des suggestions, ça m'intéresse, et aussi si vous avez des exemples de livres dans lesquels vous trouvez que ça a très bien été fait.

Mes idées à moi, pour essayer de rendre mon récit plus intéressant, seraient :

1) Inclure des tensions et des questionnements qui ne touchent pas seulement cette tranche d'âge
2) Inclure peut-être des personnages qui ont un autre âge et leur donner une voix, créer une relation intéressante entre l'ado et l'adulte par exemple

Voilà, the mic is yours et merci d'avance !
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Kad

  • Plumelette
  • Messages: 18
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #1 le: 17 novembre 2019 à 18:36:15 »
Meilleur sujet. Je vais être éparse à cause de ca. Désolé d'avance.

Ca dépend quel matériau te pose problème dans la nuance de cet ambiance trop adolescente. Le charme de nos vies humaines, c'est que tourné avec le bon angle et la bonne idée on peut rendre un sentiment universel et son lecteur plus proche, peu importe son âge, par la création d'un entre deux. Un compromis de sens entre la pensée adolescente et la pensée adulte. Il faut définir l'un et l'autre, ce qui les sépare, ce qui les réunit et trouver un écho commun. Une sorte de phrase ouverte à multiples lectures.

C'est ma vision, c'est un exemple : Si on décrète que la pensée adolescente est plus égoiste, plus impulsive, plus absurdement fataliste, il s'agira de nuance la pensée adulte dans le sens contraire de celle ci.  Plus stable, plus compréhensive, plus consciente de ce qu'il entoure. Si ton récit a été jonché d'un certain type, la prise de position pour l'autre se verra encore plus. 
Traiter la relation qu'entretient le personnage avec ses émotions comme une description qui prône l'intensité et au fil du récit, ou d'un coup d'un seul, reprendre ses émotions mais les laisser s'affaler au lieu de les laisser crier de vive voix . Laisser au personnage, l'instant d'une description, reconsidérer la profondeur de ses émotions sous une forme plus nuancée, calme et adulte.

Toute pensée fait partie d'une famille immense qui sert le rapprochement, la communication et l'ouverture. Surtout que nos histoires humaines peuvent être nombreuses, elles recèlent toutes des mêmes sentiments, émotions qu'il suffit de nuancer pour être comprise à la valeur voulue. Surtout entre adolescent et adulte. Les adultes ont été des adolescents qui traitent juste autrement leur vécu mais qui se penchent volontiers pour ré-observer ou ré-apprécier ce qu'ils ont eu. On a la foutue manie de vouloir se voir en autrui et de déclarer, à qui en est méritant, notre tendresse existentielle. Comme ces vieux pas commodes qui posent leur mépris sur des jeunes adultes mais qui ont l'oeil brillant dès qu'il les voit patauger dans une vie de misère.

Il n'y pas réellement "besoin" d'un moyen physique. Par ta propre écriture, tu peux déjà aller titiller un public plus large. User d'un personnage, d'un moyen physique ( un panneau publicitaire, parce que je sais pas ) pour apporter à ton récit un degré plus profond ou la transition pour, j'y vois comme un parti pris.
Tu peux laisser aux personnages la capacité d'être adulte d'eux même. Autant que tu peux les laisser dépendant d'un véritable adulte. Ou user d'un adolescent qui servira son évolution, l'évolution des autres et l'évolution de ton récit. Te traiter, toi narrateur et auteur, comme le seul adulte de ton roman. Ou faire intervenir un panneau publicitaire dont l'affichage JouéClub grince doucement vers un site conjugal. Chacun d'eux est possible, il ne s'agit que de décision personnelle.

Tout les moyens sont ouverts pour faire intervenir l'autre vision.
Et toutes les manières. Entre ce degré ci de compréhension et de ce degré ci de compréhension, quel élément enclenche l'un vers l'autre et vice versa ? On peut y aller avec des tensions, comme avec des calmes plats qui agonisent pour une solution adulte.
Les possibilités sont infinies et l'équation intéressante.
« Modifié: 17 novembre 2019 à 18:37:50 par Kad »
La fin justifie les moyens.

Hors ligne Verasoie

  • Palimpseste Astral
  • ***
  • Messages: 3 158
    • Attendez-moi sous l'orme.
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #2 le: 17 novembre 2019 à 18:40:14 »
(Merci d'avoir ouvert ce sujet, j'le trouve cool !)
(m'sens concernée et ça m'intéresse beaucoup d'en discuter  :mrgreen:)

Je pense que c'est plus facile de se dire "je vise un public ado - et les plus vieux (éventuellement plus jeunes, enfin, s'ils sont assez expérimentés en écriture pour en avoir envie : )) sont bienvenus" que de se dire "je vise un tout-public".

Parce que j'ai un peu le sentiment que plus on se dit "faut que ce soit tout public", et moins on va "marquer" son écriture, genre on va se retenir d'écrire certains trucs, se censurer ? Et ce serait dommage.

Et je dirais que la clé la plus importante c'est ce que tu dis avec : "inclure des tensions et des questionnements qui ne touchent pas seulement cette tranche d'âge".

*

Mon "modèle" dans le domaine c'est Sally Lockhart je pense :mrgreen:. Elle a 16 ans dans le premier tome, et l'histoire est conseillée "à partir de 11 ans" (donc on sait très bien qu'un bon lecteur de 9 ans peut le lire niahaha). Mais ma tante, adulte, me les avait tous empruntés et dévorés :mrgreen:.
Dans les Sally Lockhart on a une structure qui est attrayante pour les enfants/ados (l'enquête, l'aventure, le Londres victorien, la jeune héroïne en danger qui mène l'enquête seule et surmonte les difficultés parce qu'elle est trop badass...) et on a des thèmes et une façon de dire les choses qui sont intéressants à tout âge (des personnages plus vieux, comme tu le suggères. Mais aussi la mort, le deuil, la filiation, le voyage, la politique, la géopolitique avec les Colonies, ... tout ça c'est abordé). (Et encore, là je parle que du premier tome ! Parce que dans le suivant elle a 21 ans et là on parle économie, entrepreunariat, féminisme et tout ça, enfin bref).

Mais je pense que la force de Sally Lockhart c'est vraiment d'être avant tout "un bon roman pour les enfants", puis, en second, "suffisamment intéressant pour qu'un lecteur de tout âge s'y intéresse".
Je pense que c'est une erreur de se dire que parce que le récit parle d'ados, il n'est pas intéressant en soi ; un bon roman pour enfants ou ados il est agréable à tous âges.

*

Du coup je cherche aussi un contre-exemple pour illustrer mon propos : D, et le contre-exemple ce serait Divergente.
Divergente, c'est pas mauvais en soi, c'est un roman pour ados passable... mais c'est vrai que, passé cet âge, pff, c'est un peu immature.
Parce que dans le même genre on a Hunger Games qui, lui, ne tombe pas dans cette immaturité (je trouve).
Divergente, c'est très manichéen. Y'a les gentils, les méchants, l'héroïne "différente des autres" et l'histoire se déroule sans surprise.
Hunger Games, les gentils peuvent devenir méchants, les méchants ont parfois de bonnes raisons de l'être, l'héroïne se questionne, elle est pas sûre d'elle, elle fait des erreurs, elle fait de son mieux, et tout.
Dans les deux cas on a un roman pour ados, que les ados apprécient en général (les deux ont eu du succès, quoi), mais l'un a du mal à s'extirper de cette image "pour ados" tandis que l'autre présente une bonne lecture d'adultes.
Donc à tes idées j'ajouterais :

3) Ne pas prendre son public pour des abrutis sans discernement :mrgreen:
4) Ne pas avoir peur d'aborder des thèmes durs (la mort, la sexualité, le deuil, la pauvreté, la révolte, ...), mais conserver un ton adapté pour en parler
5) Surtout ne pas sacrifier son public initial pour étendre à un public élargi.



*

Cela dit, j'ai interprété ta question au sens "comment rendre une histoire pour ados intéressante pour un large public". Et non "comment rendre une histoire d'ado intéressante pour un large public". Parce que je pense qu'on peut viser des publics très différents avec le même âge de perso. : )
Sally Lockhart : à partir de 11 ans
Hunger Games : young adult
Plein de romans de Nothomb avec une ado : littérature contemporaine pour adulte :mrgreen:

Le "tout public" pour moi ça existe pas vraiment, y'a forcément une tranche plus visée. Tu veux pas que ta tranche visée soit les ados du tout ? Tu vises quelle tranche plus particulièrement ?
Pendant des années la vie ne vous lâche rien que des mesquineries minables, et encore faut-il les lui arracher, sans compter la bonne humeur qu'on dépense à rester joyeux pour lui plaire, et tout à coup, sans raison, allez savoir pourquoi, elle vous balance sans prévenir des trésors dans les pattes.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Grand Encrier Cosmique
  • **
  • Messages: 1 404
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #3 le: 17 novembre 2019 à 18:52:51 »
Yé trop cool vos réponses !!!

Citer
Il faut définir l'un et l'autre, ce qui les sépare, ce qui les réunit et trouver un écho commun. Une sorte de phrase ouverte à multiples lectures.
Oui ça ce serait vraiment chouette si j'y arrive !

Citer
reprendre ses émotions mais les laisser s'affaler au lieu de les laisser crier de vive voix
j'aime bien ça  :coeur:

Citer
On a la foutue manie de vouloir se voir en autrui et de déclarer, à qui en est méritant, notre tendresse existentielle
:coeur:

Merci pour ta réponse Kad :)

Citer
Parce que j'ai un peu le sentiment que plus on se dit "faut que ce soit tout public", et moins on va "marquer" son écriture, genre on va se retenir d'écrire certains trucs, se censurer ? Et ce serait dommage.
oui je suis d'accord !

Citer
Mon "modèle" dans le domaine c'est Sally Lockhart je pense
J'ai honte je connais pas, je vais aller jeter un coup d'oeil.

Citer
Mais aussi la mort, le deuil, la filiation, le voyage, la politique, la géopolitique avec les Colonies
oui c'est très intéressant ça, je pense que c'est important d'ouvrir un peu l'histoire, de ne pas trop rester dans la tête du personnage, mais de lui donner un contexte dans lequel d'autres ont aussi grandi, pour qu'ils puissent s'y identifier. Je ne l'ai pas assez fait pour le moment je crois.

Citer
Parce que dans le même genre on a Hunger Games qui, lui, ne tombe pas dans cette immaturité (je trouve).
Je suis d'accord avec toi !

Et pour l'histoire des méchants-gentils, oui, c'est aussi un point important, et des erreurs (pour ça, mon héroïne, elle en fait  :mrgreen:)

Citer
4) Ne pas avoir peur d'aborder des thèmes durs (la mort, la sexualité, le deuil, la pauvreté, la révolte, ...), mais conserver un ton adapté pour en parler
:coeur:

Citer
Le "tout public" pour moi ça existe pas vraiment, y'a forcément une tranche plus visée. Tu veux pas que ta tranche visée soit les ados du tout ? Tu vises quelle tranche plus particulièrement ?
Oh non, je veux surtout pas exclure les ados, c'est clair que ça va les concerner. Mais genre il y a pas longtemps, j'ai publié une nouvelle sur le forum, et Rémi a fait une remarque très intéressante qui était que depuis le début du texte, il s'était dit que ça allait pas vraiment le concerner, ou être une histoire pour lui. Du coup je me suis demandée pourquoi, et comment je pouvais éviter ça.

Merci aussi pour ta réponse Vera !!!

EDIT: pour des exemples, je pensais aussi à "The Perks of being a Wallflower" (le monde de Charlie en français je crois) dont le film m'avait vraiment beaucoup beaucoup touchée. Du coup je me suis achetée le livre, pour voir un peu comment c'était écrit (j'ai pas encore lu).

« Modifié: 17 novembre 2019 à 18:59:42 par derrierelemiroir »
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

En ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 5 325
  • Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #4 le: 18 novembre 2019 à 11:35:56 »
Bonjour derrierelemiroir,

Je trouve ton sujet épineux et pourtant intéressant : ça oblige à faire preuve d'une grande maturité, et je me suis dit que je t'apporterais quelques éléments sur mon propre parcours pour faire un peu la comparaison avec tes ambitions.



Personnellement, je décris principalement des personnages enfants dans mes contes, mais il arrive que je fasse vivre adultes, ados ou monstres féeriques (dont l'âge nous semble atemporel...).

Je dirais que c'est une même difficulté pour moi d'intéresser des parents (qui se posent des questions de parents vis à vis de leurs jeunes) sans les ennuyer, que le personnage de l'enfant ne leur semble pas vide de sens ou trop stéréotypé (afin qu'ils lui trouvent un sens).

De cette façon, me tournant principalement vers les parents, je cherche avant tout à privilégier des thématiques qui touchent ce que l'adulte peut apporter à l'enfant...



Citer
1) Inclure des tensions et des questionnements qui ne touchent pas seulement cette tranche d'âge

En fait, ce n'est pas impossible que l'enfant ou l'ado se pose des questions existentielles sur le sens de la vie, sa place dans le monde, sur l'origine des choses, et tout et tout ; mais disons que ces sujets assez vastes sont vites redondants s'ils manquent de clarté (notamment sur des questions spirituelles). Je pense qu'il ne faut au contraire pas avoir peur que l'adolescent se pose des questions d'adolescent, des questions que ne se poserait plus tellement un adulte, et introduire subtilement ces questions au centre d'une thématique plus large.

De cette façon, tu proposes deux points de vue :
1) Le point de vue explicite de l'adolescent spontané et jeune (il a la vie devant lui...).
2) Le point de vue implicite de l'adulte sur sa place d'adulte vis à vis de l'adolescent (sous-entendu en toile de fond).

Pour te donner un exemple de questions d'adultes envers l'adolescent : les parents sont souvent en difficulté pour apporter des réponses à leurs adolescents, c'est un âge où le dialogue est souvent difficile entre parent et enfant. Tu as tous les moyens d'en profiter pour toucher des adultes qui se sentent frustrés de ne pas savoir apporter de réponses à leurs ados quand ceux-ci posent des questions un peu complexes, un peu poussées, voire un peu dérangeantes...

Je crois t'avoir vu parler d'écologie ailleurs, j'en profite pour expliciter mon exemple.

L'adolescent peut se poser des questions d'ordre écologique (pourquoi n'avoir pas suffisamment réagi au réchauffement climatique ? pourquoi n'avoir rien fait ?!) avec tout le sentiment d'indignation que cela peut provoquer dans la jeunesse et le désir de vivre heureux avec un futur attrayant ; poser ces questions en pensant immédiatement aux réponses que tenterait d'apporter un adulte avec les plus grandes difficultés à s'expliquer ou à se positionner clairement. De ce côté comme d'un autre, je pense que tu as le moyen de trouver des thématiques générales dans lesquelles se plongent les adolescents et à propos desquelles les adultes sont eux-mêmes confrontés mais avec un regard générationnel différent.

Et voici ce que je pouvais en dire à mon humble expérience, en espérant que cela te soit d'une certaine utilité ! ^^
« Modifié: 18 novembre 2019 à 11:46:38 par Alan Tréard »

Hors ligne derrierelemiroir

  • Grand Encrier Cosmique
  • **
  • Messages: 1 404
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #5 le: 18 novembre 2019 à 11:44:10 »
Salut Alan,

Ton avis est vraiment très intéressant, merci. J'aime bien ça:

Citer
Je pense qu'il ne faut au contraire pas avoir peur que l'adolescent se pose des questions d'adolescent, des questions que ne se poserait plus tellement un adulte, et introduire subtilement cette question au centre d'une thématique plus large.

Je pense qu'autant, t'as raison, il y a des questions d'ado que les adultes se posent plus, voire qu'ils ne comprennent plus, et puis il y a les questions plus générales, mais qui sont peut-être approchées autrement. Par exemple, sur la tromperie, les liens d'amitiés, le sexe, tout ça tout ça.


Et oui, je pense que tu as raison, c'est une bonne idée de faire ça en montrant comment les parents et leurs enfants abordent différemment les mêmes thématiques (comme le réchauffement climatique par exemple).

Bon, pour le moment dans mon histoire, j'avoue que les parents sont à peu près inexistants, va falloir que je sache comment leur faire une place...

En tout cas, merci beaucoup pour ton commentaire :)
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

En ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 5 325
  • Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #6 le: 18 novembre 2019 à 12:04:52 »
 :noange: Ah ! Oui, ça, le sexe, c'est une longue histoire, surtout si les parents sont très pudiques...

Bon, pour le moment dans mon histoire, j'avoue que les parents sont à peu près inexistants, va falloir que je sache comment leur faire une place...

En fait, il m'arrive d'écrire des histoires d'enfants sans les parents (mais je pense aux parents qui vont les lire à leurs enfants, ils font implicitement partie de la lecture).

Je dis ça pour nuancer ce que je disais, en fait, il s'agit de mettre en scène l'adolescent en pensant qu'un adulte pourrait le lire, il ne s'agit pas nécessairement d'introduire explicitement le parent.



Une analogie pour expliciter ma comparaison : un adolescent pourrait écrire une lettre pour parler de sa sexualité, lettre qui pourrait être lue par un adulte, la réponse de l'adulte serait alors contrastée (dans ce cas, tu introduirais explicitement le sentiment de l'adulte).

Un adolescent peut au contraire parler de sa sexualité et la comparer lui-même naturellement à ce qu'il estime être une parole d'adulte (en gros, c'est comme si l'adulte avait écrit une lettre sur la sexualité pour introduire le sujet, mais que l'adolescent répondait de manière critique, de manière différente). Dans ce second cas, l'adolescent se distingue de la sexualité des anciennes générations, recrée la sienne qui lui est propre (les mœurs changent avec le temps).

De cette façon, ton adolescent peut avoir l'air d'être en contradiction avec la parole de l'adulte (remise en question de la vision de l'adulte) tout en ne citant pas explicitement ce qu'a dit précédemment l'adulte. À ce moment, les plus vieux vont s'intéresser à cette parole d'adolescent pure et innocente (sans expérience ni a priori), les lecteurs adultes y trouveront un questionnement sur ce qu'ils pourraient apporter à cette parole (sans être explicitement cités dans l'histoire).



Tu sais, c'est un peu comme dans la presse satirique lorsque un chroniqueur répond à une thématique d'actualité : il répond à des interlocuteurs souvent sans les citer (par sous-entendus), la satire ne cite pas toujours ses interlocuteurs, elle les désigne par sous-entendus.

Tu peux écrire la parole de l'adolescent « au contraire d'une parole adulte » tout en ne citant pas explicitement la parole de l'adulte : il s'agit de remettre en question des sentiments d'adulte, chose que seul l'adolescent est disposé à faire.


Ainsi, pour intéresser l'adulte, il faut lui laisser la place de répondre (trois petits points), comme s'il pouvait apporter une parole différente de celle de l'adolescent. C'est très difficile à faire, mais c'est émancipateur (dans une démarche d'écriture), je t'envoie tous mes encouragements pour l'occasion.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Grand Encrier Cosmique
  • **
  • Messages: 1 404
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #7 le: 19 novembre 2019 à 17:12:54 »
Salut Alan :)

Citer
En fait, il m'arrive d'écrire des histoires d'enfants sans les parents (mais je pense aux parents qui vont les lire à leurs enfants, ils font implicitement partie de la lecture).

Je dis ça pour nuancer ce que je disais, en fait, il s'agit de mettre en scène l'adolescent en pensant qu'un adulte pourrait le lire, il ne s'agit pas nécessairement d'introduire explicitement le parent.
C'est vrai tu as raison, mais du coup, j'ai quand même rajouté les parents, et ça a rendu le tout un peu plus intense et naturel, alors je suis contente :)

Citer
Une analogie pour expliciter ma comparaison : un adolescent pourrait écrire une lettre pour parler de sa sexualité, lettre qui pourrait être lue par un adulte, la réponse de l'adulte serait alors contrastée (dans ce cas, tu introduirais explicitement le sentiment de l'adulte).
j'aime trop cette idée haha, tu l'écris ?

Citer
je t'envoie tous mes encouragements pour l'occasion
merci beaucoup  :)
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

En ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 5 325
  • Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #8 le: 19 novembre 2019 à 17:59:24 »
j'aime trop cette idée haha, tu l'écris ?

En ce moment, je travaille sur mes contes, malheureusement, je n'ai pas nécessairement le temps d'approfondir des idées que je prends comme exemple. Pour autant, je te promets de garder ce défi sous le bras, j'aurai peut-être un peu de temps devant moi une fois mon recueil conclu, et si jamais j'écris un texte avec cette idée-là dedans, j'y mettrai alors la mention « défi de derrierelemiroir ».

En attendant, je suis heureux d'avoir pu t'apporter quelques pistes d'écriture, si jamais tu publies cette fameuse histoire d'adolescent sur le forum, alors je m'engage à la lire. Promis juré !! ;)

Hors ligne Ariane

  • Calame Supersonique
  • **
  • Messages: 1 869
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #9 le: 20 novembre 2019 à 07:40:41 »
Bonjour DLM

Ce sujet est extrêmement intéressant. Merci de l'avoir ouvert.
Pour ma part je pense que je ne pourrai qu'enfoncer des portes ouvertes  :-[ mais je vais quand même essayer.

Je pense qu'il doit exister plusieurs manières différentes d'aborder ton problème et de le résoudre. A mes yeux, le plus simple (et donc un peu caricatural) c'est d'aborder des thèmes "d'adultes", "sérieux", des thèmes qui ont tendance à tous nous laisser démunis. Si ton ado affronte des choses que "même les adultes ne savent pas gérer" (à prendre avec beaucoup de pincettes, ma vision des "adultes" est plutôt cousue de désillusions), un adulte sera happé par ton récit, il y cherchera des réponses, ou il y trouvera un écho à ses propres errances. Dans ce contexte je ne pense pas que tu aies besoin de diversifier les narrateurs ou même les personnages, ni réfléchir à des double lectures, double discours, etc. La force du récit peut se nourrir du regard qu'offrent tes adolescents. Et je te connais suffisamment pour penser que ce regard sera naturellement intéressant, sans que tu aies besoin de le travestir.

La question c'est bien sûr "qu'est-ce qui est un thème sérieux, un thème qui questionne les adultes". Et finalement on pourrait y inclure tous les thèmes  :mrgreen: . En vrai je ne doute pas que tous les thèmes puissent générer ce type d'histoire, mais certains dans une librairie, une quatrième de couverture ou une critique littéraire, seront + automatiquement connotés "intéressant pour un adulte". Politique religion faits historiques (débouchant finalement sur d'autres thèmes) deuil maladie handicap guerre ruptures sociétales féminisme identité sexuelle libre arbitre... Seront + facilement "fléchés adultes", au premier abord, qu'une "simple" histoire de coeur ou d'amitié ou que l'histoire d'un petit renard que l'on réussit à apprivoiser. Je ne sais pas si c'est légitime ou pas (et il est évident que bien traités, les autres thèmes pourraient déboucher sur la même complexité). J'ai un regard très biaisé là-dessus car mon quotidien est lourd de thématiques complexes (maladie et handicap principalement, mais aussi parfois deuil et stigmatisation, politique avec le difficile accès aux soins), alors, les thématiques purement relationnelles m'intéressent moins (mais euh il y a peut-être d'autres raisons à ça ^^ ). Pour te donner un exemple : dans "Comment je suis devenu un monstre", que tu as écrit récemment, je trouve que  le thème du féminisme est extrêmement bien traité et que la naïveté du personnage principal est utilisée pour mettre en lumière les bouleversements de notre société. En bref, si ton roman traite ouvertement de l'un de ces thèmes je pense que les lecteurs l'accueilleront beaucoup plus rapidement comme un texte adressé à des adultes.

Donc voilà, j'ajoute pas grand chose en vrai  :-[ mais juste que sur ces thèmes-là je ne pense pas qu'il y ait besoin de dissocier "regard d'enfant - regard d'adulte", d'ajouter des perso, de multiplier les astuces ; je pense que tout discours sincère a des chances de toucher juste.

Si le thème principal est plus "connoté ado" (histoire d'amour, histoire d'amitié, histoire d'intégration au collège ou que sais-je) je pense que cette connotation te suivra un peu... jusqu'à ce que le lecteur se donne la peine d'ouvrir le livre ^^ . A l'intérieur, j'ai l'impression que c'est la justesse, la nuance, la sincérité qui peuvent toucher et donner un regard différent. L'intégration fine des autres thèmes me semble utile aussi. Je pense qu'on a en tête le préjugé selon lequel les ados resteraient centrés sur leurs histoires personnelles (peut-être à cause de l'intensité de certains de leurs ressentis), on imagine qqch de plus obtus qu'une réflexion dite "adulte" ; pour intéresser l'"adulte" (je mets plein de guillemets, parce que j'ai vu tellement d'enfants adultes et d'adultes très enfantins...) je pense qu'élargir un peu le champ de conscience est toujours une bonne idée (être attentif à n'importe quel détail de l'environnement, des personnages principaux ou des personnages secondaires, qui instille en filigrane une réflexion sur un autre thème).

Je ne sais pas du tout s'il y a quoi que ce soit d'utile dans ce que je raconte, du coup je vais arrêter  :-[.
Mais ça me rend d'autant plus curieuse de te lire... !

Hors ligne derrierelemiroir

  • Grand Encrier Cosmique
  • **
  • Messages: 1 404
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #10 le: 21 novembre 2019 à 10:28:45 »
@ Alan

Citer
et si jamais j'écris un texte avec cette idée-là dedans, j'y mettrai alors la mention « défi de derrierelemiroir ».
:mrgreen: :mrgreen: oh yeah

Citer
En attendant, je suis heureux d'avoir pu t'apporter quelques pistes d'écriture, si jamais tu publies cette fameuse histoire d'adolescent sur le forum, alors je m'engage à la lire. Promis juré !! ;)
:coeur: ça serait trop cool en tout cas !

@ Ariane

Citer
Si ton ado affronte des choses que "même les adultes ne savent pas gérer"
oh oui, j'aime beaucoup cette idée !!

Citer
Et je te connais suffisamment pour penser que ce regard sera naturellement intéressant, sans que tu aies besoin de le travestir.
:-[ :coeur:

Citer
"Comment je suis devenu un monstre", que tu as écrit récemment, je trouve que  le thème du féminisme est extrêmement bien traité et que la naïveté du personnage principal est utilisée pour mettre en lumière les bouleversements de notre société. En bref, si ton roman traite ouvertement de l'un de ces thèmes je pense que les lecteurs l'accueilleront beaucoup plus rapidement comme un texte adressé à des adultes.
:coeur: merci
En fait je pense que c'est souvent ce texte qui me perturbe, parce que j'ai l'impression d'avoir bien réussi à la faire de ce texte, mais le sujet de mon nano est très très différent (et en fait, mon nano est bien plus long). Au final, mes thèmes sont quand même des thèmes très ados dans cette histoire (quitte à changer dans une autre). Si je la lisais moi-même, je ne suis pas sûre que j'apprendrais grand chose, par contre, puisque j'aime les histoires d'ados, j'aimerais quand même. Par contre j'ai en tête de la prolonger, de faire grandir mon personnage (pour le moment elle a que 17-18ans), et peut-être que par la suite, ça touchera plus les adultes.

Citer
(histoire d'amour, histoire d'amitié, histoire d'intégration au collège ou que sais-je)
C'est exactement ça pour le moment, haha, même si c'est plutôt triste et pas glorieux.

Citer
A l'intérieur, j'ai l'impression que c'est la justesse, la nuance, la sincérité qui peuvent toucher et donner un regard différent.
j'espère vraiment, c'est là-dessus que j'essaie de jouer pour le moment !

Citer
Je ne sais pas du tout s'il y a quoi que ce soit d'utile dans ce que je raconte, du coup je vais arrêter  :-[.
Mais ça me rend d'autant plus curieuse de te lire... !
Si c'était très utile, merci !!!  :coeur: :coeur:
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Erwan

  • Chaton Messager
  • Calliopéen
  • *
  • Messages: 549
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #11 le: 22 novembre 2019 à 16:22:44 »
Je n'ai pas grand-chose d'utile à dire, je préviens d'emblée  :mrgreen: ! C'est juste que je suis dubitatif devant ta question, un peu comme une poule devant un couteau.

Je crois que je serais incapable d'écrire pour un public donné, les ados, les handicapés, la ménagère de 50 à 55 ans. Déjà parce que se pose la question de la définition du groupe en question, qui n'existe pas en tant que tel en fait. Certain.e.s ados en auront rien à foutre d'une histoire d'amour, d'autres si... Ensuite, quand j'écris, je crois que la qualité est le problème principal. Et quand tu dis que tu aimerais être lu par tous, la recette est simple, plus tu écris un livre génialissime-que-personne-n'a-jamais-vu-ça, plus tu auras un public large. Sinon, il sera forcément très limité. Ensuite, on écrit ce qu'on aime écrire avant tout, parce que se forcer à écrire ce qu'on pense devoir écrire pour tel public, artistiquement, je n'y crois pas. J'aime bien l'idée, au contraire, d'écrire une œuvre, et comme quand on a un bébé, de découvrir après si c'est une fille ou un garçon (pour quel public, quoi). C'est un peu comme dans les relations sociales, il est plus important de parvenir à rester soi-même face à l'autre que de chercher à éblouir, à plaire, à convraincre son interlocuteur par tous les artifices que l'on peut trouver. Dans la relation à l'autre (y compris pour un auteur je crois), il faut assumer le risque de ne pas plaire, c'est le prix à payer pour être beau (dans le sens humain et artistique, dans l'expression et le don sincère de soi, toussa toussa). Connais-toi toi-même, disait l'autre, et je crois que c'est plus important en effet (y compris artistiquement) que d'écrire pour des ados ou pas.

Bref, c'est peut-être un ramassis de conneries que je viens d'écrire là, tant je suis perplexe devant ta question de départ  :/.

Hors ligne Verasoie

  • Palimpseste Astral
  • ***
  • Messages: 3 158
    • Attendez-moi sous l'orme.
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #12 le: 23 novembre 2019 à 13:41:07 »
Jsuis moyennement d'accord avec Erwan, mais en fait je suis très très d'accord avec ça :

Citer
J'aime bien l'idée, au contraire, d'écrire une œuvre, et comme quand on a un bébé, de découvrir après si c'est une fille ou un garçon (pour quel public, quoi).

^ ^

Au sens où c'est ptêtre pas des questions à se poser dès le début, celles du public "visé". D'abord écrire, aller au bout de son histoire.

Par contre je pense que quand on retravaille quelque chose c'est utile de se demander "pour qui je l'écris ?" parce que ça permet de garder une certaine cohérence. Est-ce que mon lecteur sera intéressé par une digression philosophique ? Est-ce que cette même personne sera emportée par la description d'un combat ? Est-ce que c'est encore cette même personne qui a envie d'une scène de sexe ?

Et là où je rejoins Erwan c'est que si l'idée de segmenter le public avec des stéréotypes (les filles, les garçons, les ados, la ménagère...) est pas ouf, y'a une citation trop COOL que le bot du discord nous a donnée (et je sais plus de qui elle était :mrgreen:). L'auteur disait qu'il fallait écrire "à une personne". Genre "ton public ce sera, finalement, une seule personne à la fois. Imagine-toi cette personne et imagine que tu écris pour elle".

Du coup j'aime bien l'idée d'imaginer un personnage-lecteur, pour avoir l'envie de garder la cohérence, mais sans tomber sur des clichés de "groupe social prédéfini" : )
Pendant des années la vie ne vous lâche rien que des mesquineries minables, et encore faut-il les lui arracher, sans compter la bonne humeur qu'on dépense à rester joyeux pour lui plaire, et tout à coup, sans raison, allez savoir pourquoi, elle vous balance sans prévenir des trésors dans les pattes.

Hors ligne Ariane

  • Calame Supersonique
  • **
  • Messages: 1 869
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #13 le: 23 novembre 2019 à 14:21:11 »
(Vous voulez pas qu'on scinde en deux, qu'on laisse DLM avec sa question ciblée sur les ados, et qu'on fasse un fil sur l'intérêt ou pas de viser un public précis ?)

Je rejoins pas mal Vera... je crois ^^ .

Je me pose pas trop la question de "quel est le public cible" en première intention. Mais malgré tout la question s'impose pour moi par moments. La première fois c'était pour mon roman de fantasy pour lequel j'avais écrit une scène de viol non ellipsée => ah mais au fait, euh, ce serait plutôt des ados ou pas qui liraient ça ? J'ai pensé qu'il fallait quand même réfléchir à la cohérence du récit sur ce point. Plus récemment, c'est sur le thème de la psychiatrie que je me suis beaucoup posé la question. J'ai effleuré ou au contraire approfondi ce thème pour certains AT et je me suis clairement modulée en fonction du thème du recueil et des attentes possibles du lecteur (et je précise bien, du lecteur, pas du jury). C'est pas tant le fait de séduire mais aussi de respecter, de s'adapter, le but n'est pas de choquer pour choquer.

Citer
Et quand tu dis que tu aimerais être lu par tous, la recette est simple, plus tu écris un livre génialissime-que-personne-n'a-jamais-vu-ça, plus tu auras un public large.
Tu entends quoi par large ? Ce serait intéressant de voir si ce sont vraiment de bons bouquins qui touchent un public large, au sens de "très divers". Pour ce qui est de toucher un public large, au sens de "très nombreux", je suis certaine qu'il n'y a pas que les œuvres génialissimes  :mrgreen: l'accessibilité et sûrement tout un tas d'arguments commerciaux interviennent aussi... le bon filon au bon moment, la bonne publicité.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Grand Encrier Cosmique
  • **
  • Messages: 1 404
Re : Des histoires d'ado pour tout le monde
« Réponse #14 le: 24 novembre 2019 à 15:54:22 »
Coucou tous, merci pour vos commentaires :)

Citer
d'écrire une œuvre, et comme quand on a un bébé, de découvrir après si c'est une fille ou un garçon (pour quel public, quoi)
C'est cool ça comme idée  :coeur:

Bon, j'écris toujours ce que j'aime écrire, j'essaie pas du tout d'écrire mon histoire en pensant à qui je peux la vendre. Mais je trouve quand même intéressant de se demander quels éléments peuvent influencer sur le lectorat. Ça veut pas dire que l'histoire change pour autant, mais toutes les histoires peuvent être racontées de mille manières.

En fait je ne veux pas vraiment écrire pour tous, ce serait une envie absurde effectivement. Mais j'aimerais pas non plus que la plupart des gens de mon âge qui la liraient penseraient que c'est pas pour eux.

Du coup j'aime bien l'ensemble de tout ce que vous avez dit, et je crois que c'est un peu ce que j'essaie de faire. Écrire d'abord l'histoire qui m'intéresse, mais me demander quand même à qui je veux m'adresser, pour au fil du récit, ajuster les choses de manière à ce qu'elles restent cohérentes sur la durée.

Je crois que quand j'écris, je cherche toujours à atteindre des gens de mon âge au moins (environ 30ans), genre mes amies, etc, mais avec cette histoire je ne suis pas encore sûre d'y parvenir, c'est pour ça que je m'étais posée cette question au départ je crois.

Bref, je suis pas sûre d'avoir été clair, j'arrive pas très bien à m'exprimer aujourd'hui. Merci en tout cas.
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.15 | SMF © 2017, Simple Machines
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.048 secondes avec 24 requêtes.