Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

04 juillet 2020 à 11:44:50
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Chapart, Claudius) » Du jour au lendemain

Auteur Sujet: Du jour au lendemain  (Lu 883 fois)

Hors ligne PierrePierre

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Du jour au lendemain
« le: 20 octobre 2019 à 10:06:55 »
Du jour au lendemain

J’ai pensé à toi cette nuit en m’endormant,
Ton visage, entraperçu sur quelques clichés, dansait dans ma chambre noire.

Tu t'asseyais sur le bord du lit, près de moi,
Les larges bords de ton chapeau masquaient tes yeux et caressaient mes joues,
Tes cheveux ébène de Macassar frôlaient mon cou, m’offrant un vertige immobile et horizontal,
Ta voix incertaine susurrait des mots qui enlaçaient mes pensées au repos,
Et ton odeur supposée m’imprégnait des images de ton ailleurs où le béton n’existe pas,
Où l’horizon immaculé laisse la vue se repaître du sable et de la mer.

Mes enceintes projetaient Naima et John Coltrane s’embrassant follement pendant que ma conscience devenait floue et que je plongeais irrémédiablement dans le sommeil.

Je me lève ce matin, encore nimbé du parfum que tu as laissé sur ma peau,
Et je suis bien.
« Modifié: 24 avril 2020 à 03:48:48 par PierrePierre »
Certains hommes espèrent entrer dans l'Histoire,
je préfère, quant à moi, disparaître dans la Géographie.

Phrase honteusement piochée - et un peu modifiée - dans mon livre de chevet.
ISBN 978-2-07-282342-8 (l'ISBN, c'est une vraie poésie)

Hors ligne Chapart

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Re : Du jour au lendemain
« Réponse #1 le: 20 octobre 2019 à 11:33:45 »
Salut salut,

D'abord les détails

Ton visage trop peu aperçu dansait dans mon espace noir.

j'ai trouvé "trop peu aperçu" un peu lourd. Et "espace noir" un peu vague. ça se réfère à la chambre en pleine nuit ?

Les larges bords de ton chapeau masquaient tes yeux et venaient me chatouiller les joues,
Tes cheveux ébène de Macassar frôlaient mon cou, m’offrant un vertige immobile et horizontal,
Ta voix incertaine me susurrait des mots qui enlaçaient les pensées de mon endormissement,

c'est joli comme c'est dit (sauf "endormissement" que j'aime pas trop) ; par contre visuellement, je me suis demandé s'il l'imagine dans le lit avec lui (mais je suppose que si c'était le cas, elle aurait retiré son chapeau) ou ailleurs. Du coup j'ai eu un peu de peine à me représenter la scène.

Et ton odeur supposée imprimaient aux murs des images d’ailleurs où le béton n’existerait pas, où l’horizon s’étendrait à l’infini, laissant la vue se repaître du sable et de la mer.

le conditionnel m'a fait un peu tiquer, je crois / "d'ailleurs" pourrait avoir double sens au moment où on le lit, du coup j'ai un peu buté.

Naima et John s’embrassaient follement pendant que mes pensées devenaient floues et que je plongeais irrémédiablement dans le sommeil...

ça j'ai pas compris à quoi ça se rapporte. Est-ce qu'il parle de lui et cette femme à la troisième personne ?

Il m'a manqué un peu de contexte, je crois. Je ne sais pas très bien si tu as cherché à décrire une ambiance (si oui, ça manque de précision à mon goût) ou décrire le mécanisme de l'endormissement à travers une situation / une anecdote, auquel cas je crois que trouve que ça aurait pu être développé un peu ; là, finalement, il s'endort très vite. La chute est sympa mais elle arrive un peu vite à mon goût, du coup.

Merci pour le partage !  :)

Hors ligne PierrePierre

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Re : Du jour au lendemain
« Réponse #2 le: 20 octobre 2019 à 12:41:32 »
Bonjour Chapart,

Merci à toi pour ta réponse détaillée qui m'a fait relire ce texte écrit au lever ce matin.
Il est vrai qu'il raconte une histoire un peu codée... Je vais tenter, autant que faire se peut, d'en réécrire quelques lignes pour éclaircir, sans pour autant y mettre une lumière trop blanche et explicite...

j'ai trouvé "trop peu aperçu" un peu lourd. Et "espace noir" un peu vague. ça se réfère à la chambre en pleine nuit ?
Oui, l'espace noir est la chambre du narrateur quand il s'allonge sur son lit la nuit, pour "trop peu aperçu",  je ne peux pas faire autrement...

Les larges bords de ton chapeau masquaient tes yeux et venaient me chatouiller les joues,
Tes cheveux ébène de Macassar frôlaient mon cou, m’offrant un vertige immobile et horizontal,
Ta voix incertaine me susurrait des mots qui enlaçaient les pensées de mon endormissement,

c'est joli comme c'est dit (sauf "endormissement" que j'aime pas trop) ; par contre visuellement, je me suis demandé s'il l'imagine dans le lit avec lui (mais je suppose que si c'était le cas, elle aurait retiré son chapeau) ou ailleurs. Du coup j'ai eu un peu de peine à me représenter la scène.
Le narrateur imagine une femme qui s’assoie,  s'approche de lui alors qu'il est allongé ...
Pour "mon endormissement", je partage ton sentiment, c'est un peu lourd et redondant. Je vais opter pour "mes pensées au repos"

Et ton odeur supposée imprimaient aux murs des images d’ailleurs où le béton n’existerait pas, où l’horizon s’étendrait à l’infini, laissant la vue se repaître du sable et de la mer.

le conditionnel m'a fait un peu tiquer, je crois / "d'ailleurs" pourrait avoir double sens au moment où on le lit, du coup j'ai un peu buté.
Je suis totalement d'accord sur le double sens de "d'ailleurs" que je n'avais pas vu, mais qui me gêne maintenant ! Je vais opter pour "des images de ton ailleurs".
Ah tiens, au diable le conditionnel ! Le présent de l'indicatif prend toute sa place !

Naima et John s’embrassaient follement pendant que mes pensées devenaient floues et que je plongeais irrémédiablement dans le sommeil...

ça j'ai pas compris à quoi ça se rapporte. Est-ce qu'il parle de lui et cette femme à la troisième personne ?
Ça, c'est un peu mon habitude de mettre des références cachées... Cela peut être, je le reconnais, un peu agaçant pour le lecteur... Naima est une femme qui a vécu avec le grand saxophoniste John Coltrane. Il a écrit un morceau (appelé sobrement "Naima") en son hommage. Le narrateur s'endort souvent avec du jazz en musique de fond, et ce titre "Naima", lent et doux au début, inspire au narrateur un tendre baiser entre John et Naima, le baiser devenant passionné et profond au fil du morceau... Pour finir dans un cri puis dans un apaisement...
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je vais un peu revoir le texte,
Merci encore à toi pour ce retour, à bientôt :)
Pierre
« Modifié: 20 octobre 2019 à 13:04:45 par PierrePierre »
Certains hommes espèrent entrer dans l'Histoire,
je préfère, quant à moi, disparaître dans la Géographie.

Phrase honteusement piochée - et un peu modifiée - dans mon livre de chevet.
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Hors ligne Loïc

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Re : Du jour au lendemain
« Réponse #3 le: 11 novembre 2019 à 15:26:02 »
Salut !

Ton texte est descendu fort bas dans la section, je viens donc voir ce qu'on peut en dire.

Bon déjà je comprends pas trop l'intérêt de ta mise en page.

Citer
Et ton odeur supposée imprimaient

Si c'est l'odeur qui imprime, imprimait, sinon il faut vraiment casser cette mise en page.

Citer
Mes enceintes redessinaient Naima et John Coltrane s’embrassant follement pendant que ma conscience devenait floue et que je plongeais irrémédiablement dans le sommeil...

Les points de suspension n'ont pas lieu d'être
Et l'exclamation en toute fin me parait un poil forte, par rapport à ce qui est écrit comme par rapport à ce que je ressens qui se dégage du texte.

Je suis un peu perplexe, du coup. Ca pourrait presque faire poème, peut-être. J'ai du mal à saisir l'ensemble, et du coup à te dire ce que j'en ressens.
"You're just as selfish as I am. You're just not as good at it yet."
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"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
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Hors ligne FVarga

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Re : Du jour au lendemain
« Réponse #4 le: 14 novembre 2019 à 20:28:22 »
Merci pour ce partage très sensible.
C'est une jolie idée de nous décrire ce moment fantasmé au seuil du sommeil.

mais, trop vouloir dire, en multipliant les adverbes, les adjectifs et les propositions ne signifie pas pour autant être plus clair.
c'est dommage, je partage cette sensibilité, mais j'aurais aimé plus de suggestion et moins de démonstration pour me laisser entraîner dans ton reve.

j'ai collecté à ton attention quelques points précis qui je l’espère t'aideront à ôter tes yeux d'auteur pour te relire avec distance.



Citer
J’ai pensé à toi cette nuit en m’endormant

Bien, sobre, parfait, tout est dit. je m'interroge sur les points de suspension.

Citer
Ton visage, entraperçu sur quelques clichés, dansait dans ma chambre noire.

pourquoi juste entraperçu, j'ai du mal à comprendre le sens.
Chambre noire - Je suppose que le récit débute apres une séance de tirage dans un labo photo (noir et blanc bien sur).

Citer
Tu t'asseyais sur le bord de mon lit, près de moi,
Mon lit -- pres de Moi ca ne sonne pas tres bien quand on le lit à voix haute.

Citer
et venaient me chatouiller les joues
j'ai du mal à adhérer au verbe chatouiller dans ce contexte, surtout quand on vient chatouiller. c'est un peu alambiqué selon moi comme tournure.

Citer
Tes cheveux ébène de Macassar frôlaient mon cou, m’offrant un vertige immobile et horizontal,
pour une poésie en prose, c'est dommage. le début est parfait, mais la fin casse tout avec les rapports géométriques. S'offrir un vertige ce n'est pas tres joli. vertige immobile, c'est une licence poétique mais ca se suffirait.

Citer
Ta voix incertaine me susurrait des mots qui enlaçaient mes pensées au repos,
A cet instant, le charme est rompu par l'incertitude d'une voix sussurant des mots qui enlacent des pensées. j'ai du mal à y etre. peut etre faire plus simple et diviser les propositions pour les rendre plus imagées et plus claires.

Citer
Et ton odeur supposée imprimaient aux murs les images de ton ailleurs
image imprimée ou projetée ? à l'instar de nougaro... sur l'écran noir de mes nuits blanches, où je me fais du cinéma ...
imprimaient : pourquoi au pluriel ?

Citer
où l’horizon s’étend à l’infini
un horizon ne saurait s'étendre qu'à l'infini... un peu cliché non ?

Citer
Mes enceintes redessinaient Naima et John Coltrane
j'adore Naima de Coltrane, mais j'ai du mal à imaginer une enceinte qui dessine; même poétiquement.

Citer
Je me lève ce matin, encore nimbé du parfum que tu as mystérieusement laissé sur ma peau,
ca pourrait etre parfait si ce n'était laissé mysterieusement.
Désolé pour les accents - Mon clavier fatigué et mon système ne reconnaissent pas le français accentué...

Hors ligne PierrePierre

  • Scribe
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Re : Du jour au lendemain
« Réponse #5 le: 24 avril 2020 à 03:47:25 »
Bonjour Loïc et FVarga  :)

Je reviens après une longue absence sur le site...
Merci à vous pour vos commentaires constructifs, j'ai pris en compte la plupart et modifié certaines parties de mon texte.

Loïc, la mise en page est juste un découpage de paragraphes, c'est pour cette raison que j'ai sauté des lignes (d'ailleurs, j'ai enlevé un saut de ligne au début qui n'avait pas de sens particulier).

FVarga, je partage ton goût de Naïma de Coltrane (entre autres titres je pense) et modifié ces enceintes qui ne peuvent dessiner  ;D

Vos commentaires m'ont aussi fait prendre conscience que les points de suspension sont à utiliser avec parcimonie... :)

Merci pour votre retour,
À bientôt,
Pierre
Certains hommes espèrent entrer dans l'Histoire,
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Hors ligne jocelyne

  • Tabellion
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Re : Du jour au lendemain
« Réponse #6 le: 29 avril 2020 à 13:27:11 »
Me revoilà.

Jai eu plaisir à lire ce joli texte. Je n'ai pas assez de recul pour le commenter.Pour l'instant, je ne me sens pas habilitée à le faire. J'ai lu également les critiques qui m'ont l'air pertinent dans l'ensemble.( C 'est l'air qui est pertinent  donc pas d'accord au féminin je suppose. J'ai tellement vu la faute même chez des auteurs publiés!)
Au plaisir de te lire,
Jocelyne

Hors ligne Dot Quote

  • Palimpseste Astral
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    • mordelang
Re : Du jour au lendemain
« Réponse #7 le: 01 mai 2020 à 11:04:37 »
j'ai pas trop compris je crois
y'a une ambition sensuelle...
dont l'atteinte semble contournée
et puis c'est tout ?
"Une cave et tu sais que
Y'a pire que mourir"
- SCH -

 


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