Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

18 octobre 2019 à 22:32:51

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Auteur Sujet: T05-Slave-Fighting  (Lu 529 fois)

Hors ligne Mout

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T05-Slave-Fighting
« le: 17 août 2018 à 23:13:52 »
Slave-Fighting !

Une tête sans viande, une tête tout en os et en vides…
Son souffle chaud, sur mon visage.
Puis ses poings.

Un rideau diaphane nous sépare. Un rideau diaphane historié. Car, par transparence, je vois un spectacle imaginaire.
Celui de ma vie.
Tous les mourants, dit-on, voient leur vie entière défiler devant leurs yeux en une fraction de seconde.
Moi, je vais prendre mon temps.

Voyez ces espèces d’iridescences indociles qui voltigent autour de moi. Ce sont mes souvenirs. Je vais les grouper comme il faut, ces lueurs. Joliment – Le nègre abominable vous fait rire avec son « joliment » ? – Joliment ! Comme les petits yeux crevés des constellations.
C’est ma façon à moi de faire mon baluchon. En prenant bien soin de ne rien oublier. Je ne sais pas où j’ai pris cette idée mais elle me plaît : faire son baluchon…

Nom de dieu ! relève-toi, putain !
Con de nègre !
Relève-toi ou tu prends 60 coups de fouet dans ta tronche !


Fous-moi la paix, ordure.

Sois gentil, bébé. Allez ! mon grand. Encore un petit effort. Tu me donnes trente petites secondes ! Il est cuit !
 
Les mots se pressent dans ma gorge. Ils obstruent le passage : Ta, ta, ta, ta… ta, ta. Ma langue pourrit déjà ?
Comme une branche dans l’eau. C’est toute cette boue… peut-être.


Bon.
Mon baluchon.
J’ai 17 ans.
Je viens de Virginie.
Enfin… Je suis né là-bas.
Esclave comme mon père.
D’où je viens réellement, je ne le saurai jamais.
D’Afrique, oui. Mais où exactement ?
« Africains », voilà, rien ; des cendres qui jamais plus ne se réuniront en un corps solide.

Je n’ai pas connu mes parents. J’ai été élevé par un champ de coton.
Jusqu’à l’âge de neuf ans, je me suis trimballé en chemise, rien qu’en chemise. Si la chemise était usée, je restais nu jusqu’à ce que les maîtres daignent renouveler ma « garde-robe ».
J’aidais à soigner les bêtes, ce genre de choses. Puis un beau jour, ils m’ont donné un pantalon en étoffe rugueuse. « On va voir si tu mérites de vivre, ils m’ont dit, ou si tu es juste une sale petite ombre sans épaisseur ». Je dis « je » mais on était tous logés à la même enseigne.
Et ils m’ont collé aux champs avec les adultes.
Au crépuscule, je me suis senti grandir.
Mais, la nuit venue, je ne me suis pas évanoui comme « une sale petite ombre ».


Les éclats de paradis qu’on peut trouver sur terre à droite à gauche – et j’aurais peut-être pu en prendre un ou deux sur le coin de la figure au cours de mon existence – ne s’écrasent jamais « chez nous ». Le paradis en pointillés ici et maintenant c’est pour les Blancs.
Cette puanteur…
Ces baraquements qui nous bouchent la vie, on y est comme soudés.
Tout, jusqu’à notre regard, dit l’absence d’ailleurs – rien ne sort de nos yeux, pratiquement rien n’y rentre. On ne connaît qu’un ailleurs et il s’écrit avec un A majuscule.

Certains, ici, disent que l’Ailleurs, c’est ce monde-ci rectifié selon leurs critères. Moi, je sais que c’est faux. Parce que quand le vieux Max est mort, il avait le sourire…
 
Se dépêcher de vivre.
C’est ça la clé. 

Ce qui nous manque le plus, c’est le sommeil (c’est à se demander si nos paupières ne sont pas translucides). Après le travail, on doit faire la lessive, accommoder, je n’ose pas dire cuisiner, cette espèce de bouillie glaireuse qui nous maintient en vie (et qui sert à l’occasion de monnaie d’échange). Et puis, on doit repriser les vêtements. Tout cela dans le silence le plus total : parler est au-dessus de nos forces.
 
Parfois, il est déchiré, le silence – le mot est juste – par un bruit de fagots qu’on brise, vous voyez ? Et des hurlements. Je n’ai jamais détesté les coups de fouet tant que ça, les cicatrices « mettent un peu de blanc », disons un peu de clair. Ou du plus-clair.


J’avais huit ans, je crois.
A peu près huit ans. Tous les jours, à l’heure de la soupe, on devait s’étriper, nous les petits, pour avoir le droit de racler le fin fond de l’auge et espérer grignoter un petit quelque chose.
Ce truc-là vient de me revenir. Le plus souvent je ne récupérais que les miettes.
Mais un soir, les autres enfants ont formé une haie jusqu’à l’auge. Pour me laisser passer !
L’un d’eux, tout cabossé, m’a servi, je ne l’oublierai jamais.
 

Se dépêcher de vivre, donc…

Quand Il me l’a présenté, – « Il », c’est Algernon, le fils du propriétaire – il paraît que j’ai fait une tête d’oiseau délivré.
On aimait beaucoup recueillir les oiseaux blessés ou fatigués, ou capturer les oiselets. Simplement pour le plaisir d’observer leur « expression » au moment de les rendre à la nature. Et on essayait de les imiter. Quand il me l’a présenté, j’ai fait une tête d’oiseau délivré. Les autres ont ri en-dedans.
Algernon m’a dit : « Bon. Tu vas combattre Abe dans deux jours. Monsieur Davis va t’apprendre. »
SLAVE-FIGHTING ! Tuer ou mourir pour leurs querelles.
Le Blanc m’a serré une poignée de main lointaine. Il a fait le dos rond comme s’il essuyait une tempête. « Lève les mains ! », il a crié. Il avait les yeux tout rouges. Et il m’a envoyé son poing dans la gueule. Un poing recouvert d’écorce, on aurait dit. Puis un autre et encore un autre ! « Défends-toi, putain, je vais te massacrer ta sale petite face de nègre de merde ! » Après ça, un coup au foie – je ne savais même pas où il se trouvait avant ce jour-là. Fiel crevé.
Le poison se répand.
Je m’écroule, un pot de chambre brisé dans mon bide.


Fruit de mon corps ou graine de mon corps, mon âme – j’ai une âme ! – n’était jusqu’à présent qu’une ombre creuse ; où tout suffoquait, le moindre secret, la moindre lubie de courage. 

Debout, Tom !
Il est à toi !
Debout !
On le finit et on se la coule douce ! Je te le promets !


Aujourd’hui, je sens cette espèce d’abîme enténébré, brûlant comme du plomb fondu, capable d’engloutir tout. Capable de faire du mal. Et ça crépite à l’intérieur, des sensations affleurent à la surface grenue de ma peau. Abîme enténébré, cela veut dire l’infini en moi. Cela veut dire que mon moi invaginé comme un gant d’ouvrier est infiniment grand. C’est ça l’âme.

J’ai été désigné comme belluaire pour affronter Abe (Abe dont les poings ne font pas qu’estropier). Ce n’est pas précisément une condamnation à mort. Mais, dans une arène, combien de fois a-t-on vu le chrétien bouffer le Fauve ?

La nuit dernière, j’ai rêvé du grand Asticot et de sa valetaille, et que je m’envolais, blanchi… Et j’ai rêvé de filandres qui flottaient dans la lumière.

Rester immobile et fermer les yeux…


Davis a parlé d’une « volée de faucons noirs » ou quelque chose comme ça, je ne sais plus. Je ne lui ai envoyé qu’un seul coup, pourtant.
Un coup donné avec l’avant-bras, un coup « serpentin », pas très droit, pas très direct, partiellement bloqué. Mais qui a fendu l’air dans un bruit de soie.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Quand il est revenu à lui, Davis a dit : « T’as la praline, c’est certain. T’as beau retenir les coups, ça filtre quand même… »
Quand je me suis approché pour le relever, il m’a regardé avec l’air d’un esclave condamné pour la première fois à 39 coups de fouets qui vient tout juste de recevoir le premier. 
« Maintenant que Monsieur consent à bosser, allons-y ! on manque de temps ! »


Et puis, ah oui ! Davis a voulu m’acheter. Juste après la rouste que je lui ai administrée. Algernon n’a pas rechigné longtemps, estimant que le mot « liberté » me donnerait comme un coup d’éperon au jarret.

Ils m’ont assis à une table. On a signé un contrat. Des signatures en mèche de fouet pour les Blancs, une croix pour moi.

Si donc je survivais, si je gagnais, j’étais libre. Du moins, je quittais la plantation avec Davis.
 

« Bon, mon grand, n’oublie pas d’utiliser ton jab, tu sais je t’ai montré. Ne fais que ça, il est beaucoup plus petit que toi, à la longue, tu vas le découper en rondelles. Allez ! Dans cinq minutes, tu es libre. Libre ! Come on ! »
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le poing d’Abe s’est littéralement enchâssé dans mon visage.
Mon sang est tombé en rosée sur le sol.
Davis était fou ! Il agitait les bras et les poignets pour m’indiquer les mouvements à faire, ceux que nous répétions depuis deux jours sans interruption.
Rester immobile et fermer les yeux.
Un grouillement de muqueuses haineuses, comme indénouablement enlacées, a formé un cercle autour de nous.
Je me suis mis à marcher comme une taupe. Soudain animé du désir de survivre.

Nom de Dieu ! C’est rien. Tu n’as rien ! Debout ! Mais qu’il est con ce nègre !

Une taupe géante, genre descente de lit.
Allez, rends-moi le sourire, Abe…


Il n’y a pas si longtemps, j’ai été condamné au supplice de l’amphore. Les maîtres m’ont accroché une amphore géante, avec tout un attirail de lanières en cuir, dans le dos. Et m’ont défendu de m’en séparer pendant quinze jours. Sous peine de recevoir 39 coups de fouet – toujours 39 ! Pourquoi 39 ? On ne le saura jamais.
Parfois, pour rigoler un peu, ils la remplissaient d’eau. Je devais la porter au champ, pendant la nuit… Tout le temps !
Au bout de quinze jours, ils m’ont dit : « Alors ? C’est lourd, encombrant, ça empêche de dormir… ça te pourrit la vie, quoi, hein ? Tu ne recommenceras plus. Hein ? C’est bien. Maintenant que tu as compris, tu peux te débarrasser de ton fardeau. » Et d’un mouvement d’épaule, je m’en suis débar
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
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Hors ligne WEG

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #1 le: 20 août 2018 à 14:03:02 »
Salut !
Voilà un texte ambitieux qui se lit bien, on sent le travail derrière pour retranscrire l'ambiance des plantations et toute la violence de l'époque.
C'est un peu dommage que ce soit aussi "aérien", j'aurais préférée qu'on soit moins dans la pensée parfois et plus dans l'action. Mais c'est assez personnel. La construction est assez inhabituelle avec toutes ces ellipses et si je devine bien le choix d'une conclusion pareille j'aimerais avoir une explication quand même.
Merci !
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Hors ligne Ocubrea

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #2 le: 23 août 2018 à 19:41:54 »
Hello Mout !

Comme WEG, je trouve que c'est un texte qui se lit bien, j'ai aussi bien aimé le style violence brute et non romancée. Et je suis d'accord aussi pour le côté aérien, à force de revenir à la ligne tout le temps tu perds l'impact qu'un tel retour à la ligne peut parfois offrir, c'est dommage. Quelques bons petits paragraphes de plusieurs phrases qui se suivent à l'ancienne n'auraient pas fait de mal ;) Et je ne comprends pas vraiment la place des lignes qui semblent séparer une partie de ton texte du reste...

En outre, je trouve qu'il y a quelques phrases ou paragraphes un peu flous. J'ai parfois dû m'y reprendre à plusieurs reprises pour comprendre (et, même comme ça, je ne comprenais pas toujours tout). J'aime bien l'idée des souvenir éclatés, mais j'aurais aimé un fil plus net malgré tout, avec plus de détails par souvenir pour l'ancrer dans le réel (description des gens ou des endroits, par exemple).

L'un dans l'autre j'ai quand même bien aimé, la fin est vraiment bien trouvée, ton narrateur est bien campé, le style est agréable à lire et il y a quelques belles tournures de phrase.

Merci pour cette lecture ! :)
« Modifié: 23 août 2018 à 22:18:25 par Ocubrea »
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

Hors ligne CapuA

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #3 le: 25 août 2018 à 13:03:21 »
Hello,

Alors je ne suis pas vraiment d'accord avec Weg et Ocubrea, je trouve que ce côté décousu n'est pas désagréable à la lecture de ce type de texte.

Malgré tout, concernant les lignes, je suis d'accord avec Ocubrea, je ne comprend pas à quoi elles servent (mais tu as sûrement une bonne explication).

Citer
(c’est à se demander si nos paupières ne sont pas translucides)
Je pense que les parenthèses ne sont pas utiles, tu peux intégrer cette phrase au texte au même titre que les autres phrases.

Concernant le thème de la transparence, je n'y vois pas spécialement de lien, mais peut être pourras-tu m'éclairer.

Pour la fin, je pense comprendre, mais comme Weg, je ne serai pas contre une explication pour infirmer ou confirmer ma pensée :)

Hors ligne Mout

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #4 le: 26 août 2018 à 15:39:39 »
Bonjour à tous et merci pour vos compliments et critiques.
Le thème de la transparence m’a inspiré ce rideau diaphane qui sépare le narrateur de son antagoniste. Et lui permet de voir défiler sa vie sur une espèce de lune rectangulaire qui peu à peu se meuble, se peuple comme un écran de cinéma.
Quant à mon style éparpillé, eh bien, c’est un choix. Risqué. J’ai voulu restituer la confusion du narrateur qui en prend tout de même, pardonnez-moi l’expression, plein la Tronche.
Encore une fois merci.
Le fait seulement d’etre Lu et critiqué représente beaucoup pour moi.
A bientôt,
Mout
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Hors ligne Elk

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #5 le: 28 août 2018 à 20:10:01 »
Bonsoir Mout !

Pas grand-chose à redire sur le style et sur la forme, je trouve que ton texte est bien maîtrisé, et j'aime plutôt bien cet effet de succession de scénettes. En plus, j'ai appris le sens du mot "historié" aujourd'hui. Merci !

Citer
Les éclats de paradis qu’on peut trouver sur terre à droite à gauche – et j’aurais peut-être pu en prendre un ou deux sur le coin de la figure au cours de mon existence – ne s’écrasent jamais « chez nous ».
Et j'aime beaucoup cette image :)

Le titre me plaisait moyennement a priori, mais il est bien justifié par l'histoire, donc ça va.

Par contre, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris l'intention derrière les italiques que tu mets sur certains mots dans le début du texte. A mes yeux, elles n'apportaient pas toujours quelque chose de plus, et je trouve que ça a tendance à alourdir la lecture (on insiste sur le mot dans sa tête, on s'y arrête...).

Un autre détail :
Citer
Puis un autre et encore un autre !
Est-ce que le point d'exclamation est indispensable, ici ? Il tranche un peu avec le ton du narrateur jusque-là, je trouve.

Pour rebondir sur les commentaires de CapuA et Ocubrea : les lignes insérées dans le texte correspondent à des black-out de l'un ou l'autre des personnages, il me semble ? C'est comme ça que je l'ai interprété en tout cas, et j'ai trouvé l'idée plutôt chouette :)

... Par contre, je suis déçue / frustrée / perplexe parce que, eh bien, je n'ai pas compris la fin et pas réussi à interpréter en quoi le dernier paragraphe ce raccroche au reste :-\

(Merci pour la lecture, mais quand même je m'ajoute au cortège des lecteurs qui ne diraient pas non à une forme ou une autre d'explication !)

Hors ligne Moutjfjs

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #6 le: 01 septembre 2018 à 17:36:20 »
Bonjour,

Weg et Ocubrea vous lisez dans mes pensées ^^. C'est mot pour mot les notes que j'ai prises en lisant ce texte historique et bien documenté. Par contre, y-a-t-il un message caché avec la dernière phrase et son verbe tronqué ? Ou est-ce un souci informatique ?
Et d’un mouvement d’épaule, je m’en suis débar

à bientôt

Hors ligne Milla

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #7 le: 02 septembre 2018 à 23:03:08 »
Salut ! :)

au fil du texte...
Citer
Une tête sans viande, une tête tout en os et en vides…
hmmm je suis pas super convaincue par le pluriel à "vides" ici :\?

Citer
Voyez ces espèces d’iridescences indociles qui voltigent autour de moi.
après le rideau diaphane historié, les iridescences indociles ça me laisse un peu un goût de "l'auteur a vraiment envie de sortir les grands mots"... et du coup je sais pas si c'est volontaire et si ça prendra sens pour moi, ni si ça servira ou desservira ton texte... à voir !

Citer
Les éclats de paradis qu’on peut trouver sur terre à droite à gauche – et j’aurais peut-être pu en prendre un ou deux sur le coin de la figure au cours de mon existence
Terre

Citer
Cela veut dire que mon moi invaginé comme un gant d’ouvrier est infiniment grand.
le larousse me dit "En parlant d'une portion d'organe, s'engager dans une autre." pour invaginer. je suis pas très sûre que ta phrase marche, même en métaphore, et en tout cas ne connaissant pas trop le mot ou l'expression, ça ne me renvoie pas d'image, donc je suis de fait pas super convaincue, mais faut peut-être voir les autres lecteurs...

Citer
Il n’y a pas si longtemps, j’ai été condamné au supplice de l’amphore. Les maîtres m’ont accroché une amphore géante, avec tout un attirail de lanières en cuir, dans le dos. Et m’ont défendu de m’en séparer pendant quinze jours. Sous peine de recevoir 39 coups de fouet – toujours 39 ! Pourquoi 39 ? On ne le saura jamais.
Parfois, pour rigoler un peu, ils la remplissaient d’eau. Je devais la porter au champ, pendant la nuit… Tout le temps !
Au bout de quinze jours, ils m’ont dit : « Alors ? C’est lourd, encombrant, ça empêche de dormir… ça te pourrit la vie, quoi, hein ? Tu ne recommenceras plus. Hein ? C’est bien. Maintenant que tu as compris, tu peux te débarrasser de ton fardeau. » Et d’un mouvement d’épaule, je m’en suis débar
je trouve ça très bien trouvé cette fin coupée par la mort qui met en parallèle la vie et le fardeau

et donc hop là, tout lu

sur le global :
je redis juste que les mots "compliqués" m'ont paru ne pas tellement apporter au texte et m'ont plutôt sortie de l'histoire qu'autre chose... après ça se discute hein ^^
Sinon j'ai beaucoup aimé. C'est immersif, intéressant au delà de juste terrible et horrible.

Merci pour ce texte

Milla

Hors ligne LeMargoulin

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #8 le: 02 septembre 2018 à 23:32:45 »
Bonjour moutheux.se,

Alors, j'ai plutôt bien aimé ce texte, même si sa structure (mais c'est personnel) m'a un tantinet gêné. L'introspection, les anecdotes, courtes, signifiantes, fonctionnent bien. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus que mes camarades. Quelques remarques cependant :
Citer
(c’est à se demander si nos paupières ne sont pas translucides)
Tout comme CapuA, je ne pense pas que ces parenthèses soient très utiles.
Citer
Quand Il me l’a présenté, – « Il », c’est Algernon, le fils du propriétaire –
Pas convaincu par ce I majuscule.
Citer
Come on !
Je chipote, mais si l'on considère que l'action se déroule aux US et que, donc, les personnages parlent déjà en anglais (même si nous les lisons en français), ajouter une phrase écrite en anglais est perturbant (enfin, en tout cas ça me perturbe). Mais j'imagine que tu l'as fait pour une raison précise.

Bonne chance !

« Modifié: 02 septembre 2018 à 23:50:03 par LeMargoulin »
J'aurais aimé me lancer dans la flibuste mais ma couardise m'a poussé vers les lettres.

Hors ligne Yöda

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #9 le: 04 septembre 2018 à 22:01:02 »
Bonsoir, Mout !

Le titre ne m'attirait pas du tout, mais je vois qu'il est en fait tout à fait adéquat !
J'ai bien aimé ce texte, très cru et vivant, avec ces images marquantes qui tombent particulièrement juste.

Par contre, comme Elk, j'ai trouvé que le dernier paragraphe ne se rattachait pas au reste, je ne voyais pas du tout ce qu'il venait faire là. Tu commences à construire la chute tout autour des combats et, à la fin, on se retrouve avec une histoire d'amphore qui semble n'avoir rien à voir avec ça, c'est assez déstabilisant.
À la lecture, j'avais l'impression que le héros mourrait lors de son combat, dans l'avant-dernière partie. Du coup, arrivée à la dernière partie, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un flashback mais coupé à un moment inopportun.
Après lecture des autres commentaires, je pense avoir compris où tu voulais en venir : que le coup de l'amphore est une punition pour avoir perdu son combat, et qu'il meurt soudainement de ça, d'où la judicieuse rupture soudaine des mots. Seulement, pour moi, il aurait fallu un peu plus d'information. Si le lien entre le dernier combat et le châtiment de l'amphore avait été plus explicite, ç'aurait effectivement marché pour moi, avec une fin poignante et percutante.

Cela dit, c'est vraiment sur la fin que tu m'as perdue (je croise les doigts pour que tu rajoutes un petit quelque chose pour lier la chute, parce qu'il ne manque vraiment pas grand chose à mon avis !), car pour le reste j'ai beaucoup aimé le texte, le style et le rythme !  ^^
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Hors ligne Mout

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #10 le: 07 septembre 2018 à 17:42:54 »
je suis très touché que vous m’ayez lu si attentivement.
Les tirets, en effet, traduisent une ellipse. Ça rend mieux sur word, j’amagine.
Merci à tous pour vos précieuses critiques. Elles me seront utiles dans l’en futur.
Mout
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Hors ligne Loïc

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #11 le: 14 septembre 2018 à 21:08:00 »
Salut Mout !
J'arrive un peu après la guerre, donc je vais pas rentrer trop dans le détail.

D'une manière générale j'ai plutôt bien aimé l'écriture. Un peu trop de points de suspension (inutiles la plupart du temps) et d'italiques à mon gout (comme disait Elk, ils peuvent souligner de temps en temps, mais là y en a trop).

Et je souscris entièrement à ce qu'a écrit  Yöda pour la fin. Des explications auraient été bienvenues.
(Pas fan du titre non plus, en anglais.)
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Hors ligne Manu68

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #12 le: 15 septembre 2018 à 22:51:41 »
Bonjour
Texte plutôt sympa à lire et comme mes compères... du mal sur la fin.
J’y suis resté (sur ma faim)😏

Bonne continuation.

Hors ligne Rémi

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #13 le: 25 septembre 2018 à 21:18:16 »
Salut Mout :)

Citer
Tous les mourants, dit-on, voient leur vie entière défiler devant leurs yeux en une fraction de seconde.
Moi, je vais prendre mon temps.
sympa

Citer
Joliment – Le nègre abominable vous fait rire avec son « joliment » ? – Joliment !
je capte pas le truc (et pourquoi une majuscule à Le ? ou pourquoi les tirets ?)

Je capte pas les phrases en italiques, j'imagine que je comprendrais à la fin. Je suis pas super fan du procédé, puisque le paragraphe d'après tu pars sur les souvenir... va falloir attendre la chute

Citer
« Africains », voilà, rien ; des cendres qui jamais plus ne se réuniront en un corps solide.
je vois pas trop cette image des cendres

Citer
Quand Il me l’a présenté, – « Il », c’est Algernon, le fils du propriétaire – il paraît que j’ai fait une tête d’oiseau délivré.
c'est qui, ce "Il" ?
ça fait plusieurs fois que tu pose une espèce d'énigme qu'il faut résoudre en lisant les phrases qui suivent, je suis pas fan

Citer
La nuit dernière, j’ai rêvé du grand Asticot et de sa valetaille, et que je m’envolais, blanchi…
pareil ici, avec "Asticot" qu'il faut rattacher à Abe ? au fils du patron ?

Citer
partiellement bloqué. Mais qui a fendu l’air dans un bruit de soie.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Quand il est revenu à lui, Davis a dit : « T’as la praline, c’est certain. T’as beau retenir les
c'est quoi ces tirets ?

Citer
« Maintenant que Monsieur consent à bosser, allons-y ! on manque de temps ! »
Majuscule à "On" ?
(et c'est qui Davis ? son entraineur ?)

Citer
Un grouillement de muqueuses haineuses, comme indénouablement enlacées, a formé un cercle autour de nous.
je capte pas l'image des "muqueuses"

Citer
Et d’un mouvement d’épaule, je m’en suis débar
heu... il manque la fin ?
Non, évidemment. Donc, ça me fait plus l'effet d'un choc, sous cet aspect la fin fonctionne. Cela dit, je suis pas super convaincu : s'il revit sa vie pendant ses dernières secondes, cette fin tronquée devrait arriver au moment où il se fait buter.

Au global, tu écris :
Citer
Quant à mon style éparpillé, eh bien, c’est un choix. Risqué. J’ai voulu restituer la confusion du narrateur qui en prend tout de même, pardonnez-moi l’expression, plein la Tronche.
alors, le côté éparpillé sur la forme, pourquoi pas, mais éparpillé dans le sens des personnages qu'on a du mal à identifier ou du sens qu'on a du mal à capter, ça m'a pas trop plus.

Par contre, y a indéniablement un souffle et une violence sur la forme qui cadrent bien avec le fond.

Merci pour la lecture,
A+
Rémi

Hors ligne Mout

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Re : T05-Slave-Fighting
« Réponse #14 le: 27 septembre 2018 à 09:58:09 »
Merci à tous pour vos critiques.
Elles me serviront pour avancer et éventuellement ameliorer ce texte.
À bientôt,
Mout
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
Le mout est multiple, le mout est omniscient : le mout est tout.

 


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