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24 octobre 2019 à 07:05:00

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Auteur Sujet: T02-Les enjoliveuses  (Lu 770 fois)

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T02-Les enjoliveuses
« le: 17 août 2018 à 22:49:03 »
Les enjoliveuses



« Petite mère,

Le docteur y dit je vais bien. Bientôt je sors. Y fait chaud mais ça va. Quand tu viens me chercher tu oublies pas le petit Jack. Mais si y veut pas c’est pas grave. Je vais bien. Je fais des progrès quand je peux.

À bientôt mère. »

    Elle ne monta pas l’escalier. L’homme lui indiqua un couloir qu’elle emprunta. À la suite de tant d’autres, elle s’engouffra dans le passage décoré de tableaux prestigieux. Il ouvrit la porte d’une pièce où aurait lieu l’entretien. Elle s’assit sur une petite chaise en bois, et il prit place face à elle, dans un fauteuil bas et moelleux. Elle se tenait droite, les mains serrées entre ses cuisses collées. Des traînées de sueur imprégnaient l’habit qu’elle avait choisi avec soin la veille : une robe au col blanc et à la coupe droite. Un habit strict qui donnait du sérieux à sa présentation. L’homme dit :
« - Avez-vous une quelconque expérience ?
Elle ne répondit pas. Elle regardait pourtant en direction de l’homme. Elle avait certainement vu ses lèvres bouger. Cependant, elle demeurait droite sur sa chaise en bois, la sueur continuant de ruisseler le long de son dos. L’homme reprit :
- Seriez-vous muette ?
Possible qu’elle le fut. Elle n’en dit rien, pas même un signe de tête pour confirmer l’hypothèse. L’homme croisa une jambe sur l’autre, posa un bras sur l’accoudoir et lova son menton dans sa paume. Il poursuivit :
- C’est un poste particulièrement contraignant. J’imagine que vous en avez été avertie. Les gens de chez vous sont au courant, n’est-ce-pas ?
Un léger frémissement la parcourut. Son regard clair vibrait d’une excitation interne dont seul le mouvement incessant de ses pupilles témoignait. Il l’observait scrupuleusement et nul doute qu’il avait remarqué la lueur affolée qui l’avait furtivement animée. Il tira un cure-dent plaqué d’or d’un hérisson posé sur une table basse à ses côtés. Il s’adonna un instant à l’inspection de son appareil buccal. Retirant le cure-dent de sa bouche, il loucha dessus, parut satisfait et reprit de plus belle :
- Je suppose que vous savez ce qu’il est advenu de vos prédécessrices. Avez-vous pris cela pour des rumeurs de village, dans vos petits bourgs où tout os est bon à ronger ?
Malgré l’insulte, elle demeura impassible. Le tissu dans son dos lui collait la peau. Pas une articulation ne bougeait, pas un mouvement ne filtrait. Elle avait bâti une cuirasse musculaire efficace. Mais ses yeux la trahissaient. Ses yeux divulguaient les émotions qui l’habitaient, faisaient d’elle un être de vie et d’esprit. En dépit de sa volonté de retenir toute expressivité, ses yeux la désignaient comme fondamentalement humaine. L’homme le constatait et soupirait bruyamment. Il glissait le cure-dent sous ses ongles pour en gratter la crasse accumulée. Ce faisant, il s’adressa à elle en lui jetant à l’occasion, de brefs coups d’œil.
- Je crains que vous ne finissiez comme elles. Non pas que je m’en émeuve, mais voyez-vous, ces démarches de recrutement sont terriblement longues et fastidieuses. Vous n’avez sans doute pas la moindre idée de l’énergie et du temps que cela nous coûte. Je vois que vous vous êtes entraînée, mais vous êtes loin, très loin du compte. Cela se voit, vous comprenez ? Je vois les efforts que vous déployez et c’est du plus mauvais effet. Je suis au regret de vous annoncer que vous ne convenez pas pour ce poste. Vous pouvez disposer. »
Elle ne bougea pas. Son corps s’était figé en équerre sur la chaise en bois. Son regard ému considérait l’homme qui sonna, à l’aide d’un dispositif de cloche un peu démodé, le gardien. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il ne pénétrât dans la pièce. Le gardien souleva la chaise avec la femme dessus. Il la transporta de son pas lourd dehors. Il réapparut quelques minutes plus tard afin de remettre la chaise en place, puis sortit. L’homme se retrouva seul. Il se laissa aller dans son fauteuil. Il regarda fixement le cure-dent, détaillant sa dorure maculée de crasses. Puis il le laissa tomber au sol, se leva et sortit.

« Petite mère,

Quand tu viens ?
Le docteur y dit bon. J’ai pas dit pour les petites bêtes de la chambre. Tu viens et tu vois. Eux y voient rien. Ils te donnent des cachets pour la tête et je deviens grosse. Quand tu viens je te montre. J’ai un peu peur mais ça va. Tu dis bonjour au petit Jack.

À bientôt mère. »

    L’homme pénétra dans une autre pièce et décrocha un combiné de téléphone. Il en fit rouler le cadran. Son interlocuteur prit l’appel :
« - Illico placement, que puis-je pour vous ?
- Ici la maison Employeur, je me suis entretenu avec la dernière candidate que vous nous avez adressée. Elle est sans valeur pour nous.
- J’en suis terriblement navré. Nous faisons tout notre possible pour satisfaire la maison Employeur. Nous avons même outrageusement durci nos critères de sélection.
- Nous n’en espérions pas moins. Sous quel délai pouvez-vous nous en faire parvenir d’autres ?
- Je crains que nous n’ayons, présentement, pas l’ombre d’un être qui satisfasse vos critères. Cela dit, ce type de candidature peut se présenter inopinément. Dès demain… ou même cet après-midi, il se peut qu’une postulante valable se présente à l’agence. Ces étrangères pullulent à tout bout de champ, on ne sait plus qu’en faire.
- Grand bien nous en fasse. Hâtez-vous de nous en quérir. L’actuelle présente des déficiences caractéristiques. Il se pourrait que nous nous en défaisions d’un instant à l’autre.
- Et vous auriez mille fois raisons. Je me plie en quatre pour vous servir promptement et habilement. Vous ne sauriez être déçu une fois de plus.
- Il faudra vous en assurer. Dans l’attente de vos nouvelles. »
Sur ces derniers mots, il raccrocha.
   La malheureuse candidate était toujours sur le perron. Elle hésitait à repartir ou à persévérer. Un léger bruissement, aussi léger qu’une toile qui se tisserait accrochée à son flanc, fit frémir le rideau de la chambre du troisième. De là-haut, la prétendante éconduite était épiée. Par le rideau même semble-t-il, qu’un souffle de vent fit gonfler dans l’embrasure de la fenêtre. Le rideau, ou ce qu’il cachait, vit finalement s’éloigner la jeune personne. Un soupir, qui se fondit dans le frisson de l’air, s’échappa de la toile. Elle s’engouffra à l’intérieur et la fenêtre se referma.

« Petite mère,

Le docteur y dit je sors presque. Y a beau temps. Je vais dehors mais pas trop. Malade par le ventre mais c’est passé. Quand tu viens tu prends ma palette. Je vais peindre la nuit qui tombe.


À bientôt mère. »

   L’homme rejoignit la salle circulaire où était dressé le dîner. Il se fondit dans un groupuscule d’individus bariolés et excités. Au centre de cette salle trônait une table garnie de victuailles. L’air embaumait les salaisons et le lard fumé. Les personnes vaquaient, disposaient des mets offerts et s’adonnaient à la conversation. Impossible de déterminer leur nombre exact car ils circulaient librement ; quand certains sortaient, d’autres rentraient, tant et si bien que le flux des individus était constamment en mouvement.
   L’homme fut rapidement interpellé par une dame ronde et maquillée avec outrance. Elle lui pointa du doigt une pièce qui donnait sur la salle. Elle parlait d’une voix atténuée, ce qui captivait d’autant plus les curieux. L’homme se dirigea prestement vers la pièce indiquée. En s’approchant, il se retrouva mêlé à un attroupement de jeunes hommes amusés. La voix qu’il entendit le fit frémir. Il obligea tout le monde à sortir du petit salon d’où la voix provenait, referma la porte derrière lui et verrouilla. La voix se tut.
« - Ne me poussez pas à durcir mes façons, dit-il.
Cependant, il n’y avait personne d’autre que lui. Il poursuivit à l'adresse du mobilier, des dentelles et du siège en boudeuse :
- J’ai connaissance de votre souffrance. Vous serez envoyée en un lieu propice à votre rétablissement. Il est impensable que vous conserviez un poste qui vous sied si mal.
Il entendait une plainte se lever dans la pièce. L’air se soulevait et il percevait, par intermittences, les vives couleurs caractéristiques de la défaillance de l’employée. Celle-ci, au lieu de sublimer ce qui était, éclatait. Il émanait d’elle, par instants fugaces, des éclats de pigments discordes, un signe typique de l’installation de la maladie. L’autre signe, bien plus grave, était la manifestation de sa voix qui venait contaminer les conversations et l’esprit des personnes circulant dans la demeure.
- Il avait été convenu que vous n’avez nullement l’autorisation de vous adresser à qui que ce soit. Il m’a été rapporté que vous avez tenté d’entrer en communication avec des personnes ici présentes. L’on m’a aussi appris que vous chantiez, que de telles offenses percent les tympans fragiles de nos convives. C’est inadmissible !
Il sentait monter en lui une sourde colère. Il s’imaginait frapper cette étrangère qui rôdait dans sa maison. Non pas qu’il lui en voulût de manquer à son devoir, c’était inévitable, elles finissaient toutes par faillir. Il voulait simplement laisser libre court à la haine qui coulait dans ses veines, la haine qui excitait ses muscles, comprimait son cœur et lui donnait la sueur. Il éprouvait une haine raciale, irraisonnable, à l’égard de ces faibles créatures. Il était de bon ton d’avoir en sa demeure des enjoliveuses qui, par transparence acquise, rehaussaient et sublimaient la beauté des lieux. Il se sentait donc socialement obligé de recourir à ce type de service. Mais le prix était élevé. Les employées s’abîmaient rapidement, il fallait très souvent les renouveler. De plus, trouver des employées adroites en la matière s’avérait difficile. Celle-ci, qui lui faisait monter la moutarde au nez, était certes à la hauteur, mais elle avait brusquement périclité, le mettant en position délicate auprès de ses convives et des rumeurs publiques. Il lui fallait bien reconnaître que la sensibilité exceptionnelle de ces jeunes femmes leur permettait de tenir ce rôle, mais elle participait également à leur inévitable effondrement. Il s’agissait de produits de qualité mais à échéance courte. L’homme se sentit soudainement exténué. La haine se replia dans un bourrelet, et il s’adressa sèchement, mais calmement, à son employée :
- Je mets fin au contrat qui nous lie. Je vais mander les spécialistes de votre rétablissement afin qu’ils s’empressent de vous quérir avant la fin du jour. D’ici là, montez dans votre chambre et restez-y. »
Il s’apprêtait à repartir quand, dans le mouvement qui le transportait vers la porte qu’il avait verrouillée, il aperçut la jeune femme. Comme tant d’autres, il s’arrêta net et chercha à la retenir du regard. En vain. Il conserva le souvenir d’une femme au bord des larmes ; l'image fantôme d'un regard plaintif, lancinant, qu’aucune haine ne pourrait jamais ignorer. Il sortit et ferma la porte à clef depuis la salle où les convives enchantés jouissaient d’une vie orgiaque. L’employée n’avait qu’à emprunter l’autre porte pour se terrer dans la petite pièce qui lui avait été attribuée. Il repartit en sens inverse afin de donner un nouveau coup de téléphone. La dame ronde le regarda intensément. Il lui répondit par un hochement de tête pour signifier que l’affaire était réglée.

   La jeune femme lentement se hissa vers sa chambre. Les larmes ne coulaient pas. Elles étaient toujours sur le bord mais retenues par la volonté farouche de ne pas se perdre. Sa mère, toujours, lui avait dit : « femme éplorée, femme perdue ». Petite mère lui manquait douloureusement. Elle la sentait en elle comme une aiguille qui pointe sur le cœur, parfois aussi comme un bol de soupe qui fond dans le gosier. La culpabilité ne l’atteignait pas. Elle ne comprenait pas la colère de l’Employeur. N’était-il pas vrai que certains convives s’étaient adressés à elle ? Certains même la regardaient d’envie, elle était bien en âge de susciter la curiosité charnelle. Mais l’Employeur ne voyait rien, il ne l’appréciait pas, voilà tout.
   Parvenue à sa chambre, l’employée entreprit, sans trop y réfléchir, de la dépouiller, de la mettre à nu et à sac. Elle commença par le lit dont elle ôta, couche après couche, les tissus le couvrant. Elle tira des bandes de papier peint jauni. Fit un amoncellement de tout ce qu’elle pouvait prélever, défaire, rompre. Elle se représenta un grand brasier mugissant et crépitant autour duquel elle prierait les voix qui lui causaient. Un air retentissant lui chatouillait les oreilles. Elle le reprit et s’en appropria les paroles :

« Je vois passer la faux
Hissez-Haut
Y s’en faut d’peu
Pour que je tombe et que j’en trépasse
On m’ramassera à la p’tite cuillère
J’entends passer le vent
Hissez-Haut
D’mon enterrement
Y n’aura pas fallu bien longtemps
Pour m’finir et m’dépecer vivante
J’ai peur p’tite mère de crever
Pour de bon
Et d’finir morte
Manqu’rait plus que c’soit toi qui me terres
Pour pas cher ma peau était donnée »

   Lorsque les Agents du Rétablissement Forcé arrivèrent et pénétrèrent la petite chambre, ils ne virent qu’un amoncellement chaotique. Ils se jetèrent un regard en coin, ils connaissaient bien ce type de patientes aux décompensations fulgurantes et, en un sens, créatives. Ils savaient également que, comme les autres, ils ne la verraient pas. Elle était devenue sagace dans l’art de se fondre dans le décor et transparente aux yeux des normaux. Il leur fallait user d’artifices pour mettre la main dessus et empoigner la malheureuse vers le département asilaire. Armés d’un filet de pêche, et tout comme ils chasseraient d’évanescents papillons, ils progressaient lentement dans la pièce, couvrant avec le filet la distance maximale entre eux, afin de la coincer dans l’angle du fond où elle se réfugierait. Lorsqu’ils l’eurent prise, ils assistèrent à un phénomène d’une grave beauté, que leur pauvre sensibilité cependant ne leur permettait pas d’apprécier. Le corps diaphane de l’employée, écran de projection sur le mur contre lequel, terrorisée, elle s’appuyait, avait déposé une tache luminescente. La tache, représentant grossièrement le corps transparent que la lumière avait traversé, ondulait pareille à ces aurores boréales imprégnant les cieux polaires. Peu à peu la luminosité palissait et le mur reprenait sa morne teinte. Les agents n’y voyaient qu’une manifestation de la crise de la patiente. Incapables de s’en émerveiller, ils ne pouvaient dès lors comprendre qu’ils venaient d’arracher au corps son âme. Ils transportaient avec eux une incurable, démunie de sa vitalité et de toute espérance.



Épilogue


   C’est seulement au bout de plusieurs jours que ces patientes renvoient leur image aux yeux des autres. On les découvre alors d’une extrême pâleur. Incapable de saisir le mal qui les habite, on les case dans des lieux décentralisés, à l’écart du tumulte des métropoles. Elles croupissent en ces lieux, la plupart s’y éteignent.
   Par transparence acquise, ces pauvrettes deviennent créatures fantastiques, nymphes domestiques. On ne peut que les entr’apercevoir. Elles paraissent dans le coin optique, au seuil de la vision. On peut ainsi les deviner lorsque, dans l’élan d’un mouvement, une figure à la couleur vive surgit au coin de l’œil. Tout comme le petit peuple de la forêt que l’on ne peut saisir et qui disparaît dès que l’on cherche à le regarder de face, ces jeunes femmes demeurent visions enchantées, tendres hallucinées. Elles sont l’immanence d’une rencontre, toujours manquée, dans les coulisses d’un regard.
   Belle hécatombe que ces jeunes pousses qui d’elles-mêmes ne tirent plus que reflets.
   Certaines croient à la Légende.
   La Légende dit que l’une a vu ses traits s’effacer, son épaisseur fondre, ses paroles devenir buée et ses gestes grains de fumée. Celle-là, à jamais, s’est emmurée.
   La Légende nourrit les délires des malheureuses qui se perdent au fond d’elles-mêmes, se croient invisibles, retirées et exclues du monde. À jamais sont-elles aussi emmurées, dans les asiles dortoirs délocalisés. La lumière des villes les ont attirées, elles en sont revenues ombres.

« Petite mère,

Suis seule. Dors plus, v’là les petites bêtes qui rappliquent. Des bouts de peau grignotés. Le docteur y dit faut manger. Je dis non. Pourquoi que tu viens pas me prendre dis ? Pourquoi que tu me laisses ici. Les gens y crient. Mon lit est sale. Je fais tout bien. Suis une bonne fille. Veux prendre petit Jack dans les bras. Quand tu viens dis ? Quand ?

Ta fille »
« Modifié: 08 octobre 2018 à 15:01:51 par Mout »
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #1 le: 18 août 2018 à 09:19:13 »
Hey !
Un texte fort curieux, avec une ambiance oppressante à souhait. J'ai beaucoup aimé l'épilogue, qui apporte des éléments essentiels pour apprécier le texte dans sa globalité.
Une petite coquille : Elle est sans valeur
Merci pour cette lecture !
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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #2 le: 19 août 2018 à 18:34:25 »
Hey,

Plutôt d'accord avec Weg. J'ai lu d'une traite et repris mon souffle qu'en terminant ma lecture. Le thème est très bien respecté.

Bravo !

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #3 le: 21 août 2018 à 09:55:27 »
Merci à vous deux pour vos commentaires qui me réjouissent.
Je vais corriger sur-le-champ cette coquille.
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
Le mout est multiple, le mout est omniscient : le mout est tout.

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #4 le: 24 août 2018 à 14:50:56 »
Hello Mout !

J'ai beaucoup aimé !

Quelques remarques (essentiellement du chipotage) :
Citer
À la suite de tant d’autres elle s’engouffra dans le passage, décoré des tableaux prestigieux d’une famille richissime.
J'aurais mis une virgule après "À la suite de tant d’autres", quitte à supprimer l'autre si tu trouves que ça fait trop.

Citer
Cependant elle demeurait droite sur sa chaise en bois, la sueur continuant de ruisseler le long de son dos.
Là aussi, virgule après "Cependant" ?

Citer
Ce faisant, il s’adressait à elle en lui jetant, à l’occasion, de brefs coups d’œil.
"s'adressa", puisqu'il ne le fait plus qu'une seule fois…

Citer
Un léger bruissement, aussi léger qu’une toile qui se tisserait accrochée à son flanc, fit frémir le rideau de la chambre du troisième. De là-haut, la prétendante éconduite était épiée. Par le rideau même semblerait-il, qu’un souffle de vent fit gonfler dans l’embrasure de la fenêtre. Le rideau, ou ce qu’il cachait, vit finalement s’éloigner la jeune personne. Un soupir, qui se fondit dans le frisson de l’air, s’échappa de la toile. Elle s’engouffra à l’intérieur et la fenêtre se referma.
J'ai eu un peu de mal avec ce paragraphe, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois, en particulier avec la dernière phrase : qu'est-ce qui s'engouffre à l'intérieur ? La toile ? Mais elle est déjà à l'intérieur, non ? Bref, ça ma laissée perplexe...

Citer
L’homme fut rapidement interpellé par une dame ronde et maquillée avec outrance.
"maquillée à outrance"

Citer
Elle lui pointa du doigt une pièce qui donnait sur la salle. Elle parlait d’une voix atténuée, ce qui captivait d’autant plus les curieux. L’homme se dirigea prestement vers la pièce indiquée. En s’approchant, il se retrouva mêlé à un attroupement de jeunes hommes amusés. La voix qu’il entendit le fit frémir. Il obligea tout le monde à sortir du petit salon d’où la voix provenait, referma les portes derrières lui et verrouilla. La voix se tu.
"se tut". Par ailleurs, de nouveau, le paragraphe m'a semblé étrange, comme s'il en manquait des bouts, par exemple "captivait d'autant plus les curieux" : quels curieux ? Où vont-ils, que font-ils ? On en parle juste comme ça à ce moment-là et puis ils s'évaporent. En plus, justement, une voix atténuée ne devrait pas trop attirer l'attention dans le brouhaha ambiant. "La voix qu'il entendit le fit frémir" : là aussi, quelle voix ? On comprend difficilement qu'une voix le fasse frémir avec toutes les personnes présentes dans cette pièce. Il faudrait préciser un truc du genre : "il entendit une voix claire et douce, une voix qui ne correspondait pas aux jeunes hommes attroupés là, qui n'avait rien à faire dans cette pièce." Pas comme ça évidemment, un truc à ta sauce, c'est juste pour illustrer.

Citer
Cependant il n’y avait personne d’autre que lui. Du moins, il semblait n’y avoir personne d’autre que lui.
L'idée est bonne, la formulation est maladroite à mon sens. Peut-être rajouter une virgule après "Cependant" et "dans cette pièce" à la fin de la phrase ?

Citer
La haine se replia dans un bourrelet,
"dans un bourrelet" ? J'ai du mal à comprendre ce que tu veux dire par là…

Citer
Il s’apprêta à repartir quand, dans le mouvement qui le transportait vers la porte qu’il avait verrouillée, il aperçu la jeune femme. Comme tant d’autres il s’arrêta net et chercha à la retenir du regard
"s'apprêtait", "aperçut", virgule après "Comme tant d'autres" ?

Citer
Certains mêmes la regardaient d’envie, elle était bien en âge de susciter la curiosité charnelle.
"avec envie"

Citer
Parvenue à sa chambre, l’employée entreprit, sans trop y réfléchir, de la dépouiller, de la mettre à nu et à sac. Elle commença par le lit dont elle ôta, couche après couche, les tissus le couvrant. Elle tira des bandes de papier peint jauni. Fit un amoncellement de tout ce qu’elle pouvait prélever, défaire, rompre. Elle se représenta un grand brasier mugissant et crépitant autour duquel elle prierait les voix qui lui causaient. Un air retentissant lui chatouillait les oreilles qu’elle reprit en s’en appropriant les paroles :
Je trouve la description très neutre et distante par rapport à ce qu'elle est en train de vivre et de faire…

Citer
Ils se jetèrent un regard en coin, un peu incrédules. Ils connaissaient bien ce type de patientes aux décompensations fulgurantes et, en un sens, créatives.
Pourquoi sont-ils incrédules s'ils connaissent bien ce genre de cas ?

Citer
dans l’élan d’un mouvement, une figure mouvante
"mouvement", "mouvante", je ne sais pas, ça me chiffonne chaque fois que je lis cette phrase.

De manière plus générale, j'ai du mal avec les dialogues en italique, je n'ai pas vraiment compris le but.
Par contre, j'aime beaucoup les messages à "Petite mère". Et globalement, je trouve que c'est un très beau texte, très prenant, qui captive du début à la fin. C'est bien écrit, dans un bel équilibre entre simplicité et formules poétiques, et très cohérent.

Merci pour cette lecture ! :)
« Modifié: 24 août 2018 à 14:53:15 par Ocubrea »
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #5 le: 27 août 2018 à 22:18:56 »
Salut Mout !

Mes remarques au fil du texte :

Citer
Un léger frémissement la parcouru.
parcourut

Citer
L’homme dit :
« - Avez-vous une quelconque expérience ?
Elle ne répondit pas. Elle regardait pourtant en direction de l’homme. Elle avait certainement vu ses lèvres bouger. Cependant elle demeurait droite sur sa chaise en bois, la sueur continuant de ruisseler le long de son dos. L’homme reprit :
- Seriez-vous muette ?
Possible qu’elle le fut. Elle n’en dit rien, pas même un signe de tête pour confirmer l’hypothèse. L’homme croisa une jambe sur l’autre, posa un bras sur l’accoudoir et lova son menton dans sa paume.
J'aime beaucoup le rythme installé dans le dialogue et la sensation d'oppression qui s'en dégage :)

Citer
paru satisfait
parut

Citer
Elle avait bâtit
bâti
(attention aux "t" ! Il y en a d'autres dans le texte ^^)

L'ambiance est très bien posée dans ce premier passage ! Et les interludes en italique ajoutent encore une touche de mystère à l'ensemble.

Citer
L’homme pénétra une autre pièce
Plutôt "pénétra dans une autre pièce"

Citer
Non pas qu’il lui en voulait
lui en veuille ? J'ai un doute

Citer
Il éprouvait une haine raciale
Je ne suis pas convaincue par l'utilisation de "haine raciale", je ne vois pas bien ce que tu entends par là.

Citer
Il était de bon ton d’avoir en sa demeure des enjoliveuses qui, par transparence acquise, rehaussaient et sublimaient la beauté des lieux. Il se sentait donc socialement obligé de recourir à ce type de service. Mais le prix était élevé. Les employées s’abîmaient rapidement, il fallait très souvent les renouveler.
J'ai l'impression qu'une grosse partie des explications, du moins sur le recrutement des employées et le poste qu'elles occupent, arrive ici. Étant donné tout le mystère qu'il y a autour de ça depuis le début du texte, je trouve dommage que ce soit traité aussi rapidement, au détour d'un paragraphe... je m'attendais à une révélation davantage mise en valeur.

Citer
La haine se replia dans un bourrelet
J'aime beaucoup l'image !

Citer
Il garda le souvenir d’une femme au bord des larmes. Il garda en lui un regard plaintif, lancinant, qu’aucune haine ne pourrait jamais évacuer.
Répétition de "garda" un peu maladroite, je trouve

Citer
Elle la sentait en elle comme une aiguille qui pointe sur le cœur, parfois aussi comme un bol de soupe qui fond dans le gosier.
Joli :coeur:

Citer
Certains mêmes la regardaient d’envie
Plutôt "avec envie" ?

Spoiler
[close]
S'il y a une référence à une chanson / comptine existante, je ne l'ai pas saisie (je suis un peu frustrée du coup)

Citer
Ils savaient également que, comme les autres, ils ne la verraient pas ; elle était devenue sagace dans l’art de se fondre dans le décor et transparente aux yeux des normaux.
J'ai peut-être mal compris quelque chose, mais cela me semble contradictoire avec le fait qu'elle semblait commencer à ne plus être invisible, et que c'est pour cette raison que l'Employeur a décidé de la renvoyer  :\?

Le texte de l'épilogue n'est pas justifié, je ne sais pas si c'est volontaire ou si c'est un oubli ?

Citer
C’est seulement au bout de plusieurs jours que ces patientes renvoient leur image aux yeux des autres.
Je ne suis pas sûre de bien comprendre. Au bout de plusieurs jours de transparence, elles finissent par réapparaître partiellement ? Au bout de quelques jours de "maladie", elles finissent par commencer à disparaître ? Ou bien c'est une autre signification... ?

Il me reste quelques incompréhensions en fin de lecture : je ne suis pas sûre d'avoir bien démêlé l'ambiguïté entre le statut de "patiente" et d'"employée" des enjoliveuses. Il semble qu'elles soient les deux à la fois, mais du coup je ne comprends pas bien sur quels critères se font les embauches et les renvois, et ce qu'il advient d'elle lorsqu'elles sont rejetées (en tout cas dans le contexte de la maison de l'Employeur, qui ne semble pas être la seule à accueillir des enjoliveuses). Peut-être qu'en relisant à tête reposée tout ça me paraîtra limpide !
A part ça, je le redis, j'ai beaucoup aimé l'ambiance globale du texte, qui ressort à la fois des dialogues, des descriptions, des interludes "Petite Mère"... c'est très bien mené en termes d'équilibre entre les indices apportés et le maintien du mystère ! La deuxième partie, à partir de l'utilisation du terme "enjoliveuses" et avec les quelques incompréhensions qui ont suivi, m'a un peu moins convaincue, mais il ne manque pas grand-chose ;)

Merci pour la lecture !


Hors ligne Yöda

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #6 le: 31 août 2018 à 15:45:10 »
Bonjour, Mout !  :)

Désolée, je commence par chipoter sur trois petits points :

Comme Ocubrea, je ne pense pas que les dialogues en italiques soient nécessaires ('fin, les dialogues oui, l'italique non  :mrgreen:). Je pense que tu devrais réserver l'italique aux seuls messages à Petite mère, qu'ils restent ainsi unique en leur genre.

Elk a également soulevé une incompréhension que je partage : l'employée se fait remercier car elle redevient visible, mais lorsque les agents viennent la chercher elle est de nouveau invisible - voire plus qu'avant. Je n'ai pas trop saisi le comment, le pourquoi.  :\?  Ceci dit, cette dernière image de cette "chasse au papillon fantôme" est très belle et poétique, comme la majeure partie du récit.

Le troisième petit truc qui me chiffonne - et c'est tout personnel - c'est l'épilogue (la partie avant le dernier message à Petite mère). Je le trouve trop explicatif et dénué de charme par rapport au reste. Pour moi, l'ambiance s'est brisée tout d'un coup.

À part ces trois petites choses, j'ai trouvé ton texte très beau, imagé, empreint d'une ambiance délicate et éthérée très particulière. Les passages à Petite mère sont très touchants, je trouve que le registre de langue y est très bien choisi et donne une image encore plus fragile de l'enjoliveuse.

Bref, un bon texte qui m'a offert un moment de rêverie mélancolique très agréable, merci !  ^^
"You don't seem to get the gravity of the situation..."
- Isaac Newton -

Hors ligne Moutjfjs

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #7 le: 01 septembre 2018 à 17:56:39 »
Bonjour,

un texte très, très bien écrit mais j'ai un mal fou à comprendre. Mes questions : si transparence pdt qqes jours, elles redeviennent visibles ? Inversement, si maladie, elle disparaissent ? C'est quoi la différence entre "employée" et "patiente" ? Tout me semble contradictoire.
Je relirai de toute façon mais quelques explications seraient les bienvenues.

J'ai beaucoup aimé ton style d'écriture.

à bientôt

Hors ligne Mout

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #8 le: 02 septembre 2018 à 13:31:21 »
Merci à vous pour vos commentaires. J'apprécie que vous ayez passé du temps à lire, à comprendre, à traquer les oublis et les erreurs.
J'ai corrigé la plupart des fautes relevées. Certaines je les laisse, des imperfections de ma langue que je m'autorise à garder. J'ai repiqué quelques phrases que vous aviez décrites comme étant maladroites. J'ai ôté l'italique qui n'avait, effectivement, pas grande utilité.

"J'ai un mal fou à comprendre", "c'est quoi la différence entre employée et patiente", et autres interrogations : je ne peux répondre intégralement à ces questions car la folie n'est que partiellement raisonnable. Ce que je peux expliciter :
Spoiler
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Hors ligne Moutjfjs

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #9 le: 02 septembre 2018 à 22:39:32 »
merci pour les explications dans le "spoiler" !

Hors ligne Elk

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #10 le: 03 septembre 2018 à 11:01:06 »
Effectivement, merci pour les explications !

Sans ôter tout le mystère du texte, je pense que ce serait chouette d'y ajouter quelques éléments / pistes, notamment

Spoiler
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Hors ligne LeMargoulin

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #11 le: 03 septembre 2018 à 12:25:25 »
Bonjour moutheux.se,

Ce texte m'a plu. Le style et le sujet choisi (super idée au passage), dégagent un mystère assez agréable. Je ne vais pas répéter ce qui  déjà été dit mais j'apprécie moi aussi les passages  adressés à sa "petite mère", qui ont un charme particulier.

Quelques points de détails :

L'usage de certains mots me semble un peu artificiel, ici par exemple :
Citer
pas l’ombre d’un être qui satisfasse vos critères

Sinon,
Citer
maquillée avec outrance
J'ai toujours entendu, dit et lu "à outrance", alors ce "avec" est bizarre pour moi.

Bonne chance !
J'aurais aimé me lancer dans la flibuste mais ma couardise m'a poussé vers les lettres.

Hors ligne Milla

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #12 le: 05 septembre 2018 à 21:27:24 »
Salut ! :)

au fil du texte...
Citer
Elle s’assit sur une chaise maigrement bourrée,
rembourrée plutôt non ? ou bourrée de qqch ? :\?

hop là, tout lu !

du coup sur le global.
D'abord j'ai apprécié l'écriture, fluide et maîtrisée, j'étais dedans, le ton et l'ambiance fonctionnent très bien. :) L'histoire est étrange, intrigante, je me suis volontiers questionnée et laissée embarquée jusqu'à la fin !
J'ai lu dans les précédents comm que certains avaient des incompréhensions. peut-être as-tu déjà remanié le texte ? Moi ce que j'en avais compris
Spoiler
[close]

Bref bref, après ce long spoiler et pour conclure, c'est une chouette lecture, même si l'histoire est plutôt brrr que chouette  :', et j'ai vraiment beaucoup aimé.

Merci pour ce texte.

Milla

Hors ligne Manu68

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #13 le: 05 septembre 2018 à 23:13:46 »
Bonjour,

Séduit.
Impressionné

Relu, relu, et relu...

Je reste sans voix.

Merci pour cette lecture que j’ai appréciée.

Hors ligne Mout

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Re : T02-Les enjoliveuses
« Réponse #14 le: 06 septembre 2018 à 19:58:30 »
Merci pour ces nouvelles lectures, appréciations et interrogations.

Je constate que chacun se forge son idée quant à ce qui se passe au sein de cette maison, et c'est bien ainsi.
Je reconnais que les brèves lettres adressées à petite mère participent de l'incompréhension de certains. Elles ne répondent effectivement pas à une logique temporelle.
Pour ce qui est du grésillement, il s'agissait d'une image, rien de plus. Certains les entendent parler, d'autres murmurer ou chanter, pourquoi pas grésiller ? J'y réfléchirais davantage si jamais l'enregistrement d'une lecture est prévu...

Merci au dernier commentaire qui me touche beaucoup.
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