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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32

Auteur Sujet: [défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32  (Lu 2705 fois)

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[défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32
« le: 19 juin 2018 à 21:07:51 »

Citation de: Lila
Claudius voici ton défi
Raconte moi l’histoire d’une princesse 👸 moche au yeux de tousse mais je veux une belle fin


Voilà Lila, j'ai relevé ton défi, j'espère avoir rempli le contrat.

La princesse et le jardinier.

Dans une contrée perdue au milieu des montagnes, se cachait un petit royaume inconnu du reste de la terre. Gabart en était le roi, un bon souverain proche de son peuple. Épris d'amour pour une belle paysanne, il l'épousa en justes noces un beau soir de mai. La fête fut belle et joyeuse, tous les habitants du royaume étaient présents. Les mois passèrent, dans le bonheur le plus complet des deux souverains et de leurs sujets. Un jour Gabart demanda à sa douce reine s'il n'est pas temps de penser à l'avenir et d'avoir des enfants. Tyllie sauta de joie et au coup de son époux. Elle n'attendait que ça.
Durant plusieurs mois, ils tentèrent sans succès de procréer. Le roi, très triste, convoqua les plus éminents médecins et tout fut tenté pour qu'il ait enfin descendance. Après moult tentatives infructueuses, il fallut se rendre à l'évidence : la reine était stérile. La loi de ce royaume était formelle : si la reine ne pouvait avoir d'enfant, le roi se devait de la répudier.

Tyllie le savait, elle attendait désemparée la décision de Gabart. Il hésitait, il aimait tant sa douce épouse, il ne pouvait se résoudre à la répudier, à se séparer d'elle. Toute la nuit il chercha une solution. Il se souvint des paroles de son père juste avant de disparaître :
— Si un jour le malheur s'abattait sur le royaume, sur toi ou un des tiens, va là-bas, au plus profond de la forêt trouver la vieille Fiducia. Dis-lui qui tu es, elle t'aidera, elle me le doit. Mais attention fils, tu n'auras droit qu'à un seul souhait.

Au petit matin il partit vers la grande forêt, l'heure était d'importance, le moment était venu. Marchant de jour et de nuit, il parvint à la petite maisonnette de bois et frappa à la porte. Une vieille femme l'accueillit. Il se présenta, expliqua sa situation et lui demanda de l'aider en souvenir de son père. Fiducia l'écouta, hochant la tête et répondit :

— Tu sais que tu n'as droit qu'à un seul recours, que quoiqu'il advienne, tu ne pourras pas revenir en arrière. Tu es sûr d'avoir bien réfléchi ?
— Oui ! répondit le roi d'une voix qui se voulait ferme.
— Bien, dit-elle en se dirigeant vers un appentis au fond de la pièce.
Elle ouvrit un placard, en tira une fiole qu'elle tendit à Gabard.

— Donne à boire cette fiole à ton épouse, samedi soir dès l'apparition de la lune nouvelle. Adonnez-vous à votre devoir conjugal, ton bébé naîtra en septembre. Ce sera une fille, elle sera différente.
C'est tout ce que je peux faire pour toi, ma dette est payée, tu dois oublier le chemin vers ma maison  et n'en parler à personne sinon le sort ne fonctionnera pas.

Le roi repartit serrant fort la fiole entre ses doigts de peur de la perdre. Le samedi suivant, Tyllie but la fiole, et tout se passa comme l'avait prédit la sorcière.

Au premier jour de septembre naquit une petite fille qu'ils prénommèrent Aurore. Au désespoir de ses parents, elle était toute maigre, au corps déformé et au visage si laid qu'il était impossible de la regarder plus de quelques secondes sans ressentir des nausées. Pourtant ses parents l'aimaient, comme on aime un enfant quel que soit son aspect. Les gens qui la protégeaient et la choyaient avait fait promesse de ne jamais dévoiler la laideur de la future reine.

Une fois par semaine, le jour du marché, le trio royal parcourait les rues du royaume. La petite Aurore portait vêtements amples et voile sur le visage – elle est fragile et ne supporte pas le soleil - disait le roi.

Quelques années plus tard, Aurore grandissait et si son corps avait une allure un peu plus normale malgré sa finesse, son visage était toujours aussi laid. Elle le savait, mais elle avait appris à vivre avec. Ses parents l'avaient élevée avec tendresse, lui inculquant tout ce qu'elle devait savoir pour être une bonne reine. Mais pour cela, il lui fallait trouver mari. Sa mère était bien triste, elle n'imaginait pas un homme aimant épouser sa fille. Elle craignait que les prétendants ne soient juste attirés par le pouvoir. Elle voulait pour sa fille un amour vrai.

Aurore était bonne, aimable, intelligente, elle avait tout pour elle, sauf le physique.

Un jour qu'elle se promenait dans les jardins du palais, son voile cachant son visage ingrat, elle croisa un jeune jardinier affairé à couper des roses. Elle s'approcha et s'inquiéta du travail à fournir pour obtenir une si belle roseraie. Le jeune homme expliqua avec délicatesse tout l'amour qu'il portait à la nature, toute la joie qu'il éprouvait à voir vivre son jardin. La princesse l'écoutait buvant ses paroles. Ainsi, chaque jour elle allait au jardin discourir avec Elian, le jardinier. Plusieurs mois passèrent, ils s'entendaient à merveille. Le garçon était intelligent, et s'il n'était « que » jardinier, c'était un choix. Le choix de vivre auprès de la nature. Il était aussi poète, et contait des vers à Aurore jour après jour. Ils tombèrent amoureux. Si la jeune fille était laide, ses yeux étaient magnifiques. Ils parlaient souvent pour elle, traduisant toutes les expressions possibles.

Un jour Elian osa lui demander un baiser, la princesse recula et se mit à pleurer. Il ne comprit pas cette réaction si soudaine et s'enfuit à toute hâte. Il était triste, pensant que la princesse ne l'aimait pas et qu'il avait commis une faute grave. La jeune femme s'enferma dans sa chambre, meurtrie et malheureuse, pleurant tout le jour et toute la nuit. Tyllie ne savait plus que faire, que dire à sa fille chérie. Rien s'asséchait ses pleurs.

Le roi décida de parler au jardinier. Il le convoqua dans son grand bureau et lui dît :

— Elian, il me faut t'avouer un grand secret, mais tu dois me promettre de ne jamais en parler à personne.
— Oh ! Mon roi ! C'est un honneur que vous me faites, je vous promets de ne jamais dévoiler tout ce que vous pourrez me confier.
Il ne croyait pas si bien dire, le roi continua :
— Elian, ma fille adorée est tombée amoureuse de toi et je crois savoir que cet amour est réciproque. Tu es un bon garçon, tu ferais un grand roi. Mais, tu ne sais pas ce qui t'attend, la princesse n'est pas comme tout le monde.
Le garçon écoutait sans broncher ravi. Pour que le roi vienne à lui en parler, il fallait que l'amour d'Aurore soit fort et il était heureux. Mais, pensa-t-il : pourquoi le roi dit-il que sa fille n'est pas comme tout le monde ? Il sait lui tout ce qu'il y a dans son cœur, toutes les qualités qu'elle déploie et démontre depuis toujours.
— Mais en quoi mon roi est-elle différente ? Je la connais bien, je sais qu'elle est bonne et que son esprit est vif. Je sais qu'elle aime tout ce que j'aime, et que je l'aimerais jusqu'à la mort !
— As-tu déjà vu son visage ?
— Non Sire, j'ai lu dans ses yeux toute la bonté que dégage Aurore et ça me suffit.
— Elian, n'as-tu pas trouvé étrange qu'elle porte toujours un voile ?
— Non Sire ! Pourquoi aurais-je trouvé étrange que sa peau douce et fragile craigne le soleil ?
— Elian, ne comprends-tu pas la raison de mon discours ?
— Non Sire, je ne comprends pas. Pourriez-vous être plus clair ?
Gabart pris enfin le courage de parler, il dit dans un sursaut :
— Elle est laide, si laide que l'on ne peut la regarder, si laide que le dégoût vient aux lèvres.
Le jeune homme sourit et s'adressant au roi :
 — Vous l'aimez Sire ?
Le roi resta perplexe à cette question inattendue :
— Mais oui ! Je l'aime de toutes mes forces, elle est ma vie, ma chair !
— Alors Sire pourquoi, moi, ne pourrais-je pas l'aimer ? La beauté du cœur, la beauté des gestes valent mille fois plus que la beauté des traits.

Dans un coin de la pièce, une petite souris écoutait le dialogue entre les deux hommes. Elle laissa échapper une larme et s'en fut dans son trou, alors qu'Aurore, accompagnée de sa mère, venait rejoindre son père et Elian.

— J'ai tout entendu, dit-elle. Elian ton amour est si fort qu'il me fait peur. Avant d'aller plus avant, il te faut voir, me voir... Après tu pourras dire si tu veux partager ta vie avec un laideron.
Entendant ces mots, la souris sortit de son trou, les yeux emplis de larmes. Elle trottina vers le roi et,  grimpant contre son torse, lui murmura à l'oreille.

— Ton père m'a rejetée pour épouser ta mère, mais je lui devais un service. J'ai voulu me venger de cet abandon,  ta fille ne mérite pas le sort que je lui ai jeté. J'étais à l'origine de l'infécondité de ta femme, je suis fautive de la laideur de ta fille. Que la paix règne sur votre royaume jusqu'à la fin des temps.
Sur ces mots, elle disparut dans un nuage bleuté.

Aurore leva le voile : jamais plus belle fleur ne naquit au printemps de cette année-là, aimée d'un doux jardinier.

« Modifié: 21 juin 2018 à 12:01:15 par Claudius »
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Hors ligne Claudius

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Re : [défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32
« Réponse #1 le: 19 juin 2018 à 21:59:43 »

Merci  :mrgreen:
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Hors ligne Ariane

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Re : [défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32
« Réponse #2 le: 19 juin 2018 à 22:39:42 »
Citer
Un jour Gabart demanda à sa douce reine s'il n'est pas temps de penser à l'avenir et d'avoir des enfants.
A l'époque que j'imagine, le mariage en lui-même signifiait relations sexuelles et enfants...
Citer
Après moult tentatives infructueuses, il fallut se rendre à l'évidence : la reine était stérile.
Et pourquoi pas le roi ?
Citer
Rien s'asséchait ses pleurs.
n'
Citer
Le garçon écoutait sans broncher ravi.
virgule après "broncher"
Citer
et que je l'aimerais jusqu'à la mort !
aimerai
Citer
Gabart pris enfin le courage de parler,
trouva le courage ? (prendre le courage, je ne pense pas que ça se dise...)
Citer
— Alors Sire pourquoi, moi, ne pourrais-je pas l'aimer ?
virgule après Sire
Citer
Elian ton amour est si fort qu'il me fait peur
virgule après Elian

C'est tout joli tout plein :)
Le ton est doux. La fin mimi.
Comme ta saga en Corse, je trouve qu'ici tu aurais pu prendre le temps de développer + les choses ; mais ce doit être ma manière à moi de fonctionner.
Bravo pour la réalisation du défi.

Bisous  :oxo:
~ Ariane ~

Hors ligne Claudius

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Re : [défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32
« Réponse #3 le: 19 juin 2018 à 22:49:05 »
 :)

Merci Ariane. Je l'ai écrit d'un jet, juste relu pour les petites corrections.

Je rectifierai, mais ne détaillerai pas plus je pense pour l'instant.

 :coeur: :coeur: :coeur:
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Léilwën

  • Invité
Re : [défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32
« Réponse #4 le: 20 juin 2018 à 23:33:36 »
Coucou Clau !

Citer
Un jour Gabart demanda à sa douce reine s'il n'est pas temps
=> "s'il n'était", pour la concordance des temps ! (et comme Ariane, il me semble qu'avant on se mariait pour avoir des enfants)

Citer
Tyllie sauta de joie et au coup
=> -p

Citer
pour qu'il ait enfin descendance
=> il manque "une" avant descendance

Citer
tu dois oublier le chemin vers ma maison
=> j'aurais mis "de" plutôt que "vers"

Citer
Au désespoir de ses parents, elle était toute maigre, au corps déformé et au visage si laid qu'il était impossible de la regarder plus de quelques secondes sans ressentir des nausées.
=> t'y vas un peu fort, non ? :o

Citer
Les gens qui la protégeaient et la choyaient avait fait promesse
=> il manque un "la" devant "promesse"

Citer
– elle est fragile et ne supporte pas le soleil -
=> j'aurais mis des guillemets plutôt

Citer
amour vrai
=> véritable ?

Citer
La princesse l'écoutait buvant ses paroles.
=> virgule avant "buvant"

Citer
Oh ! Mon roi
=> Ô mon roi !

Citer
Mais, pensa-t-il :
=> virgule au lieu des deux points

Citer
La beauté du cœur, la beauté des gestes valent mille fois plus que la beauté des traits.
=> c'est beau !

Citer
Après tu pourras dire si tu veux partager ta vie avec un laideron
=> t'y vas encore un peu fort, non ?

Citer
Aurore leva le voile : jamais plus belle fleur ne naquit au printemps de cette année-là, aimée d'un doux jardinier.
=> môôô :coeur: :coeur:

Au total, tu as mélangé plein d'éléments de conte, et ça fonctionne ! Si j'avais des enfants, je leur aurais lu ;)
Je n'ai pas de récrimination particulière, à part peut-être expliquer pourquoi la "sorcière" est devenue une souris !

À bientôt ! :oxo:

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
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Re : [défi] Défi lancé par Lila ce jour à 18:32
« Réponse #5 le: 21 juin 2018 à 09:09:06 »
avec toi les contes s'en laissent tendrement conter  ;)
bravo pour cette histoire qui finie bien
au fait, quel était le défi au départ ?

 


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