Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 octobre 2021 à 04:07:39
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Mauvaise liaison

Auteur Sujet: Mauvaise liaison  (Lu 1716 fois)

Hors ligne Jane Burland

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Mauvaise liaison
« le: 26 février 2017 à 21:06:06 »
Bonjour,

Une histoire courte sur un début suggéré: Le téléphone a sonné un après-midi du mois d’août, alors que...
Je livre cette mini-nouvelle à votre lecture et vos commentaires, pour lesquels je vous remercie d'avance.
Les parties en gras sont des éditions faites grâces aux commentaires (en plus de mes réponses dans le fil).


Mauvaise liaison

Le téléphone a sonné un après-midi du mois d’août, alors que ma ligne était coupée depuis au moins trois mois. A l’instant précis de la première sonnerie, je me tenais sur l’échelon le plus haut de l’escabeau et j’étais en train d’essayer de comprendre comment changer l’ampoule du plafonnier, la seule source d’éclairage que je possédais. Son filament avait grillé aux petites heures encore sombres du matin et j'avais préféré attendre la clarté de l'après-midi plutôt que de me lancer dans cette réparation à la lumière d'une bougie. Se brosser les dents dans la pénombre, passe encore... traficoter l'électricité sans y voir clair, très peu pour moi.

Autant dire que la sonnerie du téléphone m’a fait un drôle d’effet. En fait, c’est une peur sourde, une angoisse terrible que j’ai ressentie. C’était tellement inattendu. Improbable. Impossible même ! J’ai sursauté, je me suis mis à transpirer, l’escabeau a tangué. Je me suis rattrapé au montant. L’ampoule m’a glissé des mains et s’est fracassée sur le plancher usé. Mieux vaut elle que moi, me suis-je dit, mais c’était ma dernière ampoule neuve. Je me suis retrouvé au sol sans savoir comment j’étais descendu, ni dans quelle direction me tourner. Je ne savais même pas où était ce foutu téléphone. Les battements de mon sang dans mes tempes étaient si violents que je n’entendais plus que des bourdonnements confus. Je ne parvenais pas à identifier la provenance des sonneries. Il fallait que je me calme. C’est ce que je me disais intérieurement :
« Calme toi, Dédé, calme toi ! » mais ça ne m’aidait absolument pas à me reprendre. J’avais beau me répéter ces paroles de réconfort, je continuais de m’affoler.

Il faut que je vous dise tout de suite. Je m’appelle toujours Dédé quand je veux m’encourager. C’est depuis qu’un professeur d’éducation physique m’a félicité pour mon jeu sur le terrain. Il m’a dit « Continue comme ça, Dédé » et ça m’a fait tellement chaud au cœur, à ce moment là, je me suis senti tellement gagnant, que je cherche toujours Dédé à l’intérieur de moi quand j’ai des difficultés. Comme maintenant.

Je paniquais parce que j’avais peur que la sonnerie s’arrête avant que je trouve l’appareil. Quand mon téléphone fonctionnait encore – c’est à dire avant qu’on me coupe ma ligne, j’avais débarrassé mes affaires de toilettes du rebord de la fenêtre pour y installer l’appareil. C’était près de la vitre qu’il marchait le mieux. Je ne sais pas pourquoi (je n’y connais rien à ces trucs-là) mais il captait parfaitement à cet endroit... Quand on m’appelait, je devais choisir entre le bruit de la circulation et du métro aérien, près de la fenêtre, ou bien une mauvaise réception dès que je m’en éloignais. Moi, de toutes façons, je n’appelais jamais parce que j’avais bien trop peur des factures.

Le rebord de la fenêtre était un peu étroit et tout le fourbi que j’y avais entassé y tenait plus ou moins en équilibre. C’était une fenêtre en hauteur, qui m’apportait de la lumière sans me laisser voir autre chose que la couleur du temps. Elle surplombait le lavabo, qui me servait aussi d’évier, où je lavais indifféremment mes chaussettes, mon assiette et mes aisselles. J’avais toujours eu peur que le téléphone tombe dans le lavabo, mais ça n’était jamais arrivé. Je ne sais pas si on peut prendre une châtaigne avec un téléphone, mais depuis Claude François, j’ai toujours eu très peur de l’électrocution. Et de l’électricité d’une manière générale. C’est aussi pour cela que je venais de passer un bon quart d’heure en haut de l’échelle, ampoule en main, à bien étudier le problème du plafonnier avant de toucher à quoique ce soit. Je devais partir travailler en début de soirée et il ferait nuit quand je rentrerais chez moi, vers quatre heures du matin. Parce que, même en plein mois d’août, il fait encore nuit à cette heure-là. J’ai beau connaître par cœur le chemin de la porte à mon plumard (cinq pas), et jusqu’au lavabo (deux de plus), c’est quand même plus facile d’aller se laver les dents avec de la lumière. Je me brosse toujours les dents avant d’aller me coucher, depuis que je suis tout gamin. C’est important.

Ça sonnait toujours. Vous l’avez compris, chez moi, c’est pas Versailles. On ne peut rien perdre de vue dans une mansarde de moins de dix-sept mètres carrés. Je voyais bien, de là où je me tenais, que mon téléphone n’était pas là-haut et que mon maigre nécessaire de toilette avait repris ses droits sur la margelle. Un déodorant. Une mousse à raser - presque finie. Le rouleau de papier toilette et le savon que j’emportais avec moi quand j’allais aux vécés ou à la douche sur le palier. Le flacon de shampoing que m’avait donné le coiffeur en bas de l’immeuble. Il me donnait toujours ses fins de séries. Et j’appréciais bien, parce que si j’avais pris des rides avec le temps et les soucis, je n’avais pas encore perdu un seul tif. J’avais encore une sacrée tignasse à dompter.

Je me tenais au milieu de ma piaule, je voyais tout, tout autour de moi. Et rien. Toujours pas de grelot.

La sonnerie continuait de retentir et les murs se faisaient écho de cette plainte lancinante. Mais où diable était donc ce fichu téléphone ? Je continuais à tourner sur moi-même. Ça devenait franchement anormal cette sonnerie qui ne s’arrêtait pas. Personne n’attend plus de cinq sonneries de nos jours, non ? Répondeur, messagerie, textos… pourquoi insister ? J’ai commencé à soulever mon bazar. Mon bleu de travail qui traînait sous le lavabo, ma serviette de toilette élimée qui était tombée du portant. Ça continuait de résonner de tous côtés. J’ai attaqué le lit, soulevé le coussin miteux qui me servait d’oreiller, le drap de l’Armée du Salut entortillé sur le matelas depuis que je m’étais levé. J’ai soulevé le sac de couchage qui était roulé en boule au pied de mon lit depuis deux ou trois mois. Il me tenait chaud les soirs d’hiver, surtout depuis que je ne pouvais plus payer le chauffage. Je l’ai secoué, une odeur de poussière et de renfermé m’a assailli. J’ai regardé sous le lit en me frottant le nez. Rien. Rien de rien.

Je me suis dit : « C’est pas chez toi que ça sonne, Amédée», parce que c’était la seule conclusion logique. J’ai ouvert la porte d’entrée, j’ai même fait un ou deux pas sur le palier pour mieux entendre, et je vous jure que le son venait bien de chez moi, de cette pièce que je pouvais encore appeler chez moi, pour combien de temps encore ? Etait-ce affaire de mois ou de semaines ?

Oui, je me suis appelé Amédée, parce là je commençais vraiment à croire que je perdais la boule. Et ça, ce n’est pas Dédé. Je déteste Amédée, le nom que mes parents m’ont donné, parce qu’ils croyaient que c’était un nom de garçon –et qu’est ce qu’il faisait l’employé de la mairie le jour où il a approuvé ça ? Mes parents, ils ont toujours cru que j’étais un peu simple, alors Amédée, c’est le nom qui me vient à l’esprit quand j’ai l’impression de disjoncter. « Pauvre Amédée », c’est bien ça, ce que ma mère me rabâchait à longueur de temps. « Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? »

Ils n’avaient pas tout à fait tort, parce que là, franchement, qu’est-ce qu’on allait faire de moi ? Alors que je cherchais comme un demeuré un téléphone à la ligne coupée qui sonnait et se cachait. L’asile. Oui, ça commençait à sentir la maison pour les fous. J’ai pensé à retourner la poubelle, sous le lavabo. C’était vite vu, je ne consomme  pas beaucoup, alors je ne fais pas trop de déchets non plus. Le journal gratuit de la veille, quelques épluchures de pomme, un pot de yaourt vide. Je mange sain quand je peux, ma mère m’a quand même inculqué quelques principes.

Finalement, j’ai ouvert le placard, l’unique rangement de la pièce, que j’essayais de garder bien ordonné pour que mes boîtes de conserve ne se retrouvent pas au milieu de mes chaussettes. Que ça ne vous donne pas l’impression que j’avais plein de stock… Non, quelques boîtes d’avance que j’achetais au rabais quand la date de péremption était proche. Ça me faisait des périodes : périodes haricots verts (15 jours), période thon (3 jours seulement et heureusement, parce que ça ne glisse pas bien), période cassoulet (j’aime mieux, ça tient plus longtemps au corps et j’avais encore mon réchaud à gaz). Des chaussettes non plus, je n’en avais pas des flopées. Je fais mon shopping, comme on dit, au recyclage ou aux bonnes œuvres, mais il faut croire que les chaussettes, ça ne se recycle pas trop. Elles sont certainement toujours soit trouées soit orphelines.

Toujours est-il que quand j’ai tiré la porte du placard vers moi, j’ai immédiatement entendu que la sonnerie retentissait plus fort. Et c’est à ce moment là que ça m’est revenu ! Peut-être à cause de l’odeur du papier kraft délavé qui recouvrait les étagères… Il paraît que les souvenirs sont associés aux odeurs. Ou l’inverse. En tout cas, c’est vrai pour moi. Si, par hasard, au fil d’une promenade je sens l’odeur singulière du tabac fumé à la pipe, je pense tout de suite à mon grand-père… et l’odeur des madeleines chaudes, c’est ma mémé Odette. Mais ce sont des odeurs rares de nos jours. C’est dommage…

Là, une fois la porte du placard ouverte, je me le rappelai tout à coup. J’avais moi-même rangé le téléphone, depuis que je ne pouvais plus m’en servir. Je l’avais monté sur l’étagère du haut, avec les choses que je n’utilise jamais ou du moins pas très souvent. L’album, où sont collées les photos du temps où j’avais une femme et des enfants. La tente en toile kaki que j’emportais autrefois quand je partais en vacances et que je garde parce que j’ai peur de me retrouver à la rue. Mes godillots, cirés et rangés jusqu’à l’hiver prochain. Un petit carton contenant des souvenirs, quelques décorations de Noël (j’aime bien Noël), des coquillages ramassés sur la plage de Larmor, quand je faisais mon service militaire, la pipe en bois sculpté de mon grand-père (mais moi, je n’ai jamais eu le goût de fumer). Tout à coup, je me revoyais poussant ces articles de côté pour faire de la place au téléphone devenu inutile. Sauf bien sûr qu’il était alors totalement silencieux, tandis qu’à cet instant même, il répétait son appel sans cesser -et un peu monotonement, il faut bien le dire.

J’ai fait trois pas en arrière pour récupérer l’escabeau qui trônait toujours au milieu de la pièce. J’ai écrasé du verre qui a crissé sous mes semelles, j’ai placé l’échelle devant le placard ouvert. J’avais réussi à bien me calmer pendant ma chasse au trésor mais là le vertige s’est emparé de moi avant même que j’aie gravi un seul échelon. La sueur s’est mise à perler sur ma lèvre supérieure, les paumes de mes mains sont devenues moites. Ça me faisait vraiment flipper, ce téléphone qui aurait dû être mort et qui me sollicitait de son appel répétitif et menaçant. Je me disais : « Allez Dédé, c’est qu’un téléphone. Il ne va pas te mordre. Courage, Dédé ». (Ça ne m’a absolument pas aidé.)

J’ai gravi deux échelons, ce qui me suffisait pour atteindre l’étagère du haut. J’ai attrapé l’engin. Il vibrait entre mes mains tremblantes (ce qui faisait vraiment beaucoup de tremblements). J’ai redescendu lentement les marches. Je n’avais pas besoin de me précipiter : j’avais bien compris qu’il n’allait pas s’arrêter de sonner et que j’avais tout mon temps. J’ai fait quatre pas et je me suis laissé tomber sur ma couche, le téléphone sur les genoux. J’ai pris une grande inspiration, tout en essuyant du revers de la main la sueur qui me dégoulinait dans les yeux. J’ai décroché le combiné et dit d’une voix que j’espérais ferme (mais qui m’a semblé être un croassement de grenouille) :
⎯ Allô ?
Une voix féminine légèrement incertaine s’enquit :
⎯ Hmm… Allô ? Je suis bien chez Madame Lemerlin ?
⎯ … Non, ici c’est Amédée… entamais-je avec hésitation, lorsqu’elle m’interrompit.
⎯ Ah bon ! Mauvais numéro, reprit la femme sur un ton léger. Excusez-moi !
Et sur ce, elle raccrocha.
« Modifié: 01 mars 2017 à 12:43:39 par Jane Burland »
Jane Burland

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Hors ligne Fried

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Re : Mauvaise liaison
« Réponse #1 le: 28 février 2017 à 13:51:57 »
Une petite anecdote qui se permet un développement et quelques digressions. Sur le fond rien de captivant et sur la forme cela ce lit bien. On cerne un peu ce personnage tout en introspection.

Hors ligne Jane Burland

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Re : Mauvaise liaison
« Réponse #2 le: 28 février 2017 à 19:08:26 »
Merci pour ta visite, Fried!
Jane Burland

J'écris.

Hors ligne Kanimp

  • Calame Supersonique
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  • mangeur de pop corn
    • page perso
Re : Mauvaise liaison
« Réponse #3 le: 28 février 2017 à 21:49:09 »

Bonsoir,

Citer
Le téléphone a sonné un après-midi du mois d’août, alors que ma ligne était coupée depuis au moins trois mois.
Le téléphone a sonné un après-midi du mois d’août, malgré sa [coupure/désactivation] d’au moins trois mois.
Lors de premier jet d’un texte que je fais, les « parce que », « à cause que » et les « que » plus générique, j’en mets partout et à force d'y faire la chasse, celui-ci en première phrase m'a agressé.

Citer
A l’instant précis de la première sonnerie, je me tenais sur l’échelon le plus haut de l’escabeau et j’étais en train d’essayer de comprendre comment changer l’ampoule du plafonnier, la seule source d’éclairage que je possédais. Avant que son filament ne grille.
Les deux phrases construisent un pléonasme.

Citer
Mieux vaut elle que moi, me suis-je dit, mais c’était ma dernière ampoule.
À la première lecture, je n’ai pas compris pourquoi il se formalisait pour l’ampoule cassée tombée au sol. À la réflexion, il doit parler de sa remplaçante.


Citer
Je ne sais pas pourquoi (je n’y connais rien à ces trucs-là) mais il captait parfaitement à cet endroit... Quand on m’appelait, je devais choisir entre le bruit de la circulation et du métro aérien, près de la fenêtre, ou bien une mauvaise réception dès que je m’en éloignais.
Je n’ai rien compris. Le texte parle depuis le début de ligne coupée soit d’un téléphone fixe, raccordé par ligne. L’explication donnée est celle d’un GSM qui ne fonctionne pas à certain endroit de la maison. Le narrateur qui ne s’y connait pas, devrait insister sur le fait qu’il ne peut se servir de son téléphone (à onde) qui ne fonctionne que dans la pièce où se trouve sa base. Parce qu’il ignore que c’est l’armature métallique dans les murs qui empêche le fonctionnement du téléphone dans les autres pièces. Mais dans ce cas, s’il y a plusieurs pièces, il possède plusieurs lampes.

Citer
Moi, de toutes façons, je n’appelais jamais parce que j’avais bien trop peur des factures.
À ma connaissance lorsque l’on coupe une ligne de téléphone, seul les appels payants sont empêchés. Les appels entrant peuvent se faire et le numéro d’urgence aussi. Ce qui fait que je ne suis pas surpris que le téléphone sonne.
Mais dans le cadre du texte cette phrase casse tout. S’il a peur des facture c’est que la ligne n’est pas coupée.

Citer
J’avais toujours eu peur que le téléphone tombe dans le lavabo, mais ça n’était jamais arrivé. Je ne sais pas si on peut prendre une châtaigne avec un téléphone, mais depuis Claude François, j’ai toujours eu très peur de l’électrocution.
Au cas où cela intéressait quelqu’un, il y a eu des cas d’électrocution lorsque des gens téléphonaient dans le bain, avec les anciens modèles par raccorder au réseau par fil. (C’est il y a très longtemps)

Citer
J’avais moi-même rangé le téléphone, depuis que je ne pouvais plus m’en servir. Je l’avais monté sur l’étagère du haut, avec les choses que je n’utilise jamais ou du moins pas très souvent.
Je commence à penser que le texte est de nature fantastique, le téléphone étant rangé dans un meuble, il n’est pas raccordé.

Rhoo, la chute, le pauvre.

Malgré toutes les incohérences concernant le téléphone, je suis incapable de déterminer le modèle et son fonctionnement, j’ai trouvé le texte agréable.
Il y a une monté en puissance de l'intrigue, alors qu'il ne se passe rien.


Je pense que tu devrais avoir une approche plus fantastique, pour permettre la chute.

Mais cela n’empêchera pas de levé les incohérences qui font que le téléphone est juste un combiné raccordé à une ligne. À un autre moment de l’histoire c’est un ensemble base raccordé à la ligne, mais avec un combiné portable. Et finalement à une autre moment, il se comporte comme un GSM.

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Hors ligne Jane Burland

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Re : Mauvaise liaison
« Réponse #4 le: 01 mars 2017 à 12:49:37 »
Merci Kanimp de ta critique détaillée.

Concernant ta première remarque, moi non plus je n’aime pas trop cette intro, mais c’était le début de phrase donné pour l’exercice, alors je m’y suis tenue.

J’ai effectué des corrections dans le texte en fonction des deux suivantes (en gras). Bien vu, le commentaire sur le pléonasme.

Quant au tél., le modèle, etc, je ne vais pas changer pour l’instant (je dois réfléchir), mais je trouve que tes commentaires sont très pertinents : ils mettent en évidence tous les chemins que l’esprit des autres peut emprunter si je ne balise pas bien la route. Donc oui, c’est du fantastique et volontairement « superficiel », mais je dois utiliser de meilleurs outils pour mener mon lecteur à la chute.
Merci
Jane Burland

J'écris.

Hors ligne Miansérine

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Re : Mauvaise liaison
« Réponse #5 le: 02 mars 2017 à 10:36:48 »
Ce texte se lit bien, surtout ses petits passages un peu loufoques. On cerne le personnage stressé qui se fait plein de films ...


Hors ligne Jane Burland

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Re : Mauvaise liaison
« Réponse #6 le: 05 mars 2017 à 16:44:19 »
Merci @Miansérine de ton passage sur ce fil. J'ai surtout essayé de créer une personnalité à la base d'un fait divers. Un petit exercice de style.
Jane Burland

J'écris.

Hors ligne Champdefaye

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    • Le Journal des Coutheillas
Re : Mauvaise liaison
« Réponse #7 le: 05 mars 2017 à 22:21:55 »
Bonsoir Jane Burland
j'ai trouvé ce texte plein d'humour et de finesse. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire, tant le style me parait totalement adapté au sujet. Il serait inutile et même nuisible baliser davantage.
Le décorticage maniaque de précision de certains commentaires m'a bien fait rire aussi.
Bonne nuit Jane.

anlor

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Re : Mauvaise liaison
« Réponse #8 le: 31 mars 2017 à 11:40:45 »
Salut Jane !

Son filament avait grillé aux petites heures encore sombres du matin et j'avais préféré attendre la clarté de l'après-midi
les "petites heures encore sombre" ça fait beaucoup quand même. Surtout quand tu ajoute la "clarté" de l'après-midi. On a bien compris que c'était tôt et qu'il n'y avait pas assez de lumière avec moins que ça :huhu:

C’était tellement inattendu. Improbable. Impossible même !
mouais ? je suis pas trop convaincue par la gradation

Quand mon téléphone fonctionnait encore – c’est à dire avant qu’on me coupe ma ligne, j’avais débarrassé mes affaires de toilettes du rebord de la fenêtre pour y installer l’appareil.
de toilette, non ? on parle de la toilette en général

Le rebord de la fenêtre était un peu étroit et tout le fourbi que j’y avais entassé y tenait plus ou moins en équilibre.
oh, je connaissais pas "fourbi", c'est un chouette mot !

J’avais toujours eu peur que le téléphone tombe dans le lavabo, mais ça n’était jamais arrivé.
:)

Ça sonnait toujours. Vous l’avez compris, chez moi, c’est pas Versailles.
j'ai l'impression qu'on a changé de registre dans ta voix narrative depuis le début du texte, comme si le début était neutre et assez soutenu jusqu'à ce que tu arrives à trouver le ton et le langage de ton narrateur. C'est un texte écrit au fil de la plume, non ?

le son venait bien de chez moi, de cette pièce que je pouvais encore appeler chez moi, pour combien de temps encore ? Etait-ce affaire de mois ou de semaines ?
autant je trouve les autres allusions à sa pauvreté bien amenée, autant là c'est un peu trop gros

Peut-être à cause de l’odeur du papier kraft délavé qui recouvrait les étagères… Il paraît que les souvenirs sont associés aux odeurs. Ou l’inverse. En tout cas, c’est vrai pour moi. Si, par hasard, au fil d’une promenade je sens l’odeur singulière du tabac fumé à la pipe, je pense tout de suite à mon grand-père… et l’odeur des madeleines chaudes, c’est ma mémé Odette. Mais ce sont des odeurs rares de nos jours. C’est dommage…
on vient de passer par une phase petit-pointesque sans trop de raison... (hihi, je te le dis maintenant, au cas où on serait amenées à se croiser sur un autre texte, j'ai un souci avec les petits points, je les traque  :huhu: )

Il ne va pas te mordre. Courage, Dédé ». (Ça ne m’a absolument pas aidé.)
ah, maintenant on part dans une phase parenthètique (pas sure que celle-là soit franchement nécessaire)

J’ai gravi deux échelons, ce qui me suffisait pour atteindre l’étagère du haut. J’ai attrapé l’engin. Il vibrait entre mes mains tremblantes (ce qui faisait vraiment beaucoup de tremblements).
ouais, je suis pas convaincue par tes parenthèses, vraiment, j'ai l'impression que tu ajoutes des traits d'humour qui sont en dehors de ta voix narrative. Du coup je comprends pas bien qui dit ça, et je le trouve un peu hors ton.

⎯ Ah bon ! Mauvais numéro, reprit la femme sur un ton léger. Excusez-moi !
Et sur ce, elle raccrocha.
hihi !

Bon, il est chouette, ce texte ! Bien construit, j'aime beaucoup le portrait que tu nous trace d'Amédée, tout en humour doux et en tristesse, c'est joli. Le seul reproche que je pourrais te faire, je crois, c'est comme j'ai dit dans mon commentaire détaillé : pour moi ça manque d'unité de ton, d'une voix vraiment propre à ton narrateur qui nous porte du début à la fin de ton texte. Là j'ai un peu le sentiment d'une machine qu'il faut mettre en route et qui perd un peu sa ligne de temps en temps (les parenthèses !). Attention aussi aux lourdeurs, parfois.
Merci pour ce texte et au plaisir de te relire !
 :)
« Modifié: 01 avril 2017 à 21:23:54 par anlor »

Hors ligne Jane Burland

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Re : Mauvaise liaison
« Réponse #9 le: 01 avril 2017 à 20:47:57 »
Merci Anlor,
Commentaires constructifs. Je retravaille toujours mes textes à l'appui des critiques, ce que je ferai bientôt pour celui-là. À suivre donc!
PS: Je suis d'accord pour les ... (...).... Travers d'écriture spontanée, que je n'arrive à faire tomber qu'au bout de plusieurs lectures, je les vois mal.
Jane Burland

J'écris.

 


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