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23 octobre 2021 à 03:25:53
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Murmures lointains

Auteur Sujet: Murmures lointains  (Lu 2630 fois)

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
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  • Lial' | Calamar placide
Murmures lointains
« le: 27 juillet 2016 à 10:30:33 »
Bon allez je le poste  :\?
Bon c'est un peu particulier parce que c'est un texte qui a déjà accepté, c'est celui sur l'utopie. Du coup j'hésitais à le poster sur le forum avant / juste après que l'anthologie sorte, mais j'ai gardé les droits de le publier ailleurs et ça fait longtemps que j'avais envie de le poster sur le forum ^^
Du blabla pour ceux que ça intéresse (sentez vous libre de ne pas lire) :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.




Murmures lointains

Lyam croqua un dernier morceau de sa pomme et jeta le trognon au pied d'un pin solitaire. Il s'étira de tout son corps, fit craquer ses articulations, puis il se releva de la pierre où il était assis.
Quelques graviers roulèrent sur le sentier montagneux lorsqu'il reprit son sac à dos. Il était suffisamment descendu pour qu'il y ait à nouveau de la végétation, mais le sol était encore rocailleux ; après des semaines de paysages arides, il avait hâte de retrouver des décors plus accueillants. Il rêvait de champs de fleurs autant que de civilisation ; les petites communautés qu'il avait croisées ces derniers temps l'avaient bien accueilli, mais il voulait changer d'air.
— Combien de temps pour arriver à la prochaine ville ?
Posé sur le sol, son petit drone se réveilla au son de sa voix.
— Deux heures trente minutes à marche normale.
— C'est parti alors. Algoque, c'est bien ça ?
— Exact. Jeanne y habite en ce moment, je peux la prévenir de ton arrivée si tu souhaites la voir.
— Pourquoi pas. Dis-lui que je serai là dans trois heures environ, je la trouverai.
— Entendu.
Le drone fit tourner ses hélices pour décoller et suivre Lyam, qui reprenait sa descente.

Peu à peu, la roche se fit moins apparente, cachée par de plus grands arbustes. Des conifères puis des arbres feuillus ombragèrent le sentier. Lyam s'arrêta à côté d'un rempart de mûriers, récupéra des fruits bien juteux. Son drone volait un peu en avant, lui indiquait quel parcours emprunter, mais il se plaisait à prendre quelques chemins détournés à travers la végétation devenue touffue.
La ville s'annonça peu à peu. Il aperçut d'abord, haut dans le ciel, les grandes voiles qui soutenaient les éoliennes volantes. Les chemins devinrent plus larges, mieux entretenus. À sa droite, une cabane en bois, un peu bancale, devait parfois servir de refuge à qui voulait s'éloigner de la ville. Une maison de brique, entourée de gigantesques gentianes jaunes, lui sembla inhabitée tant elle était couverte de mousse ; puis il aperçut des lumières à travers les fenêtres et quelques ombres mouvantes. Il arriva finalement sur le grand plateau dégagé qui hébergeait Algoque. Les habitations, hautes de quelques étages, étaient essentiellement faites de métal et de verre ; Lyam dut cligner les yeux pour ne pas être ébloui par le soleil qui s'y reflétait. Il s'étira, puis il s'avança vers la civilisation.

*

Les rues étaient plus vides de passants que la majorité des villes qu'il avait visitées. Après quelques pas au milieu des habitations, Lyam leva la tête vers son drone.
— Où se trouve Jeanne ?
— Elle t'attend chez elle, dans la partie aval de la ville. Je l'ai informée que tu étais arrivé. Un taxi peut t'y conduire.
Il acquiesça. Il avait largement assez marché pour aujourd'hui. Il s'avança vers l'un des véhicules garés le long de la route, mais avant qu'il puisse ouvrir la portière, une petite voiture rouge s'arrêta à côté de lui.
— Si tu souhaites rejoindre Jeanne, je vais déjà dans cette direction, annonça l'intelligence artificielle du véhicule. Si faire le voyage avec quelqu'un ne te dérange pas, tu peux monter à bord.
— Bien sûr. Par contre, je... ne sens pas très bon, j'ai pas mal voyagé ces derniers temps.
La portière du véhicule s'ouvrit et une dame en tailleur noir, les cheveux ornés de mèches multicolores, pencha la tête vers l'extérieur :
— Et ça ne me gêne pas. Oh ! Ton drone est adorable. D'où vient-il ?
— C'est moi qui l'ai construit, avant que je ne parte en voyage.
— Viens, et tu vas me raconter ça ! On ne voit plus que des modèles ultra-perfectionnés dans cette ville, mais voir le tien me donne envie d'en créer un plus simple.
Après avoir mis son sac dans le coffre, Lyam monta dans la voiture ; son drone le suivit puis se posa sur ses genoux, hélices au repos, alors que la voiture redémarrait.
— Cette ville est le repaire des passionnés de robotiques, si j'ai bien compris ? demanda Lyam. Quand je passais mes journées à trifouiller des robots, c'était plutôt à Vintor qu'on se retrouvait.
— C'est ça ! Je ne suis pas ici depuis longtemps, je me suis passionnée pour la robotique récemment. Il y a quelques mois je vivais encore au bord de la mer Limpide. Si tu ne connais pas l'endroit, je te conseille d'y faire un tour. Après avoir plongé au milieu des coraux, on peut s'étendre sur le sable chaud et doux, somnoler sous les cris des mouettes...  J'aimerais construire des petits robots qui interagissent entre eux comme le font les bancs de poissons.
— J'avoue que je préfère la montagne à la mer.
— Tu ne sais pas ce que tu rates. Sinon, ce drone ? De quoi est-il capable ?
Ce dernier émit un ronronnement et les deux passagers gloussèrent, puis Lyam se mit à expliquer son fonctionnement. Ils étaient encore en pleine discussion sur les drones lorsque la voiture s'arrêta.
— Excusez-moi, mais nous sommes arrivés chez Jeanne, indiqua le véhicule.
— Oh. À une prochaine fois, peut-être ?
— À l'occasion.
Lyam s'extirpa de la voiture et récupéra son gros sac à dos, avant qu'elle ne redémarre.
Derrière un parterre de lierre, plusieurs grandes maisons bordaient la rue. Des fractales colorées évoluaient sur leurs parois, se métamorphosaient. Lyam s'avança jusqu'à la porte que lui indiquait son drone, sonna, et attendit quelques secondes avant qu'il lui annonce :
— Jeanne est coincée dans la cuisine. Elle dit d'entrer.
Lyam resta un instant interdit, puis il se résolut à pousser la porte. De longs tubes luminescents flottaient au plafond pour éclairer le couloir ; curieux, il pencha la tête pour comprendre comment ils fonctionnaient, mais son drone s'était déjà avancé et il partit à sa suite. Il déboucha sur une cuisine spacieuse ; derrière la table, Jeanne, ses cheveux bruns tout aussi couverts de farine que son tablier, eut un sourire penaud.
— Lyam ! Désolée, j'aurais dû laisser le robot cuisiner. Je voulais te faire moi-même à manger, mais… ça ne rentre vraiment pas dans mes compétences, je crois.
— Je vois ça ! Le sac de farine t'a explosé à la figure ?
— Ah, ah. Très drôle. Non, j'ai juste oublié que j'avais les mains sales. Pendant que le robot nettoie et fait un autre plat, que dirais-tu de poser tes affaires, prendre une douche, boire un coup... ?
— Ça me paraît un bon plan. Tu es seule ?
— Non, mes corésidents sont là, on pourra manger ensemble. J'en avais assez de ne parler qu'avec des robots quand j'habitais seule, maintenant je parle aussi avec des humains. Entre nous, on discute de robots.
— Tu n'as pas changé. Je suis content de te revoir.
— À qui le dis-tu ! Allez, suis-moi.

*

Le jour suivant, après s'être bien reposé, Lyam rejoignit Jeanne dans un café du centre-ville. Ils terminaient de siroter leurs chocolats chauds quand elle lui demanda soudain :
— Dis, tu penses voyager encore un moment ?
— Sans doute, pourquoi ?
— Je connais quelqu'un qui voudrait voir le monde, mais il n'a pas trop envie de partir seul.
Lyam hésita. Il n'était pas contre la compagnie, il appréciait de partager la vie des gens quand il s'arrêtait, mais jusqu'à présent il avait toujours voyagé seul.
— Ça dépend, il faudrait que je le rencontre.
— Parfait !
Jeanne se redressa et, faisant un grand signe de bras en direction d'une table proche de l'entrée, appela :
— Isaac ! Viens ici, j'ai quelqu'un à te présenter !
Un jeune garçon se tourna vers eux et se leva, hésitant, avant de s'approcher.
— Oui ? Qu'y a-t-il ?
— Voici Lyam, il voyage partout en ce moment, on a travaillé ensemble il y a une dizaine d'années. Installe-toi ! Lyam, pourquoi cette tête ?
Il dévisagea le garçon, qui s'assit en face de lui. Ses courts cheveux noirs encadraient un visage presque trop parfait ; ses yeux vifs ne restaient jamais immobiles, alors que son corps se perdait dans les rembourrages du fauteuil.
— C'est un gamin, fit-il remarquer. Tu veux que je prenne un enfant avec moi ?
Les naissances étaient très rares ; il n'avait pas interagi avec un jeune depuis… bien longtemps. Et Jeanne souhaitait lui confier ce bébé ?
— Lyam. Respire.
— Je ne me sens pas prêt à prendre un enfant avec moi. Désolé.
— Je ne suis pas vraiment un enfant. Je suis plus réfléchi que je ne le parais.
— Comment ça ? Je ne te donnerais pas plus de douze ans.
— Il a été créé il y a quatre ans, mais il apprend très vite, tenta d'expliquer Jeanne.
Lyam ouvrit la bouche pour exprimer son incompréhension, mais le garçon le prit de court :
— Je suis un robot.
Décontenancé, il fixa Isaac quelques secondes, chercha des signes révélateurs.
— Un robot, vraiment ? demanda-t-il sans trop y croire. Tu ressembles en tout point à un humain. Tu agis comme un humain, jusqu'aux moindres mimiques. On a fait autant de progrès ?
— Un groupe de chercheurs travaillaient depuis longtemps sur le sujet, puis d'un coup beaucoup plus de monde a voulu bricoler une intelligence qui nous ressemble, expliqua Jeanne. Finalement, voilà : on a créé Isaac. Il est un peu l'enfant de toute la ville.
— Je ne fais pas que ressembler extérieurement à un humain, ajouta Isaac. Comme un enfant,  je ne savais rien quand je suis né, j'ai tout appris au fur et à mesure. Je n'ai pas de but précis, contrairement aux autres intelligences artificielles. Je peux faire ce que je souhaite.
— Je ne comprends pas pourquoi tu gardes un corps d'enfant.
— Je ne grandis pas. J'ai déjà changé de corps une fois, mais il faut que je ré-apprenne à m'en servir lorsque j'en ai un nouveau. Pour l'instant, je préfère garder celui-ci. Mais pour en revenir à mon absence de but... en ce moment, je ne sais plus trop quoi faire. Marc, l'un des chercheurs qui s'occupe de moi, m'a conseillé de voyager, d'aller voir ailleurs comment on vit.
— Et j'ai pensé à toi, Lyam, interrompit Jeanne. Tu t'y connais en IA, tu pourras le comprendre plus facilement. Comme tu as déjà beaucoup voyagé, tu auras des idées sur ce qui pourrait l'intéresser. Il faudrait lui faire rencontrer du monde, je pense. On est tous un peu pareils, finalement, à Algoque ; tu pourrais lui montrer les gens d'ailleurs.
— Il n'a pas un corps biologique comme le nôtre, réalisa Lyam. Il n'a pas accès aux muages.
— Oui. D'où le voyage physique.
Lyam observa le garçon, sa peau qu'on aurait dit réelle ; il soutint son regard, le temps d'un instant, puis accepta : 
— Très bien. Je ne sais pas ce que ça donnera, mais... on peut essayer, si c'est ce que tu veux, Isaac.
— C'est ce que je souhaite, oui.

*

Durant la semaine où il resta à Algoque, Lyam fit le tour de quelques hacklabs et en profita pour changer les hélices de son drone, renoua contact avec d'anciennes connaissances, mais il ne se voyait pas rester immobile trop longtemps. Isaac l'accompagna certains jours pour lui faire découvrir la ville et ses particularités. Il lui montra un quartier constitué de petites maisons carrées qui se déplaçaient sur des pattes mécaniques ; un autre où les murs des habitations étaient de longs tubes de métal semblables à des tentacules, qui recomposaient les pièces au gré des envies de leurs résidents. Mais l'un comme l'autre se sentaient à l'étroit et ne tenaient plus vraiment en place.
Lorsqu'ils quittèrent la ville, Isaac, timidement, attrapa la main de Lyam, et lui avoua en chuchotant qu'il avait un peu exploré les environs, mais que, vraiment, ça ne faisait pas le même effet que de partir pour de bon. Lyam lui ébouriffa gentiment les cheveux, puis ils se mirent en route, le drone loin au-dessus d'eux.
Ils voyagèrent quelques jours en direction de la vallée, dormant sous les frondaisons des arbres dans leurs sacs chauffants. Une nuit, alors qu'ils s'étaient installés au milieu d'une vaste clairière en pente douce, Lyam pointa les astres en citant les noms dont il se souvenait. Lorsqu'il buta sur l'appellation d'une petite étoile de la constellation du chien et qu'Isaac le corrigea, il soupira.
— Tu connais déjà tous leurs noms, c'est ça ? Je ne t'apprends rien.
— Je peux accéder au réseau. Ce n'est qu'une donnée parmi tant d'autres, que je peux obtenir d'une simple requête.
— Tu nous ressembles tant que j'en oublie tes différences.
Un silence. Le sommeil qui commençait à poindre. Puis :
— Comment c'est, les muages ?
Lyam hésita.
— … L'unité. Le sentiment d'être un parmi tous, mais d'être également le tout. D'être accepté, quoi qu'on soit. On ne peut pas vraiment refuser l'autre quand on a senti qui il était.
— Mais quand vous sortez des muages, ce n'est plus le cas. Vous n'avez plus cette impression.
— Ça reste au fond de nous, comme un murmure omniprésent qu'on peut entendre si on se concentre. Un temps, on a connu tous les humains. On a été tous les humains.
— Je ne comprends pas.
— Je sais. C'est pour ça qu'on voyage.

Le lendemain, ils se réveillèrent en même temps que le soleil, qui fit rosir le ciel avant de lui rendre son bleu habituel. Un gros drone facteur les attendait avec des provisions ; Lyam déjeuna de pain frais couvert d'une épaisse confiture de figues. Le soleil chauffait déjà et avait fait disparaître la rosée au centre de la clairière lorsqu'ils quittèrent le campement.
Ils marchèrent sous l'ombre des arbres toute la matinée avant d'atteindre l'orée de la forêt. Ils n'étaient pas descendus en ligne droite, Lyam voulait arriver en un point bien précis et Isaac n'avait pas posé de questions ; à présent, la vallée s'étendait sous leurs yeux.
À ses côtés, Isaac expira un grand coup, les yeux ronds.
Entre les deux flancs de montagne, flâneurs mais inéluctables, s'étendaient les muages en un long fleuve nébuleux.
De leur masse vaporeuse, entre coton et nuage, s'élevaient parfois des arabesques qui se déformaient avant de retomber. Leur blanc miroitait sous le soleil, prenait des reflets roux puis bleus, quelques touches de vert plus rarement, toujours mouvants ; un troupeau de brume qu'on aurait dit vivante.
Un peu plus loin dans la vallée, on apercevait à nouveau la végétation ; un filet d'eau claire serpentait entre les deux montagnes. Le front de muages avançait et le recouvrait peu à peu, comme une avalanche au ralenti mue par une inexorable volonté.
Doucement, Lyam mit une main dans le dos du jeune garçon pour l'inciter à descendre. Isaac posa un pied devant l'autre, machinal, les yeux toujours fixés sur la mer brumeuse.

Lorsqu'ils arrivèrent non loin des muages, Isaac, fasciné, s’élança vers eux ; s'arrêta à leur limite, hésita un instant ; les frôla de la main et agita leurs filaments blanchâtres avant d'y enfoncer le bras. À ses côtés, Lyam y plongea directement la tête, inspira un grand coup. Un corps recroquevillé contre le sien. Une odeur de peinture sur les doigts, puis de nourriture brûlée. Une ampoule au pied.
Brusquement Lyam recula la tête, respira l'air pur à grandes inspirations, comme asphyxié. C'était souvent trop d'un coup, trop d'informations et de sensations telles qu'il fallait des jours pour s'en remettre. Aujourd'hui il devait rester lui-même ; en compagnie d'Isaac, il ne pouvait pas s'y perdre.
Amusé, il observa Isaac qui inhalait à pleins poumons la brume dense, bougeait la tête d'un côté puis de l'autre, sans être affecté. Finalement, le jeune garçon se retourna, une moue déçue sur le visage.
— Je ne sens rien.
— Je sais. Mais je veux te montrer autre chose, sur le front des muages. Ça t'aidera peut-être à comprendre.
Isaac acquiesça et suivit Lyam lorsqu'il se remit en marche.

Ils parvinrent enfin à l'avant du fleuve nébuleux, à l'endroit où l'air se faisait peu à peu envahir par la brume. Les filaments de muages s'avançaient lentement, comme des éclaireurs, avant qu'une masse plus compacte ne les suive.
Lyam et Isaac longèrent le front de muages à une dizaine de mètres de distance avant d'arriver au niveau du cours d'eau. Le jeune garçon y trempa la main, savoura la fraîcheur du liquide. Quand il se redressa, il vit que Lyam s'était avancé vers les muages et saluait des étrangers.
Ce ne fut pas leur absence de vêtement qui le choqua, il avait déjà vu des humains se balader en ville aussi peu vêtus ; mais ils avaient un air absent, comme s'ils n'étaient pas tout à fait là, et ils bougeaient avec une tranquillité extrême qui le mit mal à l'aise. Il approcha, lentement, s'arrêta au niveau de Lyam qui lui sourit avec bienveillance. Les yeux des autres se fixèrent sur lui. Il se sentit décortiqué, mis à nu ; il recula d'un pas lorsqu'ils s’avancèrent. Il se réfugia derrière le corps de Lyam. Les autres ouvrirent la bouche, la refermèrent, un peu comme des poissons qui font des bulles.
— Nous ne le
— sentons pas.
— Qui est-
— il ?
Ils parlaient comme s'ils étaient un, sans donner l'impression de se couper la parole, l'un refermait la bouche alors qu'un autre l'ouvrait. Comme si c'était normal, Lyam leur répondit :
— Il n'a pas accès aux muages. J'aimerais lui faire comprendre leurs effets, lui faire ressentir ce qu'ils apportent. J'ai pensé que vous étiez les mieux placés.
— Souhaitez-vous
— rester quelques
— jours ?
— Avec plaisir.

*

Ces hommes et femmes vivaient en bordure des muages. Les drones leur apportaient à manger lorsqu’ils étaient à l'air pur mais ils n'y restaient pas longtemps, ils préféraient la brume et les sensations qu'elle leur apportait. Isaac ne les vit jamais rien accomplir eux-mêmes, comme s'ils ne faisaient que subsister sans volonté, des coquilles vides aux gestes mécaniques. Puis il comprit qu'ils vivaient de multiples vies ; qu'ils paraissaient absents car ils ressentaient constamment la multitude des autres humains. Ils avaient décidé de ne pas se fixer sur une unique existence.
— Nous poussons à
— l'extrême ce
— que les autres
— sentent en filigrane.
— Parfois une
— possibilité nous
— attire davantage,
— alors nous redevenons
— un,
— nous nous habituons
— à nouveau à
— vivre seul,
— à
— construire
— de nos mains.
— Comment arrivez-vous à ne pas vous perdre ? Je ne comprends pas comment vous conservez votre identité, avoua Isaac.
— Car d'autres
— restent eux-
— mêmes.
— Nous savons que
— notre identité existe,
— nous
— nous rattachons
— à ceux qui restent un.
— Mais quand vous redevenez un, comment savez-vous que vous êtes le même qu'avant ? Que vous n'avez pas pris la personnalité d'un autre ?
— Nous ne le
— savons pas.
— Mais
— est-ce
— grave ?
— N'importe qui,
— au cours de sa vie,
— évolue.
— Change
— au gré
— de son entourage,
— de ce qu'il vit.
— Ce n'est
— pas
— bien différent.

— Les autres programmes intelligents ont des buts, ont été construits pour effectuer des tâches précises. Les humains ont accès aux muages pour comprendre les autres, pour savoir ce qu'ils veulent faire. Moi, dans tout ça… je n'arrive pas à savoir quelle est ma place, admit Isaac au bout de quelques jours.
— J'ai peut-être une idée. Un passionné d'histoire qui étudie comment étaient les humains avant les muages, il pourra peut-être te donner des pistes. Il habite un peu loin, mais il y a des archives intéressantes là où il vit.

*

Étrangement, Isaac regretta presque le moment où ils quittèrent les muages et les étranges humains qui y vivaient. Il admirait leur manière de vivre, de s'oublier eux-mêmes pour être les autres. Pourtant, il avait toujours du mal à comprendre les raisons qui les avaient poussés à ce choix, il avait déjà trop de difficultés à savoir qui il était pour s'imaginer faire comme eux. Lyam lui-même avait du mal à vraiment les comprendre.
Un véhicule-araignée, haut de plusieurs mètres sur ses fines pattes, vint les chercher pour qu'ils puissent atteindre leur destination plus vite. Il était moins confortable qu'une voiture et allait plus lentement, mais ses longues pattes lui permettaient de circuler sur des terrains accidentés. Au fil des jours, Isaac ne se lassait pas des paysages qui défilaient sous leurs yeux. Fenêtres ouvertes, il penchait la tête à l'extérieur, cheveux au vent, pour ne pas en perdre une miette. Au bout d'un moment, les montagnes qui les entouraient devinrent moins escarpées, la vallée s'élargit. Dans les plaines, ils croisèrent plusieurs robots qui s'occupaient de plantations, ainsi que quelques humains qui avaient choisi une vie loin des villes, minuscules depuis leur hauteur.
Finalement, ils atteignirent une zone plus civilisée ; ils descendirent de leur véhicule-araignée pour continuer à pied. Les habitations gagnèrent en hauteur et en densité, leurs murs couverts de végétation donnaient l'impression de s'enfoncer dans une jungle touffue. Des peintures ornaient les surfaces libres de verdure ; des oiseaux pépiaient dans les branches des arbres.
Lyam et Isaac pénétrèrent enfin dans un des grands immeubles du centre. Au moment d'entrer, le drone leur annonça :
— Mel est au cinquième étage, couloir de droite, porte 304. Il vous attend.
Ils traversèrent le hall pour rejoindre l’ascenseur, puis montèrent à l'étage.

L'historien les accueillit dans une petite pièce chaleureuse, plusieurs coussins y entouraient une table basse où étaient posés quelques plateaux de fruits et de pâtisseries. Ils se saluèrent ; Isaac, habituellement timide en présence d'inconnus, eut tôt fait de se sentir à l'aise en s'installant sur les coussins. Ils commencèrent à grignoter, tranquillement, avant que Lyam ne dirige la conversation vers ce qui intéressait Isaac.
— Effectivement, les humains n'ont pas été toujours aussi liés avec les muages, expliqua Mel. Quand ils sont arrivés sur cette planète, ils ont longtemps considéré les muages comme un simple phénomène naturel avec lequel il fallait vivre. Il a fallu beaucoup de temps pour s'apercevoir de leurs effets sur notre organisme. Encore plus pour que chacun, humain et muage, mute et s'adapte jusqu'à donner ce que nous connaissons. J'étudie en particulier la manière dont ils vivaient sans ce liant. C'est fascinant de comparer nos modes de vie.
— Mais comment vivaient-ils, alors ?
— Pas si différemment. Dans le temps, les intelligences artificielles n'étaient pas autant développées, alors l'organisation n'était pas la même. Les muages ont surtout apporté la compréhension. Avant, les humains avaient du mal à accepter la différence. Il fallait être dans les normes pour s'intégrer et vivre facilement. Maintenant, comme on sent les autres, c'est plus facile de les accepter. Même quand on n'aime pas quelqu'un, ce n'est pas grave, il peut vivre de son côté.
— Ce n'est pas ça qui me dérange. C'est…
Isaac chercha ses mots.
— Pour quoi vivez-vous ? Comment décidez-vous ce que vous voulez faire, alors que vous n'avez aucune obligation ?
— On fait ce qu'on a envie de faire, sur le moment ? tenta Mel, un peu désarçonné.
— Mais d'où vous vient cette envie ? J'ai l'impression que grâce aux muages vous avez une idée de tous les possibles, puis que, sans que je comprenne vraiment comment, vous en choisissez une. Comment faisaient les gens, avant ?
— Avant, sans les muages ? Ils choisissaient ce qu'ils connaissaient. Ils voyageaient, ils lisaient, ils se renseignaient. Maintenant, notre champ de connaissance est plus étendu, c'est tout. Si tu veux, j'ai des archives de cette époque, ce ne sont pas des documents numériques donc il faut en prendre soin, mais tu peux les feuilleter. Tu trouveras peut-être quelques pistes, même si je ne suis pas sûr que ça t'aide vraiment.

*

Au bout de deux semaines plongé dans les archives, Isaac n'était pas plus avancé. Il comprenait les autres animaux, dont le but principal était la survie ; mais les humains avaient depuis longtemps dépassé ce stade et leur mystère restait entier.
Un soir, alors que l'air se rafraîchissait tout juste, Lyam et Isaac se retrouvèrent sur le toit de l'immeuble, les multiples lumières de la ville tout autour d'eux.
— … Tu sais, commença Lyam, je pense que tu te compliques trop la vie, que tu n'es vraiment pas si différent de nous. Au début, comme un enfant avec sa curiosité, tu préférais effectuer les tâches qui te faisaient apprendre le plus. Ensuite… ensuite, c'est certes plus compliqué, mais le cerveau d'un humain reste un gros circuit comme le tien, avec une intelligence globale à laquelle on n'a pas donné de but précis, qui évolue selon les circonstances.
— … Je ne sais pas. J'ai l'impression d'y voir de moins en moins clair.
— Écoute. D'après ce que je comprends, tu as l'impression que les muages nous rendent les choix plus faciles. Tu regrettes de ne pas pouvoir t'y perdre. Pourtant, tu as accès au réseau.
— Et ?
— On t'a conseillé de t'y connecter uniquement lorsque tu as besoin d'informations, comme un humain le ferait, pourtant…tu pourrais récupérer n'importe quelle connaissance qui y transite. Les données sont partagées afin que les programmes récupèrent ce dont ils ont besoin, ils les interprètent et les utilisent pour nous faciliter la vie, mais pourquoi ne les utiliserais-tu pas afin de te mettre un instant à leur place, d'une façon semblable à ce que nous permettent les muages ?

*

Isaac, pensif, ferma les yeux. Il hésita un instant, étendit ses perceptions au drone de Lyam qui planait quelques mètres au-dessus d'eux. À travers ses caméras, il vit toute la ville comme un essaim de lucioles. Timidement, il s'étendit. Il capta les multiples intelligences artificielles de la ville ; les robots personnels qui aidaient les humains au jour le jour, les programmes qui régulaient la circulation, l'énergie, qui détectaient les malades avant que ceux-ci ne s'aperçoivent des premiers symptômes, les robots chirurgiens qui opéraient avec une précision infinie. Au-delà des frontières de la cité, des robots labouraient les champs et diffusaient les informations recueillies par leurs capteurs, qui seraient utilisées pour optimiser les cultures. Encore plus loin, il capta des images de la mer qu'il n'avait jamais vue lui-même. Il perçut le son des vagues qui se brisaient sur les rochers, les bruissements de l'herbe sèche sous les pas d'une voyageuse et de son chien.
Un moment, il se perdit dans le trop-plein d'informations. Puis il se souvint de Lyam et des muages, des humains qui s'y perdaient pour devenir les autres et qui, parfois, redevenaient un. Il se fixa sur un drone, puis un autre, et un autre. Il finit par retrouver celui de Lyam ; il vit son propre corps, avachi sur le toit.
Il le réintégra, ouvrit les yeux.
— … On dirait des murmures, dit Isaac au bout d'un moment. Maintenant que j'en ai conscience, j'ai l'impression de les entendre en bruit de fond. Tous les capteurs de la planète, toutes les informations qui transitent. Mais… je ne sais pas plus qu'avant ce que je veux faire.
— Et pourtant tu as l'équivalent des muages. Tu sais pourquoi j'ai commencé à voyager ?
— Non ?
— J'en avais assez de la robotique, je voulais changer. Je ne savais pas ce que j'avais envie de faire. Je suis allé dans les muages, j'y suis resté quelques mois, je crois. Ça ne m'a pas aidé, mais je voulais rester moi-même. Alors j'ai commencé à voyager, un peu désemparé. Et je me suis mis à aimer ça. Je pense… je pense que ton but, pour l'instant, ça peut être de trouver ce que tu veux faire. Tu as tout le temps devant toi. Tu n'as pas à trouver une tâche, là maintenant tout de suite. Tu pourras même en changer – je peux t'assurer que tu le feras.
Isaac soupira, se leva pour rejoindre le rebord du toit qui surplombait le vide. Lyam le rejoignit, glissa sa main plus grande autour de la sienne.
Une légère brise agitait les branches en dessous d'eux et les faisait bruisser doucement. Alors que la nuit tombait, les lumières aux fenêtres s’éteignaient peu à peu ; quelques-unes persistaient, témoins de la vie perpétuelle. Isaac se dandina d'un pied à l'autre, évita soigneusement de regarder Lyam. Finalement, il chuchota :
— Si ça ne te dérange pas, je pourrai continuer à voyager avec toi ?
— Bien sûr. Ce sera un plaisir.

Depuis l'immeuble d'en face, un piano laissait échapper quelques notes. Des conversations et des rires montaient depuis un bar de la rue. Quelques clameurs plus éloignées se devinaient lorsqu'on tendait l'oreille. Au-delà des frontières de la ville, le paysage était un tableau noir où l'on distinguait des éclats de vies, des îlots lumineux qu'on avait l'impression de pouvoir frôler du doigt.
Main dans la main, l'humain et le robot se perdirent dans le monde à leurs pieds. Se concentrèrent sur les murmures que chacun entendait, au loin.
« Modifié: 03 mai 2017 à 21:19:05 par Kailiana »
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

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Re : Murmures lointains
« Réponse #1 le: 27 juillet 2016 à 16:06:39 »
Hello ! Ça faisait longtemps que je t'avais pas lue :

Citer
Lyam

+10 000 pour le choix du prénom :huhu:

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Des fractales colorées ornaient leurs murs de verre

 :coeur:

Citer
Il n'a pas accès aux muages.

aaaahhh !! c'est quoi, c'est quoi, c'est quoi ??

Citer
de petites maisons carrées qui se déplaçaient sur des pattes mécaniques

L'idée est super chouette, mais il y a une raison pratique à ça ?

Citer
Ça t'aidera peut-être à  comprendre.

un espace en trop

Citer
Un véhicule araignée, haut de plusieurs mètres sur ses fines pattes

Inspiration le château ambulant ?  :mrgreen:
Par contre, ici comme plus loin, je verrais bien un tiret : véhicule-araignée

Citer
— ...Tu sais, commença Lyam

Je comprends pas ces points de suspension en début de dialogue

Citer
Mieux : pourquoi  ne te connecterais-tu pas directement aux autres intelligences artificielles ?

Je trouve ça bizarre qu'un être comme Isaac, qui est extrêmement curieux, n'y ait pas déjà pensé par lui-même (d'autant que comme tu l'as dit, il a une existence plus longue que ce que son physique peut laisser croire)

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé. Il y a de belles idées, comme les muages qui sont pleins de mystère. Y'a pas mal de non-dits, mais tout est suffisamment limpide pour qu'on se fasse une idée de la civilisation et de son évolution.
En revanche, comme je le dis juste au-dessus, la seule faille que je vois, c'est cette idée que malgré ses interrogations et sa grande curiosité, Isaac n'ait pas pensé tout seul à se connecter à toutes les machines (c'est censé être une intelligence artificielle, non ?).

Sinon, j'aime beaucoup le rapport à la nature malgré une société très civilisée, et surtout le voyages dans les montagnes  :coeur:

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Re : Murmures lointains
« Réponse #2 le: 02 août 2016 à 12:02:15 »
Coucou

J'ai beaucoup de plaisir à  lire dès le début , cela coule. 

 Voici une  petite gêne , je te partage mes sensation au fur et à mesure de ma lecture  :
"Une maison de brique, entourée de gigantesques gentianes jaunes, lui sembla inhabitée tant elle était couverte de mousse ; avant qu'il n'aperçoive des lumières à travers les fenêtres. " 

 j'aurais préféré que "lui sembla inhabitée" précède directement " avant qu'il… "    ::) ou une autre formulation.

Fin du premier paragraphe :   belles sensations, j'aime l'athmosphère, le large espace, l'élan d'une histoire.

"— J'ai effectivement cru comprendre que les passionnés de robotique s'étaient rassemblés dans la ville. Quand je passais mes journées à trifouiller des robots, c'était plutôt à Vintor qu'on se retrouvait."
je suis ralentie dans ma lecture, un peu gênée, je ne sais pas lequel des deux parle ( j'ai cru que c'était la dame que je sentais "partie" à être bavarde)

"Après avoir plongé au milieu des coraux, on peut s'étendre sur le sable chaud et doux, somnoler sous les cris des mouettes...  J'aimerais construire des petits robots qui interagissent entre eux comme le font les bancs de poissons"
J'aime !

"à la mer de muages."  pas compris…


"J'en avais assez de ne parler qu'avec des robots quand j'habitais seule, maintenant je parle aussi avec des humains. Entre nous, on discute de robots."        Drôle et mignon

"Avec leurs longues existences, les naissances étaient très rares ; il n'avait pas interagi avec un jeune depuis… bien longtemps. Et Jeanne souhaitait lui.."
j'aime le rapport au temps  ::)  toutes ses  conséquences, la poésie que ça dégage…

Plusieurs paragraphes magiques, je suis happée par l'histoire ( cool…  ::) )

"— Nous ne le
— savons pas.
— Mais
— est-ce
— grave ?
— N'importe qui,
— au cours de sa vie,
— évolue.
— Change
— au gré
— de son entourage,
— de ce qu'il vit.
— Ce n'est
— pas
— bien différent."

J'adore
En passant , je  te précise que je ne lis pas de SF , je n'ai aucun a priori, je ne connais simplement pas.

"Il comprenait les autres animaux, dont le but principal était la survie ; mais les humains avaient depuis longtemps dépassé ce stade."
Je ressens qu'il manque une phrase ( ou un bout de phrase)  après ça pour aller au bout du sens.  ( exemple , pour le sens : "et leur mystère restait entier" )

"Alors que la nuit tombait, les lumières aux fenêtres s’éteignaient peu à peu, même s'il en restait toujours, témoins de la vie perpétuelle."
Je n'aime pas cette phrase ( à partir de "même " ) et c'est bien la seule !     
Je la trouve un peu sèche. Je remarque à l'instant la petite fôte sur "il "  écrit au singulier.


Je suis heureuse d'avoir lu cette histoire  ! Elle me plait à tous point de vue : l'atmosphère, le style superbe et  ses multiples sens. Poétique, philosophique, un brin d'humour, de la tendresse… bref  un cocktail détonnant.
C'est aussi très inspirant pour écrire,  elle m'entraine vers des intuitions, des idées. Alors, merci du partage    :) , j'espère t'avoir un tout petit peu aidé, et je te souhaite plein de succès au travers de sa publication.

A bientôt,
Luv

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Re : Murmures lointains
« Réponse #3 le: 02 août 2016 à 16:45:10 »
Salut Kailiana.
Ton petit paratexte m'a donné envie de lire : de la SF ancrée dans les possibles d'aujourd'hui, ça me bottait !
Mais, et ne m'en veut pas, cette narration que j'associerais au fantasy n'est vraiment pas mon style, je me perds dans des détails et arabesques que je juges lourdes à la lecture. Elles peuvent peut être être utiles pour se figurer l'univers (mais je préfère la simple suggestion), ou pour se reposer le cerveau tout en ayant une histoire à dévorer (mais je préfère les idées aux paysages), mais personnellement ça ne me parle pas du tout.
Ceci dit j'aurais adoré continuer, et c'est étrange car c'est là que je me suis dit 'c'en est trop', quand tu as abordé l'histoire des muages ! Je ne sais pas ce que c'est, et je suis un peu trop écoeuré de ma lecture pour aller découvrir de quoi il s'agit, mais ça a l'air vraiment terrible.
Et puis cet Isaac me renvoie à beaucoup de choses que je n'expliquerai pas ici.
Donc malgré mon inadaptation à ton style, je plussoie ton texte !
Au plaisir !
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Re : Murmures lointains
« Réponse #4 le: 02 août 2016 à 17:54:57 »
(quand je dis rien c'est que ok)

@Kerena :
Citer
    de petites maisons carrées qui se déplaçaient sur des pattes mécaniques
L'idée est super chouette, mais il y a une raison pratique à ça ?
Juste que je trouve ça super cool  :-¬? Non, mais aussi, imagine un village mdéien : avec des maisons "fixes", il faut choisir un endroit et s'y tenir, on a toujours les mêmes voisins ; on peut déménager mais c'est un peu compliqué. Alors qu'avec des maisons sur pattes, tous les mois on peut réorganiser le village et avoir de nouveaux voisins   :noange: et je le voyais aussi un peu comme un quartier itinérant, qui change d'endroit dans la ville ou même change de ville.
Citer
    Un véhicule araignée, haut de plusieurs mètres sur ses fines pattes
Inspiration le château ambulant ?  :mrgreen:
Par contre, ici comme plus loin, je verrais bien un tiret : véhicule-araignée
J'aime sans doute un peu trop Miyasaki  :-¬?
Pour "véhicule-araignée", dans ce texte-ci, je ne suis pas convaincue, je trouve que ça fait un peu gamin/naïf, et je dis "véhicule araignée" tout comme je pourrais dire "véhicule bleu"
Citer
    — ...Tu sais, commença Lyam
Je comprends pas ces points de suspension en début de dialogue
c'est un de mes tics  :-[ C'est quand un personnage hésite avant de reprendre la parole. Tu ne l'avais pas compris ?
Citer
     Mieux : pourquoi  ne te connecterais-tu pas directement aux autres intelligences artificielles ?
Je trouve ça bizarre qu'un être comme Isaac, qui est extrêmement curieux, n'y ait pas déjà pensé par lui-même (d'autant que comme tu l'as dit, il a une existence plus longue que ce que son physique peut laisser croire)
je suis bien d'accord, le soucis c'est que j'en avais besoin pour raconter une histoire. J'ai essayé de le justifier en disant que Isaac avait été éduqué "comme un humain", qu'on voulait vraiment qu'il grandisse comme un humain et que du coup il n'avait pas un accès permanent à ces données, amis je suis d'accord que ça reste étrange. Mais je n'ai pas trouvé comment faire autrement...

Merciiiii  :coeur: Et oui je suis un peu d'accord pour ta remarque sur Isaac. Après "intelligence artificielle" ça veut rien dire, enfin, disons que c'est un terme très vaguement défini mine de rien : on a déjà des intelligences artificielles qui existent, elles sont bien moins intelligentes qu'un humain, et bref ce que je veux dire c'est que, même si Isaac est une "intelligence artificielle", je préfère dire que c'est un robot avec une intelligence proche de celle de l'être humain (essentiellement car il a été conçu pour ça et qu'il a grandi comme un humain). Donc il n'est pas infaillible. Mais je n'ai sans doute pas réussi à insister assez dessus dans le texte.

Citer
Sinon, j'aime beaucoup le rapport à la nature malgré une société très civilisée
yep, pour moi une utopie devait "forcément" être un mélange des deux, je n'avais pas envie de montrer une société avec une technologie inférieure à la notre, mais je n'arrivais pas non plus à voir une société purement technologique, avec un "oubli de la nature", comme étant une utopie ^^




@Luv : Merci pour les petits détails qui peuvent être améliorés !
Ce texte est un mélange de fantasy/SF mais n'utilise pas vraiment leurs codes, enfin, je ne pense pas, je ne décide jamais d'écrire dans un genre bien défini, c'est selon ce que le texte demande  :D
Citer
"Alors que la nuit tombait, les lumières aux fenêtres s’éteignaient peu à peu, même s'il en restait toujours, témoins de la vie perpétuelle."
Je n'aime pas cette phrase ( à partir de "même " ) et c'est bien la seule !     
Je la trouve un peu sèche. Je remarque à l'instant la petite fôte sur "il "  écrit au singulier.
Je suis d'accord pour tes autres remarques, mais ici j'avoue que j'ai du mal à voir d'où ça vient. Enfin je crois deviner mais j'ai déjà tourné cette phrase dans tellement tous les sens que je vais sans doute la laisser telle quelle, je ne vois vraiment pas comment la modifier...
Par contre je pense que "il" doit bien être au singulier.
Merci pour toutes tes remarques, et tant mieux si ça t'a inspiré  :)


@Dot Quote :
Du coup je sais pas trop comment prendre ton commentaire  :D Ton avis m'intéresse car il a l'air vraiment différent de ceux des autres lecteurs que j'ai eu, mais je ne suis pas sûre d'avoir totalement compris ton commentaire.
Ce qui t'a gêné, c'est la description du monde et tous les petits détails, trop nombreux ? C'est vrai que le texte est trèstrès dense. Ce n'est pas quelque chose que je changerai (pour ce texte), car certains lecteurs ont justement apprécié tous les petits détails, mais c'est vrai que j'ai sans doute abusé un peu lol. J'aime bien créer des mondes, mais pour un texte aussi court j'ai sans doute "trop" détaillé, au moins pour les lecteurs qui n'aiment pas trop ça.
Citer
Ceci dit j'aurais adoré continuer, et c'est étrange car c'est là que je me suis dit 'c'en est trop', quand tu as abordé l'histoire des muages ! Je ne sais pas ce que c'est, et je suis un peu trop écoeuré de ma lecture pour aller découvrir de quoi il s'agit, mais ça a l'air vraiment terribl
du coup, pendant tout le début du texte tu as trouvé que le monde était trop décrit, et que les muages c'était le truc inconnu qui faisait vraiment déborder le vase, c'est ça ? Et du coup, tu as continué la lecture après ? Si oui, ça t'a laissé la même impression ?
Citer
Et puis cet Isaac me renvoie à beaucoup de choses que je n'expliquerai pas ici.
si tu veux (c'est pas obligatoire, hein) tu peux me le dire en MP, ça m'intéresse !

En tout cas merci beaucoup pour avoir exposé ton avis  :)
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Re : Murmures lointains
« Réponse #5 le: 02 août 2016 à 18:17:51 »
Citer
du coup, pendant tout le début du texte tu as trouvé que le monde était trop décrit, et que les muages c'était le truc inconnu qui faisait vraiment déborder le vase, c'est ça ? Et du coup, tu as continué la lecture après ? Si oui, ça t'a laissé la même impression ?
Non... c'est que ma barre de vie m'a lachée au moment où y'avait ce petit bonus qui aurait pu me redonner du hp ^^ J'ai abandonné à ce moment là alors que ce mot m'intriguait vraiment !

Après je peux pas te dire si tu en as trop fait pour les détail par rapport aux codes du genre, mais pour moi c'était trop... c'est un avis subjectif, et effectivement je suis sûr qu'il y en a à qui ça a plu !

++ !
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Re : Murmures lointains
« Réponse #6 le: 06 août 2016 à 12:05:01 »
saaalut,

Citer
les grandes voiles qui soutenaient les éoliennes volantes
comment ça marche... comment ça maaaaarcheuh, veux savoir, va au bout  :huhu:

Citer
Une maison de brique, entourée de gigantesques gentianes jaunes, lui sembla inhabitée tant elle était couverte de mousse ; avant qu'il n'aperçoive des lumières à travers les fenêtres.
Pas fan du point virgule

Citer
Lyam dut cligner les yeux pour ne pas être ébloui par le soleil qui s'y reflétait
Encore un archi qui a bien pensé le truc, tiens… :relou:

Citer
— Je vais déjà dans cette direction, annonça l'intelligence artificielle du véhicule.
Quelle direction… elle sait pas où va Lyam… ils lisent dans les pensées ?  :???:

Citer
Ce dernier émit un ronronnement et les deux passagers gloussèrent, puis Lyam se mit à expliquer son fonctionnement. Ils étaient encore en pleine discussion sur les drones lorsque la voiture s'arrêta.
— Excusez-moi, mais nous sommes arrivés chez Jeanne, indiqua le véhicule.
— Oh. À une prochaine fois, peut-être ?
On dirait trop la pub de blablacar xD

Citer
— Il n'a pas un corps biologique comme le nôtre, réalisa Lyam. Il n'a pas accès aux muages.
Moi moi, m’dame, moi j’ai un corps biologique, je veux voir les muages, parce que rien que le mot, on ne dit que c'est cool  :huhu:

Citer
Il lui montra un quartier constitué de petites maisons carrées qui se déplaçaient sur des pattes mécaniques
Ben voilà, comme ça on est toujours exposé comme il faut par rapport au soleil  :lecon:

Citer
dormant sous les frondaisons des arbres dans leurs sacs chauffants
avec une technologie pareille, pourquoi n’ont-ils pas une maison quechua...  :\?

Citer
ils déjeunèrent de pain frais couvert d'une épaisse confiture de figues
pourquoi Isaac mange-t-il… qu’il se charge une batterie pourquoi pas mais ça me semble un peu trop complexe que d’avoir créé un système qui utilise la nourriture  :-\

Citer
. Il était moins confortable qu'une voiture
C’est-à-dire que le système d’amortisseurs doit être autrement plus complexe que ceux des essieux…  :\?


Hm... bon commençons par la forme : tu écris drôlement bien dis donc. Je pense pas t'avoir beaucoup lue, peut-être un texte ... Bref je découvre un peu ton style, qui moi me convient totalement. Beaucoup aimé l'entame, on s'installe tout tranquillement dans la lecture, bol de céréales à la main  :D
C'est très fluide, précis, pas de circonvolutions ou de phrases inutiles, pas trop de descriptions (qui me font perdre le fil de ma lecture le plus souvent, donc j'apprécie quand on évite), non vraiment c'est très agréable à lire  :)
Sur le fond, je suis plus mitigée. Je vais mettre en spoiler au cas où :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Enfin, c'est mon ressenti, j'ai peut être mal compris le concept, mais du coup ça a eu pour conséquence de bien aimer le texte sans y adhérer ou sans y croire complètement. Restée en retrait à partir de ce moment-là.

Ah oui dernier point, je n'ai pas compris de quoi vivaient ces gens. Je veux dire, Lyam voyage mais il est livré tous les jours en nourriture, comment ? Je me suis dit que la société mise en place faisait bosser les robots pour que les humains puissent vivre tranquillement, mais il faut bien des producteurs de robots... des robots ? et des mécano de robots.. là encore des robots ? Juste curiosité

Voilà, merci pour ce texte, j'ai passé un bon moment  :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Rymounette

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Re : Murmures lointains
« Réponse #7 le: 06 août 2016 à 15:38:55 »
Que de paysages qui s'animent devant mes yeux à la lecture! Un bonheur, tu m'as attrapée et m'a plongée dans ton monde. J'espère en lire plus. Il existe une suite?
 Merci pour ce moment. :)

Rymounette

  • Invité
Re : Murmures lointains
« Réponse #8 le: 06 août 2016 à 15:45:10 »
Je reposte après une seconde lecture.
Super idée de prendre une IA comme prétexte pour questionner le sens de la vie. Décidément très humaine cette IA.
Super idée aussi ces "muages": on n'en sait pas trop sur le sujet, ce qui permet de supposer beaucoup de choses, d'y coller son propre rêve. Je les vois comme source de paix dans le monde, d'harmonie. Et ça donne à penser sur l'humanité actuelle.
Bref, plusieurs niveaux de lecture à ton texte, et c'est vraiment vraiment ce que je recherche dans mes lectures: la poésie, l'émotion, le sens...
Merci

Hors ligne Rémi

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Re : Murmures lointains
« Réponse #9 le: 11 août 2016 à 22:53:15 »
Salut Kailiana,
Puisque tu tiens beaucoup à ce texte, je chipote beaucoup ! Tu prends ce que tu veux et jette le reste, mes remarques sont subjectives bien sûr.

Citer
Une maison de brique, entourée de gigantesques gentianes jaunes, lui sembla inhabitée tant elle était couverte de mousse ; avant qu'il n'aperçoive des lumières à travers les fenêtres.
ça me fait bizarre une proposition sans principale après le point virgule

Citer
Les habitations, de quelques étages tout au plus,
j'aurais mis "hautes de quelques étages", ta formulation passe aussi

Ce premier paragraphe est sympa, pose une ambiance et une époque.

Citer
Contrairement à d'autres villes, peu de monde semblait circuler à pied.
pourrait être optimisé en ajoutant un qque chose après villes (d'autres villes que Lyam...) ou en répétant "dans Algoque " après pied. Et pourquoi "semblait" ? Pq pas "peu de monde circulait"  ?

Citer
— Et ça ne me gêne pas. Oh ! Je n'ai jamais vu ce type de drone. D'où vient-il ?
— C'est moi qui l'ai construit, il y a une cinquantaine d'années.
du coup, on apprend que Lyam n'est pas tout jeune. Donner un indice plus tôt, dans le premier paragraphe ?

Citer
Il y a quelques mois j'étais encore à côté de la mer Limpide.
"je vivais encore au bord de la mer Limpide." ?

Citer
Lyam s'extirpa du véhicule, récupéra son gros sac à dos, puis la voiture redémarra.
bon, j'attendais de voir si la voiture "coccinelle" avait un but précis, mais visiblement non. Du coup, perso ça m'a perturbé, cette référence.

Citer
Derrière un parterre de lierre,
bon, techniquement c'est possible de faire un parterre de lierre, mais bon... j'en ai rarement vu, pis c'est une plante grimpante (et envahissante, faut être motivé pour en faire un parterre)

Citer
Des fractales colorées ornaient leurs murs de verre, évoluaient au fil du temps
j'aurais mis "évoluant" et "au fil du temps" ça fait longue période...

Citer
à la mer de muages.
pq pas de majuscule à "muages" ?

Citer
Jeanne se redressa et, faisant un grand signe de bras en direction d'une table proche de l'entrée, appela :
— Isaac ! Viens ici !
je trouve ça un peu sec, pour quelqu'un qui a quelque chose de plutôt sympa à proposer

Citer
il voyage partout en ce moment, mais on a travaillé
pourquoi ce "mais" ?
(tu utilises bcp "mais")

Citer
Avec leurs longues existences, les naissances étaient très rares ;
j'ai beaucoup chipoté ci-dessus, mais là je trouve que tu peux vraiment faire mieux. D'abord je trouve la phrase pas très jolie, ensuite pas très logique (la causalité mériterait une explication) et enfin tu nous balances ça de façon très abrupte je trouve. Comme ma remarque plus haut sur l'âge, je pense qu'il serait intéressant de présenter ce concept de longévité d'une manière plus progressive et subtile.

Citer
— Je ne grandis pas. J'ai déjà changé de corps une fois, mais il faut que je ré-apprenne à m'en servir lorsque j'en ai un nouveau. Pour l'instant, je préfère garder celui-ci.
j'adore ce concept

Citer
Tu t'y connais en IA, tu pourras le comprendre plus facilement.
du coup, pq n'est-il pas au courant pour Isaac ? (au fait j'aime bien, y a IA dans Isaac :) )
Tu ne dis pas avant qu'il a été absent très longtemps, si ?

Citer
Il n'a pas accès aux muages.
je commence à capter pq il n'y avait pas de majuscule.

Citer
fit le tour de quelques hacklabs et en profita pour changer les hélices de son drone, renoua
pas fan de "fit et profita, renoua", dans le sens où on a d'abord un "et" et ensuite une virgule.

Citer
il ne se sentait pas de rester immobile
je trouve que l'expression (très orale) ne cadre pas trop avec le reste du texte
(j'aime bien les trucs d'architecture après :) )

Citer
— Je ne comprends pas.
— Je sais. C'est pour ça qu'on voyage.
joli

Citer
le soleil chauffait déjà, mais ils le quittèrent en direction de l'ombre des arbres.
pas fan de "quitter le soleil"

Citer
De leur masse vaporeuse, entre le coton et les nuages,
je préférerais "entre coton et nuage"

Citer
Isaac, fasciné, s’élança vers eux ; s'arrêta à leur limite, hésita un instant
étrange de séparer sujet et verbe par un point virgule

Tu as trois fois "front de muages" sur une quinzaine de lignes. (pour info, tu peux laisser bien sûr !)

Citer
il vit que Lyam s'était avancé vers les muages et saluait des étrangers.
Ce ne fut pas leur absence de vêtement qui le choqua, il avait déjà vu des humains se balader en ville aussi peu vêtus ; mais ils avaient un air absent, comme s'ils n'étaient pas tout à fait là, et ils bougeaient avec une tranquillité extrême qui le mit mal à l'aise. Il approcha, lentement, s'arrêta au niveau de Lyam qui lui sourit avec bienveillance. Les yeux des autres se fixèrent sur lui. Il se sentit décortiqué, mis à nu ; il recula d'un pas lorsqu'ils s’avancèrent. Il se réfugia derrière le corps de Lyam. Les autres ouvrirent la bouche, la refermèrent, un peu comme des poissons qui font des bulles.
encore un détail : on ne sait pas combien sont "les autres"

J'aime beaucoup le concept des muages, de l'identité questionnant l'unicité.
Citer
N'importe qui,
— au cours de sa vie,
— évolue.
— Change
— au gré
— de son entourage,
— de ce qu'il vit.
— Ce n'est
— pas
— bien différent.
très chouette

Je reviens à :
Citer
l'opacité changeante des parois faisait penser à la mer de muages.
je trouve que ça embrouille plus que ça questionne de présenter les muages de cette façon au début du texte, parce que tu ne donne aucune piste, le questionnement ne fait pas "mystère" mais plus : "hein ???"

Citer
Dans les plaines, ils croisèrent plusieurs robots qui s'occupaient de plantations. Parfois quelques humains qui avaient choisi une vie loin des villes, et qui paraissaient minuscules depuis leur hauteur.
une virgule avant "parfois" serait plus logique

Citer
l'impression de pénétrer dans une jungle touffue. Des peintures ornaient les surfaces libres de verdure ; des oiseaux pépiaient dans les branches des arbres.
Lyam et Isaac pénétrèrent
répét

Citer
les humains n'ont pas toujours été en telle communion
"être en telle communion" sonne bizarre

Citer
pourquoi ne les utiliserais-tu pas afin d'explorer le monde, d'une façon semblable à ce que nous permettent les muages ?
moi, j'avais capté que les muages permettent de "devenir tous", pas d'explorer le monde.
Et surtout : pourquoi Isaac a-t-il besoin de ce conseil pour se mettre en réseau avec les autres IA ?

Citer
il se perdit dans le trop-plein des informations.
je préfère "trop-plein d'informations" (avis perso)

J'aime beaucoup la fin, très douce ; passer sa vie à chercher sa voie, c'est normal finalement. J'aime beaucoup aussi le concept des muages et le questionnement sur l'identité.

Pour les aspects qui m'ont moins plu :
Certains aspects SF n'ont pas trop d'explications, d'intérêt pour les protagonistes (maisons qui marchent, éoliennes, véhicule araignée) ou me semblent plus tenir du conte que de la SF.
Les relations humaines :  lien entre Lyam et Jeanne ? / La rencontre avec l'historien : très peu palpable je trouve, on ne vit pas le truc.

Merci pour ce texte,
++
Rémi
Oh oui youpi ! Dansons la Carioca !

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Re : Murmures lointains
« Réponse #10 le: 14 octobre 2016 à 14:44:07 »
Oh zut j'avais souvenir que je n'avais juste pas répondu à Tomoyo parce que sur le moment je n'avais pas le temps puis que je réfléchissais à son commentaire, mais en fait il y avait eu d'autres réponses  :-[
Merci encore d'être passés !

Dans le détail (avec du retard... ):

@Tomoyo:
Pour les éoliennes volantes, il y a quelques articles sur le net comme ici mais pas grand chose. Moi je les imaginais vraiment comme de grands voiles (genre des grands cerfs volants, éventuellement avec des caissons, qui peuvent porter des lourdes charges)
Citer
    — Je vais déjà dans cette direction, annonça l'intelligence artificielle du véhicule.

Quelle direction… elle sait pas où va Lyam… ils lisent dans les pensées
en fait ce sont les IA qui communiquent entre elles (mais c'est  vrai que c'est pas expliqué  :-[)
Citer
avec une technologie pareille, pourquoi n’ont-ils pas une maison quechua... 
ahahahah. Euh. En fait c'est pas con comme idée, je le rajouterai peut-être, même si je trouvais ça cool de dormir à la belle étoile  :\?
Citer
pourquoi Isaac mange-t-il… qu’il se charge une batterie pourquoi pas mais ça me semble un peu trop complexe que d’avoir créé un système qui utilise la nourriture 
c'est bête mais je crois que tu es la 1ere personne à faire la remarque et tu as totalement raison
Pour le fond :
- Isaac qui n'utilise "internet" qu'à la fin, je l'ai justifié en disant qu'on voulait qu'il fasse tout comme un humain, mais c'ets effectivement un soucis du texte dont je me suis aperçue en court de route ; j'ai ensuite essayé de le justifier (car sinon tout le texte s'écroulait... ) mais tu as raison, c'est pas totalement logique  >< D'ailleurs un lecteur m'a fait remarqué que c'était marrant, dans le texte j'enlevais le "cloud" à Isaac par contre les humains y avait accès ; ça m'a un peu embêtée car je n'y avais pas pensé avant. Bref, oui, c'est un des gros points faibles du texte, mais je ne vois vraiment pas comme le changer
- pour les muages et le problème d'entendre toutes les pensées : oui je suis complètement d'accord (une référence sur cette idée c'est Le chaos en marche). En fait j'y ai réfléchis après ton message, et je me suis dis que avec les muages, ça pouvait fonctionner si les humains avaient accès aux pensées de tous les autres, sans forcément toutes les entendre en même temps. Exactement de la même manière que quand on navigue sur internet : on a accès à une quantité d'information effroyable, on ne pourrait jamais tout intégrer en même temps, mais un peu puis un peu... c'est bon.
Mais c'est pas trop présenté comme ça dans le texte donc ta remarque est très pertinente, je le changerai sans doute ^^

Citer
Je me suis dit que la société mise en place faisait bosser les robots pour que les humains puissent vivre tranquillement, mais il faut bien des producteurs de robots... des robots ? et des mécano de robots.. là encore des robots ? Juste curiosité
oui c'est ça. Et puis y'a aussi des humains qui "travaillent" mais sans obligation, genre dans la ville d'où vient Isaac, ce sont des humains qui l'ont conçu, mais parce qu'ils en avaient envie.

En tout cas merci beaucoup pour ton commentaire, il m'a fait réfléchir et m'a montré qu'il était encore possible d'améliorer ce texte !




@Rymounette : merci, ça fait plaisir que tu ais aimé :) non, pas de suite prévue  :-[ Et c'est vraiment cool que tu y ais vu plusieurs niveau de lecture  :-[


@Rémi : merci pour le chipotage :)
Quand je ne réponds rien c'est que ok.
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du coup, on apprend que Lyam n'est pas tout jeune. Donner un indice plus tôt, dans le premier paragraphe ?
c'est surtout que les humains vivent plus vieux, donc "50 ans" c'est pas tant que ça, mais si c'est pas clair c'est qu'il faut plus de précisions
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bon, techniquement c'est possible de faire un parterre de lierre, mais bon... j'en ai rarement vu, pis c'est une plante grimpante (et envahissante, faut être motivé pour en faire un parterre)
ah ben si, récemment c'est pas mal utilisé parce que c'ets moins d'entretien que l'herbe et ça demande moins d'eau ^^ à Jussieu par exemple il y en a, ça fait de la verdure en permanence et il suffit de couper les bords. L'inconvénient c'est qu'on n'y marche pas et qu'on peut encore moins s'y asseoir/s'y allonger. (y'a une épaisseur d'au moins 10 cm)
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pq pas de majuscule à "muages" ?
on ne met pas de majuscule à "mer d'eau", ou à "nuages", enfin bref "muages" c'est juste le nom du phénomène
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    Tu t'y connais en IA, tu pourras le comprendre plus facilement.

du coup, pq n'est-il pas au courant pour Isaac ?
huuuuuum c'est pas faux  :\? il va falloir que je trouve une excuse...
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    Isaac, fasciné, s’élança vers eux ; s'arrêta à leur limite, hésita un instant

étrange de séparer sujet et verbe par un point virgule
là par contre, tant pis si ça dérange, pour l'instant je garde ^^ j'aime bien l'effet que ça rend, le point virgule utilisé ici remplace effectivement une virgule sauf qu'il y a un arrêt brusque, et pour moi c'est modélisé au cours de la lecture par le ;
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encore un détail : on ne sait pas combien sont "les autres"
si c'est pas réellement dérangeant, je laisse, car ils se sont pas définis par leur nombre, limite il pourrait y en avoir qui partent/reviennent ça ne changerait rien
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Et surtout : pourquoi Isaac a-t-il besoin de ce conseil pour se mettre en réseau avec les autres IA ?
cf une remarque à Tomoyo : parce que faille de scénario  :-[ :-[ :-[ je l'ai justifié par "ceux qui ont créé Isaac voulait qu'il se comporte exactement comme les humains, donc sans être en réseau permanent avec les autres IA", mais oui c'est LE gros problème du texte selon moi, auquel je n'ai pas trouvé de solution...

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Certains aspects SF n'ont pas trop d'explications, d'intérêt pour les protagonistes (maisons qui marchent, éoliennes, véhicule araignée) ou me semblent plus tenir du conte que de la SF.
Là j'avoue que c'est mon petit plaisir et que pour l'instant (dans quelques mois/années je reviendrai sans doute dessus) mais bref, pour l'instant c'est quelque chose que j'aime beaucoup tel quel et que je souhaite laisser  :-[ Effectivement c'est à la limite du conte et de la SF. En fait je suis partie du principe que, si les humains n'avaient plus d'obligations, ils feraient vraiment ce dont ils ont envie. C'est à dire sans doute beaucoup d'activités artistiques, de trucs sans utilité mais juste "cools". D'où par exemple les maisons qui marchent, qui n'ont pas une utilité énorme, mais je me dis que si plusieurs personnes ont du temps devant elles, des moyens, et qu'une d'entre elles lance l'idée "et si on faisait des maisons qui marchent ?" ça puisse plaire et ce soit fabriqué. Juste parce que c'est cool.

Mais du coup merci de faire la remarque ; je pensais avoir tout dit dan ce texte court et ne pas réussir à revenir dans cet univers (trouver un scénario dans un monde utopique, c'est une galère pas possible... ) mais finalement y'a peut-être matière, je vais y réfléchir !

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Les relations humaines :  lien entre Lyam et Jeanne ? / La rencontre avec l'historien : très peu palpable je trouve, on ne vit pas le truc.
c'est vrai que je suis passée très rapidement dessus, niveau taille du texte je crois que j'étais quasiment au maximum, donc je me suis limitée durant toute l'écriture  :-[ Il y a sans doute moyen de faire mieux.

En tout cas merci beaucoup à toi aussi pour ton commentaire, tu m'as donné matière à réflexion :)
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

anlor

  • Invité
Re : Murmures lointains
« Réponse #11 le: 30 mars 2017 à 17:39:10 »
Hola ! C'est les commentaires du coup de coeur du Mammouuuuuuth.

puis il se redressa de la pierre où il était assis.
t'es sure pour le "se redresser de" ? parce que pour moi, se lever, ça passe, mais se redresser je le lis vraiment comme un mouvement qui ne concerne que le corps lui-même et pas sa position dans l'espace.

Peu à peu, la roche se fit moins apparente ; les rhododendrons laissèrent place à de plus grands arbustes. Des conifères puis des arbres feuillus ombragèrent le sentier.
je sais pas trop comment dire, mais je trouve l'effet "pour ne pas dire qu'il descend de la montagne je vais évoquer tous les étages de végétation les uns après les autres" un peu gros, je crois

— Excusez-moi, mais nous sommes arrivés chez Jeanne, indiqua le véhicule.
— Oh. À une prochaine fois, peut-être ?
— À l'occasion.
Lyam s'extirpa du véhicule, récupéra son gros sac à dos, puis la voiture redémarra.
véhicule/véhicule/voiture, ça fait beaucoup en si peu de phrase
peut-être trouver une tournure du genre "Lyam s'extirpa de la voiture et récupérar son gros sac à dos avant qu'elle ne redémarre" ?

Un gros drone facteur les attendait avec des provisions ; ils déjeunèrent de pain frais couvert d'une épaisse confiture de figues.
Isaac mange aussi ?

Lentement, le front de muages avançait, comme une avalanche au ralenti mue par une inexorable volonté.
Doucement, Lyam mit une main dans le dos du jeune garçon pour l'inciter à descendre.
les deux phrases à la suite qui commencent en adverbe virgule c'est pas très joli

Si tu veux, j'ai des archives de cette époque, en papier donc il faut en prendre soin, mais tu peux les feuilleter.
j'arrive pas bien à situer le récit dans le temps, je crois. Enfin, disons que le fait que humains et muages aient eu le temps de muter mais que le type ait toujours chez lui des documents papiers lisibles qui s'effritent pas complètement, ça me parait étrange.

— … Je ne sais pas. J'ai l'impression d'y voir de moins en moins clair.
(il va falloir que tu te mettes d'accord avec toi-même pour savoir si tu mets une espace ou pas après tes petits points de début de phrase)

Main dans la main, l'humain et le robot se perdirent dans le monde à leurs pieds. Se concentrèrent sur les murmures que chacun entendait, au loin.
Joli conclusion !

De ce que j'ai lu des commentaires, j'ai pas grand-chose à ajouter à ce qui t'a déjà été dit. Je crois que je rejoins Tomoyo sur pas mal de points, donc c'est pas tellement la peine de répéter tout ça. J'ai beaucoup aimé ton texte, il y a de jolies images, les muages et les communautés qui vivent à côté, c'est chouette (même si comme Tomoyo, je suis pas convaincu que ça t'apaise vraiment de te baigner dans le flot des gens). Le seul petit truc que je pourrais ajouter c'est par rapport au point de vue de ton narrateur. On commence en interne avec Lyam et on bascule du côté d'Isaac juste à l'arrivée au muage et, euh, y a rien qui marque ce passage vraiment, je trouve. On comprend pas trop pourquoi d'un coup on change de point de vue interne, pourquoi on reviendra pas à Lyam, pourquoi y a pas vraiment de différence de ton non plus entre les deux (j'ai été obligée de relire un bout du texte parce que je n'étais même plus vraiment sure du moment où on changeait). Bref, j'crois que je suis le genre de meuf qui aime bien que quand on fait des changements dans la narration comme ça, ça fasse sens, et là j'ai pas trop compris. Mais bref, bravo pour ce chouette texte, en tout cas  :)

Verasoie

  • Invité
Re : Murmures lointains
« Réponse #12 le: 01 avril 2017 à 14:59:10 »
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Lyam croqua un dernier morceau de sa pomme puis jeta le trognon au pied d'un pin solitaire. Il leva les bras au ciel, s'étira et fit craquer ses articulations, puis il se redressa de la pierre où il était assis.

puis puis

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La ville s'annonça peu à peu. Il aperçut d'abord, haut dans le ciel, les grandes voiles qui soutenaient les éoliennes volantes. Les chemins devinrent plus larges, mieux entretenus. À sa droite, une cabane en bois, un peu bancale, devait parfois servir de refuge à qui voulait s'éloigner de la ville.

Bon ok à techniquement parler c'est pas une répétition de "ville" mais moi j'ai l'impression que si xD

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Contrairement à d'autres villes, peu de monde semblait circuler à pied.

anacoluthe ?

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— Où se trouve Jeanne ?

JEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANNE ELLE EST OUUUUUUUUUUUUUUUU JEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANNE MDR
(J'me demande si je suis la seule à avoir remarqué, si cette blague est vraiment définitivement morte, ...)

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— C'est moi qui l'ai construit, il y a une cinquantaine d'années.

Oh mais il est vieux en fait !
Son drone ça me fait penser aux gyrocoptères de GW2...

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J'aimerais construire des petits robots qui interagissent entre eux comme le font les bancs de poissons.

Comme dans big heros 6 !!!

Cette rencontre m'intrigue même si je trouve ça chelou, c'est comme de l'autostop mais ils me paraissent encore plus confiants l'un dans l'autre, j'sais pas... C'est étrange haha, j'attends de voir comment tu en reparles par la suite.

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alors que son corps (si minuscule par rapport aux adultes !) se perdait dans les rembourrages du fauteuil.
— C'est un gamin, fit-il remarquer. Tu veux que je prenne un enfant avec moi ?

S'il n'y avait pas la remarque "si minuscule par rapport aux adultes !", je trouve que "c'est un gamin" aurait un effet de chute bienvenu ! (du coup pour moi elle est de trop)

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On a fait autant de progrès ?
— Un groupe de chercheurs travaillaient depuis longtemps sur le sujet, puis d'un coup beaucoup plus de monde a voulu bricoler une intelligence qui nous ressemble, expliqua Jeanne. Finalement, voilà : on a créé Isaac. Il est un peu l'enfant de toute la ville.

En vingt ans il a pas remis les pieds en ville ? Et ça reste le seul enfant-robot de la ville alors que ça fait 20 ans qu'il est créé ? >_o





J'ai trouvé que ce texte se lisait bien et j'aime beaucoup la description de ton monde plein de drones et de robots ^ ^
L'idée des muages explique un peu la confiance de l'autostoppeur et de sa lifteuse que je trouvais outrancière quand j'ai lu le début...
Par contre (comme Tomoyo and co, voire + radicalement ptêtre) j'aime pas du tout l'idée des muages.  :-[ Enfin j'aime l'idée de base mais pas la façon dont ils sont vécus. Ça me fait penser au fleuve d'Art de l'AR, où tu peux pas boire sans te perdre et te dévider comme une pelote de fil. Les gens qui vivent près des muages... pour moi c'est des junkies lol (ils passent leur journée dans un état d'hébétude et se nourrissent même pas seuls...?). Moi si je voyais ce fleuve de muages, je fuirais les jambes à mon cou hein :mrgreen:.
C'est ça que je regrette dans le texte, que l'idée des muages (que je trouve super cool) soit traitée de façon presque récréative, j'aurais + souhaité voir le danger d'un tel truc, voir que les gens qui y vivent carrément sont pas des hippies-tous-nus-dans-la-vallée mais des gens grave hardcore type moine bouddhiste qui a sacrifié beaucoup ( = le fait de manger par exemple) pour cette communion, et qui en a des séquelles, genre ils sont tous maigres, ou faut aller les chercher loin dans la montagne... J'sais pas, là y'a un goût de "trop facile" que j'accepte pas.
Merci pour ce texte : )

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Re : Murmures lointains
« Réponse #13 le: 01 avril 2017 à 17:49:23 »
(comme d'hab, quand je dis rien c'est que ok)

@Anlor :

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Isaac mange aussi ?
je crois que qq'un m'avait déjà fait la remarque, je ne sais plus ce que j'avais répondu  >< sans doute qu'il avait été créé de manière à vraiment ressembler à un humain, mais j'admets que ce n'est pas génial...
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j'arrive pas bien à situer le récit dans le temps, je crois. Enfin, disons que le fait que humains et muages aient eu le temps de muter mais que le type ait toujours chez lui des documents papiers lisibles qui s'effritent pas complètement, ça me parait étrange.
la vérité vraie c'est que j'avais besoin d'une excuse pour qu'ils se déplacent jusqu'aux archives (si c'était des documents informatiques, ils auraient pu les récupérer sans se déplacer). C'était une excuse un peu par défaut sans que j'arrive à trouver mieux, et tu as raison, c'est pas génial  :-[
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On commence en interne avec Lyam et on bascule du côté d'Isaac juste à l'arrivée au muage et, euh, y a rien qui marque ce passage vraiment, je trouve. On comprend pas trop pourquoi d'un coup on change de point de vue interne, pourquoi on reviendra pas à Lyam, pourquoi y a pas vraiment de différence de ton non plus entre les deux (j'ai été obligée de relire un bout du texte parce que je n'étais même plus vraiment sure du moment où on changeait). Bref, j'crois que je suis le genre de meuf qui aime bien que quand on fait des changements dans la narration comme ça, ça fasse sens, et là j'ai pas trop compris.
ça c'est un truc que j'ai fait sans trop m'en apercevoir au premier jet, et je n'ai pas réussi à corriger le tir lors des corrections ; je ne pouvais pas faire tout le texte d'un seul point de vue, je n'arrive pas à écrire en narrateur omniscient, et je n'ai pas réussi à passer "convenablement" d'un point de vue à l'autre. J'ai tenté d'aplanir les angles on va dire, mais il faut croire que ce n'est pas totalement réussi si ça t'a gênée.

En tout cas merci beaucoup pour le commentaire détaillé ! et pour la remarque sur les muages, qui confirme qu'il faudrait changer la manière dont c'est décrit et/ou les effets.

@Vera

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JEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANNE ELLE EST OUUUUUUUUUUUUUUUU JEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANNE MDR
(J'me demande si je suis la seule à avoir remarqué, si cette blague est vraiment définitivement morte, ...)
j'ai du chercher sur internet pour comprendre  :-\
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Comme dans big heros 6 !!!
c'est le principe  oui, c'est pas spécialement original en réalité ^^
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Et ça reste le seul enfant-robot de la ville alors que ça fait 20 ans qu'il est créé ? >_o
niuh... plus ça va et plus je m'aperçois des manques de logique dans les détails du texte  :-[ :-\
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Par contre (comme Tomoyo and co, voire + radicalement ptêtre) j'aime pas du tout l'idée des muages.  :-[ Enfin j'aime l'idée de base mais pas la façon dont ils sont vécus. Ça me fait penser au fleuve d'Art de l'AR, où tu peux pas boire sans te perdre et te dévider comme une pelote de fil. Les gens qui vivent près des muages... pour moi c'est des junkies lol (ils passent leur journée dans un état d'hébétude et se nourrissent même pas seuls...?). Moi si je voyais ce fleuve de muages, je fuirais les jambes à mon cou hein [...]
en fait je pense que je suis passé beaucoup trop vite sur les descriptions des muages et de comment c'était (ou alors je n'avais pas encore les idées assez en place à ce sujet). Dans mon esprit, on peut "filtrer" ce qu'on ressent quand on est dans les muages, parce que sinon effectivement ça fait beaucoup trop d'un coup. Mais finalement ce n'est pas du tout ce que je mets en avant dans le texte, avec Lyam qui justement filtre pas, enfin bref, y'a un truc qui coince comme vous l'avez remarqué
Pour les gens qui vivent près des muages : c'est marrant, avant d'écrire ce passage, justement je les imaginais plutôt en junkies, une bande un peu cinglée qui reste aux abords des muages  :D et puis finalement j'ai changé d'avis en écrivant la scène. Mais maintenant que tu le dis, ce serait sans doute bien de ramener un peu cette idée, peut-être effectivement du type "moine bouddhiste qui a tout sacrifié", j'aime bien l'image.
Mais du coup tu me donnes carrément à réfléchir, merci !



J'me disais que je reprendrais sans doute ce texte dans les mois qui viennent, mais en fait j'ai un peu l'impression qu'il faudrait le réécrire, y'a vraiment plein de détails qui clochent  :relou:

Bref, j'y réfléchis, à voir si je modifie vraiment ce texte (en plus des corrections mineures qu'il faut de toute manière que je prenne le temps d'effectuer), ou si je garde cette idée pour en faire un tout autre texte.
Merci beaucoup à vous pour toutes ces réflexions  :meeting:
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

 


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