Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

08 décembre 2021 à 10:18:03
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Défi] Georges

Auteur Sujet: [Défi] Georges  (Lu 3826 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 086
  • Homme incertain.
[Défi] Georges
« le: 08 juillet 2016 à 22:00:23 »
Ceci est un texte répondant à un défi proposé par Miromensil dont voici l'énoncé :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Georges sommeillait sous les poussières séculaires. Si tant est qu'on puisse dire qu'un robot sommeille.
Son joli métal doré s'était terni et son système électronique était en veille depuis bien longtemps.


À la fermeture de l'observatoire du mont Wilm, on l'avait bêtement oublié, et verrouillé à double-tour dans cette enceinte désormais inutile.
Les hommes étaient partis et il était resté tout seul.
Il avait un peu tourné en rond, au début. Désorienté parce que ses algorithmes de robot-à-tout-faire ne l'avaient pas préparé à fonctionner sans ordres. Hormis les maintenances programmées et les mises-à-jour informatiques, il n'avait aucune autonomie et ses capacités étaient plutôt réduites.
Alors qu'il avait parcouru vingt-sept fois le rez-de-chaussée du bâtiment en suivant un circuit immuablement précis, un reflet de soleil automnal sur ce long appareil pointé vers le haut l'avait brutalement sorti de ce qui ressemblait fort à du désarroi.
Il sentait bien que ce long tube avait son importance, mais il ne savait pas du tout laquelle, personne ne s'étant jamais donné la peine de lui expliquer à quoi il servait.
Se tournant vers sa mémoire au mercure, il pouvait revoir à loisir des gens s'installer sur le petit siège de cuir rouge craquelé et placer leur visage devant le tuyau, mais le sens de tout cela continuait à lui échapper.
Dans tout les cas, sa forme courtaude et ses trois roulettes lui interdiraient à jamais de grimper sur l'estrade et de se hisser jusqu'au strapontin perché.
Ce constat fit naître dans ses connexions une forme de frustration, qui grossit encore lorsqu'il se rendit compte que l'exploration des galeries lui serait tout aussi impossible, desservies qu'elles étaient par d'aériens escaliers en colimaçon de fonte.

Un robot est un enfant comme un autre et Georges soulagea son dépit en martyrisant les portes et le mobilier abandonné à grands coups de tous ses bras, émettant des stridences suraiguës. Stridences qui finirent par l'indisposer lui-même, d'ailleurs, en se répercutant dans les salles pratiquement vides et sous ce plafond en coupole qui les lui renvoyait amplifiées.

Le plafond en coupole ; il était particulièrement... inintéressant, aujourd'hui.
Convoquant d'autres souvenirs il se rendit compte qu'il avait souvent vu ce dôme ouvert en deux, laissant apercevoir une grande parcelle de lumière aux couleurs changeantes, ce qu'il trouvait particulièrement agréable à regarder.
Mais la coupole était définitivement fermée, et la lumière tombait seulement de fenêtres haut placées.
Le robot reprit sa ronde obsessionnelle, parcourant les parquets deux-cent-quinze fois exactement. Parfois il faisait sombre et il utilisait ses caméras infra-rouge, parfois non.

Un bruit interrompit sa course. Georges eut du mal à le localiser, puis comprit que c'était au niveau des fenêtres hautes qu'il se passait quelque chose : elles bruissaient.
La lumière dispensée par les vitres était plutôt grise à ce moment-là ; comment comprendre la signification de ce léger crépitement ? Avait-il déjà eu lieu auparavant et ne s'y était-il pas intéressé alors ?

Un sentiment d'impuissance infinie s'installa profondément dans les circuits du robot. Un sentiment d'ennui, de désespoir et de solitude.
Alors il se cala contre un mur, immobile, attentif seulement aux changements de la lumière et aux rares bruits qui pouvaient lui parvenir, puis il s'endormit volontairement, préférant l'inconscience à la sourde souffrance qu'il ressentait sans la comprendre.


Le temps était passé. La poussière s'était donc déposée sur l'enveloppe métallique du robot, les araignées avaient tissé leurs pièges un peu partout dans les salles, insistant particulièrement près des fenêtres.
Et puis les toiles aussi s'étaient empoussiérées, et certaines pendaient en lambeaux conséquents comme les tentures d'un ciel de lit.


Combien de temps s'était écoulé quand Georges fut réveillé en « sursaut » ? Peu importe, mais toujours est-il qu'il se retrouva à parcourir à toute vitesse son éternel circuit, traçant sur les parquets des arabesques parallèles avec ses trois roues, déplaçant la poussière en petits nuages qu'il entraînait à sa suite, nuages qui se transformaient vite en moutons grisâtres et poudreux.
Puis le phénomène qui l'avait réveillé se reproduisit : à l'intérieur de son crâne métallique retentit un très léger bourdonnement. Il s'arrêta brutalement, tourné entièrement vers cette nouvelle sensation. Bzzzz...
Quelque chose émettait un léger son dans sa tête. Il lança une maintenance automatique avec vérification des circuits et des contacteurs infimes de son système, réinitialisation mécanique, défragmentation et analyse des synapses au lithium.
Bzzzz... 
Non seulement la fugace vibration se reproduisit, mais elle avait changé de place. Le robot sentait en lui quelque chose glisser sur les cartes électroniques, sans encore comprendre ce que cela pouvait être. Bzzzz... c'était déroutant et profondément agréable tout compte fait.
Attentif à ces mouvements intérieurs, il commença à ressentir les déplacements divers de son visiteur.
Celui-ci marchait dans sa tête, à droite ou à gauche, ou au plafond, émettant régulièrement cette vibration infime. Bzzzz...
Quel être amical et complice avait bien pu apparaître au sein même de son mécanisme ?
Poussant l'introspection au maximum, il ressentait à chaque bruissement un léger mouvement d'air éparpillant les infimes poussières internes. Ne plus être seul était déjà en soi extrêmement réconfortant, mais cette intrusion profonde lui apporta quelque chose en plus. S'il avait eu un visage expressif, celui-ci aurait arboré à présent un sourire béat, un regard brillant.

Il regardait ce qui l'entourait d'un autre œil, obscurément convaincu que le visiteur pouvait par son entremise observer tout ce qui l'entourait.
Bzzz...
«—  Tu as raison, la lumière est spécialement intéressante aujourd'hui ; regarde ces longs rayons qui descendent des fenêtres... C'est la poussière qui les révèle. Par contre, ce que je ne comprends pas, regarde ! Parfois tout disparaît et l'aspect des choses en est modifié.
— Bzzzz...
— Attends, ça va revenir : l'ombre de mes bras est en train de bouger... Ça y est, les rayons sont revenus et ma silhouette se dessine plus nettement sur le sol. C'est très... joli ? »

Georges observait donc son environnement sous un nouveau jour, faisant mine d'en expliquer les secrets à son hôte, alors qu'il n'y comprenait pas grand chose lui-même.
Il admirait les reflets sur ses doigts dorés, s'amusait à tracer des signes dans la poussière, s'ingéniait à dessiner un cercle parfait en tournant de plus en plus vite sous la coupole.
Parfois son visiteur se taisait un long moment et il ressentait alors une sourde impression de manque, redoutant que le bourdonnement ne se fasse plus jamais entendre. Puis soudain, Bzzzz... la vibration résonnait dans son crâne et il ressentait alors un contentement qu'il n'avait jamais encore ressenti.
Il était guilleret, et particulièrement bavard.
Déroulant un film intérieur, il décrivait au fur et à mesure qu'il les redécouvrait les grands moments de sa brève existence auprès des hommes. Il précisait des détails qui lui avaient échappés, se saoulant de paroles et de hauts faits domestiques.
Il ne s'était jamais senti aussi bien, et lorsque qu'un Bzzzz... soulignait l'une de ses tirades, il ressentait au plus profond de lui une exultation croissante qu'il ne s'expliquait pas.


Puis, au bout de quelque temps, alors qu'il avait la tête en plein soleil, s'amusant à se doucher de lumière, et à en éprouver la chaleur, il sentit que son visiteur était en train de s'extraire de son habitacle métallique.

Il n'eut pas le temps d'éprouver de l'effroi ou de réagir, qu'aurait-il pu faire ?
Il eut la vision fugitive d'une particule noire s'envolant vivement dans la lumière, émettant un son assez proche de celui qui l'habitait encore un instant plus tôt...





La mouche heurta la vitre et tomba dans une toile d'araignée.






« Modifié: 01 avril 2017 à 17:20:08 par gage »
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

Hors ligne Za'gros Cheveux

  • Ex Zagreos
  • Chaton Messager
  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 935
  • Octogorneau à poil ras
    • Ma page perso
Re : [Défi] Phil
« Réponse #1 le: 08 juillet 2016 à 23:30:51 »
Salut gage !

Citer
Les hommes étaient partis et il était resté tout seul.
Je trouve ça mieux sans.

Citer
Désorienté parce que ses logiciels de robot-à-tout-faire
Dit comme ça, ça fait un peu "ses machins high-tech du futur, là"

Citer
son intelligence artificielle était plutôt sommaire.
Je pense que tu peux mieux le dire.

Citer
Un robot est un enfant comme un autre, Phil soulagea son dépit en martyrisant les portes et le mobilier abandonné,
Avec un "et" ça passerai mieux, à mon avis.

Citer
Parfois il faisait sombre et il utilisait ses caméra infra-rouge, parfois non.
En fait, je trouve que cette phrase colle pas vraiment avec le reste. Je vois pas trop ce qu'elle vient fiche là. Donc à voir s'il est mieux de l'oublier ou de mieux l'introduire.

Eh bien j'ai plutôt bien aimé  :) Le prénom du robot est un peu bateau, cela dit (Phil, tu pourrais trouver plus subtile que ça). Sinon, le truc c'est que le fait que le robot ait des sentiments, ça rend à peu près tout plausible, et du coup il on ne peut pas vraiment réfuter certaines choses, même si elles paraissent un peu tirées par les cheveux (typiquement le fait qu'il check sa mémoire, pour ça fait qu'il enregistre tout ce qu'il voit/entend, qu'il y retourne volontairement, qu'il en sorte, etc. ça me paraît un peu complexe). Cela pause un autre problème dans le fait que bon, que le robot ai d'une part une "intelligence artificielle était plutôt sommaire." et de l'autre pas mal de sentiments (désespoir, ennui, exaspération, joie et surtout amour) et la faculté de juger de la beauté d'une chose me semblent un peu se contredire.
Concernant le défi en lui-même, il est relevé haut la main, j'ai bien fait de pas le prendre. Tu pourrais peut-être insister un peu plus sur les sentiments du robot pendant et après qu'il accueille la mouche. Je trouve d'ailleurs très intéressant que tu ai pris le point de vue du robot. D'aucun se seraient contentés d'un animal tombant fou amoureux d'un tas de ferraille parfait, mais tu nous livre là une histoire toute simple, mais qui fait mouche (sans mauvais jeu de mot, j'ai vraiment pas fait exprès).

Merci pour ce brin de lecture  :)

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 962
Re : [Défi] Phil
« Réponse #2 le: 09 juillet 2016 à 07:14:33 »
Bravo pour ce défi bien relevé, enfin ce sera à miraumesnil de le dire.
Pour un robot pas très évolué, il a déjà tout de même une certaine conscience. Chose incontournable pour réaliser le défi.
L'histoire est toute simple et se lit bien, on replonge un peu dans le monde de "wall-E."
Bravo.

Hors ligne zem

  • Plumelette
  • Messages: 14
Re : [Défi] Phil
« Réponse #3 le: 09 juillet 2016 à 10:54:39 »
Bonjour Phil,
Je me suis laissé prendre très facilement par l'histoire. Des petites fautes de ponctuation par ci par là mais rien de bien méchant. On rentre aisément dans la peau de ce petit robot abandonné. Une lecture agréable. Bonne journée. :)

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 092
Re : [Défi] Phil
« Réponse #4 le: 09 juillet 2016 à 21:32:46 »
Aaaah, écrire une vraie histoire à partir d'un sujet aussi farfelu (chapeau miro :mrgreen: ) !

Je crains de n'être que très peu constructif, c'était vachement une belle lecture dont je n'ai pas grand chose à redire.
Je suis resté, comme Zag, un peu sur ma faim en ce qui concerne la dernière partie, où Georges découvre son visiteur, je voulais lire un peu plus.
J'ai remarqué que certains mots se répétaient un peu souvent, surtout "poussière". Les répétitions ne me dérangent presque jamais, mais je les relève toujours car il parait que ce n'est pas très joli ^^

Voilà, c'était histoire d'être constructif :D

Mais le reste, j'aime beaucoup beaucoup. Le problème du robot à la conscience rudimentaire mais qui est capable de ressentir des émotions ne me gêne aucunement. Au contraire, j'aurais plus tendance à penser que si ses capacités de raisonnement étaient surboostées, il n'aurait pas pu se laisser aller à sa faiblesse, celle qui le rend humain et l'amène à ressentir la solitude et l'amour. Puis de toute manière, je pense personnellement que la question du niveau de conscience est secondaire, c'est le genre de choses que j'accepte dans un texte sans vouloir l'expliquer ^^
Mais tout ça, c'est rien. Ce que je trouve beau, fou, poétique, émouvant, c'est cette image, cette chute, que je n'ai pas envie d'expliquer ; c'est un tas de ferraille abandonnée qui tombe amoureux d'une mouche, et tout est dit. Personnellement, je ne trouve  pas ça pas mal mais superbe, avec l'impression que c'était la meilleure manière de répondre au défi, et de le transcender un peu aussi :)
« Modifié: 09 juillet 2016 à 21:57:35 par extasy »

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 086
  • Homme incertain.
Re : [Défi] Georges
« Réponse #5 le: 09 juillet 2016 à 22:19:51 »
@ Cher Zag : J'ai écouté tes conseils. Certains étaient tellement proches de ce que je pensais moi-même, que je n'ai pas hésité, notamment pour le prénom.
J'ai pas tout changé néanmoins : l'histoire des infra-rouges sert à montrer que le temps passe, et qu'il fait nuit de temps en temps.
Pour le reste de certains détails, un spécialiste du steam-punk comme toi aurait à coup sûr était plus habile dans le choix du vocabulaire ou de certaines images... j'essaierai de me perfectionner, promis, dans un prochain défi, qui sait ?
Il faut prendre tout ça comme une fable improbable. J'essayais de montrer, chez un être frustre, combien un bouleversement tel que la solitude, puis l'intrusion de cet insecte, pouvait provoquer une révolution intérieure telle que ce robot commençait à avoir des sensations, puis des sentiments. Il aurait sans doute fallu que j'aie le courage de me lancer dans un texte bien plus long pour installer une réelle progression qui l'aurait fait comprendre. et puis il fallait bien un minimum de conscience pour s’amouracher... quoique.
Merci en tout cas pour ton commentaire, cher Zag !

@Cher Fried :
merci pour ton passage, figure-toi que mon texte était fini quand j'ai pensé à Wall-E... Mais j'ai failli écrire autre chose à cause de ça. J'avais peur que les deux histoires se télescopent, même si elles n'ont que peu de rapport.
Puis je suis paresseux, alors j'ai posté celui-ci en me disant que les atmosphères des deux histoires sont suffisamment différentes pour qu'il n'y ait pas d'amalgame, ou le moindre soupçon de plagiat...
Merci en tout cas !

@Chère Zem: il faut me les signaler, mes erreurs de ponctuations, c'est le jeu, c'est prévu !  ;) Surtout que je ne les vois pas... Merci d'être passée.

@Cher Exta : Si je comprends bien, il faut que je dépoussière un peu mon texte...  :D Je vais me pencher sur ces répétitions, merci de me l'avoir signalé.
Je me demandais aussi si je n'avais pas bâclé un peu ma fin... Je t'avouerai que j'ai été victime du réalisme de l'histoire (si,si) parce que dans de telles conditions, la mouche ne vivrait pas très longtemps, et comme la faire mourir à l'intérieur du robot sans qu'il le comprenne aurait été vraiment glauque, il fallait qu'elle sorte assez vite, voilà !
Et une fois de plus, je te remercie pour tes bien trop gentils compliments, Exta. Et je vois qu'en vrai perfectionniste, tu as déjà modifié le nom du robot dans ton commentaire !  :mafio:

À plus ! ;)
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 592
Re : [Défi] Georges
« Réponse #6 le: 12 juillet 2016 à 15:55:05 »
Bonjour Gage,

Je te livre quelques remarques, sur la forme principalement :) Je pense que ton style, qui a déjà des qualités, peut beaucoup gagner si tu fais attention à quelques éléments.

Attention aux répétitions de verbes faibles (être et avoir surtout) :

Citer
Si tant est qu'on puisse dire qu'un robot sommeille...
Son joli métal doré s'était terni et son système électronique était en veille depuis bien longtemps.
Tu peux en éviter 2 sur 3, je pense ^^

Citer
Les hommes étaient partis et il était resté tout seul.
Tu peux en éviter un assez facilement (par : ex "les hommes étaient partis, le laissant tout seul", "les hommes étaient partis, et il restait tout seul",...)

Citer
ses capacités étaient plutôt réduites.
Citer
Il sentait bien que ce long tube avait son importance
Citer
l'exploration des galeries lui serait tout aussi impossible, desservies qu'elles étaient
Citer
Un robot est un enfant
Citer
Le plafond en coupole ; il était particulièrement
...

Attention aux lourdeurs, souvent induites par les adverbes... surtout lorsqu'ils sont, d'un coup, deux dans la même phrase :
Citer
Alors qu'il avait parcouru vingt-sept fois le rez-de-chaussée du bâtiment en suivant un circuit immuablement précis, un reflet de soleil automnal sur ce long appareil pointé vers le haut l'avait brutalement sorti de ce qui ressemblait fort à du désarroi.
Souvent, la forme du texte peut traduire ce que tu veux transmettre. Ici, tu dit qu'un reflet (...) sort brutalement le personnage de (...). Mais, la phrase est longue et alourdie, et donc on ne sent pas cette brutalité. Par contre, si tu la coupais, on pourrait la sentir d'avantage (par : ex ". Brutalement, un reflet de soleil le sortit [ou tout autre verbe plus violent] de son désarroi. La lumière se reflétait sur..." )

Citer
attentif seulement aux changements de la lumière et aux rares bruits qui pouvaient lui parvenir, puis il s'endormit volontairement
de façon générale, attention aux adverbes. Je pense que ton style peut gagner à être plus léger, plus efficace, pour mieux porter ton histoire
Les adverbes ne sont pas les seuls éléments : il y a aussi la structure des phrases, notamment leur longueur, qui joue sur le rythme.


Citer
Georges eut du mal à le localiser, puis compris
comprit

Texte sympathique en tout cas :)
« Modifié: 12 juillet 2016 à 16:54:36 par Spes »

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 086
  • Homme incertain.
Re : [Défi] Georges
« Réponse #7 le: 16 juillet 2016 à 23:38:08 »
Salut Spes !

ce que tu appelles verbes faibles sont des auxiliaires, indispensables quand on écrit au passé composé. Je vais voir si je peux en élaguer certains, mais ça ne va pas être facile. Quand on commence à les chercher, on ne voit plus qu'eux, c'est vrai, mais les remplacer présente le risque d'alourdir le texte par des formules pas forcément très naturelles.

Pour les adverbes, tu as raison, il y en a pas mal, et même conséquence, ils deviennent choquants quand on les traque. Je tenterai une deuxième version si j'arrive à en chasser certains. Je pense qu'ils sont une sorte de tic d'écriture, il faudrait que je me penche sur mes autres textes pour voir s'ils sont aussi gênants.

Merci pour ton passage en tout cas, animal au poil roux, content que le texte t'ait été sympathique dans l'ensemble !

L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 592
Re : [Défi] Georges
« Réponse #8 le: 18 juillet 2016 à 13:16:06 »
Bonjour Gage,

Effectivement, être et avoir peuvent avoir le rôle d'auxiliaires, qui vont avec le choix du passé composé ; effectivement en les relevant, j'ai mélangé des verbes qui ne servaient pas d'auxiliaires, et d'autres qui servaient d'auxiliaires, j'aurais pu faire plus clair, désolée ^^ En tout cas, le choix de retravail t'appartient bien sûr, c'est toi qui décides ;)

Bonne continuation !
« Modifié: 18 juillet 2016 à 13:18:25 par Spes »

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 086
  • Homme incertain.
Re : [Défi] Georges
« Réponse #9 le: 19 juillet 2016 à 21:24:49 »
Merci en tout cas d'être repassée pour clarifier les choses...

À bientôt !
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 636
  • Perdu
    • Page Deviant Art
Re : [Défi] Georges
« Réponse #10 le: 20 juillet 2016 à 16:00:34 »
Saluuuut !
Donc, c'est parti, d'abord le détail.

Parfois il faisait sombre et il utilisait ses caméra infra-rouge, parfois non.
Caméras.

La phrase de conclusion est très chouette.
Bon, j'ai pratiquement rien relevé, en fait, parce que je trouve qu'il n'y a pas grand chose à redire. L'histoire est jolie et sympathique et ton robot m'a fait penser à un mélange entre Wall-E et C3PO.
(Après, je suis bon public et j'étais plus en mode lecture qu'en mode commentaire, mais preuve en est que du coup, ton texte coule tout seul sans qu'on s'en aperçoive.)

Si, j'avais juste une remarque : tu aimes bien les points de suspension, non ?  :mrgreen: C'est un goût personnel, mais je trouve qu'il y en a un peu trop dans ce texte. Ils sont parfois justifiés, mais d'autres fois, j'ai plus de mal à voir la raison de leur présence. En particulier ici :
Celui-ci marchait dans sa tête, à droite ou à gauche, ou au plafond... émettant régulièrement cette vibration infime.
Du coup, qu'est-ce que tu vois dans ce point de suspension ? Est-ce que la liste n'est pas finie, il pourrait marcher ailleurs ? Pourtant ça me semble plutôt complet. Ou alors c'est une hésitation ? Mais il me semble pas, ce serait pas très logique dans ce cas-là.

Le problème que j'ai avec le fait qu'il y en ait plein (je passe sur ceux à la fin des bzzz... qui sont un peu différents), c'est que ça hache ton texte à grand coup de pauses et d'hésitations. Du coup, je trouve que l'effet créé pour des passages comme :
Citer
Le plafond en coupole ; il était particulièrement... inintéressant, aujourd'hui.
s'en retrouvent amoindris et perdent de leur force. On finit par s'attendre à la suite, ce qui renverse quand même pas mal leur effet. Et c'est par exemple redondant avec cet autre passage :
Citer
Bzzzz... c'était déroutant et profondément... agréable tout compte fait.
ce qui est un peu dommage.

Mais, voilà, après cette remarque mineure et subjective, j'ai pas grand chose à ajouter !
Merci pour la lecture !


Perdu

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 086
  • Homme incertain.
Re : [Défi] Georges
« Réponse #11 le: 20 juillet 2016 à 20:44:32 »
Salut Rain !

merci beaucoup pour ton passage.
Tu l'ignores, mais tu as mis le doigt sur un tic d'écriture qui m'a déjà été signalé et dont j'ai du mal à me défaire.
En fait, comme tu le devines, mes points de suspension (que j'adore effectivement... ) n'ont pas tous la même signification. Parfois ils traduisent une hésitation du personnage, parfois ils précèdent un mot que j'aurais envie de mettre entre guillemets ou en italique. La plupart de ceux de ce texte précédaient un mot ou plutôt une sensation, un sentiment qu'un robot n'est pas censé connaître.
Comme le lecteur ne peut vraisemblablement pas comprendre les intentions diverses que je mets dans ces points, j'ai fait un très gros ménage et je me rends compte que très rares sont ceux qui nécessitaient d'être maintenus.

Un nouveau progrès pour moi ! Autrefois, encore novice ici, j'avais le tic de tripler mes points d'exclamation dans mes textes. On m'avait fait comprendre que ça ne faisait pas très pro  :mrgreen:

En tout cas, merci beaucoup pour tes remarques avisées et content que dans l'ensemble le texte soit lu avec plaisir !
Salut !
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 235
Re : [Défi] Georges
« Réponse #12 le: 22 juillet 2016 à 13:03:43 »
Salut gage,

Citer
Désorienté parce que ses logigrammes de robot-à-tout-faire
je préférerais algorithmes

Citer
Alors qu'il avait parcouru vingt-sept fois le rez-de-chaussée du bâtiment
je croyais qu'il était en veille ?

Citer
Ce constat fit naître dans ses connections
connexions ?

Citer
desservies qu'elles étaient par d'aériens escaliers en colimaçon de fonte.
autant de circonvolution dans la phrase que dans ce qu'elle décrit, j'aime bien

Citer
leur assénant des coups avec tous ses bras
pas très fan du "avec tous ses bras" ; l'idée est marrante de ne pas dénombrer les bras, mais la forme me plait moins

Citer
Le robot repris sa ronde obsessionnelle, parcourant les parquets deux-cent-quinze fois exactement. Parfois il faisait sombre et il utilisait ses caméra infra-rouge, parfois non.
la première phrase me laisse à penser que le robot se met en mouvement sans interruption, et la seconde me parait bizarre du coup avec ses "parfois il faisait sombre", parce que ça me donne l'idée de changements de jours.
(et sinon "reprit")

Citer
Le temps était passé. La poussière s'était donc déposée sur l'enveloppe métallique du robot, les araignées avaient tissé leurs pièges un peu partout dans les salles, insistant particulièrement près des fenêtres.
Ok, je comprends maintenant que l'on a changé d'époque entre le 1er paragraphe et le deuxième. mettre des astérisques du coup ?

Citer
toujours est-il qu'il se retrouva a parcourir
à

Citer
en petits nuages qu'il entraînait à sa suite, les petits nuages se transformant vite
ça doit être la troisième fois que tu utilises cette tournure/répétition depuis le début du texte

Citer
Il s'arrêta brutalement, tourné entièrement vers cette nouvelle sensation. Bzzzz...
Quelque chose émettait un léger son dans sa tête. Il lança une maintenance automatique avec vérification des circuits et des contacteurs infimes de son système, réinitialisation mécanique, défragmentation et analyse des synapses au lithium...
Bzzzz... 
Non seulement la fugace vibration se reproduisit, mais elle avait changé de place. Le robot sentait intimement quelque chose glisser sur ses cartes électroniques, sans encore comprendre ce que cela pouvait être. Bzzzz... c'était déroutant et profondément... agréable tout compte fait.
perso je trouve que c'est beaucoup, je suis parfois peu tolérant aux adverbes en "ement"  :mrgreen:

Citer
il décrivait au fur et à mesure qu'il les redécouvrait, les grands moments de sa brève existence auprès des hommes.
bizarre de séparer verbe et COD par une virgule

Oh non, que cette chute est triste !!!

Chouette texte, merci pour la lecture. Le style est riche comme tu aimes à le faire, j'ai bien aimé. La chute est vraiment raide en tout cas, le début est si choupinou dans ton observatoire ; je t'en voudrais presque d'abandonner ton robot à son triste sort à la fin !
Au plaisir,
Rémi

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 086
  • Homme incertain.
Re : [Défi] Georges
« Réponse #13 le: 30 juillet 2016 à 18:53:30 »
Salut Rémi !

revenu de vacances, je peux enfin te répondre.
J'ai tenu compte de la quasi-totalité de tes remarques, parce qu'une fois de plus, et ça n'a rien d'étonnant de ta part, elles étaient judicieuses et justifiées !

Oui, j'avoue que je n'ai pas été sympa avec ce pov'Georges, mais Miro était claire, il ne fallait pas que le texte soit comique... du coup j'ai basculé de l'autre côté.
En tout cas, merci pour ton passage, tes conseils et tes compliments !

À bientôt ici ou là, cher Rémi !
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

Hors ligne Miromensil

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 606
  • Mon nu mental
    • Mimerions
Re : [Défi] Georges
« Réponse #14 le: 23 août 2016 à 16:58:20 »
Salut gage ! J'ai relevé que les trucs qui m'ont semblé flagrants.

Citer
Alors il se cala contre un mur, immobile, attentif seulement aux changements de la lumière et aux rares bruits qui pouvaient lui parvenir, puis il s'endormit volontairement préférant l'inconscience à la sourde souffrance qu'il ressentait sans la comprendre.
manque une virgule avant le préférant ?

Citer
Le temps était passé.
Alors euh, phrase que je m'attendais pas à voir là et qui m'a fait sortir momentanément de l'ambiance... Du temps avait passé ? (non plus, ça va pas). C'est plus naturel de dire "le temps s'écoule" il me semble, et cette expression tu l'emploies un peu plus bas. Je sais pas trop comment expliquer, cette phrase me semble maladroite et comme n'ayant pas sa place là, mais c'est peut-être juste moi.

Sinon, je prends enfin le temps de lire et commenter ce texte. Je l'attendais et me demandais comment ton écriture fine allait pouvoir se saisir d'un sujet qui apparait farfelu de prime abord. Je ne suis pas déçue :) Le seul hic (on va commencer par là) est que j'ai mis un peu de temps à comprendre que le tuyau du début est un téléscope, mais ce n'est pas grave parce que j'imagine que tu prends le point de vue du robot, qui ne saisissait pas le pourquoi du comment de l'agir des humains et donc que c'était un téléscope. Quand j'ai compris, j'ai cru qu'il allait se mettre à regarder dedans et voir quelque chose, ce n'est pas la voie que tu as choisie mais celle que tu empruntes est mieux finalement. C'est peut-être parce que j'ai lu en écoutant une musique un peu triste mais le texte m'a pas mal touchée, comme a dit Exta je le qualifierais de superbe. Ca me fait très plaisir de lire ce genre de texte fantastique venant de toi, qui a mis toute ta sensibilité pour retranscrire comment un robot pouvait être amoureux d'une mouche emprisonnée dans sa caracasse métallique. La fin est tragique mais presque normale, ce type de fin arrive souvent à un tel insecte. Défi brillamment relevé évidemment.
Bref, merci d'avoir relevé ce défi, j'en suis très heureuse :)
« Modifié: 23 août 2016 à 17:00:29 par Miromensil »

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.18 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.026 secondes avec 22 requêtes.