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28 janvier 2023 à 02:02:43
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Défi] Ensemble, nous irons par-delà les reliefs échancrés du Makalu

Auteur Sujet: [Défi] Ensemble, nous irons par-delà les reliefs échancrés du Makalu  (Lu 2091 fois)

Hors ligne ZagZag

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Le Défi de Chouc' était :
Zagreos, je te défie de raconter l'histoire d'un zèbre vert et orange fluo qui décide de se lancer à l'assaut de l'Himalaya.
Ton récit devra intégrer les mots échancré, magnétique et grille-pain.

 :-¬?
Au final je suis assez content du résultat, ça m'a permis d'expérimenter un peu des genres et des tons hors soirée dico. Après je pense qu'il est bourré de défaut. J'ai un peu l'impression d'avoir piétiné avec mes grosses chaussures d'occidental le bouddhiste et la mythologie tibétaine avec le comportement du moine et le Gang Seng. Il y a aussi sûrement pas mal d'effets qui sont désamorcés par le ton parfois comique (si vous en repérez, n'hésitez pas, du coup). Et puis le registre est très très inégal, sur la fin j'ai écrit ça avec un état d'esprit totalement différent du début (la fin devait aboutir sur une bataille épico-comique au départ). Enfin bon, j'arrête et je vous laisse vous faire vous même une idée sur la bête.






Ensemble, nous irons par-delà les reliefs échancrés du Makalu




    Une légère brise soulevait les herbes de la vallée du fleuve Brahmapoutre, survolées ça et là par des perroquets bleu ciels. La faune commençait à peine à s'agiter dans le calme matinal qui régnait sous les monts de l'Himalaya. Les lieux tranquilles n'étaient alors animés que par les pluies torrentielles de la mousson.
Il pleut des cordes, pensa immédiatement Léo. À raison. Léo déploya son parapluie et avança dans la fraîcheur de l'aube. En quelques minutes, il fût au pied des monts escarpés : son but, ou plutôt le commencement de sa quête : atteindre les hauteurs infranchissables du Makalu. Pourquoi pas l'Everest, lui demanderiez vous. Eh bien il s'avérait que, s'il était tout au plus téméraire, Léo n'était pas fou. 8463 mètres valaient mieux que 8848.

L'animal au nom vernaculaire et ambigu leva doucement la tête pour admirer les reliefs échancrés. Secouant celle-ci par réflexe en recevant la pluie – toujours torrentielle – sur la figure, il se mit en route.

Une bonne heure eu passée lorsqu'il eu franchis la première étape de son parcours, soit le petit talus qui menait au commencement de la route balisée pour les touristes. Le zèbre s'arrêta un instant, contemplant la vallée, dix bon mètres en contrebas. Se reconcentrant sur la route, il aperçut un voyageur assis à côté du chemin, comme entouré d'une aura magnétique et visiblement dans une pose de méditation.
N'osant le déranger, Léo éternua bruyamment, faisant sursauter le moine. Celui-ci se leva, nullement énervé. Léo n'osa parler le premier :
   — …
   — …
   — …
   — … Je dormais, dis le moine.
   — Ah. Je ne vous dérange pas j'espère ?
   — Non, au contraire ! Je m'étais assoupis. J'ai pourtant fort à faire dans ces montagnes. Je vais au mont Makalu.
   — Vous aussi ?
   — Oui ! Il me faut absolument retrouver mon grille-pain. Les biscottes commencent à manquer au monastère.
   — Voilà qui est bien ennuyeux, en effet. Que diriez vous de faire route ensemble ?
   — J'allais vous le proposer !
Et ils firent route ensemble.
Franchissant cols, forêts et falaises, ils arrivèrent finalement à la première étape de leur parcours : les fameux 5000 mètres, une semaine après leur départ. 5000 mètres : la fin de la forêt, le début des neiges éternelles.
Les rayons du soleil faisaient scintiller les rayures vertes et oranges fluo de Léo, tandis que le moine arrivait lui aussi tant bien que mal à sa suite.
   — 3463 mètres et vous pourrez enfin retrouver des tartines de confiture dignes de ce nom, annonça le zèbre, se tournant vers la montagne.
   — Ouais... haleta le moine. Pouce...
   — On bivouaquera là, ne t'inquiète pas.
Et ils bivouaquèrent.
Mangeant saucisses, herbes sèches et marshmallow, ils arrivèrent finalement à ce qui leur sembla être la dernière étape de leur parcours : la fameuse indigestion, une dizaine de minutes après le début du repas. L'indigestion : la fin d'une soirée douce et appréciable, le début de l'enfer.
Les cris du moine résonnèrent dans la nuit lorsque son ventre fut secoué d'un nouveau spasme. Stupides herbes sèches. À tous les coups, il s'agissait encore d'une de leur manigance. Le zèbre était lui aussi sujet à ces maux d'estomac, mais il réussit à se traîner dans un ruisseau proche pour se rafraîchir (l'Himalaya n'était plus aussi froid qu'avant, encore la faute de ces satané écolos qui détraquaient le temps pour défendre leurs idéaux barbares de sauvegarde de la nature) et se désaltérer.
Il faillit hurler de terreur en voyant son reflet dans l'eau claire : ses magnifiques rayures avaient perdues de leur éclat, virant au blanc et noir impersonnels et tristes de ces zèbres des anciens temps. Oubliant la soif et la chaleur, il se mit à courir dans tous les sens, affolé. Tout se brouilla alors soudainement autour de lui : le Makalu devint violet et gambadant, les nuages, s'effrayant les uns les autres, courraient dans le ciel à la queue leu-leu et une bile blanche sortait de la bouche du moine.

Le lendemain matin, les hallucinations des marshmallows dissipées, le zèbre se leva de bonne heure, descendit au bas de l'arbre sur lequel il s'était perché et courut laver les effroyables traces blanches qui couvraient ses jambes (l'animal avait tenté désespérément de teindre à nouveau ses jambes avec ce qui lui semblait être du orange fluo), avant de revenir auprès de ce qui avait été leur campement. Ce n'est qu'alors qu'il remarqua que la bile blanche était toujours présente aux lèvres du moine, et que celui-ci respirait de moins en moins. S'approchant aussitôt de lui, le zèbre lui secoua doucement la tête. Le moine se réveilla, les yeux dans le vague. En voyant son compagnon, un sourire se dessina sur son visage encore tâché de blanc.
   — Laisse-moi là, dit-il simplement.
   — Allons, ne dis pas de bêtises, tu va très bien !
   — Non, non... Je n'ai plus la simple force de me lever, je te serais inutile.
   — Tu oublie que je suis un zèbre, je crois.
   — Non, je sais que tu es un zèbre. Mais je ne vois pas où tu veux en venir...
   — Monte sur mon dos.
Le moine ne put que rester ébahi face à tant d'hippique abnégation. Depuis que les animaux avaient obtenus la parole (notamment lors d'une sotte expérience des années 3067 du Dr. Dumbass – un surnom post-expérience) et avaient eu accès aux modifications pigmento-génétiques, AUCUN humain n'avait plus posé son rebondi postérieur sur le dos d'un quelconque animal (les éléphants, seul animaux restés muets, s'étaient très vite tassés, et plus aucun n'avait été jugé apte à servir de monture pour les-dits fessiers).
Léo s'accroupit alors dans un geste théâtral, laissant son dos totalement à portée du moine souffrant. Celui-ci se leva tant bien que mal et s'abandonna sur le dos musculeux de l'animal. Les deux compagnons avancèrent alors ensemble, vers le Makalu, la liberté et le grille-pain.



Une autre semaine passa avant que les deux compagnons n'atteignent la dernière étape avant la ligne droite : les 8000 mètres. Cependant, à l'instant où Léo posa son sabot au sol, le ciel s'obscurcit, le vent se leva, le sol trembla. Un flash de lumière blanche éblouit les deux grimpeurs de fortune, l'un toujours avachis sur l'autre.
Face à eux, se tenait, majestueux, un Gang Seng. Le lion les surplombait d'une butte de neige, son pelage blanc se confondant avec l'environnement, mais sa crinière et sa queue verte ne trompaient pas sur sa présence.
Le moine sauta aussitôt du dos de Léo, s'agenouillant devant la figure mythique. Le zèbre suivit instinctivement l'exemple du moine, baissant la tête face à l'animal légendaire. La Dignité les toisa longuement du regard, impassible.
Quelques minutes plus tard, le Gang Seng s'écarta de la voie vers le sommet, sans regarder les deux compagnons accroupis devant lui.

Léo et le moine gravirent les derniers mètres qui les séparaient du sommet de la montagne dans un silence religieux. Arrivés au sommet, ils s'assirent chacun en tailleur et contemplèrent le monde de nuages qui s'offrait à eux en contrebas, pensant à la soudaine futilité d'un simple grille-pain.
« Modifié: 26 juin 2016 à 12:11:12 par Zagreos »
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Fried

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Bravo pour cette réponse au défi. C'est original, Léger et déjanté, ça pédale un peu dans la choucroute en arrivant sur les sommets. (Répétitions)
Justes quelques modifs à faire.
Au début plutôt que "mois des moissons" j'écrirai plutôt mousson.
"descendit au bas de l'arbre au dessus de l'arbre au sur lequel il s'était perché" ça colle pas ou c'est trop perché  :P
« Modifié: 26 juin 2016 à 11:37:09 par Fried »

Hors ligne Chouc

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  • Chourlotte Brontë
ça pédale un peu dans la choucroute

En même temps, si c'est une Choucroute qui lance le défi....

Bravo Zag, tu as remplis tes obligations en un temps record !
J'ai croisé quelques répétitions et un ou deux mots pas en place, mais j'étais dans l'ambiance alors j'ai oublié de faire un relevé  :-[ Désolée.

En tout cas, merci pour cette tranche de délire  ;)

Au plaisir.
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne ZagZag

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@Fried : Merci de ton passage. La fin est puet-être en effet un peu plus brouillonne, je me suis un peu rushé pour l'écrire ^^

Au début plutôt que "mois des moissons" j'écrirai plutôt mousson.
En effet, je me suis totalement embrouillé à l'écriture  ><

"descendit au bas de l'arbre au dessus de l'arbre au sur lequel il s'était perché" ça colle pas ou c'est trop perché  :P
Idem  :huhu:


@Chouc' : Content que le défi soit relevé ^^

ça pédale un peu dans la choucroute
J'ai croisé quelques répétitions et un ou deux mots pas en place, mais j'étais dans l'ambiance alors j'ai oublié de faire un relevé  :-[
Pas grave, je vais essayer relire tout ça attentivement pour repérer ces quelques maladresses  ;)
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

 


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