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06 décembre 2021 à 01:17:39
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La tireuse de cartes [BT]

Auteur Sujet: La tireuse de cartes [BT]  (Lu 4412 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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La tireuse de cartes [BT]
« le: 09 juin 2015 à 21:27:50 »
( Allez, à mon tour de libérer mon texte, fruit du Blind-Texte sur les arcanes majeures, merci à Milla de nous avoir proposé ce thème ! )



Je l'ai rencontrée une après-midi de janvier, au tout début des années trente. Je devais avoir dix-neuf ans, et je mendiais en jouant du violon, dans le Passage des Panoramas.
 L'hiver était particulièrement froid et venteux, et jouer en pleine rue aurait été une vraie torture.
Elle est arrivée à petits pas, par le boulevard Montmartre, drapée de tissus aux couleurs vives, une sorte de rouleau glissé sous un bras, et sous l'autre trois morceaux de bois ronds que je n'ai pas identifiés sur le coup. Quand j'eus compris qu'elle s'installait à trente mètres de moi pour faire la manche elle aussi, je lui lançai un regard noir, inutile vu la distance, et ratai trois notes de ma chaconne.
Elle déroula son bagage qui de loin me sembla un vaste chiffon bariolé, et les trois rondins s'avérèrent les pieds d'un de ces sièges pliants en cuir qu'utilisent les peintres d'extérieur et les pêcheurs. Je n'avais vraiment pas besoin de concurrence : j'avais déjà du mal à gagner de quoi me nourrir, et si peu pour chauffer ma chambre de la rue Bergère.
Dans l'espoir de la rendre invisible aux passants, je lui tournai le dos. Après avoir joué fiévreusement du Vivaldi pour attirer le chaland par les morceaux qu'il reconnaît, je reposais mes doigts raides, les réchauffant sous ma chemise, quand j'entendis s'élever les accents d'une sorte de discours. J'avais oublié ma voisine inopportune et voilà qu'elle se rappelait à moi. Je me retournai, curieux malgré tout de découvrir son spectacle de saltimbanque, et je ne compris pas immédiatement ce que je voyais.
Un homme d'âge mûr en imperméable noir était installé sur le tabouret, face à elle et la dominant, puisqu'elle était assise en tailleur sur son étoffe colorée. Elle manipulait devant elle des sortes de grandes cartes à jouer, mais le client ne les touchait pas, il l'écoutait seulement, hochant la tête doucement comme un patient lors du diagnostic du médecin de famille. J'ignorais quel était ce numéro étrange, mais il me fascina : la litanie de l'étrangère s'élevait en couplets monocordes,  résonnant doucement sous la verrière, rythmée par un geste dansant et ample de ses mains qui tour à tour retournaient les cartes.
Elle semblait y lire à voix basse des complaintes, des poèmes, tout un monde de choses que je ne distinguais pas de loin mais qui bouleversaient le client assis, et semblaient charmer les passants qui s'arrêtaient, plus nombreux à chaque instant de cette fin d'après-midi. J'eus brièvement le sentiment que tout-à-l'heure, quand elle quitterait le passage, tous les spectateurs la suivraient comme les enfants le joueur de flûte de la fable.

Je n'eus pas l'occasion d'assister à cette magie, parce que je partis le premier ce jour-là, le vin de mon compère bistrotier ne suffisant plus à me réchauffer. Mauvais joueur, je quittai Les Panoramas par l'autre côté, pour ne pas passer devant elle et les badauds immobiles qui à présent l'occultaient à ma vue. Réaction puérile qui me fit faire un long détour pour rentrer chez moi, alors que j'étais pourtant transi.

Dès le lendemain je compris qu'il me faudrait composer avec ma nouvelle voisine de misère.
Elle arriva vers une heure et demie, comme la veille, et comme la veille un cercle de passants s'élargit petit à petit autour d'elle. Ma bouderie stérile dura encore deux jours, jusqu'à ce qu'il se mette à neiger un peu et que le détour que je m'infligeais m'apparaisse dans tout son ridicule. Et puis force était de constater que mes premières préventions étaient vraiment mal fondées :
Non seulement la « montreuse de cartes », comme je l'avais surnommée à part moi, ne m'était pas une concurrence, mais il s'avéra que c'était le contraire. Quoi qu'elle racontât à son auditoire, je me rendis vite compte que cela attirait un public croissant, heureux d'être protégé du froid sous les verrières, et qui du coup, tout en observant la bateleuse exotique, découvrait par la force des choses ma présence et, comme je ne maniais pas trop mal l'archet, venait compléter la promenade par une station musicale.

Le jour où mon orgueil mal placé eut disparu, je passai devant l'étrangère en quittant les lieux, et mes pas s'alentirent malgré moi. Sa cliente du moment était une femme assez jeune, vêtue d'un vison et coiffée d'une toque assortie. Elle pressait sur ses yeux, de ses doigts gantés, un mouchoir impuissant à endiguer ses pleurs.
Mais mon regard ne quittait pas la femme assise sur le sol.

Encore aujourd'hui je reste fasciné par le souvenir du tableau qu'elle présentait.
Sa tenue semblait l’entrelacs savant d'une multitude de morceaux de soieries lumineuses. Le tapis sur lequel elle posait ses cartes et qui la protégeait de la mosaïque froide était en fait un coupon d'une étoffe magnifique, qui représentait un assortiment d'animaux multicolores et hiératiques, de fleurs inconnues et d'arabesques compliquées. Il y avait là de quoi se payer une année de subsistance au moins, et chauffage compris. Mais cette pensée bien prosaïque m'effleura à peine, car le plus surprenant, c'était ce que ces atours ne servaient qu'à mettre en valeur : comme dans ces tableaux de Gustav Klimt où tout le décor n'est que le cadre d'un portrait dont le visage semble flotter au premier plan et n'en apparaît que plus nu et vivant, de ce chatoiement diapré et hallucinant émergeaient des traits d'une finesse indicible. Je commençai à comprendre l'intérêt de tous ces gens qui observaient comme un spectacle ce qui de loin ressemblait tant à une consultation.
La peau du jeune visage avait une couleur dorée, ocrée, que je n'avais jamais vue auparavant, et qui faisait ressortir le blanc de ses yeux et le noir insondable de ses grandes pupilles fixes. Elle fermait longuement les paupières pendant qu'elle parlait, et je me surpris à attendre le moment où elle les ouvriraient à nouveau pour révéler derechef son regard levé. Ses sourcils noirs et plutôt épais, mais d'une forme anguleuse qui s'affinait aux extrémités, ajoutaient à son discours une certaine autorité. Elle avait un nez très légèrement aquilin et des lèvres finement dessinées. Une chaîne d'or ornait son cou, et ses cheveux sombres étaient presque entièrement cachés par un pan de son habit exotique.
Ses mains étaient longues et ses doigts très fins, ou semblaient tels, tant les mouvements qui les animaient étaient gracieux. Ses manches, c'est à dire les replis d'étoffe qui en faisaient office, se retroussaient parfois assez haut pour dévoiler ses bras, sur lesquels tintaient des bracelets filiformes. Complétant le tableau il y avait cette voix. Une voix basse, un peu grave, aux modulations chantantes, ourlées d'un accent indéfinissable. Une voix de violon alto, une voix de velours grenat.
Et puis il y avait aussi les mots.
Des mots qui parlaient de choses inconnues, mais visiblement propices à révéler des secrets. Il était question du diable, d'un chariot, d'une papesse et d'un pendu, de fortune et de tempérance. Une sombre poésie s'élevait de ces incantations à des révélateurs occultes, et chaque carte retournée montrait un dessin nouveau, inattendu et parfois effrayant.
Comme je le compris au cours des jours qui suivirent, cette jeune femme prétendait lire à travers ses cartes étranges l'avenir des gens qui la consultaient. Elle leur donnait des conseils sur des décisions à prendre ou leur apprenait des choses qu'ils ignoraient de leur propre vie, annonçant ses sentences comme une sibylle inspirée.

Nous cohabitâmes plusieurs semaines. Chaque soir je passais près d'elle et j'écoutais un moment ses paroles. Les gens étaient avides de connaître leur avenir lointain ou plus proche, et le succès de la tireuse de cartes, puisqu'on l'appelait ainsi, ne décrut pas, même si quelques débuts d'après-midi furent parfois tranquilles.

Profitant de l'une de ces accalmies, un jour de février où le froid se faisait trop mordant pour me permettre de jouer très longtemps, je décidai de lier connaissance avec la belle étrangère qui occupait une place croissante dans mes pensées. Je lui apportai donc un café pour offrande, et je me souviens encore du regard effrayé qu'elle leva d'abord vers moi, crainte qui se mua aussitôt en simple étonnement interrogatif. Puis elle accepta le verre fumant avec reconnaissance, tout en s'inquiétant, de sa voix grave à l'accent inconnu, de mon violon.
« Il est au chaud chez le bistrot ! » répondis-je, secrètement fier qu'elle m'ait reconnu pour le musicien qu'elle entendait tous les jours sans sembler lui prêter la moindre attention.
Nos propos anodins me frustrent encore aujourd'hui. Bien que ce café soit devenu à partir de ce jour-là un rituel quotidien, j'appris très peu, en fait, de sa secrète personne. Elle m'interrogea beaucoup sur ma vie, la musique, et curieusement sur ce que je pensais de la politique internationale. Le rouge au front, il me fallut bien avouer que je n'en avais aucune idée, concentré que j'étais à l'époque sur ma propre subsistance et troublé que cette si jeune femme puisse s'en préoccuper elle-même, dans son dénuement. Si je ne parvins jamais à savoir quoi que ce fût de sa propre existence et de son itinéraire d'étrangère, dont l'accent si particulier ne m'évoquait toujours rien, elle me confia cependant son prénom : Hannah.

Un jour du début de mars, alors que notre bavardage s'achevait parce que d'éventuels clients s'amassaient autour de nous, et qu'elle reprenait sa position de tailleur, mon regard surprit son pied nu, qui surgit puis disparut dans les plis de sa robe. Un pied doré, assez long, aux ongles nacrés, à la cheville ornée d'une chaînette. Un pied dont le souvenir me bouleverse encore aujourd'hui, et dont il m'arrive encore de rêver après tant d'années. Le soir-même, gelé dans ma soupente, et tourné encore vers cette vision qui avait provoqué un émoi dont j'ignorais encore la profondeur, je décidai de consacrer le lendemain quelques pièces à une consultation de la belle voyante, convaincu que cela nous rapprocherait.


Mais le lendemain on ne la vit pas, passage des Panoramas.
Le surlendemain non plus.
Et j'eus beau m'enquérir d'elle les jours suivants auprès des commerçants ou des passants coutumiers, personne ne savait rien d'elle, et je ne savais pas où chercher. Et puis il fallait que je gagne mes repas. Elle fut si vite oubliée...
Mais pas par moi... et je ne l'ai jamais revue.



Qu'il doit vous sembler pitoyable, le vieil homme qui raconte son amour raté, l’œil encore humide après tant d'années, et son si grand trouble pour un simple pied dénudé... Peu importe. Ma vie s'est passée : il y eut très vite la guerre, puis un mariage, des enfants, le veuvage...
La vie tient toute en si peu de mots. Une vie au cours de laquelle, quels qu'en aient été les aléas, les joies et les peines, et même si cela peut vous sembler irrationnel, je n'ai jamais cessé de penser à la jeune étrangère.



À l'automne 1971, j'étais à Chicago chez des amis qui pendaient leur nouvelle crémaillère. Ils avaient réuni des proches, Français et Américains, et nous parlions de Paris, bien sûr. Je ne sais comment j'en vins à raconter ma jeunesse de mendiant musicien, et mes journées dans le passage des Panoramas... La pente était facile, j'évoquai bien sûr Hannah, la secrète cartomancienne au déguisement somptueux, et sa disparition.
Ce fut comme si j'avais retourné la lame de la Maison Dieu : « révélation ». Car dans ce cercle d'inconnus que seul le hasard avait réunis dans un loft qui sentait encore la colle et la peinture, s'est soudain élevée la voix d'une femme d'une soixantaine d'années dont le récit commença ainsi :
« Mais je l'ai connue, moi, Hannah la tireuse de cartes ! Je l'ai même aidée à coudre son vêtement, figurez-vous ! »

Cette phrase si simple a encore le don aujourd'hui de faire dresser les poils de mes avant-bras quand je me la récite. La femme effacée, au carré gris, au tailleur prune de bonne coupe qui jusque là avait peu participé à la conversation, continua d'une voix claire, les yeux tournés vers ses souvenirs :
 
« Nous habitions alors le Sentier, maman et moi, rue du Caire. Nous étions couturières à domicile. Tous les immeubles alentour résonnaient du chant des machines à coudre... Un soir, notre voisine de palier qui était sa cousine nous l'a présentée, elle venait d'arriver d'Allemagne.
Hitler n'était pas encore au pouvoir, vous savez, mais Hannah le fuyait déjà. Hannah l'avait lu dans ses cartes, croyez-en ce que vous voudrez...
Hannah ne fuyait pas seulement les horreurs à venir, Hannah fuyait d'abord sa famille. De riches banquiers juifs qui n'étaient pas encore conscients de ce qui les mènerait au néant. Elle n'avait que dix-sept ans, ils voulaient l'enfermer pour l'empêcher de s'échapper. Ils ne l'ont pas crue quand elle leur a dit qu'il fallait quitter l'Allemagne, qu'elle l'avait lu, qu'il fallait se dépêcher... que tous couraient à la mort. Elle me l'a montré un soir, pour ne pas être seule, pour que j'en sois témoin : elle avait posé des cartes en croix sur son couvre-pied, et les avait retournées l'une après l'autre. Elle était épouvantée par ce qu'elle continuait à y lire immanquablement : le chaos, la rupture des équilibres, un cataclysme. Je peux vous le dire, je ne croyais pas ses cartes, elles étaient étranges et me semblaient malsaines. Mais elle en était persuadée, elle, et ses yeux écarquillés sur les malheurs à venir me hantent encore aujourd'hui.
Elle se cachait de sa famille allemande qui la recherchait, mais ne voulait pas être une charge pour sa cousine, alors elle avait eu l'idée de mettre à profit ses dons de cartomancienne. Nous lui avons confectionné un costume avec des chutes de tissus qui nous restaient : c'est comme ça que vous l'avez connue, passage des Panoramas, à deux pas de chez nous.

Et puis un soir elle est venue nous expliquer que personne n'était plus en sécurité, même en France, qu'il fallait gagner les États-Unis, qu'il n'y avait pas d'autre choix.
Mais je vous le répète, Hitler n'était même pas encore au pouvoir, vous comprenez... Nous avions une vie somme-toute confortable, dans un quartier plaisant d'une ville magnifique. La dernière guerre était encore si présente dans les esprits... nous n'avons pas voulu la croire, et sa cousine non plus. Nous l'avons laissée partir toute seule. Elle voulait prendre un bateau pour l'Amérique ; nous n'avons jamais eu de nouvelles après qu'elle eût quitté Paris.
Cependant, sachez que dès 1934 nous avons fui la France. Les arcanes d'Hannah commençaient lentement à se mettre en place sur la courte-pointe européenne, ses yeux emplis d'horreur s'écarquillaient dans mes rêves. J'ai senti qu'elle avait raison, et nous avons sans doute été les premiers juifs à quitter l'occupation et la déportation bien avant qu'elles ne deviennent réalité. »



Il y eut un silence assez long, poli mais dubitatif,  puis les conversations reprirent leur cours futile.



Au moment de partir, la femme aux cheveux gris m'a raccompagné jusqu'à l'ascenseur, les yeux rouges :
« Elle m'avait demandé de ne jamais le dire à personne, mais il me semble que tout est prescrit, de toute manière. Et j'ai tenu ma promesse si longtemps... Et puis vous semblez si... ému. Je vous dois une dernière confidence, et Hannah vous l'aurait certainement faite, mais j'hésite encore... »
J'ai marmonné un encouragement.
« Il faut que vous le sachiez... Hannah n'était pas son vrai prénom... Elle avait tellement peur que sa famille ne la retrouve...

En fait, il s'appelait Avraham, il avait dix-sept ans, il était si beau... et il ne se passe pas un jour sans que je pense à lui.»
« Modifié: 10 août 2015 à 22:28:09 par gage »
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

Hors ligne Rémi

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #1 le: 10 juin 2015 à 00:17:31 »
Salut gage,
c'était l'un de mes textes préférés de ce défi.
Je te donne mon ressenti d'abord sans le relire (je l'ai lu il y a une semaine environ) :
* J'ai trouvé ça très beau
* Ton violonniste m'a semblé très vivant, bien mis en scène
* Le côté prédication de l'horreur hitlérienne est une idée que tu as bien exploitée
* J'ai bien aimé la chute, la mise en abîme

Relecture (je chipote à 100%) :
Citer
me sembla un  vaste chiffon
deux espaces après "un"

Citer
et les trois rondins s'avérèrent les pieds d'un de ces sièges pliants en cuir, qu'utilisent les peintres d'extérieur
la virgule me semble de trop

Citer
quand j'entendis s'élever les accents d'une sorte de discours.
ça j'aime pas trop, un peu lourd. Et puis je pense qu'il faut mettre en valeur "les accents" et que "sorte de discours" affadit le truc.

Citer
son spectacle de saltimbanque, et
c'est le sixième "   , et  "  depuis le début. Il y en a 32 dans tout le texte, plus 7 " . Et ". Un peu beaucoup ?

Citer
rythmée par un geste dansant et ample de ses mains qui tour à tour retournaient les cartes.
curieux le singulier "par un geste"

Citer
ne m'était pas une concurrence,
cette formulation me chagrine, mais là ça doit être moi !

Citer
Sa tenue semblait l’entrelacs savant d'une multitude de morceaux de soieries lumineuses. Le tapis sur lequel elle posait ses cartes et qui la protégeait de la mosaïque froide était en fait un coupon d'une étoffe magnifique, qui représentait un assortiment d'animaux multicolores et hiératiques, de fleurs inconnues et d'arabesques compliquées. Il y avait là de quoi se payer une année de subsistance au moins, et chauffage compris. Mais cette pensée bien prosaïque m'effleura à peine, car le plus surprenant, c'était ce que ces atours ne servaient qu'à mettre en valeur : comme dans ces tableaux de Gustav Klimt où tout le décor n'est que le cadre d'un portrait dont le visage semble flotter au premier plan et n'en apparaît que plus nu et vivant, de ce chatoiement diapré et hallucinant émergeaient des traits d'une finesse indicible. Je commençai à comprendre l'intérêt de tous ces gens qui observaient comme un spectacle ce qui de loin ressemblait tant à une consultation.Sa tenue semblait l’entrelacs savant d'une multitude de morceaux de soieries lumineuses. Le tapis sur lequel elle posait ses cartes et qui la protégeait de la mosaïque froide était en fait un coupon d'une étoffe magnifique, qui représentait un assortiment d'animaux multicolores et hiératiques, de fleurs inconnues et d'arabesques compliquées. Il y avait là de quoi se payer une année de subsistance au moins, et chauffage compris. Mais cette pensée bien prosaïque m'effleura à peine, car le plus surprenant, c'était ce que ces atours ne servaient qu'à mettre en valeur : comme dans ces tableaux de Gustav Klimt où tout le décor n'est que le cadre d'un portrait dont le visage semble flotter au premier plan et n'en apparaît que plus nu et vivant, de ce chatoiement diapré et hallucinant émergeaient des traits d'une finesse indicible. Je commençai à comprendre l'intérêt de tous ces gens qui observaient comme un spectacle ce qui de loin ressemblait tant à une consultation.
J'aime beaucoup ce passage, très beau. (et la suite aussi est super)

Citer
le noir insondable de ses grandes pupilles fixes. Elle les fermait longuement pendant qu'elle parlait,
bon, techniquement là tu dis qu'elle ferme ses pupilles...

Citer
et curieusement sur ce que je pensais de la politique internationale...Le
manque un espace après les "..." (et personellement je pense que tu peux t'en passer)

Le passage du pied est superbe.

J'aime aussi l'accélération de la narration avec les paragraphes plus courts qui amènent au dénouement.

Citer
chez des amis qui pendaient leur nouvelle crémaillère.
"pendre la crémaillère" est une expression qui a survécu, qui dénote un peu ici je trouve.
ça me remet dans le présent et je me dis "nouvelle crémaillère ?"
Je me souviens avoir tiqué en première lecture

Citer
des Panoramas...La pente était facile,
manque un espace

Citer
la lame de la Maison Dieu: « révélation » .
manque un espace avant le " : " et un en trop avant le point final.

...

Quelle fin ! Vraiment très beau, très touchant. Et cette femme grisonnante qui a vécu la même histoire en miroir... J'ai beaucoup aimé.

Le style de ton texte est très riche, subjonctifs imparfaits, vocabulaire choisi, une réussite.

Merci pour ces lectures forts agréables.

Rémi
« Modifié: 10 juin 2015 à 00:19:05 par RémiDeLille »

Hors ligne Loïc

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #2 le: 10 juin 2015 à 09:35:17 »
Citer
Je devais avoir dix-neuf ans, et je mendiais en jouant du violon, dans le Passage des Panoramas.

Un peu trop de virgules ici je trouve.

Le début en général est beaucoup trop haché pour une lecture agréable :/

Citer
internationale...Le

Manque une espace

J'avais beaucoup aimé ce texte à la première lecture ; plus attentif je suis moins convaincu.
L'histoire me plait toujours beaucoup. Elle est assez envoûtante et bien menée. La fin me parait plus laborieuse, moins mystérieuse que le reste.
Et en fait, ça ne coule pas aussi bien que je le pensais. C'est globalement haché, pas mal de superflu parfois. Ca reste agréable à lire, mais un peu de travail dessus pourrait fluidifier le tout et le rendre encore mieux je pense.

Merci pour la lecture.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne La Marquise de Carabas

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #3 le: 10 juin 2015 à 14:39:17 »
J'ai beaucoup aimé Gage, j'ai eu un doute que ce soit le tien, puis j'ai vu un autre qui aurait pu l'être aussi... mais comme j'ai pas de mémoire j'ai pas mis en perspective avec celui ci ( qui te ressemblait pourtant plus ).

Bref.

J'ai vraiment aimé, particulièrement la chute, ce genre de chute qui fait revoir tout rapidement pour envisager les choses si on avait eu l'autre angle de vue.

( J'aime assez et, comme tu le sais peut être, j'utilise même parfois ).

J'ai encore la musique, les couleurs, et les passants dans le corps qui traînent dans cette allée couverte. Tu as bien réussi à me hanter, encore une fois... Bravo M'sieur, tu viens de te faire une adepte  :coeur:

Hors ligne Vykk3rs

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #4 le: 10 juin 2015 à 15:03:29 »
D'habitude fainéant devant le réalisme, je me suis laisser tenter par ce texte aux saveurs nostalgiques. Je n'en fut pas déçu. La lecture laisse un visuel de papier jauni par le temps, tel une photo sépia chère au narrateur qui vient transmettre un morceau d'âme qui, a son tout nous hante (pour reprendre la Marquise).
Un gout de pluie, pas la pluie des saisons froides, ni même celle des saisons estivales, mais cette pluie que Prévert nous rapportait dans son fameux "Rapelle-toi Barbara".

Gage de qualité, je me rappelle sans avoir vécu, et je salue l’œuvre qui laisse triste et ému.

Hors ligne lepion

  • Calame Supersonique
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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #5 le: 10 juin 2015 à 20:52:20 »
ouais, c'est chouette
ça me fait (encore) penser à du Zweig
ça coule tout seul
c'est beau
y a juste un truc sur lequel j'ai tiqué au début
et que tu répètes plus loin :
quand on joue dans la rue
on ne mendie pas, on propose quelque chose
aussi on ne dit pas
musicien mendiant (quelle horreur)
mais musicien de rue  :)

@ bientôt l'ami
rien ne sert de partir à point, il faudra courir.

Hors ligne Milla

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #6 le: 10 juin 2015 à 21:18:14 »
salut Gage !

hé hé ! je t'avais reconnu  :P Et j'avais beaucoup aimé !
Je relis pour détailler...

Citer
J'ignorais quel était ce numéro étrange, mais il me fascina : la litanie de l'étrangère s'élevait en couplets monocordes,  raisonnant doucement sous la verrière, rythmée par un geste dansant et ample de ses mains qui tour à tour retournaient les cartes.
tu voulais dire résonnant, ou c'est fait exprès ?

Citer
Et j'eus brièvement le sentiment que tout-à-l'heure, quand elle quitterait le passage, tous les spectateurs la suivraient comme les enfants le joueur de flûte de la fable.
j'aime beaucoup ton écriture. J'aime bien cette image pour dire comme elle est envoutante.

Citer
Elle avait un nez très légèrement aquilin et des lèvres finement dessinées. Elle portait une chaîne d'or autour du cou, et ses cheveux sombres étaient presque entièrement cachés par un pan de son habit exotique.
rythmiquement, je n'aime pas l'enchainement de ces deux phrase en "Elle blabla". Tu t'en sors très bien dans la finesse de ta description, et là , paf ça donne soudain une impression d'énumération de traits qui gâche tout. :( juste la structure d'une des phrases à changer quoi ^^

Citer
Je profitai de l'une de ces accalmies, un jour de février où le froid se faisait trop mordant pour me permettre de jouer très longtemps, pour essayer de lier connaissance avec la belle étrangère qui occupait une place croissante dans mes pensées.
c'est du détail, mais les deux "pour" rapprochés alourdissent puisqu'ils ne sont pas liés :(, alors que c'est si fluide  :coeur: :coeur:

Citer
Je lui apportai donc un café  pour offrande, et je me souviens encore du regard effrayé qu'elle leva d'abord vers moi, crainte qui se mua aussitôt en simple étonnement interrogatif.
remarque de psychopathe, mais tu as deux espaces au lieu d'une entre café et pour  ><

hop là ! C'est tout au fil du texte.
Comme je le disais j'ai beaucoup aimé. ce n'est pas le suspense ou les rebondissements qui portent ce texte, ni tellement l'intrigue qui a de la présence mais ne cherche pas l'intensité, c'est vraiment le style d'écriture, la plume, le ton, l'ambiance qui m'ont portée. On est vraiment auprès des ces deux personnages, pas forcément dedans mais juste à côté, et ça touche très fort je trouve.

Merci pour ce très beau texte  :coeur: :coeur:

Milla

Hors ligne Yöda

  • Calame Supersonique
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  • Il a une serviette ! Replions-nous !
Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #7 le: 12 juin 2015 à 17:13:09 »
Un texte superbe, qui m'a intriguée et transportée dès la première ligne.

Ce que tu écris est vivant. On devient témoin de ce morceau d'Histoire, comme si on le vivait nous aussi.
Il ne se passe pas grand chose, mais on est transporté, on ressent des tas de choses et on vibre en même temps que tes personnages.

Et cette chute ! BAM !  :coeur:
Comme quoi, l'amour n'a pas de sexe !  :P

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #8 le: 12 juin 2015 à 19:12:14 »
Ouf !! me voici me voilà et merci d'abord à toutes et tous pour toutes ces gentilles visites.
J'ai essayé de tenir compte de toutes vos remarques plus pertinentes les unes que les autres.

@Rémi : Merci pour ton commentaire, et merci d'être toujours sur ma longueur d'ondes.
Je n'ai pas réussi à tout modifier dans ton idée, et j'ai pourtant beaucoup essayé. Notamment "sorte de discours" que je n'ai pas remplacé, rien n'allait à la place.
Pour
Citer
rythmée par un geste dansant et ample de ses mains
ça ne me choque pas, tu dirais bien : " le mouvement gracieux de ses jambes", non ?  :-\
Quant à la crémaillère... ça se passe dans les années 70, on le disait encore... et pourquoi nouvelle ? j'en sais rien..c'est lui qui raconte  :D
Merci encore pour tes commentaires si bienveillants !!
@Loïc : tu n'aurais jamais dû le lire attentivement, si je comprends bien.  :D Je réussirai peut-être mieux à te conquérir une prochaine fois. Je trouve troublant que mon style te semble "haché", moi qui  dois me freiner dans la rédaction de mes phrases à rallonge. A bientôt sur un autre texte, alors !
@Marquise ! : que répondre à des compliments tels que je ne m'y reconnais pas moi-même ! :coeur: Merci pour cet enthousiasme débridé, c'est un moteur pour moi, je sais pour qui j'écris, grâce à ça ! :)
Merci vraiment !!
@Vykk3rs : merci de sortir de tes lectures habituelles pour venir visiter mon réalisme ! C'est ce que je connais le mieux, en fait... même si je me rends compte de ma tendance chronique à la tristesse et aux regrets, dans mes textes. J'essaierai de te pécho encore sur d'autres nouvelles... je vais te remettre dans le droit chemin de la vraie vie  :D
@lepion : merci beaucoup d'être venu, Passage des Panoramas. Encore Zweig... je vais me mettre en quête de son œuvre intégrale... y a pas...!! :) Je comprends ton point de vue  personnel sur l'intitulé " mendiant violoniste"...et bien entendu je le respecte. Mais je pense que pour la fluidité et la compréhension de mon écrit, et eu égard à l'époque évoquée, je vais le laisser tel quel.
Merci encore en tout cas pour ton passage !!
@Milla ! admiratrice dès mes débuts !!  merci beaucoup pour tes compliments chaleureux, c'est si bon  ! :coeur:
"Raisonnant" ... même Rémi ne l'a pas vu celui-là ! :D
J'ai tenu compte de tes remarques sensées... et donc modifié ma prose pour m'y adapter. Tu as raison dans les deux cas, du coup j'obtempère !  :)
Merci encore pour ta visite, merci !
@Yöda : je suis ravi de t'avoir plu. Comme c'est rassurant de savoir qu'un texte fonctionne ! Et tu as mille fois raison, l'amour n'a pas de sexe.
Merci beaucoup d'être venue !
« Modifié: 12 juin 2015 à 19:55:56 par gage »
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #9 le: 12 juin 2015 à 19:59:36 »
Fausse manœuvre, je remonte pour que mes commentateurs voient que je leur ai répondu !
Bisous !
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #10 le: 16 juin 2015 à 23:49:10 »
Gage, Gage, c'est si beau, si doux... C'était comme si ça ondulait sous mes yeux, le texte glissait sans la moindre difficulté. J'envie sincèrement ton style ; j'aimerais tellement savoir écrire comme ça...
Puis je retrouve cette petite touche de fantastique, que j'avais également appréciée dans Rosemonde, et que j'ai tout autant aimé ici.
Puis il y a cette chute à laquelle on ne s'attend pas, à laquelle on ne peut pas s'attendre. Et ça peut sembler gros, pris isolément, mais avec tout le contexte derrière, ça semble si vrai...
Peut-être mon texte préféré du BT  :coeur:

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #11 le: 17 juin 2015 à 13:20:35 »
Bravo gage. Ton texte est vraiment prenant. On se laisse transporter par l'histoire de ton narrateur, ayant vraiment l'impression de remonter dans ses souvenirs avec lui. Tu nous transportes et on y croit. La chute excellente, je ne l'avais vraiment pas vu venir.
Bref bravo, très bon texte à une prochaine fois.
"I am the bone of my sword
Steel is my body and fire is my blood
I have created over a thousand blades
Unknown to death
Nor known to life
Have withstood pain to create many weapons
Yet those hands will never hold anything
So, as I pray, Unlimited Blade Works."


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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #12 le: 17 juin 2015 à 19:51:44 »
@Extasy ! Merci beaucoup, beaucoup, pour ces compliments dithyrambiques qui ne peuvent pas m'être adressés... :-[
J'aime quand tu t'extasies, Extasy ! Avoir des lecteurs enthousiasmés ainsi par mes productions me remplit de joie et de bonheur et ... fait monter un peu la pression.
Aah, la peur de décevoir son lectorat.... dur !
Merci vraiment et sincèrement !
@Salut Tim ! J'ai failli ne pas te reconnaître, dans tes nouveaux atours.  :D
Merci pour ton commentaire, tes compliments et ton passage. Je suis vraiment rassuré que "ça" marche et que tu soies sensible à cette chute.
Merci beaucoup et à bientôt !!
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Jacques Brel

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #13 le: 10 août 2015 à 22:48:35 »
Que répondre, mais bon sang, que répondre ?  :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[

D'abord, duchesse, merci infiniment pour ton passage rigoureux et précis. Il m'a permis de corriger une kyrielle de fautes diverses que je n'aurais jamais décelées...
Il me faut avouer malgré tout que je n'ai pas tenu compte de certaines remarques. Je sais que mes phrases trop longues te hérissent. Moi j'ai l'impression qu'elles signent un peu mon style ; et puis je n'en abuse pas trop, deux par texte, tout au plus. Je les aime bien sans trop savoir dire pourquoi. Dès que je les tronçonne tout se normalise, et je comprends bien que c'est ce qu'il faudrait, mais leur longueur me plaît bien...

Il y a deux trois autres trucs que je n'ai pas modifiés non plus, parce que c'était correct, par exemple : "un monde de choses qui bouleversaient.... "
tu mettrais  monde comme sujet, mais c'est le fameux cas de " une foule de gens regardaient" ou " regardait" :  selon que tu considères que ce sont les gens ou la foule qui regarde, tu peux décider  à quoi tu accordes ton verbe,  les deux sont français.

ET puis le " comme les enfants le joueur de flûte de la fable " : c'est une tournure démodée, genre Lafontaine, mais je pense que c'est correct...

Quand à cette envolée de  :coeur: ..... je ne sais pas où me mettre, chère duchesse, je ne peux mériter de tels compliments, c'est trop gros pour moi, vraiment.
Je suis confus de provoquer une telle réaction, même si évidemment c'est ce que j'espère engendrer. C'est très troublant et rassurant, quand le texte fonctionne comme on voulait... on n'est jamais sûr...
Merci donc beaucoup pour tous ces  :coeur: :coeur: :coeur:  , ils sont allés tapisser mon cœur et l'on tendu de rose et de roses pour un bon moment, vu leur nombre.
Merci encore !!!
L'été, je te ferai de l'ombre, on boira du silence...

Jacques Brel

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Re : La tireuse de cartes [BT]
« Réponse #14 le: 11 août 2015 à 00:10:53 »
 :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur:
Je t'en rajoute quelques-uns, car j'ai littéralement plongé dedans, même si à la base, lire un texte si long à cette heure-ci n'était pas vraiment dans mes plans.

Tu as bien réussi à poser l'ambiance, pas l'ambiance de l'époque, non, mais du souvenir teinté de nostalgie pour quelque chose qui aurait pu être.
Et cette chute, mon Dieu, cette chute, je n'ai pu retenir un "la vache!", et un image a fait "plop" dans mon esprit : j'ai vu Angélique, dans Penny Dreadful, ses boucles brunes, ses yeux sombres.

J'ai beaucoup aimé le passage où tu compares "l'étal" d'Hannah à un tableau de Klimt, ce côté visuel qui passe par autre chose qu'une simple description a tout de suite généré des images dans mon esprit (oui, j'ai une imagination très visuelle)

Merci beaucoup pour ce moment de lecture très agréable!
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

 


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