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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Défi] L’escapade de Monsieur Walter

Auteur Sujet: [Défi] L’escapade de Monsieur Walter  (Lu 2047 fois)

Hors ligne jlemonde

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[Défi] L’escapade de Monsieur Walter
« le: 06 mars 2015 à 22:59:20 »
Hello, voilà, j'ai relevé le défi que m'a lancé Amy2020 :

Jlemonde, je te défie de rédiger une nouvelle avec pour contraintes :

Il doit y avoir au moins deux personnages dont l'un parle une langue étrangère
Il doit y avoir du suspense
Il doit y avoir quelques vers
Et surtout...Il doit y avoir un peu d'action !

Tu peux relever ?

Voici donc :



L’escapade de Monsieur Walter

     Monsieur Walter aimait la pluie depuis toujours. Il n’était pas vraiment celui qui appréciait passer du temps à bronzer au soleil, ni celui qui, le dimanche, par beau temps, entreprenait une sortie à la plage. Il aimait la pluie, c’est tout, et il l’aimait tellement que, ce matin-là, il était sorti de chez lui pour s’y pâmer, même si ce n’était qu’une faible averse qui ne durerait pas longtemps.
     Seulement voilà : sans raison aucune, il fut pris tout soudain par une envie irrésistible d’aller arpenter les environs. Qu’on lui ait dit mille fois de ne pas faire d’escapades trop longues dans des conditions pareilles, et habillé comme il l’était (c’est-à-dire d’une simple liquette), n’y changeait rien : il avait envie d’une balade et il partit.
     Comme cela faisait longtemps qu’il n’était plus descendu au village, il se dit que ce serait là le but sa promenade du jour. Le chemin était un peu plus long que celui de son parcours habituel, mais cela non plus ne lui faisait rien : il avait tout son temps.
     Ce ne fut que lorsqu’il arriva à la lisière de la forêt (car il habitait dans une forêt) qu’il se rendit compte que l’ondée de tout à l’heure était pratiquement passée et qu’il ne tombait plus que quelques gouttes. À vrai dire, il y avait maintenant même une trouée dans les nuages, à travers laquelle on voyait tout un pan de ciel bleu et au travers de laquelle des rayons de soleil jaillissaient, ce qui formait au niveau de la vallée d’en face un bel arc-en-ciel.
     Malgré l’éclaircie, M. Walter se sentait tout transporté par toute cette beauté et c’est avec volonté et motivation qu’il força l’allure. Vagabonder dans l’herbe mouillée ne le gênait pas le moins du monde, et puis cela lui faisait supporter la force du soleil qui frappait à cette saison un peu fort à son goût. Mais c’était aussi ça qu’il y avait de bien en Angleterre : qu’il ne faisait jamais trop beau trop longtemps !
     Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’il était parti. Entre-temps, l’astre de feu avait grimpé à son zénith, les nuages avaient été emportés par le vent et l’herbe avait pour ainsi dire séché. Monsieur Walter, qui commençait à se sentir moins à l’aise, voulait cependant à tout prix atteindre le village : il commençait à avoir soif et avait l’intention de se rafraîchir à la rivière. Malheureusement pour lui, il n’était pas au bout de ses peines ! Il y avait en effet, non loin de là, une route en asphalte à longer.
     Vous vous demandez sans doute ce qu’il y avait de si terrible pour M. Walter à longer une route asphaltée, eh bien c’est que vous ne le connaissez pas bien. Vous aurez remarqué qu’il appréciait énormément l’eau et portait l’aridité et la sécheresse en horreur, mais vous ne savez pas encore qu’il n’avait pas de souliers. En effet, il était comme ça et adorait sentir la terre humide sous le poids de son corps, s’enfoncer dans la boue, percevoir les irrégularités du sol, et une chaussée est — malheureusement — plane, dure, et sèche, le plus souvent.
     En arrivant à la route, donc, il dut prendre les désagréments sur soi et s’engager vers l’avant. À ce moment-là, il commença à douter. Était-il trop téméraire ? Il ne le savait lui-même pas, mais il était déterminé à ne pas rebrousser chemin. Le soleil, qui tapait maintenant depuis un sacré moment, avait d’ailleurs fait s’évaporer toute trace d’humidité de cet environnement si gris et inhospitalier et la chaleur qui s’y accumulait donnait à M. Walter l’envie de plonger dans chaque flaque et rendait sa soif plus tenaillante que jamais. Il sentait d’ailleurs sa peau le brûler et se voyait se dessécher peu à peu.
     C’était maintenant clair comme de l’eau de roche. Il devait se dépêcher et s’hydrater en vitesse. S’il pouvait courir, s’il avait encore suffisamment de force, il l’aurait sans nul doute fait, mais il était trop tard pour cela. Le bitume était devenu pour lui comme un désert où l’énergie calorifère reflétée rendrait fou quiconque s’y aventurant sans s’y être préparé. Il voyait des nappes d’air chaudes au dessus du sol et croyait au mirage. Pourtant, il n’était plus loin du but, et il le savait pertinemment, mais il n’avait plus de force. Il aurait souhaité n’être jamais sorti, être resté tapi chez lui à travailler, mais non, il était là, il était livré.
     Ce fut à ce moment précis, alors qu’il se rendait compte de son erreur, qu’il aperçut quelque chose, quelque chose ou quelqu’un qui allait tout changer.
     En effet, devant lui se dressait une silhouette immense et effrayante. Il ne pouvait pas la voir vraiment puisque sa vue n’était pas excellente, mais il la percevait à merveille. Elle était, comme dit, géante et faisait trembler le sol sous ses pas. Elle était élancée et se tenait debout, sur ses deux jambes. Tout à coup, elle fondit sur le pauvre M. Walter, l’attrapa, le souleva et fit un bruit, un mugissement, un meuglement, dans une langue étrangère à ce dernier, lequel meuglement devant ressembler à ceci : « What are you doing here, you earthworm ? », mais il n’était pas nécessaire pour lui de comprendre, la silhouette n’aurait de toute façon pas attendu de réponse de la part d’un ver de terre, c’est pourquoi elle le déposa délicatement sur une touffe d’herbe près du puits, où il y avait d’ailleurs d’autres vers de terre qui se réfugiaient là. De ce jour, M. Walter n’eut plus jamais envie de braver le soleil.

Johannes Lemonde
Lycée "Gymnase de Burier"



(À Amy2020)
Désolé d’avoir dû interpréter
C’est moche — c’est vrai —, mais d’un autre côté
Il eût fallu que tu le précisasses
Et puis cela m’arrangeait bien — hélas —
De n’avoir pas à écrire à la pelle
Des vers et puis des pieds dans ma nouvelle
C’est pourquoi je t’adresse — ils compenseront —
C’est quelques vers pour demander pardon ;)

« Modifié: 25 octobre 2015 à 18:01:27 par jlemonde »

Abbigails

  • Invité
Re : [Défi] L’escapade de Monsieur Walter
« Réponse #1 le: 07 mars 2015 à 18:09:57 »
Salut,
Citer
S’il pouvait courir, s’il avait encore suffisamment de force, il l’aurait sans nul doute fait, mais il était trop tard pour cela
attention à la concordance des temps...
Citer
où il y avait d’ailleurs d’autres vers de terre qui se réfugiaient là.
le "là" de fin est de trop

Sinon, très belle réinterprétation du sujet ;) Agréable à lire, merci :D

lk77

  • Invité
Re : [Défi] L’escapade de Monsieur Walter
« Réponse #2 le: 07 mars 2015 à 18:22:09 »
J'aime beaucoup, la chute est surprenante, j'étais persuadé qu'il s'agissait d'un petit garçon.
Quelques erreurs de temps, sans doute d’inattention, pas bien grave.

Hors ligne jlemonde

  • Tabellion
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  • À la fin de l'envoi, je touche !
Re : Re : [Défi] L’escapade de Monsieur Walter
« Réponse #3 le: 08 mars 2015 à 08:34:44 »
Merci pour la correction et la lecture ;)

Salut,
Citer
S’il pouvait courir, s’il avait encore suffisamment de force, il l’aurait sans nul doute fait, mais il était trop tard pour cela
attention à la concordance des temps...

Je ne comprends pas... «sil avait pu courir, s'il avait eu encore suffisamment de force, il l'aurait sans nul doute fait» ???

Abbigails

  • Invité
Re : [Défi] L’escapade de Monsieur Walter
« Réponse #4 le: 08 mars 2015 à 13:03:41 »
oui soit ca soit "S’il pouvait courir, s’il avait encore suffisamment de force, il le ferait sans nul doute, mais il est trop tard pour cela" ;) mais étant donné que ton texte est au passé, je pense que ta proposition est la meilleure :P

Hors ligne Taowin

  • Scribe
  • Messages: 72
Re : [Défi] L’escapade de Monsieur Walter
« Réponse #5 le: 08 mars 2015 à 13:49:50 »
Il faut que j'applaudisse rien que pour l'idée de répondre à la contrainte "Il doit y avoir quelques vers" en mettant littéralement un ver de terre comme personnage principal  :mrgreen:

Hors ligne Amy2020

  • Tabellion
  • Messages: 40
  • En voie d'apaisement ;)
Re : [Défi] L’escapade de Monsieur Walter
« Réponse #6 le: 10 mars 2015 à 19:13:15 »
Bravo  J'adore !  ;) :) ;) Belle idée, JL :D
Ne jamais laisser allez les plus beaux moments de sa vie, elle est trop courte !

Lis mes fils :P

 


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