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02 février 2023 à 09:58:26
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°4 - T03] L'épaviste

Auteur Sujet: [AT n°4 - T03] L'épaviste  (Lu 6801 fois)

Anlor

  • Invité
[AT n°4 - T03] L'épaviste
« le: 30 juillet 2014 à 11:00:53 »
L'épaviste


Une heure qu’il attend,  et l’autre qui ne sort toujours pas. C’est pourtant pas son habitude. L’épaviste regarde sa montre. Il est déjà deux heures trente et le Gispy Lou ne va pas tarder à fermer. Les autres soirs, l’autre ne passe pas tant de temps à s’alcooliser, une ou deux pintes pour se mettre en jambes, quelques sky pour s’oublier et des shots de rhum pour se finir. Il est dehors à une heure et fait le trajet appuyé sur les épaules de l’épaviste sans broncher. Un brave type, pas compliqué, un peu triste mais il ne le dit jamais. L’épaviste aime bien s’occuper de lui. Ça le change des gros gars qui jouent au concours du plus bourré pour montrer qu’ils en ont. Ils pèsent des tonnes et cherchent la merde à chaque coin de rue. L’épaviste s’en tape cinq ou six par nuit des comme ça. Il finit sa tournée crevé, le dos en compote d’avoir dû les porter et des beignes plein la gueule des bastons qu’il leur a évitées. Les nénettes c’est plus facile. Il suffit de les prendre dans les bras comme des gosses  et elles s’endorment, bien gentiment. Il n’y a plus qu’à les ramener chez elles en évitant les quartiers qui craignent, ouvrir la serrure à leur place et les mettre au lit pour qu’elles se réveillent le lendemain comme des fleurs en se demandant comment elles ont  fait pour rentrer aussi beurrées. La routine. L’épaviste sait qu’il l'a bien rodée.

« Putain mais qu’est-ce qu’il fait ? »

L’épaviste jette un coup d’œil à travers la vitre du bar. L’autre est toujours au comptoir, le nez dans un verre whisky encore à moitié plein. À côté il y a un type qui joue de la guitare. Ils n’ont pas l’air près de sortir. L’épaviste regarde sa montre encore une fois. Avec tout ça il est en train de laisser tomber toute une flopée de gars ivres qui seront pas foutus de rentrer chez eux. Les réveils vont être difficiles.

« Bon, bon, bon. Je vais le chercher. »

L’épaviste pousse la porte du bar. Personne ne le voit. Quand il en vient là, il lui suffit de poser une main sur leur épaule pour que les gens soufflent un coup, posent la monnaie sur le bar et descendent tremblants de leur tabouret en saluant vaguement le patron.

« Ouais ? Qu’est-ce qu’y a ? »

L’épaviste sursaute. Ça, c’était pas prévu.

« Tu me vois ?
— Bien sûr je te vois. Tu crois quoi ? »

L’épaviste observe les gens autour. Le patron lave ses verres comme si de rien n’était. Vu le nombre de soiffards accoudés au bar, il n’est pas parti pour fermer tôt. Les autres gueulent en gesticulant. Ils refont un monde d’ivrognes en tapant sur le grand capital à coup de truelles pleines de mots spiritueux plus que spirituels. Il n’y a que le guitariste qui regarde l’autre en rigolant.

« Ben ça mon gars, v’là que tu te mets à parler tout seul.  J’vais pisser. »

Il file sa gratte au patron, tente de se dégager du bar. Ses mouvements sont un peu trop hésitants et le voilà qui tombe à la renverse avec son tabouret. L’autre l’aide à se relever. C’est assez laborieux. L’épaviste espère qu’il y aura un collègue pour s’en occuper parce qu’à ce rythme-là, le zicos n’arrivera jamais chez lui.

« Il faut rentrer, là, c’est l’heure. Je te raccompagne. »

L’autre a replongé la tête sans son verre. Il fait non de la tête. L’épaviste soupire. Il n’aime pas parler. D’habitude il n’a pas besoin de ça, les gens comprennent sans le voir.

« Allez, il est presque trois heures, tu dois aller bosser demain. »

Le type serre un peu plus fort son whisky entre ses deux mains, les coudes appuyés sur le comptoir comme si c’étaient des ancres.

« J’ai pas envie de rentrer. »

L’épaviste tape des doigts sur le zinc et regarde l’heure une fois de plus. Sa tournée vient de commencer, il n’a pas le temps.

« Écoute, c’est ridicule. T’es tout bourré. Tu vas rien faire de plus que te mettre mal et perdre ta nuit comme  ta journée de demain.
— Bah, elle sera pas plus perdue que les autres. »

L’épaviste ne sait pas bien quoi répondre. La psychologie de comptoir, ça n’a jamais été son fort.

« Dis pas ça, les jours sont pas tous pareils, il suffit d’être un peu ouvert à ce qui se passe. Avancer. »

L’épaviste a dit ça dans le vague, sans regarder l’autre, parce que c’est ce qu’on dit dans ce genre de situation, c’est les mots qui sonnent bien, qui sont censés donner confiance en l’avenir. On sait pas trop lequel, d’avenir, mais y en a un, c’est certain. L’autre ne dit rien. L’épaviste se tourne enfin vers lui et ne peut s’empêcher de sursauter. L’autre a ses yeux bleus fixés sur lui, trop brillants d’être remplis de larmes.

« Mais… mais je peux pas avancer. »

On est mal barré, on est mal barré.

« Bon, je te raccompagne, on en discute en chemin. »

Dehors, l’air est frais, on doit être au début de l’automne. L’autre avance en titubant, ils en ont pour un bon moment à marcher jusqu’à chez lui. Ils ont déjà quitté les quartiers touristiques et les groupes de jeunes beuglants ont fait place à quelques rares piétons perdus dans la nuit, en route vers on ne sait pas trop où.

« Mais enfin, tu sais, on peut toujours changer, il est jamais trop tard, reprends tes études, change de voie si ça te plait pas. »

Ça doit être la troisième ou quatrième fois que l’épaviste répète ces mots. Et l’autre qui lui répond toujours sur un ton geignard mais je peux pas mais je peux pas.

« Oui mais j’ai déjà fait ça, j’ai pas le courage de tout recommencer. Et puis pour ce à quoi ça servirait. On change pas le quotidien, ça finit toujours par revenir, et je me casse la gueule et j’y arrive pas. J’en ai assez de courir après le présent. »

L’épaviste shoote dans une canette de bière vide. Des dépressifs, il en a raccompagné des tonnes. Il prend sur lui, il supporte, mais qu’on ne lui demande pas de répondre, là il perd patience. Ça le brûle un peu dans le ventre.

« Mais merde, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Que je te plaigne, que je te dise oui oui, t’as raison mon grand, la vie est trop dure, pauvre petite chose. Mais fais quelque chose aussi, je sais pas. Tu peux pas te laisser moisir comme ça. Bouge. »

L’autre continue de marcher en marmonnant.

« Tu comprends pas. Tu comprends pas. Tu comprends pas. »

L’épaviste s’arrête brusquement. Cette conversation l’agace, lui qui voulait passer une soirée tranquille.

« Ben vas-y, explique-moi. Dis-moi ce qui t’empêche d’avancer. Trouve-toi d’autres excuses, t’as l’air doué pour ça. »

Immédiatement, il se mord les lèvres. Ça ne lui ressemble pas d’être aussi violent. C’est juste… C’est juste que cette boule qui lui brûle le ventre à chaque fois que l’autre gémit. Ça lui donne envie d’hurler et de lancer son poing contre les murs. Il ne se l’explique pas. L’autre s’est arrêté lui aussi, un peu plus loin, les bras ballants.

« C’est que, je, je suis décalé. »

L’autre n’ajoute rien.

« Pardon ? »

Ils reprennent leur route sans rien dire. L’épaviste aimerait bien que ça se finisse vite.

« Peut-être que si tu passais moins de temps à te tuer les neurones dans la vinasse, t’aurais pas l’impression d’être décalé, comme tu dis. »

L’autre ne parle toujours pas. Il regarde ses pieds alors qu’ils montent tous les deux vers le viaduc.

« Mais regarde-toi un peu, on dirait un petit nœud tout recroquevillé sur lui-même qui chouine au fond de son trou. Tu penses pas que t’en fais trop ? Elle est pas si nulle ta vie, y a des tas de mecs à la rue qui auraient mille fois plus de raisons de chialer que toi. Penses à eux, bats-toi un peu, merde. »

Ça chauffe, ça chauffe, et l’autre qui reste toujours à soupirer, la tête baissée.
 
« Alors c’est ça ? C’est tout ce que t’as trouvé comme excuse ? Tu penses pas plutôt que tu t’inventes des problèmes ? Ça te ferait chier d’aller bien, peut-être, tu pourrais pas passer ton temps à te ruiner en gémissant sur ton sort, c’est ça ? »

La boule qui brûle de plus en plus à l’intérieur. L’épaviste a envie de prendre l’autre par les épaules et de le secouer comme un poirier. Ça le ronge dedans, il a l’impression que son corps se remplit d’une colère violente, sanguine, c’est plein de sang bouillant à l’intérieur.

« Je me décale, je sais pas quand ça a commencé. J’arrive plus à être dans le présent. C’est comme, c’est comme si y avait des bouts de passés tous mélangés qui me tenaient attaché avant. J’arrive pas à avancer parce que j’ai pas d’endroit où le faire. Je suis toujours en arrière. Toujours.
— Mais qu’est-ce que tu racontes ?
— Parce que tu crois que je le veux, que c’est comme ça que je l’aime, ma vie ? À me bourrer tous les jours pour avoir l’impression de toucher le sol ? Y a que quand je suis saoul que je sens un peu le présent, que je m’appuie sur quelque chose. »

L’épaviste voit le dos de l’autre commencer à trembler. Il se demande s’il a la même boule de colère brulante à l’intérieur.

« Mec, calme-toi, ça t’apporte quoi de faire du bruit comme ça ? »

Ils s’apprêtent à franchir le viaduc à présent.

« Je sais ça, je sais ça, qu’il y a des gens qui méritent plus de pleurer que moi, que si j’avais un peu de volonté j’y arriverais. Tu crois pas qu’on me l’a déjà dit ? Tu crois pas que j’ai déjà essayé ? Tu crois que je me complais dans le passé, là, à ruminer des souvenirs comme une vache de l’herbe parce que c’est la seule chose sur laquelle j’arrive à avoir la main ? »

Il a accéléré le pas, l’épaviste le suit avec peine.

« Eh, oh, ça sert à rien de gueuler, il doit bien y avoir une solution à ton problème là. Ç’a commencé comment ?
— Mais putain j’invente rien, je me décale, c’est tout. Les gens avancent et je reste dans leur passé, parce que c’est comme ça, parce que ça fait des années que rien ne bouge, parce que j’ai tout vécu et que maintenant il me reste plus qu’à attendre que ça se passe en pensant à avant, quand y avait encore des jours et des saisons, quand c’était pas que des chiffres sur un calendrier. Tu vois, tu vois, je dessaoule et je me décale ; je peux même plus avoir une conversation normale. »

Il s’est arrêté brusquement, le regard fou, et l’épaviste commence à s’inquiéter.

« Attends, je te vois venir. Fais pas ça. C’est la plus grosse des conneries que tu pourrais faire. 
— Qu’est-ce que je raconte ? Tu me crois pas c’est ça hein. Ben écoute, écoute ce que je raconte justement, tu l’entends le décalage, là ? Tu l’entends ? Et encore, c’est rien. Le matin, c’est pire. Je me lève et je réponds aux questions de la veille, personne ne me comprends. Tu sais ça ? Personne. Alors pour que ça passe, je me sers un verre de rhum, et j’arrive à réduire l’intervalle. Au deuxième, c’est juste une heure ou deux. Faut que j’en prenne un troisième pour que les gens me comprennent. Il est neuf du mat’ et je suis bourré. T’y crois à ça ? Tu comprends ça ? »

L’autre s’est reculé vers la rambarde. Il a les mains qui tremblent et l’épaviste  sans la boule qui l’étouffe à présent. Depuis combien de temps n’a-t-il pas fait attention à la date ?

« Mec, viens, on rentre. S’il te plait. »

L’autre a le dos appuyé contre la rambarde et les cheveux bruns au vent. Il a commencé à pleuvoir, on ne sait pas trop quand ni comment. Il pleut toujours pour les suicidés.

« Rien, rien, ça m’apporte rien de gueuler, pas plus que de rester bien sagement dans mon coin à laisser le temps s’engluer pendant que tout le monde a l’air de vivre sa petite vie tranquille. Métro boulot et on attend le weekend. J’attends rien, j’attends rien, y a pas de sens. Alors pourquoi je devrais rester calme, hein ? Pourquoi faire puisque j’arrive pas à exister et que tout le monde s’en fout ?
— C’est pas vrai. Je suis là moi. »

C’est sorti sans que l’épaviste ait eu l’impression de le penser. C’est la boule de sang bouillant qui s’est transformée en marée de souvenirs qui tente de l’envahir, de l’assaillir, de lui rappeler que ça fait longtemps que tout le monde s’en fout, de lui, que c’est comme ça qu’il a commencé à se décaler puis à disparaitre complètement du présent. Combien sont-ils, les épavistes, à roder les rues sans que personne de les remarque ?

« La solution, haha, c’est simple, elle est en bas. J’ai jamais eu le courage de faire ça, de me crever, mais pourtant c’est ça, c’est ça, un petit pied en l’air et c’est bon. Plus de passé, plus de présent, plus ce putain d’avenir auquel on voudrait me faire penser alors que tout le monde sait qu’il existe pas, pour personne. »

L’autre est debout sur la rambarde. Il rit comme un fou à lier en écartant les bras sous la pluie. L’épaviste n’ose pas s’approcher.

« Mathieu…
— Tu crois que je peux pas le faire hein ? C’est ça ? Tu crois que je vais pas le faire ce pas en arrière, comme toi t’as jamais été foutu de le faire non plus ? Eh ben regarde, regarde bien. »

L’épaviste ne sait pas bien comment tout s’est enchainé. Peut-être qu’il a commencé à courir avant que l’autre ne bascule, peut-être que l’autre n’a jamais vraiment basculé, mais il a réussi à attraper un bout de tee-shirt et tirer de toutes ses forces pour que le poids de l’autre se reporte vers l’avant. Ils sont tombés tous les deux, le béton a râpé leurs bras et leurs pantalons se sont déchirés au niveau des genoux. Ils respirent forts et l’épaviste tient l’autre serré contre lui pour l’empêcher de bouger. Il attend un petit moment que l’autre se calme. Il sent son souffle contre sa poitrine.

« Y a peut-être pas de sens, mais si on avance à deux, je suis sûr qu’on peut en faire quelque chose. À quatre jambes, on arrivera bien à le rattraper, ce foutu présent. »

Les minutes passent. Peu à peu on n’entend plus que la pluie sur le béton et les rares voitures qui passent sur l’avenue en bas. L’autre finit par se relever doucement et tend sa main à l’épaviste.

« Oui, je veux bien qu’on rentre maintenant. »

Leurs vêtements sont trempés et le froid les fait frissonner. Ils boitent tous les deux.

« T’as beau être là, ça nous empêche pas d’avoir l’air bien cons maintenant. »

L’épaviste sourit.

« Comment tu sais mon prénom ? »

C’est bon, on y arrive. Ils se sont arrêtés devant une petite maison au crépi effrité. L’épaviste tourne la clé dans la serrure.

« Ouais, enfin, à quatre jambes qui boitent, ça va pas être évident non plus. On fera ce qu’on peut. »






« Modifié: 21 août 2014 à 14:18:41 par Mout »

Hors ligne Loïc

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #1 le: 30 juillet 2014 à 14:07:08 »
Citer
il n’est partis pour fermer tôt

Manque un pas

Pas grand-chose à dire. C'est bien mené, fluide, très dans l'ambiance... J'ai dû me creuser les méninges pour voir le rapport avec le thème qui n'est pas évident mais ça me semble correspondre quand même. Belle lecture !
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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #2 le: 30 juillet 2014 à 15:29:37 »
Yop

Donc euh, dans les grandes lignes, j'ai beaucoup aimé.
Quelques lichouseries tout de même

Citer
l n’y a que les  sms envoyés à tort qu’il a du mal à empêcher.
espace en tros avant Sms et je trouve ça un peu dommage parce que j'ai l'impression (mais c'est peut être moi) que l'évocation du sms est un peu -comment dire- trop réaliste sur un texte qui ne le devient pas tant que ça.
Citer
il n’est partis
sans s
Citer
Il file sa gratte au patron tente de se dégager du bar.
manque une virgule avant tente. Et il est sympa le patron de garder la gratte
Citer
les coudes appuyer sur le comptoir comme si c’était des ancres.
j'aime bien l'image mais je trouve ça un peu maladroit dans la façon de l'exprimer
Citer
’est les mots qui sonnent bien, qui sont censés donner confiance en l’avenir. On sait pas trop lequel, d’avenir, mais y en a un, c’est certain.
Pareil j'aime beaucoup l'idée mais euhhhh, ça mériterais d'être un poil developpé d'après moi
Citer
Et l’autre qui lui répond toujours sur un ton geignard mais je peux pas mais je peux pas.
ça mériterais des guillemets non ? je sais pas en fait
Citer
Elle est pas si nulle ta vie, y a des tas de mecs à la rue qui auraient mille fois plus de raisons de chialer que toi. Penses à eux, bats-toi un peu, merde
ça c'est jamais un argument, non mais oh (pardon pardon. Mais y a un anar qui a dit une fois que tout ce joue toujours ici et maintenant et que ce serait toujours une erreur de ce comparer à pire ou mieux que nous parce que le but du jeu, c'est juste de répondre à un desespoir precis dans un temps ciblé)(je suis pas tres clair je reconnais)
Citer
L’épaviste voit le dos de l’autre commencer à trembler. Il se demande s’il a la même boule de colère brulante à l’intérieur.
j'aime beaucoup
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Il pleut toujours pour les suicidés.
pareil
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C’est sorti sans que l’épaviste ait eu l’impression de le penser. C’est la boule de sang bouillant qui s’est transformée en marée de souvenirs qui tente de l’envahir, de l’assaillir, de lui rappeler que ça faisait longtemps que tout le monde s’en foutait, de lui, que c’est comme ça qu’il avait commencé à se décaler puis à disparaitre complètement du présent. Combien sont-ils, les épavistes, à roder les rues sans que personne de les remarque ?
:coeur:
Citer
n bout de Tee-shirt et
tee-shirt
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Peu à peu on n
virgule
Citer
« Ouais, enfin, à quatre jambes qui boitent, ça va pas être évident non plus. On fera ce qu’on peut. »
:coeur:



donc, j'aime beaucoup. Je trouve que ça aurait mérité un petit peu plus de devellopement sur l'histoire du mec qui se décale mais à part ça, c'est chouette ça se lit bien.
Bizarrement, alors que j'aime bien ça, je trouve que l'utilisation de l'argot n'es pas si bien rendu et fait du coup un peu artificiel.
Mais l'idée est vraiment très chouette
donc merci pour ce texte

Hors ligne Elk

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #3 le: 31 juillet 2014 à 15:41:03 »
Citer
Une heure qu’il attend,  et l’autre qui ne sort toujours pas. C’est pourtant pas son habitude. L’épaviste regarde sa montre. Il est déjà deux heures trente et le Gispy Lou ne va pas tarder à fermer. Les autres soirs, l’autre ne passe pas tant de temps à s’alcooliser, une ou deux pintes pour se mettre en jambes, quelques sky pour s’oublier et des shots de rhum pour se finir. Il est dehors à une heure et fait le trajet appuyé sur les épaules de l’épaviste sans broncher. Un brave type, pas compliqué, un peu triste mais il ne le dit jamais.

Bon début ! J'aime bien le style ^^.

Citer
L’épaviste s’en tapent cinq ou six par nuit des comme ça.

s'en tape.

Citer
L’autre est toujours au comptoir, le nez dans un verre whisky encore à moitié plein.

un verre de whisky.

Citer
Il file sa gratte au patron tente de se dégager du bar.

Manque un mot ?

Citer
les coudes appuyer sur le comptoir comme si c’était des ancres.

appuyés
(et quelques répétitions de "comptoir" dans ce coin-là du texte)

Et plus grand-chose dans la suite : j'adore !
L'idée - enfin, les idées - est super. Au début, quand tu ne parles que de l'épaviste, je ne comprenais pas le rapport avec le thème. Mais finalement ça vient tranquillement, on s'aperçoit d'un coup que les phrases se décalent... Bien joué :D.

Et l'ambiance est super chouette  :coeur:

Hors ligne Milla

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #4 le: 31 juillet 2014 à 16:24:03 »
Salut !

au fil du texte :
Citer
Une heure qu’il attend,  et l’autre qui ne sort toujours pas. C’est pourtant pas son habitude. L’épaviste regarde sa montre. Il est déjà deux heures trente et le Gispy Lou ne va pas tarder à fermer. Les autres soirs, l’autre ne passe pas tant de temps à s’alcooliser, une ou deux pintes pour se mettre en jambes, quelques sky pour s’oublier et des shots de rhum pour se finir. Il est dehors à une heure et fait le trajet appuyé sur les épaules de l’épaviste sans broncher. Un brave type, pas compliqué, un peu triste mais il ne le dit jamais. L’épaviste aime bien s’occuper de lui. Ça le change des gros gars qui jouent au concours du plus bourré pour montrer qu’ils en ont. Ils pèsent des tonnes et cherchent la merde à chaque coin de rue. L’épaviste s’en tapent cinq ou six par nuit des comme ça. Il finit sa tournée crevé, le dos en compote d’avoir dû les porter et des beignes plein la gueule des bastons qu’il leur a évitées. Les nénettes c’est plus facile. Il suffit de les prendre dans les bras comme des gosses  et elles s’endorment, bien gentiment. Il n’y a plus qu’à les ramener chez elles en évitant les quartiers qui craignent, ouvrir la serrure à leur place et les mettre au lit pour qu’elles se réveillent le lendemain comme des fleurs en se demandant comment elles ont  fait pour rentrer aussi beurrées. La routine. L’épaviste sait qu’il l'a bien rodée. Il n’y a que les  sms envoyés à tort qu’il a du mal à empêcher. Il a beau faire ce boulot depuis des lustres, il faut bien avouer que c’est un truc pour lequel il manque encore de réactivité.
énorme !!  :coeur: :coeur: l'idée est juste géniale.

Citer
le nez dans un verre whisky encore à moitié plein
un verre de whisky

Citer
Ils n’ont pas l’air près de vouloir sortir
la formulation me gène, le "près de" alourdit peut-être ?

Citer
à coup de truelles pleines de mots spiritueux plus que spirituels
:coeur: :coeur:

Citer
Il file sa gratte au patron tente de se dégager du bar.
une virgule après patron ?

Citer
les coudes appuyer sur le comptoir comme si c’était des ancres.
appuyés

Citer
Combien sont-ils, les épavistes, à roder les rues sans que personne de les remarque ?
ne


Hop là !
Bon alors, le début j'ai adoré, l'idée des épavistes,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

j'ai trouvé ça vraiment bien trouvé et bien mené. avec poésie en +  :coeur:
par contre j'ai pas accroché sur Matthieu/l'autre. Tout le dialogue entre eux m'a paru long et tourner en rond, utile pour parler du "concept" de l'épaviste mais par contre le développement de leur relation et les actions ne m'ont pas touchée, je suis restée extérieure à attendre que ça me surprenne, et puis non. donc un peu déçue de cette partie, mais apparemment les autres lecteurs ont aimés :)

pour le rapport avec anachronisme, je trouve que t'es un peu hors sujet, je vois l'idée de leurs corps décalés dans le temps mais pour moi ça relève + de la distorsion temporelle que de l'élément qui n'est pas à sa place dans cette époque. comme ça se joue sur une temporalité proche et que ça change pas d'époque, ben je trouve que c'est pas tout à fait ça quoi... ou bien j'ai raté une subtilité ?
Merci pour ce texte

Milla



Anlor

  • Invité
Re : Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #5 le: 01 août 2014 à 10:40:20 »
Merci à tous pour vos commentaires !
J'ai corrigé les fautes que vous aviez relevées (pardon pour les étourderies, les mots qui manquent, les accords verbe-COD etc.  >< )

Loïc et Elk :
Merci beaucoup pour vos lectures !

Baptiste :
Quelques lichouseries tout de même
(je connaissais pas le mot ; merci pour l'apport lexical)

Citer
l n’y a que les  sms envoyés à tort qu’il a du mal à empêcher.
espace en tros avant Sms et je trouve ça un peu dommage parce que j'ai l'impression (mais c'est peut être moi) que l'évocation du sms est un peu -comment dire- trop réaliste sur un texte qui ne le devient pas tant que ça.
oui… ça relève de la private joker avec moi-même à vrai dire ; ça m'embêterais un peu de l'enlever du coup, mais si d'autres le relève, j'aviserai.

Et il est sympa le patron de garder la gratte
véridique  :huhu:

Citer
les coudes appuyer sur le comptoir comme si c’était des ancres.
j'aime bien l'image mais je trouve ça un peu maladroit dans la façon de l'exprimer
hum, oui, peut-être le "si c'était" est en trop ? "les coudes appuyé sur le comptoir comme des ancres" ? (je suis pas convaincu non plus)

Citer
’est les mots qui sonnent bien, qui sont censés donner confiance en l’avenir. On sait pas trop lequel, d’avenir, mais y en a un, c’est certain.
Pareil j'aime beaucoup l'idée mais euhhhh, ça mériterais d'être un poil developpé d'après moi
développer ça ? qu'est-ce que tu voudrais développer ? Pour moi ça relevait plutôt du lieu commun mais je sais pas trop…


Citer
Et l’autre qui lui répond toujours sur un ton geignard mais je peux pas mais je peux pas.
ça mériterais des guillemets non ? je sais pas en fait
Oui mais je suis de ces partisans du discours indirect très libre  :huhu:

Citer
C’est sorti sans que l’épaviste ait eu l’impression de le penser. C’est la boule de sang bouillant qui s’est transformée en marée de souvenirs qui tente de l’envahir, de l’assaillir, de lui rappeler que ça faisait longtemps que tout le monde s’en foutait, de lui, que c’est comme ça qu’il avait commencé à se décaler puis à disparaitre complètement du présent. Combien sont-ils, les épavistes, à roder les rues sans que personne de les remarque ?
:coeur:
merci, ça m'a permis de voir qu'il y avait un gros souci de concordance de temps ici ; j'ai corrigé  :mrgreen:

donc, j'aime beaucoup. Je trouve que ça aurait mérité un petit peu plus de devellopement sur l'histoire du mec qui se décale mais à part ça, c'est chouette ça se lit bien.
parfaitement d'accord. Le problème, c'est qu'il ne me reste que 300 mots… et en 300 mots, clairement, je peux pas vraiment développer ; je crois que ça aurait l'air encore plus superficiel si je commençais à creuser l'histoire de Mathieu sans aller trop loin. Du coup, j'ai pris le parti de ne rien sur ce qui l'avait mis dans cet état, qu'on comprenne juste qu'il était plus ou moins alcoolique/dépressif, que ça devait pouvoir s'expliquer mais que c'était pas le propos ici. Je sais pas. Je pense pas vraiment le modifier maintenant, mais reprendre ces personnages plus tard pourquoi pas (en 50 000 mots, par exemple ?  :mrgreen: )

Bizarrement, alors que j'aime bien ça, je trouve que l'utilisation de l'argot n'es pas si bien rendu et fait du coup un peu artificiel.
Alors, j'étais d'accord, j'ai relu, et au final je sais pas. J'ai pas l'impression d'en abuser tant que ça, de l'argot, justement, dans la deuxième personne. Peut-être que c'est la récurrence du "hein" qui te plait pas ?

Mais l'idée est vraiment très chouette
donc merci pour ce texte
Merci pour ton commentaire !

MillaNox :
Citer
Ils n’ont pas l’air près de vouloir sortir
la formulation me gène, le "près de" alourdit peut-être ?
hum, oui, mais j'avoue que là tout de suite je ne vois pas trop par quoi le remplacer ; j'y réfléchis.

Hop là !
Bon alors, le début j'ai adoré, l'idée des épavistes,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

j'ai trouvé ça vraiment bien trouvé et bien mené. avec poésie en +  :coeur:
par contre j'ai pas accroché sur Matthieu/l'autre. Tout le dialogue entre eux m'a paru long et tourner en rond, utile pour parler du "concept" de l'épaviste mais par contre le développement de leur relation et les actions ne m'ont pas touchée, je suis restée extérieure à attendre que ça me surprenne, et puis non. donc un peu déçue de cette partie, mais apparemment les autres lecteurs ont aimés :)
ben, l'intérêt du dialogue (si il y en a un  :mrgreen: ) c'est à la fois de se rendre compte du décalage de Mathieu dans le temps avec ses 4 répliques de retard et la réaction de l'épaviste qui prend conscience qu'il n'est pas différent de l'autre, bien au contraire.
Après, j'avoue que je ne suis pas satisfait de ce dialogue ; j'aurais aimé accentuer le décalage et faire en sorte d'éviter les redondances (parce que oui, je suis d'accord avec toi sur ce point ; même si j'ai voulu créé une évolution, je comprends qu'on ait l'impression que ça tourne en rond) ; mais le problème est toujours le même : manque de mots je crois. Je vais voir si je peux retoucher ça d'ici le 21 aout, mais je ne pense pas avoir vraiment le temps  :-[

pour le rapport avec anachronisme, je trouve que t'es un peu hors sujet, je vois l'idée de leurs corps décalés dans le temps mais pour moi ça relève + de la distorsion temporelle que de l'élément qui n'est pas à sa place dans cette époque. comme ça se joue sur une temporalité proche et que ça change pas d'époque, ben je trouve que c'est pas tout à fait ça quoi... ou bien j'ai raté une subtilité ?
Alors, j'ai pris "anachronismes" au sens (très) large ; et mon pote le Trésor de la langue française dit entre autres :
Citer
2. Personne dont le genre de vie, le mode de pensée ou de sentir, est en retard sur ses contemporains :
et aussi :
Citer
Composé du préf. gr. α ̓ ν α- « en haut, en remontant, ou pêle-mêle » et de χ ρ ο ́ ν ο ς « temps »; suff. -isme*.
du coup, j'ai choisi de faire de l'anachronisme ce décalage entre mes persos et le présent ; décalage qui les pousse d'abord à toujours répondre "en retard" comme Mathieu puis à disparaitre du présent comme l'épaviste (anachronisme au pluriel, mes deux persos sont des anachronismes en soi, en trifouillant un peu on y arrive, si si, j'vous jure  :mrgreen: )

Merci pour ce texte
Merci de l'avoir lu !

Hors ligne Spes

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #6 le: 01 août 2014 à 11:28:24 »
Coucou,

Le début de ton texte m'avait tapé dans l’œil ; depuis, je voulais le commenter ^^

De façon générale, il n'y a pas beaucoup de souci de forme ; je trouve que c'est bien écrit ^^ Il y a du suspense, la tension monte lorsque l'épaviste raccompagne l'homme ; l'idée est originale.

En bref, j'ai beaucoup aimé ton texte ! J'apprécie aussi la fin, les personnages qui déraillent, qui tombent et s'égratignent, qui se touchent, qui s'aident (je n'avais pas envie qu'ils restent distants tout du long, comme des inconnus) ; l'idée qu'ils se connaissaient avant mais qu'on n'en sait pas plus.

Quelques suggestions d'ajout de virgules :

"À côté virgule il y a un type qui joue de la guitare."
"Avec tout ça virgule il est en train de laisser tomber (...)"
"Ses mouvements sont un peu trop hésitants virgule et le voilà qui tombe à la renverse avec son tabouret."
"il doit bien y avoir une solution à ton problème virgule là."

D'autres remarques :

Citer
Le type serre un peu plus fort son whisky entre ses deux mains, les coudes appuyer sur le comptoir comme si c’était des ancres.
les coudes appuyés (..) comme si c'étaient

Citer
« Dis pas ça, les jours sont pas tous pareils, il suffit d’être un peu ouvert à ce qui se passe. Avancer. »
"D'avancer", plutôt, je pense, s'il s'agit bien de dire "il suffit d'avancer"

Citer
On est mal barré, on est mal barré.
:mrgreen:

Citer
Dehors, l’air est frais, on doit être au début de l’automne.
A ce point, je me dis qu'il y a quand même beaucoup de "on"

Citer
personne ne me comprends.
pas de "s"

Citer
lui rappeler que ça faisait longtemps que tout le monde s’en fout, de lui, que c’est comme ça qu’il a commencé à se décaler puis à disparaitre complètement du présent. Combien sont-ils, les épavistes, à roder les rues sans que personne ne les remarque ?
joli ^^

Citer
« Comment tu sais mon prénom ? »
Oui, comment ? J'aimerais bien savoir, moi  :mrgreen:

Bon courage pour les corrections !

Hors ligne Doctor Grimm

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #7 le: 01 août 2014 à 18:50:33 »
Coucou !

Euh ben, pas grand chose à dire, j'ai beaucoup aimé, c'est bien mené, c'est très chouette, et les réponses à la bourre de Matthieu c'est  :coeur: (je te fais pas de commentaire détaillé parce qu'il y en a déjà eu et que je suis pas très motivée mais de toute façon c'est tout très bien  :huhu:)

Merci !
Toute ma peau est maladésir.

Anlor

  • Invité
Re : Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #8 le: 05 août 2014 à 15:45:17 »
Salut les commentateurs !

Spes :
Quelques suggestions d'ajout de virgules :

"À côté virgule il y a un type qui joue de la guitare."
"Avec tout ça virgule il est en train de laisser tomber (...)"
"Ses mouvements sont un peu trop hésitants virgule et le voilà qui tombe à la renverse avec son tabouret."
"il doit bien y avoir une solution à ton problème virgule là."
j'ai ajouté la première et la dernière ; pour les deux autres, je préfère qu'il n'y ait pas de rupture dans la phrase en fait  :-[

Citer
« Dis pas ça, les jours sont pas tous pareils, il suffit d’être un peu ouvert à ce qui se passe. Avancer. »
"D'avancer", plutôt, je pense, s'il s'agit bien de dire "il suffit d'avancer"
J'arrive pas à me décider. Parce que oui, grammaticalement, t'as raison, mais j'aime pas comment ça sonne  :-\

Citer
Dehors, l’air est frais, on doit être au début de l’automne.
A ce point, je me dis qu'il y a quand même beaucoup de "on"
Je, euh, rien. Mais j'aime bien les "on". (y en a vraiment tant que ça ? C'est choquant ?)

Bon courage pour les corrections !
Merci bien ! J'ai pris en compte tes remarques, normalement ça devrait être plus lisible au niveau orthographique maintenant ^^

Doctor Grimm :
Euh ben, pas grand chose à dire, j'ai beaucoup aimé, c'est bien mené, c'est très chouette, et les réponses à la bourre de Matthieu c'est  :coeur: (je te fais pas de commentaire détaillé parce qu'il y en a déjà eu et que je suis pas très motivée mais de toute façon c'est tout très bien  :huhu:)
oh ben c'est gentil. Et puis comme ça j'ai l'impression de pouvoir me tourner les pouces sans m'acharner sur une V2  :mrgreen:

Merci pour vos lectures !

Hors ligne Kailiana

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #9 le: 05 août 2014 à 19:39:04 »
Franchement bien ! Un chouïa long à un moment, mais en fait non. Ca se lit super bien, ça coule tout seul, et les idées (de l'épaviste et de l'anachronisme) sont super bien trouvés.
En fait à part dire que j'ai aimé, j'ai rien de constructif à dire, désolée  :-[  J'adore le ton décalé des dialogues, le fait d'en découvrir un peu sur les perso mais pas trop, bref.  Merci pour ce texte, c'était bien sympathique !

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #10 le: 05 août 2014 à 21:44:03 »
Très bon texte, merci, passionnant.
Belles idées développées, style très sympa et on finit dans un flou rapprochement qui nous laisse gamberger sur la suite.

Pas compris le coup du prénom Mathieu connu par l'épaviste... désolé (suis-je décalé aussi  :mrgreen: ?)

Citer
Il finit sa tournée crevé, le dos en compote d’avoir dû les porter et des beignes plein la gueule des bastons qu’il leur a évitées.
J'aurais mis une virgule avant "et des beignes", je n'ai pas compris le sens de la phrase à la première lecture.

Citer
Il n’y a que les sms envoyés à tort qu’il a du mal à empêcher.
j'ai vu que c'était une private joke, je confirme que je ne comprends pas

Citer
« Tu me vois ?
- Bien sûr je te vois. Tu crois quoi ? »
pas super clair... c'est l'épaviste qui s'assure que l'autre est en état de le voir ; c'est sa façon à lui de lui faire comprendre que c'est l'heure ? et l'autre est ivre mais pas aveugle. C'est ça ?

Citer
Le patron lave ses verres comme si de rien était.
de rien n'était ? non ? met-on une négation dans cette tournure (des correcteurs de compet sont déjà passé alors je dois me gourrer... mais google (ouah la référence de site de grammaire !) me propose un film : Comme si de rien n'était est un film de Pierre-Olivier Mornas avec Alice Carel, Pierre-Olivier Mornas.)

Citer
Ils refont un monde d’ivrognes en tapant sur le grand capital à coup de truelles pleines de mots spiritueux plus que spirituels.
énorme !

Citer
Depuis combien de temps n’a-t-il pas fait attention à la date ?
pas facile mais il doit y avoir moyen de faire mieux, peut-être expliquer un poil

Citer
Plus de passé, plus de présent, plus ce putain d’avenir
pourquoi n'as-tu pas écris "plus de ce putain d'avenir" après les deux "plus de"

J'adore la dernière phrase, la subtilité du boîtement.

Merci pour ce super texte.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #11 le: 05 août 2014 à 22:00:57 »
J'adore le concept de l'épaviste, c'est trop bien trouvé !

Citer
Il n’y a que les sms envoyés à tort qu’il a du mal à empêcher. Il a beau faire ce boulot depuis des lustres, il faut bien avouer que c’est un truc pour lequel il manque encore de réactivité.
Ça n'apporte pas grand chose, si ? D'autant plus que c'est pas tout à fait compréhensible pour les exclus de la private joke.

Citer
« Bon, bon, bon. Je vais le chercher. »
Vraiment besoin d'un discours direct ? Enfin il a le droit de parler tout seul s'il veut, c'est juste que ça fait plus pensée que parole.

Citer
La psychologie de comptoir, ça n’a jamais été son fort.
ohohoh
un peu facile, non ?

Très bien géré le décalage dans le dialogue, c'est bluffant.
En plus d'être super intéressant et touchant.

Citer
que c’est comme ça qu’il a commencé à se décaler puis à disparaitre complètement du présent
je ne comprends pas pourquoi il n'a pas compris plus tôt dans ce cas, dès la première mention du décalage ?

 
Adorable, ce texte. Bien construit, émouvant, en retenue malgré tout.
Moi aussi je mets un smiley cœur parce que j'ai rien à ajouter :coeur:

Anlor

  • Invité
Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #12 le: 05 août 2014 à 22:09:04 »
Sur la forme, rien ne m'a fait tiquer. Par contre j'ai adoré, ça se lit super bien, une très belle ambiance. L'idée de l'épaviste est géniale, l'anachronisme me plaît beaucoup, c'est une vision originale et en plus c'est très fluide et bien raconté. La fin est chouette. A la limite j'aurais aimé que ça dure un peu plus longtemps mais t'aurais peut-être débordé. Bravo pour ce texte et merci pour la lecture ! Depuis le début j'avais le feeling que ton texte serait un chouette texte alors j'ai attendu d'être tranquille pour le lire posément, je regrette pas.

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Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #13 le: 06 août 2014 à 06:57:53 »
 :)

Citer
à coup de truelles pleines de mots spiritueux plus que spirituels
J'ai adoré cette phrase, une jolie trouvaille.

Mon avis va un peu divergé de la plupart des commentaires. J'ai beaucoup aimé le début, enfin l'écriture en elle-même qui avait un côté poétique qui se prêtait bien au concept. Le principe de l'épaviste (même si ce nom ne me paraît pas très approprié) est bien trouvé, sore d'ange-gardien au rabais. Mais comme Milla, tu m'as perdu au moment où Mathieu et l'épaviste sortent du bar. On comprend vite la détresse de Mathieu, mais on traîne en longueur. Il est en décalage, mais ce n'est pas très clair. C'est un phénomène fantastique, un trouble psychique, une simple impression ? Et comment cela s'est produit ?

Même chose pour l'épaviste. On ne sait pas vraiment qui il est.

Et c'est malheureusement un peu hors-sujet, parce que l'anomalie, si on peut l'appeler comme ça, de Mathieu n'est pas un anachronisme.

Ah et dernière chose, on n'a pas de réponse à la question de Mathieu :
Citer
« Comment tu sais mon prénom ? »
Ni sur la raison pour laquelle Mathieu peut voir son épaviste, alors que visiblement les autres ne peuvent pas les voir.

Trop d'éléments, donc, qui m'empêchent d'apprécier ce texte autant que possible. Mais je le répète, l'idée est belle, l'écriture fluide et poétique, avec de belles trouvailles. Une belle lecture malgré tout  :)
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

Anlor

  • Invité
Re : Re : [AT n°4 - T03] L'épaviste
« Réponse #14 le: 06 août 2014 à 13:33:56 »
Ah ouais, genre vous commentez tous en une nuit quoi  :o

Kailiana :
Merci beaucoup pour ton retour ! Ça fait toujours plaisir à lire  :mrgreen:

RémiDeLille :
Pas compris le coup du prénom Mathieu connu par l'épaviste... désolé (suis-je décalé aussi  :mrgreen: ?)
ben, en soi, l'épaviste le ramène chez lui presque tous les soirs ; donc même s'ils n'ont jamais parlé avant puisque Mathieu n'avait pas euh, conscience de son existence, c'est tout à fait probable que l'épaviste l'ait déjà entendu/lu sur la boite aux lettres etc. (après on peut s'imaginer d'autres trucs hein, gamberger et compagnie, c'est cool aussi  :mrgreen: )

Citer
Il finit sa tournée crevé, le dos en compote d’avoir dû les porter et des beignes plein la gueule des bastons qu’il leur a évitées.
J'aurais mis une virgule avant "et des beignes", je n'ai pas compris le sens de la phrase à la première lecture.
hum, oui, mais j'aime bien sans coupure ; je vais y réfléchir.

Citer
Il n’y a que les sms envoyés à tort qu’il a du mal à empêcher.
j'ai vu que c'était une private joke, je confirme que je ne comprends pas
mais je suis le seul à avoir des problèmes avec les sms quand j'ai bu ? Ça vous le fait jamais ? Le sms, là, à la personne qu'on sait très bien qu'il faudrait pas qu'on lui écrive mais que comme on a bu on le fait quand même et on le regrette le lendemain ?  :-\

Citer
« Tu me vois ?
- Bien sûr je te vois. Tu crois quoi ? »
pas super clair... c'est l'épaviste qui s'assure que l'autre est en état de le voir ; c'est sa façon à lui de lui faire comprendre que c'est l'heure ? et l'autre est ivre mais pas aveugle. C'est ça ?
non, c'est que personne ne voit l'épaviste normalement.

Citer
Le patron lave ses verres comme si de rien était.
de rien n'était ? non ? met-on une négation dans cette tournure (des correcteurs de compet sont déjà passé alors je dois me gourrer... mais google (ouah la référence de site de grammaire !) me propose un film : Comme si de rien n'était est un film de Pierre-Olivier Mornas avec Alice Carel, Pierre-Olivier Mornas.)
ah oui, certainement, merci, je corrige.

Citer
Depuis combien de temps n’a-t-il pas fait attention à la date ?
pas facile mais il doit y avoir moyen de faire mieux, peut-être expliquer un poil
vraiment ? j'ai peur que ça devienne lourd en expliquant

Citer
Plus de passé, plus de présent, plus ce putain d’avenir
pourquoi n'as-tu pas écris "plus de ce putain d'avenir" après les deux "plus de"
parce que ce serait pas grammaticalement correct ?
il n'y a plus de passé / il n'y a plus ce putain d'avenir


Merci pour ce super texte.
Merci pour ton commentaire !

Zacharielle :
Citer
Il n’y a que les sms envoyés à tort qu’il a du mal à empêcher. Il a beau faire ce boulot depuis des lustres, il faut bien avouer que c’est un truc pour lequel il manque encore de réactivité.
Ça n'apporte pas grand chose, si ? D'autant plus que c'est pas tout à fait compréhensible pour les exclus de la private joker.
:s

Citer
« Bon, bon, bon. Je vais le chercher. »
Vraiment besoin d'un discours direct ? Enfin il a le droit de parler tout seul s'il veut, c'est juste que ça fait plus pensée que parole.
c'est juste pour faire une rupture dans la narration.
(et quand même, on remarquera le suspens et l'intensité émotionnelle contenus dans ce "Bon, bon, bon.")

Citer
La psychologie de comptoir, ça n’a jamais été son fort.
ohohoh
un peu facile, non ?
et alors ?  :mrgreen:

Citer
que c’est comme ça qu’il a commencé à se décaler puis à disparaitre complètement du présent
je ne comprends pas pourquoi il n'a pas compris plus tôt dans ce cas, dès la première mention du décalage ?
Alors, peut-être que je l'ai pas bien amené en effet, mais pour moi, l'épaviste fait une espèce de déni. D'abord il rejette complètement l'attitude de Mathieu, au point d'en devenir violent. Mais en fait, c'est pas tant que Mathieu l'énerve, mais plus que justement, il se reconnait en lui, et que, inconsciemment, il ne le supporte pas. Je voulais que la prise de conscience soit progressive, qu'il y ait d'abord cette espèce de haine dirigée à la fois contre Mathieu et contre lui-même, puis que peu à peu il se laisse envahir par les souvenirs qu'il avait ensevelit sous sa routine d'épaviste.
Je suis pas sûr d'être très clair  :/

Adorable, ce texte. Bien construit, émouvant, en retenue malgré tout.
Moi aussi je mets un smiley cœur parce que j'ai rien à ajouter :coeur:
:coeur: sur vous alors

jake07 :
Merci beaucoup pour tes retours !

Aphone :
Mon avis va un peu divergé de la plupart des commentaires. J'ai beaucoup aimé le début, enfin l'écriture en elle-même qui avait un côté poétique qui se prêtait bien au concept. Le principe de l'épaviste (même si ce nom ne me paraît pas très approprié) est bien trouvé, sore d'ange-gardien au rabais.
(je ressors juste mon pote le Trésor de la langue française informatisé qui dit :
Citer
ÉPAVE : […] b) Personne qui, à la suite de malheurs, de revers, est diminuée physiquement ou moralement.
donc euh, voilà, d'où l'épaviste qui va chercher les épaves au bar (mais en vrai ça vient surtout d'une affiche qui m'a fait rigoler, ce nom))

Mais comme Milla, tu m'as perdu au moment où Mathieu et l'épaviste sortent du bar. On comprend vite la détresse de Mathieu, mais on traîne en longueur. Il est en décalage, mais ce n'est pas très clair. C'est un phénomène fantastique, un trouble psychique, une simple impression ? Et comment cela s'est produit ?
un peu tout à la fois ? un trouble psychique qui se transforme en phénomène fantastique ?
Et ce que je me demande, en fait (je comprends tout à fait ta remarque hein, c'est pas une manière de justification, c'est que je me pose vraiment la question) c'est : est-ce qu'à tout expliquer en si peu de mot, je perdrais pas une grande partie de l'ambiance et du fantastique de mon texte ? Parce qu'au final j'en arriverais à moitié phénomène/moitié explications et je suis pas sûr que les explications soient si intéressantes. Enfin, personnellement, je trouve les interactions entre les persos et l'ambiance plus importantes que les explications, mais peut-être que c'est un tort, je sais pas  :-\

(mais sinon, plus ça va, plus je me dis que si j'ai le temps, j'en fais un nano)

Et c'est malheureusement un peu hors-sujet, parce que l'anomalie, si on peut l'appeler comme ça, de Mathieu n'est pas un anachronisme.
ben du coup je te renvoie à l'explication que j'ai faite à MillaNox qui, pour moi une fois encore, semble se tenir, mais bon, c'est vous qui décidez  :-[

Ah et dernière chose, on n'a pas de réponse à la question de Mathieu :
Citer
« Comment tu sais mon prénom ? »
Ni sur la raison pour laquelle Mathieu peut voir son épaviste, alors que visiblement les autres ne peuvent pas les voir.
la question de Mathieu, à ce moment, elle sert juste à montrer qu'il rattrape peu à peu le décalage, et justement, c'est important que l'épaviste ne réponde pas à ce moment et que Mathieu soit le seul à remonter le dialogue tel un saumon dépressif.
Et pour ce qui est du fait que Mathieu voit l'épaviste, ça s'explique parce qu'il est en passe d'en devenir un, justement, mais encore une fois, je sais pas si c'est très intéressant de le dire  :-[

Trop d'éléments, donc, qui m'empêchent d'apprécier ce texte autant que possible. Mais je le répète, l'idée est belle, l'écriture fluide et poétique, avec de belles trouvailles. Une belle lecture malgré tout  :)
Merci pour ton commentaire en tout cas ! C'est sympa d'avoir des avis différents !  :)

 


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