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09 Juin 2026 à 05:17:58
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » A vive allure

Auteur Sujet: A vive allure  (Lu 3401 fois)

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
A vive allure
« le: 09 Mars 2008 à 16:30:20 »
Résumé : (si on peut résumer une nouvelle) C'est l'histoire d'un gars qui s'est un peu paumé... !!
Longueur : 4 pages et des poussières
Genre : fantastique (encore une nouvelle du maléfique David Copper ?)

Commentaire : tiens, c'est ma première nouvelle ici !

Hu hu, j'espère que vous aimerez bien ! Je l'ai postée aussi sur PF. Voilà... !

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2ème version
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à vive allure

Je courais dans des bois que je ne connaissais pas. Perdu dans le noir, les arbres me surprenaient, leurs doigts crochus saisissaient mes vêtements. Mais j’étais poursuivi, et il fallait que je m’échappe. La tension s’agrippait à moi comme le
lierre qui étouffait le mur de la grange, chez mon grand-père. J’étais certain qu’un liquide sombre et visqueux circulait dans mes veines.  Je ne savais plus si j’avais les yeux ouverts ou non. Par contre, la sensation de course était très réaliste, en attestait cette douleur musculaire dans les jambes. Mon cœur battait à toute allure et la respiration désordonnée ne put mener qu’au point de côté. Je regrettais de ne pas faire de sport plus souvent, j’aurais peut-être
eu plus d’endurance. Je peinais. Alors que je songeai à m’arrêter pour reprendre mon souffle et faire disparaître cette pointe douloureuse dans les côtes, je vis briller devant moi une petite lumière. Je ne comprenais pas bien où elle se situait dans l’espace, à quelle hauteur elle se plaçait. Je crois qu’elle bougeait. Comme un papillon aveuglé, j’accélérai encore l’allure pour me diriger vers la lampe, espérant y trouver une présence humaine m’expliquant ce bazar. Je ne tins pas longtemps l’accélération mais ce fut suffisant pour atteindre ce phare qui me guidait. C’était beaucoup moins loin que je ne l’avais estimé.

J’arrivai derrière une haie d’hiver, dépourvue de toute végétation. Je forçai un passage, là où il me semblait que c’était le moins dense, vers ce qui se dessinait comme le quai d’une gare. La transpiration me fit frissonner plusieurs fois de suite. Avec de grands efforts, je parvins à distinguer la silhouette du porteur de la lampe. J’allais le héler quand il braqua le faisceau lumineux droit sur mon visage, me forçant à me protéger les yeux de mon bras. Derrière lui, j’étais
certain d’avoir aperçu un train aux teintes rougeâtres.
- Qu’est-ce que vous attendez ? cria-t-il.
Je sursautai, je ne m’attendais pas à ce que sa voix fusse aussi aiguë.
- Montez, m’ordonna-t-il sèchement.
Je grimpai à bord du premier wagon sans trop me poser de questions. J’avais mal à la tête à force de respirer n’importe comment et à cause de cette lumière vive qui continuait à faire des étincelles devant mes yeux alors que la lampe était
maintenant derrière moi. J’entendis un bref coup de sifflet et sentis le train se mettre en marche.
Après avoir soufflé comme un bœuf, plié en deux au milieu de la rame, je jetai un coup d’œil autour de moi. Les voyageurs avaient tous, sans exception, le regard tourné vers l’extérieur ; le seul son qui troublât l’affreux silence, alors aussi lourd qu’une chape de plomb, c’était ma propre respiration. Ayant plus ou moins repris mes esprits, le point de côté s’estompant, j’arpentai le plus discrètement possible de reste du wagon avant de trouver une place de libre.
- Je p… ? demandai-je si timidement que ma voix disparut dans le coup de klaxon que le train poussa pile à ce moment là.
Mon voisin ne parut pas m’avoir entendu (ce qui, sur le coup, m’avais soulagé) et je m’installai. J’avais encore un peu de mal à remettre de l’ordre dans tout ça, mais au moins, j’étais sûr de deux choses : que j’étais assis et que j’étais au chaud. Une avancée extraordinaire, me diriez-vous. Bien. Il serait maintenant temps de savoir où j’allais. Désespérément, je cherchai à capter un regard mais ils avaient tous la tête obstinément tournée vers les fenêtres. Je ne compris d’ailleurs pas pourquoi : il faisait nuit noire. Ils n’étaient quand même pas tous en train d’admirer leur reflet ? Je rejetai cette  idée stupide avec une certaine lassitude. Ça ne m’avançait pas tellement. Aucune expression sur leurs visages. J’agitai la main, claquai les doigts. Rien. Pas de réaction. Je commençai à paniquer.

Dans quoi m’étais-je encore embarqué ? Alors que cette question tournait en rond sous ma boîte crânienne, j’entendis la porte s’ouvrir derrière moi et une voix forte et aiguë (la même que sur le quai) énoncer clairement ces mots :
- Contrôle des titres de transport, s’il vous plaît.
Je me retournai, interloqué, et découvris enfin le visage du contrôleur de toute à l’heure. Il avait le teint livide, les yeux très loin de leur place habituelle et une bouche si mince qu’elle dessinait à peine un fil sur sa face blanchâtre. Ses cheveux longs et noirs (et très gras, notai-je avec une pointe de dégoût) dégoulinaient sous une casquette ayant fait son temps. Son uniforme était gris et sans forme. Son intervention fit à peine frémir les passagers qui se contentèrent de présenter leurs mains lorsqu’il arrivait à leur niveau. Une nouvelle fois, je sentis la panique mettre le feu au ventre. Je n’avais pas d’argent sur moi. Ma femme allait sans doute râler si je ramenai une amende. Quand le contrôleur arriva à côté du groupe des quatre sièges où je m’étais assis, je fus le dernier à qui il tendit la main.
- Hé bien, monsieur ? demanda-t-il avec un zeste d’impatience.
- Je suis désolé, je suis monté à bord à la dernière seconde, je n’ai pas…
Il me coupa et d’un ton sec :
- Votre main.
Je lui montrai de mauvaise grâce. Qu’est-ce que ma main avait à voir là-dedans ? Il l’observa un instant avant de me regarder droit dans les yeux. Je frémis. Il avait la pupille en spirale. Etaient-ce des lentilles ? Je formulai mentalement cette hypothèse à défaut d’autre explication.
- Vous êtes vivant ?
Quoi ? Mais c’était quoi cette histoire encore ? Une caméra cachée ?
- Oui, enfin…
- Hum, constatât-il. Vous vous êtes trompé.
- Ah, bon, bien, vous n’avez qu’à me laisser descendre au prochain arrêt et…
- Il n’y a pas d’arrêt. Vous êtes dans le train pour les morts.
Je restai muet, interloqué. Un train pour les… mais quoi, on se fichait de moi, à la fin ? Bon. Quelle histoire, vraiment.
Restons calme.
- Veuillez me suivre s’il vous plaît.
J’obéis à la voix dorénavant rugueuse et le suivis. Nous traversâmes deux wagons identiques avant d’arriver à la cabine de contrôle où il me fit assoir sur un strapontin avant de saisir un téléphone.
- Oui, on a un problème… Pas un gros problème, je dirai plutôt un problème substantiel.
Je déglutis difficilement. Qu’allaient-ils faire de moi ? Pourquoi étais-je dans un train pour les morts ? Est-ce que j’allais pouvoir rejoindre le monde des vivants ? Au bout de quelques échanges que je ne compris pas, il raccrocha.
- Quand arrive-t-on à destination ? arrivai-je à demander, non sans mal.
- Quelques jours.
- Quelques jours !
- Oui. Vous imaginez bien, il faut de la vitesse pour quitter l’orbite terrestre.
Si j’avais été de nature fragile, je crois que je me serai évanoui à ce moment là. Quitter l’orbite terrestre, dieu mais pour quoi faire ? Le sentiment de désespoir qui éclata dans ma tête fit soudain céder le barrage qui tenait mes larmes loin derrière. Je pleurai comme un gosse effrayé. Je n’étais pas mort bon sang, j’avais quarante deux ans, une femme et
quatre enfants, je n’étais pas mort, cela n’avait aucun sens, alors pourquoi m’étais-je retrouvé dans ce train ? J’essayai péniblement de ressaisir mes souvenirs. Je n’arrivais pas à remonter plus loin dans le temps qu’au moment où je me mettais à courir dans les bois, certain d’être poursuivi. Les larmes cessèrent peu à peu de couler. Je continuai pourtant à regarder mes chaussures pleines de boue à cause de ma course dans le noir.
- Café ? me proposa le contrôleur, la voix âpre radoucie.
- Je veux bien, merci.
Je mis beaucoup de temps à boire le contenu du gobelet en plastique. Sans doute pour m’éviter de penser à autre chose.
- Ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas la première fois que ça arrive.
- Pardon ? Il y a déjà des vivants qui se sont trompés ?
Une lueur d’espoir me perça le cœur avec une précision délectable. Je regardai les pupilles en spirales de mon guide dans ce monde étrange des morts. Il n’était pas si effrayant, somme toute.
- Mon collègue vous aidera quand nous arriverons. En attendant, il faut être patient. Je vous reconduis dans votre wagon et je continue les contrôles. Suivez-moi s’il vous plaît.
Je le suivis de nouveau, plus rassuré. Je retrouvai le passager à côté duquel j’étais assis. Je l’observai quelque temps avant que mes paupières ne se ferment. J’étais tellement fatigué et tellement soulagé que tout s’arrange que je m’endormis très rapidement.. Je me réveillai je ne sais combien de temps plus tard, la bouche ouverte, de la bave dégoulinant sur le menton. Je passai rapidement la main afin d’effacer cet affront à la distinction et regardai autour de
moi avec un œil neuf. Très rapidement, je fus capable de déterminer la cause de mon réveil. Nous allions à une telle vitesse qu’à l’extérieur, les étincelles formaient le seul paysage. C’était sans doute ce crépitement lumineux qui m’avait tiré du sommeil. En revanche, je retrouvai les passagers tels que je les avais quittés : immobiles et silencieux, le regard dirigé vers le dehors. Au moins, cette fois-ci, ils avaient du spectacle. Je me sentais d’humeur joviale : j’avais beau être à bord d’un train pour les morts, je savais que j’allais m’en sortir. Aussi, je profitai pleinement de cette situation exceptionnelle en essayant d’enregistrer le maximum de détails. Au bout d’un moment, je me rendis compte que j’avais la vessie pleine et le ventre vide. Je me levai et parcourus le wagon à la recherche de solution pour ces deux problèmes. La visite des toilettes terminée, la deuxième partie de ma mission commença. Elle fut plus difficile. Ne sachant à qui m’adresser, je retournai à la cabine du contrôleur. J’avais du mal à me déplacer à cause de la vitesse de la rame. Et puis, plus j’y pensai, plus la faim se faisait sentir. Mon estomac vide gargouillait impitoyablement. Je n’imaginai même pas regarder ma montre pour savoir combien de temps s’était écoulé depuis la dernière fois que j’avais mangé. J’étais certain qu’ici, le temps faisait n’importe quoi. Je toquai à la porte du mon guide. Il m’ouvrit. Comme les passagers, il n’avait pas changé d’un iota.
- Un problème ? demanda-t-il.
- Oui, excusez-moi, où pourrais-je trouver à manger ?
- Ah. De la nourriture. C’est vrai.
Il parut réfléchir à mon souci avec le plus grand sérieux.
- Euh, bien, je vais voir si nous avons encore un stock de secours.
Il farfouilla dans toute sa cabine et trouva enfin, au bout d’une dizaine de minutes, une boîte de conserve.
- Ca vous va ?
Oui. C’était du thon en boîte. Je n’osai pas regarder la date de péremption. Je dévorai le contenu en évitant de mettre de l’huile partout. Une fois fini, je m’essuyai les mains.
- C’est bon ?
- Je crois. Merci beaucoup.
J’avais encore très faim mais je me sentais un peu malade, je préférai donc m’arrêter là.

Le reste du voyage se passa plus ou moins rapidement et plus ou moins péniblement. J’avais appris à m’y faire, et la faim comme le mal de tête ne furent que des voyageurs supplémentaires. Quitter l’orbite terrestre me fit simplement vomir le peu que j’avais dans l’estomac. En arrivant à destination, j’avais du mal à tenir sur mes jambes, j’étais tout flagada. J’imaginai mon cerveau avec une consistance de flan tremblotant. Le contrôleur resta avec moi avant de me confier à un autre type en uniforme, au teint beaucoup plus rougeaud. Celui-ci me conduit dans une petite salle loin de l’effervescence de l’arrivée des morts. Ceux-ci passaient à côté de moi sans me voir, se dirigeant vers les tables d’enregistrement au bout du quai. Il y en avait une foule. .
Je parvenais à distinguer le plafond de la gare mais il était par contre impossible de déterminer le nombre de voies. Un millier peut être. J’avais très mal à la tête.
- Vous avez de la famille ?
Etait-il possible que je me sois assoupi ? J’étais assis face à l’inconnu que le contrôleur m’a présenté tout à l’heure. Il y avait sur la table des tas de papiers. En voyant ces montagnes, je fus saisi d’horreur. Devait-on remplir tout ceci avant de me laisser repartir ? Mon interlocuteur dû percevoir mon abattement soudain puisqu’il me demanda si je voulais de l’eau. Je hochai la tête, tout à fait ravi de pouvoir clarifier la situation avec un peu de fraîcheur liquide.
- Avez-vous de la famille ? reprit-il quand je fus plus détendu.
- Une femme et quatre enfants, répondis-je avec réticence.
Je ne savais pas bien ce qu’allait faire ma famille dans toute cette histoire. Ils n’allaient pas quand même les faire venir aussi ?
- Ah, oui, c’est fâcheux…
- Pourquoi ? demandai-je, étonné.
- Eh bien, on ne peut pas vous faire disparaître comme ça de la surface de la Terre, ça va faire des remous, et puis la Haute Instance des Morts va encore nous tomber dessus. Ils détestent les erreurs ! Que voulez-vous. C’est à cause de la Mort. Des fois, elle chasse les gens au hasard. C’était sans doute votre cas. Elle a un travail très difficile. Des fois, elle a besoin de décompresser, mais il se trouve que vous étiez sur son chemin. Alors elle vous a poussé jusqu’au train et… voilà.
- Non… c’est vrai ?
Voilà qui était épatant. Je me surpris à étouffer un rire. C’était tellement invraisemblable cette situation ! Une erreur !
- C’est vrai et c’est bien embêtant. Voyez-vous, je dois remplir toute cette paperasse, ça me prend beaucoup de temps. On doit réorganiser le lien entre la Mort et vous, sinon vous ne pourrez pas mourir quand elle viendra vous chercher pour de vrai.
- Ah ? Bien, faites comme bon vous semble, si je puis vous aider…
Sur ce, le type me posa un nombre incalculable de questions toutes plus saugrenues les unes que les autres. Elles me parurent bien inutiles et la liste me sembla d’autant plus longue que j’étais exténué. Quand enfin le monsieur avait terminé, il me pria de bien vouloir patienter dans la chambre à côté. Je ne me le fis pas répéter deux fois et m’effondrai sur le premier sofa venu.

Une ou deux heures plus tard (enfin, pour être honnête, j’inventais ces tranches horaires pour essayer de ne pas me perdre totalement dans le flux temporel), on me réveilla. Je n’avais pas très bien dormi mais je fus ravi d’apprendre qu’on allait de ce pas me ramener dans le monde des vivants, et même, luxe suprême, dans ma ville. C’était le contrôleur qui allait me conduire. Il avait reçu une autorisation exceptionnelle parce que normalement, les contrôleurs n’avaient pas le droit d’escorter les étrangers (c’était comme ça qu’ils m’appelaient ici). On me proposa de nouveau de l’eau que j’acceptai avec grand plaisir tout en regrettant de ne pas avoir quelque chose de plus consistant pour me remplir la panse. Nous partîmes quelques temps plus tard.

Le voyage du retour me parut relativement rapide. Nous flottions dans l’espace, je n’y comprenais rien. Les étoiles autour de nous brillaient, il faisait un froid terrible et le silence était épais. Le contrôleur ne parla presque pas, si ce n’est pour m’indiquer que nous allions bientôt arriver. Je n’étais pas mécontent de retrouver ma bonne vieille atmosphère. Je pris une grande inspiration, fermai les yeux, et me retrouvai sur un trottoir, en face du centre commercial.  C’était incroyable. Je n’en revenais pas. Le contrôleur me serra la main (aussitôt la sensation de tournis cessa) et je sentis la marque de la mort sur sa paume.
- Voilà, vous êtes de retour parmi les vivants.
- Merci beaucoup, vous êtes formidable, dis-je avec sincérité.
- De rien, et faites attention la prochaine fois !
J’acquiesçai avec un petit pincement au cœur. Il avait disparu à l’angle de la rue. Puis je me fis la réflexion que je le reverrai sans doute. Cette idée me réjouis. C’était un chic type, j’étais sûr qu’on pourrait être potes tous les deux. La réalité me tombait dessus : il s’était mis à beaucoup pleuvoir. L’endroit était désert. Je soupirai. J’étais encore loin de chez moi et j’étais trop fatigué pour faire route à pied. Cependant, je n’avais pas hâte de rentrer. Parce que, entre autres, j’étais sûr de me faire engueuler pour ma longue absence sans nouvelles.

Alors que je tournai en rond sur la grand’place, ne sachant que faire, des lumières aux faisceaux tordus par la pluie m’éblouirent soudain et un klaxon prolongé provoqua un réflexe salvateur : je me jetai sur le côté tandis qu’un véhicule noir passait en trombe là où je me trouvai quelques secondes plus tôt. Le cri des freins fut terrible sur la chaussée. Après un arrêt à l’autre bout de la place, la voiture revint à faible allure vers moi. J’en profitai pour me relever. J’étais détrempé.

Ah, ça. On pouvait dire que c’était ma veine. Non seulement j’avais échappé de peu à la Mort, mais c’était de surcroît, un taxi qui venait vers moi. Cette fois-ci, j’étais vraiment pressé de rentrer. Arrivé à ma hauteur, le conducteur baissa la vitre.
- Bonsoir, lançai-je. Ne vous en faites pas, je n’ai rien. Dites-moi, serait-il possible que vous me conduisiez 115, rue de Bonavis ?
- Mais monsieur, s’exclama le chauffeur aux pupilles en spirale, non sans humour, c’est un taxi pour les morts !

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/>1ère version
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A vive allure


Je

courais dans des bois que je ne connaissais pas. Perdu dans le noir,

les arbres me surprenaient, leurs doigts crochus saisissaient mes

vêtements. Mais j’étais poursuivi, et il fallait que je m’échappe. La

tension s’agrippait à moi comme le lierre qui étouffait le mur de la

grange, chez mon grand-père. J’étais certain qu’un liquide sombre et

visqueux circulait dans mes veines.
 Je ne savais plus si

j’avais les yeux ouverts ou non. Par contre, la sensation de course

était très réaliste, mes jambes me le faisaient savoir mille fois par

seconde. Mon cœur battait à toute allure et la respiration désordonnée

ne put mener qu’au point de côté. Je regrettais de ne pas faire de

sport plus souvent, j’aurais peut-être eu plus d’endurance. Je peinais.

Alors que je songeai à m’arrêter pour reprendre mon souffle et faire

disparaître cette pointe douloureuse dans les côtes, je vis briller

devant moi une petite lumière. Je ne comprenais pas bien où elle se

situait dans l’espace, à quelle hauteur elle se plaçait. Je crois

qu’elle bougeait. Comme un papillon aveuglé, j’accélérai encore

l’allure pour me diriger vers la lampe, espérant y trouver une présence

humaine m’expliquant ce bazar. Je ne tins pas longtemps l’accélération

mais ce fut suffisant pour atteindre ce phare qui me guidait. C’était

beaucoup moins loin que je ne l’avais estimé. J’arrivai derrière une

haie d’hiver, dépourvue de toute végétation. Je forçai un passage, là

où il me semblait que c’était le moins dense, vers ce qui semblait être

le quai d’une gare. La transpiration me fit frissonner. Soudain, je

parvins à distinguer la silhouette du porteur de la lampe. J’allais le

héler quand il braqua le faisceau lumineux droit sur mon visage, me

forçant à me protéger les yeux de mon bras. Derrière lui, j’étais

certain d’avoir aperçu un train aux teintes rougeâtres.
-

Qu’est-ce que vous attendez ? cria-t-il.
Je sursautai, je ne

m’attendais pas à une voix aussi aigue.
- Montez, m’ordonna-t-il

sèchement.
Je grimpai à bord du premier wagon sans trop me poser

de questions. J’avais mal à la tête à force de respirer n’importe

comment et à cause de cette lumière vive qui continuait à faire des

étincelles devant mes yeux alors que la lampe était maintenant derrière

moi. J’entendis un bref coup de sifflet et sentis le train se mettre en

marche.
Après avoir soufflé comme un bœuf, plié en deux au milieu

de la rame, je jetai un coup d’œil autour de moi. Les voyageurs avaient

absolument tous le regard tourné vers l’extérieur et le seul qui

troublât l’affreux silence, alors aussi lourd qu’une chape de plomb,

c’était ma propre respiration. Ayant plus ou moins repris mes esprits,

le point de côté estompé, j’arpentai le plus discrètement possible de

reste du wagon avant de trouver une place de libre.
- Je pe… ?

demandai-je si timidement que ma voix disparut dans le coup de klaxon

que le train poussa pile à ce moment là.
Mon voisin ne parut pas

m’avoir entendu (ce qui, sur le coup, m’avais soulagé) et je

m’installai. J’avais encore un peu de mal à remettre de l’ordre dans

tout ça, mais au moins, j’étais sûr de deux choses : que j’étais assis

et que j’étais au chaud. Bien. Il serait maintenant temps de savoir où

j’allais. Désespérément, je cherchai à capter un regard mais ils

avaient tous la tête obstinément tournée vers les fenêtres. Je ne

compris pas pourquoi d’ailleurs : il faisait nuit noire. Ils n’étaient

quand même pas tous en train d’admirer leur reflet ? Ce n’était pas un

wagon spécial pour les narcissiques ? Je rejetai cette idée stupide

avec une certaine lassitude. Ça ne m’avançait pas tellement. Aucune

expression sur leurs visages. Rien. Je commençai à paniquer. Dans quoi

m’étais-je encore embarqué ? C’était quoi ce truc ? Alors que ces

questions tournaient en rond sous mon crâne, j’entendis la porte

s’ouvrir derrière moi et une voix forte et aigue (la même que sur le

quai) énonçât clairement ces mots :
- Contrôle des titres de

transport, s’il vous plaît.
Je me retournai, interloqué, et

découvris enfin le visage du contrôleur. Il avait le teint livide, les

yeux très loin de leur place habituelle et une bouche si mince qu’elle

dessinait à peine un fil sur sa face blanchâtre. Ses cheveux longs et

noirs (et très gras, notai-je avec une pointe de dégoût) dégoulinaient

sous une casquette ayant fait son temps. Son uniforme était gris et

sans forme.
Son intervention fit à peine frémir les passagers qui

se contentèrent de présenter leurs mains lorsque le monsieur arrivait à

leur niveau. Une nouvelle fois, je sentis la panique mettre le feu au

ventre. Je n’avais pas d’argent sur moi. Ma femme allait sans doute

râler si je ramenai une amende. Quand le contrôleur arriva à côté du

groupe de quatre sièges où je m’étais assis, je fus le dernier à qui il

tendit la main.
- Hé bien, monsieur ? demanda-t-il avec un zeste

d’impatience.
- Je suis désolé, je suis monté à bord à la dernière

seconde, je n’ai pas…
Il me coupa et d’un ton sec :
- Votre

main.
Je lui montrai de mauvaise grâce. Qu’est-ce que ma main

avait à voir là-dedans ? Il l’observa un instant avant de me regarder

droit dans les yeux. Je frémis. Il avait la pupille en spirale.

Etaient-ce des lentilles ? Je formulai mentalement cette hypothèse à

défaut d’autre explication.
- Vous êtes vivant ?
Quoi ? Mais

c’était quoi cette histoire encore ? Une caméra cachée ? C’est ça,

c’est une caméra cachée.
- Oui, enfin…
- Hum, constatât-il.

Vous vous êtes trompé.
- Ah, bon, bien, vous n’avez qu’à me

laisser descendre au prochain arrêt et…
- Il n’y a pas d’arrêt.

Vous êtes dans le train pour les morts.
Je restai muet,

interloqué. Un train pour les… mais quoi, on se fichait de moi, à la

fin ? Bon. Quelle histoire, vraiment. Restons calme.
- Veuillez me

suivre s’il vous plaît.
J’obéis à la voix dorénavant rugueuse et

le suivis. Nous traversâmes deux wagons identiques avant d’arriver à la

cabine du contrôle où il me fit assoir sur un strapontin avant de

saisir un téléphone.
- Oui, on a un problème… Pas un gros

problème, je dirai plutôt un problème substantiel.
Je

déglutis difficilement. Qu’allaient-ils faire de moi ? Pourquoi

étais-je dans un train pour les morts ? Est-ce que j’allais pouvoir

rejoindre le monde des vivants ? Au bout de quelques échanges que je ne

compris pas, il raccrocha.
- Quand arrive-t-on à destination ?

arrivai-je à demander, non sans mal.
- Quelques jours.
-

Quelques jours !
- Oui. Vous imaginez bien, il faut de la vitesse

pour quitter l’orbite terrestre.
Si j’avais été de nature fragile,

je crois que je me serai évanoui à ce moment là. Quitter l’orbite

terrestre, dieu mais pour quoi faire ? Le sentiment de désespoir qui

éclata dans ma tête fit soudain céder le barrage qui tenait mes larmes

loin derrière. Je pleurai comme un gosse effrayé. Je n’étais pas mort

bon sang, j’avais quarante deux ans, une femme et quatre enfants, je

n’étais pas mort, cela n’avait aucun sens, alors pourquoi m’étais-je

retrouvé dans ce train ? J’essayai de ressaisir mes souvenirs. Je

n’arrivais pas à remonter plus loin dans le temps qu’au moment où je me

mettais à courir, certain d’être poursuivi, dans les bois. Les larmes

cessèrent peu à peu de couler. Je continuai pourtant à regarder mes

chaussures pleines de boue à cause de ma course dans le noir.
-

Café ? me proposa le contrôleur, la voix âpre radoucie.
- Je veux

bien, merci.
Je mis beaucoup de temps à boire le contenu du

gobelet en plastique. Sans doute pour m’éviter de penser à autre chose.


- Ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas la première fois que ça

arrive.
- Pardon ? Il y a déjà des vivants qui se sont trompés

?
Une lueur d’espoir me perça le cœur avec une précision

délectable. Je regardai les pupilles en spirales de mon guide dans ce

monde étrange des morts sans me sentir trop mal à l’aise.
- Mon

collègue vous aidera quand nous arriverons. En attendant, il faut être

patient. Je vous reconduis dans votre wagon et je continue les

contrôles. Suivez-moi s’il vous plaît.
Je le suivis de nouveau,

plus rassuré. Je retrouvai le passager à côté duquel j’étais assis. Je

l’observai quelque temps avant que mes paupières ne se ferment. J’étais

tellement fatigué et tellement soulagé que tout s’arrange que je

m’endormis.

Je me réveillai je ne sais combien de temps plus

tard, la bouche ouverte, de la bave dégoulinant sur le menton. Je

passai rapidement la main afin d’effacer cet affront à la distinction

et regardai autour de moi avec un œil neuf. Très rapidement, je fus

capable de déterminer la cause de mon réveil. Nous allions à une telle

vitesse qu’à l’extérieur, les étincelles formaient le seul paysage.

C’est sans doute ce crépitement lumineux qui m’a tiré du sommeil. En

revanche, je retrouvai les passagers tels que je les avais quittés :

immobiles et silencieux, le regard dirigé vers le dehors. Au moins,

cette fois-ci, ils ont du spectacle. Je me sentais d’humeur joviale :

j’avais beau être à bord d’un train pour les morts, je savais que

j’allais m’en sortir, aussi je profitai pleinement de cette situation

exceptionnelle. Au bout d’un moment, je me rendis compte que j’avais la

vessie pleine et le ventre vide. Je me levai et parcourus le wagon à la

recherche de solution pour ces deux problèmes. La visite des toilettes

terminée, la deuxième partie de ma mission commença. Elle fut plus

difficile. Ne sachant à qui m’adresser, je retournai à la cabine du

contrôleur. J’avais du mal à me déplacer à cause de la vitesse de la

rame. Et puis, plus j’y pensai, plus la faim se faisait sentir. Mon

estomac vide gargouillait impitoyablement. Je n’imaginai même pas

regarder ma montre pour savoir combien de temps s’était écoulé depuis

la dernière fois que j’avais mangé. J’étais certain qu’ici, le temps

faisait n’importe quoi. Je toquai à la porte du mon guide. Il m’ouvrit.

Comme les passagers, il n’avait pas changé d’un iota.
- Un

problème ? demanda-t-il.
- Oui, excusez-moi, où pourrais-je

trouver à manger ?
- Ah. De la nourriture. C’est vrai.
Il

parut réfléchir à mon souci avec le plus grand sérieux.
- Euh,

bien, je vais voir si nous avons encore un stock de secours.
Il

farfouilla dans toute sa cabine et trouva enfin, au bout d’une dizaine

de minutes, une boîte de conserve.
- Ca vous va ?
Oui.

C’était du thon en boîte. Je n’osai pas regarder la date de péremption.

Je dévorai le contenu en évitant de mettre de l’huile partout,

m’essuyai les mains.
- C’est bon ?
- Je crois. Merci

beaucoup.
J’avais encore très faim mais je me sentais un peu

malade, je préférai m’arrêter là.

Le reste du voyage se

passa plus ou moins rapidement et plus ou moins péniblement, j’avais

appris à m’y faire et la faim comme le mal de tête ne furent que des

voyageurs supplémentaires. Quitter l’orbite terrestre m’avait fait

vomir le peu que j’avais dans l’estomac. En arrivant à destination,

j’avais du mal à tenir sur mes jambes, j’étais tout flagada, le cerveau

avec une consistance de flan tremblotant. Le contrôleur resta avec moi,

me confia à un autre type en uniforme, au teint beaucoup plus rougeaud

qui me conduit dans une petite salle loin de l’effervescence de

l’arrivée des morts. Ceux-ci passaient à côté de moi sans me voir, se

dirigeant vers les tables d’enregistrement au bout du quai. Il y en

avait une foule. Je parvenais à distinguer le plafond de la gare mais

impossible de déterminer le nombre de voies. Un millier peut être.

J’avais très mal à la tête.
- Vous avez de la famille ?<br

/>Etait-il possible que je me sois assoupi ? J’étais assis face à

l’inconnu que le contrôleur m’a présenté tout à l’heure. Il y avait sur

la table des tas de papiers.
- Vous voulez de l’eau peut être

?
J’hochai la tête, ravi de pouvoir clarifier la situation avec un

peu de fraîcheur liquide.
- Une femme et quatre enfants,

répondis-je avec réticence.
Je ne savais pas trop
 bien

ce qu’allait faire ma famille dans toute cette histoire. Ils n’allaient

pas quand même les faire venir aussi ?
- Ah, oui, c’est

fâcheux…
- Pourquoi ? demandai-je, étonné.
- Eh bien, on ne

peut pas vous faire disparaître comme ça de la surface de la Terre, ça

va faire des remous, et puis la Haute Instance des Morts va encore nous

tomber dessus. Ils détestent les erreurs ! Que voulez-vous. C’est à

cause de la Mort. Des fois, elle chasse les gens au hasard. C’était

sans doute votre cas. Elle a un travail très difficile. Des fois, elle

a besoin de décompresser, mais il se trouve que vous étiez sur son

chemin. Alors elle vous a poussé jusqu’au train et… voilà.
- Non…

c’est vrai ?
Voilà qui était épatant. Je me surpris à étouffer un

rire. C’était tellement invraisemblable cette situation ! Une erreur

!
- C’est vrai et c’est bien embêtant. Voyez-vous, je dois remplir

toute cette paperasse, ça me prend beaucoup de temps. On doit

réorganiser le lien entre la mort et vous, sinon vous ne pourrez pas

mourir quand elle viendra vous chercher pour de vrai.
- Ah ? Bien,

faites comme bon vous semble, si je puis vous aider…
Sur ce, le

type me posa un nombre incalculable de questions toutes plus saugrenues

les unes que les autres. Elle me parurent bien inutiles et la liste me

parut d’autant plus longue que j’étais exténué. Quand enfin le monsieur

avait terminé, il me pria de bien vouloir patienter dans la chambre à

côté. Je ne me le fis pas répéter deux fois et m’effondrai sur le

premier lit venu.

Une ou deux heures plus tard (enfin,

j’inventais ces tranches horaires pour essayer de ne pas me perdre

totalement dans le flux temporel), on me réveilla. Je n’avais pas très

bien dormi mais je fus ravi d’apprendre qu’on allait de ce pas me

ramener dans le monde des vivants, et même, luxe suprême, dans ma

ville. C’était le contrôleur qui allait me conduire. Il avait reçu une

autorisation exceptionnelle parce que normalement, les contrôleurs

n’ont pas le droit d’escorter les étrangers (c’était comme ça qu’ils

m’appelaient ici). On me proposa de nouveau de l’eau que j’acceptai

avec grand plaisir tout en regrettant de ne pas avoir quelque chose de

plus solide pour me remplir la panse. Nous partîmes quelques temps plus

tard.
Le voyage du retour me parut relativement rapide. Nous

flottions dans l’espace, je n’y comprenais rien. Les étoiles autour de

nous brillaient, il faisait un froid terrible et le silence était

épais. Le contrôleur ne parla presque pas, si ce n’est pour m’indiquer

que nous allions bientôt arriver. Je n’étais pas mécontent de retrouver

ma bonne vieille atmosphère. Je pris une grande inspiration, fermai les

yeux, et me retrouvai sur un trottoir, en face du centre commercial.

C’était incroyable. Je n’en revenais pas. Le contrôleur me serra la

main et je sentis la marque de la mort sur sa paume.
- Voilà, vous

êtes de retour parmi les vivants.
- Merci beaucoup, vous êtes

formidable, dis-je avec sincérité.
- De rien, et faites attention

la prochaine fois !
J’acquiesçai avec un petit pincement au cœur.

Il avait disparu à l’angle de la rue. Puis je me fis la réflexion que

je le reverrai sans doute. Cette idée me réjouis.
 
Il

pleuvait beaucoup, l’endroit était désert. J’étais encore loin de chez

moi et j’étais trop fatigué pour faire route à pied. Je n’avais pas non

plus envie de dégouliner dans la maison. Déjà que je me ferai engueuler

pour ma longue absence sans nouvelles ! Autant ne pas aggraver mon cas.

Aussi, je fis signe au premier taxi venu. Il s’arrêta à ma hauteur. Je

montai à l’arrière et lançai :
- 115 rue de Bonavis.
- Mais

monsieur, s’exclama le chauffeur non sans humour, c’est un taxi pour

les morts !
En claquant la portière, je me mis à rire.
« Modifié: 03 Décembre 2008 à 20:23:52 par Zacharielle »

Hors ligne Kailiana

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Re : A vive allure
« Réponse #1 le: 23 Mars 2008 à 12:52:26 »
D'abord les remarques sur les détails (qui reste très subjectives hein !) :

mes jambes me le faisaient savoir mille fois par seconde.
-> c’est personnel, mais j’aime pas trop l’expression

Les voyageurs avaient absolument tous le regard tourné vers l’extérieur
-> « absolument » pas joli avant le « tous »

- Je pe… ?
-> ici j’aurais mis « peux » en entier, car le son est le même donc le « pe … » me fait bizarre. Ou alors si tu ne veux pas mettre le mot en entier : « je p… ». Mais c’est un détail pas très important ^^

j’étais sûr de deux choses : que j’étais assis et que j’étais au chaud.
-> j’aurais pas mis les « que »

Je ne compris pas pourquoi d’ailleurs
-> un exemple de formulation qui me fait bizarre, et où je n’arrive absolument aps à savoir si tu le fais exprès ou pas. Etant donné tes autres textes, j’aurais tendance à penser que oui, mais … si je lis le texte sans savoir qu’il est de toi, jpense que ça me ferait encore plus bizarre. Car pour moi la formulation exacte est « je ne compris d’ailleurs pas pourquoi ». Et y’a d’autres exemples de ce style plus haut dans le texte …

J’étais assis face à l’inconnu que le contrôleur m’a présenté tout à l’heure.
-> m’avait présenté

Il y avait sur la table des tas de papiers.
-> pas beau

J’hochai la tête
-> j’avais jamais réfléchi à ce verbe, mais ça fait bizarre « j’hochais », jauchais, jochais … :D on dit pas plutôt « je hochais » ? je n’en ais aucune idée ^^"

ravi de pouvoir clarifier la situation avec un peu de fraîcheur liquide.
-> le « ravi » fait bizarre, car je l’imagine pas du tout ravi. D’autant plus qu’après il répond avec réticence.

C’est à cause de la Mort. Des fois, elle
-> Roh, t’es pas fan de Pratchett ? Pour toi la Mort est féminine ? Rholala :p

Quand enfin le monsieur avait terminé
-> eut terminé

Puis je me fis la réflexion que je le reverrai sans doute. Cette idée me réjouis.
-> euuuuuuuuh il est content de penser qu’il le reverra un jour ? il veut mourir ? XD Pis doit y avoir une faute à « réjouis »


Sinon ... le début ... je n'aime aps trop, principalement à cause de quelques formulations bizarres qui font très "parlées", alors que le reste du texte est relativement soutenu. Par contre dés qu'on apprend qu'il s'agit d'un train pour les morts, j'ai beaucoup aimé, c'est peut-être pas très original (l'idée du train qui transporte les morts a déjà été vue, que ce soit dans des jeux, des nouvelles ou même des films peut-être) mais jtrouve ça bien sympa la manière dont tu amènes la chose. Si le début m'avait plus accrochée, j'aurais dit que j'aurais beaucoup aimé le texte dans son entier. Là, jtrouve qu'il peut encore être amélioré ^^

Sinon, pour la fin ... je viens d'aller voir sur PF, j'ai vu que tu l'avais déjà modifiée. Mais jtrouve que c'est toujours améliorable. Je m'attendais à une véritable chute, venant de ta part. Là ... j'ai été déçue par les dernières phrases. Je pense qu'il faudrait soit garder cette idée mais l'amener "mieux"  (ie bien faire comprendre qu'il peut s'agir d'une blague ; même si j'ai du mal à imaginer pourquoi un chauffeur de taxi ferait une blague pareille XD) soit en trouver une autre. A un moment vers la fin, j'me suis dit qu'il pourrait être "amusant" que le personnage se fasse écraser ou se casse la figure et retourne illico au train des morts, mais j'ai peut-etre un humour particulier XD
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Re : A vive allure
« Réponse #2 le: 23 Mars 2008 à 19:15:31 »
Salut !
merci d'avoir lu et de faire un commentaire aussi complet !!

mes jambes me le faisaient savoir mille fois par seconde.
-> c’est personnel, mais j’aime pas trop l’expression
----> moi non plus en fait. LOL mais ça anticipe un peu sur le caractère du gars. Cependant, je vais pas défendre une expression qui ne se tient pas.

Les voyageurs avaient absolument tous le regard tourné vers l’extérieur
-> « absolument » pas joli avant le « tous »
----> oh ? je n'y ai jamais fait attention. Je pensais à la petite allitération en "s", mais j'ai beau relire ça ne me choque pas. J'aimerais d'autres avis sur ce point ^^

- Je pe… ?
-> ici j’aurais mis « peux » en entier, car le son est le même donc le « pe … » me fait bizarre. Ou alors si tu ne veux pas mettre le mot en entier : « je p… ». Mais c’est un détail pas très important
----> c'était censé être un élément comique  :-[ parce qu'en effet ça sert à rien de couper là, c'est le même son hé hé

j’étais sûr de deux choses : que j’étais assis et que j’étais au chaud.

-> j’aurais pas mis les « que »
----> ah, moi si (sans blague mdr), parce que ça ça équilibre à peu près en nombre de syllabes avec la première partie et aussi parce que je l'imagine faire très clairement le compte dans sa tête : autant qu'il prenne le temps. Mais bon, ils ne sont pas indispensables, c'est vrai.

Je ne compris pas pourquoi d’ailleurs
-> un exemple de formulation qui me fait bizarre, et où je n’arrive absolument aps à savoir si tu le fais exprès ou pas. Etant donné tes autres textes, j’aurais tendance à penser que oui, mais … si je lis le texte sans savoir qu’il est de toi, jpense que ça me ferait encore plus bizarre. Car pour moi la formulation exacte est « je ne compris d’ailleurs pas pourquoi ». Et y’a d’autres exemples de ce style plus haut dans le texte …
----> si si, c'est fait exprès. Mais je voulais faire l'effet du gars qui s'en rend compte après coup, d'où le "d'ailleurs" à la fin de la phrase. Peut-être qu'avec une virgule ce serait plus clair ? J'ai tendance à penser que ça alourdirait. Je ne sais pas s'il y a une formulation exacte de ce genre d'expression. Tu poses de rudes questions toi ;)

J’étais assis face à l’inconnu que le contrôleur m’a présenté tout à l’heure.
-> m’avait présenté
----> yep.

Il y avait sur la table des tas de papiers.
-> pas beau
----> le narrateur s'en bat les c** mdr. Entre "il y a" et "tas", il a simplement pas envie de se fouler (il est exténué à ce moment je crois). Ou alors c'est moi la feignasse ? Je ne voulais pas donner cette impression  ><

J’hochai la tête
-> j’avais jamais réfléchi à ce verbe, mais ça fait bizarre « j’hochais », jauchais, jochais … Tr&egrave;s souriant on dit pas plutôt « je hochais » ? je n’en ais aucune idée
----> oui, j'ai déjà rencontré ce problème, et je crois que c'est "je hochai" mais je n'y ai pas réfléchi en relisant.

ravi de pouvoir clarifier la situation avec un peu de fraîcheur liquide.
-> le « ravi » fait bizarre, car je l’imagine pas du tout ravi. D’autant plus qu’après il répond avec réticence.
----> si je rajoute "vraiment" avant "ravi", ça donne un ton ironique ? C'est pas forcément ce que je voulais faire au départ. En fait, il est simplement content de boire parce qu'il a rien d'autre à faire, mais répondre aux questions ça l'emmerde lol

C’est à cause de la Mort. Des fois, elle
-> Roh, t’es pas fan de Pratchett ? Pour toi la Mort est féminine ? Rholala :p
----> ^^

Quand enfin le monsieur avait terminé
-> eut terminé
----> exact, il y a plusieurs passages où je me trompe dans les temps (ma plus grande faiblesse  :'()

Puis je me fis la réflexion que je le reverrai sans doute. Cette idée me réjouis.
-> euuuuuuuuh il est content de penser qu’il le reverra un jour ? il veut mourir ? XD Pis doit y avoir une faute à « réjouis »
----> non, il s'est dit que c'était rigolo c'est tout XD Euh comment ça s'écrit alors "réjouis" ? :S conjugaison + zach = 36


Sinon ... le début ... je n'aime aps trop, principalement à cause de quelques formulations bizarres qui font très "parlées", alors que le reste du texte est relativement soutenu.
-----> En fait, au début je voulais faire une ambiance classique de lourdeur/tension etc qu'on trouve souvent dans le fantastique, et le reste plus détendu et loufoque. Ça n'a pas marché apparemment =(

Par contre dés qu'on apprend qu'il s'agit d'un train pour les morts, j'ai beaucoup aimé, c'est peut-être pas très original (l'idée du train qui transporte les morts a déjà été vue, que ce soit dans des jeux, des nouvelles ou même des films peut-être) mais jtrouve ça bien sympa la manière dont tu amènes la chose. Si le début m'avait plus accrochée, j'aurais dit que j'aurais beaucoup aimé le texte dans son entier. Là, jtrouve qu'il peut encore être amélioré
----> okay, tu vas voir, il va te plaire *se met au travail*

Sinon, pour la fin ... je viens d'aller voir sur PF, j'ai vu que tu l'avais déjà modifiée. Mais jtrouve que c'est toujours améliorable. Je m'attendais à une véritable chute, venant de ta part. Là ... j'ai été déçue par les dernières phrases. Je pense qu'il faudrait soit garder cette idée mais l'amener "mieux"  (ie bien faire comprendre qu'il peut s'agir d'une blague ; même si j'ai du mal à imaginer pourquoi un chauffeur de taxi ferait une blague pareille XD) soit en trouver une autre. A un moment vers la fin, j'me suis dit qu'il pourrait être "amusant" que le personnage se fasse écraser ou se casse la figure et retourne illico au train des morts, mais j'ai peut-etre un humour particulier XD

----> Ou alors... il évite la mort de justesse ?  Mais ce n'est pas une blague, le chauffeur est sérieux (quand il dit que c'est  un taxi pour les morts). Rah lala, il faut trouver un truc !!

Hors ligne Zacharielle

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Re : A vive allure
« Réponse #3 le: 23 Mars 2008 à 20:05:37 »
Bon, j'ai posté une deuxième version (dans le 1er post)  dont la fin ne me satisfait toujours pas. Mais je l'aurai un jour, je l'aurai !!

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Re : A vive allure
« Réponse #4 le: 29 Mars 2008 à 21:13:22 »
alors pour être franche je n'ai lu que la deuxième version, me disant que ça devait être la meilleure :P
j'aime bien même si c'est vrai que le sujet a déjà été développé
pour les remarques de style je crois que Kailana a tout dit donc je ne vais pas en rajouter
mais il y a quelque chose qui me chiffonne: à un moment tu dis "des fois", il me semble que ça s'emploie à l'oral mais à l'écrit on dit plutôt "quelquefois" ou "parfois"
mais ça, c'est un détail ( clin d'oeil au personnage dans Montherlant)

par contre la fin est plutôt décevante, il faudrait que tu trouves autre chose, et oui tu vas y arriver ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : A vive allure
« Réponse #5 le: 06 Juin 2008 à 15:07:52 »
Au hasard de mes déterrages, je lisce texte que j'avais pourtant l'intention de lire quand il était apparu, avant de l'oublier quand il est passé derrière la première page  ::)

Le titre m'avait intrigué, et le texte m'a énormément plu, il est bien rythmé, j'adore le sujet, le comprtement des personnages...

Mais j'aime pas la fin. J'aurais préféré qu'il en reste là, à se dire qu'il pourrait devenir pote avec le contrôleur quand il le reverrait, mais qu'il laisse vraiment les transports pour les morts derrière lui... Ou alors qu'il rencontre la Mort pour de bon, son heure véritable étant venue, ça aurait pu être marrant, mais là, le taxi, il me plaît pas  ><

Mais sinon c'est très bien  :)

Ah, et j'ai juste relevé une éventuelle coquille:
Citer
Le contrôleur resta avec moi avant de me confier à un autre type en uniforme, au teint beaucoup plus rougeaud. Celui-ci me conduit dans une petite salle loin de l’effervescence de l’arrivée des morts.
=> "me conduisit", si c'est bien du passé simple

Voilà!  ^^
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
- Dumbledore -
*
Books ! Best weapons in the world.
- Doctor Who -

Hors ligne Zacharielle

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Re : A vive allure
« Réponse #6 le: 06 Juin 2008 à 19:58:51 »
Ah mon Dieu !

Merci ernya et Leia de vos commentaires  8)

La fin me chagrine tout autant  :-\, j'avoue ne pas avoir retouché ce texte depuis longtemps et ne pas en avoir l'envie (ou le courage, soyons honnêtes).  Peut-être pour plus tard ?  :noange:

Merci pour les petites remarques "des fois" et le passé simple  :)

Hors ligne Marygold

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Re : A vive allure
« Réponse #7 le: 06 Juin 2008 à 20:25:22 »
Quand Tortoise "déterre" des sujets, j'en profite ^^
J'ai bien aimé, et même la fin... J'ai lu la 1ère version après, parce que je suis toujours curieuse de voir les changements apportés, et je trouve que tu l'as déjà bien amélioré. C'est vrai que ce n'est pas forcément la chute la plus spectaculaire qu'on ait vue, mais j'aime bien ce moment en suspens où on croit comme le narrateur qu'il y a échappé de peu, et puis non...
Sinon, une petite faute relevée : "voix aiguë" (la 1ère fois que le contrôleur apparaît)
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Zacharielle

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Re : Re : A vive allure
« Réponse #8 le: 06 Juin 2008 à 21:03:28 »
J'ai bien aimé, et même la fin...
Ça ça m'aide pas MDR avec tous ces avis différents, que debo hacer ? ?  :'( Une version pour chacun XD

Citer
J'ai lu la 1ère version après, parce que je suis toujours curieuse de voir les changements apportés, et je trouve que tu l'as déjà bien amélioré. C'est vrai que ce n'est pas forcément la chute la plus spectaculaire qu'on ait vue, mais j'aime bien ce moment en suspens où on croit comme le narrateur qu'il y a échappé de peu, et puis non...
Sinon, une petite faute relevée : "voix aiguë" (la 1ère fois que le contrôleur apparaît)

Cool, merci beaucoup ^^

Hors ligne Gros Lo

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Re : A vive allure
« Réponse #9 le: 01 Février 2009 à 16:00:00 »

Citer
- Hum, constatât-il. Vous vous êtes trompé
constata-t-il

Citer
de la bave dégoulinant sur le menton. Je passai rapidement la main afin d’effacer cet affront à la distinction
cet affront à la distinction ?



Lu ! (je crois que je t'avais promis de le lire quand on était encore en suspense pour le meeting Imaginales xD)

bien aimé, mais sans plus. En fait j'ai trouvé de bonnes idées, genre les pupilles en spirale, la monotonie du voyage vers le pays des morts, mais par moments j'ai trouvé le style un peu trop oral. Des absences de virgule, entre autres, mais pas que, c'était une impression d'ensemble.

'oilà.
« Modifié: 01 Février 2009 à 16:03:02 par Loredan »
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

 


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