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03 juin 2020 à 21:50:04
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Chapart, Claudius) » Ça sent le souffre. - Version 2 [contenu choquant]

Auteur Sujet: Ça sent le souffre. - Version 2 [contenu choquant]  (Lu 227 fois)

Hors ligne Jonathan7nahtanoL

  • Tabellion
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Ça sent le souffre. - Version 2 [contenu choquant]
« le: 24 mai 2020 à 02:09:26 »
Chers lecteurs, voici le troisième texte que je propose ici. Je recevrai la critique et la désire car cette écriture n'est pas figée, je souhaite retravailler mes textes en fonction de vos retours.
 
Merci de votre sincérité et de votre bienveillance.

Le texte comporte des scènes à caractère choquants.

Ce texte fait partie d'un recueil de nouvelles en cours d'écriture nommé "Petites passions surréelles". Je les poste ici au fil du temps. Je propose une petite illustration en début de chaque texte et donc l'insère ici.

Bonne lecture !


Ça sent le souffre. (Version 1 du titre : La Fille-poisson)




      — Oh la tronche, je me suis dit quand je l’ai vue.
Dès qu’elle entre dans le bus, je me sens comme foudroyé. De honte ou de désir, je sais seulement que je veux, que je dois la regarder. Mes yeux se posent sur elle et comme à mon habitude, je la fixe sans sourciller. Dans le bus, personne ne se soucie jamais de moi, les autres ont peur de me dévisager. Mais pas elle. Mon regard dévore ses grandes pattes désarticulées dans des chaussures noires à talons bas. De sacrées chevilles quand même, il faut le dire. Je reluque son haut, une sorte de paréo-poncho-pull-over-échancré-sur-le-haut-de-l’épaule, une de ces fringues de baba qui est devenue l’épure de la ligne jusqu'à se retrouver dans les rayons d’Uniqlo. Grotesque. Pourquoi porte-t-elle ce truc ?
   Je détourne la tête du poncho, quelque chose a capté mon attention. Il y a un ding-ding que je ne connais pas et qui m’agace. Elle a de nouvelles boucles d’oreilles, des doubles créoles dorées avec du strass rose-argent qui brille au soleil comme des écailles. Elle se dirige vers le conducteur, le port de tête haut. Comme si on pouvait être austère en montrant une épaule pareille ! Comme si on pouvait avoir de la pudeur en exhibant un sternum ! Elle s’incline à la recherche de monnaie dans son sac à main.
Le rituel. La flexion de sa nuque qui lasse germer l’atlas, cette première cervicale qui pointe quand le visage s’affaisse. Le tout se redresse dans une extension de la gorge qui gonfle. Le menton s’étend et creuse les cavités parfaitement dessinées qui encerclent ses clavicules. Avec les créoles dorées, sa longue gorge est si sûre, si grave et si triste. Je veux y poser la tête et sentir son souffle sur mes cheveux.

   Elle dit « bonjour » au chauffeur, son grand nez frétille de partout, comme la queue d’un poisson qu’on a sorti de l’eau et qui se débat pour retourner dans son monde tout aqueux.  Quand elle file les un euro quinze en pièces de dix centimes que le chauffeur lui réclame, ça m’énerve. Comment fait-elle pour n’avoir tout le temps que des petites pièces ? Peut-être qu’elle le fait exprès pour m’agacer ? Peut-être qu’elle sait que je la regarde et qu’elle se laisse apprécier, qu’elle se pavane avec son atlas pendant que le gars du bus compte les onze pièces de dix et la pièce de cinq. Le moteur redémarre et elle marche ou plutôt, elle titube à chaque virage tombant à moitié sur Jean-Pierre, Pascale et celle dont je ne connais pas le prénom, les trois vieux qui jacassent. Elle s’assoit comme d’habitude, là, pile en face de moi. Elle me fixe, elle aussi. Je vois qu’elle a les yeux rouges, tout rouges. Elle me sourit. Terrible. D’un coup, ça sent le souffre. Je regarde dehors, les formes sont des fluides, il y a du brouillard et tout disparait dans un cillement.

   Mes paupières s’ouvrent. Le rouge se dissipe. Les contours s’affinent et l’asticot se débat tant qu’il peut. S’il avait une voix, il serait sûrement en train de me crier des noms d’oiseau. Enfin je sais pas, les vers ont peur des oiseaux qui les mangent. Un son abominable, très aigu, strident. L’hameçon virevolte dans le ciel, accroché à cette mince ligne transparente. Pas de nuage, tout est bleu. Plouf. Et juste après le bouchon. Et juste après. Non. Bien longtemps après, le poisson.

Ce dimanche, j’accompagne l’Oncle Serge à la pêche, pas parce que j’aime ça, parce que comme il dit :
— Un bon gars, ça doit savoir se trouver à manger tout seul, pas juste bouffer des saloperies empaquetées sous plastique. Un gars ça doit savoir pêcher et chasser.

   Je suis fatigué. Mes paupières tombent toutes seules. Tout est entrecoupé de cillements noirs entre lesquels il y a la rivière, l’herbe qui gratte et l’Oncle Serge qui parle de son magasin d’outillage.
   — Ça marche plutôt bien mais tu sais avec la crise et ce gouvernement à la con, on a plus de charges que de…
Il y a de la brise mais elle est chaude. Tout l’air est brûlant et mon front perle de sueur. A chaque souffle, le foutu bouchon passe son temps à plonger. Et à chaque fois, t’ouvre les yeux et tu te dis : « ça y’est, y’a un poisson ». Et tu tires sur la canne. Mais toujours pas de poisson. Tu sors la ligne. Tu crées un petit remous. Tu la remets.
— Merde. J’ai encore bougé.
Et à chaque fois que tu fais ça, t’as l’Oncle Serge juste à côté qui te regarde, l’œil mauvais parce que t’es en train de tout gâcher. T’es en train d’éloigner son poisson.
   — Sois patient putain. Moi, je rentre pas bredouille la queue entre les jambes, garçon ! il beugle bêtement.
Voilà qu’il me fout une bourrade dans le dos.
   — Moi je la préfère bien fière ! Au garde-à-vous Capitaine, si tu vois ce que je veux dire ! il me dit avec un clin d’œil complice.
   Malgré ses âneries, ma tête tombe. Mon menton plonge. Plonge, plonge…

Merde, ça y est, ça plonge. Le bouchon. Il est plus là.
   — Mais tire bon Dieu ! s’égosille l’Oncle Serge.
J’ouvre les yeux pour de bon, j’empoigne la canne à pêche et je tire de toutes mes forces. Je sens le poisson. Je sens son corps qui se débat dessous, qui se débat contre le métal qui lui déchire la gueule. La force de sa longue queue qui rabat l’eau d’un geste puissant. Mais ça lui glisse entre les doigts, pas de prise solide pour s’accrocher et se tirer vers le fond de la rivière, que du liquide impossible. Moi j’ai les pieds sur terre, c’est du sérieux, j’ai ma canne en carbone et mon fil en nylon. Il est baisé. Et il le sait. Je tire de toutes mes forces et ça vient.
   
   L’Oncle Serge, il a le teint pâle quand il me regarde sortir la bête de l’eau.
—   Qu’est-ce que…, bredouille-t-il d’une voix blême.
Moi je reste calme. Je la connais. C’est la fille du bus. Je la reconnais parce qu’elle a les yeux rouges. Des yeux de poisson. Tout ronds et qui disent rien. Mais des yeux rouges quand même. Puis, même si elle est couverte d’écailles, je reconnais son corps. C’est pour ça que la ligne était si dure. C’est un corps qui doit faire dans les cent-vingt livres que j’ai sorti de l’eau, un corps avec des branchies sur les seins et une longue nageoire dorsale. On dirait presque un ange qui pourrait voler sous l’eau.

   Je me lève, machinalement, on a l’habitude à la pêche et dans le cabas de l’oncle, je prends le couteau dont on se sert pour retirer l’hameçon de la gueule des gardons et des tanches. On ne prend jamais de carpe, il y a trop d’arrêtes, trop fines, ça ne se mange qu’en fumet et l’Oncle il dit qu’il préfère mâcher de la chair blanche.
   — La carpe c’est pour les bonnes femmes qui bouffent de la soupe ou quand t’as la chiasse, il dit tout le temps.
Je vais faire pareil avec elle, après tout c’est un poisson. Là pour le coup, l’Oncle Serge, il pipe pas mot. Il est planté là, les bras ballants. Plus question de dresser quoi que ce soit ou de « Mon Capitaine ». Ça fait pas de mal. Je prends le couteau, je fous la lame dans la gueule de la fille et je commence à fouiller pour trouver l’hameçon. C’est une bouche de poisson. J’écarte les lèvres au maximum, elles sont dures, rigides.
   À un moment, l’hameçon se décroche. J’entends un petit claquement sec. Un claquement de peau qui s’arrache. Un claquement de chair qui se déchire. L’Oncle Serge, il l’entend aussi. Il trésaille. L’hameçon dans la main, je me relève et je lui lance joyeusement :
   — Un bon gars ça doit savoir manger tout seul !
 Et je jette l’hameçon par terre à ses pieds, un petit morceau  rosi encore accroché à la pointe. Le fil de pêche se pose sur sa botte. Sa pomme d’Adam s’anime, tremblante. Il veut parler. Finalement il n’en fait rien, il se baisse docilement et ramasse l’hameçon. Voilà, c’est bien.

   Le problème c’est qu’il ne faut jamais gâcher. Si tu pêches un poisson, que tu l’as trop abimé et que tu peux pas le remettre à l’eau, t’es obligé de le manger. Ça se fait pas. Ça se fait pas juste de jeter. Prendre la vie à un être, la lui ôter et le laisser crever sur la berge. Comme si le seul but de son existence, ça avait été de te distraire quelques instants en lui donnant la mort. Au moins tu le bouffes. Tu le bouffes et tu le respectes.

   Alors avec le couteau, je commence à la découper la fille du bus. D’abord je coupe le nez, c’est ce que je préfère. En plus, il est long le sien. Puis, je coupe la dorsale. Ça vient tout seul, il y a pas d’os. Il y a des arrêtes, c’est vrai, mais il y a pas d’os. Je retire délicatement les créoles dorées pour ne pas abimer les lobes de ses oreilles. Alors que les quatre anneaux sont dans le creux de ma main, le strass rose-argent scintille de mille feux et je les embrasse tendrement.
   
   Je coupe pas les seins. Déjà parce qu’avec les branchies, je pourrai pas les manger mais surtout parce que les seins c’est sacré. On coupe pas un sein. On coupe pas un sein. Enfin, je commence à couper les cuisses. Bien haut, au niveau de la haine, à côté du sexe. On dirait qu’il respire. On dirait que ses lèvres s’ouvrent pour aspirer un filet d’air et le rejeter presque aussitôt. Je pose mon oreille pour écouter la musique de son ventre, le va-et-vient de l’air dans le vagin. C’est sibyllin, doux comme la peau d’une pêche. J’ai la tête qui s’enfonce dans son ventre, il m’aspire à chaque inspiration. Dans son souffle, tout est fluide et l’espace se confond d’ombre. Vais-je crier ? Va-t-elle m’entendre crier son nom dans chacune de mes respirations ?

   Pendant que je m’enfonce toujours plus profondément au sein de son ventre, dans le bus, personne ne regarde le garçon qui fixe et personne ne peut imaginer le désir qui guide mes pensées.

   Un clapotis me fait ouvrir les yeux. J’ai la tête posée comme ça, parallèle au sol, parallèle au ventre. Je vois la rivière et je vois l’Oncle Serge qui marche lentement, l’eau à mi-cuisse. Il a l’hameçon dans la bouche et le petit fil de nylon scintillant qui en sort. Une fumée ocre s’élève de la surface de l’eau devenue sombre. Ça sent le souffre et les arbres retirent leurs racines de l’eau en s’ébrouant lentement. L’Oncle Serge continue de marcher, doucement, jusqu'à disparaitre complètement. Il y a six bulles qui s’échappent. Juste six. Ça fait une de plus que le nombre de lettres dans son prénom. À la dernière bulle qui claque sur la surface de l’eau, les lèvres de la fille prennent une dernière inspiration et, comme retenant son souffle, j’entre dans une apnée profonde et sans sommeil.

« Modifié: 01 juin 2020 à 02:22:23 par Jonathan7nahtanoL »
En cours d'écriture du recueil Petites passions surréelles.

La main contre l'écorce
Ça sent le souffre
Je m'occupererai des jaguars.
La Sculpteuse

Hors ligne Loïc

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Re : La Fille-poisson [contenu choquant]
« Réponse #1 le: 24 mai 2020 à 14:53:22 »
Salut salut !
(Je vais essayer de passer te répondre sur l'autre texte à l'occase, faut juste que je le garde dans un coin de ma tête).

Citer
Mes yeux se posent dessus et comme à mon habitude,

Je trouve que dessus marche pas trop pour une personne.
Sur elle ?

Citer
ont peur de me regarder mais pas elle.

virgule avant mais

Citer
Je dévore ses grandes pattes toutes dégondées

Je ne comprends pas ce que tu veux dire

Citer
On ne prend jamais de carpe, il y a trop d’arrêtes, trop fines, ça ne se mange qu’en fumet et l’Oncle il dit qu’il préfère mâcher de la chair blanche.

Y a la carpe frite, sinon.

J'ai pas mal aimé, mais je trouve le texte assez décousu au final. Les deux ambiances (du bus et de la partie de pêche) sont chouettes, mais du coup totalement déconnectées. Ca manque de transition entre les deux parties, je trouve, c'est dommage.

A+ !
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Hors ligne Deofresh

  • Tabellion
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Re : La Fille-poisson [contenu choquant]
« Réponse #2 le: 30 mai 2020 à 10:46:59 »
Salut Jonathan,

Ça fait un moment que j'ai ton texte ouvert dans un onglet sur mon téléphone et que je prends des notes quand j'ai le temps d'en lire deux lignes. Mais ça y est, j'ai enfin réussi à le finir. Et je dois dire, c'était super. C'est la deuxième nouvelle de toi que je lis et j'aime de plus en plus ton style halluciné.

J'ai relevé deux trois trucs :

Citer
Aussitôt a-t-elle posé son pied sur la marche et est-elle entrée dans le bus que je me sens comme foudroyé

J'ai trouvé cette phrase maladroite, je n'aime pas trop le "et est", peut être le remplacer par "pour" ?

Citer
Mes yeux se posent dessus et

J'ai vu que Loïc l'avait aussi relevé, mais dessus ne marche pas ici : sur elle ?

Je trouve que globalement il y a une opposition dans cette partie, entre habitude et foudroyé. Difficile d'être foudroyé si ton perso voit la fille du bus tous les jours. Ce n'est que mon avis ;).

Citer
paréo-pancho-pull-over-échancré-sur-le-haut-de-l’épaule,

Poncho.

Citer
du menton qui s’étend et creuse toutes les cavités parfaitement dessinés qui encerclent ses clavicules.

Je trouve l'enchaînement des deux propositions subordonnées lourde.

Citer
Je regarde dehors, les formes sont des fluides, il y a du brouillard et tout disparait dans un cillement.

J'ai adoré cette phrase.

Citer
Et juste après, non, bien longtemps après le poisson.

Je trouve que ce passage aurait plus d'impact si tu remplaçais les virgules par des points. C'est d'ailleurs une remarque générale sur ton texte, je pense que tu y gagnerais à raccourcir certaine de tes phrases.

Citer
Mais tire bon Dieu ! s’éventre l’Oncle Serge.

Ici, je ne suis pas sûr que s'éventre soit le bon verbe. S'égosiller ?

Citer
Bien haut, au niveau de la haine

Si tu parles du plis cuisse-tronc, c'est l'aine.


Voilà, c'est tout pour moi. Je lirai avec plaisir les autres nouvelles de ton recueil.

À ciao !

PS : J'ai aussi beaucoup apprécié l'illustration.


Hors ligne O.deJavel

  • Aède
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  • Lentement les choses se précisent...
Re : La Fille-poisson [contenu choquant]
« Réponse #3 le: 30 mai 2020 à 19:47:35 »
Ça j’ai bien aimé :
Citer
Elle baisse la tête à la recherche de monnaie dans son sac à main. C’est alors le rituel de la flexion de sa nuque qui lasse germer l’atlas, cette première cervicale qui pointe quand le visage s’affaisse puis, le tout se redresse dans un extension de la gorge qui gonfle, du menton qui s’étend et creuse toutes les cavités parfaitement dessinés qui encerclent ses clavicules.
Dans la section Textes longs : L’envolée du Constellation

Hors ligne Ariane

  • Calame Supersonique
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Re : La Fille-poisson [contenu choquant]
« Réponse #4 le: 30 mai 2020 à 22:03:41 »
Bonjour,

Pour ce qui est de la forme, je trouve ça bien écrit dans l'ensemble. J'ai tendance à relever beaucoup de petits détails donc ne soit pas surpris si malgré cette qualité je formule de nombreuses petites remarques pinaillantes.

Toutes les remarques au fil de la lecture
[close]

Au total : Sur la forme, je trouve que tu écris plutôt bien ; malgré tout, le style qui oscille entre familier et courant ou un peu + soutenu ne me semble pas totalement assuré, totalement fixé. Il y a plusieurs tournures un peu maladroites et la ponctuation ou la construction des phrases laisse parfois place à des ambiguïtés qui ralentissent la lecture. Malgré ça je trouve ton style plutôt immersif, on est vraiment placés dans la peau et les pensées du narrateur.
Sur le fond, je ne saisis pas tout à fait toute l'histoire (mais peut-être que je cherche trop à décortiquer et qu'il faut pas chercher plus loin...). Par exemple, le lien entre le bus et la partie de pêche ? Il imagine la partie de pêche tandis qu'il reste assis en face de la fille ? Idem pour la fin avec l'Oncle Serge... Je reste un peu perplexe, esthétiquement je trouve ça pas mal mais je vois pas trop comment ça s'intègre à l'histoire... Je crois que c'est ça, dans l'ensemble je trouve certaines images, bien que glauques, plutôt originales et intrigantes, mais il me manque un truc au niveau du sens...

Bonne continuation !
« Modifié: 30 mai 2020 à 22:06:49 par Ariane »

Hors ligne Jonathan7nahtanoL

  • Tabellion
  • Messages: 23
Re : Ça sent le souffre. - Version 2 [contenu choquant]
« Réponse #5 le: 01 juin 2020 à 02:13:15 »
Salut à toutes et tous,

Un grand merci pour ces retours pertinents qui m'ont aidé à écrire cette deuxième version.

@Loic
(Je vais essayer de passer te répondre sur l'autre texte à l'occase, faut juste que je le garde dans un coin de ma tête).

Si le coeur te dit, je reste preneur pour l'autre texte ;) Son lien est dans ma signature.


J'ai pas mal aimé, mais je trouve le texte assez décousu au final. Les deux ambiances (du bus et de la partie de pêche) sont chouettes, mais du coup totalement déconnectées. Ca manque de transition entre les deux parties, je trouve, c'est dommage.


Alors le principe que j'ai essayé de faire était une sorte de perte de conscience enchâssée. D'abord, sa conscience se trouble dans le bus puis il s'endort à deux reprises lors de la partie de pêche et plus la divagation est profonde, plus son inconscient dicte ses pensées et donc plus l'Eros et le Thanatos s'expriment avec crudité. Voilà sur la forme et le fond ce que j'ai essayé de faire.

@Deofresh,

Je trouve que ce passage aurait plus d'impact si tu remplaçais les virgules par des points. C'est d'ailleurs une remarque générale sur ton texte, je pense que tu y gagnerais à raccourcir certaine de tes phrases.


Complètement. J'ai tout repris en suivant ce conseil très juste, merci. Je me l'étais dit à l'écriture et j'ai eu peur de me le permettre je crois.
Merci en tout cas pour ce retour qui fait chaud au coeur :)

@Ariane,

Merci beaucoup pour le temps que tu as passé sur ce retour exhaustif.


On peut parfaitement avoir un port de tête assuré, un air grave et triste... et n'être absolument pas pudique ! Pour moi ces deux phrases, présentées comme une contradiction, n'ont en fait rien à voir. (Et par ailleurs, pour moi l'exhibition du sternum ou de l'épaule n'est pas un manque de pudeur, mais je ne sais pas dans quelle mesure tu adhères ou non aux propos de ton narrateur).


Par chance, "je" n'est pas moi et je ne partage aucunement les jugements de mon personnage et encore moins ses actions !


Euh bah non '-' désolée d'être un peu trop premier degré mais l'expression des doigts me heurte pour une queue de poisson...

Alors je comprends mais en même temps c'est une fille-poisson et si le lecteur ne le sait pas encore à ce moment là, c'est un des éléments qui met la puce à l'oreille et qui permet la bascule dans l'étrangeté je trouve :)


C'est un jeu de mot pour "au niveau de l'aine" ? Je suis pas fan, je comprends pas trop le but...

C'est volontaire oui en effet. Tout comme le nouveau titre qui reprend cette phrase "ça sent le souffre". Je comprends que c'est un pur effet de style qui est peut-être un peu présomptueux mais je crois que je vais le garder car c'est là qu'est toute la complexité de ce personnage.

Toutes les autres remarques m'ont été grandement utiles (et celles-ci aussi même si je ne les intègre pas à mon écriture)


Sur le fond, je ne saisis pas tout à fait toute l'histoire (mais peut-être que je cherche trop à décortiquer et qu'il faut pas chercher plus loin...). Par exemple, le lien entre le bus et la partie de pêche ? Il imagine la partie de pêche tandis qu'il reste assis en face de la fille ? Idem pour la fin avec l'Oncle Serge... Je reste un peu perplexe, esthétiquement je trouve ça pas mal mais je vois pas trop comment ça s'intègre à l'histoire... Je crois que c'est ça, dans l'ensemble je trouve certaines images, bien que glauques, plutôt originales et intrigantes, mais il me manque un truc au niveau du sens...

J'ai voulu traiter de la frustration il me semble. Ce personnage voit cette fille dont il est vraisemblablement amoureux, qu'il fantasme tout du moins. Mais il ne peut se le dire et il lui en veut de lui faire ressentir un tel bouillonnement émotionnel. Il se venge intérieurement d'elle mais inconsciemment. L'Oncle Serge est la figure de sa maltraitance, du rabaissement qu'il subit sans cesse, de sa frustration à être un jeune homme dont sa virilité est à prouver. Alors, le personnage décline à son tour la violence verbale de son Oncle en violence physique, il décline la violence animale en violence humaine car dans son inconscient, toutes ces valeurs sont sur une même échelle morale. Il se venge de son oncle en lui mettant l'hameçon dans la bouche et en le faisant aller à l'eau, il le transforme lui aussi en poisson. Elle, il souffre de son manque de contrôle affectif et dans son inconscient, il fantasme de la posséder toute entière et se venge d'elle car elle le renvoie à ses propres faiblesses.

Voilà grosso modo ce qui m'a permis d'écrire ce texte. C'est toujours compliqué d'expliquer ce que l'on a voulu dire car tout semble plat et réducteur. Je n'accorde pas grand intérêt à ce que l'on comprenne tout ce que j'essaye de transmettre mais par contre, je suis toujours très intéressé de voir ce qui est compris car cela me permet d'éclaircir des choses et d'en laisser d'autres flottantes. Comme j'ai choisi un traitement surréaliste pour ces nouvelles, je tiens à ce que de nombreuses portes soient ouvertes, peu soient fermées et que les lecteurs puissent s'engouffrer dans certaines au gré de leurs désirs. J'ai bien conscience que l'aspect cannibale n'est pas nécessairement un seuil que tous les lecteurs ont envie de franchir  :/

Merci encore pour vos retours,
En cours d'écriture du recueil Petites passions surréelles.

La main contre l'écorce
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La Sculpteuse

 


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