Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

03 juin 2020 à 20:56:37
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateurs: Aube, Ben.G, Claudius) » Les remparts de la foi

Auteur Sujet: Les remparts de la foi  (Lu 648 fois)

En ligne Georges Ioannitis

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Les remparts de la foi
« le: 22 mai 2020 à 22:26:58 »

Basilique Sainte Sophie Ἁγία Σοφία (Sagesse divine). Constantinople (Istanbul)

Les remparts de la foi


C’est en cherchant réponse à d’abstraites questions,
Que l’homme s'impose sa propre soumission.
En scrutant le néant, il croit voir dans les cieux
Dans des bleutées lointaines l’image d’un Dieu.

Son élan de grandeur comme un instinct ancien
Guide sa quête éternelle vers le divin,
Élevant le regard, il croit hausser son âme,
Contemplant un mirage, il croit voir une flamme.

Il se met à genoux pour que dans les nuées
Tremblent des requiem au corps martyrisés
De messies de pardon, victimes sanctifiées,
De prophètes guerriers, aux yeux hallucinés.

Il répète sans fin jusqu’à s’en étourdir,
Afin de se convaincre et ne plus réfléchir,
D’antiques psalmodies de mensonges bénis,
D’obscures litanies qui rongent son esprit.

Des églises de pierre aux frises de dentelles,
Éblouissantes d’or aveuglent les fidèles.
Des coupoles au galbe de sein de géante
Troublent de leur éclat les ombres qui les hantent.

Elles lancent au ciel comme en cadeau précieux,
Quelques incantations, ou des hymnes joyeux,
Dressant à pleine voix les remparts de la foi
Pour enfermer chacun dans des textes de loi.

Des pontifes vêtus en habits de lumière,
Ou des prêtres barbus aux doctrines amères
Ornent la vacuité de leur grand ministère
De vierges affligées, de projets mortifères.

Ces funestes bergers dirigent leur troupeau
Piétinant la raison et les cœurs, de leurs mots.
Transcendance bradée,  mystique moutonnière,
Sont vendues en tous lieux par d’habiles faussaires.

Ils offrent à chacun, une éternelle aurore…
Le bonheur est ici, pourquoi attendre encore ?
La foi est un désert où règne le silence,
La vérité n’est pas dans toutes ces outrances…

L’attrait de l’invisible et le goût du mystère,
Occultent le regard de visions délétères.
Pour ne pas abuser nos faibles jugements,
Que l’amour entre tous soit le seul Dieu vivant !

https://youtu.be/zhhYIZJj6rk
« Modifié: 25 mai 2020 à 20:01:38 par Georges Ioannitis »
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Hors ligne Kerdrel

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #1 le: 22 mai 2020 à 23:36:34 »
je ne sais, si c'est l'illustration de la Mosquée Ayasofya
qui influence mon jugement, mais elle n'est pas pour rien
dans l'attrait qu'à ce poème en ce dernier jour du Ramadan...
pour ceux qui ne la connaissent pas, il y a aussi la "Küçük Aysofya"
(la petite sainte Sophie)  non loin très belle et moins connue
église byzantine reconvertie également en Mosquée

 :ned: 
«Quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites». A. Jarry

En ligne Dot Quote

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #2 le: 23 mai 2020 à 11:32:22 »
très descriptif
je ne saurais en tirer parti
mais ce n'est pas indifférent que je serais reparti

oui une construction sensible

En ligne Georges Ioannitis

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #3 le: 23 mai 2020 à 11:52:19 »
_ Merci Kerdrel pour cette visite. J'ai choisi cette illustration parce qu'elle évoque assez bien cette propension des deux religions majeures, à vouloir glorifier la foi par le luxe et l'ostentatoire. Même si je suis bien conscient que les plus belles oeuvres artistiques sont inspirées par la foi religieuse. Moi qui suis un libertaire invétéré, lorsque j'écoute l'Oratorio de Noël de J.S. Bach j'ai presque envie de croire en dieu... Amicalement, Georges.

_ Merci Don Quote pour ce joli commentaire. Amicalement, Georges.
« Modifié: 23 mai 2020 à 11:55:42 par Georges Ioannitis »
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Hors ligne HELLIAN

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Re : Re : Les remparts de la foi
« Réponse #4 le: 23 mai 2020 à 19:20:29 »
_  Moi qui suis un libertaire invétéré, lorsque j'écoute l'Oratorio de Noël de J.S. Bach j'ai presque envie de croire en dieu... Amicalement, Georges.

Je crois que c'est Cioran qui écrivaient ou disaient : « Bach, Dieu lui doit beaucoup ! ».

Pour qui aime la poésie didactique, ce texte est une indéniable réussit, fruits d'un travail élaboré aux finitions achevées.


 
cent fois sur le métier...

Hors ligne Volk

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #5 le: 24 mai 2020 à 10:12:33 »
Je trouve ce poème beaucoup trop sentencieux et explicite. Vous assénez vos convictions sans beaucoup de finesse, desservies par un vocabulaire poétique rudimentaire. La construction, où se mélangent toutes sortes de rimes,  me laisse également sceptique. L'ensemble fait un peu foutoir.
Mais c’est surtout l’absence d’inexprimé, je le répète, qui alourdi votre texte et l’empêche de s’élever. Davantage d’allusions, de sous-entendus, auraient été préférable à cette charge basique et trop longue.
« Modifié: 24 mai 2020 à 10:27:39 par Volk »

En ligne Georges Ioannitis

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #6 le: 24 mai 2020 à 12:04:27 »
Bonjour Hellian, Merci pour ton agréable visite, tes encouragements me touchent beaucoup. Amicalement, Georges.



Bonjour Volk.

« un vocabulaire poétique rudimentaire »
Bien entendu chacun apprécie selon ses goûts l’écriture d’un auteur. Ainsi, lorsque l’on reçoit une critique sur le style il est bon de savoir qui vous l’adresse. Je suis allé jeter un coup d’œil sur la dernière poésie que vous avez publiée, me voilà grandement rassuré.

« La construction, où se mélangent toutes sortes de rimes, l'ensemble fait un peu foutoir »
Serait-il enfin possible de considérer un vers de douze pieds sans le prisme de règles classiques tyranniques. L’alternance du genre des rimes n’est pas une fatalité. Bien des auteurs se sont libérés de ce carcan sans que l’on puisse remettre en question la qualité de leur écriture. (cf. commentaires sur autres textes)

 " Vous assénez vos convictions sans beaucoup de finesse.    Davantage d’allusions, de sous-entendus, auraient été préférable(s) à cette charge basique et trop longue.   Mais c’est surtout l’absence d’inexprimé, je le répète, qui alourdi(t) votre texte et l’empêche de s’élever."

Peut-il en être autrement, lorsque l’on écrit un texte engagé ? L’ellipse et l’allusion sont des demi-mesures qui n’ont pas grand-chose à faire dans ce texte qui est un plaidoyer pour la raison. Par nature elle s’oppose au dogme imposé aux consciences et banalisé par des millénaires de pratique. Si le texte semble péremptoire c’est que la raison s’accorde mal avec l’hypothèse ou l'incertitude. Accordons lui ce droit que les religions ont si longtemps détourné à leur profit.
Merci Volk pour votre attention. Georges

« Modifié: 25 mai 2020 à 07:05:43 par Georges Ioannitis »
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Hors ligne Donald Ghautier

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #7 le: 24 mai 2020 à 20:39:28 »
Bonjour Georges,

Un texte riche que tu nous livres là.
 :banane:

Il y a de la place pour l'interprétation mais le propos est clair, convaincu. La forme choisie va bien avec le thème.

Un petit relevé de coquilles en lecture classique:

"De prophètes sévères aux yeux hallucinés."
13 syllabes.

"Le bonheur est ici, pourquoi attendre encore ?"
"La foi est un désert où règne le silence,"
Hiatus

Merci pour le partage.

Donald
Le Seigneur est un gars très très occupé (Tom Waits)

En ligne Georges Ioannitis

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #8 le: 24 mai 2020 à 21:48:12 »
Bonjour, Donald.

"De prophètes sévères aux yeux hallucinés."

Les nombreux commentaires auxquels j’ai répondu montrent assez clairement ce que je pense des règles classiques. Je préfère nettement la versification moderne ( à partir de la fin 19e) à ce lourd carcan d’un autre âge. Une fois encore c’est loin d’être une règle absolue.

Pourtant, lorsque  la césure épique qui convertit avec légèreté treize en douze n’est pas nettement visible et répétée à travers le texte, la seule, ici, qui apparaisse semble assez inopportune. Tu as raison Donald pour ces treize pieds-là. Ce texte a été remodelé pour ne pas subir sur le site ce genre de remarques et ce vers a échappé à ma vigilance.  Je tiens compte de ta précieuse remarque et propose à la place :

« De prophètes guerriers, aux yeux hallucinés. »

Quant aux hiatus que tu mentionnes, ils ne semblent pas fautifs pour moi. Ce texte même expurgé de césure épique n’est en rien classique.
L’alexandrin peut tout à son aise se passer de ces règles. on aurait pu aussi remarquer l'absence d'alternance du genre des rimes, que je trouve particulièrement inutile. De très nombreux poètes de talent (et pas des moindres) nous montrent à travers de magnifiques textes que l'on peut composer des alexandrins sans subir ces lourdes contraintes.

« Car il lui faut, le poing à l'anse d'un pot blanc"
(Rimbaud)

"La rue assourdissante autour de moi hurlait."
"Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,"

(Baudelaire)

Merci sincèrement d’avoir donné ton avis. Amicalement, Georges
« Modifié: 25 mai 2020 à 20:02:29 par Georges Ioannitis »
Mieux vaut avoir raison seul que tort avec la foule

Hors ligne Donald Ghautier

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #9 le: 25 mai 2020 à 08:43:54 »
Salut Georges,

Je suis entièrement d'accord avec toi sur les règles de la prosodie classique et leur application aujourd'hui. Comme je ne te connais pas, j'apprends à appréhender tes choix stylistiques en lisant tes œuvres et tes réponses à nos commentaires. Je suis d'autant plus sensible à ton point de vue que j'officie sur un site très orienté poésie et que je lis parfois des commentaires où seule la prosodie compte, où des règles anciennes prennent le pas sur la dimension poétique du texte, où le figé devient essentiel. Et ça m'énerve grandement. Donc, je te comprends vraiment.

 :mafio:

Ciao

Donald
Le Seigneur est un gars très très occupé (Tom Waits)

En ligne Georges Ioannitis

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #10 le: 25 mai 2020 à 12:52:16 »
Bonjour Donald.

Tu ne peux imaginer à quel point ton message me ravit. Mes débuts sur le site m’ont donné l’impression d’être l’abruti de service, la cible favorite de puristes zélés qui tentaient de me faire comprendre que précisément je ne comprenais rien. Entendons-nous bien, je ne suis pas farouchement réfractaire à la poésie classique, mais, je me suis heurté à des critiques qui ne considéraient la valeur de mes poésies qu’à travers des règles que je m’évertue à ne pas appliquer. Le fond, l’émotion étaient la plupart du temps mis de côté ; l’harmonie des mots et l’euphonie du langage souvent sacrifiées au profit de dogmes stylistiques que je récuse à mes texes. J’avais beau démontrer, poèmes à l’appui, qu’Aragon n’écrivait pas comme Racine, ni Baudelaire comme Malherbe on me rétorquait trop souvent que les règles classiques étaient universelles et qu’elles s’appliquaient à tous. C’est comme ça !
J’ai vite relativisé l’importance de certains conseillers en remarquant que leurs commentaires se contredisaient avec d’autres. Quelques-uns même corrigeaient un texte écrit la veille, à la suite d’une dernière trouvaille inattendue, glanée sur un site ou un traité de poésie ancien.
Cet art du langage, comme toute matière vivante, évolue, se transforme, s’adapte à son environnement.
"Les poètes modernes, à commencer par les symbolistes, tentent de bouleverser les règles classiques de rime, soit en y renonçant totalement soit en pratiquant la rime approximative. " (Le genre des rimes - eXionnaire)
Baudelaire propose une approche bien différente de la poésie de ses contemporains et des anciens. Il sort le bel art du marasme dans lequel l’avait fait sombrer le romantisme.  Son lyrisme s’éloigne du ‘bucolisme mythologique’ et du ‘narcissisme plaintif’ des auteurs de son époque, qui ressassaient des règles défraîchies. Sa poésie devient radicale et touche à l'universel. La sensualité ne se couvre plus du voile pudibond des divinités de l’Olympe. La chose organique a droit à des égards, et la beauté jaillit parfois des ténèbres. Il annonce par son audace le symbolisme qui influença tant les surréalistes. Il fait savoir à tous que la poésie c’est avant tout l’émotion. Baudelaire invente la poésie moderne, plus libre, plus fraîche et proche du cœur… Alors pour toutes ces raisons, j’apprécie particulièrement ton message. Porte-toi bien, Amitiés, Georges.
« Modifié: 30 mai 2020 à 07:16:14 par Georges Ioannitis »
Mieux vaut avoir raison seul que tort avec la foule

Hors ligne Lavekrep codaraque

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #11 le: 27 mai 2020 à 15:18:23 »
bonjour Georges,
Je suis très embêté, quel sujet aborder ? :
- La religion ? dire que j'ai été à l'école chez les sœurs, au collège chez les pères toujours en internat ? Je l'ai déjà écrit et dit ce qu'il m'en reste. Beaucoup de bons souvenirs et même de la reconnaissance pour ce con de beau-père qui a cru me punir. Le seul  point noir étant la religion, et me voilà athée car il y a eu Georges de Sète, surtout le grand Jacques de Bruxelles et son

 "C'est trop facile d'entrer aux églises, de déverser toute sa saleté face au curé qui dans la lumière grise ferme les yeux pour mieux nous pardonner."

et quelques lecture écrites à l'encre rouge. Ah ! j'allais oublier mon côté" j'aime aussi la chanson populaire et alors !"  parce qu'il a aussi les paroliers Jacques Revaux - Michel Sardou qui ont écrit

" Les pauvres ont besoin de l'église, C'est un peu là qu'ils sont humains, Brûler leur Dieu est la bêtise Qu'ont déjà commis les Romains"

( comme quoi on n'y entend pas que des conneries). Je sais, ils auraient pu ajouter les riches et toute l'humanité.

-  Le "E" ? Qui n'a pas été victime des puristes ? Question: " Au cinéma, Gabin a-t-il joué sur le même ton dans "Quai Des Brumes " et "Mélodie En Sous Sol " ? Comment les jouerait-il aujourd'hui ?
Le classique est un exercice de style qui peut être passionnant, un peu comme les maths ( on se prend la tête et on aime ça et le plus souvent, c'est très joli, voir...beau). Mais voilà, il y a l'émotion qui ne transige pas. Elle s'en fout d'être classique ou pas, ce qu'elle veut c'est être là. Pas facile de se mettre en colère en alexandrin. L'alexandrin, on le vouvoie, mieux vaut tutoyer l'émotion.
Que ceux qui ne peuvent accepter un "E" coulant aillent se faire pendre.
Je me suis fait des ennemis ou pas ? Tant pis.
À bientôt, Pascal. 
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

En ligne Georges Ioannitis

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #12 le: 28 mai 2020 à 16:18:59 »
Bonjour, Pascal,

Tu as raison sur toute la ligne. Pour paraphraser l’adage, ‘’Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse’' , qu’importe la formule si l’émotion est là. Classique ou moderne la poésie est le support privilégié des sentiments  (encore faut-il  que l’originalité et le talent l’accompagnent). Mais j’avoue que lorsque l’on doit à chaque mot posé, craindre les foudres de ‘’puristes’’ trop zélés à mon goût, ces règles sont une entrave à la créativité. Ce n’est pas pour rien qu’après Baudelaire on en ait moins ressenti la nécessité.  Les règles existent en versification, la rime, la métrique, la structure… elles sont bien suffisantes et ne répondent qu’aux lois de l’harmonie. Merci pour ta visite Pascal, j’ai l’impression avec toi et quelques autres sur ce site de parler le même langage, ce n’est pas toujours le cas malheureusement. Sans doute une histoire de nuances. Amicalement, Georges
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Hors ligne Cyr

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #13 le: 28 mai 2020 à 20:48:21 »
"Pour ne pas abuser nos faibles jugements,
Que l’amour entre tous soit le seul Dieu vivant !"

On pourrait renverser le discours en présentant la sacralisation de la raison comme une faiblesse de jugement. C'est une question de référentiel. Certains philosophes concilliaient les enseignements de leur raison et leur foi religieuse à différentes époques. Par ailleurs, on peut dénoncer les dérives du religieux autant que celles de la religion.

Qu'est-ce que l'amour? Comment le croyant porte-t-il en lui son Dieu?

Je pense qu'en lisant ton texte un croyant pourrait penser qu'on veut le déposséder de sa religion, en faisant de lui un philosophe alors que l'on pourrait prévenir les dérives en rappelant au croyant les fondements de sa propre religion justement, par exemple que Dieu est amour.
Gandhi écrivait l'amour et la vérité sont les deux faces d'une même pièce.

Tu fais mention de l'amour tout à la fin de ton texte mais il y a un déséquilibre avec le reste de ce que tu as écrit, je trouve.

Merci pour ton texte,
« Modifié: 28 mai 2020 à 21:40:35 par Cyr »
"Il y a deux sortes de poètes : les bons, qui brûlent leurs poèmes à l'âge de dix-huit ans, et les mauvais, qui continuent à écrire de la poésie jusqu'à la fin de leurs jours." Umberto Eco

En ligne Georges Ioannitis

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Re : Les remparts de la foi
« Réponse #14 le: 28 mai 2020 à 23:13:38 »
Bonjour Cyr,

« On pourrait renverser le discours en présentant la sacralisation de la raison comme une faiblesse de jugement. C'est une question de référentiel. »

Je ne pense pas que l’on puisse sacraliser la raison, cela reste pour moi un vrai contresens. Cet argument est souvent avancé par les théologiens rigoristes islamistes (et par d’autres aussi). La science et le sacré restent irrémédiablement dissociés. La religion repose sur le dogme, celui-ci reste figé et incontestable. La raison est la grande sœur de la science. Celle-ci par essence est une permanente remise en question, elle repose sur l’observation, la recherche, l’interprétation rationnelle de données. Elle évolue par nature.

Qu’est-ce que la raison ?  La raison c’est, entre autres définitions,  admettre l’existence d’une idée, d’une abstraction, d’une théorie farfelue de prime abord, lorsqu’elle devient plausible grâce aux éléments qui l’authentifient. On peut par exemple annoncer que l’instinct de survie, l’aspiration à être libre et heureux sont impalpables, mais bien réels. On pourra dire aussi sans le constater à l'oeil nu que la Terre n'est pas un disque et que le soleil ne lui tourne pas autour.

Les religions se sont toutes trompées dans le domaine scientifique, parce que, contrairement à la science qui évolue perpétuellement, elles restent figées dans des dogmes définis quelques millénaires avant nous. Compte tenu d’un large syncrétisme, j'inclus les religions antérieures aux premiers monothéismes. Elles font en quelque sorte l’état des connaissances d’une époque révolue.
Lorsque rien ne la vérifie de manière tangible, pourquoi admettre une hypothèse (celle d’un dieu par exemple) ? Ne serait -il pas plus logique de la mettre d'emblée en doute. La réponse est aussi à chercher dans les siècles d’aliénation que l’humanité a subis. Ce ''bourrage de crâne'' (pardon pour les gens de foi) banalise des croyances pour en faire des évidences. La religion se substitue à la raison et quand ça coince, pour lui donner un petit coup de pouce, la thaumaturgie explique l’inexplicable.

« Une école en plus c’est un temple en moins » Disait à peu près Renan. La connaissance aiguise le discernement et fait reculer la religion.

  « Dieu est mort ! …Et c'est nous qui l'avons tué !" Disait Nietzsche qui n’était pas une truffe.…
il ajoutait :
 « La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop importante pour nous ? Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux simplement — ne fût-ce que pour paraître dignes d'eux ? » 
Chacun interprétera ce message comme il le veut. Pour ma part j’y entends le conseil, pour chacun, de tracer la voie de son destin,sans l’aide d’une béquille, fût-elle divine.

L’art de « philosopher » est forcément un peu péremptoire, car il oblige à prendre position de manière précise. Rien n’assure que l’un ou l’autre n’ait raison. C’est ce qui fait le charme de ce genre de conversations. Merci, Cyr d’être intervenue de cette manière, j’ai beaucoup aimé. Amicalement, Georges
.
« Modifié: 28 mai 2020 à 23:23:53 par Georges Ioannitis »
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