Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 juin 2020 à 22:49:00
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Auteur Sujet: L'exil  (Lu 375 fois)

Hors ligne Manue

  • Tabellion
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L'exil
« le: 13 mai 2020 à 11:17:31 »
[Bonjour à tous,
Voilà le premier "chapitre" . De quoi ? Je ne sais pas bien encore si on devra l'appeler roman ou nouvelle.
Mes interrogations portent surtout sur le temps employé - j'ai commencé au passé, puis je l'ai mis au présent, mais je ne suis pas sûre de moi. Qu'en dites-vous ? ]


                                                                                    1.



   Chaque matin, avant même d'ouvrir les yeux, Benni entame, automatiquement, une série de rétro-projections mentales le mettant en scène ; ce matin, elles concernent un futur très proche : le déjeuné dominical. Il s'imagine calfeutrer sa répulsion derrière l'excuse d'une mauvaise nuit et d'une surcharge de travail. Mais le scénario s'effondre, magistralement, quand il sent, en même temps que ses pieds nus sur le parquet, qu'aucun prétexte ne pourra enrayer l'envie qui le tenaille de régler ses comptes, une fois pour toutes. Alors, toujours dans le même exercice, il envisage un long discours sur les affres de sa misanthropie grandissante, s’épanche sur ses émotions contradictoires et, entre deux commentaires sur une mayonnaise ratée, confie qu'il ne veux faire de la peine à personne. Puis  il conclut, solennellement, que c'est en héros accablé qu'il a accepté l'invitation. Mais, sa parole s'embrouille ; les attentats verbaux des membres de son assemblée imaginaire parviennent à saboter son élan : bien que seul à sa fenêtre, il peut entendre la voix nasillarde de sa cousine qui, s'accompagnant d'un affreux clin d’œil, lui glisse : «  Moi aussi j'aimerai mieux être ailleurs qu'ici ».

   Le front de Benni est inquiet. Comment se fait-il qu'il puisse être interrompu de la sorte ? Ne devrait-il pas être le seul scénariste et réalisateur de ces scénettes cathartiques ? Comment éprouver le soulagement qu'il recherche s'il n'est pas capable de soutenir sa vision sans qu'elle soit parsemée d'interruptions incontrôlables ? Alors, comme toutes les fois où il se retrouve pris à son propre piège, il s'accuse, se condamne même. D'avoir de trop grandes prétentions. D'être irréaliste. Et puis il fait volte face et, finalement, s'encourage : son âme est trop noble pour ce bas-monde.
 De là, il entreprend de se faire un café.

   La cafetière est le tout premier objet qui appartienne entièrement à sa nouvelle vie. Il l'a ramené dans sa chambre après l'avoir utilisé quelques fois, avec Franck. Inévitablement, elle parfume la pièce du souvenir de leur rencontre qui, malgré le mois passé, lui apparaît très vivement. Benni venait de quitter la soirée trimestrielle de son école ; la dernière gorgée de bière avait été si amère qu'il avait failli la cracher sur les genoux découverts de Mila Steiman. En partant, il n'avait salué personne, et, s'assurant que sa flasque de whisky était toujours en place, il s'était éclipsé. Arrivé dans la rue, il avait souri ; la pluie légère et fine de la nuit ferait une excellente compagne de la mélancolie qu'il projetait d'accueillir. Partit d'un bon pas, il avait décidé de quitter au plus vite ce quartier bourgeois, il ne pouvait plus supporter ces fêtes laxatives où se cachent, derrière toutes les débauches, des esprits calculateurs, affamés et sans pitié. A mesure qu'il s'était éloigné, les jambes aiguisées et provocantes de Mila avait progressivement disparues de son esprit. Mais il ne s'arrêta pas avant de s'être senti véritablement sorti, vidé.

   Repenser à tout ça maintenant lui donne de la grandeur, de la force, ou bien était-ce le café ? Il s'exclame : « AHHH ! », se revoyant marmonner seul, face à ses pensées, la tête enfouie dans les mains. Cette habitude lui vient de l'enfance ; il n'a cessé depuis, de régulièrement oublier le monde autour de lui, de partir dans un ailleurs intime, tout entier.  C'est sûrement grâce – à cause ? - de cette capacité d'abstraction, qu'il peut aujourd'hui se laisser totalement absorber par des scènes passées, qu'il rejoue après coup, les retournant en tous sens - souvent pour vérifier qu'elles avaient été en tout points désagréables. Les jambes de Mila, leur arrogance, ses lèvres qui se retroussaient quand elle daignait s'arrêter de parler, tout l'effort aguicheur que son corps s'évertuait à produire le faisait encore frémir ; aussi bien de désir que de dégoût. A chaque frisson, il gémit, se balance sur lui-même ; à le voir, on croirait qu'il est fiévreux. Enfin. Il en arrive à l’événement que le café encore brûlant lui rappelle le plus vivement. Ç’avait été quelque chose d'extraordinaire, quelque chose de grandiose qui devait changer la trajectoire de sa vie. Tous les lampadaires alentour s'était soudainement éteins, les uns après les autres, le livrant à une obscurité aveuglante. Il se souvient du vent, léger et curieusement chaud qui avait caressé tout son corps. Et aussi – surtout - de la vague, du vertige qui le traversa des pieds à la tête. Ces quelques secondes où il avait pu s'observer lui-même depuis un perchoir invisible avaient-elles réellement eut lieu ? Ce grand corps ahuri, c'était le sien quoiqu'il en dise, et il s'en été détaché, libre d'apesanteur, libre de toutes les contraintes physiques. Le sentiment qui l'avait accompagné durant son escapade était - c'est comme ça qu'il se le décrit aujourd'hui – plus proche du ravissement que de l'extase. Et il lui suffit maintenant de susurrer ce mot, « ravissement »,  pour qu'il puisse éprouver encore – bien qu'amoindri – le grand détachement, la franche rupture d'avec tout ce qu'il avait cru être.  Satisfait, ragaillardi, Benni sait qu'aujourd'hui est un jour spécial, le jour du départ pour le héros solaire qu'il s'imagine être, le jour où il disparaîtra, qui sait, peut être pour toujours ; on toque : «  Dépêches-toi ! On y va ! ».
   Benni n'a pas terminé sa méditation. Il rassure la voix derrière la porte et replonge. Il entend le bruissement des feuilles, qui se rapproche. Et tout à coup, le faisceau lumineux qui se fixe un instant sur son visage, il ne bouge pas, puis le faisceau se met à parler : « J'ai la lumière » lance t-il, puis il se déplace jusqu'à éclairer un visage buriné, couvert de poils gris-sales, dont seul les yeux avaient, à cet instant, apparence humaine. « Je suis ta lumière, l'ami ! » La voix chantante résonne encore très fort à ses oreilles, «  j'ai trouvé une flasque encore tiède, elle doit t'appartenir, non ? » L'impression d'irréalité le pénètre un peu, loin d'égaler l'intensité qu'elle avait eu, mais il peut quand même sentir les picotements aux extrémités de tous ses membres. Il décide de s'arrêter là-dessus. De retourner une dernière fois jouer au Benni que l'on connaît.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
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Re : L'exil
« Réponse #1 le: 13 mai 2020 à 11:26:16 »
Bonjour Manue,

Le temps employé ne me choque pas outre-mesure. Pourquoi n'en es-tu pas sûre ?

Aimerais-tu d'autres commentaires que sur le temps ?

Si oui, je repasserai de manière plus complète ^^
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Manue

  • Tabellion
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Re : L'exil
« Réponse #2 le: 13 mai 2020 à 11:38:28 »
Bonjour derrierelemiroir,

Je ne suis pas sûre du temps parce que je l'ai changé en cours de route ;  et que c'est assez difficile je trouve de raconter des souvenirs qui surviennent au présent. Mais tant mieux si ça ne t'a pas choqué !

Sinon, pour plus de commentaires, oui je veux bien, merci de proposer.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
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Re : L'exil
« Réponse #3 le: 13 mai 2020 à 14:04:09 »
OK alors me revoici avec un commentaire plus complet :)

d'abord les détails au fil du texte :

Citer
Chaque matin, avant même d'ouvrir les yeux, Benni entame, automatiquement, une série de rétro-projections mentales le mettant en scène
je trouve qu'"automatiquement" coupe la fluidité de cette phrase déjà longue, surtout pour une première phrase. D'après moi, tu pourrais faire à moins.

Aussi, je ne sais pas ce que tu veux dire par "rétro-projection". Projection, n'est-ce pas suffisant ?

Citer
Il s'imagine calfeutrer sa répulsion
sa répulsion de quoi ? Et aux yeux de qui ?

Citer
Mais le scénario s'effondre, magistralement,
pourquoi "magistralement" entre virgules ? De nouveau, ça brise la fluidité de la lecture

Citer
qu'aucun prétexte ne pourra enrayer l'envie qui le tenaille de régler ses comptes, une fois pour toutes
de nouveau, je trouve cette phrase assez vague. Régler ses comptes avec qui ?

Citer
entre deux commentaires sur une mayonnaise ratée
j'aime bien ce détail, d'autant plus que c'est le premier détail un peu plus concret il me semble

Citer
Le front de Benni est inquiet.
pourquoi le front de Benni, plutôt que Benni lui-même ?

Citer
Comment se fait-il qu'il puisse être interrompu de la sorte ?
interrompu ? Par les attentats verbaux des membres de son assemblée imaginaire ?

Citer
Alors, comme toutes les fois où il se retrouve pris à son propre piège, il s'accuse, se condamne même. D'avoir de trop grandes prétentions. D'être irréaliste. Et puis il fait volte face et, finalement, s'encourage : son âme est trop noble pour ce bas-monde.
 De là, il entreprend de se faire un café.
Ça j'aime bien, c'est presque drôle.

Citer
Il l'a ramené dans sa chambre après l'avoir utilisé quelques fois, avec Franck. Inévitablement, elle parfume
puisque tes pronoms semblent reprendre cafetière, et non objet, tu devrais accorder ramener et utiliser

Aussi, je n'aurais pas mis de virgule après "quelques fois"

Citer
malgré le mois passé
c'est pas assez précis selon moi. Tu veux dire : "malgré le mois qui s'est écoulé depuis" ? Le mois passé, ça peut aussi faire référence au mois dernier.

Citer
quitter au plus vite ce quartier bourgeois
puisqu'on ne sait pas de quel quartier bourgeois il s'agit, j'aurais plutôt écrit "le quartier"

Citer
ces fêtes laxatives
je ne comprends pas cette image dans ce contexte

Citer
Mais il ne s'arrêta
si tu veux rester cohérente avec ce qui précède, le verbe devrait aussi être au plus-que-parfait

Citer
ou bien était-ce le café ?
j'aurais laisser ça au présent

Citer
de partir dans un ailleurs intime, tout entier
même si je trouve ça joli, je ne comprends pas ce que tu entends par "tout entier"

Citer
se laisser totalement absorber
je trouve "totalement" superflu ici. Absorber est un verbe déjà assez fort

Citer
tout l'effort aguicheur que son corps s'évertuait à produire le faisait encore frémir
le fait encore frémir ?

Citer
Il se souvient du vent, léger et curieusement chaud qui avait caressé tout son corps
à partir d'ici, il me semble qu'il faudrait retourner au plus-que-parfait si tu veux être cohérente avec ce qui précède

Citer
pour qu'il puisse éprouver encore
le verbe pouvoir est de trop ici je trouve

Citer
; on toque : «  Dépêches-toi ! On y va ! ».
Puisqu'il s'agit d'une interruption de ses pensées et de l'action, je serais passée à la ligne ici, ou en tout cas, j'aurais séparé les deux phrases par un point et non un point-virgule.

Citer
dont seul les yeux avaient,
dont seuls les yeux ont ?

Voilà. Pour le fond, j'avoue que je n'ai pas compris grand-chose. Enfin, j'ai compris les actions dans leur unité, il me semble, mais je ne comprends pas le texte comme un tout. Je ne sais pas où tu nous mènes, tout me surprend parce que je ne sais à quoi m'attendre, et à la fin, je n'ai pas compris ce qu'il se passait, ni ce qu'était cette lumière.

Je trouve aussi de nombreux passages trop abstraits, je sais qu'il pense, qu'il se projette, mais je comprends mal à quoi et où. Pour un début de nouvelle ou de roman, il m'en faudrait plus pour m'accrocher à l'histoire et au personnage. Il faudrait surtout que je puisse me sentir concernée, c'est-à-dire, que je puisse ressentir que l'auteur m'ait prise en compte en tant que lectrice. Je n'avais pas cette impression ici.

Pour la langue, je trouve quelques passages par moments trop compliqués et en même temps trop flous. Je l'impression que le texte y gagnerait si tu allais par moment droit au but. Je ne sais pas si tu me comprends ?
« Modifié: 13 mai 2020 à 14:07:20 par derrierelemiroir »
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Manue

  • Tabellion
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Re : L'exil
« Réponse #4 le: 15 mai 2020 à 15:26:29 »
Bonjour et merci derrierelemiroir,

Ça m'apprendra, mais c'est évident maintenant, j'ai posté bien trop vite ! En fait, j'ai tout repris et remanié assez différemment.
Le chapitre n'est pas fini et y a plein de choses qui ne me plaisent pas. Pas forcément celles que tu as souligné d'ailleurs ; à ce propos, je crois que les commentaires détaillés, phrase par phrase ne me vont pas. Pour être honnête, je trouve ça trop scolaire. En revanche, ton avis sur le fond et la langue m'intéresse beaucoup plus, et tu n'es point la première personne à me dire que je fais trop de détours abstraits.
Oui je pense te comprendre quand tu dis "aller droit au but", même si je ne ferai pas exactement ça parce que j'ai quand même envie d'écrire sur des sensations, des petites choses, des choses imperceptibles du dedans.
Bref, le texte remanié viendra dans peu de temps.
Et encore merci pour ton attention!

Amicalement,
Manue.

Hors ligne Quaedam

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Re : L'exil
« Réponse #5 le: 15 mai 2020 à 21:46:09 »
Manue ? La version féminine de Manu ?
Vais-je autant aimer tes textes que ceux de ton quasi-homonyme ? Un seul moyen de le savoir !
Visiblement, tu n’aimes pas les commentaires détaillés. Je vais essayer de faire au mieux 😊 Tu me dirais si ça te convient (ou pas !). Je vais passer rapidement sur les fautes d’orthographe et de constructions qui m’ont sauté aux yeux pour ne pas sombrer dans le commentaire « scolaire »^^
Comme d'habitude, ce message ne reflète que ma perception et ma compréhension du texte. C'est totalement biaisé, probablement faux et tu as parfaitement le droit de ne pas être d'accord et de ne pas en tenir compte :D Il n'a pas pour but de te blesser ou te décourager :D Je peux être un peu brusque dans mes commentaires, aussi, je tiens à préciser que je n'ai pas du tout détester ton texte  :noange:

EDIT: je suis désolée, ce commentaire est vraiment beaucoup trop long et dense >.>

Citer
j'aimerai
> J’aimerais, c’est du conditionnel
Citer
sa cousine qui, s'accompagnant d'un affreux clin d’œil
A mon avis, il y a une faute de français ici.
A chaque frisson, il gémit, se balance sur lui-même ; à le voir, on croirait qu'il est fiévreux. Enfin. Il en arrive à l’événement que le café encore brûlant lui rappelle le plus vivement.
Qu’est-ce que veut dire cet « Enfin. ». Est-ce une interjection ? Dans ce cas, « Enfin ! » serait mieux non ? Ou alors « Enfin, il en arrive »… Tu avais une idée précise de la fonction de ce mot ?
Citer
Benni sait qu'aujourd'hui est un jour spécial, le jour du départ pour le héros solaire qu'il s'imagine être, le jour où il disparaîtra
Là il y a un problème sur le « il disparaîtra » : Benni ou le héros solaire ?

J’aimerais aussi faire une petite note ponctuation : on voit bien que ton personnage a des pensées contradictoires, que son esprit travaille beaucoup. C’est pourquoi, je trouve l’utilisation intensive de ponctuation est adaptée. Mais, je pense que tu devrais te délimiter des passages où le faire. La surabondance de virgules, par exemple, a tendance à rendre le flot de ton texte chaotique et gêne, à mon avis, la compréhension comme l’a souligné DLM. Même si c’est un effet de style que j’affectionne, je reconnais que désarticuler trop souvent des phrases finies par les rendre douloureuses à lire.

La concordance des temps : pour moi, il n’y a pas de soucis à passer du présent au passé (huhu). Mais il faut que je choisisse lequel. Tu utilises du plus-que-parfait, puis de passé simple, puis de l’imparfait, puis du présent, puis du plus-que-parfait…. Du coup, on a presque du mal à se repérer dans les souvenirs de Benni, plus en tout qu’à qu’entre le présent et le passé.

Ton tout dernier passage est vraiment très bizarre pour moi. Tu dis que Benni replonge dans la scène où il est sorti de son corps (enfin je crois) mais ce passage est au présent. Est-ce que tu fais exprès de faire se confondre le présent et le passé ou Benni n’a-t-il pas « replongé » mais « plongé » ? Les deux scènes sont en train de se confondre ? Ce sont de nouvelles perceptions imaginaires qui se confondent avec un souvenir ?

Concernant personnage, dis-moi si je me trompe, mais je vais te donner mes impressions.
Benni, ton personnage principal – au moins ici – est présenté comme un être spirituel, absorbé dans ses pensées et déconnecté de la réalité. Il a aussi une haute idée de lui-même (c’est un héro, il méprise la certaine Mila pour son aisance et son attitude aguicheuse). Il n’apprécie ni les repas en famille, ni les soirées entre amis. Apparemment, parce qu’il se considère au-dessus des autres.
Son aptitude à revivre des scènes déjà vécues ou à en imaginer d’autre est présentée comme exceptionnelle. Mais je n’ai pas compris du point de vue de qui. De Benni ? Dans ce cas, c’est ironique, puisque tout le monde fait ça. Il y a même des memes sur le sujet. Le Narrateur sinon (autre que Benni) ? Dans ce cas, le premier degré me parait aussi ignorant et méprisant des autres individus que l’est Benni. Comme je l’ai dit : tout le monde s’imagine comment il ou elle va réagir face à telle ou telle situation, s’en veut de n’avoir de réparti qu’une fois en train de prendre sa douche…
 Du coup, je trouve le personnage de Benni très, mais alors très, antipathique. Haute idée de lui-même et mépris de ses proches. Est-ce ton but ?

Enfin, le passage du faisceau lumineux… Je me demande si dans la construction de ton chapitre 1, tu fais bien de mettre en parallèle le fait d’être absorbé dans ses pensées et de vivre/revivre des scènes (qui franchement, pour moi, est hyper banal) et l’évènement surnaturel qu’il s’est peut-être produit que dans l’esprit de Benni. Je suppose que c’est ce que tu veux sous entrendre, mais c’est en décortiquant ton texte que j’en suis arrivée à cette conclusion (peut-être fausse ?)

Enfin brèfle ! Désolée pour ce commentaire très dense, mais comme tu le vois, je suis assez intriguée par ce début. Est-ce que tu veux du temps pour le remanier ou est-ce une version plus ou moins finale ?
Sinon, malgré la ponctuation (huhu), j'ai trouvé ton texte finalement assez plaisant à lire et très intrigant. Avec un peu de retravaille, il serait sans doute à mon goût (mais peut-être pas au tien!).
« Modifié: 15 mai 2020 à 21:54:05 par Quaedam »

Hors ligne derrierelemiroir

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Re : L'exil
« Réponse #6 le: 16 mai 2020 à 11:41:36 »
Bonjour Manue

à ce propos, je crois que les commentaires détaillés, phrase par phrase ne me vont pas. Pour être honnête, je trouve ça trop scolaire.
Ok Ok :) du coup je pense que, pour les prochains textes, ce serait bien de le faire savoir en spoiler.

Oui je pense te comprendre quand tu dis "aller droit au but", même si je ne ferai pas exactement ça parce que j'ai quand même envie d'écrire sur des sensations, des petites choses, des choses imperceptibles du dedans.
je tiens juste à préciser que je ne te conseillais absolument pas de ne pas écrire sur des sensations, des petites choses, des choses imperceptibles du dedans. J'aime moi-même lire et écrire à ce sujet. Mais même en écrivant sur les choses du dedans, on peut le faire de manière plus ou moins abstraite, plus ou moins imagée, plus ou moins compréhensible, etc. Ce que je voulais dire, était que ton écriture, par endroits, ne me permettait pas de comprendre ce dont tu voulais parler.

Amicalement,

dlm
"[...] alors le seul fait d'être au monde
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  Nicolas Bouvier

Hors ligne Manue

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Re : L'exil
« Réponse #7 le: 17 mai 2020 à 15:42:54 »
Bonjour !

Merci Quaedam pour ton passage et ton commentaire.
C'est difficile de répondre parce que j'ai tout recommencé !
Et ton commentaire m'a bien aidé, notamment concernant l'effet antipathique de mon personnage. Non, ce n'était pas vraiment mon but de le rendre ainsi ; certes il s'extrait, et se considère comme différent d'une masse qu'il juge indistincte à ce moment de sa vie, mais il n'est pas censé être à ce point déplaisant !
Bon, c'est difficile d'en dire plus puisque je re-posterai mon texte plus tard, sous une autre version qui me plait bien mieux.

Merci aussi à toi derrierelemiroir,
Je pense que j'ai saisi oui, et c'est précisément le genre de retour que j'espérais. J'ai l'habitude d'écrire des chansons, plutôt abstraites faut avouer, mais avec la musique, on a le temps et plein d'occasions de faire passer le message - avec des intonations, des soupirs, des cris... Je prends à peine conscience qu'une fiction est tout autre chose et que, comme tu l'as dit dans ton premier commentaire, je ne tiens certainement pas assez compte de mon lecteur.
Je vais faire mieux !

Amicalement,

Manue. (qui oui, est la version féminine de Manu, autrement dit le surnom d'Emmanuelle. Je ne m'étais pas aperçue qu'il y avait un Manu ici, et puis c'est pas n'importe qui apparemment ... ! )

Hors ligne Meilhac

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Re : L'exil
« Réponse #8 le: 18 mai 2020 à 18:41:57 »
"déjeuner" au tout début peut-être plutôt que déjeuné?
je viens de passer en coup de vent je trouve ça pas mal je repasserai!
commencer au passé et passer au présent ça m'arrive assez souvent ouais c'est des fois pas pratique mais le temps auquel o passe, c'est généralement qu'on a" envie" de l'écrire à ce temps là, et faut les respecter et essayer de les suivre, les envies comme ça :--)
donc j'ai l'impression que tu as plutôt bien fait :--)
je tâcherai de repasser!
et pour ce qui est de  roman v. nouvelle : peu importe, mais la taille c'est surtout ça le "critère" (même si les puristes disent que ça n'est pas seulement une question de taille, que y a un côté plus épuré et lapidaire dans les nouvelles, etc etc.)
 

Hors ligne Quaedam

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Re : L'exil
« Réponse #9 le: 18 mai 2020 à 21:05:09 »
Citer
Merci Quaedam pour ton passage et ton commentaire.
C'est difficile de répondre parce que j'ai tout recommencé !

Mais c'est un plaisir! J'espère que mes commentaires vont t'aider sans dénaturer ton propos. N'hésite pas à poster une deuxième version et à indiquer en en-tête quand ça sera le cas, histoire d'attirer le chaland :D

Quaedam

Hors ligne O.deJavel

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Re : L'exil
« Réponse #10 le: 20 mai 2020 à 04:56:41 »
Les temps de verbe fonctionnent, sauf à deux endroits.

Ce texte est au présent. Ce sera difficile de continuer. En effet, écrire au présent pose le problème du déplacement de l’action dans le temps. Malgré tout, tu y arrives généralement assez bien.

Le texte commence par « À tous les matins, Bennie fait ceci, Bennie pense cela. » Ensuite, au changement de paragraphe, nous avons un « Le front de Bennie est inquiet », ce qui implique que MAINTENANT, EN CET INSTANT, le front de Bennie est soudainement inquiet. Donc ça se tient, oui. Nous ne sommes plus dans le « Tous les matins...»

Alors, tu fais avancer le moment du récit « Et puis il fait volte face et, finalement, s'encourage : son âme est trop noble pour ce bas-monde. De là, il entreprend de se faire un café. » Ça se tient. Un p’tit peu lourd-léger, est-ce de l’ironie balourde ? ...mais bon, sur le temps de verbe, ça fonctionne.

Par contre au paragraphe suivant il y a un soucis de temps, regarde bien :

La cafetière est le tout premier objet qui appartienne entièrement à sa nouvelle vie. Il l'a ramené dans sa chambre après l'avoir utilisé quelques fois, avec Franck. Inévitablement, elle parfume la pièce du souvenir de leur rencontre qui, malgré le mois passé [...qu’un mois se soit écoulé depuis...etc...] lui apparaît très vivement. Bennie venait de quitter la soirée trimestrielle de son école - BOUM ! On se projète dans le passé...

Donc le passé comme temps de verbe est approprié. Bennie, a, en ce moment qui se déplace dans un présent toujours présent, une réminiscence... le passé est donc effectivement requis :

«... À mesure qu'il s'était éloigné, les jambes aiguisées et provocantes de Mila avait progressivement disparues de son esprit. »

MAIS, c’est le temps de la phrase suivante qui ne fonctionne pas...

Mais il ne s'arrêta pas avant de s'être senti véritablement sorti, vidé. BOUM ! BOUM !

Où sommes nous ici ? ...dans le temps, je veux dire...

Il ne s’était pas arrêté ?
Il ne s’arrêtait jamais avant d’être épuisé ?
Où est-ce que nous sommes à « Comme à chaque matin, il poursuit sa réflexion jusqu’à l’épuisement ?»

Il est là le premier problème de temps de verbe. Exactement à cette phrase.

Le second problème de temps est ici :

« Bennie n'a pas terminé sa méditation. » Pourquoi sauter au passé soudainement ?
 ...peut-être faudrait il écrire quelque chose du genre :  « Mais cette interruption empêche Bennie de terminer sa réflexion, alors il ne se laisse pas distraire, etc... »

Donc tu réussis assez bien à travailler avec le présent. Mais je te le dis mon ami, c’est un temps de récit difficile... Ah ! Ce bon vieux passé simple...
———-

Sur le fond... le texte n’est malheureusement pas trop engageant pour le lecteur. N’eut été de cette recherche sur les temps de verbes, je n’aurais pas continué à lire.

En effet, pourquoi devrais-je lire ce texte ? Quel est le conflit intérieur vécu par Bennie ?

Je ne le trouve pas... il pense d’abord à la conversation légère qu’il aura plus tard au déjeuner je crois... il s’esclaffe du fait qu’il sera interrompu, et alors ? Il pense ensuite aux jambes de Mila... Et puis un début de quelques chose d’intéressant se produit ici : «  aujourd’hui est le jour où il disparaîtra peut être... » ...peut-être... ça implique une peur, une incapacité à partir... mais on ne sait pas pourquoi, on ne sais pas de quoi il s’agit, malheureusement...

Le reste est confu, le truc sur le rayon de lumière je ne le comprends pas...

Donc à la fin de ce texte je n’étais pas engagé. Je n’ai pas pu me projeter dans Bennie... parce que je ne saisis pas son conflit intérieur. Est-ce à propos de Franck ou de Mila ? Je me doute qu’il veut partir, mais le peut-être est assassin... il aurait fallu développer... ce «peut-être » nous empêche de nous identifier à lui. La question à développer est « Bennie souhaite partir mais... mais quoi ? Qu’est-ce qui le retient ? » On a l’impression que le texte va virevolter comme une mouche, et que ce sera sans profondeur...

Je ne dis pas qu’il faut être grandiose dans l’expression des sentiments. Pas du tout. Beurrer la tartine ne fait pas recette. Tu as évité ce piège, c’est très bien. Il faut montrer plutôt que dire, d’accord... il faut laisser sous entendre, d’accord. Il faut apporter des événements incomplets afin de laisser le lecteur sur ses gardes, oui... et au début, il faut apporter des petites solutions aux petites questions soulevées, car sinon le lecteur frustre... il faut faire anticiper... satisfaire le lecteur, lui procurer sa dopamine...  mais il faut plus que tout que le lecteur sache à tout moment de quoi il s’agit... ...Et s’il ne le sait malheureusement pas... mmm... Le rayon de lumière, c’est quoi ! C’est un Martien ? Son enfant ? Son metteur en scène ? Je ne comprends pas...

Alors, de quoi est-il question ici ? Je ne sais pas où s’en va l’histoire.

Gna ! C’est malheureux n’est-ce pas ?

Ah ! Un dernier truc... le protagoniste ne doit jamais être plus malin que le lecteur... ça suinte ici... surtout... ne pas sortir un lapin du chapeau à la fin du récit... Pourquoi aïe-Je l’impression que ce sera le cas ? Il ne faut pas non plus invalider la suite et série d’indices dopaminergiques...  je dis ça pour la suite du récit...  Que fera Bennie ? Ira-t-il rejoindre Mila ? Qu’est-ce qui le retient ? C’est ça que nous voulons savoir... Mais surtout nous voulons sentir que l’auteur va nous nourrir... pas nous frustrer... Bennie est-il une mouche ?

Enfin, je te souhaite bonne chance  :)

A+



« Modifié: 20 mai 2020 à 05:46:16 par O.deJavel »
Dans la section Textes longs : L’envolée du Constellation

 


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